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vendredi 20 avril 2012

OUF!

Ouf ! Nous voyons enfin le bout du tunnel de cette campagne électorale qui aura été marquée surtout par l'insignifiance des débats et des réflexions auxquels elle a donné lieu.

Les seuls points de vue intéressants dans toute cette affaire ont été ceux des "petits" candidats qui, seuls, osaient s'aventurer sur des terrains réellement problématiques, tandis que les "gros" se cantonnaient dans des réflexions générales, en essayant chaque jour, "au doigt mouillé", de trouver la truffe qui leur permettrait de faire le buzz à défaut de relancer leur action. Le président-candidat se bornait, lui, à éructer des injures contre son adversaire (par là même condamné à être calme voire impavide) tout en lui piquant, régulièrement quoique contre toute attente et toute logique, ses idées quand elles lui semblaient rencontrer une certaine audience publique. Tout cela est assez consternant, surtout dans la situation de crise où nous sommes.

En revanche, le seul point positif est la relance de l'activité et du "made in France". Dans ces deux domaines, le succès est incontestable, mais il ne faut pas trop pavoiser car il ne s'agit que d'un secteur  très limité puisque c'est essentiellement celui des sondages.

On en annonce 400 pour l'élection de 2012, soit 35% d'augmentation par rapport à 2007 où on avait compté moins de 300! La relance et la croissance sont enfin là!

Le beau succès de cette activité appelle toutefois quelques remarques.

Comme j'ai eu l'occasion de le dire déjà (et cette remarque est des plus banales), on a souvent le sentiment, en rapprochant les instituts de la couleur politique des commanditaires, que les donneurs d'ordre(s) (à tous les sens de cette formule si heureusement ambiguë), en même temps qu'ils passent commande d'un sondage, donnent quelques indications sur les résultats qu'ils en attendent. On a pu constater ainsi que les sondages commandés par le Figaro indiquaient régulièrement, à la différence d'autres, une montée du score du président-candidat.


En même temps que les sondages se multiplient, leur réalisation doit être de moins en moins coûteuse puisqu'on a le sentiment que l'essentiel des interrogations se fait désormais de plus en plus par Internet.

L’interrogation par Internet a beaucoup réduit le coût du recueil des informations (divisé par 3 ou 4). Au lieu de payer des enquêteurs à des visites souvent infructueuses ou à appeler au téléphone des quidam qui, comme moi, vous raccrochent au nez (poliment pour ce qui me concerne), par Internet on expédie d'un geste des masses de questionnaires par courriels aux gens qui figurent dans une base de données et qui s'y sont eux-mêmes inscrits pour répondre à des enquêtes; ils reçoivent de ce fait un dédommagement (le plus souvent sous forme de bons d'achat ou de cadeaux).

Le principal coût de ces enquêtes en ligne est donc la création et la maintenance de cette base de données. Le traitement informatique est en revanche rapide, facile et peu coûteux ; cela rapporte d'autant plus que vous faites PLUS de sondages! Vous me suivez? A la louche, un tel sondage coûte au client au minimum 6000 à 8000 euros, sans analyse des données, mais tout cela demeure entouré d'une aura de mystère, tant pour les coûts que pour les méthodes.

L'épisode le plus dérisoire de cette campagne sera sans doute le dernier avec les graves interrogations actuelles des organes de notre presse, écrite et audio-visuelle, qui s'interroge pour savoir on prendra le risque ( le coût prévu par la loi est 75.000 euros) de braver l'interdiction de donner des résultats, dimanche prochain, avant l'heure fatidique de la clôture des bureaux de vote.

En fait tous ceux qui s'interrogent gravement sur cette question ont tendance à oublier (mais peut-être ne le savent-ils pas ?) qu'en France, on vote soit avant, soit après les 20 heures du dimanche métropolitain et qu'il est impossible d'aligner, au plan horaire, les Antilles sur la Polynésie, en des scrutins strictement parallèles au plan strictement horaire. Tout le monde sait bien, en outre, que dans les milieux "généralement bien informés" les nouvelles circulent le jour d'un tel scrutin à partir de 18:30.

En réalité, la seule chose que craignent les journalistes est que leurs lecteurs ou leurs auditeurs aillent tout bêtement sur les sites Internet belges ou suisses pour y trouver des estimations de résultats dès 18 heures 30 puisque, dans ces Etats, la loi française ne saurait les empêcher de les communiquer avant qu'ils le soient en France.

Tous ceux qui dissertent savamment sur cette question, en se demandant si la publication avant l'heure de tels résultats, peut avoir une incidence sur les gens qui dans les grandes villes iraient voter de ce fait entre entre 18:30 et 20:00, devraient remonter bien plus loin dans le temps et suggérer d'interdire purement et simplement les sondages (et non pas seulement dans la dernière semaine) puisqu'il est évident que ces 400 sondages risquent fort d'avoir une influence sur les résultats électoraux, du moins l'espère-t-on, pour ceux qui les ont payés et, en outre, fort cher.

jeudi 19 avril 2012

Règlement de comptes à Canal Plus


Le 13 avril 2012 a eu lieu au "Grand journal" de Canal+ un incident amusant que m'a raconté un ami et que j'ai pu revoir aujourd'hui grâce aux merveilles de la technologie. Il s'agissait de l'algarade qui a opposé Nicolas Dupont-Aignan à Michel Denisot et à Jean-Michel Aphatie à propos de leur rémunération.

Le fait est rare pour ne pas dire unique, car, à part Jean-Luc Mélenchon qui rue volontiers dans les brancards et entre les clous des interviews (il aurait même traité un journaliste britannique de "connard"), les hommes politiques sont curieusement à genoux devant les journalistes qui les interviewent alors que ces derniers seraient fort embarrassés s'ils refusaient de venir causer dans leurs micros ou devant leurs caméras. Il y a là une curieuse inversion des situations sur laquelle je me suis toujours interrogé car en fait journalistes et politiques se tiennent par la barbichette.

Durant l'émission, de fil en aiguille, le candidat à la présidentielle en est venu à parler, avec une certaine émotion, des difficultés matérielles voire de la misère de bon nombre de Français, mettant en cause, en particulier, les bobos parisiens qui nous gouvernent et en particulier les éditorialistes parisiens peu au fait de la misère de la France d'en bas et qui font l'opinion à raison de dix minutes de bla-bla-bla par jour qu'ils fourguent quotidiennement à deux ou trois organes de presse auprès desquels ils émargent.

Naturellement Messieurs Denisot et Aphatie affichaient des sourires goguenards, sûrs qu'ils étaient que, comme à l'accoutumée, l'homme politique n'oserait pas les mettre eux-mêmes en cause.

Que nenni! Tout à trac, Dupont Aignan demande soudain à Denisot combien il gagne. Celui-ci, interloqué et paniqué, refuse de répondre, bredouillant sottement : « C'est moi qui me paye avec mes impôts (textuel)". J'en suis encore mort de rire et stupéfait que NDA n'ait pas foncé dans la brèche et piétiné Denisot sur le sens d'un tel propos car, à ma connaissance, Canal+ ne fait pas partie de France-Télévision et Michel Denisot ne se paye sûrement pas avec ses impôts!

Nicolas Dupont Aignan a singulièrement manqué de réflexes car il aurait évidemment dû plonger et demander à Denisot ce que cette formule pouvait bien signifier, ce qui l'aurait sans doute mis dans le plus grand embarras.

Voyant que Denisot paniquait quelque peu et se jugeant capable de le sortir d'embarras, Jean-Michel Aphatie est venu à sa rescousse, s'attirant lui aussi avec la même question les foudres du candidat.

Même refus de répondre de sa part. Aphatie aurait-il voulu répondre qu'il aurait été fort embarrassé vu le nombre d'emplois qu'il occupe, de Canal+ à Luxembourg, si je suis bien informé, ce qui n'est sans doute pas le cas. En effet, la particularité de beaucoup de journalistes est d'avoir plusieurs emplois, ce qui leur est assez facile car, au fond, les cinq minutes de causerie d'Aphatie chaque soir au "Grand journal" ne l'occupe pas outre mesure, d'autant que c'est à peu près la même chose qu'il ressert sur les autres antennes. Dupont Aignan (qui n'est pas Dupont Teigneux!) a d'ailleurs été assez gentil dans cette affaire, alors qu'il aurait pu rappeler aux journalistes qu'ils sont souvent fort curieux, quand ils interviewent des personnalités extérieures, de connaître leurs salaires.

Même en l'absence de réponse, il aurait pu au moins pousser une botte assassine en direction de ces mêmes journalistes, en leur rappelant que non seulement ils perçoivent généralement des salaires extrêmement élevés eu égard aux prestations qu'ils fournissent et au travail que cela leur demande, mais, en outre, ils bénéficient de privilèges fiscaux que le pauvre Alain Juppé, quand il était Premier Ministre, avait eu l'imprudence de menacer de supprimer. Ce projet n'a pas manqué d'entraîner sa chute, toute la presse française, de l'extrême gauche à l'extrême droite, s'étant coalisée contre lui en la circonstance.

Certes l'algarade a été intéressante mais il dommage que Dupont Aignan n'ait pas montré assez de combativité et se soit laissé un peu endormir. Ariane Massenet (qui, dit-on, ne gagne que 25 000 € par mois) a eu la sagesse de ne point moufter et de laisser les autres causer entre hommes!

mercredi 18 avril 2012

David Mc Callum help!

Le cas Descoings illustre admirablement les comportements de la presse française.

Le lendemain de la mort du directeur de Sciences-Po Paris, c'est tout juste si les drapeaux n'ont pas été mis en berne dans l'ensemble de la République et si nos quotidiens, du Figaro à Libé n'ont pas paru sous le bandeau noir du deuil national. Chacun y est allé de son discours funèbre, chacun se voulant plus élogieux et plus désespéré que les autres.

Les jours suivants, tandis que la presse française passait de l'exaltation désespérée à un mutisme  soudain et total, la presse anglaise a levé le lièvre sur les conditions probables du décès de M. Descoings.

Depuis silence absolu de la presse écrite et orale, sauf dans Rue89 que sa nature même met sans doute, comme Médiapart, en dehors des clous et à l'abri des tabous de la presse traditionnelle.

Je n'évoquerai pas ici les moeurs du disparu car chacun est, bien entendu, libre d'organiser et de conduire sa vie comme il l'entend. Je suis en revanche stupéfait, comme j'imagine beaucoup de Français, d'entendre que le directeur de Sciences-Po se faisait verser un salaire annuel de 500.000 €, ce qui est très au-delà de tout ce que peut percevoir un fonctionnaire français, ce qu'il était me semble-t-il.

Je suis encore plus étonné de voir M. Descoings présenté comme un professeur d'université (il était, dit-on, à ce titre à New-York) alors qu'à ma connaissance, il n'avait jamais soutenu de thèse d'Etat et que de toute façon le salaire qu'il percevait est à peu près dix fois plus élevé que celui d'un professeur de deuxième classe, ce qui me semble le titre maximum auquel il aurait pu prétendre.

Mais le plus étrange de tout est que quinze jours après sa mort, nous ne savons toujours pas ce qui a pu entraîner son décès ; c'est ce qui explique le titre un peu insolite que j'ai donné à ce blog.

Au moment où de "NCIS" aux "Experts" déferlent sur nos pauvres télévisions les feuilletons policiers américains qui exaltent et nous narrent par le menu les exploits technologiques de la police scientifique, que n'a-t-on songé à confier l'autopsie de M. Descoings à David Mc Callum, le médecin légiste de NCIS Los Angeles qui nous aurait réglé ça en deux coups de scalpel et de cuiller à pot.

En revanche les malheureux légistes chargés de cette tâche nous ont demandé au départ un délai de trois jours, bientôt porté à quinze. Cette quinzaine écoulée, voici qu'on nous annonce qu'il faudra sans doute au minimum un mois encore pour régler ce problème.

David Mac Callum clôt toutes les affaires de ce genre en moins de 52 minutes, lui, en pareille circonstance, non seulement il nous aurait révélé les causes de la mort (si cachées qu'elles soient), mais sans doute aurait-il déterminé, sans coup férir, la race, le poids, la taille et la couleur des yeux de l'assassin, s'il y en a un en la circonstance.

La vraie police scientifique américaine ne serait-elle pas à la hauteur de celle des feuilletons ?

mardi 17 avril 2012

Haiti recto verso

Les lecteurs de ce blog ont pu constater que je consacre de temps à autre un blog à Haïti, après avoir beaucoup écrit sur le sujet au cours de l'année du séisme du 12 janvier 2010. J'ai même réuni mes blogs et les commentaires les plus intéressants qu'ils avaient suscités dans un livre paru à l'Harmattan sous le titre Gougou Goudou [nom onomatopéique de la catastrophe en créole haïtien] : une année de terreur, d'erreurs et de rumeurs.
En effet, au départ, la plupart de mes blogs étaient destinés à corriger les erreurs ou les sottises de la presse française. J'ai depuis consacré quelques textes à différents aspects de la situation haïtienne ; l'examen des localisations de mes lecteurs (rien n'échappe à Google Big Brother) me montre que ces textes sont lus par quelques Haïtiennes et Haïtiens au pays mais aussi aux États-Unis ou au Canada par d'autres qui sont sans doute des membres de la diaspora. Je connais certaines et certains de ces lecteurs et mes textes sont donc parfois des formes de messages à leur intention.
Les situations haïtiennes, en particulier au plan politique, sont si complexes qu'un étranger comme moi a beaucoup de peine à s'y reconnaître ; du fait même que je suis étranger, j'ai aussi souvent quelque scrupule à exprimer, sur les situations haïtiennes, des points de vue peut-être biaisés par mon ignorance, bien que je m'efforce de suivre les choses à partir des quotidiens haïtiens, désormais aisément accessibles sur Internet.
Le hasard m'a récemment mis en contact à Marseille, à la clinique Clairval, avec le Docteur Jonas Jolivert, neuro-chirurgien d'origine haïtienne, qui est le collaborateur proche du professeur Graziani, neuro-chirurgien éminent qui opère dans cette clinique. Bien entendu, nous avons beaucoup parlé d'Haïti et surtout le Dr Jolivert m'a donné l'adresse de son blog  < haitirectoverso.blogspot.fr > que j'ai aussitôt consulté et qui m'a paru à la fois admirable et passionnant. J'en ai fait connaître l'adresse à quelques amis qui s'intéressent à  Haïti et tous ont partagé l'enthousiasme que m'avaient inspiré sa visite et sa lecture.
Je pense qu'il est donc plus sage, plutôt que de m'aventurer sur le terrain de la politique haïtienne, de plus en plus complexe, mouvante et glissante au fil des jours, de vous suggérer de consulter régulièrement le site (sans tréma sur Haiti) où vous trouverez une information à la fois précise, sûre et diverse car le Dr Jolivert est un observateur vigilant des réalités haïtiennes auquel rien n'échappe.
Je vous recommande donc cette lecture, car non seulement ce blog est parfaitement informé dans tous les domaines, mais il est, en outre, très richement illustré, ce qui ne gâte rien bien entendu!

dimanche 15 avril 2012

Un nouveau métier : économiste à la télé

Au moment où la France est confrontée à une crise du chômage sans cesse croissante et s'interroge sur les nouveaux métiers comme sur le "made in France", comment ne pas remarquer que certaines professions changent et se développent en particulier dans les médias.

On a eu naguère (et je ne mentionnerai personne ici crainte des procès en diffamation) des "avocats à la télé" puis des "psychanalystes à la télé" dont l'activité majeure semblait surtout médiatique; voici que nous avons maintenant (et ils sont nombreux) les "économistes à la télé". Ce sont souvent des professeurs d'économie, dont on se demande quand ils peuvent bien faire leurs cours ; il est vrai que l'alma mater universitaire n'est guère regardante sur l'exécution effective des 192 heures annuelles que des calculs aussi nombreux que savants (cela va de la conversion des travaux dirigés en heures magistrales à la prise en compte spécifique des heures faites "en présence d'étudiants"!) permettent de réduire de façon drastique!

On vient de lever le lièvre dans un livre Les imposteurs de l’économie, de Laurent Mauduit et  J.-C. Gawsewitch ( 320 pages, 19,90 €), dont la télé ne parlera sans doute guère, mais dont Hervé Nathan, dans le "Marianne2" du jour, fait  un alléchant compte rendu dont je me permets de citer un passage essentiel.

"Ainsi les « Imposteurs » nous content par le menu ce que sont les onéreux « ménages » et les fructueux « à-côtés » de la vingtaine « d’experts » qui tournent en boucle sur les écrans et distillent le prêt-à-penser du néo-libéralisme. L’auteur nous emmène dans un monde de conflits d’intérêts auprès duquel l’industrie pharmaceutique semble d’une transparence aveuglante. Aucune de nos vedettes cathodiques, ou presque, n’échappe à au coup d’étrille. De Marc Fiorentino, condamné par l’Autorité des marchés financiers pour sa société Euroland Finance, à Elie Cohen qui gagne deux fois plus en siégeant dans les conseils d’administration qu’avec son métier d’enseignant, en passant par Patrick Artus, grand amateur lui aussi du cumul des rémunérations. Tous sont malades de la peste, même quelques noms respectés : Jean-Paul Fitoussi pratique les « ménages », Michel Aglietta conseille Groupama Assurances, Daniel Cohen l’imite chez Lazard, etc.".

Ce petit monde d'économistes vient faire la télé les "ménages" que les journalistes eux-mêmes faisaient auparavant hors de leur cercle professionnel proprement dit. Ces ménages sont même doublement rémunérateurs car aux recettes des "piges" de figuration qu'ils suscitent s'ajoutent des compléments sustantiels issus des promotions publicitaires tant pour les ouvrages des dits économistes "vus à la télé" que pour des sociétés ou officines dans lesquelles ils peuvent opérer sous diverses appellations. Suivez mon regard !

En revanche ne comptez pas sur ces économistes à la télé pour parler des choses importantes voire essentielles comme la législation américaine sur l'évasion fiscale qui prendra effet au début de l'année 2013 et dont j'ai parlé dans mon blog précédent. Sur ces questions, motus et bouche cousue, d'autant que un certain nombre de ces économistes jouent sans doute, sous des formes diverses, le rôle de conseillers financiers et ne voudraient donc pas scier les branches sur lesquelles ils sont si confortablement assis.

En dépit de la vogue du débat sur le "made in France" qui, en fonction de la "politique du doigt mouillé" que j'ai déjà décrite, nul ne s'avise d'examiner de plus près ce que signifie cette expression.

On peut tout à fait, et bien d'autres pays le font EUX, organiser une protection de la production nationale sans aller jusqu'à une politique de protectionnisme généralisé et radical que l'on dit contraire tant aux règles de l'Europe qu'à celle de l'OMC (où continue de régner un bon socialiste français qui s'accommode fort bien du système en place!).

Des pays comme les États-Unis, le Japon ou l'Allemagne, (pour ne pas chercher plus loin et prendre des Etats qui ont une place éminente dans le commerce international) ont une définition du "made in ..." qui n'est qu'une forme de protectionnisme spécialisé, auquel nul ne trouve à redire.

Deux points de détail très simples pour illustrer ces systèmes.

Le premier est la conception et la mise en place de normes NATIONALES rigoureuses. Prenons l'exemple, imaginaire, des  bicyclettes.  Si on veut empêcher l'importation de bicyclettes chinoises, il suffit de décider que, dans le pays en cause, les pédaliers des vélocipèdes devront avoir 53 dents. Par malchance, ceux des bicyclettes chinoises n'en ont que 52. Impossible donc de les importer. Les Chinois passeraient -ils à des pédaliers de 52 dents qu'on déciderait illico dès lors qu'il est indispensable que la norme nationale passe à 48 dents. Il est donc tout à fait facile d'empêcher l'importation d'un produit étranger quelconque, en choisissant une norme nationale différente de celle du produit dont on veut empêcher l'importation. C'est enfantin et parfaitement efficace.

Second point. Savez-vous que, dans les pays que je viens d'évoquer, pour qu'un produit soit étiqueté "made in (Japan, US ou Germany), il faut que la partie de ce produit produite dans le pays en cause soit égale à 55 ou 60 % selon les cas. Savez-vous, en revanche, quelle est l'exigence pour le "made in France ? 3 % ! De qui se moque-t-on?

Il suffit donc à un importateur de chemises chinoises de faire coudre en France deux boutons sur une chemise importée pour qu'elle devienne, de ce simple fait, "made in France". On raconte (peut-être certains d'entre vous pourront confirmer) que le crocodile que l'on cousait en France sur le sein gauche des chemises Lacoste suffisait à faire de ces vêtements, fabriqués n'importe où dans le monde, des produits « made in France » !

Nous sommes décidément gouvernés !

Naturellement nos "économistes à la télé", trop occupés à prévoir un macro-avenir dont ils ne  voient jamais la moindre image et surtout à fourguer les produits de leurs commanditaires et/ou à vendre leurs livres, ne nous parlent jamais de sujets si futiles !

vendredi 13 avril 2012

FATCA : ce que vous n'avez pas entendu dans les médias français.

Je n'ai ni entendu ni vu évoquée dans nos médias l'une des mesures les plus importantes qui aient été prises dans le monde de la finance internationale et que l'on désigne par l'acronyme FATCA pour "Foreign Account Tax Compliance Act".

Cette disposition législative fiscale américaine a pourtant été prise par le président Obama le 18 mars 2010 (sans qu'on en ait parlé chez nous !) et elle sera applicable à compter du 1er janvier 2013, s'imposant par là à toutes les banques étrangères dont les établissements français qui s'en sont émus dans le silence total de la presse.

Il s'agit d'un texte extra-territorial qui constitue une véritable révolution en matière fiscale. Il oblige, en effet, toutes les banques, où que ce soit dans le monde, à poursuivre les fraudeurs au fisc américain et à les sanctionner pour le compte de l'administration finale fiscale des Etats Unis. Toutes les institutions bancaires du monde devront identifier leurs clients qui sont de nationalité américaine ou qui ont un lien quelconque, actuel ou passé, avec les États-Unis. Elles devront exercer sur leurs comptes bancaires une surveillance "active" dès que ces comptes dépassent 50 000 $. Cette surveillance devra être "approfondie" pour les comptes qui excèdent le million de dollars.

Mieux encore; il ne s'agit pas là seulement des citoyens américains, mais même de clients qui auraient déposé une adresse de résidence ou de correspondance aux États-Unis, voire un simple numéro de téléphone ; en somme, il s'agit d'identifier tous les individus ayant un lien quelconque avec les États-Unis!

Toutes ces informations devront être transmises à l'autorité fiscale américaine ; dans les cas incertains, il reviendra aux banques étrangères d'opérer d'emblée « une retenue punitive de 30 % sur les transactions non justifiées »!

On comprend que les banques étrangères soient très réservées devant une telle mesure et peu disposées à s'y soumettre.. Les réseaux bancaires non américains, dont les français, sont paniqués par cette loi FATCA et cherchent déjà par tous les moyens (y compris la protection des Etats) à en éviter l'application. Toutefois les États-Unis ont prévu des mesures de rétorsion très fortes pour les banques qui ne se plieraient pas ces dispositions, la principale, la plus simple et la plus efficace étant le blocage de leurs avoirs et de leurs activités aux États-Unis!

À l'occasion de la campagne électorale présidentielle, on a entendu évoquer, en France, des projets de taxation des exilés fiscaux, d'autant plus que cette pratique est généralisée dans le pays ; néanmoins, à aucun moment, on ne semble avoir envisagé un instant une loi comparable au FATCA américain et, en cette matière comme en bien d'autres, on semble vouloir se limiter à des rodomontades purement verbales qu'on oubliera après l'élection présidentielle.

jeudi 12 avril 2012

Usbek : Trois semaines de silence.

Depuis trois semaines des événements médico-familiaux, aussi soudains qu'inattendus, m'ont éloigné de ce blog et empêché d'y écrire. Ce n'est pas pourtant pas la matière qui manquait et j'ai eu en tête des dizaines de sujets auxquels je n'ai pas pu donner suite et corps.

En revanche, pour occuper des journées d'attente, je me suis remis à lire, assidûment et de bout en bout, la presse écrite nationale et en particulier Le Monde dont j'avais un peu oublié la qualité et l'intérêt. J'ai pris conscience une fois de plus, de ce fait, de l'indigence voire de la nullité de l'information télévisuelle dont on nous abreuve.

Pour ce qui concerne la campagne électorale présidentielle, je n'ai sans doute pas perdu grand-chose, quand on voit les candidats majeurs nous proposer pour régler les problèmes qui accablent la France d'avancer d'une semaine le paiement des pensions de retraite (comme si cela changeait quoique ce soit à la situation financière des retraités) ou de réformer le permis de conduire (institution quasi-exclusivement française et dont l'observation quotidienne des moeurs et des comportements des automobilistes conduit à se persuader de la totale inutilité de cet examen, puisque les plus mauvais conducteurs apparaissent souvent être précisément les plus jeunes, récents titulaires de ce même permis).

Le parangon de l'information télévisuelle française est désormais constitué par le journal de 13:00 de TF1, avec ses chroniques ruralo-clochemerlesques ou celui d'Antenne 2 qui donne plutôt, lui, dans le fait divers morbide ou crapuleux, dans le style des magazines spécialisés d'antan.

Les informations importantes voire majeures n'ont pourtant pas manqué avec, en particulier, les redoutables mesures prises par les États-Unis pour combattre les exilés fiscaux (on aimerait voir la France s'en inspirer). Dans un genre tout autre, l'affaire Descoings illustre parfaitement la servilité et l'immoralité journalistique française, un black-out total ayant fait suite aux dithyrambes initiaux quand la vérité des faits et du personnage à commencé à apparaître... dans la presse étrangère bien évidemment.

Le temps me manque pour développer ici ces questions et je le ferai sans doute dans les jours qui viennent.