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dimanche 7 octobre 2012

"Ondar Show" : Pif dans le PAF ou paf dans le pif

Pris de je ne sais quelle funeste inspiration, je me suis laissé aller, en ce samedi 6 octobre 2012, vers19 heures, à regarder la télévision qui, pour mon malheur, était sur France2.

Aurais-je été mieux informé des nouveaux programmes, laborieusement élaborés par la nouvelle équipe de cette chaîne, sous la direction éclairée de Monsieur Pfimlin ("Petite Prune" en alsacien à en croire le Canard enchaîné d'antan) que je me serais peut-être méfié, lorsque j'ai vu annoncé, à grand renfort de spots et d'éclairages multicolores, devant un public d'avance hilare et conquis, la première d'une nouvelle émission de l'équipe de Laurent Ruquier dans « On n'demande qu'à en rire »

" Une heure d'humour, de création et de spectacle live sur France 2." Précise la pub. que j'ai consultée, après coup bien sûr, et qui ajoute sans mollir : "En plateau, dans un dispositif original et en public, les meilleurs pensionnaires de « On n'demande qu'a en rire » animeront eux mêmes, en présence d'un invité, un show complet fait de sketchs, de détournements et de parodies.". Au cas où nous n'aurions pas compris, on ajoute : "L'émission réunit les meilleurs humoristes de "On n'demande qu'à en rire"."

Laurent Ruquier, en effet, après avoir donné quelque espoir de non-conformisme et d'humour, il y a bien des années, est entré, sans doute à force de sous-traitance, dans l'ornière d'une facilité, radiophonique et télévisuelle, qui peut parfois conduire jusqu'à la débilité, ce qui illustre, après tant d'années, les génies de Coluche et de Desproges.

Je ne sais pas quel rôle il tient, au juste, dans cette émission curieusement intitulée « Ondar show» et qui semble fondée, pour une bonne part, en cette époque où l'on fait la chasse aux homophobes sur une homophilie qui confine souvent à l'homomanie.

"Ondar show" serait-il un à peu près pour "au dard chaud" ou "dard au chaud" ?

Bref ce n'est pas le sujet, car on peut être drôle sur n'importe quoi, comme on peut être sinistre et minable sur n'importe quoi également. C'est plutôt à ce second genre que se rattache l'émission en cause dont c'était la première hier, mais dont on peut espérer que ce sera aussi la dernière !.

La principale caractéristique de cette émission est que la stupidité et le plagiat le disputent tout au long à la plus extrême des vulgarités.

On a voulu s'y essayer à la parodie, pas très nouvelle, d'émissions françaises connues (quoique personnellement je n'en ai jamais vu aucune) du style "Une famille en or" qui devient "Une famille du Nord", en surfant sur la double vague des ch'tis et de l'homomanie. C'est si nul qu'il ne vaut même pas la peine de s'y arrêter car tout le monde a pu faire les réflexions qui furent les miennes, même si j'ai craqué à 19h30 en me privant, par là même, de la fin de ce somptueux programme.

On sait que les producteurs de télévision français ont pour principale source d'inspiration et méthode d'élaboration de leurs "propres" produits un court voyage aux États-Unis ; ils s'y enferment deux ou trois jours dans une chambre pour y regarder les programmes américains qu'ils démarqueront ensuite.

L'un des plus volontiers copiés est le show de Jerry Springer qui, une fois de plus, a été ici copié, en l'accommodant à la française. Le principe de Jerry Springer est simple ; il consiste à faire révéler à X par Y un "secret" que Y ne devrait en aucun cas connaître. Pour illustrer ce cas par un exemple réel pris dans une émission de Springer que j'ai vue autrefois, X est une femme qui révèle à son mari Y qu'elle a un amant Z qui va venir sur scène avec eux ; on s'aperçoit alors que l'amant est un nain (ou une lesbienne et je m'étonne que ce cas n'ait pas été choisi). Le mari et l'amant s'injurient puis en viennent naturellement aux mains, la femme se joignant à la bagarre ; tout le monde est finalement séparé par les deux ou trois costauds qui, depuis le début de l'émission, se tiennent à l'arrière de la scène et qui sont là pour ça. Seule innovation du "Ondar Show", on y a fait l'économie, un peu sordide, des malabars pacificateurs.

Jerry Springer a fait d'infinies variations sur ce thème qui est toujours porteur. En la circonstance, dans ce misérable sous-produit présenté par France2, la seule innovation est qu'on y a brodé sur les événements récents - les tumeurs dues à la consommation de maïs OGM - ce qui permet de mettre en scène le "Géant vert" de la publicité qu'on va désigner comme tel, faute d'avoir voulu payer un vrai géant ; il va en venir aux mains avec une version en modèle réduit de Hulk ; on donne ainsi au géant une dimension un peu plus crédible à moindres frais. On voit l'étendue et la nature des efforts d'imagination déployés, les moyens étant limités par la crise.

Tout le reste est à l'avenant ; le seul spectacle visible est celui qu'offre la pauvre vedette (de je ne sais quoi, la chanson je crois) embarquée dans cette galère. Elle se nomme Hélène Ségara et on l'a mise en tenue sexy pour que le téléspectateur ait à se mettre sous l'oeil autre chose que les sinistres protagonistes gays de ce "Au dard chaud". Cela permet aussi , mais vous l'avez déjà deviné, de faire un jeu de mots dûment signalé au public avec le passé simple du verbe pronominal "s'égarer", car il est bien vrai qu'elle s'est vraiment égarée, la pauvre, dans cette lugubre et consternante pantalonnade. Tout cela vous permet de juger du niveau de cette nouvelle et sensationnelle production de rentrée sur France2, le samedi en prime time !

Si cette sinistre émission devait avoir un avenir, je suggérerais de remplacer le titre "Ondar Show", non pas par "Au dard chaud", qui plairait sans doute à la production, mais, puisque l'hiver arrive, par "On dort au chaud", une fois la télévision éteinte bien entendu!

samedi 6 octobre 2012

Petite chronique de la semaine.

France2 – TF1 : 1 – 1.

Le premier point du jour a été marqué par le journal télévisé de France2 à 13 heures, « votre » journal, comme le ressasse quotidiennement Madame Élise Lucét, croyant, dans sa candeur, nous obliger, par cet usage intempestif du possessif de deuxième personne du pluriel, à nous approprier, contre notre gré, sa prestation hélas quotidienne. Je trouve personnellement cette pratique à la fois stupide et horripilante, mais comme c'est à peu près la seule particularité notable de ce bulletin d'information, elle semble y tenir beaucoup. Au cours de ce journal du 5 octobre 2012 (au cas où vous vouliez vérifier), elle a évoqué le problème du cancer du sein et insisté sur la nécessité de mammographies annuelles. S'écartant (du moins je l'espère) du texte de son prompteur, elle a ajouté, sans doute de son propre chef, précision intéressante, que « les mammographies étaient gratuites pour les femmes ». Un tel propos est évidemment scandaleux au moment où l'égalité hommes-femmes est l'un des thèmes favoris de toute notre réflexion civilisationnelle.

13 heures 15 : France2-TF1 : 1-0.

TF1 a toutefois égalisé au journal du soir lorsque Claire Chazal a consacré un long sujet à ce que j'avais imprudemment appelé la "boucherie Chevaline", drame au cours duquel trois touristes et un cycliste ont été froidement et collectivement assassinés. Revenant, on ne sait trop pourquoi sur ce sujet pour dire que l'enquête n'apportait aucun élément nouveau (et le constater d'ailleurs avec une certaine mélancolie), Madame Chazal a montré qu'elle n'était tout simplement pas au courant de ce que tout le monde savait depuis plusieurs heures et qui sera peut-être un élément décisif dans la suite de l'enquête. On avait, en effet, appris, au cours de l'après-midi par une source suisse, que le père de famille assassiné ne se trouvait pas là par hasard, mais qu'il y avait rendez-vous et surtout qu'il était passé par Genève où il était allé consulter ou alimenter un compte en banque qui, semble-t-il, présente un agréable solde positif d'un million d'euros. Ce n'est pas trop mal pour un modeste travailleur à domicile et cela ouvre peut-être des perspectives sur les raisons de son élimination. Je suppose que durant l'après-midi Madame Chazal était chez le coiffeur ou au cinéma et que, de ce fait, elle s'est trouvée ignorer ce que tout le monde savait.

20 heures 10 France2-TF1: 1-1.

Autre affaire de la semaine : les présumés ripoux de la présumée BAC- Nord de Marseille qui se sont faits prendre, si je puis dire, la main dans les sacs et, de ce présumé fait, se sont vues tancer vertement par leur ministre, quoiqu'ils soient pour le moment présumés innocents, comme tout un chacun, en dépit de la découverte des fruits présumés de leurs présumés larcins divers à leurs domiciles comme dans leurs vestiaires et des écoutes téléphoniques révélatrices dont ils ont fait l'objet au cours des dernières semaines.

Toutefois le problème est d'ailleurs, car je crois que ces policiers, loin d'être tancés voire punis, devraient être, au contraire, loués et récompensés. On sait, en effet, que la nouvelle stratégie contre les trafiquants en tout genre consiste désormais à « frapper au portefeuille ». Nos hautes autorités de police ont dû relire l'histoire américaine du crime dont le cas le plus illustre est Al Capone qui, après avoir volé et tué toute sa vie, a été finalement condamné à une longue peine de prison (il est mort l'ombre je crois) pour....fraude fiscale!

On s'est donc mis chez nous aussi à recenser et à confisquer à la fois les comptes en banque des trafiquants, mais aussi leurs voitures de luxe (des BMW aux Ferrari), ces dernières étant ensuite mises à la disposition des policiers qui peuvent enfin délaisser leurs Renault 4L pour se lancer à la poursuite des "go fast" sur nos autoroutes. Le problème est que, quelques incidents récents, comme le dramatique carambolage de Cannes, montre que les truands ont déjà réagi et que, renonçant à l'achat de tels véhicules, ils se bornent désormais à les louer, ce qui retire leur effet aux mesures de saisie.

Je pense que lorsqu'il sera informé par le témoignage de ces présumés coupables de leur innocence et de la pureté de leurs intentions, le ministre remplacera les sanctions prévues par des promotions, voire des décorations.

J'avais pensé faire aussi, durant la semaine, un recensement des fautes de français de nos journalistes de la radio et de la télévision ; j'ai très vite renoncé à ce dessein devant l'abondance de la matière. Je ne retiendrai que la dernière car elle témoigne non seulement d'une ignorance de la langue, mais d'une perverse obstination dans l'erreur. C'est, ce matin même, sur France Info, habituellement un peu moins fautive que les radios bignoles ; la journaliste nous parlait de la "nuit blanche" de l'art moderne et évoquait "l'obélisque TOUTE bleue" qu'on pourrait y admirer ; elle n'est même pas venue à résipiscence alors que dans les citations qu'elle faisait (mais les avait-elle lues?)  "obélisque" était masculin et non féminin.

Après tout (et cela me fera retrouver mon point de départ) peut-être est-ce la faute à  l'obélix qui rêvait, comme moi, d'une mammographie gratuite.

vendredi 5 octobre 2012

Quo non descendant ?



"Quo non descendant ?" "Jusqu'où ne descendront-ils pas?" mais ici pris au sens de "Jusqu'où s'abaisseront-ils ?

Je me vois désormais obligé de traduire les citations latines, puisque mes deux latinistes distingués, naguère de service dans mon blog, Succus aceris en Amérique et Benoît pour l'Europe, manquent désormais à toutes leurs obligations, séduits sans doute qu'ils sont par les délices de quelque Capour francophone.

Je parlerai ici, par prudence, de l'élection américaine mais comme nous imitons en tout les Etats Unis, on verra par là même ce qui nous attend et qui a d'ailleurs commencé chez nous.

Je suppose que vous avez vu, comme moi, le numéro de Barack Obama essayant tant bien que mal de rattraper son piteux échec à la confrontation télévisée de Denver, en faisant une entrée remarquée dans le meeting suivant, affirmant que c'était le 20e anniversaire du jour, le plus heureux de sa vie, où Michele avait accepté sa demande en mariage.

La formule est prudente et par là-même commode ; ses amours avec une femme qui s'est montrée bien meilleure que lui dans la pêche aux voix lui feront de l'usage durant tout le mois de l'élection présidentielle ; en effet, après quelques vérifications rapides, il semble si que si tous les biographes obamaniens s'accordent sur octobre 1992 comme mois de mariage du couple, le jour varie et est tantôt le 3, tantôt le 18. Voilà donc déjà au moins deux jours où il peut, sans trop de mensonges, faire référence à son mariage mais, dans le cas qui nous occupe, il est peu probable que le jour où Michele a accepté sa proposition de l'épouser, soit également celui là même où ils se sont mariés. Le nez de Barak s'allongerait-il comme celui de Pinocchio?

Ce ne serait d'ailleurs pas la première fois qu'il nous travestirait la vérité ; lors de son élection, on se souvient qu'il avait remercié, avec une constante émotion, en les désignant comme les principaux soutiens et bailleurs de fonds de son élection, les centaines de milliers d'Américains modestes qui avaient fait le fond de leurs poches pour lui adresser de modestes contributions de quelques dollars. La chose avait sans doute fait pleurer dans les chaumières démocrates, mais on sait désormais que le principal bailleur de fonds de l'élection précédente a été, en réalité, Goldmann Sachs qui ne passe pas en général pour une œuvre de charité et qui était suivi sur ce terrain du financement par le lobby militaro-industriel. Il faut dire que le nouveau président a bien renvoyé l'ascenseur et que, comme souvent dans la démocratie américaine, c'était là le meilleur et le plus sûr des investissements politiques.

Nos diverses chaînes de télévision ont évidemment passé, en ouverture de leurs journaux télévisés, l'arrivée, primesautière et souriante, de Barak Obama, comme toujours plein de charme et de naturel, mais qui, comme toujours aussi, jouait un rôle soigneusement élaboré par ses "gagmen".

Barak Obama, comme tous ses prédécesseurs à la Maison-Blanche, a son équipe de gagmen ; elle est chargée, pour chacune des circonstances publiques comme pour chaque émission de télévision, de lui préparer les facéties et les gags qu'il "improvisera" le moment venu, en fait à l'usage non du public, mais des téléspectateurs américains. On se souvient de l'attentat contre Reagan où on avait préparé une blague qu'il avait sortie sur son lit d'hôpital, encore entouré de toute l'équipe médicale qui avait réalisé l'intervention et à laquelle il avait demandé : « Vous êtes bien tous républicains ?». Et de rire !

Bien évidemment (pour parler comme nos présentateurs de télévision) les mots les plus drôles des présidents américains sont ceux qui sont involontaires et dans lesquels les gagmen ne sont naturellement pour rien. Ainsi, celui de ce président des Etats Unis (j'ai oublié lequel dans la série des crétins qui ont gouverné l'Amérique durant les dernières décennies) qui avait dit, lors de son premier voyage en Amérique latine, qu'il regrettait beaucoup de ne pas avoir mieux étudié le latin quand il était en classe.

Les deux candidats ont donc tout un mois pour faire tourner à plein régime leurs équipes de gagmen et pour chercher les moyens les plus sûrs et les plus efficaces de flatter la populace qui finalement décidera de leur sort pour les années à venir.

Triste spectacle de la démocratie !

jeudi 4 octobre 2012

Pigeons ou Geonpi ?

Depuis que, en 2004 ou 2005 (je ne sais plus trop), chez des hébergeurs divers et avec des fortunes également diverses, je me livre à l'exercice du blog, je n'ai cessé, face à l'administration française, de me poser une question douloureuse que je n'ai jamais réussi à trancher : notre belle administration est-elle la fille du Père Soupe et de la Mère Ubu ou celle du Père Ubu et de la Mère Soupe (moins connue, je vous l'accorde, que son illustre et courtelinesque époux)?

Je vous avouerais, dans le mouvement de confession de mes impuissances, que je n'ai jamais réussi à entrevoir la solution de cette énigme et que je m'y trouve à nouveau confronté, après avoir espéré, un moment, que le nouveau régime allait enfin tenter de rompre avec les habitudes précédentes. Il n'en est, semble-t-il, rien.

Le recours ministériel aux ressources, qu'on dit infinies, de l'immigration et de la diversité ne semble pas avoir changé grand-chose ; l'atavisme administratif français l'emporte très vite sur les gènes, nouveaux et donc supposés novateurs, qu'on peut introduire dans le système.

J'avais entendu hier les protestations des entrepreneurs qui, s'assimilant d'eux-mêmes à des "pigeons", au sens non pas propre mais métaphorique et victimisant, se regroupaient en un collectif "geonpi" (car on y cause verlan) contre la future loi de finances qui leur applique une énorme ponction fiscale (60%), au titre de la plus-value, en cas de revente de leur entreprise. Je n'ai donc pas été étonné, ce matin, d'entendre, sur l'une des radios-bignoles, qui occupent l'espace radiophonique entre sept heures et neuf heures, à vendre de la publicité tout en ne cessant d'assurer la leur, Madame Fleur Pellerin, ministre de je ne sais quoi et qui nous est venue du Pays du matin calme. Comme c'est désormais la coutume, elle a exposé au bon peuple de France la défense du gouvernement sur cette question.

Sur le fond, pas grand-chose de nouveau, selon une stratégie également habituelle désormais, on lui avait préparé ce qu'on appelle pudiquement, Dieu sait pourquoi car la formule n'a guère de sens, des « éléments de langage », ce qui, vous l'admettrez, est fort discourtois pour nos ministres puisqu'il est nécessaire de leur préparer un argumentaire qu'ils sont jugés, de toute évidence, incapables d'élaborer eux-mêmes. Toutefois, la principale particularité de Madame Fleur Pellerin, en dehors de ce si poétique prénom, est qu'elle possède un débit dans l'expression orale qui s'apparente à la vitesse de tir de l'AA52, mitrailleuse qui était en service dans l'armée française à l'époque où j'y ai fait mon service militaire (je me flatte d'être deuxième classe de réserve, ce qui n'est pas si courant!), soit 900 coups à la minute. Il est donc clair que, dès les premières secondes (j'allais dire rafales) de ses interventions, le pauvre Monsieur Bourdin, encore mal réveillé durant ces émissions manifestement trop matinales pour son appétit de sommeil, était irrémédiablement largué.

Je vous la fais courte, puisque, comme Monsieur Bourdin avançait qu'on allait prélever, aux termes de la future loi de finances, 60 % de la plus-value réalisée sur la vente d'une entreprise, Madame Pellerin l'a vivement et vertement rabroué, en affirmant que c'était FAUX puisqu'en réalité, le prélèvement prévu n'était pas de 60 % mais de 58 % ! Fichtre!

Je vous passe les détails, car l'une de ses affirmations majeures tenait à ce qu'était prévue, l'après-midi même, dans son ministère, une réunion avec les entrepreneurs pour le « lissage » (toujours cette exquise pudeur rhétorique !) des dispositions de la loi. Un esprit aussi simple que le mien s'est évidemment demandé s'il n'aurait pas été plus raisonnable de faire ladite réunion AVANT de donner sa forme quasi définitive à la loi de finances, ce qui aurait évité le débat passionné qui s'est établi depuis hier et dont on aurait aisément pu faire l'économie, surtout, dans un contexte nouveau où, sur le plus mince sujet, on s'emploie immédiatement à réunir des groupes de réflexion, des commissions, voire des États généraux ou des Grenelles!

Par ailleurs, n'aurait-il pas été sage aussi, de presser un peu plus le nouveau Messie de notre Redressement Productif, Monsieur Gallois (prénommé non pas Évariste ni même, plus opportunément encore, Jésus, mais tout bonnement Louis) qui doit, imminemment sous peu, apporter les solutions définitives de nos problèmes industriels ?

Comment ne pas conclure, comme je l'ai fait sans doute souvent : « Hourra! Cornes au cul et vive le Père Ubu » (et bien entendu aussi le Père Soupe !)?

mercredi 3 octobre 2012

Prodicos ou Buridan ?

Ce matin, j'hésite entre deux références sur les incertitudes du choix; l'une à Prodicos, l'autre à Buridan.

Assurément le philosophe sophiste grec offre un registre métaphorique plus noble avec Herakles hésitant entre le chemin facile et bordé de roses du Vice et celui, aride et pentu, de la Vertu que le philosophe médiéval avec son âne qui, entre nous, n'a jamais montré ses oreilles dans l'oeuvre buridanesque mais périra, faute d'avoir su choisir entre le seau d'eau et le picotin, également salvateurs.

En effet, vers huit heures ce mercredi matin 3 octobre 2012, deux de nos radios bignoles, France Info et Europe1 (au sein de laquelle je réserve toutefois, bien sûr, une place à part à ma chère Caroline Roux qui est aussi du matin) nous mettaient devant un choix douloureux entre deux interventions sur le même domaine. L'une, sur la première de ces radios, avec une interview de Monsieur Pfimlin (à vos souhaits ! Cet étrange patronyme en forme d'éternuement vous donne l'envie de l'appeler, comme le faisait autrefois le Canard enchaîné pour son ministre homonyme « Petite Prune», ce qui est le sens de ce terme en dialecte alsacien) ; sur la seconde, Europe1, on avait droit à une interview par le patriarche indéboulonnable de l'info, Jean-Pierre Elkabbach, de Madame Aurélie Filipetti, ministre de la culture, et donc, de ce fait, patronne de "Petite Prune".

À dire le vrai, comme disait Eve Ruggieri, je n'ai écouté qu'une partie de l'un et l'autre, ce qui m'a convaincu que je n'ai pas perdu grand-chose, puisque j'aurais assurément pu faire, à leur place, les deux interventions qu'ils ont faites l'un et l'autre.

Langue de bois à tous les étages ! Petite Prune ne touchera surtout à rien (pour ne pas donner de prétexte à le virer comme vestige du sarkozisme) et surtout pas aux privilèges fous d'un personnel pléthorique et inactif que j'évoquais dans mon post d'hier. Madame Filippetti, elle, n'a pas de sous, mais une grosse paire de ciseaux !  En outre, la voilà privée des conseils économiques éclairés de son ex-compagnon que je voyais hier, dans l'émission d'Elizabeth Quin  " 28 minutes" (20 heures 05 en semaine, sur Arte) que je vous signale car elle ne manque pas d'intérêt, comparée aux sinistres journaux télévisés de grande écoute des autres chaînes.

J'ai déjà sauté d'Hercule à l'âne (en passant de Prodicos à Buridan), je peux bien remplacer Héraclès par le coq et sauter, pour compléter ce post, cette fois-ci, du coq à l'âne. Comme je passe, du même coup, de la philosophie au sport, on me pardonnera sans doute cette gambade.

Je ne reviens pas sur l'affaire du handball héraultais, mais je suis frappé par la pauvreté des arguments avancés par la défense. J'apprenais, ce matin, qu'entre deux sanglots, Nicolas K. avait confié qu'il ne pouvait pas être coupable dans cette affaire de match truqué, puisqu'il n'y jouait pas lui-même.  C'est parfaitement vrai et il n'était pas le seul à ne pas jouer puisque les cinq principales vedettes du club de Montpellier (Nikola et Luka Karabatic, Kavticnik, Bojinovic, Honrubia) n'ont pas participé à la rencontre.

Ce détail n'est jamais signalé et je n'ai rien entendu de ce détail, y compris de la bouche des experts qui ont revu à la loupe tout le déroulement du match lui-même. Or un des éléments essentiels du problème était précisément l'absence de ces cinq joueurs majeurs car, sur le match lui-même, il est bien difficile effectivement de se faire une opinion, en dépit de quelques maladresses un peu inhabituelles chez les joueurs de ce niveau.

Et c'est là qu'intervient un rapprochement inattendu avec un match de rugby tout récent (le Toulouse-Toulon de la semaine dernière) où le coach toulonnais, Bernard Laporte, a  mis sur le banc, lors de cette rencontre, une douzaine des joueurs de son XV majeur, pour les récompenser, disait-il, d'avoir gagné la précédente série de matches.  

Le problème est qu'il a fait cette annonce, lui, plusieurs jours avant la rencontre, et que, s'il devait y avoir des paris sur l'issue de ce match Toulouse-Toulon, il est évident que Toulon ne partait pas favori, loin de là, ce qui n'est pas sans incidence sur les cotes proposées aux parieurs. Dans l'affaire du match Cesson-Montpellier, la seule question à se poser est donc de savoir si Montpellier a averti la presse, avant la rencontre, que les cinq meilleurs joueurs de la formation ne prendraient pas part à la rencontre. Le faire amenait, inévitablement, à envisager une défaite de Montpellier et, par conséquent, une cote inintéressante pour ceux qui parieraient sur cette issue du match. C'était précisément le cas de ceux qui ont misé 60 000 € dans l'affaire c'est-à-dire cent fois la mise habituelle en pareil cas.

En matière sportive, comme les paris sont une innovation récente (et funeste), ce cas n'est pas encore  très fréquent. En revanche, il est constant en matière boursière et cela s'appelle même, d'un terme tout à fait spécifique, " le délit d'initié" ! Aux USA, il conduit directement en tôle! Chez nous....

Si Montpellier, avant la rencontre, a fait connaître, urbi et orbi, que ses cinq meilleurs joueurs ne prendraient pas part à ce match, on a là une présomption relativement forte en faveur de l'absence de tricherie et donc de la bonne foi des parieurs-joueurs ou de leurs amies. Si, en revanche, ce détail a été caché ou même simplement minoré (absence d'un ou deux joueurs et non des cinq meilleurs), la présomption est alors très forte en sens inverse ; il serait donc bon de vérifier un tel point, ce qui doit être des plus faciles en consultant les journaux sportifs des jours précédents.

C'est là, une fois de plus, un conseil gratuit d'Usbek Consulting and Co.

mardi 2 octobre 2012

Audiovisuel français : Dies irae !


Jour de colère ! Malédiction ! France-Télévision est en grève !

Les grèves de France-Télévision me font penser à celles du CNRS, en ce sens qu'elles n'ont pas la moindre conséquence (il y a dix ou quinze autres chaînes!) et que tout le monde s'en fout, même les grévistes puisque, comme souvent, je pense qu'elles n'ont pas d'incidence financière pour eux !

Les circonstances de la vie ont fait que j’ai eu,  bien avant la création de France-Télévision(s), l’occasion de fréquenter la télévision française. J’y ai toujours constaté à la fois un personnel pléthorique et une activité très modeste, faite surtout de passages, nombreux et prolongés à la cafeteria et/ou au bistro du coin, selon les lieux et les installations. Plus récemment, il s’est trouvé que je suis retourné depuis dans les lieux parisiens de cette même société et j’ai pu y observer que les choses n’avaient guère changé.

Pour ce qui touche à l’information, qui est un point central, vu l'extravagante abondance du personnel qui est censé y être employé (je reviendrai sur les insondables mystères du personnel et des effectifs), comment ne pas être frappé, aussi, par le fait que la montagne de journalistes de France-Télévision n’accouche, le plus souvent, que de lamentables et souffreteuses souris de l'information ? Personnel pléthorique dites-vous, mais France2 vient de recruter un grand chef "pour la France", le prétendu économiste Lenglet qui ne quitte plus le plateau. Il doit tout de même gagner plus que les misérables 14.000 euros mensuels de Pujadas!

Durant l'été, j'ai mon nez dans le rapport de la Cour des comptes, mais ses 222 pages m’ont découragé ainsi que le ton prudentissime de ses formulations. Je vous déconseille donc d'autant plus vous y risquer que j'en ai donné quelques extraits significatifs.  J'ai en effet écrit, suite à cette lecture, trois posts, publiés en août 2012 dans ce même blog ; je ne puis donc qu'y renvoyer les lecteurs intéressés par les "comptes drolatiques de France-Télévision".

Selon feu Ph. Seguin, alors président de dite Cour des Comptes et esprit plus libre : "Les journaux télévisés et magazines d’information de France 2, France 3 et RFO représentent un coût annuel de 560 M€. Avec près de 5 000 collaborateurs – dont 2500 journalistes (les soulignements sont de moi)– au sein des rédactions nationales et régionales des chaînes, l’information mobilise près de la moitié des effectifs du groupe France Télévisions ». "

Non, il n’y a pas de coquilles ou de fautes ; j’ai fait ici un simple copier/coller ; ne vous frottez donc pas les yeux et/ou n'essuyez pas vos lunettes ; vous avez bien lu : 2500 journalistes auxquels s'ajoutent 2500 techniciens pour ça !

La grève d'aujourd'hui (je viens de l'entendre de la bouche même d'un syndicaliste-maison) tient au refus de la "mutualisation" des moyens, humains surtout, comme matériels! Personne ne veut naturellement de cette « mutualisation ». Un technicien qui travaille à "Télématin" a fini sa journée à 9 heures du matin ! Et les centaines de journalistes et de techniciens du journal du soir de France3 se consacrent entièrement à cette noble tâche qui ne commence qu'à la nuit close.

Ecoutons à nouveau Ph. Seguin, voix de la raison :
« Seule une redéfinition de l’offre d’information permettra de faire travailler une même équipe de techniciens mais aussi de journalistes, en plateau mais aussi en reportage, pour plusieurs éditions, nationales ou régionales. [Quel farceur ce Philippe Seguin! Et il a de ces mots "Travailler" ! Fi donc].

J'avais commencé un de mes posts de l'été par cette devinette : "Quelle différence y a-t-il entre le ministère français de l'éducation nationale et le groupe France-Télévision ?" Vous devinez déjà je pense que la réponse est « Aucune », même si vous ne savez pas encore pourquoi!  Je vais donc devoir vous le dire à nouveau : l'une et l'autre de ces belles institutions françaises ignorent à la fois leur mode de fonctionnement réel et, pire encore, le nombre exact de personnes qu'elles emploient.

Rappel des faits (le gras est de moi) :
"France Télévisions est un groupe audiovisuel français, dont le capital est exclusivement détenu par l'État français. Constitué à partir du rapprochement, sous une présidence commune, des chaînes télévisées publiques France 2 (ex-Antenne 2) et France 3 (ex-France Régions 3), il comprend notamment, France 5 (ex-La Cinquième) depuis le 2 août 2000, RFO (Réseau France Outre-mer) depuis le 9 juillet 2004, France Ô (ex RFO Sat) depuis le 25 février 2005 et France 4 (ex-Festival) depuis le 31 mars 2005. Ces sociétés nationales de programmes de télévision (et de radiodiffusion dans le cas de RFO), sont des filiales détenues en totalité par France Télévisions SA . En 2007, le périmètre économique du groupe comprend environ quarante sociétés et emploie près de 11 000 personnes".

J'ai mis en gras les prudents "modalisateurs", tout à fait étranges quand il s'agit de données aussi précises que le NOMBRE des sociétés du groupe ou les EFFECTIFS de leurs personnels.
Pour faire court, je résume les données qui circulent ici ou là : les effectifs de France Télévision oscillent entre 10 500 et 19 900, le nombre des sociétés qui appartiennent à ce groupe allant, selon les sources, de 30 à 63.
 
Je vois que vous ne me croyez pas et force m'est donc de vous infliger une démonstration que j'accompagnerai, pour égayer un peu l'aridité du propos, de quelques formules d'explication qui seront insérées dans les textes cités entre crochets et en italiques comme c'est la règle.

Je commencerai par les sociétés ; il est évident que cet aspect est premier puisque, si l'on ne sait pas exactement quelles sociétés composent ce groupe, il devient difficile de calculer avec précision les effectifs totaux.

Le document que j'ai cité ci-dessus précise joliment (je ne peux résister au plaisir de répéter la formule) qu'« en 2007, le périmètre [notion géométrique qui s'accommode mal du flou de la suite] économique du groupe comprend environ [souligné par moi du fait de ma stupeur] 40 sociétés et emploie près de [souligné par moi toujours du fait de ma stupeur]11 000 personnes ». Encore d'autres chiffres, seule l'imprécision est la même !

Prenons le problème par un autre bout : "Sur l’ensemble des sociétés intégrées globalement aux comptes 2006 du groupe France Télévisions : dix-sept ont leur siège 7 esplanade Henry de France (dont France 2, France 3 et France 4), six ont leur siège sur d'autres sites à Paris, cinq ont leur siège dans les Hauts-de-Seine (dont France 5, à Issy-les-Moulineaux et RFO à Malakoff), deux ont leur siège en Nouvelle-Calédonie."

Simplifions les choses : 17 + 6 + 5+ 2 = 30 alors que, quelques lignes auparavant, on nous annonce que le groupe comprend, on l'a vu, environ 40 sociétés. Qui aurait l'idée de dire que 30 équivaut à "environ 40"? En réalité, mais selon d'autres sources, il y aurait 63 sociétés (je vous en épargne la liste) qui seraient, plus ou moins rattachées, au groupe en cause. De 30 ( le chiffre le plus officiel) à 63, la marge est considérable, mais en jouant sur la disparité des rattachements et des statuts, on peut jongler à loisir  avec les effectifs et les coûts.

Toutes ces zones de flous me paraissent destinées surtout à masquer des réalités comme surtout cette surabondance de personnel grâce à des opérations comptables qui cachent que France Télévision est un gouffre financier. En réalité, dans les causes profondes d'une telle situation, il y a surtout, si je puis dire sans salir ce beau mot, la "culture d'entreprise"; chaque société agrégée, au fil du temps, à ce groupe entend maintenir les privilèges qu'elle s'était donnés auparavant, tout en tentant d'annexer ceux qu'elle voudrait obtenir à l'imitation des autres ;  il en résulte que les conventions collectives sont différentes d'une société à l'autre, sans parler des conventions de branche. De ce fait, les salariés de France2, France3 et RFO n'ont pas les mêmes conditions de travail, d'emploi et de rémunération que ceux de France5 ou France 4, chacun voulant les avantages de l'autre sans bien sûr renoncer aux siens propres.

Mais le plus beau est la conclusion de ce panorama qui, comme toujours témoigne, de la plus grande prudence dans le constat de l'impuissance qu'on trouvait déjà dans le rapport de la Cour des comptes :
"Dès lors que le législateur [je suis tenté d'ajouter ici, selon la formule consacrée, "dans sa grande sagesse"] se prononçait clairement pour la constitution d'un groupe public de télévision et dotait France Télévisions de la personnalité morale et de pouvoirs étendus de direction sur les sociétés du groupe, l’éventualité d’une négociation sociale se situant au niveau du groupe, et non plus au niveau de chacune des sociétés le composant, devait être envisagée [c'est en effet le bon sens]. À l’heure actuelle, cette question n’a pas reçu de réponse concrète. Elle se heurte aux fortes particularités qui caractérisent chacune des sociétés |"Ah qu'en termes galants ces choses-là sont dites!"]. Le risque d’un alignement systématique des dispositions sur les plus coûteuses d’entre elles demeure suffisamment important pour que cette question soit traitée avec une grande prudence.".

La grève du jour le démontre une fois de plus!

lundi 1 octobre 2012

Le vrai sens des mots!

Revenons à notre minuscule hexagone après ces quatre incursions dans les immensités subsahariennes pour y constater que, comme souvent, le sens des mots finit par l'emporter.

J'en veux pour preuve l'affaire qui secoue depuis quatre jours la France sportive dans son ensemble et même la France tout entière. Il s'agit bien entendu de la fraude dans les pronostics sportifs de Montpellier et du handball.

Je n'évoquerai ici que pour mémoire et très rapidement le scandale permanent d'encouragement immoral, dans une France qu'on dit tellement appauvrie, des paris sportifs et de toutes les formes de jeux de hasard qui servent de miroir aux alouettes à tous les fauchés qui hantent nos bistrots et nos bureaux de tabac. On sait bien, me dira-t-on, que c'est toujours dans les pays les plus pauvres que ce type de divertissement connaît le plus grand succès ; il fut un temps (peut-être l'est-il encore) où, à la Réunion avec un chômage record, le chiffre d'affaires de la Française des jeux était équivalent à celui du RMI, ce dernier constituant une sorte de record de France en la matière avec 10% du RMI français pour 1,2% de la population de notre pays. Dans un Etat, où il existe un bureau de vérification de la publicité (sans doute l'une de nos 1244 Agences!), il est tout de même curieux de laisser diffuser sur nos ondes et nos écrans des publicités du type "Nous parions que vous allez gagner!". Nos vedettes handballeuses s'en sont sans doute inspirées, selon une formulation inverse : "Nous parions que nous allons perdre!". C'est le conseil, gratuit comme toujours, d'Usbek Consulting &amp. Co à une défense qui, comme on va le voir, semble en avoir singulièrement besoin.

On ne peut même pas dire que les joueurs en cause ont été grisés par l'ovation nationale qu'on leur a faite, suite à leur victoire aux Jeux Olympiques, puisque les faits incriminés se sont déroulés bien avant. Suite à cette victoire et à ce triomphe, à leur retour, ils se sont bornés (ronds comme des queues de pelles) à mettre à sac le studio d'enregistrement où ils avaient été invités par un journal qui, à leur gré, n'avait pas été suffisamment louangeur à leur propos. Le fait est sans rapport mais il n'en est pas moins assez significatif sur une mentalité.

Bref rappel des faits pour ceux qui auraient réussi à échapper à leur narration depuis quatre jours. L'équipe de handball de Montpellier, qui devait disputer un match sans enjeu devant une formation parisienne (ils avaient déjà en poche le titre de champion de France) a été battue dans des conditions qui n'avaient rien d'exceptionnel, car je crois que quelques-unes de leurs vedettes n'ont pas pris part au match. Jusque-là rien d'anormal. Le seul problème, mais il est majeur, est que l'organisateur des paris a constaté que, dans trois régions de France et en particulier à Montpellier, le montant des paris avait été des dizaines de fois supérieur à ce qu'il était habituellement et que, pour 60 000 euros de mise, quelques joueurs en avaient ramassé 200 000.

On pourrait dire que, vu des salaires de la plupart des joueurs de l'équipe nationale en particulier et de ceux de quelques-uns des joueurs incriminés (quoique présumés innocents bien entendu) dans cette affaire ces gains sont relativement modestes ; gagner ainsi 10 ou 15 000 € ne devraient pas être pour eux une motivation suffisante pour prendre de tels risques, puisque les paris leur sont évidemment interdits dans leur spécialité sportive, même si de telles pratiques, surtout dans le football, sont assez courantes.

Ce qui est plus étrange c'est que les parieurs fraudeurs (ou leurs compagnes puisque certaines dames semblent impliquées dans cette affaire) n'ont pas eu l'idée, pourtant simple, de parier ailleurs que dans leur ville d'origine car le faire était, d'une certaine façon, quelque peu signer leur crime. Cela semble déjà indiquer des capacités intellectuelles assez modestes car il y a là un subterfuge que n'importe qui d'un peu raisonnable semble en mesure de concevoir.

Mais le plus drôle est dans la suite ; soupçonnés depuis quelques jours, les joueurs en cause ont obstinément refusé de parler, attendant sans doute que leurs futurs avocats (qui leur conseillaient, bien entendu, le silence vu leurs errements antérieurs) imaginent, pour leur défense, quelque argument imparable mais insoupçonné. On l'a entendu énoncer hier de la façon suivante : ils reconnaissent qu'ils ont parié mais ils n'ont pas triché ! Fermez le ban !

On peut d'observer que, si leur équipe a effectivement perdu et que si ils et elles ont effectivement gagné 200 000 € dans cette affaire, ils avaient très vraisemblablement parié sur la défaite de Montpellier, dans laquelle ils sont inévitablement eux-mêmes pour quelque chose, soit faute d'avoir joué (et en sachant à l'avance qu'ils ne joueraient pas), soit pour avoir assez mal joué pour perdre devant une équipe contre laquelle ils auraient dû aisément gagner.

On voit que la faiblesse de l'argument confine au ridicule mais, après tout, les choses peuvent peut-être s'expliquer par le simple examen des surnoms qu'on leur a successivement donnés.

Si lors des Jeux Olympiques, on appelait cette équipe de France de handball les "experts", on les avait, dans des compétitions précédentes, surnommées les "barjots". Ce surnom m'avait toujours personnellement étonné (mais j'étais sans doute le seul) car, en argot français, "barjot" signifie tout simplement « fou » et rien d'autre. Ce surnom était donc, à mon sens, tout à fait impropre à l'époque mais il s'avère maintenant qu'il ne l'était pas autant que je pouvais alors le penser.