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lundi 10 septembre 2012

Suggestions respectueuses à notre Président.

J'ai vu et entendu, sans doute comme beaucoup, hier soir, notre Président de la République exposer son projet de remise sur pied de l'économie et, plus globalement, de la situation de la France dans les deux ou trois années qui viennent.

Globalement je crois que sa prestation était assez bonne, en tout cas autant qu'elle pouvait l'être, sans entrer dans un détail trop précis, en particulier sur les économies que nous pourrions faire et les points sur lesquels elles devraient porter.

Je crains fort, toutefois, que le gouvernement ne s'attaque pas au principal problème qui est celui du caractère exorbitant et même fou de la dépense publique en France. Pour 2011, elle représente 55,8 % du PIB alors qu'en Allemagne, pour nous l'éternel et inévitable terme de toute comparaison en matière économique ou industrielle, il n'est que de 45,3 % du PIB national.

En d'autres termes, comme nombre de commentateurs l'ont fait remarquer, dont l'excellent Cri du contribuable, si la France avait les mêmes dépenses publiques que l'Allemagne, on pourrait baisser les impôts de 100 milliards d'euros avec un budget en équilibre! Ce point est le principal dans toute analyse de notre situation économique et je dirai même qu'il est quasiment le seul point vraiment essentiel.

Si la France avait la même proportion de fonctionnaires que la RFA, elle en aurait 1,5 million de moins! Cette pléthore de fonctionnaires a été engendrée, depuis trente ans, à la fois par des réformes comme celles des 35 heures et surtout de la décentralisation qui a produit un développement absurde de la fonction publique territoriale car si l'on a créé des fonctionnaires territoriaux, on a gardé en même tempstous  les agents nationaux.

Toute analyse économique fondée sur une comparaison des deux Etats fait apparaître que, en tout et partout, les dépenses publiques françaises sont très supérieures à celle des Allemands, sans que les résultats obtenus soient meilleurs.

En cette période de rentrée, comment ne pas observer que la RFA, plus peuplée, dépense moins pour l'éducation que la France ; le coût d'un élève français du secondaire est de 62 % plus élevé que celui d'un élève allemand ; cela tient en particulier aux horaires des enseignants qui s'ils sont moins payés en France qu'en Allemagne, sont en revanche pratiquement trois fois moins présents dans les écoles, si l'on tient compte, comme l'avait fait autrefois Claude Allègre avec son "dégraissage du mammouth", de l'absentéisme, des heures de délégation et des professeurs sans élèves détachés dans toutes sortes de fonctions.

J'ai entendu dire aussi, et je ne comprends pas très bien comment, qu'il y a beaucoup moins d'écoles en Allemagne qu'en France (en gros le tiers en moins) sans que les élèves soient pour autant moins scolarisés.

Un des points sur lequel je suggérerais de porter le fer des économies est bien entendu celui de l'armée, avec ses 300 000 fonctionnaires (y compris les gendarmes il est vrai). L'armée coûte cher bien entendu par le nombre des personnes qu'elle emploie, mais, aussi et surtout, par les matériels (qu'il faut sans cesse entretenir et , hélas, renouveler) et les frais de fonctionnement (on sait qu'on fait voler les avions et rouler les chars pour ne pas voir diminuer les subventions destinées à payer les carburants).

J'avoue ne pas trop savoir contre qui nous entretenons cette armée car je ne me sens pas menacé par nos voisins immédiats (ni du côté de la Suisse, ni du Luxembourg ni d'Andorre ni de Monaco). Le pire de tout et sans doute notre force dite de "dissuasion nucléaire" dont je n'ai pas réussi à savoir exactement le coût (sans doute couvert par le secret défense) mais qui dépasse certainement la quinzaine de milliards. Cette force est très probablement désuète et nous pourrions sans trop de mal nous mettre sous le parapluie nucléaire américain, comme tout le monde, puisque De Gaulle est mort et que nous sommes à nouveau dans l'OTAN.

Notre président aura-t-il le courage de mener à bien la politique qu'il préconise et avec les actes forts qu'elle supposerait ? J'en doute même s'il prétend engager des réformes au-delà de ce qu'on a pu faire depuis plus d'un demi-siècle.