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mercredi 19 septembre 2012

Cha-cha-cha diplomatico-budgétaire

Une autre façon de danser le cha-cha-cha "consiste à avancer d'abord le pied droit deux fois, puis avancer le pied gauche à la même hauteur, puis reculer le pied droit d'un pas, puis reculer le pied gauche deux fois, puis le pied droit d'un pas puis avancer le pied gauche d'un pas et recommencer avec le pied droit comme au début et ainsi de suite.". C'est une définition du cha-cha-cha que donne Wikipedia mais pour le médiocre danseur que je fus, cette danse était, pour simplifier, trois pas chassés en avant suivis de trois en arrière (d'où je suppose son nom!)

C'est la danse favorite de la politique budgétaire européenne depuis vingt ans.

Ils sont trop forts nos politiques et le plus grand de leur talent s'établit sur l'usage subtil qu'ils font de Bruxelles qui est tantôt une serpillière sur laquelle on s'essuie sans gêne les pieds, tantôt un croque-mitaine susceptible d'inspirer la plus grande terreur.

On nous bassine à nouveau avec les règles bruxelloises sur les déficits budgétaires et sur les maxima que ne pourront dépasser les dettes extérieures des Etats par rapport au PIB. C'était au fond l'accord qu'avait imposé Angela à Nicolas, ce dernier ("vi coactus" cher Succus, comme dans La tulipe noire de mon enfance) n'ayant pas manqué d'accompagner son acquiescement verbal d'alors d'une restriction mentale, éventuellement salvatrice. Dans la suite, Gretchen a accepté qu'on saupoudrât le bretzel d'une adoucissante croissance, mais le fond n'avait guère changé.

Le bon peuple avale tout ça et les politiques se prennent aux cheveux pour ces vaines questions, comme on le constate actuellement où un certain nombre de députés socialistes et/ou écologistes envisagent de refuser de voter le texte proposé par le gouvernement en ce sens.

Il est vrai qu'il y a beaucoup de nouveaux députés dans la majorité actuelle et que, par conséquent, ils doivent tout ignorer de l'histoire de ce feuilleton dont on célèbre, sans que nul ne se risque, à le signaler le 20e anniversaire puisque les premières règles de cet acabit ("de cet acabiTE" pour causer comme Mossieur Gaudin) figuraient dans le traité de Maastricht en 1992. C'était le fameux maximum de 3 % pour les déficits budgétaires dont on s'est moqué depuis à de nombreuses reprises, à commencer par le cynique duo Chirac-Schröder qui a même eu le culot d'annoncer officiellement qu'il ne tiendrait aucun compte de cette règle qui était plutôt de plomb que d'or.

Bref rappel d'une chronologie sommaire que je ne prends même pas la peine de vérifier faute de temps et de goût : 1992 traité de Maastricht, 1997 premières entorses officielles aux principes ainsi posés ; reprise du problème avec autant d'inefficacité en 2003 et en 2005 et nous voilà maintenant à l'épisode 2012.

En fait l'affaire se présente désormais un peu différemment, puisque la Banque Centrale Européenne a mis comme condition à son rachat éventuel de la dette de certains Etats, d'une part une demande EXPRESSE et OFFICIELLE de ces Etats (ce qui est bien normal car on ne va pas rembourser leurs dettes contre leur gré) et, d'autre part, l'acceptation par eux du contrôle effectif de leurs budget sur la base de ce nouveau traité. Il impliquera de fortes amendes, paraît-il, en cas de non-respect des principes acceptés. On veut bien le croire et on tremble d'avance !

Si j'ai bien suivi, la seule différence est que, désormais, pour que ces amendes puissent ne pas être payées, il faudra qu'une forte majorité, au sein du conseil des ministres, se prononce en faveur de cette mesure de clémence.

Un point me tarabuste dans tout ça. Précisément le rôle même du conseil des ministres dans ces affaires ; ils vont imposer des mesures de rétorsion à des Etats dont ils sont eux-mêmes les dirigeants et les représentants! A voir !

Va comprendre Charles !

Bref, je crains fort que nous soyons encore partis pour un tour, mais ce ne sera guère que la 4 ou 5e reprise d'un interminable cha-cha-cha ; par ailleurs, comment imposer les si fortes amendes dont on les menace à des Etats qui n'ont pas le premier sou pour les payer et qui donc, de ce fait, ne peuvent même pas emprunter pour ce faire, étant donné qu'on limite leur capacité d'emprunt à 60 % du PIB alors que plusieurs d'entre eux en sont déjà à 100% voire à 120 % ?

Somme toute et une fois de plus, de qui se moque-t-on ?


dimanche 22 juillet 2012

Nos députés sont des marrants!

Il ne vous a pas échappé qu'un amendement présenté par un député, masochiste et/ou honnête, a fait l'objet d'un vote de nuit (la nuit tous les députés sont gris). Il portait  sur "l'indemnité de frais de mandat" de nos représentants (6214 euros par mois) et demandait non sa suppression, mais l'obligation pour les bénéficiaires de justifier l'utilisation de cette somme. Tout indique en effet qu'ils en font un usage qui ne concerne que de loin à leur mandat, l'un évoquant la construction d'une terrasse ou d'une piscine tandis que d'autres parlent des vacances de leurs enfants.

Le résultat a été un échec cuisant de cette proposition, mais les chiffres surtout sont intéressants et riches de sens, puisque sur les 477 députés que compte l'Assemblée Nationale (je me trompe peut-être mais je n'ai ni le temps ni le goût de vérifier), il n'y en avait que 120 en séance et que, sur les 120, seule une petite vingtaine a voté en faveur de la justification de l'utilisation de la somme de 6214 €.

Je vous accorde volontiers que nos députés ne vivent pas sur un très grand pied puisqu'au fond ils ne sont payés que comme un fonctionnaire de classe exceptionnelle au dernier échelon et perçoivent de ce fait mensuellement 5189,27 euros ; s'ajoutent à cette somme (sans parler des indemnités plafonnées, il est vrai à 50% de cette dernière somme, que leur accordent les fonctions de maire, conseiller général etc.) les fameux 6412 euros auxquels s'ajoutent également, en outre, 9138 euros par mois pour le paiement d'un collaborateur éventuel.

Je laisse tomber les broutilles du type "facilité de circulation" (gratuité du métro et du chemin de fer en première classe,  pour les provinciaux 80 voyages en avion entre Paris et leur ville, sans compter une douzaine de voyages gratuits hors de France dont ils n'ont pas à justifier davantage la nécessité).

Je vous accorde que ce n'est pas le Pérou à côté de Zlatan et de quelques PDG de sociétés nationales ou privées ; ce n'est tout de même pas si mal et, après tous, s'ils jugent la chose très insuffisante, personne ne les oblige à se présenter aux élections!

Le drôle de l'histoire est que j'ai tant entendu, l'autre jour, l'un de nos députés (je ne citerai pas son nom de peur d'un procès en diffamation, même si les faits sont parfaitement exacts et qu'il est aisé de vérifier ses propos) nous dire qu'il ne pouvait pas s'offrir un collaborateur car la somme allouée à cette fin était très insuffisante. Ce propos est sans intérêt, je vous l'accorde, mais il montre quand même que ces gens-là vivent dans un monde qui n'est pas tout à fait le nôtre.

Avec 9138 euros, on doit tout de même pouvoir s'offrir les services d'un collaborateur, fût-ce à temps partiel (car un député n'a pas à l'utiliser comme une secrétaire ou un garde du corps) ; si l'on coupe la poire en deux vu les charges sociales, ça fait tout de même 4000 à 4500 € par mois.

Il y a un certain nombre de Français, Monsieur le député, qui VIVENTen gagnant moins de 4000 à 4500 euros par mois! Renseignez-vous, Monsieur le député, vous verrez que je ne vous raconte pas d'histoire.

Bien le bonjour chez vous Monsieur le député.