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dimanche 6 mai 2012

Du grotesque électoral

Le comble du grotesque journalistique a été atteint et même sans doute largement dépassé lors de la soirée électorale de ce dimanche 6 mai 2012.

Pauvres journalistes! Pauvres présentatrices! Pauvres envoyés spéciaux!

À partir de 18:00, tout le monde était sur le pont dans les rédactions ; les présentatrices avaient revêtu leurs plus beaux atours ; les envoyés spéciaux piaffaient d'impatience dans le froid ou sous la pluie.

Pauvres journalistes qui nous ont répété, deux heures durant et sur tous les tons, que le suspense était insoutenable, alors que le résultat était, à bien des égards, manifeste sur leurs écrans mêmes! Tous et toutes l'ont fait sans rire, ce qui, il faut bien le dire n'est pas un mince mérite, car tout le monde savait depuis longtemps le résultat des courses.

Bien sûr, au premier chef, ceux qui, comme moi, avaient consulté les médias belges ou suisses qui ont mis plus de deux heures dans la vue à toute la presse française, au mépris, affiché voire triomphant, de nos dispositions législatives franchouillardes dont ils se moquent bien, mais aussi tous ceux qui, tout simplement, ont constaté que, dès 18 heures, Nicolas Sarkozy annulait le meeting prévu à la Concorde. A cause du mauvais temps ont glissé quelques UMP, fins connaisseurs de la météorologie parisienne, qui savent bien que, comme le dit le vieux proverbe de la rive droite, "Pluie à la Concorde, soleil à la Bastille".

En effet, au même moment, les grues et les engins socialistes s'affairaient Place de la Bastille pour y construire les podiums pour la célébration de la victoire de Hollande, sur les instructions du PS qui, bien entendu, était informé depuis longtemps de l'issue de cet insoutenable suspense qui régnait dans nos seuls médias

Et pendant ce temps, les jeunes beautés de nos médias s'efforçaient de faire assaut de sourires et d'oeillades pour maintenir leur pauvre public devant les écrans. Elles ne les regardaient assurément pas leurs écrans car les envoyés spéciaux, rue de Solférino ou au Conseil général de Tulle étaient bien obligés de constater la joie délirante et les gestes de victoire des supporters de François Hollande, tandis qu'à l'UMP, à la Mutualité, les mines étaient tristes et défaites, et le public aussi rare que les drapeaux. Tout au plus, de temps en temps, les préposés en réunissaient une demi-douzaine devant la caméra du service de communication pour essayer de faire croire aussi bien à la présence d'une foule nombreuse qu'à l'enthousiasme de ladite foule.

Le seul moment rigolo, vu par hasard en "zappant" sur Canal + qui, délaissant le foot dominical, s'essayait au genre, fut, quand étant annoncée l'intervention depuis Tulle du Président élu, s'afficha, à la consternation de Denisot, l'image d'Omar Sy et le début de ce qu'on pouvait imaginer comme une parodie de discours inaugural ! Sy Président ? Le suspense fut un instant insoutenable !

Tout cela est lamentable ! Et dire qu'on les paye pour faire ça tandis que nous, cochons de payants, devons nous farcir ce spectacle aussi ridicule que lamentable. Le premier devoir du nouveau président (François pas Omar!) sera sans doute de changer ces règles stupides et d'adapter enfin notre système électoral à l'ère de l'internet et de la modernité.

Irrévérence.


La sarkozie étant réputée toucher à sa fin, peut-être la France va-t-elle enfin retrouver le droit à l'humour, voire à l'irrévérence et les humoristes ne seront plus chassés des institutions officielles faute de pouvoir être d'emblée expédiés directement à Cayenne ?

Une originalité du premier tour de cette élection présidentielle que peu de gens ont sans doute remarquée tient à ce que, pour la première fois, les personnes qui souffrent d'un handicap mental, ont été admises à prendre part au scrutin.

Dans le passé, les handicapés mentaux ne pouvaient être inscrits sur les listes électorales et prendre part au vote que dans des conditions particulières dont la principale était qu'ils fussent admis à y figurer par une décision du juge des tutelles. La loi sur le handicap de février 2005 a changé le code électoral et, depuis 2009, une personne handicapée mentale sous tutelle peut voter sans l'accord du juge.

Oserai-je affronter à nouveau les foudres de la censure, en supposant notre pays enfin libéré des ciseaux de l'Anastasie précédente, quoiqu'il ne soit encore que midi?

Certains aspects de la campagne et surtout certains discours d'un certain candidat (notez le singulier singulier) qui prend clairement les citoyens pour des demeurés dans ses palinodies me donnent à penser que si, par malheur, il l'emporte, une nouvelle étape devra être nécessairement franchie.

Non seulement les handicapés mentaux seront admis à voter, mais ils seront même désormais les seuls à pouvoir le faire!

vendredi 4 mai 2012

Vous avez dit "Immigration" ?


Ces dernières semaines, pour des raisons sur lesquelles il est inutile d'insister, on a beaucoup parlé immigration et de ce fait, naturellement, on a dit, partout, beaucoup de sottises et nombre de contre-vérités.

Un mot d'abord, dans une perspective historique, sur la formule souvent avancée selon laquelle la France est une terre d'immigration. Une telle affirmation devrait au moins être nuancée, surtout si on l'envisage au plan historique.

On sait qu'aux XVIIe et XVIIIe siècles, la France a mis en place une politique de colonisation qui a conduit beaucoup de Français à quitter le territoire européen pour créer des colonies et s'y installer. C'est le cas de la Nouvelle-France, qui allait alors du Canada à la Louisiane et occupait une bonne partie de l'Amérique du Nord, de la Guyane, des Antilles et des colonies de l'océan Indien. Ce mouvement de colonisation était dû, en particulier, à ce que la France était alors un pays surpeuplé qui avait du mal à nourrir sa population. La France était de loin le pays le plus peuplé d'Europe; sa population était le double de celle de la Grande-Bretagne et l'équivalent de celle de la Russie.

Bien loin d'être une terre d'immigration, la France était, au contraire, une terre d'émigration, d'où cette politique de colonisation de peuplement. En Espagne, par exemple, les immigrants français étaient si nombreux et si envahissants qu'on les appelait « les rats » !

Les choses ont beaucoup changé dans la suite et ce sont en particulier les énormes saignées démographiques des guerres napoléoniennes d'abord, puis de la Grande Guerre ensuite qui, jointes au développement industriel, ont obligé la France à devenir une terre d'immigration. Comme tous les pays du monde, la France, selon les périodes de son histoire et les besoins de son économie, a donc été soit une terre d'émigration (au XVIIe et XVIIIe siècle) soit une terre d'immigration dans la suite, sans qu'il y ait là une "essence" ou une vocation quelconques.

Un mot également sur les mouvements de population en provenance d'Afrique du Nord qui font aujourd'hui problème aux yeux de beaucoup.
On se plaint du développement en France, dans les banlieues en particulier, de l'islamisme radical. Là encore on ignore l'histoire démographique et sociale, plus récente cette fois. Il n'y a pas si longtemps (à la louche trois ou quatre décennies), les gouvernements français, "dans leur grande sagesse", ont encouragé, vivement et systématiquement, la venue en France d'"imams" 'étrangers avec l'idée affichée, que si les jeunes, immigrants ou "beurs", issus de l'immigration, allaient prier à la mosquée, la chose les détournerait de brûler des voitures et de se mal conduire dans nos banlieues. La prière plutôt que le hash !

C'était l'époque où les professeurs d'université maghrébins qui devaient venir en France sur invitation professionnelle avaient les plus grandes peines à obtenir des visas, alors que le moindre imam salafiste qui faisait la même demande, se voyait aussitôt accorder l'autorisation de gagner notre pays et de s'y installer, accueilli à bras ouverts. Comme souvent nos politiques avaient la vue basse et on a pu juger, quelques années plus tard, des résultat de cette politique.

La situation actuelle de l'immigration n'est pas bien meilleure et nos conduites, en la matière, sont assez incohérentes.

Un petit problème mais significatif est celui de la population étrangère dans nos prisons qui, on le sait, sont surpeuplées. Il y avait dans nos prisons en 2004, 22,2% d'étrangers (ce pourcentage étant, dans certains zones comme la région parisienne de 30% voire 50%!). Ce pourcentage est naturellement très supérieur à celui des étrangers dans la population française (lisez à cet égard les rapports officiels sur cette question, ils sont à mourir de rire par la crainte panique d'y stigmatiser qui que ce soit en quoi que ce soit). Des esprits simples, envisageraient, en pareil cas, d'expulser vers leurs pays ces étrangers qui se conduisent si mal (ce que font d'autres Etats!) puisqu'on ne sait pas où les mettre. Que nenni! La France terre d'asile, grande et généreuse, va construire des prisons pour eux, dès qu'elle aura trouvé l'argent pour ce faire !

Question plus commune : celle de la langue. Il ne manque pas de pays où toute demande de naturalisation est soumise à un contrôle, souvent sévère, de la pratique et de la maîtrise de la langue du pays dont on désire acquérir la nationalité. Pour prendre un seul exemple en Europe avec un pays qui passe généralement pour un modèle, c'est le cas du Danemark.

Chez nous, depuis une bonne dizaine d'années, on a décidé de vérifier le niveau de compétence des candidats à la nationalité française ; on a même créé, à cette fin, sur le modèle du DELF (diplôme élémentaire de langue française) un DILF (I = initial) qui était destiné à vérifier la compétence linguistique des impétrants.

Naturellement on a aussitôt fixé des objectifs très élevés et souvent absurdes (plus d'exigences pour ce niveau dit "A.1.1" que pour le niveau au-dessus "A.1"), avec cinq ou six cents heures de cours (je ne sais plus trop) ; on a rédigé un cahier des charges extravagant pour les institutions habilitées à donner ces enseignements, en précisant, avec la plus grande rigueur, le nombre de toilettes et de salles informatiques dont devraient disposer les dits établissements qui, pour finir, n'existent pas réellement, faute de moyens. On s'est beaucoup moins interrogé alors, en revanche, sur la compétence et la qualification des gens qui auraient dû être chargés de dispenser les enseignements et, moins encore encore, sur les motivations des candidats éventuels et les conditions dans lesquelles seraient dispensés ces enseignements qui, pour la plupart, n'ont d'ailleurs jamais existé. J'entendais pourtant, tout récemment encore, le président candidat revenir sur cette question de la maîtrise du français de la part des candidats à la naturalisation.

Tout cela est donc une vaste blague ; quand on compare notre législation à celles de beaucoup de pays, on s'aperçoit qu'elle est, en fait, des plus laxistes mais surtout incohérente ; les dispositions, follement restrictives, qui ont été arrêtées ne sont en réalité jamais mises en place. C'est l'Ubu de l'administration, souvent aveugle, qui demeure tout puissant en la matière. En cette circonstance, nous sommes, comme toujours, le pays où l'on fabrique le plus de lois, mais où on les applique le moins.

Quant aux réalités statistiques de l'immigration, elles sont des plus floues et, pour une fois, la chose serait plutôt à l'honneur de notre pays, puisque la France s'interdit dans les statistiques toute référence à l'origine ethnique des recensés.

Le paradoxe est qu'un certain nombre de ces recensés potentiels (le CRAN par exemple), au lieu de se réjouir d'une telle disposition, la critique et exige, en principe du moins, des statistiques ethniques, d'ailleurs absurdement fondéees sur le "ressenti" des "déclarants"! Quid de Claude Nougaro qui chantait "Je voudrais être un noir!", sans parler de Michael Jackson?

mardi 1 mai 2012

Après le 14 juillet, le 1er mai ?



On se souvient de « l'attentat » contre Jacques Chirac, à l'occasion du 14 juillet et de la tentative d'assassinat dont il avait été, sinon la victime,
du moins l'objet, si l'on peut dire puisque il n'avait pas été atteint.

Dans les circonstances que nous connaissons aujourd'hui, est-ce que ce 1er mai, avec les manifestations et les cortèges opposés inaccoutumés qu'on y annonce, ne serait pas un lieu très favorable à des incidents violents? Qui sait ? Ils pourraient entraîner morts d'hommes et mettre ainsi le pays dans une situation exceptionnelle qui permettrait de remettre le scrutin présidentiel prévu pour dimanche.

De tels faits ne sont pas si rares et Dieu sait ce qui pourrait germer dans l'esprit de quelques excités désespérés par la situation électorale et l'issue du scrutin.

Après tout quelques incidents, intermédiaires entre Malek Oussekine et Charonne, pourraient permettre de créer un climat troublé voire insurrectionnel dont l'issue pourrait se révéler favorable à un sauveur providentiel.

Assurément François Hollande ne pourrait guère être pris dans cette affaire, puisqu'il a choisi de ne pas être présent à Paris et se rendre, ce même jour, sur la tombe de Pierre Bérégovoy, dont la mort demeure toutefois, aujourd'hui encore, entourée de quelque mystère. C'est un peu dommage car, après tout, un attentat contre le candidat favori des sondages serait aussi une solution envisageable en la circonstance et il pourrait bien se trouver, ici ou là, quelque excité qui accepterait, pour peu qu'on l'y pousse un peu, de se livrer à l'aventure d'un tel acte.

Affaire à suivre en espérant toutefois que les choses ne se passent pas réellement ainsi !

vendredi 27 avril 2012

La presse française : complaisance ou servilité?



Complaisance et servilité sont les maîtres-mots de la presse française .

Cette situation, si différente de celle de la presse anglo-saxonne, mériterait sans doute une étude plus étendue et plus sérieuse, car les causes sont vraisemblablement multiples. L'une d'entre elles tient sans doute à sa structure financière et à l'importance de la publicité qui fait que aucun des clients de quelque organe de presse que ce soit ne saurait être l'objet de la moindre critique. La publicité est véritablement, à cet égard, le cancer de la presse, tant écrite qu'audiovisuelle et, là aussi, des études sérieuses seraient à conduire car il me semble que le coût global de la publicité est très supérieur à ce qu'elle peut apporter sur le plan de l'activité commerciale. Sans compter, parmi communicateurs et publicitaires, le nombre de crétins pompeux, le pif bourré à la cocaïne, qu'elle conduit entretenir et qui, pour certains, encombrent, en outre, les antennes et écrans.

Ce n'est toutefois pas mon propos ; il tient plutôt à des faits précis et récents qui démontrent, une fois de plus, la complaisance et même la servilité de la plupart de nos journalistes.

Le premier est la fameuse affaire du "vrai travail". Depuis que Nicolas Sarkozy a publiquement et solennellement déclaré n'avoir jamais prononcé ces termes, tous les écrans ont été soudain encombrés, en boucle, de films qui nous présentaient, sous forme d'un pittoresque diptyque par justaposition des images, d'une part la déclaration de Nicolas Sarkozy elle-même où il évoquait le 1er mai et le "vrai travail" et d'autre part, dans la seconde partie du diptyque, l'affirmation selon laquelle il osait prétendre qu'il n'avait jamais prononcé cette expression.

Aujourd'hui on pourrait remplacer ce diptyque par un triptyque, en ajoutant à ses dénégations sur la véracité de cette information, ses plus récentes déclarations selon lesquelles il reconnaît que cette formulation était inopportune. Comment une déclaration qui n'a jamais été faite pourrait-elle être inopportune?

Naturellement personne, dans une interview sur cette question, n'a signalé ni son mensonge ni sa contradiction. Je suppose, en revanche, que, dès sa défaite consommée, les journalistes en cause vont retrouver toute leur alacrité !

Deuxième lâcheté et complaisance sur la question du chômage qui continue, chez nous, son bonhomme de chemin puisque, pour les jeunes et les seniors, il augmente régulièrement, depuis un an, d'un pour cent par an.

Les stratèges en communication de l'Élysée continuent, à cet égard, à recommander un pauvre argument, déjà répété cent fois, qui consiste dans la comparaison avec l'Espagne où le chômage aurait augmenté de 150 ou 200 % (peu importe ici le pourcentage).

Cet argument est répété à l'infini, mais naturellement aucun des journalistes auxquels il est opposé ne souligne une évidence. Si le chômage a augmenté dans de telles proportions en Espagne, de façon certes bien supérieure à son accroissement en France, mais également en Italie ou au Royaume-Uni (on évite naturellement de parler de l'Allemagne), c'est aussi tout simplement et surtout en raison de la structure très particulière de l'emploi espagnol.

Jusqu'à une date récente les travailleurs espagnols se refusaient absolument à travailler dans les champs et les vergers de l'Andalousie où il fallait faire venir des ouvriers maghrébins. Les Espagnols étaient employés, essentiellement et de la façon la plus massive, dans la construction. L'effondrement brutal du total du marché immobilier espagnol a évidemment mis au chômage un énorme pourcentage de travailleurs nationaux. La différence de pourcentage de chômeurs entre la France et l'Espagne ne tient donc en rien, comme tentent nous en persuader les "experts" élyséens, à l'excellente qualité de la politique de l'emploi en France (j'entendais encore ce matin cette sottise), mais tout simplement à l'énorme différence entre la structure et la nature du marché du travail dans les deux pays. Si lamentable que soit la situation de l'emploi en France, elle n'a toutefois pas connu le désastre, soudain et total, qui a frappé l'Espagne où le marché immobilier et par conséquent l'activité de construction ont disparu avec la plus grande brutalité.

Nos journalistes sont-ils ignorants ou serviles ? Je pense assez volontiers qu'ils sont les deux en même temps. Ils se comportent, assez sottement, vis-à-vis de ceux qu'ils ont pour fonction d'interviewer, sans même se rendre compte que leurs interlocuteurs sont précisément en position inférieure de demandeurs, soit pour faire leur propre publicité ou celle de leur parti s'il s'agit d'hommes politiques, soit pour vendre leurs livres, ce qui est le cas de la plupart des prétendus "experts" qu'on présente dans nos radios ou dans nos télévisions.

mercredi 25 avril 2012

Second ou deuxième tour ?


Bien rares sont ceux qui comme moi ("S'il n'en reste que dix, je serai le dixième... et s'il n'en reste qu'un...") font la différence entre "second" (quand il n'y a que deux objets) et "deuxième" (quand il y en a plus de deux). Dans la présente présidentielle, il est clair qu'on doit parler du deuxième tour plutôt que du second.

L'indiquent déjà les tentatives, de part et d'autre, pour rameuter les électeurs de Bayrou et de Marine Le Pen dans des approches qui apparaissent, en tant que telles, comme un peu dérisoires. Elles procèdent toutefois surtout de l'analyse commune à nos politiques qui consiste à considérer que les électeurs sont tous des imbéciles.

Il me semble pourtant qu'au MoDem comme au Front National, il y a eu quelques réflexions sur la stratégie à mettre en oeuvre avant ce deuxième tour, même si, comme d'habitude, les sondeurs se sont complètement plantés.

Cela ne les empêche pas toutefois de tenter de faire bonne figure comme dans l'émission de Calvi de ce dernier mardi. Y figuraient deux sondeurs ainsi que deux politologues qui, comme par hasard, font des "ménages" chez ces mêmes sondeurs. Sauvegarde de l'emploi avant tout ! Tous nous ont donc expliqué, d'une commune voix, que les résultats étaient tout à fait naturels et aussi bons et précis que possible, même si on avait mis Mélenchon (11 % au final) devant Marine Le Pen (18 %) en annonçant même cette dernière à 20% dans l'estimation de 20 heures! On fait aussi bien sinon mieux au bistro du coin.

Calvi, comme toujours, s'est borné, sans insister trop, à poser quelques vagues questions qui marquaient son scepticisme, avec des mines et des sourires entendus que les cadreurs devaient avoir mission de saisir au vol, de façon à montrer au public qu'il n'est pas dupe, sans pour autant offenser ses clients habituels.

Si, comme je le crois, les états-majors du MoDem comme celui du Front National ne sont pas complètement idiots, ils feront tout pour que, au deuxième tour et pour préparer le troisième, les 11 % ou 18 % de voix qu'ils ont recueillis au premier ne se portent surtout pas sur Nicolas Sarkozy qui pourtant ne leur refuse rien dans ses propos, même s'ils n'osent pas évidemment envisager un instant de faire la propagande de François Hollande.

Il est évident que ces deux partis espèrent récupérer quelques miettes ou débris après l'explosion prévisible de l'UMP, dont les premiers signes se manifestent, d'ores et déjà, dans les attitudes ou les propos de nombreux de ses membres, voire de ses dirigeants.

Il est tout aussi évident que François Bayrou et Marine Le Pen ont tout intérêt à ce que Sarkozy soit battu et que sa défaite soit aussi large que possible. Au sein même de l'UMP, certains le souhaitent tout autant sinon plus qu'eux ; une vraie déroute ne pourrait qu'arranger tout le monde et surtout ceux qui prétendent à sa succession à court, moyen ou long terme.

Dans cette perspective, le bon sens les encourage évidemment, même s'ils ont dit le contraire, à ne pas se prononcer en faveur de l'un ou de l'autre des deux candidats, de façon à favoriser une éventuelle dispersion des voix et surtout à donner à penser à leurs électeurs du premier tour que la meilleure solution pour prochain scrutin serait plus la télévision ou la pêche que la fréquentation des bureaux de vote.

Tout cela en outre a l'avantage, en abaissant sensiblement le taux de participation (je parie pour moins de 70%), de favoriser objectivement François Hollande (on peut supposer que les électeurs de gauche ne feront pas défection eux), et surtout de faire supposer que les abstentionnistes sont de leur côté!

dimanche 22 avril 2012

La Grande Muette : sujet TABOU

Une campagne présidentielle devrait être le moment privilégié pour discuter les grandes orientations du pays, surtout lorsqu'il se trouve dans une crise de l'ampleur de celle que nous devons affronter.
Or quels ont été les grands sujets abordés par les candidats, petits ou grands ?
Vous les connaissez déjà car on vous en rebattu les oreilles des mois durant : la viande halal, le mariage gay, le permis de conduire et, comble du comble pour le ridicule, la date du paiement des pensions de retraite qu'on envisage d'avancer d'une semaine, comme si cela changeait quoi que ce soit aux vrais problèmes budgétaires des intéressés.
Depuis l'arrivée de la gauche au pouvoir en 1981, je m'interroge sur le remarquable silence qui s'est toujours attaché, à gauche comme à droite, au problème de l'évolution du budget militaire de la France.
On aurait pu penser que la gauche"socialo-communiste", une fois arrivée au pouvoir, allait réexaminer cette question, d'autant que les guerres coloniales étaient terminées et qu'aucune menace directe ne pesait, de toute évidence, sur notre pays ; on aurait donc pu envisager au moins de poser cette question pour voir s'il n'était pas possible de faire des économies sensibles car, comme vous le savez sans doute, le budget militaire est le deuxième budget de la France, après celui de l'éducation nationale (60,5 milliards d'euros en 2011.
Petite mise au point que vous pouvez obtenir vous-même sans problème, en tapant simplement dans Wikipedia "budget militaire de la France". Je dois reconnaître qu'à lire le texte qui suit, on trouve de puissants motifs de satisfaction, du moins pour celles et ceux d'entre nous qui ont la tripe patriotique, ce qui vous le devinez déjà, n'est pas mon cas, quoique je sois deuxième classe de réserve de l'infanterie de marine (Marsouin!).
"Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, l'Armée [notez la majuscule exaltée mai inutile et même fautive] française est (comme c'était le cas avant 1940) la plus grande et la plus puissante armée d'Europe [Diable!]. Elle dispose d'un effectif de 313 402 personnes en 2009, dont 240 996 militaires et 72 407 civils. Elle occupe le 13e rang mondial [ Foutre pas terrible !] en effectif. Parmi les pays dont les dépenses militaires sont connues, la France est, en 2010, au troisième rang mondial (budget militaire équivalent à 65,74 milliards de dollars US) devançant le Royaume-Uni . C'est également la 3e puissance nucléaire mondiale, derrière la Russie  et les États-Unis . Elle est aussi la troisième puissance qui se soit équipée d'une force nucléaire indépendante (premier test en février 1960) qu'elle a développée et qu'elle contrôle en totale autonomie contrairement au Royaume-Uni dont les missiles stratégiques sont d'origine américaine".
Je ne veux pas entrer ici dans la critique de détail de ces données elle-même, quoique je ne distingue pas très bien en quoi notre position dans le monde nécessite de disposer d'un effectif de 313 402 personnes en 2009, alors que tout indique, depuis nos affaires de Libye jusqu'à celles d'Afghanistan, que par ailleurs les matériels dont dispose ces 300 000 personnes sont très loin d'être à la hauteur de leur effectif et partant de nos ambitions planétaires. On a eu, à de multiples reprises des occasions de déplorer que nos militaires sur le terrain étaient dotés d'équipements et d'armements désuets voire obsolètes et, au moment où il est question de rapatrier nos troupes de l'Afghanistan, la France va être confrontée, une fois de plus, aux mêmes problèmes de logistique. Si nous pouvons mettre, ici ou là, quelques dizaines de nos trois cents milliers de soldats, nous sommes dans la totale incapacité de les transporter à l'aller ou de les faire revenir, le moment venu.
Nous avons englouti des centaines de milliards pour fabriquer les meilleurs avions et les meilleurs blindés du monde mais personne n'en veut!
Les responsables de telles situations sont-ils des traîtres ou des imbéciles ? Je me garderai de me prononcer sur ce point ; je pense néanmoins que ce budget est énorme et nous a ruiné depuis plus d'un demi siècle.
Ce n'est évidemment pas le fait du hasard si les deux grandes puissances économiques qui ont émergé, depuis la fin de cette même Seconde Guerre Mondiale, sont le Japon et l'Allemagne qu'on a sottement cru punir gravement en les empêchant d'entretenir des armées. Le résultat est qu'avec les moyens ainsi épargnés, ils ont pu, en leur lieu et place, se doter d'industries puissantes avec les résultats que l'on connaît.