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mardi 29 novembre 2011

BHL for President!

Voilà un homme qui ne manque pas d'air et que les événements de Libye n'ont pas détourné de faire la campagne de promotion de son livre, pour le moins inopportune, (sur cette affaire qu'il regarde et présente comme ayant été la sienne), mais qu’il avait eu la sottise d’écrire trop vite.

Je sais bien qu'il avait sans doute écrit l’essentiel du texte avant de voir comment les choses allaient tourner, mais l'issue actuelle des événements de Libye ne l'a pas détourné de la publication de sa propre hagiographie. Bien que je n'aie pas lu ce livre, vous vous en doutez, et je n'ai pas la moindre intention de le faire comme vous l'imaginez, il s'y présente, comme partout et toujours, (au grand désespoir de Juppé), comme le principal responsable de cette affaire, Sarkozy n’étant qu’une marionnette dont il a tiré les ficelles.

Cela pourrait passer pour le courage d’assumer, si ce n'était pas une forme d'inconscience dont on imagine mal comment elle peut coexister avec une intelligence dont il a, par ailleurs, dans le passé, donné, à différentes reprises, les signes.

Je crois qu'il est de ces individus (j'en connais d’autres) chez qui l'hypertrophie pathologique de l‘ego conduit, dans un effort relativement raisonnable pour cacher leur folle vanité, à adopter des conduites totalement aberrantes.

On se souvient de cette photographie de BHL, tapi au pied d'un mur avec un soldat qu’il interviewait ; le cadrage de la photo donnait à croire qu'il s'abritait là d'un feu nourri dont les balles passaient au-dessus de ce mur. Je ne sais quel journal, le Canard enchaîné je pense, a publié l'intégralité de la photo où l'on voyait qu'au-dessus du mur censé abriter des balles, se trouvait une sorte de boulevard où nombre de personnes, hommes et femmes, se promenaient tranquillement, de toute évidence bien loin du théâtre réel des opérations militaires.

Le ridicule de la situation de notre auteur est tel qu'il est sans doute inutile d'accabler davantage le malheureux BHL dont il serait en revanche utile d’employer à d’autres fonctions l’incroyable impudence.

Je l'ai entendu, l'autre jour, tenir des propos assez incohérents sur son livre. Le journaliste, par pitié ou par recherche d’un sujet plus attrayant, a eu le mauvais goût de l'interroger sur son mariage et l'état de ses relations conjugales avec Arielle Dombasle (abandonnée depuis longtemps au profit de la fille d'un brasseur, Mlle Karlsberg ou Mlle Kronenbourg je ne sais plus). BHL s'est donné alors le ridicule de jouer les vierges effarouchées et les violettes sous la mousse (de la bière quasi conjugale sans doute), lui qui n'aime rien tant que s'étaler dans les magazines. Il a décidemment tout pour faire un président !

Je me garde de rappeler qu’ici même, j'ai, depuis le début, émis les plus grands doutes sur ces fameux « printemps arabes », en prévoyant, sans trop de difficulté et de mérite j'en conviens, qu'ils avaient toutes les chances de faire le lit des islamistes. Je ne pensais pas toutefois que ce pronostic pessimiste se réaliserait, si vite et si globalement, puisque le Maroc, qui jusqu'à présent se tenait un peu à l'écart de tous ces mouvements, va très probablement les rejoindre, en attendant que Bouteflika casse sa pipe et permette ainsi à l'Algérie de rétablir la continuité idéologico-religieuse, non pas de Dunkerque à Tamanrasset mais du Caire à Rabat. Rétablissement de l’empire issu de la geste hilalienne en attendant celui des Khalifats.

Comme disait le Général « Je vous souhaite, d’avance, bien du plaisir ! ».

lundi 28 novembre 2011

Sois belle et tais-toi !

Je n'ai pas eu le temps de rédiger le blog que m'a inspiré Anne-Sophie Lapix qui, sur Canal+ recevait hier Valérie Pécresse qui se donne pour ministre du budget. Bel exemple de la nullité de notre presse, en particulier télévisuelle.

À la suite du fameux incident de la correction sournoise par le parti socialiste de l'accord passé avec les écolos, j'ai écrit un blog sur cette question en soulignant que cet accord qui visait à faire coïncider avec le sort de l'EPR l'arrêt de la fabrication de mox me paraissait parfaitement stupide. SI AREVA avait prévenu le PS de l'imbécillité de cette démarche, AREVA avait été parfaitement dans son rôle.

J'ai eu la satisfaction d'être approuvé sur ce point par Olivier qui est un grand expert en la matière et dont j'ai publié le commentaire. Ce qui est évident est que les dirigeants socialistes comme les dirigeants écologistes n'y entendent rien. Il est en effet parfaitement stupide et même absurde de prévoir l'arrêt de la fabrication du mox et de vouloir, en même temps, garder en fonction vingt quatre centrales qui, étant parmi les plus récentes, exigent absolument pour leur fonctionnement l'utilisation de ce mox. Il est donc clair que ni les écologistes ni les socialistes n'ont rien compris au problème et qu'ils n'ont même pas à leurs côtés d'experts en mesure de les éclairer (si j'ose dire).

Le pire de tout est toutefois que les journalistes, innombrables, qui ont rendu compte de cette affaire étaient tout aussi ignorants et que personne parmi eux n'a été en mesure d'expliquer les choses de la seule façon possible, c'est-à-dire en disant qu'on ne pouvait, en aucun cas, arrêter la fabrication du mox et maintenir en fonction de vingt quatre centrales qui toutes exigent son usage pour leur fonctionnement.

Le problème est que les journalistes français, pour la plupart, rivalisent d'ignorance. On pourrait le dire aussi à propos du fameux AAA dont se gargarise toute notre presse, sans prendre en considération que le seul véritable indice sur la confiance que les financiers accordent aux divers Etats est le taux auquel ils leur prêtent. Un journaliste digne de ce nom devrait savoir, par exemple, que si l'Allemagne et la France ont toutes les deux AAA, le taux d'intérêt consenti à l'Allemagne est la moitié de celui qu'on impose à la France. Le Japon, qui a une dette colossale et pas de AAA, bénéficie un taux d'intérêt qui est à peine supérieur à 1 %, dans la mesure où sa puissante production industrielle et l'énormité de son épargne nationale font que les prêteurs ont une totale confiance en lui.

Naturellement la presse audiovisuelle est celle où se trouvent les plus ignorants de toutes ces questions.

Anne-Sophie Lapix était certes très en beauté, mais elle a été consternante de nullité dans son interview de Valérie Pécresse. Non qu'elle ne posât pas les bonnes questions (voilà que je cause Sarko) car quelques-unes auraient pu l'être, mais, comme toujours, elle s'est satisfaite de réponses complètement à côté de la plaque. Parlait-elle de la politique de Sarkozy que Pécresse lui répondait Hollande! J'apprécie infiniment à cet égard Mélenchon, qui est le seul homme politique français à traiter les journalistes comme il convient de faire, c'est-à-dire de la façon la plus rude et la plus brutale, en leur demandant carrément de ne pas le prendre pour un imbécile et en essayant de savoir de quoi ils parlent, car il est très clair que Pécresse prend Anne-Sophie pour une demeurée et que celle-ci se prête tout à fait à ce jeu.

Il est à cet égard ahurissant de voir Pécresse traitée comme un dieu de la politique dans la mesure où elle aurait réussi la loi LRU sur l'autonomie des universités. D'une part, cette loi est sans grande conséquence car, tant que les universités reçoivent 95 % de leur financement de l'État, on voit mal où peut se situer leur autonomie, sauf dans les marges ! La seule chose intelligente faite par Pécresse dans cette affaire a été de reprendre dans sa loi LRU la plupart des voeux de la conférence des présidents d'universités (en particulier la possibilité de deux mandats qui leur permettra de rester au pouvoir et la maîtrise totale sur les recrutements par la suppression des commissions de spécialités qui étaient une instance démocratique). Naturellement, à la suite de cette loi, des présidents d'université se sont tous couchés, y compris les présidents de gauche!) et tous sont venus lui manger dans la main, allant même jusqu'à faire intervenir les forces de l'ordre pour briser les mouvements de grève à l'intérieur des universités.

Pauvre France !

vendredi 25 novembre 2011

Canal + : Denisot nous prend pour des cons !

Il m'arrive de temps en temps, en fin de journée, de regarder le Grand Journal de Michel Denisot sur Canal+, qui n’a de « grand » que le nom. Titulaire d'un abonnement sur cette chaîne, il faut bien que je la regarde, de toute façon, de temps en temps par flemme de le supprimer et par fidélité aux Guignols du temps de Gaccio.

Je trouve, en effet, que globalement, les émissions d'information de Canal+, qu'il s'agisse de la nouvelle édition de midi ou du journal du soir sont de plus en plus médiocres, sacrifiant en particulier au jeunisme (il faut soigner la clientèle qu'on pense être celle de la chaîne, mais il faudrait virer l’antique Denisot) et à la diversité ethnique, avec un bon lot de Beurs ou de Blacks qui, comme les Blancs, peuvent être soit bons ou mauvais, soit tantôt bons, tantôt mauvais. La nouvelle Black du Grand Journal est, en particulier, tout à fait charmante dans sa fonction qui est de sourire de ses 46 dents et Ali Baddou, en passeur de plats dans l'édition du milieu de journée, est tout à fait dans son rôle.

Ce que je reproche à Denisot, qui est égal à lui-même c'est-à-dire paradoxalement d'une médiocrité et d'une nullité également rassurantes, est de nous prendre pour des imbéciles. La seule chose qu'il ait comprise au cours d'une carrière déjà longue est que la publicité télévisée casse les pieds des téléspectateurs. Il a donc beaucoup réfléchi et choisi une tactique qu'il a jugé subtile et qui n'est que stupide et malhonnête. Elle consiste à nous mentir pour nous faire patienter. Ainsi, avant les interruptions publicitaires, qui interrompent la première partie de son journal du soir (deux ou trois je crois car je n'ai jamais vraiment compté), Denisot nous annonce-t-il, d'un air qu'il veut gourmand,que nous allons retrouver son Journal et je cite exactement : « Dans DEUX minutes ».

Trouvant ses DEUX minutes un peu longuettes, j’ai pris la peine hier de chronométrer ces interruptions publicitaires de deux minutes. Elles en font en fait cinq et comprennent à la fois des messages publicitaires payants et des messages publicitaires de la chaîne sur les prochaines émissions dont nous pourrons nous régaler sur cette antenne. Si l’on met, à la louche, à 100.000 euros la minute de publicité, ça fait au moins 500.000 euros d’escamotés au passage.

Quand je dis que Denisot nous prend pour des cons, je me trompe. Ce n'est pas nous en fait qu'il traite ainsi mais le CSA et M. Michel Boyon, car je suppose que la publicité obéit à des règles qui ne paraissent pas très rigoureusement observées à Canal + en la circonstance puisque la chaîne elle-même nous ment effrontément sur la durée de sa publicité.

Personnellement que M. Michel Denisot, dont je connais parfaitement la carrière et les talents, me prenne pour un con me laisse tout à fait de marbre. Je ne sais pas, en revanche, si, vu sa position et sa fonction, il en est de même pour M. Michel Boyon président du CSA.

À bon entendeur salut !

mercredi 23 novembre 2011

Clochemerlaix en Provence

Vous m'accorderez que sur ce blog je ne fais guère en général dans la chronique locale. L'indignation me pousse ici à contrevenir à cette règle car depuis le début de la semaine Aix-en-Provence, si fière de son image internationale, vit à l'heure de Clochemerle.

Un grave conflit oppose en effet, semble-t-il, la municipalité à des forains vendeurs de textiles divers (ceux qu'on appelle à Lyon les "marchands de pates", terme que l'on doit se garder de confondre tant avec les "pâtes", (car à Lyon on distingue encore phonétiquement les "pâtes" des "pattes") qu'avec les "pattes"! A Aix, ceux-ci exercent en effet leur industrie deux ou trois jours par semaine aux alentours de l'ancienne prison et ils sont en outre autorisés, à titre exceptionnel durant l'année, à encombrer de leurs étalages le cours Mirabeau. Ils doivent toutefois en être déplacés un jour dans la semaine, durant la période de Noël, en direction de l'avenue des Belges en raison de la présence d'un "marché de Noël" dont on installe les baraques sur ledit cours Mirabeau. Remettons tout de suite les choses à leurs dimensions aixoises, provençales et clochemerlesques.

L'emplacement qu'on leur propose doit être situé, à vol d'oiseau, à 127,6 m de celui qu'ils ambitionnent ou désormais exigent de continuer à occuper le mardi durant cette période de Noël. L'affaire est d'importance comme vous pouvez en juger ; il s'agit en effet pour les chalands éventuels de traverser la Place de la rotonde puisque cette place sépare l'avenue des Belges du cours Mirabeau.

L'affaire est d'autant plus grotesque que cette installation sur le cours Mirabeau d'un prétendu marché de Noël est une laborieuse imitation, peu réussie au demeurant, des fameux marchés de Noël de Strasbourg ou des villes d'Alsace qui sont une coutume septentrionale qui n'a rien de provençal. Elle est ici toute récente et date au mieux d'une douzaine d'années.

L'affaire est donc, comme vous le voyez, de moindre importance que le fameux urinoir mobile dont Fernandel disait, dans Topaze, avec son accent marseillais, garanti d'origine lui : « Votre histoire de pissotière à roulettes c'est pas des affaires de la poésie ! ». Tout cela ne serait que comique si les choses n'avaient pris un autre tour depuis lundi.

Dans notre étrange monde où une douzaine de revendicateurs déterminés peuvent, sans conséquence et en général avec succès face à la pusillanimité des autorités, emmerder des dizaines de milliers d'innocents citoyens pris en otages (voir les diverses grèves sans parler du "droit de retrait puisque cette procédure est devenue désormais à la mode), les "marchands de pates" aixois (des "estrangers"qui pour la plupart n'ont en rien droit à ce titre) ont décidé pour obtenir satisfaction de bloquer la circulation dans Aix-en-Provence, en y organisant des "opérations escargot" selon la procédure favorite des chauffeurs routiers qui eux n'opèrent pas en ville. Le comique de la chose et qu'il ne s'agit pas là de 32 tonnes mais d'une petite dizaine de voitures qui circulent dans la ville aux points stratégiques, à très faible allure et en klaxonnant à qui mieux-mieux, l'un et l'autre étant en principe rigoureusement interdit. Que fait la police? La réponse suit!

Moyennant quoi vu la structure de cette ville, il est impossible d'y circuler en particulier le matin quand les gens ont besoin précisément de le faire.Le pire est que la municipalité, au lieu de faire constater ces délits et de faire dresser des contraventions, se rend complice de l'affaire et fait bloquer par sa police municipale les principaux accès ou points stratégiques de circulation. On croit rêver car des voitures de police ouvrent la voie, à la même allure (mais sans klackson!), aux "convois-escargot" qui comprennent au mieux une douzaine de véhicules!

Le premier jour, la municipalité avait décidé, sans prévenir quiconque, pour empêcher, croyait-elle, tout problème, de bloquer les principales issues en faisant intervenir ses policiers municipaux, qui avaient déposé leur bicyclette au milieu de la rue pour interdire aux pauvres Aixois d'emprunter ces voies. Cela se passait de cette façon lundi, mais, dès le mardi, on avait fait appel à la police nationale avec des autocars et des voitures, ces forces de police spectatrices étant grosso modo au deux à trois fois plus nombreuses que les manifestants motorisés eux-mêmes. Le résultat a été que les encombrements ont été encore pires mais que ça a permis sans doute à un escadron de policiers ou de CRS de venir passer, aux frais de l'Etat, quelques jours à Aix en Provence qui passe pour une ville pleine d'attraits (bien à tort d'ailleurs).

Nous en sommes là, mais il semble que la municipalité ait saisi ce prétexte pour essayer de démontrer que la circulation automobile est dans cette ville une plaie pire que le réchauffement climatique, alors qu'elle n'a jamais réussi, par démagogie bien entendu, à prendre la première et la seule mesure qui s'impose pourtant depuis longtemps, c'est-à-dire interdire la circulation automobile dans le "centre historique" de la ville où il n'y a AUCUNE ZONE PIETONNE.

Ce serait raisonnable bien entendu mais risquerait de faire perdre quelques voix à la liste municipale à des élections dont on peut espérer que les événements actuels lui en feront perdre beaucoup plus.

lundi 21 novembre 2011

« C'est encore loin d'Amérique ? »

On connaît la blague, pas très drôle d'ailleurs, du fils qui demande à son père « Papa ! C'est encore loin l'Amérique ? ». Et le père de répondre : « Tais-toi et nage ! ».

Mes lecteurs fidèles (Si ! Si ! Il y en a, et même en des terres lointaines que je salue ici tout particulièrement ! ») connaissent ma ritournelle, selon laquelle nous finissons toujours par faire tout ce que font les Américains et parfois même au moment où ils cessent eux-mêmes de le faire !

Amérique à la fois fascinante et agaçante, en même temps modèle et repoussoir.

Je me fais en particulier cette réflexion toutes les fois que j'entends ou que je vois, dans nos médias, des publicités, clairement mensongères, à allure pseudo-scientifique, qui se fondent sur des chiffres et des pourcentages ; elles vous garantissent ainsi que le dentifrice Machin guérit dans 88 % des cas les maux des gencives ou que le produit en cause donne des résultats très satisfaisants dans 85 % des cas qu’il prétend traiter. En général, ce genre de mensonge est proposé d’un ton docte par un comparse dont les lunettes et la blouse blanche sont les garants de la compétence et de la scientificité.

J'ai observé toutefois qu'en général ces statistiques, de toute évidence bidon, évitent de dépasser la barre des 90 % par crainte sans doute d'être soupçonnées d'exagération. Cela me rappelle les prix affichés par les marchands de chaussures qui se terminent toujours par ,99 pour éviter d'atteindre la fatidique dizaine d'euros supérieure.

Voilà des cas pour lesquels nous devrions bien nous inspirer, comme souvent, des Etats-Unis d’Amérique. Reebok, filiale d'Adidas, a été ainsi accusée par la Commission fédérale du Commerce , la redoutable FTC, de publicité mensongère pour avoir affirmé que deux de ses modèles de chaussures de sport augmentaient de 28 % la tonicité des muscles fessiers et de 11 % celle des cuisses et des mollets, par rapport aux autres chaussures sur le marché.

Pierre Dac, parmi les métiers insolites qu’il se plaisait à imaginer, avait inscrit autrefois celui d’«essayeur de matelas » ; cet emploi devrait être compatible avec celui de « tâteur de fesses », activité pour laquelle, par crainte de poursuites en diffamation, je ne suggérerais pas ici les noms de quelques hommes politiques que vous avez tous en tête.

Devant les menaces de la FTC, le fabricant a préféré payer 25 millions de dollars pour arrêter les poursuites, tout en mettant un terme à sa publicité.

De même que les plagiats littéraires sont sanctionnés beaucoup plus durement aux États-Unis que chez nous où des auteurs connus (suivez mon regard !) ne prennent même plus la peine de lire les oeuvrettes que leurs nègres ont compilées ici ou là, ces publicités mensongères sont poursuivies avec rigueur aux États-Unis, alors qu'en France, on peut nous raconter à peu près n'importe quoi, y compris, comme dans les cas que j'ai évoqués ci-dessus, des résultats totalement invérifiables, en alléguant le témoignage de spécialistes anonymes ou inventés.

Nous-autres, à la probable différence, des Américains, peu friands de ces usines à gaz étatiques, avons pourtant un Bureau de Vérification de la Publicité très officiel, le BVP, dont on se demande bien à quoi il sert et dont il faudrait, en tout premier lieu, vérifier l’activité elle-même. Comme disait Jules César « Quis custodem custodiet ? » (je fais alterner les citations de Jules César et de ma bonne grand-mère pour essayer, en vain d’ailleurs, de titiller notre latiniste Benoît devenu muet).

Espérons que, sur ces terrains au moins, l'Amérique ne sera pas trop loin !

dimanche 20 novembre 2011

« L’ai-je bien descendu ? »



Cette phrase, devenue fameuse, a été prononcée, en 1933, par Cécile Sorel au pied de l'escalier Dorian du Casino de Paris qu’elle venait de descendre. A-t-elle été réellement reprise, ce 17 novembre 2011, par Philippe Varin, PDG de PSA (Peugeot-Citroën), au pied des marches du perron de l'Elysée, au terme de son entrevue d'une demi-heure avec le Président de la République qui l'avait inopinément convoqué, en présence de deux ministres , X. Bertrand et E. Besson? Je n'en sais rien mais elle eût été des plus opportunes!

Il faut reconnaître qu'en ce début de campagne présidentielle, l'annonce de PSA avait fait d’autant plus l'effet d'une bombe qu’elle était faite en même temps que celle d’importantes réductions d’effectifs dans les banques françaises, un secteur qui habituellement « ne connaît pas la crise » mais la provoque ! La nouvelle était pourtant déjà connue depuis un certain temps. Dès juin 2010 en effet, la CGT avait divulgué une note interne de PSA Peugeot Citroën (remarque adjacente et inquiétante : comment les patrons peuvent-ils être assez naïfs ou stupides pour croire un instant à la confidentialité de leurs « notes internes » ?). Ce texte faisait état d'un « plan de restructuration » (en « parler gnangnan » un « plan de licenciement ») qui prévoyait la suppression de 6800 emplois en Europe, dont plus 5000 en France, au bénéfice essentiel de la Chine et du Brésil. Les principaux sites visés par cette mesure étaient l'usine d'Aulnay-sous-Bois et celle de Melun (où, contrairement aux propos inconsidérés et antinationaux de feu Fernand Raynaud, on ne produit pas que le fameux « melon de Melun »). L'information n'était donc pas nouvelle, mais reprise par le Monde, dans la morosité actuelle, elle a fait sensation et provoqué, sur le champ et « omnibus rebus relictis » (comme disait Jules César), « l'invitation » du PDG, Philippe Varin à se rendre à l'Élysée jeudi 17 novembre en fin de journée.

Une fois de plus l'intervention de notre président-magicien a démontré toute sa force puisqu’on a entendu miraculeusement assurer qu'il n'y aurait ni « plan social » ni licenciements et que le chiffre de 5000 suppressions ou délocalisation d’emplois en France tomberait, dans les conditions les plus défavorables, aux environs de 2000. Loué soit le Seigneur !

Naturellement de mauvais esprits n'ont pas manqué d'ironiser, voire, pire encore, de rappeler les engagements de 2007 de faire tomber le chômage au-dessous de 5 % ou, en avril 2008, les déclarations de Gandrange qui n'ont malheureusement guère été suivies d'effet.
Comme disent, dans le même esprit, la sagesse populaire créole réunionnaise et Charles Pasqua, « papyé i porte toute » (= le papier supporte tout, donc on peut toujours écrire n’importe quoi !) et « les promesses n’engagent que ceux qui les croient » !

Au terme de l'élection de 2012, de toute façon ou le président candidat n'aura pas été réélu et ses paroles actuelles n'importent guère, ou il l’aura été sans pouvoir rêver d’un troisième mandat et il ne sera donc pas plus engagé par de telles prises de position qu'il ne l’aura été, dans le passé, par d'autres du même acabit.

Toutefois le doute subsiste quant à la déclaration de M. Varin au pied du perron de l'Élysée. Certains prétendent qu’il ne s’agissait pas là de l’escalier du perron élyséen mais du plan de restructuration de PSA qui avait été le principal sujet de discussion avec Nicolas Sarkozy et ses ministres. Philippe Varin aurait demandé, en fait, « L'ai-je bien défendu ? ». Saura-t-on un jour la vérité ?

samedi 19 novembre 2011

Montesquieu et la fraude sociale

Comment ne pas rendre hommage ici à Montesquieu, mon père en littérature, dont la pertinence des vues éclate à nouveau au moment où l'on s'attache, en haut lieu, à la traque de la fraude sociale, sans même parler des embrouilles politiques autour du Conseil général des Bouches-du Rhône?

Beaucoup ont ironisé sur le fameux passage de l'Esprit des lois où il rapporte sa fameuse expérience de la langue de mouton :
"J’ai observé le tissu extérieur d’une langue de mouton, dans l’endroit où elle paroît, à la simple vue, couverte de mammelons. J’ai vu, avec un microscope, sur ces mammelons, de petits poils, ou une espece de duvet ; entre les mammelons, étoient des pyramides, qui formoient, par bout, comme de petits pinceaux. Il y a grande apparence que ces pyramides sont le principal organe du goût.

J’ai fait geler la moitié de cette langue : & j’ai trouvé, à la simple vue, les mammelons considérablement diminués ; quelques rangs même de mammelons s’étoient enfoncés dans leur gaîne : j’en ai examiné le tissu avec le microscope, je n’ai plus vu de pyramides. A mesure que la langue s’est dégelée, les mammelons, à la simple vue, ont paru se relever ; &, au microscope les petites houpes ont commencé à reparoître.

Cette observation confirme ce que j’ai dit, que, dans les pays froids, les houpes nerveuses sont moins épanouies : elles s’enfoncent dans leurs gaînes, où elles sont à couvert de l’action des objets extérieurs. Les sensations sont donc moins vives".

Allons directement à la conclusion, majeure ici pour nous :
« Approchez des pays du midi, vous croirez vous éloigner de la morale même ; des passions plus vives multiplieront les crimes ; chacun cherchera à prendre sur les autres tous les avantages qui peuvent favoriser ces mêmes passions. ».

Fraude sociale ?

La langue de mouton ! Dans le Nord de la France, la moyenne annuelle des arrêts de travail est de jours ; descendez-vous vers le Sud, cette moyenne passe aussitôt à 28 jours ! La langue de mouton vous dis-je !

Marseille mai 2006 : descente de police dans quatre hôtels meublés du centre d'une capacité totale de 70 chambres. Sur les registres, les policiers relèvent 800 noms de clients qui, tous, habitent en Algérie ! De tels hôtels ne servent bien entendu que de boîtes aux lettres et offrent, contre rémunération, des adresses fictives pour percevoir des aides sociales ensuite transférées en Algérie (RMI, CMU, allocation logement, complément retraite, etc.). Coût total estimé à 4,4 millions d'euros ! Vive la France…et la langue de mouton !

Toujours Marseille! En quatre ans les affaires maritimes y ont vendu 4 ou 5000 faux permis bateaux ! A 1500 euros pièce, voilà des affaires qui marchent! J'espère que les accusés sauront invoquer la fatalité de la langue de mouton!

Il en est de même en politique ! Voyez l’affaire du Conseil général des Bouches du Rhône où elle est loin d’être la première. Montesquieu nous avait bien prévenu : « Approchez des pays du midi, vous croirez vous éloigner de la morale même ». Rien à reprocher au Parti socialiste marseillais. Tous est arrivé par la faute du climat. La langue de mouton vous dis-je ! Avec peut-être un peu aussi le déterminisme géographique et social (toujours la langue de mouton !).

Climat et géographie : si Jean-Noël Guérini affirme n’avoir aucun lien de parenté avec les fameux frères Guérini d’antan (Antoine et surtout Barthélémy dit « Mémé »), force est de constater qu’ils sont tous originaires du même village de Haute Corse et les familles y étaient nombreuses ; Calenzana, berceau des Guérini, comptait moins de 1000 habitants lors de la naissance des deux frères actuels. On est sur ce point étonné que la notice du Who’s Who que Jean-Noël Guérini a rédigé pour l’article qui le concerne, ne comporte pas la moindre mention de la filiation, toujours sollicitée et présente en pareil cas !

Pour le politique, il en va de même, avec en plus la langue de mouton. Mémé Guérini et Antoine « opérèrent » (je n’ose dire « militèrent ») dans les rangs de la SFIO et furent dans la mouvance de Gaston Defferre. Ces choses-là ne s’oublient pas, même à la SFIO. Quelle meilleure introduction, à la génération suivante pour un Jean Noël Guérini? A 26 ans, sans formation ni occupation bien précises ( il est un moment, par hasard bien entendu, employé à l’office HLM et délégué syndical FO !), il est déjà élu conseiller municipal sur la liste de Gaston et sera bientôt maire d’arrondissement.

La langue de mouton n’a pas que des inconvénients, que diable !