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lundi 21 avril 2014

Madame Royale ! A quand les écrouelles ?

Madame Royale ! A quand les écrouelles ?

Depuis le 2 avril 2014, Marie-Ségolène Royal, dans son nouveau ministère, a multiplié les annonces sur une foule de problèmes qu’elle déclare vouloir régler, « sans impôt ni taxe » « --ajoute-t-elle, non sans quelque imprudence  ; je n’essayerai même pas de les citer tous, en voici quelques uns, sans attention à l’ordre chronologique :  prix de l’électricité annoncé comme inévitablement en hausse (pour l’instant suspendue), écotaxe, transition énergétique et place du nucléaire, train de vie des grands groupes énergétiques comme EDF, Suez ou Areva et même maîtrise du réchauffement climatique !

 Cette pente de Ségolène Royal à user ainsi de la presse et plus généralement encore de la communication n’est pas nouvelle ; ces annonces m’ont fait me souvenir que j’avais écrit, il y a plus de cinq ans, un blog dont je reprends ci-dessus le titre, à l’époque largement prémonitoire. Je le reproduis, en le raccourcissant un peu par le retrait de détails inutiles.
 « Je vais encore avoir des reproches de mes amis socialistes, mais, comme disait ce brave Oscar Wilde, qui en connaissait un bout (si j’ose dire) « On résiste à tout... sauf à la tentation ». Pour mon futur malheur, j’écoutais France Infos, ce mardi matin 24 février 2009, à 8 heures 15, quand Ségolène y fut interrogée, par téléphone, depuis la Guadeloupe, pour une interview à la fois nocturne et exclusive.

 A ce propos, cette recherche permanente de l’exclusivité et du scoop par nos médias devient fatigante. Dans les cas les plus fâcheux, elle conduit à des affaires comme l’annonce anticipée de la mort de Pascal Sevran sur une radio que je ne nommerai pas (pas de pub, même mauvaise !) ou la présentation sur France2 de vieilles images « exclusives » et pour cause, de Gaza, faute d’en avoir d’actuelles ! Vous entendez, sans cesse, ici ou là, tel reporter vous diffuser LA déclaration exclusive de Machin Truc et quand, à la télé, ensuite, vous voyez la scène réelle, vous constatez que le dit Machin Truc parle devant une forêt de micros, chacun recueillant sa déclaration « exclusive ». C’était ma minute sur les journalistes. Je n’y reviendrai plus.

Pour mon malheur, disais-je, j’ai entendu Ségolène et, par prudence, avant d’écrire ce post, j’ai réécouté, à onze heures, son interview. Si mes probables contradicteurs le veulent, je tiens même à leur disposition l’enregistrement de sa déclaration.

Elle était en Guadeloupe, nous a-t-elle précisé, pour les obsèques du syndicaliste tué à Pointe-à-Pitre. Elle a fait observer que nul ministre (elle n’a pas osé dire Sarkozy !) n’y assistait. Fillon y serait-il venu qu’on aurait aussitôt laissé entendre qu’il n’avait pas grand chose à faire, puisque, somme toute, pour le moment, ce meurtre ou cet assassinat (je ne sais comment le qualifier) relève du simple droit commun.

J’ai résisté, en revanche, victorieusement à la tentation de téléphoner à Jean-Jacques Bourdin, sur RMC, pour lui donner l’information « exclusive » que je détiens. Cet assassinat est, en fait, une opération du Mossad qui, en liaison avec les services secrets français, a envoyé en Guadeloupe l’un de ses meilleurs agents opérationnels dont l’action a toute chance de demeurer indétectable, vu la perverse prudence de ces sionistes. Le Mossad, en effet, a dépêché un agent falasha (juif immigré venu d’Ethiopie), ce qui fait que, coiffé d’une casquette à l’envers et d’un survêtement trop grand, ce Juif noir s’est fondu, sans problème, dans le groupe de ceux qui occupaient le barrage, d’où est parti le coup de fusil. Jean -Marie Bigard que j’ai aussitôt consulté m’a confirmé la réalité de ce stratagème.

Revenons à Ségolène. Elle ne nous a pas caché, d’entrée de jeu, que c’est elle qui a permis « la reprise des discussions », grâce à ses contacts avec les organisations et les élus locaux et surtout avec Jacques Bangou, le maire de Pointe à Pitre. Même Ségolène doit, de temps en temps, faire un peu de « name-droping ». Elle a continué, un peu plus tard, dans la même voie avec un petit cirage de pompes pour Taubira et Karam ! A moins, après tout, que le coup soit encore plus tordu que je ne l’imagine et que tout ça soit destiné d’abord à faire porter un peu d’attention sur la grande nouvelle au PS : Ségolène se rabiboche avec Martine et ses « amis » (c’est Ségolène qui le dit) Peillon (ah ?) et Vals (Tiens ?) entrent dans les instances dirigeantes de Solférino. 

Dans un cas comme ça, peu importe ce que l’on dit , le seul problème est d’une part de se faire un peu mousser (et comme on l’a vu, Ségolène n’a pas lésiné), mais surtout de lâcher une « petite phrase » propre à attirer l’attention des médias, même si ce propos n’a qu’un rapport lointain avec le problème central.
 Ségolène a trouvé le truc et ça a marché.
 Belle cérémonie au demeurant ! Portrait de Che Guevara en tête d’un cortège hérissé d’innombrables drapeaux rouges de la CGT-Guadeloupe, grande organisatrice des manifestations et de la pompe funèbre, le LKP n’étant qu’un faux-nez occasionnel. Sans trop entrer dans les détails pour ne pas effrayer le bon peuple (surtout au PS) et avoir l’air de faire le jeu du NPA, car le petit télégraphiste était là aussi (il y a, coup de pot, grève des postes à Neuilly !), Ségo a reproché avec vigueur aux ministres français de ne pas être aux funérailles de ce pauvre Jacques Bino. A son propos, je n’avais pas osé intituler le post que j’ai consacré à ces faits, « Ségo, Jégo, Bino », ne gardant que les deux premiers noms, ce qui  prouve que je sais, de temps à autre, résister à la tentation.
 Le secret du coup de l’interview exclusive est d’ajouter alors, à propos des ministres et de leur si fâcheuse absence « Alors qu’ils sont payés pour ça ...et GRASSEMENT payés » « puisque depuis l’arrivée de Sarkozy au pouvoir, leur salaire a été augmenté de 150% ». Vous vous rendez compte , Madame Michu, une paye de ministre juste pour aller aux enterrements … et en plus aux Antilles. Quel scandale !
Ça me rappelle ce poème de Victor Hugo, « Souvenir de la nuit du 4 » dans les Châtiments. Vous remplacez simplement le « Il » du début par Sarkozy (ainsi Sarko prend la place de Napoleon le petit) et « l’enfant de sept ans » par le postier du LKP :
 « Il veut avoir Saint-Cloud plein de roses l'été,
Où viendront l'adorer les préfets et les maires ;
C'est pour cela qu'il faut que les vieilles grand'mères,
De leurs pauvres doigts gris que fait trembler le temps,
Cousent dans le linceul des enfants de sept ans. »

En tout cas, ça marche et tous les médias ont mordu à l’hameçon. A quand les écrouelles Majesté ?"

NDLR : Les écrouelles étaient une maladie scrofuleuse et tuberculeuse, qui atteignait surtout le cou. Les rois de France passaient pour avoir le pouvoir de la guérir en touchant simplement la partie malade.


dimanche 24 novembre 2013

Kennedy et Obama ?


En ce cinquantième anniversaire de l'assassinat de Kennedy, comment ne pas être frappé, en dépit des différences, par la similarité de leurs parcours qui donne à penser que le second s'est inspiré de la trajectoire et de la stratégie politiques du premier ?

Pour des observateurs peu perspicaces comme moi, il apparaissait, à son époque, aussi peu probable que JFK issu d'une famille irlandaise catholique se fît élire président dans une Amérique où ce groupe ethnico-religieux était non seulement minoritaire, mais encore marqué d'une façon relativement peu flatteuse ; les Irlandais, catholiques, passaient volontiers dans l'Amérique profonde, à moins qu'ils ne se fassent flics (et encore...), pour des voyous voire des gangsters. Dans le cas d'Obama, que dire des noirs, surtout lorsqu'ils sont, en outre, affublés du prénom d'Hussein, même s'il ne figure qu'en seconde position dans leur état-civil. Vu de loin, un papiste irlandais n'avait pas plus de chances de se voir élire président des Etats-Unis qu'un noir de Chicago, ne le fût-il qu'à moitié. Les politologues du CNRS et/ou de Sciences Po nous expliqueront savamment (mais a posteriori comme pour les crises ...) qu'ils jouèrent précisément sur leur caractère minoritaire, l'un comme l'autre, pour donner l'image d'une Amérique accueillante et propre à réaliser tous les rêves, même les plus fous. C'était pourtant loin d'être gagné d'avance et il leur a donc fallu montrer d'autres talents et jouer sur d'autres registres.

L'un d'entre eux fut évidemment leur physique avantageux, dans des genres pourtant fort différents, mais propres à leur attirer les suffrages féminins. J'entendais hier des commentateurs de la carrière de Kennedy s'extasier sur son bronzage permanent qui illustrait, à leurs yeux, son caractère jeune et sportif. De la part de spécialistes de la question, c'est un peu étonnant ! On sait en fait désormais que J.F. Kennedy ne devait son bronzage permanent qu'à une maladie des glandes surrénales qu'on appelle précisément de ce fait « la maladie bronzée d'Addison ». Curieusement, j'ai toujours entendu parler dans ma famille de cette maladie, car un de mes oncles en souffrait et en est d'ailleurs mort lui-même à peu près à l'âge de Kennedy, mais du fait de cette maladie et non pas sous les balles du Mannlicher Carcano de Lee Harvey Oswald.

Au fond, curieusement, leur situation était un peu homologue quoique inverse, Kennedy jouait sur un bronzage flatteur dû à sa maladie qui faisait paraitre malsaine la blancheur de ses concurrents, tandis qu'Obama, tout en étant manifestement noir, l'était en même temps aussi peu et aussi discrètement qu'il est possible du fait, lui, de son métissage !

On m'objectera que ces éléments sont objectifs et quasi intangibles et qu'Obama n'a pas pu jouer sur sa couleur de peau ou son apparence pour se rapprocher du modèle que lui avait donné Kennedy. C'est vrai, mais il en est tout autrement sur l'aspect qu'on pourrait appeler globalement "people", pour lequel il est, en revanche, clair qu'il a adopté l'image du couple de John et Jackie Kennedy.

Bien entendu je ne parle pas ici de la réalité des faits ; si les Kennedy ont toujours donné l'image du parfait couple glamour et de la famille idéale avec les bambins courant dans le bureau ovale sous l'oeil enamouré de leurs parents, on sait que John s'occupait peu de sa famille, menait une vie de bâton de chaise et accumulait les passades, de sorte qu'auprès de lui notre DSK national n'était qu'un pâle amateur ; ses liaisons (comme avec cette pauvre Marilyn qu'il partageait avec son frère) sont demeurées relativement discrètes. Toutefois, ces secrets ont alors été bien gardés, comme ses relations avec la mafia dont l'élément le plus connu est naturellement son amitié avec Frank Sinatra.

Dans la réalité de leur vie, il est clair que Kennedy et Obama menaient des existences très différentes, ce qu'on peut légitimement supposer du moins aussi longtemps que la conduite de Barack est à l'abri de tout soupçon. Il semble d'ailleurs que Jackie et Michele soient, elles-mêmes, des femmes très différentes l'une de l'autre à bien des égards. En tout cas, l'image publique de la famille Obama a été, d'emblée, très strictement calquée sur celle de la famille Kennedy, quelles que soient les réalités qui les différencient dans la vie réelle. Il serait trop long et sans doute parfaitement inutile de comparer tout cela dans le détail, les seules différences importantes étant dans l'âge des enfants qui permettaient une exploitation communicationnelle encore plus efficace et plus grande du côté des Kennedy dont les enfants étaient plus jeunes et permettaient donc des spectacles plus attendrissants et par là, plus efficaces.

Souhaitons toutefois à Barak Hussein Obama de ne pas pousser trop loin, le parallèle et de ne pas finir comme son modèle, solution radicale à laquelle ont certainement dû songer certains de ses opposants mais dont son évolution politique rapide, au cours de ses mandats, l'a sans doute mis à l'abri.

mercredi 17 avril 2013

Politique : confessions à tous les étages.


Les commentateurs ont été forts déçus de ne pas trouver dans ces différentes déclarations de sujets de commentaires drôles, acides ou tendancieux. À peine a-t-on relevé, et encore rarement, que Laurent Fabius, sans doute vu l'importance même de son patrimoine et son passé ministériel, était le seul à se donner un conseiller spécialisé propre à lui trouver des niches fiscales qui lui permettent de réduire son impôt. Je trouve, en revanche, que l'on n'a pas fait quelques remarques qui me paraissent s'imposer en la circonstance.

Comment ne pas féliciter Madame Taubira de posséder trois bicyclettes (dont elle précise même la marque et la valeur de 900 € à elles trois) et surtout d'en user pour pratiquer un sport qui paraît bien indispensable dans son cas? En revanche, comment ne pas s'alarmer, comme je le fais ici, de voir notre Premier Ministre, Jean-Marc Ayrault, se lancer sur les routes dans un combi Volkswagen aménagé en camping-car (on a même vu des photos à l'appui) vieux de 28 ans et dont la valeur estimée n'est guère que 1000 € ? Tout cela est fort inquiétant. Peut-on ainsi confier à un véhicule si vétuste la vie de celui qui a en charge les destinées de notre pays en des circonstances si difficiles? Je suis tout prêt à lancer une souscription pour changer ce véhicule, l'Etat n'étant clairement pas en position de le faire

Je pense aussi que toutes ces révélations ont dû briser le cœur de notre ministre de la culture qui a pu constater que le patrimoine artistique de la plupart des membres du gouvernement était des plus réduits, exception faite de celui de Monsieur Fabius qui semble héréditaire et est, au demeurant, modeste vu la lignée dont il est issu. Pour les autres, ces patrimoines artistiques sont si réduits (voire inexistants) que la chose confine au ridicule ; il est vrai que, par nécessité professionnelle, ces ministres passent le plus clair de leur temps au milieu des merveilles de notre mobilier national.

Le cas de Jérôme Cahuzac est différent et plus complexe, même s'il a tenté avec adresse de se glisser dans la foule de ceux qui venaient à confesse ; il amène aussi à plus d'interrogations et, somme toute, pose plus de questions qu'il ne fournit de réponses ! Serait- ce un hasard ?

Certes, comme on l'a vu, le choix de la date était sans problème ; à fondre sa confession de "faute morale" dans le grand déballage patrimonial dont sa précédente démission l'exemptait opportunément car, s'il était resté à Bercy, il aurait été contraint de mentir une fois de plus. En revanche, le choix de BFM.TV, la "télé du grand capital", comme aurait dit feu Georges Marchais, n'était pas évident. Aux autres ministres, pour les amener à confesse, il a sans doute fallu tordre le bras gauche (normal dans un gouvernement socialiste), mais on a sans doute tordu le droit à Jérôme Cahuzac pour l'amener ainsi dans l'antre médiatique du MEDEF. Il faut dire que l'expérience DSK avec Madame Chazal et TF1 n'avait pas été des plus réussies et que cette circonstance dissuadait de la répéter, en outre avec la même coach de com'..

Il faut dire aussi qu'on a l'impression que Jérôme s'est moins donné le temps de la réflexion morale que celui de la négociation politique. Comme toujours, désormais, toute déclaration publique, dûment enregistrée et filmée, vous laisse sous la menace permanente et définitive de la reproduction incessante de ce témoignage ("verba non volant" , les paroles ne volent plus hélas!), non seulement la prudence mais le jésuitisme et la restriction morale sont de mise.

Dans un premier temps, en jurant ses grands dieux qu'il n'avait pas de compte en Suisse, Jérôme Cahuzac était de très bonne foi et ne mentait en rien puisque son compte était à Singapour ! De la même façon, il a assuré hier que les fonds déposés à l'étranger n'avaient pas servi à des opérations électorales du parti socialiste. C'est la pure vérité, puisque, si l'on en croit le témoignage de Mediapart, ces fonds, initialement destinés à une éventuelle candidature de Michel Rocard en 1995 et que je soupçonne sans le moindre élément de preuve de venir des fonds secrets, n'ont effectivement pas été utilisés pour une opération électorale !

Ce genre d'aveu a été inventé, depuis des siècles, par la Compagnie de Jésus et il n'y a décidément rien de nouveau sous le soleil. Comme disait, en se marrant (ce qui était rare de sa part), Ignace de Loyola, avec une bonne grosse restriction mentale, toute faute à demi-avouée est aux trois-quarts pardonnée.

samedi 2 juillet 2011

La chose se confirme : Le bon Dieu est bien un farceur !

Si vous ne croyez pas que le bon Dieu est un farceur, vous pouvez aisément vous en convaincre en regardant simplement les événements des derniers jours que nous venons de vivre.

Comme je le soulignais dans mon dernier post ("Un caillou dans le yaourt ou un os dans le fromage ?"),il est clair que le bon Dieu est assez facétieux pour s'amuser à contrarier les desseins des puissants de ce monde et, par là, nous faire sentir notre ridicule petitesse et le dérisoire de nos projets les mieux ourdis.

Considérez comment il a su, mine de rien, contrarier les plans des grands spécialistes de la communication présidentielle qui avaient si soigneusement préparé la libération des deux journalistes otages Les anciens avaient bien raison de dire, en latin puisqu'ils causaient alors en cette langue : "Quos Jupiter vult perdere dementat" . Ceux que Jupiter veut perdre, il les rend fous. Il peut aussi tout simplement les rendre bêtes. Ainsi nos grands stratèges de la communication n'ont- ils pas pris conscience que le mercredi, qu'ils avaient si soigneusement choisi pour l'annonce de cette nouvelle, en raison de la retransmission télévisée de la séance de l'assemblée nationale, était aussi le jour de la parution du Canard enchaîné. Rien de grave au premier abord mais c'était compter sans le goût de notre cher bon Dieu pour les bonnes blagues. Dans sa grande sagesse et ses vastes desseins, ce dernier s'était en effet arrangé aussi pour que ce journal satirique ait, ce même jour, à sa disposition, les pittoresques et imprévues informations sur les bienfaits que le président Ben Ali dispensait à la presse française ( de droite surtout) pour s'en attirer les bonnes grâces et faire vanter ses mérites dans ses colonnes (celles de notre presse, pas de Ben Ali !).

En ce 1er juillet, le bon Dieu, peut-être réjoui par l'arrivée des vacances, a redoublé encore de facéties, dans un tout autre domaine toutefois. Tout était réglé depuis des mois pour que soit célébré sous les feux concentrés de tous nos médias, le mariage d'Albert de Monaco avec son ondine sud-africaine. En dépit des rumeurs et dans ma crainte respectueuse des fureurs procédurières des Grimaldi, je me garderai de toute plaisanterie à propos du mariage gay que ce même bon Dieu facétieux avait peut-être lui-même mis sur le tapis à dessein à ce moment là. En tout cas, ce même bon Dieu, dans sa toute puissance, s'est arrangé pour faire éclipser la cérémonie nuptiale par le rebondissement inattendu de l'affaire DSK qui a mobilisé tous les médias. Le pire est que ce même bon Dieu a poussé le vice jusqu'à faire en sorte que le juge new-yorkais fixât l'audience du tribunal de New-York, prévue pourtant pour le 18 juillet, au jour et à l'heure mêmes où était célébré le mariage princier. Nos médias se sont donc trouvés, tels l'âne de Buridan (entre le picotin et le seau d'eau) ou, plus noblement, l'Héraclès de Prodicos (entre le vice et la vertu), devant un choix douloureux et se sont finalement concentrés plutôt sur le second événement, car, pour le premier, depuis quelques semaines, nous avions un petit peu épuisé les charmes nuptiaux de la principauté et cela d'autant que le bruit avait couru que la mariée avait failli filer à l'anglaise deux jours avant la noce. Je ne vous dit même pas le bruit de cette nouvelle affaire DSK dans le petit Landernau de la rue de Solférino ! Comme disait le derviche de Candide (de Voltaire, Monsieur le Ministre !) : « Quand sa Hautesse envoie un vaisseau en Egypte, s' embarrasse-t-elle si les souris qui sont dans le vaisseau sont à leur aise? ».

Dans l’affaire DSK que d’aucuns regardent comme close, le bon Dieu nous a peut-être encore réservé quelques surprises. Un peu bizarre non ce reproche fait à Madame Diallo de ne pas avoir mentionné dans sa déposition un viol subi en Guinée et allégué, en revanche, dans sa demande de droit d’asile ! Il est courant pour les demandeurs d’invoquer des violences politiques ou physiques pour justifier leur demande, sans pour autant les mentionner à tout propos, surtout en pareil cas. On s’étonne un peu aussi de voir une femme de chambre new-yorkaise, de toute évidence fort occupée et sans grande ressources, disposer de 100.000$ sur divers comptes d’autres villes du pays et servir de plaque tournante à un trafic de drogues ! N’y aurait-il pas là en fait plusieurs Madame Diallo, ce nom étant celui des Dupont de la Guinée ?

Je tremble d'avance en me demandant quelles facéties nouvelles va imaginer notre bon Dieu dans les jours qui viennent. Sur quel événement va-t-il concentrer son imagination et que va-t-il bien pouvoir encore nous inventer ?

Dernières minutes en ce dimanche 3 juillet :
Il se confirme que Madame Diallo non seulement est, en fait, à la tête du cartel de Medellin mais que c'est elle qui, auparavant, avait volé la Joconde : bien des indices donnent désormais à penser que c'est aussi elle qui cassé le vase de Soissons et les bras de la Vénus de Milo : On attend de nouvelles révélations!

Dimanche 3 juillet (16 heures 04 GMT) . Ma fille m'apprend que de source sûre (proche de la CIA) Madame Diallo aurait trempé dans l'assassinat de J.F. Kennedy.

jeudi 30 juin 2011

Otages : Un caillou dans le yaourt ou un os dans le fromage ?

Je ne sais pas laquelle de ces deux formules de notre métaphorique populaire convient le mieux à la situation que je vais évoquer dans ce post. A vous de juger !

Dieu sait pourtant que nos experts en communication avaient mitonné leur coup de main de maître. Il ne s'agissait pas, en pareille période, de récupérer n'importe où et n'importe comment nos deux précieux otages qui en tant que journalistes de profession sont à la fois le sel de la terre de l'information et la source inépuisable de l’inspiration médiatique.

A « NOTRE », journal de France2, comme s’obstine à le dire sottement car c’est le sien hélas et non le nôtre, Madame Lucet qui, je crois, est la « productrice » de l’émission de télé qui avait envoyé les deux loustics sur le terrain pour je ne sais quel magazine d'information, était à ce dernier titre sous les projecteurs et rayonnait par tous les pores. Elle avait même été sur le terrain à Villacoublay et, de ce fait, elle pouvait enfin, pour une fois, faire la nique à Jean-Pierre Pernaut, resté à la maison à se coltiner ses paysans.

Tout avait été réglé de main de maître ; l’après-midi du mercredi avait été à dessein choisi puisque c'est le moment de la télé à l'assemblée nationale ; de ce fait, on allait pouvoir faire l'annonce de la libération, non seulement devant la représentation nationale, où même la gauche allait devoir se lever, bon gré mal gré, pour applaudir, mais aussi devant toute la France des seniors qui, en cet après-midi du mercredi, somnole devant sa télé et qu'on allait réveiller par cette annonce tonitruante. De ce côté-là, tout avait été prévu et tout a marché comme sur des roulettes (ou plutôt des chaises roulantes).

On a même dû faire une standing ovation bis puisque, ce jour-là était aussi celui où Christine Lagarde faisait ses adieux à l'assemblée nationale, en feignant d'écraser une larme furtive et modeste. Du grand art. Idem pour la communication officielle sur l’arrivée et le couple présidentiel, comble de l'astuce, nous l’a jouée discrète voire absente.

Dans les médias, nous avons donc eu droit (et hélas ce n'est pas fini, mais fort heureusement nos deux rouletabilles ont des familles nombreuses, riches terroirs pour de multiples « scoops » et « exclus ») à tous les couplets habituels sur la grandeur, voire l'héroïsme du métier de journaliste, dont la déontologie est si grande qu'elle pousse parfois ces modernes héros à sacrifier leur vie sur l'autel de l’information.

Si les services de la communication ont été parfaits et à la hauteur de leur tâche en la circonstance, on ne peut en dire autant du renseignement et de la réflexion préalables et circumvoisins . On aurait en effet dû songer que si le mercredi est le jour de la séance télévisée à l'assemblée nationale, c’est aussi hélas celui où paraît le Canard enchaîné. Cette concomitance permet même aux représentants du peuple une saine et opportune lecture quand, une fois réveillés, ils sont, par bonheur, hors du champ des caméras de France3.

Or ce sinistre volatile a eu la mauvaise idée (peut-être même perfide), ce mercredi-là, de publier un article sur le réseau d'influence (pour ne pas dire de collusion) que Ben Ali avait mis en place auprès de la presse française, pour la gagner à sa cause par ces petits cadeaux qui entretiennent l'amitié quand ils ne sont pas propres à la faire naître.

Ben Ali avait même créé, à cette fin précise, une « agence tunisienne de communication extérieure » à laquelle il versait 200 000 € par an pour payer, sous des formes diverses, à la presse française (surtout de droite il est vrai) la publicité rédactionnelle en faveur de l'éloge permanent de son pays et surtout de son régime.

Je ne vous ferai pas ici la liste de tous les bénéficiaires de ces largesses ben-aliennes, personnelles mais souvent familiales, puisque vous pouvez la trouver aisément dans le Canard enchaîné, s'il en reste encore en kiosque car les intéressés ont dû le faire rafler dans les boutiques quand ils le pouvaient mais aussi dans les sites Internet dont en particulier Rue 89 qui a vendu la mèche et repris l’article de l'hebdomadaire satirique.

Sachez seulement que cela va du Figaro (largement représentés) à BFM-TV en passant par M6, le Parisien ; la vertueuse Françoise Laborde a même eu la chance en passant de France2 au CSA de remettre le compteur à zéro et de doubler la mise avec des conditions qui étaient plus dignes de sa nouvelle fonction.

Vous comprendrez aisément qu'avec de telles révélations en ce jour de gloire et d’apologie de notre presse, la morale professionnelle, la dignité et, en un mot, la dé-on-to-lo-gie de la fonction journalistique française en prennent un sérieux coup, du moins aux yeux de ceux qui étaient encore assez naïfs et mal informés pour croire les discours qu'on ne cesse de nous tenir à ce propos alors que les faits ne cessent de les démentir.

Alors « os dans le fromage » ou « caillou dans le yaourt » ?

lundi 30 mai 2011

La communication marche au radar.

Comme j'ai eu l'occasion de le dire dans un blog précédent, j'ai peine à croire que l'agitation et les débats autour de la question des radars soient, par le plus grand des hasards pré-électoraux, de simples cacophonies gouvernementales, comme une gauche naïve et qui juge des autres à son aune, veut nous le donner à croire.

J'ai déjà exposé mon hypothèse qui est que toute cette affaire, après l'échec de l'opération sur le RSA, s'inscrit dans une entreprise de communication électorale visant la réévaluation du bilan du mandat présidentiel. Il s’agit de prendre le contre-pied du thème de l’autisme sarkozien, illustré surtout par deux grosses affaires sensibles, les retraites et la réduction du nombre de postes de fonctionnaires. On renonce au débat sur le fond (en dépit de la force incontestable des arguments comparatifs) pour une démonstration « in vivo » de l’écoute du bon peuple par le pouvoir.

Il s’agit de donner à penser qu’existent de prétendues divisions gouvernementales, de préférence sur des sujets mineurs, et qu’elles prouvent le caractère non-monolithique et même démocratique du pouvoir. On connaît la musique !

Si l'on prend le cas du RSA contesté par Laurent Wauquiez, comment faire croire à quiconque que le ministre ait pris une telle position sans le feu vert voire l’encouragement de Nicolas Sarkozy alors que on murmure qu'il serait un des successeurs possibles de Christine Lagarde à Bercy ? Peu importe d'ailleurs car DSK a fait foirer l'opération médiatique et anéanti le buzz espéré. On en a donc tenté une autre en touchant un sujet plus sensible pour les Français que Georges Pompidou définissait, dans son bon sens et en fin connaisseur car il en était un lui-même, comme des maniaques de la bagnole.

Le sujet, mieux choisi, a suscité une vive émotion en touchant à la fois les automobilistes eux-mêmes (surtout les deux ou trois millions qui possèdent, d'ores et déjà, des détecteurs de radar parmi lesquels les VRP, dès lors excellents agents de communication), mais peut-être surtout et aussi le lobby des fabricants de ces détecteurs et des téléphones qui en font désormais fonction et qui n'ont pas manqué d'agiter l'épouvantail économique du chômage pour la défense de leurs propres intérêts, selon une méthode parfaitement éprouvée et dont je parlais hier encore, à propos d’un tout autre sujet.

J'ai par hasard entendu, dimanche 29 mai au matin, sur une radio que je n'ai pas pris la peine d'identifier, un débat de plus à ce propos avec en particulier quelqu'un qui était clairement le représentant du lobby des fabricants de ces produits. La discussion, dont le fond importe peu, puisqu’on va, selon le plan prévu, vers une solution de compromis, qui démontre toujours comme prévu :
1. que ce gouvernement écoute les Français (même et surtout quand ils disent des sottises),
2. qu'il est ouvert au compromis (surtout si le problème en cause est pour lui qu'une importance secondaire, le seul important étant la réélection de Nicolas Sarkozy),
3. que la solution choisie ménage à la fois l'appétit de vitesse, non sanctionné pour les maniaques du volant, et les intérêts des fabricants de détecteurs de radar.

Ce débat a également permis de mettre en évidence, comme toujours, l'absence totale d'esprit critique, pour ne pas dire la servilité, du journaliste qui s'est bien gardé de souligner la faiblesse insigne des arguments de son interlocuteur et le fait que seule la défense de ses intérêts personnels le guidait dans cette affaire.

Je vous la fais courte (comme il est toujours nécessaire dans un blog). On ne touche en fait à rien et on se bornera à baptiser les détecteurs de radar, toujours autorisés, « détecteur de zones dangereuses », qu'il y ait ou non des radars en dans le coin.

Mort de rire ! Connaissez-vous, sur l'une ou l'autre des routes françaises, une zone qui ne soit pas potentiellement dangereuse ? Les montées et les virages où il n’y a jamais de radars ne sont-ils dangereux ?

Le journaliste, dans un moment d'égarement sans doute, ayant posé une question relativement raisonnable (« Que va-t-il se passer pour les trois millions d'appareils déjà en circulation et qui signalent les radars et non les zones dangereuses ? »), le représentant de l’honorable corporation des fabricants de détecteurs a répondu aussitôt en bottant en touche et en bredouillant qu'on allait voir et qu'on allait organiser des concertations avec le gouvernement sur ce sujet. Nous voilà informés et surtout rassurés.

Il est évidemment stupide voire criminel, après avoir installé des radars sur le bord des routes pour repérer les conducteurs dont la vitesse est excessive, de permettre aux plus aisés d'entre eux d'équiper leurs bolides de détecteurs qui les avertissent la présence de ces mêmes radars et leur permettent de ralentir durant quelques secondes pour échapper aux contrôles dont ils sont prévenus. Les pauvres, eux, n’ont qu’à payer les amendes et perdre leurs points. En outre, ces équipements sont en usage sans doute depuis dix ans mais il a fallu une année préélectorale pour qu'on prenne conscience du problème. Le prétexte de l’augmentation du nombre des morts par rapport à l’an dernier est une blague de plus ; ce n’est là qu’une question de nombre de week-ends et surtout de météo !

En l'occurrence, le coup a été bien joué. On se gagne la sympathie des piétons, des conducteurs raisonnables et des victimes potentielles des chauffards en faisant croire qu'on s'occupe de la sécurité mais, en même temps, on légitime, par un artifice sémantique dérisoire (le passage de « radar » à « zone dangereuse »), un usage que le moindre bon sens devrait conduire à interdire totalement puisque le système des détecteurs de radar, loin de freiner les appétits de vitesse des maniaques, les encourage au contraire puisqu’ils peuvent, dès lors, se livrer impunément à leur délire favori.