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jeudi 20 septembre 2012

Heureux comme un journaliste en France...

Je reçois (d'un expéditeur inconnu) ce courriel qui, si je n'en partage pas tous les points de vue, me semble à bien des égards fort pertinent, surtout quand on prend en compte l'extravagante médiocrité de la profession, dans l'audio-visuel surtout. Je mets quelques commentaires de mon cru, en italiques et entre crochets, comme c'est l'usage, bien que nos journalistes l'ignorent pour la plupart!
"Audrey Pulvar et David Pujadas gagnent respectivement environ 145 000€ /an et 240 000€ /an
Laurence Ferrari gagne plus de 500 000€ annuels, Jean-Michel Apathie (langue de pute) près de 500 000€ par an.
Alain Duhamel 650 000€ par an...
[On oublie souvent que beaucoup occupent plusieurs emplois et cumulent donc les salaires, comme "Afati-Patati" et Duhamel qui courent radios et télés pour y débiter, sans doute à grand prix, leurs platitudes]
Claire Chazal est hors concours comme son prédécesseur Poivre d'Arvor.
Comme quoi tous ces journalistes qui crachent sur les riches, et qui n'ont pas de mots assez forts pour dénoncer le Sarko bling bling se gardent bien de parler de leurs avantages fiscaux [ce point est, on va le voir, essentiel]
Qui se rappelle que Valérie Trierweiler est petite-fille et arrière petite fille de Banquier?
Elle n'est nullement issue d'un milieu modeste comme elle tente de le faire croire.
Elle possède un patrimoine immobilier conséquent, comme François Hollande avec sa SCI « La Sapinière » et son agence à Londres...
Au-delà de trois mois de présence, les journalistes ont droit à la totalité de la rémunération mensuelle pendant 3 mois, ils ont demandé à François hollande de porter la durée à 6 mois.
Et au-delà au 2/3 de la rémunération mensuelle plus le supplément familial dans son intégralité.
Les journalistes voient la prise en charge intégrale de leur cure thermale par la sécurité sociale et ouvrent droit aux mêmes conditions d'indemnisation que celles prévues pour la maladie simple et sont prises en compte dans la durée de celle-ci.
Les journalistes en service, victimes d'accidents du travail [ ça existe ? Chute de vélosolex pour Duhamel ?], de trajet ou atteints de maladie professionnelle contractée à l'occasion de leur travail [fatigue cérébrale ?], conservent pour tous les arrêts reconnus par la sécurité sociale comme directement liés à l'accident du travail ou à la maladie professionnelle, l'intégralité de leur rémunération dans la limite de deux ans. Ils ont demandé à François Hollande de passer cette durée à 4 ans.
En cas d'incapacité permanente partielle telle qu'elle est reconnue par la sécurité sociale, le journaliste a droit à une priorité de reclassement dans une fonction compatible avec son état physique, avec maintien de tous ses droits (y compris la déduction fiscale), notamment en matière de salaire.
A compter de la date de leur engagement, les journalistes atteints d'une affection de longue durée reconnue par la sécurité sociale entraînant momentanément une incapacité totale d'exercer leur fonction, conservent pendant les trois premières années l'intégralité de leur salaire et les avantages fiscaux.
Ils ont demandé à François Hollande que la durée soit portée à 5 ans.
 Ils ont obtenu la promesse que cela serait fait en Septembre.
 Pour mémoire:
La Femme de Montebourg = journaliste,
Celle de Hollande = journaliste,
Celle de Borloo= journaliste...mais la liste est longue !
 85% des journalistes sont de gauche :
Au cours de la dernière présidentielle ils ont fait une propagande pro-Hollande et une propagande scandaleuse anti Sarkozyste. Voici la raison  [Nous y voilà]:
En France, tous les salariés sont exonérés de 10% de leur revenu au nom de frais professionnels.
Les journalistes eux bénéficiaient depuis 1934 d'une déduction supplémentaire de 30%.
En 1996 le gouvernement Juppé tire un trait sur toutes ces niches fiscales, «devenues sans rapport avec la réalité des frais professionnels supportés par les intéressés et qui ont donc perdu toute justification».[Très vrai et très juste ; la presse n'en parla pas bien sûr mais ce fut une levée unanime de boucliers dans les médias, y compris à droite;  ce fut pour le pauvre Juppé le commencement de la fin, la dissolution faisant le reste]
Une profession va particulièrement se plaindre, les journalistes.
On découvre à cette occasion que les journalistes ont nettement plus de moyens de pression que les autres.
«Le souvenir que j'en conserve est moins la hargne des journalistes que la trouille des politiques», raconte Alain Lambert, ex-rapporteur du budget au Sénat.
Juppé avait tenu bon face à la fronde, mais avait offert une première concession à la profession: la création d'un fonds budgétaire pour compenser la hausse d'impôt que subiront les journalistes [les pôvres!].
Parallèlement, des négociations étaient engagées avec les syndicats .
Elles aboutiront sous Jospin. Il est alors décidé de rétablir l'avantage fiscal, mais sous une forme un peu plus juste.
Au lieu des 30%, les journalistes pourront dorénavant retirer soit 7.650€ (50 000 Frs à l'origine) de leurs revenus. Il n'empêche que les journalistes sont les seuls à bénéficier de la mesure. [notre auteur oublie ici de parler ici des notes de frais qui rendent amusante et même pittoresque  la notion même de frais professionnels]
Avant les primaires les syndicats de journalistes notamment de l'Humanité ont demandé à Mr Hollande de rétablir l'abattement de 30% pour les journalistes, de plus, chose étrange une certaine Valérie Massonneau (plus connue sous le nom de Valérie Trierweiler) fut la porte-parole des journalistes accompagnée bien sûr d'Audrey Pulvar.
 En 2008 cette demande de rétablir les 30% fut demandée par les journalistes à Nicolas Sarkozy qui refusa, ce qui lui attira les foudres du monde médiatique, depuis ce jour la campagne anti-Sarkozy commença [élément fort intéressant, que j'ignorais et dont, curieusement, la presse n'a pas parlé. "Bizarre! Bizarre ! Vous avez dit bizarre ? Bizarre!].
 42500 journalistes bénéficieront de cet avantage , mais on peut aussi se déclarer journaliste fiscalement sans carte de presse.
Et des proches de journalistes, qui ne sont pas journalistes se déclarent journalistes sans carte de presse, sport très prisé chez les amis de l’Humanité et du Canard Enchaîné.
De plus les journalistes de l'audiovisuel ont demandé à Hollande un abattement supplémentaire de 10% pour les frais dits: « frais esthétiques » du fait qu'ils doivent en permanence faire des soins esthétiques pour être présentables devant les caméras !
 Hollande leur a promis qu'il leur rétablirai ce droit dès septembre 2012 si il est élu. [septembre 2012 dites-vous ? On piaffe d'impatience!]
N'en doutons pas, cette loi sera votée, et vous pouvez être sûrs, que cela ne fera pas la une du journal de 20h00 ni la première page du journal l'Humanité, ou du Canard Enchaîné.
Sans commentaires !"


mercredi 19 septembre 2012

Cha-cha-cha diplomatico-budgétaire

Une autre façon de danser le cha-cha-cha "consiste à avancer d'abord le pied droit deux fois, puis avancer le pied gauche à la même hauteur, puis reculer le pied droit d'un pas, puis reculer le pied gauche deux fois, puis le pied droit d'un pas puis avancer le pied gauche d'un pas et recommencer avec le pied droit comme au début et ainsi de suite.". C'est une définition du cha-cha-cha que donne Wikipedia mais pour le médiocre danseur que je fus, cette danse était, pour simplifier, trois pas chassés en avant suivis de trois en arrière (d'où je suppose son nom!)

C'est la danse favorite de la politique budgétaire européenne depuis vingt ans.

Ils sont trop forts nos politiques et le plus grand de leur talent s'établit sur l'usage subtil qu'ils font de Bruxelles qui est tantôt une serpillière sur laquelle on s'essuie sans gêne les pieds, tantôt un croque-mitaine susceptible d'inspirer la plus grande terreur.

On nous bassine à nouveau avec les règles bruxelloises sur les déficits budgétaires et sur les maxima que ne pourront dépasser les dettes extérieures des Etats par rapport au PIB. C'était au fond l'accord qu'avait imposé Angela à Nicolas, ce dernier ("vi coactus" cher Succus, comme dans La tulipe noire de mon enfance) n'ayant pas manqué d'accompagner son acquiescement verbal d'alors d'une restriction mentale, éventuellement salvatrice. Dans la suite, Gretchen a accepté qu'on saupoudrât le bretzel d'une adoucissante croissance, mais le fond n'avait guère changé.

Le bon peuple avale tout ça et les politiques se prennent aux cheveux pour ces vaines questions, comme on le constate actuellement où un certain nombre de députés socialistes et/ou écologistes envisagent de refuser de voter le texte proposé par le gouvernement en ce sens.

Il est vrai qu'il y a beaucoup de nouveaux députés dans la majorité actuelle et que, par conséquent, ils doivent tout ignorer de l'histoire de ce feuilleton dont on célèbre, sans que nul ne se risque, à le signaler le 20e anniversaire puisque les premières règles de cet acabit ("de cet acabiTE" pour causer comme Mossieur Gaudin) figuraient dans le traité de Maastricht en 1992. C'était le fameux maximum de 3 % pour les déficits budgétaires dont on s'est moqué depuis à de nombreuses reprises, à commencer par le cynique duo Chirac-Schröder qui a même eu le culot d'annoncer officiellement qu'il ne tiendrait aucun compte de cette règle qui était plutôt de plomb que d'or.

Bref rappel d'une chronologie sommaire que je ne prends même pas la peine de vérifier faute de temps et de goût : 1992 traité de Maastricht, 1997 premières entorses officielles aux principes ainsi posés ; reprise du problème avec autant d'inefficacité en 2003 et en 2005 et nous voilà maintenant à l'épisode 2012.

En fait l'affaire se présente désormais un peu différemment, puisque la Banque Centrale Européenne a mis comme condition à son rachat éventuel de la dette de certains Etats, d'une part une demande EXPRESSE et OFFICIELLE de ces Etats (ce qui est bien normal car on ne va pas rembourser leurs dettes contre leur gré) et, d'autre part, l'acceptation par eux du contrôle effectif de leurs budget sur la base de ce nouveau traité. Il impliquera de fortes amendes, paraît-il, en cas de non-respect des principes acceptés. On veut bien le croire et on tremble d'avance !

Si j'ai bien suivi, la seule différence est que, désormais, pour que ces amendes puissent ne pas être payées, il faudra qu'une forte majorité, au sein du conseil des ministres, se prononce en faveur de cette mesure de clémence.

Un point me tarabuste dans tout ça. Précisément le rôle même du conseil des ministres dans ces affaires ; ils vont imposer des mesures de rétorsion à des Etats dont ils sont eux-mêmes les dirigeants et les représentants! A voir !

Va comprendre Charles !

Bref, je crains fort que nous soyons encore partis pour un tour, mais ce ne sera guère que la 4 ou 5e reprise d'un interminable cha-cha-cha ; par ailleurs, comment imposer les si fortes amendes dont on les menace à des Etats qui n'ont pas le premier sou pour les payer et qui donc, de ce fait, ne peuvent même pas emprunter pour ce faire, étant donné qu'on limite leur capacité d'emprunt à 60 % du PIB alors que plusieurs d'entre eux en sont déjà à 100% voire à 120 % ?

Somme toute et une fois de plus, de qui se moque-t-on ?


mardi 18 septembre 2012

Gay ! Gay ! Marions-nous!

Il faut décidément que je mette mon grain de sel dans le sujet, faute de quoi je vais perdre la face sur le front de l'actualité.

C'est bien entendu du mariage homosexuel que je veux parler, encore que ce sujet me laisse totalement indifférent et que je ne vois aucun inconvénient à ce que n'importe qui épouse n'importe qui, voire n'importe quoi.

Ce que je ne comprends pas du tout, en revanche, c'est la volonté, absurde à mon sens, de lier la question du mariage homosexuel au problème de la filiation puisque, par définition même, ce mariage gay ne conduit pas à la procréation. La seconde préoccupation me paraît donc, en quelque sorte, la négation même de la première puisque, si l'on estime que tout mariage doit conduire à avoir des enfants, il faut, à ce moment-là, refuser le principe même du mariage homosexuel ou en tout cas s'en abstenir soi-même.

Il faut d'ailleurs reconnaître que la question des enfants au sein d'un mariage homosexuel semble poser un peu plus de problèmes que le principe même de ce mariage, qui me paraît recueillir, dans notre société, une assez large approbation, ce que confirment d'ailleurs les sondages.

Il en est tout autrement pour ce qui concerne les enfants, mais ce problème-là me semble assez mal posé. La seule question envisagée est, en effet, si l'on peut dire, d'ordre psychologique et se résume ainsi : un enfant, au sein d'un couple marié homosexuel pourra-t-il « se construire » (pour causer comme les psychologues qu'on consulte généralement en pareil cas), comme il le fait au sein d'un mariage hétérosexuel, où il dispose d'un double "modèle", différent dans son principe, celui de sa mère et celui de son père.

Quoique nous ne manquions pas de psychologues, loin de là (on n'en forme chaque année autant en France que dans tout le reste de l'Europe !), leur consultation, même si elle n'est pas tout à fait inutile, ne me paraît pas décisive en pareil cas. Le problème de l'enfant, né par procréation assistée dans un couple de lesbiennes (la science ne permet pas, sauf au cinéma, de le faire dans un couple mâle) ou adopté, est à mon sens moins d'ordre psychologique que social.

J'avoue que le fait d'avoir vécu dans un contexte méridional m'influence sans doute et les quelques années que j'ai passées à Marseille y sont aussi pour quelque chose.

Ces mêmes psychologues qui causent si volontiers et si doctement sur la construction de l'identité par cet enfant dont les parents sont homosexuels et qui sont si savants sur les processus d'exclusion solaire scolaire dont certains enfants sont les victimes, feraient bien aussi de s'interroger sur le vécu d'un tel enfant dans une école primaire. Que se passera-t-il lorsque ses deux papas ou ses deux mamans viendront le chercher après la classe ? Comment vivra-t-il une telle situation sous les quolibets et les moqueries des autres élèves ?

Nos psychologues, qui sont sans doute peu familiers avec les milieux sportifs et populaires  français, devraient pourtant savoir que la principale injure en usage sur tous les terrains de tous les sports a toujours été et demeure, comme dans les rues, « Pédé !». Pour prendre un exemple très concret, on nous a bien évidemment caché que dans les événements fâcheux qui ont marqué la prestation de l'équipe de France de football à la Coupe du monde en Afrique du Sud, un des facteurs majeurs du mauvais climat au sein de la formation française a été le traitement et l'exclusion de la vedette de cette équipe (que je ne nommerai pas crainte d'un procès!) par ses coéquipiers. Il était considéré, en effet, comme homosexuel et traité donc exclu, de ce fait, comme tel.

C'est à mes yeux la principale raison qui fait que, si je suis tout à fait indifférent au mariage homosexuel, je suis en revanche résolument contre l'apparition d'un enfant dans un tel couple ; si j'avais à me prononcer de façon plus précise, je serais moins défavorable à l'adoption ou à la procréation au sein d'un couple féminin homosexuel que d'un couple masculin pour des raisons qui se laissent facilement comprendre.

Un enfant n'est pas un jouet et, même s'il peut être un moment sincèrement désiré par un couple homosexuel masculin, ce caprice aura sûrement de fâcheuses conséquences pour l'enfant dans tous les débuts de sa vie sociale (à l'école en particulier) ; en outre, comme tout caprice, il risque fort de ne pas durer avec toutes les conséquences que cela peut entraîner pour le malheureux enfant adopté.

Gay! Gay ! Marions-nous mais n'adoptons pas!

lundi 17 septembre 2012

Chômage : "replacement"

J'ai regardé hier dimanche soir, sur M6, une émission effrayante surtout dans la dernière partie de l'émission "Capital" qui était consacrée au problème de l'emploi en France. Cette dernière partie intitulée, en gros, "le bizness du chômage" consistait en un reportage sur ce qu'on appelle, pudiquement et joliment, les « agences de replacement ». Il s'agit, en fait d'officines, dont la fonction est de retrouver de l'emploi pour les travailleurs licenciés suite à un plan social ou dans toute autre condition.

Si j'ai bien compris, il en existe en France des centaines et elles se répartissent en deux catégories principales.

Les unes, le gratin, ont pignon sur rue et offrent toutes les apparences de la plus grande prospérité. Elles passent des accords avec les grandes entreprises qui ont, en fait, en même temps que la possibilité d'élaborer des plans sociaux, les moyens de se payer les services de ces agences qui sont chargées de replacer ceux qu'elles-mêmes licencient et de tenter par là d'éviter les vagues.

Les autres sont de dimensions plus modestes et ne vivent pas sur le même pied. Ce sont celles dont je connaissais l'existence et le fonctionnement, une de mes amies travaillant dans l'une d'entre elles. Elles traitent essentiellement avec Pôle Emploi dont je croyais, comme beaucoup que c'était là-même la fonction majeure pour ne pas dire unique mais qui sous-traite cette activité de replacement dans ces agences, à moindre coût évidemment que dans le cas précédent.

Pour prendre le premier cas, celui des agences au nom souvent anglo-saxon (donc fashion) et au logo accrocheur qui traitent avec les grandes entreprises, chaque travailleur replacé leur rapporte 3500 € . Dans leur pub, évidemment mensongère, elles prétendent, de façon fallacieuse semble-t-il, qu'elles replacent entre 90 et 100 pour cent des travailleurs dont elles ont à connaître (97% dans le cas cité). Un expert a expliqué que c'était évidemment faux et qu'en réalité ce pourcentage n'était calculé que sur un nombre limité de cas, une fois qu'on avait éliminé tout ce qu'on pouvait soustraire du total pour quelque raison que ce soit (choix personnel de ne pas rechercher de travail, congé parental, création d'entreprise, etc.). On a montré de façon assez précise le fonctionnement de ce type d'agence qui opère très largement par démarchage téléphonique, en contactant directement les employeurs éventuels et évidemment sans passer par Pôle Emploi. Le profit final est de l'ordre de 15% ! Pas mal comme marge. Vive le chômage!

Le second type d'agence fonctionne sur des bases bien moindres, avec Pôle Emploi ; chaque replacement éventuel rapporte de 1000 à 1500 € suivant les cas. Il en résulte que l'activité de replacement ne suffit pas à faire bouillir la marmite et qu'il faut souvent doubler ce type d'activité par des actions de formation. Dans le cas que je connais par l'amie que j'évoquais ci-dessus, les choses ne marchent pas très fort car il faut dire que la zone dans laquelle opèrent ces agences est un facteur d'une grande importance et il vaut mieux en la circonstance être dans la région parisienne que dans la Creuse !

Ces agences (le mot magique!) amènent évidemment à se poser des problèmes sur les finalités et l'activité même du Pôle Emploi sur laquelle je n'ai jamais recueilli, où que ce soit et de qui que ce soit, que les échos les plus défavorables.

Tout cela n'était donc pas très encourageant sur la future inversion de la courbe du chômage, pour causer comme notre Président de la République, et le reste de l'émission, excellente au demeurant, était encore plus noir (si j'ose dire) car un des sujets était "le travail au noir" et la vaine lutte qu'on tente de mener contre lui.

Tout serait à citer mais on y a vu, entre autres, le témoignage d'un patron de deux bistrots parisiens du Marais qui se refuse quant à lui à cette pratique qui semble courante dans sa profession. Il était tout de même un peu étonnant d'apprendre que le salaire d'un serveur dans un café parisien s'établit aux alentours de 4000 € ; nombre d'entre eux, en outre, par un subtil mixage d'emplois temporaires estivaux dans le midi de la France, d'émargement aux ASSEDIC et de travail au noir ont des rémunérations qui tournent aussi autour de 3500 €, ce qui après tout n'est pas si mal pour servir des cafés et des demis dans un troquet.

Faut-il ajouter que tout cela est parfaitement connu de tout le monde et participe joyeusement de notre belle fraude sociale. Si l'on y ajoute la totale gabegie qui sévit à la Sécurité Sociale où des infirmiers y sont payés trois ou cinq fois pour les mêmes actes eux-mêmes douteux et où des livraisons-bidon sont payées des dizaines de milliers d'euros (pour ne citer que des cas avérés), tout cela nous conduit directement à un abîme dont nous ne savons pas véritablement si nous sommes encore sur le bord ou déjà au fond !

A propos de Pôle Emploi et du reste, je constate après rédaction de ce post que la conclusion est tirée par l'Inspection Générale des Finances dans un rapport dont F. Fillon a courageusement bloqué la publication avant les élections, posant sans doute, dans son armoire personnelle, le texte de ce rapport explosif sur ceux des plans sociaux qui ne l'étaient guère moins :

" L’inspection générale des finances (IGF ) dénonce les effectifs pléthoriques des agences de l’État et leur coût. Dans un rapport que s'est procuré Le Parisien/Aujourd'hui en France, les agences emploierait près de 450 000 personnes et son coût correspondrait à 50 milliards d'euros chaque année." La Croix, ce jour.

Pour finir et rire un peu (mais jaune); si l'on sait que les agences emploient 450.000 personnes et coûtent chaque année 50 milliards, on ne sait PAS LEUR NOMBRE EXACT ; selon l'IGF et ses suppositions, il y en aurait 1244!

ET VIVE LE PERE UBU!

dimanche 16 septembre 2012

Bignole : Enrichissez votre vocabulaire

A mes nobles lectrices et lecteurs de l'étranger (et même parfois de terres fort lointaines car rien n'échappe aux cent yeux de Google), je dois des excuses pour l'usage, intempestif peut-être et immodéré sans doute, que, dans des blogs récents, j'ai pu faire du terme "bignole" qu'ils ne connaissent sans doute pas et qu'ils ne trouveront probablement pas dans le Petit Larousse. Je suis d'autant plus porté à écrire ce post et à présenter des excuses qu'une enquête autour de moi m'a montré qu'il était inconnu de ceux et celles que j'ai interrogés à son propos. Mes lecteurs russes ou australiens (car j'en ai oui !) n'ont donc pas à rougir de leur probable ignorance de ce vocable.
Rassurez-vous je ne vais pas vous jouer ici les Bernard Cerquiglini (indignus sum cher Succus!) et vous infliger un de ces "Merci Professeur" où le Recteur de l'AUF, débarrassé pour la circonstance et pour une fois, de ses lunettes, vous explique le sens et l'origine de "procrastination" (je prends comme exemple un terme fort à la mode depuis que nos journalistes en ont découvert d'abord l'existence puis la signification).
Je me bornerai à traiter compendieusement (un des mots les plus remarquables du français par sa longueur, surtout quand on sait qu'il signifie "en bref") de "bignole". Ce joli terme désigne la concierge (celle qui est "dans" l'escalier à en croire la pancarte autrefois bien connue, mais qui a quasi disparu avec le métier lui-même) que le parler gnangnan actuel qualifie plus noblement de "gardien". Si le sens de bignole est bien établi, il y a hésitation sur son orthographe ; j'orne ici la bignole d'un seul "l", alors que ma source favorite, le Trésor de la langue française, lui en accorde deux, l'assimilant peut-être inconsciemment, par là même, à la mouche puisque la bignole est volontiers curieuse, voire indiscrète, comme semble l'être cet insecte dont le nom désigne parfois les espions.
Toutefois c'est plutôt l'origine même de "bignole" qui fait problème et sur ce point j'ai cru dans un premier temps avoir peine à suivre le TLF dont je reproduis l'article, comme c'est dimanche :
"BIGNOLLE, subst. fém.
A. ,,Agent de la Sûreté`` (A.-L. DUSSORT, Des Preuves d'une existence, 1927, dép. par G. Esnault, 1938, p. 32).
B. Arg. ,,Concierge`` (J. LACASSAGNE, L'Arg. du « milieu », 1935, p. 20) :
En arrivant rue Elzévir, quand je suis repassé devant la loge, la bignolle elle m'interpelle : Hé dis donc!
CÉLINE, Mort à crédit, 1936, p. 209.
Orth. Écrit bignole dans J. LACASSAGNE, op. cit.ÉTYMOL. ET HIST. 1. 1927 (A. DUSSORT, addenda, p. 30, apportés par ce détenu à SAINÉAN, Lang. parisien du XIXe S. cité par SAIN. Sources t. 3, p. 30 : Pour désigner un agent de la Sûreté, on dit : bourre, maton, matuche, matelot, bignolle, condé, etc.); 2. 1934, date donnée par ROB. Suppl. et ESN. 1966, sans attest.; 1935 bignole (J. LACASSAGNE, op. cit., p. 20 : Bignole. Concierge argot parisien); 1936 bignolle, supra ex.
Issu de l'ang. bignolle « qui louche » (VERR.-ON.), déverbal de l'ang. bignoler « bigler, loucher, lorgner », p. ext. « examiner attentivement autour de soi, regarder d'une façon insolente ou indiscrète » (Ibid.) lui-même dér. de bigner « regarder » (VILLON, Ballades en jargon, éd. Lanly, V, 21 : Bignez la mathe sans targer). Bigner est prob. à rapprocher de guigner* regarder de côté, d'où les formations parallèles guignolle « gendarme » (DELVAU, v. FEW), guignol « id. » (v. FEW), v. guignol et FEW t. 1, p. 629 b et t. 17, p. 591a.
STAT. Fréq. abs. littér. : 6.
BBG. SAIN. Sources t. 3 1972 [1930], p. 69.".
Je dois dire que, dans une première lecture du TLF, trop hâtive comme souvent, j'avais été stupéfait de voir avancer une étymologie anglaise pat une interprétation, évidemment fausse, de l'abréviation "ang" , dont j'avais cru, sottement, qu'elle renvoyait à l'anglais. Il s'agit en fait bien sûr de "l'angevin " et la référence au glossaire de Verrier et Onillon (VERR.ON) que je connais bien,  le prouve assez. "Bigner" est donc bien à rapprocher de "guigner" et la "bignole" est donc désignée ainsi du fait de sa curiosité toute professionnelle.
Dont acte et mea culpa!

samedi 15 septembre 2012

Encore l'Islam!

J'étais fermement décidé à ne pas d'évoquer les événements qui, ici ou là, donnent une suite prévisible à ce qu'on avait si joliment appelé les printemps arabes et dont on pouvait aisément prévoir les évolutions ultérieures. Je pense que vous aurez noté, je pense, le remarquable silence de M. Bernard-Henri Lévy, si disert sur ces affaires et si volontiers présent habituellement dans nos radios et les télévisions. Voilà qui va pourtant relancer les ventes de son livre sur sa résolution quasi miraculeuse de la crise libyenne.

Tout ce qui se passe actuellement était naturellement écrit dans le ciel, si j'ose dire sans impiété, et nous ne sommes assurément pas sortis de l'auberge.

Il a fallu que j'écoute hier l'une des participantes de l'émission de Calvi "C'est plus clair" sur la Cinq et ce matin à 8:00 une forte intéressantes émission de France Culture (mon antidote aux radios bignoles du matin) pour que je me résolve à faire part de quelques réflexions, somme toute banales,  mais que nous ne pouvons guère entendre, dans nos médias audiovisuels de la bouche de Mesdames Lucet ou Chazal ou de Messieurs Pujadas ou Delahousse pour qui les chiens écrasés du jour ont une autre importance.


Pour en revenir aux événements du monde musulman, il suffit d'avoir vu, sur les chaînes de télévision, les tronches et les allures de la plupart des manifestants qui s'attaquaient aux ambassades occidentales pour comprendre qu'ils doivent être peu familiers de l'Internet, seul et unique vecteur de ce fameux film que les télé-bignoles musulmanes n'ont évidemment pas donné. En fait PERSONNE, (ni les imams imprécateurs, ni les journalistes, ni les manifestants), ne l'a vu. Une chute superbe, hélas improbable, serait qu'il n'existât pas. Fontenelle, avec sa dent d'or, en ferait une cabriole dans sa tombe, en dépit de son grand âge!

Je vous livre donc quelques informations ou réflexions car je ne les ai guère entendues sur les principaux médias, sauf ceux que j'ai évoqués.

Premièrement ce fameux film dont je n'ai vu que quelques rares images tout à fait insignifiantes (il semble que la production elle-même soit du même niveau, même si elle peut chatouiller des Musulmans fanatiques qui, il faut bien le dire, sont extrêmement chatouilleux sur ce point, même s'ils ne sont guère quand il s'agit des autres religions) a passé sur U-Tube depuis le début du mois de juillet. Le temps de réaction du monde islamique musulman a donc été extrêmement long puisqu'il a fallu attendre plus de deux mois pour voir des Musulmans protester et réagir.

Deuxièmement. Une des explications de la lenteur de cette réaction est sans doute qu'on voulait attendre le 11 septembre qu'on célèbre, chaque année, par un certain nombre de manifestations visant à la libération d'un terroriste emprisonné aux Etats-Unis. J'ai peine à croire, bien entendu, que le choix de cette date procède du simple hasard.

Troisièmement. Vous avez pu voir comme moi que, dans les manifestations contre les ambassades occidentales, tout avait été préparé et organisé ; on on a pu y voir de nombreuses affiches, des panneaux et même des banderoles de protestation, ce qui prouve à l'évidence que tout cela était parfaitement prévu et planifié ; il n'est ni compliqué ni difficile de savoir par qui. Ces manifestations populaires ont donc été, en outre, orchestrées et conduites de façon tout à fait systématique et coordonnée, de l'Indonésie à la Tunisie.

Il est tout à fait évident, on l'a vu, que pas un seul des manifestants qu'on a pu rassembler en Libye ou au Soudan n'avait vu le film contre lequel ils protestaient ; ils ignoraient donc tout de ce qu'il pouvait contenir à l'exception de ce qu'avaient pu en dire, sur les radios et les télévisions des pays en cause, des journalistes qui eux-mêmes ne l'avaient pas davantage vu. Tout cela est donc une vaste blague, très organisée j'en conviens mais qui ne repose sur rien.

Un aspect de la question, bien plus important , qui est très peu traité et que j'ai découvert moi-même récemment est le lien étroit de cette affaire avec la politique américaine et l'élection présidentielle. On a entendu toutes sortes d'hypothèses (y compris la théorie d'un complot ourdi par les wahabistes eux-mêmes) mais il semble maintenant établi que l'origine de ce fameux film se trouve dans le lobby copte des États-Unis qui a des relations étroites avec le parti républicain. En Égypte même, ce sont, semble-t-il, les Coptes aussi qui ont joué le rôle majeur dans la révélation de cette affaire. On sait que la population copte ne jouit pas d'une excellente réputation en Égypte ; elle y est fort maltraitée et cela d'autant que cette population, d'ailleurs légitimement, revendique le pays contre la main mise des envahisseurs arabes. Si l'on ajoute que les Coptes sont chrétiens et élèvent des porcs, cela ne contribue pas évidemment à créer un climat de bonne amitié entre les populations.

Il est évident que, dans tout cela, s'entremêlent donc des arrière-plans politiques complexes et différents ; le jeu double et perfide des émirats avec l'occident car hélas ils ne se contentent pas d'acheter des joueurs de football ; les appétits politiques des intégristes musulmans qui rêvent toujours de la geste hilalienne et de conquêtes de pouvoir dont les printemps arabes et la naïveté occidentale ont souvent créé les conditions préalables (y compris dans des pays comme la Tunisie où l'on prétend le contraire) ; la politique américaine car les Républicains, éventuellement aidés dans cette affaire, dont ils ignorent tout, par le lobby copte, sont évidemment ravis de glisser ces peaux de bananes sous les pieds d'Obama dont ils redoutent une victoire que rend possible leur nullité même.

On comprend que, pour nos radios et télés bignoles, tout cela soit trop compliqué et, de ce fait même, bien moins intéressant que les nibards princiers exhibés dans le Luberon !

jeudi 13 septembre 2012

René Dosière à Matignon (2)


Je dois préciser ici, en commençant ce second épisode, que je ne savais en rédigeant la première partie que René Dosière allait être soudain placé sur la scène médiatique et, en particulier, qu'il allait apparaître, le soir même, dans le journal télévisé de France2. Je m'en réjouis, comme de l'opportunité tout à fait involontaire de ce post.

J'avais l'intention de le prolonger mon post par le présent second épisode car je trouve que René Dosière est l'un des rares hommes politiques qui contribuent à redorer le blason d'une classe politique qui en a singulièrement besoin. Elle est plus peuplée en effet de "politiciens" (je rappelle au passage qu'en français ce terme est péjoratif!) que de vrais "politiques" dont la première pour ne pas dire la seule préoccupation doit être le bien public.

J'ai lu, ce que je n'avais pas fait jusqu'alors, le blog de R. Dosière et j'en recommande vivement la lecture car on y trouve non seulement un exposé de quelques-unes de ses positions et le récit détaillé du retrait inopiné et honteux de l'investiture du PS lors des dernières législatives, mais aussi un état précis et complet de son patrimoine, ce que les politiciens ont souvent quelques difficultés à révéler, même si la loi les y oblige.

Les rémunérations sont toujours en France l'objet d'un secret qui confine au tabou, ce que ne connaissent pas d'autres peuples, les Américains en particulier (je vous épargnerai ici le numéro sur le protestantisme et l'argent).

Je me souviens, à ce propos, avoir entendu dans l'émission de RMC "les grandes gueules" M. Henri Guaino, conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, refuser de donner le montant de son salaire (il a réédité ce numéro dans une autre émission que j'ai vaguement entendue aussi). Je reconnais tout à fait à M. Guaino le droit de ne pas révéler son salaire dans une émission où il sait, en venant qu'on va le lui demander, mais je trouve absolument scandaleux que le chiffre de ce salaire ne sont pas connu de tous puisque ce conseiller fût-il spécial est payé par l'État et que par conséquent comme tout individu ainsi rémunéré, son salaire doit pouvoir être connu des citoyens qui, somme toute ,sont ceux qui le payent. J'ai appris, en lisant M. Dosière, que celui-ci, par des recoupements car l'information lui a été aussi refusée, estime que le salaire de M. Guaino était de 19 000 € par mois, ce qui est somme toute assez confortable pour tenir la plume présidentielle.

Mais revenons à R. Dosière dont le cas est bien plus intéressant.
En dehors des indications précieuses qu'il donne et qu'il n'y a pas lieu de reproduire ici puisque vous pourrez aisément les lire ailleurs, ce que je trouve tout à fait scandaleux et qui s'apparente à la précédente remarque sur le salaire du conseiller spécial du président, sont les difficultés qu'a eues R. Dosière, pourtant élu de la nation, à se procurer certains chiffres sur certaines dépenses de l'État qui, dans une démocratie normale, devraient être accessibles à tout citoyen.

Tout cela participe du fonctionnement de notre système où règne en fait une véritable omerta politico-administrative. Pire encore, on n'a même pas le courage d'assumer des décisions absurdes comme celle qui a été évoquée dans la même émission à la suite d'un exemple évoqué par R. Dosière.

On y a vu la présidente d'une intercommunalité méridionale qui ne compte pas moins de 42 vice-présidents (mais il y en a 48 à celle de Metz avec , comme partout, un vice-président à la "fourrière animale"!) , incapable citer le montant exact de l'indemnité mensuelle de ses 42 vice-présidents! Elle a bredouillé que ce doit être autour de 2000 € mensuels ; je vous laisse le soin de multiplier 42 par 2500 , le tout étant multiplié par 12 pour voir combien coûte une mesure si absurde (180.000 euros pour vous éviter le calcul, sans compter les frais de déplacement et les per diem) ; quand on s'emploie, nous dit-on, à réduire les dépenses publiques, on s'acharne, en tout, à dissimuler à la fois les structures inutiles et l'effet des coûts qu'elles entrainent.

Dans le même ordre d'idées, j'apprends qu'on envisage de supprimer 1500 ou 2000 postes par non-remplacement des départs en retraite à la Banque de France dont je ne savais même pas qu'elle existât encore après la disparition du franc (pourtant je passe souvent devant la somptueuse villa du Quartier Mazarin à Aix-en-Provence où doit loger un directeur qui ne doit pas être accablé par les tâches.

On devrait sans doute créer des camps de vacances pour fonctionnaires devenus oisifs ; les employés de la Banque de France, dont on ne sait guère à quoi ils s'occupent, y rejoindront les fonctionnaires du Trésor chargés naguère de la perception de la vignette qui a disparu (mais pas les 1500 employés qui en avaient la charge), des douaniers privés de la plupart des frontières (y compris avec la Suisse!) et les poinçonneurs du métro dont l'activité est révolue depuis longtemps encore (pour ces derniers on aura prévu, j'espère, un cimetière).