Il était une fois dans un petit village bordé d'aulnes, nommé initialement Aulnaie et qui se trouvait au pied de grands bois (d'où le nom que lui donnaient les gens du pays Aulnay-sous-Bois), sept policiers qui étaient placés sous l'autorité d'un grand chef qui résidait dans la capitale et qu'on appelait Brise-Neige suite à une grande victoire qu’il avait remportée sur les neiges.
A la différence d'un autre récit dont les héros étaient aussi au nombre de sept mais étaient des nains (alors que dans ce pays les policiers doivent avoir une taille minimale pour faire peur aux larrons) et portaiett tous des noms différents (Dormeur, Grincheux, Joyeux...), ces sept policiers portaient tous le même nom « Menteur ».
Debut septembre 2010, deux menteurs, qui se trouvaient chacun à la tête d'un véhicule de police, firent sottement entrer en collision leurs deux voitures. Ne voulant pas assumer leurs responsabilités dans cette affaire, pourtant bien mince quoique ridicule, ils imaginèrent alors de faire endosser la responsabilité de l’accident à quelqu'un qui n'avait rien à voir dans cette affaire. Pour fonder, étoffer et justifier cette accusation, ils inventèrent que l'innocent individu qu'ils entendaient accuser, leur avaient échappé et que c'est, au cours de la poursuite qui s’en était suivie, que les véhicules de police avaient été accidentés. Pour nourrir un peu le dossier ils ajoutèrent, comme un policier avait été blessé dans l'accident, que le coupable s'était, en outre, attaqué aux policiers qui étaient en train de tenter de l'arrêter.
L'affaire se passait début septembre et l’homme fut aussitôt mis en garde à vue devant des faits si solidement établis par les témoignages unanimes de ces sept témoins, tous assermentés en outre ! Toutefois nos sept menteurs n’ayant pas pris la peine de se mettre d'accord avec suffisamment de précision (ils pensaient jouer sur le velours), des contradictions apparurent peu à peu dans leurs témoignages, la gravité même des faits entraînant une enquête approfondie, ce qui confirme, une fois de plus , que comme disait ma bonne grand’mère « Il ne faut jamais mettre du sucre sur le miel ! ».
Il finit donc par être établi que ces accusations étaient mensongères et résultaient d'une mise en scène et de l'élaboration d'un très grave mensonge commun par nos sept menteurs. Devant le tribunal de Bobigny, ces agents furent donc condamnés, jeudi 9 décembre 2010, à des peines de prison ferme allant de six mois à un an.
Compte tenu des jugements émis dans pareilles affaires, on peut juger ces peines d’une rare sévérité, mais on doit prendre en compte, avant toute chose, un élément que je n’ai pas entendu signaler par nos média audiovisuels. L’innocente victime de cette cabale était, en effet, passible de la prison à perpétuité pour « tentative d'homicide sur fonctionnaires de police » !
Aussitôt le jugement prononcé, des centaines de policiers en uniforme, dans des dizaines de véhicules de police, ont convergé vers vers Bobigny, gyrophares allumés et toutes sirènes hurlantes. Une manifestation « spontanée » s'est organisée en ce lieu, animée par des fonctionnaires, portant très probablement en service, puisqu'ils disposaient de véhicules de police dont la destnation semble avoir été toute autre.
Le plus étonnant est que le préfet du 93 s’est déclaré « très étonné » de la rigueur de ces peines que le Brise-Neige parisien a estimé, quant à lui, « disproportionnées ». Ces messages des autorités furent aussitôt entendus et pris en compte en haut lieu puisque le parquet a sur le champ interjeté appel du jugement prononcé.
On pourrait penser que ces sanctions s'accompagnaient, automatiquement, de la radiation de la police pour les menteurs, étant donné l'extrême gravité des mensonges qui pouvaient leur être reprochés. Il semble, néanmoins, en l'état actuel des faits que seuls cinq d'entre eux soient menacés d'une telle exclusion, puisque c'est seulement pour ces cinq que le tribunal a prononcé une inscription de la peine au casier judiciaire qui entrainerait leur radiation de la police.
Je me garderai bien de commenter la décision du tribunal puisque que la loi française prescrit qu'il est strictement interdit de commenter une décision de justice, ce qui semble pourtant être ignoré tant de la préfecture du 93 que du ministère de l'intérieur.
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samedi 11 décembre 2010
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