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mercredi 22 septembre 2010

Islamophobie où mammophilie ?

Je lisais ce matin, d'un oeil distrait, quelques numéros de « Courrier international » que je n’avais pas eu le temps de lire les semaines précédentes quand le hasard m'a fait rapprocher deux textes au premier abord fort différents ; l'un portait sur l'Islam aux Etats-Unis, l'autre sur la vogue des narco-novellas. Il n’y pas, la crise aidant , de tringle à rideaux à gagner pour le plus perspicace de mes lecteurs (si j’en ai encore !) qui, avant les autres, trouvera ce qui rapproche ces deux sujets !

Naturellement, dans le premier texte, qui concernait essentiellement l'islam aux États-Unis, on avait un discours qui, globalement, apparaissait comme politiquement correct (le double saut périlleux arrière est l’une des spécialités reconnues du couple Adler-Kriegel, médaille d’or dans cette épreuve aux Jeux idéologiques de 1968) ; il signalait comme un événement significatif et majeur l'élection d'une jeune musulmane comme Miss USA 2010 (faut-il préciser qu’elle était blanche). Cet article était surtout illustré d'une photo où l'on assistait au couronnement de ladite Miss et dont la partie centrale était occupée par le décolleté généreux de l'heureuse gagnante, qui, comme on le dit dans nos campagnes, avait du monde, et du peu discret, au balcon.

Compte tenu du ton général de cet hebdomadaire qui n'a guère changé que tout récemment, et fort peu, uniquement dans sa typographie, on avait le discours mesuré visant à ménager la chèvre sans offenser le chou (je me garderai bien de préciser davantage ma pensée pour ce qui concerne la ventilation de ces éléments métaphoriques entre l'Islam et le reste du monde). Globalement, il apparaissait toutefois que beaucoup de gens aux USA étaient assez méchants avec les braves musulmans, surtout en prétendant limiter l'exercice de leur culte, du moins dans l'espace public (comme dit Jean-François Copé) et, en particulier, leur faire des misères quant à l'implantation d'un centre culturel et d'une mosquée à proximité de ce qui était naguère encore le World Trade Center et où ils ont pourtant contribué à faire place nette. On peut noter au passage que nul ne semble savoir exactement d'où viennent les 100 millions de dollars que devrait coûter cette petite opération culturo-immobilière.

Dans les relations entre les Etats, ( mais après tout il pourrait en être de même quand les religions sont, comme souvent, associées aux Etats via la charia ou, plus discrètement, via les billets puisque « In God we trust » nous disent les dollars), la pratique commune est celle de la réciprocité. Si l'État A oblige les ressortissants de l'Etat B à acheter un visa avant de les admettre sur son territoire, en général l'Etat B. adopte la même pratique vis-à-vis des citoyens de l'État A. Faut-il rappeler ici que, dans la plupart des Etats islamiques, on peut considérer comme généralement difficile de songer à implanter des lieux de culte d'une autre religion. On pourrait donc soutenir que , comme sur le plan diplomatique, la règle de la réciprocité jouant, elle pourrait conduire à ne pas favoriser voire à interdire les lieux de culte musulman.

Mais revenons aux formes avantageuses et largement exposées de Miss USA ; pour un esprit peu éclairé de mon acabit, il semble étrange effectivement que cette jeune Américaine musulmane s'exhibe et se fasse photographier dans ce simple appareil bien éloigné des burqa. Il est vrai toutefois que, dans bon nombre de pays musulmans, et je pense en particulier aux émirats et aux Etats du Golfe, les industries de commercialisation des matériels pornographiques et des boissons alcoolisées sont particulièrement florissantes, même si, en principe, on pourrait les imaginer proscrites. La clientèle se recrute naturellement dans les classes sociales les plus élevées et le menu fretin et plus encore la populace sont, fort heureusement écartés de ces secteurs culturels et commerciaux.

Mise USA est clairement caucasienne et d’origine libanaise ; ce point me rappelle que, lors d’un séjour à Beyrouth, j’avais appris, de la bouche de jeunes étudiantes de l’Université Saint Joseph, que leurs mini-jupes, qui me paraissaient un peu étonnantes dans ce genre d’établissement, étaient, de leur part, une forme de lutte vestimentaire, au demeurant fort réussie, contre la tyrannie islamique. Le décolletté de Miss USA ne viserait-il pas à saper secrètement, dans le pays, les fondements mêmes de l’intégrisme ?

On peut donc imaginer que le monde musulman ne sera pas à l'abri de la vogue des « narconovelas » qui étaient le sujet du second article que j’évoque ici. Ces feuilletons d’un genre nouveau, comme dans le passé, les « telenovelas », après avoir conquis les Américains vont sans doute se répandre dans le reste du monde. Je ne suis pas ennemi de cette vogue nouvelle qui nous débarrassera peut-être enfin de la répétition infinie des feuilletons policiers, du type « Experts » ou « NCIS », où règne désormais en maître et seigneur l’insipide « police scientifique ».

Dans cette perspective, je n'hésite pas à prévoir le plus grand succès au feuilleton emblématique du genre ; son titre est déjà tout un programme et, pour le coup, particulièrement adapté aux aires musulmanes : « Sin tetas, no hay paraiso » dont je reproduis ici fidèlement la traduction « Sans nichons, pas de paradis ». L’article est orné de la photo, non pas des soixante-dix vierges, mais de cinq jeunes beautés brunes aux formes très avantageuses. Je ne suis pas totalement sûr que ces dernières soient vierges, mais j’ai récemment appris que cette pub du paradis islamaique ne doit pas être prise dans un sens strictement gynécologique.

Il est en tout cas évident que les « gros bonnets » des cartels de la drogue, héros de ces nouvelles séries, apprécient les gros « bonnets » (D ou E) en matière de lingerie féminine. Succès assuré auprès des candidats au martyre !