Chacun sait, ou devrait savoir, que le mot « arabe », appliqué à la langue, peut désigner des réalités linguistiques très sensiblement différentes qu’on tend trop à confondre.
L'arabe dit « coranique » est celui dans lequel est rédigé le Coran, mais on le trouve mais aussi dans d'autres textes, préislamiques ou islamiques, qui ne sont pas religieux et qui rendent quelque peu ambiguë la formule « arabe coranique »; l'arabe « littéral », qu'on appelle parfois de façon quelque peu inexacte « littéraire » (impropriété soulignée par la précédente remarque sur des textes de l'époque coranique qui sont littéraires et non pas religieux) est l'arabe standard moderne dont usent les grands médias et l'enseignement général ; restent enfin les arabes dialectaux, qui sont les parlers vernaculaires des différentes régions où cette langue est en usage et qui souvent sont, entre eux, difficilement compréhensibles et même parfois non intercompréhensibles.
C'est ce qui explique que lorsque l'Algérie indépendante, censée être arabophone, a décidé de faire de l'arabe la langue de son école, en lieu et place du français, le nouvel État s'est trouvé devant un manque criant d'enseignants ; on a dû faire venir des maîtres étrangers (on cite toujours le cas de chauffeurs de taxis du Caire devenus instituteurs ) pour enseigner dans les écoles algériennes.
Anecdote personnelle vécue : me trouvant un jour à Beyrouth en compagnie de deux professeurs d'université algériens et, ayant commis, au service de la police des frontières, je ne sais quelle erreur, je me suis exposé à un discours véhément d'un policier libanais ; mes collègues algériens ont été incapables de me faire connaître la teneur exacte des reproches, faute de bien comprendre l'arabe du gabelou local. Je pourrais donner bien d'autres exemples du même genre, au Maroc par exemple où j'ai connu des situations un peu voisines, en compagnie d’amis tunisiens cette fois.
Il en est un peu de même pour l'islam lui-même, et je ne parle pas là de la différence toujours citée entre Sunnites et Chiites. Comme l'arabe du Liban n'est pas celui du Maroc, de même l’islam du soufisme n'est pas non plus, d’une certaine façon, celui du salafisme.
J'ai eu cent fois l'occasion, en particulier en Afrique (car je ne connais pas l’islam d'Asie ou d’Indonésie) de constater que l'islam africain était, jusqu'à une période récente, en tout cas, beaucoup plus tolérant et ouvert que l’islam du Golfe et des émirats que ses infinis moyens financiers ont érigé en référence.
Il en est de même, par exemple, pour l'archipel des Comores. Je devrais peut-être mettre tout cela au passé, car je ne suis pas retourné depuis vingt ans à Moroni. Là-bas, invité à dîner chez un ami comorien, au tout début des années 90, j'avais pu constater que les femmes étaient à table avec les hommes ; je savais que le plus haut responsable religieux de l'archipel avait résisté farouchement aux propositions des émirats, visant, en particulier à créer aux Comores une université islamique. Je ne sais pas ce qu'il en est actuellement, mais, comme, de façon étonnante, ce blog est parfois lu aux Comores, je serais heureux d'être informé sur l'évolution et sur l'état actuel de la situation.
Partout où existent des communautés musulmanes, il y a depuis 40 ans des offensives, puissantes, permanentes et efficaces, de l'intégrisme islamique en direction des pays du Sud, de l'océan Indien comme de l'Afrique subsaharienne.
L’un des promoteurs les plus actifs de cette offensive a été le colonel Kadhafi qui, a moment, avait, ainsi, entrepris de convertir l'île Maurice à l'islam et qui y donnait des primes pour susciter et récompenser les conversions à l’islam. Le gouvernement mauricien a fini par mettre un terme à cette tentative d’invasion religieuse de l’île, mais on sait que ce même colonel Kadhafi a aussi, un moment, lancé tout un programme de primes à la conversion à l'islam en direction des responsables politiques africains. Je crois me souvenir que, pour un chef d'État le tarif était d'un million de dollars ; c’est à ce prix qu'Albert Bongo est devenu El Hadj Omar Bongo ; pour les Premiers Ministres le tarif était de moitié et il diminuait encore, au fur et à mesure qu'on descendait dans la hiérarchie administrative et politique.
Il y a, quelques années, dans un certain nombre de pays du Sahel, (je pense en particulier ici au Burkina Faso), des femmes pouvaient s’assurer un revenu mensuel, modeste mais facile à acquérir, en portant le voile, ce qui, quinze ans auparavant, n’était guère dans les habitudes du pays.
J'entendais récemment à propos de l'Égypte que la stratégie des Frères musulmans, en direction des populations, consistait essentiellement dans de nombreuses aides sociales de toutes natures. Cela n'a rien de très original et le prosélytisme islamique politico-religieux emprunte, très souvent et un peu partout, ces mêmes voies. Je n'ai pas remarqué toutefois, à ce propos, que les journalistes qui rapportaient ces faits, se soient interrogés sur l'origine des immenses fonds ainsi utilisés par les Frères musulmans, comme ailleurs par le Hezbollah ou le Hamas. Vous me direz sans doute que leur origine est évidente, mais, comme souvent, ce qui va sans dire va encore mieux en le disant.
S'agissant de l'Afrique, j'ai souvent tenu à propos de l'enseignement des propos qui, en général, étaient ignorés ou mal compris. Je disais, en effet, que, du côté français, on aurait dû s'efforcer d'aider l'enseignement des « medersas » traditionnelles, où était diffusé l'islam africain traditionnel, dont je persiste à penser qu'il est ouvert et tolérant. Le problème, depuis quelques décennies, est que cet enseignement africain est concurrencé très fortement et même éclipsé, par un enseignement coranique intégriste importé qu’on a même essayé, au Tchad comme au Niger, avec le soutien massif de la Banque Islamique, d’intégrer à l’enseignement public. Naturellement, cela s’opère à coup de milliards car cette stratégie dispose, on le devine, de moyens de séduction considérables et, en tous cas, très supérieurs à celui des médersas traditionnnelles, tant sur le plan de l'accueil des enfants et de l'équipement que sur celui des bourses qui peuvent être attribuées dans la suite pour les universités du Golfe.
Puisque j'ai commencé avec une ou deux anecdotes, je conclurai également sur un souvenir. Dans le début des années 90, je me suis trouvé à Moroni invité à un repas organisé par le représentant local de l’Union européenne. Je me trouvais, par hasard, aux côtés d'un expatrié français du service culturel (attaché linguistique ou culturel) avec lequel, naturellement, j'ai fini par converser sur les problèmes de l'enseignement. Mon voisin n’était pas depuis très longtemps aux Comores (une dizaine de mois me semble-t-il). Il m’est apparu néanmoins très au fait des activités sociales locales, en particulier pour ce qui concernait le tennis et le bridge. En revanche, lorsque nous avons parlé des problèmes de l'enseignement et que je me suis préparé à lui servir mon couplet sur l'encouragement qu'on devrait donner aux medersas traditionnelles, j'ai constaté avec stupeur qu'il ignorait le sens de ce terme et qu’il ne savait même pas qu'existait, dans cet archipel, un enseignement coranique. Faut-il en dire plus ?
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mercredi 9 février 2011
mercredi 22 septembre 2010
Islamophobie où mammophilie ?
Je lisais ce matin, d'un oeil distrait, quelques numéros de « Courrier international » que je n’avais pas eu le temps de lire les semaines précédentes quand le hasard m'a fait rapprocher deux textes au premier abord fort différents ; l'un portait sur l'Islam aux Etats-Unis, l'autre sur la vogue des narco-novellas. Il n’y pas, la crise aidant , de tringle à rideaux à gagner pour le plus perspicace de mes lecteurs (si j’en ai encore !) qui, avant les autres, trouvera ce qui rapproche ces deux sujets !
Naturellement, dans le premier texte, qui concernait essentiellement l'islam aux États-Unis, on avait un discours qui, globalement, apparaissait comme politiquement correct (le double saut périlleux arrière est l’une des spécialités reconnues du couple Adler-Kriegel, médaille d’or dans cette épreuve aux Jeux idéologiques de 1968) ; il signalait comme un événement significatif et majeur l'élection d'une jeune musulmane comme Miss USA 2010 (faut-il préciser qu’elle était blanche). Cet article était surtout illustré d'une photo où l'on assistait au couronnement de ladite Miss et dont la partie centrale était occupée par le décolleté généreux de l'heureuse gagnante, qui, comme on le dit dans nos campagnes, avait du monde, et du peu discret, au balcon.
Compte tenu du ton général de cet hebdomadaire qui n'a guère changé que tout récemment, et fort peu, uniquement dans sa typographie, on avait le discours mesuré visant à ménager la chèvre sans offenser le chou (je me garderai bien de préciser davantage ma pensée pour ce qui concerne la ventilation de ces éléments métaphoriques entre l'Islam et le reste du monde). Globalement, il apparaissait toutefois que beaucoup de gens aux USA étaient assez méchants avec les braves musulmans, surtout en prétendant limiter l'exercice de leur culte, du moins dans l'espace public (comme dit Jean-François Copé) et, en particulier, leur faire des misères quant à l'implantation d'un centre culturel et d'une mosquée à proximité de ce qui était naguère encore le World Trade Center et où ils ont pourtant contribué à faire place nette. On peut noter au passage que nul ne semble savoir exactement d'où viennent les 100 millions de dollars que devrait coûter cette petite opération culturo-immobilière.
Dans les relations entre les Etats, ( mais après tout il pourrait en être de même quand les religions sont, comme souvent, associées aux Etats via la charia ou, plus discrètement, via les billets puisque « In God we trust » nous disent les dollars), la pratique commune est celle de la réciprocité. Si l'État A oblige les ressortissants de l'Etat B à acheter un visa avant de les admettre sur son territoire, en général l'Etat B. adopte la même pratique vis-à-vis des citoyens de l'État A. Faut-il rappeler ici que, dans la plupart des Etats islamiques, on peut considérer comme généralement difficile de songer à implanter des lieux de culte d'une autre religion. On pourrait donc soutenir que , comme sur le plan diplomatique, la règle de la réciprocité jouant, elle pourrait conduire à ne pas favoriser voire à interdire les lieux de culte musulman.
Mais revenons aux formes avantageuses et largement exposées de Miss USA ; pour un esprit peu éclairé de mon acabit, il semble étrange effectivement que cette jeune Américaine musulmane s'exhibe et se fasse photographier dans ce simple appareil bien éloigné des burqa. Il est vrai toutefois que, dans bon nombre de pays musulmans, et je pense en particulier aux émirats et aux Etats du Golfe, les industries de commercialisation des matériels pornographiques et des boissons alcoolisées sont particulièrement florissantes, même si, en principe, on pourrait les imaginer proscrites. La clientèle se recrute naturellement dans les classes sociales les plus élevées et le menu fretin et plus encore la populace sont, fort heureusement écartés de ces secteurs culturels et commerciaux.
Mise USA est clairement caucasienne et d’origine libanaise ; ce point me rappelle que, lors d’un séjour à Beyrouth, j’avais appris, de la bouche de jeunes étudiantes de l’Université Saint Joseph, que leurs mini-jupes, qui me paraissaient un peu étonnantes dans ce genre d’établissement, étaient, de leur part, une forme de lutte vestimentaire, au demeurant fort réussie, contre la tyrannie islamique. Le décolletté de Miss USA ne viserait-il pas à saper secrètement, dans le pays, les fondements mêmes de l’intégrisme ?
On peut donc imaginer que le monde musulman ne sera pas à l'abri de la vogue des « narconovelas » qui étaient le sujet du second article que j’évoque ici. Ces feuilletons d’un genre nouveau, comme dans le passé, les « telenovelas », après avoir conquis les Américains vont sans doute se répandre dans le reste du monde. Je ne suis pas ennemi de cette vogue nouvelle qui nous débarrassera peut-être enfin de la répétition infinie des feuilletons policiers, du type « Experts » ou « NCIS », où règne désormais en maître et seigneur l’insipide « police scientifique ».
Dans cette perspective, je n'hésite pas à prévoir le plus grand succès au feuilleton emblématique du genre ; son titre est déjà tout un programme et, pour le coup, particulièrement adapté aux aires musulmanes : « Sin tetas, no hay paraiso » dont je reproduis ici fidèlement la traduction « Sans nichons, pas de paradis ». L’article est orné de la photo, non pas des soixante-dix vierges, mais de cinq jeunes beautés brunes aux formes très avantageuses. Je ne suis pas totalement sûr que ces dernières soient vierges, mais j’ai récemment appris que cette pub du paradis islamaique ne doit pas être prise dans un sens strictement gynécologique.
Il est en tout cas évident que les « gros bonnets » des cartels de la drogue, héros de ces nouvelles séries, apprécient les gros « bonnets » (D ou E) en matière de lingerie féminine. Succès assuré auprès des candidats au martyre !
Naturellement, dans le premier texte, qui concernait essentiellement l'islam aux États-Unis, on avait un discours qui, globalement, apparaissait comme politiquement correct (le double saut périlleux arrière est l’une des spécialités reconnues du couple Adler-Kriegel, médaille d’or dans cette épreuve aux Jeux idéologiques de 1968) ; il signalait comme un événement significatif et majeur l'élection d'une jeune musulmane comme Miss USA 2010 (faut-il préciser qu’elle était blanche). Cet article était surtout illustré d'une photo où l'on assistait au couronnement de ladite Miss et dont la partie centrale était occupée par le décolleté généreux de l'heureuse gagnante, qui, comme on le dit dans nos campagnes, avait du monde, et du peu discret, au balcon.
Compte tenu du ton général de cet hebdomadaire qui n'a guère changé que tout récemment, et fort peu, uniquement dans sa typographie, on avait le discours mesuré visant à ménager la chèvre sans offenser le chou (je me garderai bien de préciser davantage ma pensée pour ce qui concerne la ventilation de ces éléments métaphoriques entre l'Islam et le reste du monde). Globalement, il apparaissait toutefois que beaucoup de gens aux USA étaient assez méchants avec les braves musulmans, surtout en prétendant limiter l'exercice de leur culte, du moins dans l'espace public (comme dit Jean-François Copé) et, en particulier, leur faire des misères quant à l'implantation d'un centre culturel et d'une mosquée à proximité de ce qui était naguère encore le World Trade Center et où ils ont pourtant contribué à faire place nette. On peut noter au passage que nul ne semble savoir exactement d'où viennent les 100 millions de dollars que devrait coûter cette petite opération culturo-immobilière.
Dans les relations entre les Etats, ( mais après tout il pourrait en être de même quand les religions sont, comme souvent, associées aux Etats via la charia ou, plus discrètement, via les billets puisque « In God we trust » nous disent les dollars), la pratique commune est celle de la réciprocité. Si l'État A oblige les ressortissants de l'Etat B à acheter un visa avant de les admettre sur son territoire, en général l'Etat B. adopte la même pratique vis-à-vis des citoyens de l'État A. Faut-il rappeler ici que, dans la plupart des Etats islamiques, on peut considérer comme généralement difficile de songer à implanter des lieux de culte d'une autre religion. On pourrait donc soutenir que , comme sur le plan diplomatique, la règle de la réciprocité jouant, elle pourrait conduire à ne pas favoriser voire à interdire les lieux de culte musulman.
Mais revenons aux formes avantageuses et largement exposées de Miss USA ; pour un esprit peu éclairé de mon acabit, il semble étrange effectivement que cette jeune Américaine musulmane s'exhibe et se fasse photographier dans ce simple appareil bien éloigné des burqa. Il est vrai toutefois que, dans bon nombre de pays musulmans, et je pense en particulier aux émirats et aux Etats du Golfe, les industries de commercialisation des matériels pornographiques et des boissons alcoolisées sont particulièrement florissantes, même si, en principe, on pourrait les imaginer proscrites. La clientèle se recrute naturellement dans les classes sociales les plus élevées et le menu fretin et plus encore la populace sont, fort heureusement écartés de ces secteurs culturels et commerciaux.
Mise USA est clairement caucasienne et d’origine libanaise ; ce point me rappelle que, lors d’un séjour à Beyrouth, j’avais appris, de la bouche de jeunes étudiantes de l’Université Saint Joseph, que leurs mini-jupes, qui me paraissaient un peu étonnantes dans ce genre d’établissement, étaient, de leur part, une forme de lutte vestimentaire, au demeurant fort réussie, contre la tyrannie islamique. Le décolletté de Miss USA ne viserait-il pas à saper secrètement, dans le pays, les fondements mêmes de l’intégrisme ?
On peut donc imaginer que le monde musulman ne sera pas à l'abri de la vogue des « narconovelas » qui étaient le sujet du second article que j’évoque ici. Ces feuilletons d’un genre nouveau, comme dans le passé, les « telenovelas », après avoir conquis les Américains vont sans doute se répandre dans le reste du monde. Je ne suis pas ennemi de cette vogue nouvelle qui nous débarrassera peut-être enfin de la répétition infinie des feuilletons policiers, du type « Experts » ou « NCIS », où règne désormais en maître et seigneur l’insipide « police scientifique ».
Dans cette perspective, je n'hésite pas à prévoir le plus grand succès au feuilleton emblématique du genre ; son titre est déjà tout un programme et, pour le coup, particulièrement adapté aux aires musulmanes : « Sin tetas, no hay paraiso » dont je reproduis ici fidèlement la traduction « Sans nichons, pas de paradis ». L’article est orné de la photo, non pas des soixante-dix vierges, mais de cinq jeunes beautés brunes aux formes très avantageuses. Je ne suis pas totalement sûr que ces dernières soient vierges, mais j’ai récemment appris que cette pub du paradis islamaique ne doit pas être prise dans un sens strictement gynécologique.
Il est en tout cas évident que les « gros bonnets » des cartels de la drogue, héros de ces nouvelles séries, apprécient les gros « bonnets » (D ou E) en matière de lingerie féminine. Succès assuré auprès des candidats au martyre !
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