A l'occasion du
dernier rapport sur l'euthanasie, en date d'aujourd'hui même, et qui; heureux
hasard, a été confié à un médecin ("Vous êtes orfèvre Monsieur
Josse") et qui me paraît un leurre politico-médiatique de plus, on nous
ressort les argumentaires éculés qu'on entend depuis des années.
Ils ont deux sources
majeures.
Soit une
médecine, à la fois conservatrice, hypocrite mais surtout mercantile ; elle est
en fait plus désireuse de prolonger, aussi longtemps que possible, la vie de
patients qui constituent, il faut bien le dire une rente sûre et commode, que
d'éviter les risques qui pourraient être liés à des utilisations, plus ou moins
perverses, de l'euthanasie.
Soit l'église,
même si elle-même me paraît avoir mis pas mal d'eau dans son vin de messe, plus
que ses sectateurs les plus rétrogrades en tout cas. J'ai assisté récemment à un
office religieux, lors des obsèques religieuses d'un de mes amis lors qui
s'était pourtant suicidé ; outre le fait que la célébration était manifestement
religieuse, les propos qui y ont été tenus par l'officiant étaient fort loin de
condamner la voie que le défunt avait choisie pour quitter cette vallée de
larmes.
L'argumentaire,
le plus commun et le plus faible à mes yeux, est évidemment celui de l'utilisation
perverse qui pourrait être fait de la mise à disposition du public de moyens
commodes, efficaces et indolores de quitter cette existence, ce qui ne concerne
pas que des vieillards malades et ou gagas. "Eu - Thanasie" vient du
grec "eu" (en gros "bien") et "thanatos" ( =
mort"), c'est donc le "bien mourir" et il n'y a là nulle
référence à la maladie ni à la souffrance!
En vertu de ce
même principe de l'éventualité d'une utilisation détournée voire perverse, on
devrait absolument et en priorité, interdire la construction des immeubles de
plus d'un étage, la fabrication des automobiles et des trains, sans parler des
ponts et de l'indispensable comblement des abîmes de toute nature qui peuvent
permettre de s'y précipiter.
Tout cela est
évidemment idiot et ne masque, assez maladroitement d'ailleurs, que le jeu, de
plus en plus incertain d'une église en perte de vitesse et un mercantilisme
médical auquel les agonies prolongées permettent de remplir ses hôpitaux et ses
hospices de vieillard. Il suffit d'ailleurs de voir que, dans l'histoire
économique récente, l'investissement majeur est devenu, après les laveries
automatiques d'autrefois et les plus récents containers, les maisons de
retraite, puisque bientôt, on imposera, la main sur le coeur et la voix
chevrotante d'émotion, aux petits-enfants qui survivent à peine , l'entretien
coûteux de leur grands-parents égrotants et gagas.
Je ne vois pas
de quel droit une minorité, avec des argumentaires aussi fallacieux que stupides,
peut continuer à refuser à quiconque le droit de quitter ce monde sans imposer
à ses proches des modalités de suicide compliquées, difficiles, douloureuses pour
les intéressé(e)s et traumatisantes pour les autres.
Pourquoi ne pas
permettre enfin à celles et ceux qui le désirent, en bonne santé ou malades, de
quitter la vie, après avoir organisé, avec leurs amis, leurs proches et leurs
familles, une fête du style de celle que permettent des associations comme "Exit"
qui, en Suisse, assurent, si on le choisit, une fin de vie simple, efficace voire
festive !
N'est-ce pas là
l'exercice suprême et ultime d'une liberté et d'un libre arbitre qu'on prétend nous
reconnaître sur nombre d'autres plans dont on ne soucie guère, où ils ne nous
apportent que fort peu et dont, en réalité, on nous prive, la plupart du temps,
par diverses ruses politiques et/ou moralisantes?