Je n'avais nullement l'intention de revenir sur la question des Roms, même si elle continue à occuper tout nos médias et le débat public en permettant, une fois de plus, aux belles âmes de notre beau pays d'exposer leur point de vue et surtout de prendre des poses avantageuses en mettant, comme disait l'autre,
« leur coeur en écharpe ».
Comme je n'appartiens pas, vous l'aurez déjà constaté, à cette catégorie supérieure, je souhaitais cesser de m’exprimer sur cette question, d'autant plus que j'ai été fort occupé, ces dernières semaines, par un projet éditorial dont je parlerai plus en détail, directement et à titre personnel, à mes rares, mais fidèles lecteurs qu’il concerne un peu.
Le malheur a voulu que ce matin du 27 août 2010, j'écoute, d'abord d'une oreille un peu distraite puis plus attentive, sur RMC, la conversation entre Bourdin et Besson.
Le premier, qui était autrefois un journaliste convenable (mais sans plus), dans le style radiophonique du matin où la finalité, unique et commune à toutes les radios, est de passer des publicités entre les élucubrations des auditeurs qui téléphonent, tourne de plus en plus à la belle âme. Il se pose désormais à la fois en champion de la vérité radiodiffusée et en défenseur des pauvres et des opprimés, catégorie dans laquelle ses fonctions et son mode de vie ne me paraissent pourtant pas le ranger.
Besson, lui, est évidemment en première ligne en ce moment mais, globalement, ne s'en sort pas mal, car le bougre a été rompu aux exercices polémiques par son long séjour au sein du parti socialiste où la sodomisation des diptères (comme disait le regretté Gastounet) ert l’art de parler pour ne rien dire sont deux des spécialités de cette force politique majeure.
Je vous épargne donc le détail de cet entretien marécageux où il ne s’est rien dit de nouveau, Besson se bornant à répéter, ce qui est l'évidence, que les expulsions de Roms, mis à part la brutalité de la destruction de certains de leurs camps illégaux qu’il s’est abstenu d’évoquer, se font dans le respect de la législation française comme des règlements européens, puisque ces populations enfreignent la loi française, ne serait-ce (et c’est le moindre de leurs délits) qu’en enchaînant les visas de séjour de trois mois, à la queue leu leu. Ce fait pose tout de même le problème des modalités de délivrance de tels visas, qui sont nécessairement établis par une autorité française. Il est probable, et je reviendrai sur ce point, que les belles âmes qui suscitent et animent les associations de défense de ces populations sont complices de ces entreprises, comme l'étaient parfois les gens qui vendaient des certificats d'hébergement à des étrangers qui en avaient besoin. Dans une petite commune de Haute Savoie, un mien cousin, conseiller municipal PS, qui s’occupait de ces questions, avait ainsi compté qu’une belle âme de la commune avait établi, en une seule année, 54 certificats d’hébergement !
Besson est resté discret (et Bourdin, pas fou, n'a pas insisté) sur la question du coût total et réel de ces expulsions (3000 € par personne dit-on), prétendant même, et ce fut sa seule faute, ne pas savoir le coût d’un charter pour la Roumanie (ce qui est hautement invraisemblable) et même ignorer l'existence de ces contrats prétendument de « réinsertion sur place » (3500 € par contrat dit-on).
Tout cela ne sert évidemment rien et les expulsés reviennent quelques semaines voire quelques jours plus tard, comme le disent d'ailleurs ouvertement dans les médias les belles âmes qui animent leurs associations. Ils ont désormais en effet trouvé cet argument économique pour essayer de contrer la politique d’expulsion, ce qui n'est pas faux, en affirmant que ces expulsions ne servent à rien. ces belles âmes pourraient même ajouter qu'elles risquent, vu les conditions dans lesquelles elles s'opèrent, de susciter de nouvelles vocations dans la communauté des Roms de Roumanie. Faut-il prendre au sérieux ceux qui prétendent que Herr Ratzinger a suggéré, pour éviter les retours des expulsés, de leur faire un tatouage d’identification sur le bras ?
Naturellement ni Besson ni Bourdin n'ont à aucun moment évoqué la politique officielle roumaine qui, dans les faits, suscite au moins, à défaut de l'organiser, la migration des Roms vers l'Europe de l'Ouest, en dépit des milliards d'euros que verse, en toute innocence, la Communauté européenne pour favoriser l'intégration de ces Roms en Roumanie. L'UE qui nous donne des leçons sur ce terrain serait bien inspirée de balayer devant sa porte et de s'enquérir de ce que deviennent, réellement, les milliards qu'elle verse à la Roumanie pour intégrer les roms. Sans doute servent-ils au moins à payer le salaire et les voyages du Secrétaire d'État roumain à l'intégration des Roms qui vient de nous faire l’honneur d'une visite à Paris et qui, à en croire Besson, n'a pas le moindre sujet de différend avec la France. Nous en voilà très satisfaits mais cela paraît, en la circonstance, le minimum.
Pour en revenir à nos belles âmes, du moins à celles qui apparaissent de plus en plus régulièrement sur les écrans de télévision, on pourrait aisément en esquisser une typologie sommaire. En gros, cela va du pédago en retraite (cheveux et barbe blanches, lunettes et looks post soixante-huitard) a la chaisière (vieille fille quelque peu racornie, le cheveu long et sale, lunettes en bataille). Je serais assez d'avis de mettre en oeuvre pour ces belles âmes une mesure très simple et qui permettrait rapidement, dans ce domaine, de trier le bon grain de l'ivraie.
Il suffirait de créer une nouvelle décoration (on sait que les Français en sont friands). On pourrait la nommer « le mérite manouche » ou « la légion d'honneur tsigane» et elle serait accordée à tout défenseur des Roms qui prendrait en charge (logement, nourriture, etc.) un Rom ou éventuellement une famille rom. Le nombre de personnes prises en charge de cette façon déterminerait l'accès à des grades de plus en plus élevés dans l'ordre ainsi créé (chevalier, officier, grand officier, grand croix, etc.). Pour les belles âmes qui, pour des raisons diverses et personnelles, ne pourraient loger un Rom ou une famille rom, on établirait, par équivalence, une contribution fiscale volontaire (de 5000 à 20000 €) qui permettrait, dans les mêmes conditions d'accès aux divers grades de ces ordres de s’y voir intégrer. Naturellement, l'attribution de telles décorations, s’assortirait du droit de porter l’insigne de l’ordre, soit à la boutonnière (en liséré ou en rosette selon les cas), soit en décoration pendante pour ceux et celles qui souhaitent manifester de façon plus claire et plus visible leur soutien aux Roms)
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Restent à fixer le nom de l'ordre, la couleur du ruban et le dessin de la médaille mais je pense qu'il ne manquera pas de suggestions à la solution de ces questions, de toute évidence mineures, une fois que le principe de ma proposition aura été accepté.
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vendredi 27 août 2010
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