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samedi 4 mai 2013

Du sport à la télé


C'est aujourd'hui samedi et je renoncerai donc à quelques sujets sérieux que je méditais d'aborder ici pour parler de sport, surtout dans les médias, quitte à décevoir quelques-uns de mes lecteurs et surtout, sans doute, hélas, de mes lectrices.

Parmi les rares confidences personnelles que je me permets ici, j'avoue que, durant ma vie, j'ai beaucoup aimé les sports et que j'en ai aussi fait beaucoup. Je n'en fais plus guère, mais, en revanche, je m'intéresse volontiers, quand cela en vaut la peine, au spectacle sportif, surtout dans les sports que j'ai pratiqués et ils sont assez nombreux.

Mercredi 1er mai 2013 au soir, j'étais donc devant mon téléviseur, non sans une certaine gourmandise, pour voir comment Barcelone aurait digéré le 4-0 encaissé à Munich la semaine précédente. Je n'avais pas beaucoup d'espoir, à vrai dire, surtout quand, en début de match, on a pu voir Messi, sur la touche, enfoncé dans sa doudoune, dans son fauteuil et dans sa morosité, ce qui annonçait clairement qu'il ne jouerait pas.

Je n'ai pas une grande estime pour le nouveau coach du Barça; Tito Vilanova, qui me paraît un homme qui ne comprend rien à rien. Quoique issu du Barça, il n'y tint jamais le moindre rôle et fit en Espagne une carrière de joueur médiocre. Même s'il n'est pas responsable de la façon dont joue le Barça, équipe qui a trouvé son inspiration dans les tactiques de Guardiola (qui est aujourd'hui au Bayern et qui me semble avoir déjà donné, contre ses anciens joueurs, des conseils fort judicieux à sa nouvelle équipe), comment, dès le match aller, en étant mené 2; puis 3 à 0, avant de l'être par 4 à 0, a-t-il pu continuer à faire jouer son équipe exactement de la même façon que si elle menait elle-même par de tels scores? Comment persister à laisser le Barça jouer à "la passe à dix" dans le rond central, au lieu de faire entrer des attaquants et de les lancer à l'assaut de la surface de réparation adverse? Compte tenu de la différence de gabarit entre les joueurs catalans et allemands, il est clair que la seule chance des visiteurs était de faire attaquer en dribbles le but allemand par Villa, Pedro et Messi et de chercher ainsi le penalty qui était la façon la plus simple de parvenir à marquer au moins un but précieux sur le terrain adverse.

Il n'en a évidemment rien été et les absurdes rodomontades de Vilanova, avant le match retour, l'ont apparemment détourné de choisir immédiatement la technique de l'attaque à outrance ; non seulement il a laissé Messi sur la touche, après avoir dit qu'il était en mesure de jouer, mais il a réservé ses attaquants au départ au lieu de leur imposer la seule stratégie possible, c'est-à-dire l'attaque à outrance par des percussions individuelles dans la surface de réparation.

On n'a rien entendu de tel dans les commentaires sur Canal Plus, dont les "experts", comme toujours, pour retenir les clients proclament sublimes les pires spectacles. J'ai d'ailleurs éteint la télé avant même le milieu de la seconde mi-temps ! Il faut savoir que les vedettes de "l'animation" à la télévision comme Denisot, Drucker et Bourdin sont anciens reporters sportifs ; ils ont évidemment réussi; dans lcs genres télévisuels populaires; par leur science, innée, immédiate et spontanée, de la sottise et de l'aveuglement de leur public !

Au passage et hors sujet, une bien bonne de l'inénarrable Bourdin sur RMC ce vendredi 3 mai 2013, à 8 heures 20, à propos des fameux tableaux de Guéant. Interviewé par Bourdin, un spécialiste de la peinture corrige Bourdin, qui lui parle de "peintre hollandais", en précisant "Non! Flamands". Bourdin, pour se rattraper aux branches, corrige, à son tour, sans comprendre, en disant "Oui, Belges Flamands", montrant par là que ses ignorances en matière d'histoire valent celles qu'il a pour la peinture (la Belgique n'est créée qu'en 1830 et il est question là d'un peintre du XVIIè siècle) ! Bof...!

Il faut savoir que, en particulier dans les médias du style de RMC-BFMTV, les journalistes sportifs, comme les autres, sont d'un niveau que je n'ose pas qualifier de lamentable. RMC, dans sa permanente autopromotion, se flatte de posséder, en matière sportive, une "Dream Team" ; ces gens-là ne sont pas meilleurs en français qu'en anglais, car ce n'est pas une équipe de rêve mais plutôt de cauchemar, quand on voit comment elle est composée.

La vedette, pour ce qui concerne le football, est un ancien tâcheron ibérique de l'équipe de France que vous reconnaîtrez assurément par son accent faubourien lyonnais qui lui fait parler des "jouOR" (pour "joueurs") et des foutbalOR, trait phonétique tout à fait caractéristique du parler des Minguettes d'où il est lui issu ; une autre caractéristique linguistique de ses propos est un goût irrépressible pour les formulations lexicales ternaires, car on a dû lui expliquer que c'était là une des élégances majeures du style français ( genre : "C'est beau, c'est grand, c'est généreux, la France"). Toutefois; manquant de vocabulaire, ill éprouve toujours quelques difficultés avec cet usage rhétorique ; s'il parvient assez facilement à trouver deux synonymes, il ne réussit jamais à trouver le troisième, ce qui entraîne des pataquès fâcheux dans tous ses propos.

Le deuxième élément de cette prétendue "Dream Team" est un ancien des Baumettes, désormais plus familier des tripots que des stades qui, comme le précédent, cherche désespérément à trouver une place d'entraîneur quelque part, sans jamais y parvenir. Il devrait plutôt essayer de se placer dans les casinos.

Le troisième élément de cette "Dream Team" de has been (payés à prix d'or Dieu seul sait pourquoi), est un ancien pilier de rugby qui, comme tous ceux qui ont occupé ce poste, a reçu trop de coups sur la tête, ce qui l'a complètement privé de jugement. Il en arrive même désormais à croire qu'il est drôle et cherche à devenir humoriste professionnel ; il se livrerait, dit-on, à des one-man-shows qui ne doivent pas être tristes, mais, après tout, Arthur et Courbet le font bien ! "A la télé un jour, à la télé toujours!" comme on dit là-bas.

Le quatrième est un boxeur ce qui nous ramène au cas précédent, à l'ambition théâtrale près.

Comme je ne suis pas un esprit chagrin (vous l'aurez remarqué), je finirai sur une note plus optimiste, en soulignant une image fugace que j'ai beaucoup appréciée mais que personne n'a évoquée ni reproduite. Il s'agit de Johnny Wilkinson, du RC Toulon, qui, à la dernière seconde de la demi-finale de Coupe d'Europe à XV a assuré par un drop la victoire sur les Saracens. Owen Farrell, le jeune demi d'ouverture adverse, qui connaît bien Wilkinson qui l'a précédé à ce poste dans le XV d'Angleterre, avait bien sûr prévu le coup ; il s'est donc précipité sur Jonny qui était en train d'ajuster son drop. Il a réussi à le mettre à terre mais sans parvenir à empêcher Wilkinson de passer son coup de pied ; ils se sont donc retrouvés à terre à suivre des yeux le ballon qui passait entre les poteaux. Farell était manifestement désespéré ; Jonny Wilkinson eut alors un geste sportif sublime, et pour consoler son adversaire, lui a posé la main sur l'épaule avec tant de cordialité et d'amitié que ce fut, là, sans doute, le plus beau ce geste sportif de l'année.

 

jeudi 25 avril 2013

Le mur des cons au Syndicat de la magistrature.


L'affaire du mariage gay étant fort heureuserment enfin terminée, pour le moment du moins, voilà que celle du "mur des cons" dont la présence a été révélée au siège du Syndicat de la magistrature la remplace. Atlantico, magazine d'information numérique de droite, a en effet publié une petite video ("volée", semble-t-il, à l'aide d'un téléphone" au syndicat de la magistrature, lui-même logé au ministère de la justice). On y voit un mur tapissé de photos que les habitués du lieu appellent, nous dit-on, le "mur des cons" et que chacun est invité à enrichir à sa guise, en évitant toutefois les doublons.

Compte tenu de l'orientation globale des membres de ce Syndicat (plutôt à gauche) et de l'attitude générale de notre président Sarkozy à l'égard de la magistrature, il n'est pas étonnant que la plupart de ceux qui figurent sur ce "mur des cons" soient réputés être de droite, même si l'on n'y trouve aussi, semble-t-il, Michel Charasse et Jack Lang ; les images étant d'assez mauvaise qualité, je n'ai pas pu vérifier ce dernier point que j'ai toutefois entendu évoquer. On a parlé ici ou là de cette affaire et elle a fourni son sujet du jour à Monsieur Brunet, pour son émission « Carrément Brunet », sur RMC, la radio des bignoles. Un peu à court d'idées en ce moment, il a choisi cette affaire comme thème de son débat quotidien et lui même étant proche d'Atlantico, il y avait invité le directeur comme intervenant liminaire et majeur,

Que faut-il en penser? Il y a là, aux yeux de Brunet, une horrible menace sur le fonctionnement et l'objectivité de la magistrature qui révèle, par là, qu'elle est majoritairement et même scandaleusement de gauche. Je n'ai évidemment pas eu le courage d'écouter toute cette émission, mais j'en ai entendu suffisamment pour y relever quelques étrangetés et de sensibles sottises et erreurs.

La première chose qui m'a étonné est que Monsieur Brunet, qui se présente comme "polémiste" voire comme "écrivain" (auteur Albin Michel !) n'a de la langue française qu'une connaissance très approximative ; c'est ainsi qu'il pense que sont de gauche les magistrats qui, selon ses propres termes (si je puis dire !), "émargent au syndicat de la magistrature" (je pense que, faute de connaître le sens du verbe "émarger", il a voulu dire "sont membres du syndicat de la magistrature", sans sous-entendre, perfidement, qu'ils sont les stipendiés de quelque puissance étrangère) ; de la même façon, il ignore la signification du mot "pré-requis" auquel il attribue, bien à tort, le sens de "préjugé". Passons sur ces points de détail, car, comme je ne lis pas les livres de Monsieur Éric Brunet, ces erreurs ne me gênent guère.

Le problème est qu'il n'est guère plus fort en arithmétique qu'en français! Il n'a cessé de répéter, dans les quelques minutes de son émission que j'ai suivies, que le Syndicat de la magistrature, qui regrouperait les magistrats de gauche, est majoritaire dans cette corporation. Pour connaître un peu ce milieu, j'en serais fort étonné, car j'ai plutôt le sentiment que la plupart des magistrats que j'ai connus se situaient bien plutôt à droite. Peu importe d'ailleurs puisque Éric Brunet, sans se rendre compte des sottises qu'il avance, a indiqué que ce Syndicat était le deuxième syndicat de magistrats de France, ce qui est exact puisque le plus nombreux est l'Union Syndicale des magistrats. Comment le deuxième syndicat peut-il compter plus de membres que le premier et donc  comment peut-il y avoir plus de magistrats de gauche que de droite ? Si Monsieur Brunet ne parvient pas à comprendre cela et que vous le connaissiez, soyez assez gentils pour lui expliquer.

Je ne trouve pas personnellement géniale cette idée de mur des cons, mais je la comprends tout à fait dans un contexte collectif un peu "potache" ; je pense que les magistrats ont trouvé là un moyen, amusant et "défoulant" à leurs yeux, de se venger des avanies que leur a infligées les précédents président et gouvernement et donc, en grois, la droite. Ce lieu n'étant pas ouvert au public (local syndical), cette plaisanterie pouvait, sans risque, avoir un caractère un peu corporatiste, comme on en trouve d'autres exemples dans d'autres professions. Par ailleurs, j'ajouterais, et ce point pourrait contribuer à améliorer la connaissance que Monsieur Brunel a de la langue française, que l'usage actuel du mot "con" se fait souvent dans un contexte d'irritation, voire de colère, et qu'il n'implique pas véritablement toujours un jugement réfléchi sur la "connerie" de celui à l'égard duquel on le profère. L'automobiliste qui traite de "con" un autre automobiliste qui lui a refusé la priorité, n'a pas fait subir à l'insulté un test d'intelligence avant de proférer cette injure. Cette émission ne témoigne donc que de l'incapacité d'Éric Bruner de trouver un autre sujet propre à lui permettre d'exprimer sa haine de la gauche..

Il faut bien dire que Monsieur Brunet, avec la disparition du Président Sarkozy ( il avait écrit un livre pour annoncer sa victoire Pourquoi Sarko va gagner, Albin Michel, 2012) a perdu en mai 2012 l'essentiel de son activité qui consistait à cirer les pompes présidentielles. Il faut dire qu'il en avait été récompensé puisque, le 1er janvier 2012 (juste à temps !), il avait reçu la Légion d'honneur au titre de la "culture", ce qui me paraît pittoresque ou ironique à votre choix.

Les fragments d'émission que j'ai entendus m'ont conduit à regarder un peu la biographie et les états de service d'Éric Brunet qui sont en effet parfaitement conformes formes à l'image que je m'en faisais.

L'homme avère extrêmement satisfait de son physique, ce qui explique que, dans son émission, il prenne le plus grand soin, toutes les fois qu'il est question de public féminin, de distribuer des baisers qu'il juge sans doute attendus et propres à séduire toute sa clientèle féminine. Au plan professionnel, comme on pouvait s'y attendre, après de vagues études de journalisme à Tours, il a assidûment fréquenté Paris2-Assas, temple de la droite estudiantine et universitaire et il y a décroché un mastère et un DEA, pour lesquels la connaissance précise de la langue française n'est sans doute pas un élément déterminant, pas plus que les règles élémentaires de l'arithmétique). Quant à son premier livre, paru en 1996, déjà chez Albin Michel, il a pour titre et c'est tout un programme Enquête chez les S.M. : Six mois chez les sadomasos !

Ce qui est le plus amusant est la condition de journaliste qu'il a longtemps revendiquée et qu'il aurait, à l'en croire abandonnée de son plein gré, en 2003, en ne reprenant pas sa carte de presse. Toutefois, selon l'enquête qu'a menée Rue89 à ce sujet en 2012, cette carte "n’aurait pas été renouvelée depuis 2001" et "en fait, Eric Brunet n’aurait probablement pas pu garder sa carte très longtemps. Pour en bénéficier, il n’est pas nécessaire d’être journaliste à plein temps, mais il faut en tirer plus de 50 % de ses revenus". Il est en outre précisé, selon la même source, qu'on ne doit pas exercer comme second métier celui d’attaché de presse ou de responsable des relations publiques.

Or, comme ce n'est assurément pas la préparation de ses émissions qui doit l'occuper beaucoup, Eric Brunet semble pouvoir se consacrer à des activités rédactionnelles de cette dernière nature ; il est directeur de publication du "magazine" des cliniques Vitalia, et a été, jusqu'en 2009, directeur de la communication de « Vitalia, deuxième groupe d’hospitalisation privée en France".

Grand bien lui fasse, mais qu'il ne compte pas sur moi pour le traiter de con et moins encore pour afficher sa photo dans ma salle de bains!

jeudi 11 avril 2013

PAF dans le pif ou pif dans le PAF (2)


Plus clairement : Du journalisme et des journalistes dans le "paysage audiovisuel français" (le PAF pour les nobles étrangers qui me lisent).

J'ai déjà dit suffisamment de mal du journalisme audiovisuel français pour ne pas y revenir trop longuement. J'ai, depuis longtemps, renoncé à établir un catalogue, fût-il très lacunaire, des fautes de français permanentes de bon nombre de nos journalistes ; cet aspect, qui ne gêne sans doute que moi-même ou presque, est tout de même infiniment moindre que le contenu lamentable de nos journaux télévisés, devenus de simples catalogues de faits divers, sans parler des radios bignoles du matin (Europe, RMC, RTL) qui, en revanche, ont l'avantage de nous offrir, de temps en temps, des conversations pittoresques avec certains de leurs auditeurs.

Le hasard, malicieux comme je le remarque toujours, a fait que, sur ce sujet que je voulais traiter, la journée a bien commencé puisque, sur Europe, il y avait Jean-Marc Morandini qui est un homme sur lequel on peut toujours compter en la matière. Voulant sans doute se moquer de cette pauvre Nabilla, créature aux énormes appats siliconés, qui a déposé, comme marque de tout ce qu'on peut fabriquer, son désormais fameux « Allô quoi... », Monsieur Morandini, à qui rien n'échappe, a signalé (à 8 heures 57) à ses auditeurs qu'il juge sans doute encore plus ignorants que lui que l'acronyme INPI signifie : « Institut national de la propriété intellectuelle ». Il s'agit bien entendu, en fait, de la propriété industrielle, mais le mot "intellectuel" exerce sur cet homme une telle fascination qu'il n'a pu lui résister.

J'entendais aussi ce matin, cette fois-ci sur RMC (car ces radios bignoles sont si insupportables que je ne puis les entendre qu'en zappant à tout bout de champ) Madame Parizot interrogée par Monsieur Bourdin après m'être tapé, sur France-Infos, Monsieur Cazeneuve, l'obscur remplaçant de Cahuzac. Je me disais que le discours de bon nombre de ceux et celles qui hantent nos radios et nos télé est si prévisible qu'il ne serait pas nécessaire de les faire lever de si bon matin pour les faire venir causer dans le poste en studio. Si ces chaînes sont preneuses, je me propose volontiers pour remplacer au pied levé toutes ces éminentes personnalités, sans avoir toutefois le talent de Nicolas Canteloup pour les imiter dans la forme de leur expression. En revanche pour le fond (si j'ose dire en la circonstance), je suis tout prêt à rendre ce service.

Je n'ai malheureusement pas vu l'interview orageuse de Mélenchon par Pujadas. J'ai appris que l'entretien avait tourné au vinaigre quand Pujadas, dans le cadre du "mois du patrimoine" sans doute, avait interrogé son invité sur ses revenus et son patrimoine. Mélenchon, refusant de répondre, a piqué à ce sujet la prévisible colère que Pujadas souhaitait sans doute, pour damer le pion à TF1 et "faire le buzz". Il s'est vu lui-même interrogé sur son salaire, question à laquelle il a évidemment refusé de répondre.

À titre purement indicatif et juste pour rendre service, je préciserai ici, à l'attention de Monsieur Mélenchon, que le salaire mensuel de Monsieur Pujadas est, dit-on, sans les "ménages", de 18 000 € ce qui paraît très excessif en regard de sa culture, de ses compétences et de ses prestations professionnelles. Cela dit, tous ces journalistes du PAF, qui sont sans cesse en train d'écraser des larmes et de retenir leurs sanglots sur le sort malheureux des pauvres de France, se gardent bien de préciser ce genre de détail et moins encore d'ajouter qu'ils bénéficient, de façon scandaleuse, d'avantages fiscaux que rien ne justifie. Leurs prétentions ne sont pas moindres et on se souvient, toujours selon la rumeur radiophonique publique, que Jean-Jacques Bourdin n'avait pas été retenu pour une émission de Ruquier car il demandait 5000 € pour chacune de ses prestations ce que Ruquier avait, non sans bon sens, jugé excessif.

L'affaire Cahuzac tourne à la farce et on va bientôt chasser le Cahuzac disparu comme le Dupont de Ligones puisque il change sans cesse de domicile pour échapper aux paparazzi. En revanche, c'est à peine si, sur la pointe des pieds, un chroniqueur, en dépit des déclarations sans ambiguïté d'Edwy Plenel, a commence à évoquer la possibilité que les 15 ou 17 millions d'euros soient, en totalité ou pour partie, le trésor de guerre qu'un courant du PS avait commencé à se constituer en vue de l'élection présidentielle suivante. Il faudra sans doute attendre le 19 avril 2013, date limite pour le retour du député Cahuzac à l'Assemblée nationale pour que les choses s'éclairent, peut-être du fait d'ailleurs d'une déclaration publique de sa part; ce qui, en la circonstance, ne manquerait pas de panache et mettrait tout le PS dans une situation fort incommode.

vendredi 8 mars 2013

Honni soit qui Mali pense ! On nous ment (suite)


Je reviens, contre mes intentions premières, sur le sujet de la situation réelle de l'Afrique sahélienne à propos de laquelle on nous "enfume". Deux raisons à cela ; d'une part j'ai reçu de la part d'Expat (fin connaisseur des choses de l'armée et de l'Afrique, à la différence de nos "experts" de la radio et de la télé) un commentaire fort intéressant mais qui, fait tardivement sur mon post d'hier, aura sans doute échappé à la plupart des lecteurs. Le voici donc car il en vaut la peine :

"Cher Usbek,

J'ai lu également que les relations entre Tchadiens et Français se tendaient, les premiers accusant les seconds de les envoyer au carton, selon l'expression consacrée.
Je dois dire que les disproportions entre les victimes dans chacun des deux détachements, et même en se référant aux seuls chiffres officiels, m'ont vraiment surpris et sont de nature à corroborer ces accusations.
S'agissant des soldes, c'est un point que j'avais évoqué ailleurs et qui va bien au delà des Tchadiens, puisque la Misma [ONU] est aussi concernée. Les Africains sont toujours friands de missions ONU à cause de cela, mais puisque l'ONU ne prend pas la main, il y a de fortes chances que ça finisse par déraper, à moins que nous payions, ce qui n'est pas à exclure.
J'ai vécu une expérience de ce type avec un contingent africain qui n'a pas mis deux mois à se transformer en une bande de clochards terrorisant les foules qu'ils étaient censés défendre.
Par ailleurs, l'annonce d'un premier retrait en avril de nos forces me laisse pour le moins perplexe quant à la stratégie suivie par notre chef des armées et président.".


Ma deuxième raison de revenir sur le sujet tient à ce que, par ailleurs, nous apprenons, ce matin même, que 30 soldats français blessés ont été réacheminé en France. Première nouvelle, car si l'on avait fait état de quatre morts français, on nous avait jamais parlé de blessés. La guerre serait-elle dangereuse ?

Je me demande si ce soudain "acheminement sanitaire", car il y a tout de même des moyens de soigner au Mali surtout à Bamako, ne relève pas plutôt de la "cellule psychologique et de la com' des armées" que du service de santé lui-même. Ne veut-on pas, par là, rééquilibrer, au moins en apparence, les dommages subis par les troupes françaises et maliennes ? Comme on le voyait hier, le déséquilibre des pertes et dommages commence à faire jaser! J'espère que, parmi la trentaine de blessés qu'on a réacheminés en France (La quille bordel!), on compte une bonne partie d'entorses, de foulures, de coups de soleil, de panaris ou de blessures superficielles davantage dues à l'imprudence ou l'inattention que de graves blessures reçues dans les affrontements avec les terroristes (peut-être même y a-t-on inclus quelques amibiases ou même "touristas"  qui ne sont qu'indirectement liées à la situation de guerre).

Post scriptum quasi immédiat (après mon café de dix heures) Le pire est que j'ai dit ça en rigolant et QUE C'EST VRAI ET CONFIRME OFFICIELLEMENT : "La plupart sont victimes d'entorses ou de coups de chaleur" écrit-on, sans rire cette fois!

J'entendais ce matin, interrogé, depuis Bamako bien sûr (rassurez-vous!), par Jean-Jacques Bourdin notre ministre de la défense, Monsieur Le Drian qui,  comme toujours, s'est montré fort prudent (Est-il Breton ou Normand ?). Il est en tout cas avisé car il avait clairement exigé de son intervieweur qu'il glissât, en dernière question, une interrogation sur le budget militaire dont le lien avec ce qui précédait n'était pas des plus évidents. Cette ficelle (un peu grosse!) a permis au ministre de faire un couplet visant à ce que les budgets du ministère de la défense soient épargnés par les coupes drastiques qu'on envisage de faire dans notre administration.

Devrait-on tailler dans le budget de la défense, qu'il vaudrait sans doute mieux réduire voir supprimer le budget nucléaire, qui se compte en milliards et ne sert plus à grand-chose, pour tenter, par exemple, d'acquérir deux ou trois avions gros transporteurs qui nous font si cruellement défaut. Nous sommes en effet incapables de transporter, en quelque lieu du monde que ce soit, ces forces dont nous sommes si fiers et nous devons passer, chaque fois, sous les fourches caudines financières des Russes ou pire encore des Américains... voire des Belges.

Sur un plan plus général, j'ai dénoncé, en vain bien entendu, depuis plus de 15 ans (il me faudra chercher les textes) la montée de l'islamisme radical dans la zone sahélienne (et jusqu'aux Comores que je connaissais un peu). J'en avais vu le premier signe dans la politique d'un Kadhafi qui, comme je l'ai rappelé souvent, payait les chefs d'État ou les ministres africains pour qu'ils se convertissent à l'islam . Tarif : 1 million de dollars pour un président de la République (ce dont n'a pas manqué de profiter Omar Bongo) et 500 000 $ pour un Premier Ministre, comme il payait les femmes pour porter le voile! Tout cela se doublait d'une politique de conversions également à coups de primes ; à ma connaissance, seule l'île Maurice a eu le courage de faire cesser ça en mettant à la porte de son territoire cette représentation libyenne.

Le pire était toutefois du côté de l'école coranique ; les écoles coraniques traditionnelles, porteuses du vrai islam traditionnel africain, très modéré et très conciliant, se voyaient partout supplantées par des medersas financées par nos amis les émirats ; elles débordaient d'argent, de moyens de tous ordres et offraient des bourses pour les universités islamiques où l'on s'attachait à former les futurs cadres des mouvements salafistes et de djihadistes.

Tout ce que j'ai pu dire est resté lettre morte, même auprès des quelques autorités politiques françaises auprès desquelles je m'en suis ouvert. Nous voyons aujourd'hui les résultats et les choses sont encore bien loin d'être arrivées à leur terme.

mercredi 16 janvier 2013

Otages : la meilleure du jour. Honni soit qui Mali pense (suite)

9h08 sur radio "bignoles" RMC, Jean-Jacques Bourdin exprime son indignation devant la manœuvre des shebabs qui veulent organiser la mise en scène de l'exécution de l'otage français qui est sans doute déjà mort. Bourdin, avec ces accents d'indignation dans lesquels il excelle et dont il use de plus en plus à tout propos, annonce solennellement que, pour lutter contre cette ignoble propagande, il ne dira plus un mot à propos de l'otage de… Niamey.

Notre spécialiste, après tout, ne confond guère que le Niger avec la Somalie et il y a que quelques milliers de kilomètres entre Niamey et Mogadiscio. J'admets que tout le monde peut se tromper, mais non seulement il ne s'en rend pas compte mais nul ne s'aperçoit de cette bourde (c'est, de sa part, le cas de le dire !) dans son entourage de jouvenceaux hilares et débridés le matin, sans doute faute même, par ignorance de la géographie, de la percevoir.

Cette information étant sinon la plus importante du moment du moins la plus scandaleusement comique, je vous la livre immédiatement et je reviendrai un peu plus tard sur les affaires maliennes pour lesquelles il y a pas mal à dire

11 heures

Honni soit qui Mali pense (suite)

« L'espoir changea de camp, le combat changea d'âme ».

Si ce vers de Victor Hugo figure dans le récit de la bataille de Waterloo (ce n'était pas Grouchy mais Blücher !), les choses sont en train de changer au Mali où l'opération "Serval" est à géométrie des plus variables. Entre nous, drôle de nom pour une opération que celui d'un mini-félin africain plus proche du chat que de son lointain cousin le lion, qui ronronne (comme le chat ce que ne fait pas le cousin léonin), qui crache et surtout pisse toutes les deux minutes !

Les militaires en retraite érigés en experts (certains ont même ouvert boutique) ne quittent plus écrans et micros. Selon eux, comme selon notre Président, l'intervention française devait se situer au plan purement logistique et ne mettre guère en œuvre que des troupes françaises stationnées en Afrique, au Tchad ou en Côte d'Ivoire. Or voilà que nos médias se précipitent sur les mamans et les papas de militaires qui s'envolent toutes affaires cessantes pour Bamako ; on nous annonce soudain que 2500 soldats français seront engagés dans une opération qui n'a plus rien de purement logistique. Si l'on ajoute qu'un nombre égal de soldats africains serait envoyé au Mali par la Communauté de l'Afrique de l'Ouest, ce n'est pas moins de 5000 ou 6000 hommes que vont devoir affronter le pauvre millier de désormais "terroristes" qui occupaient le Nord et que les bombardements auraient poussés à attaquer désormais le Sud..

Pour être simple et pour ceux qui sont peu familiers avec la géographie du Mali, assez étonnante d'ailleurs, cet Etat a la forme d'un immense sablier dont la partie haute (le Nord) est bien plus grande que le Sud. Les djihado-terroristo-indépendantistes qui, jusqu'à présent, ne se tenaient que dans la partie haute du sablier ont désormais franchi son rétrécissement médian, en attaquant en particulier Diabali qui est situé à l'ouest de Mopti, seule ville importante qui se situe, en gros, juste sur la partie rétrécie du sablier malien.

On peut certes s'interroger sur les raisons qui ont poussé les troupes du Nord à franchir cette limite Nord-Sud et à attaquer le Sud. Nos retraités militaires devenus experts comme un certain nombre de prétendus spécialistes du Mali suggèrent qu'il y a là une erreur stratégique de leur part, ce que, personnellement (en tant que "marsouin" deuxième classe de réserve), je ne crois absolument pas. Ces prétendus experts soulignent que les premières frappes aériennes françaises sur les villes du Nord occupées qui les auraient poussé à ces attaques. Je n'en crois rien, pour la simple et bonne raison, qu'elles ont semble-t-il commencé avant ces frappes qui n'ont été qu'une riposte. En réalité, les responsables militaires de ces islamistes ont choisi d'attaquer le Sud pour donner un but militaire et idéologique à leurs troupes, qui, depuis quelques mois, ne cessaient de s'opposer voire de s'affronter entre elles. C'est d'ailleurs là l'analyse de ce journaliste anglophone que je citais hier et qui me paraît plus raisonnable que nos prétendus experts.

Les troupes maliennes ont une fois de plus montré à Diabali leur totale incapacité à résister à des soldats expérimentés bien armés. En revanche, le combat tend à devenir désormais très inégal tant sur le plan du nombre (5000 ou 6000 hommes du côté de Bamako contre un gros millier chez les nordistes) comme des armements (les Français disposent probablement d'une centaine de véhicules lourds, dont des chars d'assaut qui d'ailleurs ne semblent pas une arme très adaptée aux configurations du terrain, sans parler - et je l'ai vu de mes yeux - des missiles anti-chars dont on voit mal l'utilité !). Ajoutons-y l'armada aérienne qui rendrait la lutte totalement inégale, si elle se déroulait sur un terrain favorable à de telles actions. En fait, et on le voit déjà, il est infiniment probable que les nordistes vont engager le combat sur celui de la guérilla dans un terrain qui leur est parfaitement familier.

Ce qui est le plus curieux dans cette affaire est le début de la "guerre psychologique" et là aussi nous sommes bien armés avec les "conseillers médias" de nos forces !  On peut l'observer, à travers en particulier des médias mauritaniens qui sont favorables aux islamistes du Nord ; on y parle déjà, en effet de "retraits tactiques" ou de "replis stratégiques", lorsque ces troupes du Nord sont obligées de se replier devant les bombardements et bientôt les assauts. Tout cela cela fait penser à la propagande allemande de la Deuxième Guerre Mondiale où les déculottées teutonnes sur le front de l'Est devenaient, dans les médias hitlériens ou vichystes, des "replis sur des positions préparées à l'avance »!

Quant aux frappes et aux bombardements, c'est une arme à double tranchant. Si dans les bombardements de Gao et deTombouctou, on a parlé d'une centaine de morts chez les combattants djihadistes, il est peu probable que les populations civiles aient été totalement épargnées ; il semble, en tout cas, du côté de Diabali, que les nordistes aient commencé à prendre en otages des notabilités locales ainsi que leurs familles qui serviront de "boucliers humains", sans parler des enlèvements en Algérie (un Français et cinq Japonais) que j'apprends en écrivant ce blog!

"Quelle connerie la guerre!", comme écrivait Prévert et chantait Barbara.

vendredi 4 janvier 2013

Le bêtisier 2013 des journalistes audiovisuels.


Le record sera décidément difficile à battre et cela d'autant qu'il a été établi dès le 4 janvier 2013 à 8h30 sur Europe1.

L'heure du bulletin d'information étant arrivée, une « journaliste-sic » (et non pas sikh... comme me le suggère mon Dragon...encore que à l'écouter...) comme disait autrefois le Canard enchaîné, nous a annoncé gravement que la mise en liquidation judiciaire des magazines Virgin allait mettre sur le pavé mille employés.

J'ai été un peu interloqué, sans doute comme tous les auditeurs, d'entendre mentionner un important éditeur de magazines dont le nom et l'activité m'étaient parfaitement inconnus. Le probable Bruce Toussaint de service, sans piper mot, sans doute pour ménager l'amour-propre de la prétendue journaliste, a, sans autre forme de procès, choisi de répéter l'information mais en disant non pas les "magazines" Virgin mais, bien entendu, les "magasins" Virgin !

Nous avons ainsi pu constater que, dans cette profession où l'essentiel du travail consiste à lire les dépêches d'agence, ces "journalistes-sic", dont je souligne très souvent qu'ils ne savent pas parler français et dont j'ai montré qu'ils ne savent pas non plus compter, à propos du « retoquage » de la mesure fiscale concernant le prélèvement de 75 % au-delà d'un million d'euros de revenus annuels, ne savent même pas lire et sont, en outre, d'une ignorance et d'une paresse confondantes !

A ce propos, petite anecdote ; dans le zapping de l'année, j'ai pu revoir une scène mémorable et qui vaut la peine d'être vue entre Jean-Michel Apathie et Nicolas Dupont-Aignan. Ce dernier, un peu agressif pour une fois, car les hommes politiques, craignant, bien à tort, de ne plus se voir invités, sont en général doux comme des moutons, a demandé à Monsieur Apathie : "Pouvez-vous nous dire votre salaire ?". Bien entendu ce dernier a refusé (on ne sait pourquoi d'ailleurs) et, le ton montant, ils ont fini par en venir à un échange des plus violents et par là des plus réjouissants, Apathie refusant jusqu'au bout de céder sur ce point. Mieux informé ou plus perfide, Dupont-Aignan aurait pu dire VOS salaires car dans cette profession, on multiplie les employeurs, y compris, dans ce cas précis, les plus inattendus!

Le même jour ou le lendemain, par hasard, en zappant sur les radios du matin, j'avais entendu, sur RMC, deux rédacteurs en chef de notre presse écrite, Bruno Jeudy et Renaud Dely, venir dans "les grandes gueules" vers 12 heures 30 parler de je ne sais quoi. J'ai écouté jusqu'au bout leurs discussions sans grand intérêt; car il est d'usage, dans cette émission, de demander à la fin aux personnes interviewées leurs revenus ou leur salaire.

Je me doutais un peu à vrai dire que les responsables de l'émission allaient, pour une fois, oublier cette question, car, comme Apathie, les journalistes sont très discrets sur ce point. La plupart ont en effet plusieurs employeurs, sans compter les "ménages", les piges, les travaux de "nègres" et les avantages en nature sur lesquels ils sont carrément muets, ... sans parler de leur scandaleux avantage fiscal.

La chose n'a pas manqué de se réaliser et à la différence de ce qui s'était passé à Canal+ entre Apathie et Dupont-Aignan, tous nos journalistes se sont quittés bons amis et sans avoir évoqué, bien entendu, la fâcheuse question de leur salaire.

mercredi 26 décembre 2012

Le temps des des bests off et des troisièmes couteaux


Quand je pense qu'on ne cesse de nous bassiner avec les vacances des enseignants, alors que ceux qui se livrent à cet exercice passent leur temps, pour la plupart, à regarder la télévision et à écouter la radio, j'en reste baba.

En particulier, dans le cas de France Télévision et plus spécialement de France 2, je reste confondu devant la noria incessante des présentateurs qui, dès que les périodes de vacances approchent et, a fortiori, durant ces dernières, surgissent soudain du néant médiatique, pour nous présenter les journaux télévisés et, comme toujours, y introduire, pour dix secondes, des présentateurs, tout aussi inconnus, eux-mêmes spécialistes des ours des Pyrénées ou des otages du Nigéria.

Faut-il rappeler, une fois de plus, à Messieurs Hollande, Ayrault, Moscovici et Cahuzac qui désespèrent d'arriver à faire des économies, que France Télévision réunit, dit-on, 11 000 employés et regroupe un nombre de sociétés que la Cour des comptes ne parvient même pas à compter, mais que les spécialistes estiment proche de la cinquantaine. Si on cherche à faire des économies, leur lieu d'application est facile à trouver, d'autant que ce métier consiste, lorsqu'on n'est pas à la cafétéria, au bistrot ou en vacances, à lire les dépêches de l'AFP ou à donner la parole à une foultitude de collaborateurs hautement spécialisés qui le feront à leur tour à votre place.

Cela dit, il n'en est pas différemment sur les trois "radios-bignoles" de notre beau pays, RMC, Europe et RTL, qui se disputent férocement le titre de première radio de France, à grands coups d'interviews bidons d'auditeurs débiles qui sont, en fait, chargés; d'abord et surtout, de vanter les mérites de la radio sur laquelle ils causent et de cirer les pompes de l'analphabète qui les interviewe. Tout le monde sait cela et je n'insiste pas.

Le pire est que nous sommes entrés, avec la proximité de Noël et du Jour de l'an, dans la phase où tous les grands professionnels qui officient durant l'année disparaissent de l'antenne au profit de deuxièmes ou de troisièmes couteaux qui d'ailleurs, comment dit dans ce milieu, « font le job » avec autant d'absence de talent et de compétences que les titulaires, mais introduisent un peu de changement.

Dans mon zapping du matin, je me suis amusé à constater que, sur Europe 1, l'inévitable Monsieur Elkabbach (sans doute déjà à la Mamounia, épuisé qu'il était par son immense interview de François Hollande) était remplacé par je ne sais, que Monsieur Toussaint, Madame Polony et tous les autres avaient disparu tout aussi bien. On avait feint de laisser les clefs à Monsieur Cabrol; qui, sans doute, redoutait la pluie qu'il annonçait lui-même.

Naturellement on nous a servi un des bests off de Nicolas Canteloup (même régime pour tout la semaine au moins) et Madame Julie a toutefois eu l'honnêteté, inattendue mais subreptice, d'enregistrer (depuis Courchevel ou Ibiza) que c'était "presque du direct" ! On prend vraiment les auditeurs pour des cons, ce qui, est, après tout, logique et normal puisque ce sont des cons !

Sur RTL, cette période d'étiage radiophonique avait conduit à inviter, une fois de plus, Monsieur Michel-Édouard Leclerc dont la binette est une réclame vivante pour les poissonneries de ses établissements. Je pense que la plupart des journalistes se servent à l'oeil chez Leclerc, vu la fréquence de ses apparitions et la nature de son discours. Il consiste essentiellement à répéter quatre ou cinq fois le nom de sa boutique, à faire état de son humanisme mercantile (il se pose toujours en bienfaiteur de l'humanité tout en soulignant sottement ses succès commerciaux), et à mêler, en parts égales, dans ses propos, les fautes de français, les trivialités ou grossièretés (pour faire peuple!) et les expressions techniques (du genre « faire le job » « le flux l'emporte sur les marges »).

Inutile de préciser pour les pauvres couillons d'auditeurs de ces radios-bignoles que tout cela est en boite et que ces braves prétendus journalistes sont en fait à la neige ou sur les plages tropicales !

samedi 22 décembre 2012

D'Evian (1962) à Alger (2012) : amnistie et amnésie


Petits mystères du paysage audiovisuel français.

 Comment se fait-il que la première interview de François Hollande, à peine arrivé d'Alger, ait eu lieu chez Jean-Pierre Elkabbach, le vendredi 21 décembre au matin, à 8 heures 18, en vidéo et à la radio sur Europe1?

 L'affaire peut avoir de multiples détentes.

Europe1 passait plutôt pour favorable à Nicolas Sarkozy ; d'aucuns l'avaient même baptisée "Radio Sarko" et JPE en était la figure emblématique. Serait-ce l'alliance forte de RMC, le rival majeur, via BFM avec les médias du "grand capital" qui est en cause ?

Par ailleurs, l'interview a été accordée à Jean-Pierre Elkabbach et elle a eu une durée double du quart d'heure habituel des interviews matinales de ce journaliste ; ce format inattendu a conduit d'ailleurs à faire passer à la trappe la pauvre Natacha Polony qui, normalement, occupe l'espace entre l'interview d'Elkabbach et la "revue de presque" de Nicolas Canteloup. La chose est d'autant plus surprenante que, même si je ne suis pas un auditeur très fidèle de cette station, je crois que la chose n'avait pas été annoncée. Notre Président a sans doute jugé la durée "normale" insuffisante, pour le bonheur de Natacha qui a pu faire la grasse matinée !

Dernière petite curiosité (prélude discret au retard prévu de l'âge de la retraite), la reconduite d'Elkabbach au-delà de sa 75e année (son anniversaire était en septembre, sauf erreur de ma part) ; d'aucuns prétendent que son maintien s'expliquerait par le fait que, sans avoir jamais été proche de la nouvelle majorité, on pouvait compter sur lui pour ne pas trop mettre de poil à gratter dans les interviews qu'il serait amené à faire. Il a d'ailleurs donné, dans cet interview du président, un bon exemple de sa méthode comme de son ralliement.

Si j'ai pu entendre puis voir l'intégralité des déclarations du Président de la République lors de cette interview sur Europe 1, je n'ai pas réussi à trouver dans la presse l'intégralité de son discours. J'ai le sentiment que, comme toujours, il y a fait preuve de beaucoup de nuances et de prudences, soulignant l'utilité conjointe de cette intervention pour la France comme pour l'Algérie, puisqu'elle permettait enfin de sortir de cinquante années de relations compliquées et d'ouvrir une nouvelle page.

Chacun y a eu son "paquet", mais pas forcément celui qu'il attendait ni sous la forme espérée. Les uns ont été déçus de pas y trouver la « repentance » souhaitée tandis que d'autres considéraient que la reconnaissance des « souffrances » causée par la colonisation au peuple algérien était un point « positif » pour les uns mais regrettable pour les autres. François Hollande juge avoir, par là même, rétabli un « socle de vérité » car « rien ne se construit sur des dissimulations, dans l’oubli ou le déni ».

Trente ans de PS vous préparent mieux que tout à des tels exercices rhétoriques, François Hollande reste, dans la diplomatie comme ailleurs, l'homme de la synthèse et du rassemblement ; la prochaine épreuve du genre sera avec le MEDEF et les syndicats et elle sera plus rude à n'en pas douter.

Il a donc dit à peu près tout ce qu'il fallait dire pour apporter quelques satisfactions à la plupart des Algériens, sans amener de trop violentes réactions du côté français, sauf bien entendu au Front National.

Petit excursus de ma part, avant d'en venir à ce qui m'a conduit, en fait, à écrire ce post et à l'intituler " D'Evian (1962) à Alger (2012) : amnistie et amnésie".

Sur le Mali, il me semble que les positions de notre Président (cf mes posts "Honni soit qui Mali pense!") se sont, considérablement et fort heureusement, radoucies ; j'ai cru comprendre que la France, qui n'interviendrait d'ailleurs jamais seule ni directement, ne contribuerait qu'au rapprochement "politique" et, au pire, à la simple "formation" des troupes ouest-africaines, sans jamais agir de façon plus direct. Cela me paraît plus prudent qu'un certain nombre de ses propos antérieurs, même si cela n'empêchera pas les invectives anticolonialistes!

Ce qui me paraît le plus étonnant, c'est que, dans toute cette affaire de "mémoire" (puisque le mot revient de temps en temps), nul ne prend pas en compte, même de façon allusive, ce qui avait été pourtant, avec beaucoup de sagesse et de prudence, prévu dans le texte même des Accords d'Évian, comme on avait, avec tout autant de raison, prévu, une dizaine d'années plus tôt, à Addis-Abeba, le principe de l'intangibilité des frontières de l'Afrique des Indépendances. Il me semble que le texte d'Evian mérite d'être cité intégralement pour la partie, brève mais essentielle, qui est intitulée « des droits et libertés des personnes et leurs garanties ».

Le voici :
"Des droits et libertés des personnes et de leurs garanties. Dispositions communes

Nul ne pourra faire l'objet de mesures de police ou de justice, de sanctions disciplinaires ou d'une discrimination quelconque en raison:

- d'opinions émises à l'occasion des événements survenus en Algérie avant le jour du scrutin d'autodétermination;
- d'actes commis à l'occasion des mêmes événements avant le jour de la proclamation du cessez-le-feu.
- Aucun Algérien ne pourra être contraint de quitter le territoire algérien ni empêché d'en sortir."


 

mardi 9 octobre 2012

De Marseille à Monte-Carlo.

Pour les nobles étrangers qui lisent ce blog, parfois de très loin (Si ! Si ! Il y en a !), un mot d'explication s'impose à propos ce que je nomme, sans doute à leur grand étonnement, les radios bignoles. Pour le détail linguistique, les esprits curieux peuvent se reporter à l'un de mes posts précédents, mais il suffit de dire ici que ce sont des radios, essentiellement du matin (en gros entre six et dix heures du matin), qui fonctionnent, pour une bonne part, sur des appels d'auditeurs ; ces derniers  passent à l'antenne moins parce qu'ils ont quelque chose à dire (même si cela arrive parfois) qu'à la condition expresse de chanter "sur les ondes" les mérites éclatants de la radio sur laquelle ils sont interviewés et de s'y répandre en éloges éperdus du maître de cérémonies qui officie sur chacune de ces radios bignoles à cette heure matinale.

Ces radios se livrent une lutte féroce, chacune revendiquant naturellement le titre de la meilleure, mais surtout de la plus écoutée. La lutte s'opère essentiellement entre Radio-Télé-Luxembourg (RTL), Radio-Monte-Carlo (RMC, qui s'est plus ou moins associée désormais avec BFM, la "radio du grand capital", comme aurait dit le regretté Georges Marchais) et Europe 1 pour des raisons purement mercantiles ; le pactole de ces heures matinales est naturellement la publicité qui, comme le fleuve antique du même nom, coule à flots entre 7 heures et 10 heures ; je pense, sans avoir véritablement vérifié, qu'à ces heures, y a plutôt plus de publicité (de tous ordres) que d'information. On fait donc monter au créneau les grosses nuques de ces radios pour y faire leur propre pub ; j'entendais encore ce matin l'insipide Bruce Toussaint (qu'Europe1 a, Dieu sait pourquoi, arraché à prix d'or à Canal+ quoi que son rôle se borne à passer les plats et que son principal mérite soit de se lever assez tôt en semaine) lire lui-même des messages de pub pour Europe1. Cela devient désormais d'ailleurs l'habitude et la règle pour la plupart de nos patrons de presse qui non seulement ne quittent plus les télés et les radios, mais croient sottement que leur binette ou leur voix font vendre! Voilà qui conduira bientôt ce pauvre Christophe Barbier à mettre son écharpe rouge pour aller fourguer son Express dans les rues. Même Joffrin s'y met! MDR !

Derrière ces trois radios bignoles, à bonne distance et avec plus de dignité et de qualité, on trouve la meilleure des radios d'information du matin c'est-à-dire France-Info qui a, en revanche, le tort de répéter, inlassablement et paresseusement, toute la journée, les mêmes sujets d'information, ce qui rend rapidement son écoute tout à fait insupportable.

Ce matin, après avoir entendu, sur France Infos je crois, Monsieur de Villepin, qui avait dû trop arroser son petit noir ou ignore la géographie, dire avec la conviction qu'il met en tout, qu'il n'y avait plus de place dans le monde moderne que pour les pays regroupant plus d'un milliard d'habitants (ce qui limite singulièrement le palmarès), avant d'évoquer, dans la phrase suivante, le rôle essentiel des États-Unis qui sont encore pourtant fort loin de ce milliard, en déplorant, dans la foulée, la situation de l'Europe qui dépasse péniblement les 400 millions, j'ai zappé sur RMC pour y entendre le cri de triomphe de Jean-Jacques Bourdin. Il annonçant en effet, urbi et orbi, que RMC avait arraché le scoop du siècle en obtenant de pouvoir (grâce à son correspondant à Marseille, Lionel Dian), écouter les enregistrements faits dans les voitures de la BAC de Marseille-Nord où tout le monde est bientôt en taule ou mis en examen ! 30 policiers sont suspendus dans le service et le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, a annoncé vendredi la dissolution de l’équipe de jour de la BAC Nord de Marseille.

Le plus fort est que c'est apparemment vrai et confirme des remarques d'Yves Robert, délégué du syndicat d’officiers SNOP! Toutefois, il faut espérer que cette indiscrétion illégale (car c'en est une!) n'entraînera pas, dans la suite, l'annulation de la preuve, voire de toute la procédure. Un tel calcul pourrait évidemment expliquer la relative facilité avec laquelle on a laissé un "journaliste" ou un correspondant de RMC avoir accès à de tels documents. Ce serait le comble du vice naturellement, mais je n'en serais pas autrement étonné, étant donné les solidarités qui ne manqueront pas de se manifester dans cette affaire!

On se doutait un peu du contenu de telles écoutes mais, semble-t-il, elles ne sont pas piquées des vers. On n'y entendrait, dans l'une d'entre elles, un policier de ladite Bac-Nord de Marseille se plaindre amèrement de ne pas savoir comment parvenir à dépenser son argent, sans doute embarrassé qu'il est par l'énormité même des sommes EN LIQUIDE dont il dispose. L'un d'entre eux aurait été pris, dans les "perquiz" avec, chez lui, 100 000 € en liquide (ils étaient cachés dans le jardin comme au bon vieux temps de VA-OM!) ; on apprend aussi que leurs revenus s'établiraient aux alentours de 1000 € par jour, ces montants correspondant d'ailleurs tout à fait à ceux des trafics en cause. Un autre policier, après avoir volé des cartouches de cigarettes à un vendeur à la sauvette, se plaint, que, dans son ancien service, la récolte quotidienne était bien meilleure.

On comprend qu'il soit, en effet, un peu difficile pour un modeste policier marseillais de la BAC d'aller, chaque mois, déposer à la Caisse d'épargne sur son pauvre livret 30 ou 40 000 € , ce qui le met d'ailleurs aussitôt très au-delà du plafond ! Il travaille cet homme (et même doublement, comme flic et comme ripoux!) et il n'a pas forcément le temps de faire le voyage jusqu'à Genève !

Pour en venir au malheureux qu'on entend se plaindre de ne pas savoir quoi faire de son argent, le collègue, qui l'accompagne dans le véhicule, lui conseille alors de faire construire une piscine dans son jardin. Le malheureux proteste alors qu'il en a déjà fait une et se voit conseiller par son collègue d'acheter une belle voiture à sa fille. En avait-elle déjà eu une ? La conversation s'est alors interrompue, une occasion de dépouiller un dealer s'étant alors présentée ? Nous en saurons sans doute jamais rien !

On brûle d'attendre la suite mais viendra-t-elle ?

mercredi 1 août 2012

De l'hilarité médiatique.

 Je ne sais pas si, comme moi, vous avez fait cette remarque que la bonne humeur voire l'hilarité sont désormais le mode de fonctionnement normal de toute intervention dans nos médias audiovisuels.

La chose a même gagné les heures nocturno-matinales où j'essaye un peu tous les moyens pour me rendormir, dont l'écoute des radios style RMC (la radio des bignoles) ou Europe 1 (pas bien mieux!) ; pour meubler les ondes vers cinq ou six heures du matin, où les potentats locaux comme Bourdin ou Toussaint, ne sont pas encore au turf, on emploie des jeunes gens et des jeunes filles qui, jusqu'à présent, étaient priés d'occuper l'antenne, sans trop faire de bruit ni surtout d'ombre à leurs successeurs. Désormais ces heures matinales donnent lieu à des séances de rigolade (nous n'avons hélas que le son car les images seraient peut-être plus intéressantes) où chacun y va de sa « vanne » et où l'on pense qu'être ainsi de bonne humeur, fût-ce sur commande, égaye les malheureux qui sont tirés, sinon de leur lit, du moins de leur sommeil, à des heures si matinales.

Toutefois, cela n'est rien à côté des émissions télévisées dites de divertissement (laborieux!) où le rire est absolument obligatoire, même si les facteurs susceptibles de déclencher le simple sourire me paraissent totalement absents. Je ne connais rien de plus consternant sur cette terre (mon Dragon, dont la clientèle doit être majoritairement médicale, avait écrit, non pas "consternant" mais "qu'un sternum" que j'ai été tenté de vous laisser !) que le spectacle d'un malheureux, qui se risque à un bon mot ou à une plaisanterie qu'il croit irrésistibles et qui, les voyant tomber à plat, est forcé d'en rire lui-même à gorge déployée. C'est la loi du genre, surtout dans les émissions ineptes du style de celles à laquelle en est réduite, désormais sur Canal+, cette pauvre Ariane Massenet pour qui le firmament télévisuel (si l'on en juge par sa rémunération !) est des plus consternants.

Mais le pire de tout consiste dans les enregistrements de comiques où le public rit à gorge déployée ou est, comme on dit aujourd'hui, MDR ou LOL, devant des prestations qui sont, au mieux, propres à arracher un vague sourire de commisération à tout spectateur normalement constitué.

De deux choses l'une pour expliquer tout cela. Ou bien, hypothèse la plus probable, un ingénieur du son, vigilant et habile, intercale des enregistrements de rires interminables à des endroits qu'il juge opportuns dans un enregistrement préalable du comique en cause. Ou bien, plus improbable, l'enregistrement est réellement fait en live, comme on dit, mais dans ce cas, on se demande quel traitement il a fallu prélablement infliger aux spectateurs recrutés à cette fin, pour les mettre dans des états pareils d'hilarité.

Vous objecterez, j'en suis sûr, avec la pertinence que je vous connais, que le problème est le même dans les deux cas, car il faut, d'une façon comme une autre, enregistrer des rires déclenchés à volonté et à gogo. C'est précisément là que je  veux en venir, car je ne peux pas croire que ces processus soient naturels et je pense très sérieusement que les pauvres spectateurs sont drogués, soit à leur insu, soit  avec leur complicité au prix d'une juste rémunération, la première solution étant la plus vraisemblable.

Je pense qu'il faudrait, en la matière, à la fois assurer une surveillance médicale rigoureuse car l'usage des gaz hilarants n'est pas sans danger mais surtout contrôler plus sérieusement qu'on ne le fait la vente et la traçabilité du protoxyde d'azote qui est en la matière le principal outil susceptible de provoquer pareilles hilarités sans raison aucune.

Qu'est-ce que le protoxyde d'azote me direz-vous, déjà brûlants d'impatience ? Voici la réponse.

Le protoxyde d'azote a des propriétés psychodysleptiques qui peuvent être mises en oeuvre à titre récréatif ; il est alors inhalé au moyen de ballons afin d'éviter des gelures voire des embolies pulmonaires ou cérébrales lors de la détente du gaz (provenant d'une bombe de gaz dépoussiérant ou d'un siphon alimentaire). Un tel détournement du protoxyde d'azote est avéré dans nombre de pays en dépit des risques qu'il présente, même si, dans un premier temps et à court terme, il provoque euphorie et fous rires!


dimanche 10 juin 2012

Les hidalgos sont trop!

On se souvient de la formule du regretté Pierre Desproges : "Les Portugais sont gais". Les nouvelles du jour m'en inspirent une autre, de la même veine mais inscrite dans l'actualité : « Les hidalgos sont trop ! ».

Voilà des jours et des jours que les Espagnols se grattent pour savoir s'ils vont ou non demander à l'Europe de venir à leur secours et de leur donner les moyens de recapitaliser leurs banques sans qu'on ait su jusqu'à présent dans quelles proportions. On est passé ainsi de trente à cent milliards d'euros ! La fierté espagnole bien connue (car l'Espagnol est aussi fier que le Portugais est gai et le poète l'a bien dit "L'emphase a frissonné dans sa fraise espagnole" ) empêche, en effet, de faire une telle demande auprès  de l'Union Européenne, ce scrupule étant renforcé bien entendu par la crainte, moins avouable, que ladite Europe ait l'indélicatesse de poser quelques conditions à l'octroi d'une pareille somme, à fonds vraisemblablement perdus.

C'était ce qui s'était passé pour l'Irlande (mais l'Irlandais violent et bagarreur n'est pas fier lui!), il y a quelques années, à qui l'on avait donné quelques dizaines de milliards (76 tout de même si je me souviens bien) mais en assortissant ce cadeau d'un plan de rigueur et de quelques exigences budgétaires fortes, ce qui paraît bien naturel à tout individu pourvu de quelque bon sens et un tant soit peu près de ses sous. Le cadeau qu'on envisage de faire aux Espagnols suscite donc la fureur des Irlandais qui demandent qu'à titre rétroactif, on leur fasse les mêmes conditions ce qui, après tout, est assez logique. Mais l'histoire récente de l'Europe et de l'euro surtout montre que le bon sens ne caractérise pas nos politiques et, pire encore nos financiers !

Comme les hidalgos ne sont pas Irlandais, il semble que l'UE ait ménagé la fierté espagnole (sans doute aussi par crainte d'une Bérézina générale) et qu'on ait partiellement satisfait les exigences des hidalgos, ces cent milliards n'étant pas assortis d'un plan d'austérité et surtout de mesures de contrôle du dit plan. On sait pourtant, depuis Maastricht, ce que vaut la signature des Etats, y compris celle de la France. S'il n'y a pas un contrôle sérieux et strict des finances nationales par une autorité supranationale (donc une limitation de la souveraineté d'Etats sans foi ni loi), on peut signer tous les plans qu'on veut, avec la secrète restriction mentale chère aux Jésuites, de ne pas les respecter.

Comment a-t-on réussi à convaincre les Espagnols de mettre dans leur poche avec leur mouchoir dessus leur ombrageuse fierté ? Ce sont là les mystères de l'Europe où chacun tient l'autre par la barbichette ! Toujours est-il qu'en ce dimanche électoral, tout le monde se félicite et se congratule même si l'avenir demeure pour le moins sinistre.

Puisque nous sommes là dans le monde de la finance, un mot sur une radio que j'écoute assez régulièrement car elle apporte parfois des éléments d'une information un peu plus sérieuse que les autres et n'a pas pour unique centre d'intérêt les chiens écrasés. Il s'agit de BFM business dont le nom est, à soi seul, tout un programme mais qui a le mérite d'annoncer la couleur. J'ai déjà dit combien je m'amuse à voir associées, dans le paysage audiovisuel, RMC, la radio des bignoles (= concierges, pour mes lecteurs étrangers), populaire et populiste, avec BFM business qui est clairement l'organe du grand capital.

Ce qui m'amuse le plus dans les propos que j'entends sur cette chaîne est le contraste entre le discours vertueux de ses "experts", avec en particulier des imprécations contre les infâmes Grecs, peu disposés à payer l'impôt et prêt à toutes les manoeuvres pour y échapper, et les publicités de cette radio (il faut bien vivre et de préférence sur un grand pied) qui reposent essentiellement sur des slogans et des annonces pour payer moins d'impôts ou réduire son impôt sur la fortune, etc. car, bien entendu, cette chaîne ne compte guère (moi mis à part) que des auditeurs soucieux de payer le moins possible d'impôts mais dans des termes apparemment convenables avec peut-être, ici ou là, une petite évasion fiscale pépère.

A mourir de rire!

mercredi 9 mai 2012

Carpes et lapins


Rassurez-vous je ne suis pas ici le modèle absurde de la manie du titre qui, depuis deux ou trois décennies; (cette mode est venue, je crois, de Libé) est l'une des plaies de la presse française.  Je résisterai, de la même façon, à la dénonciation des mauvais traitements que notre pauvre langue française se voit infliger par ceux-là mêmes qui, porteurs, inattendus et indignes, de la parole publique qu'on les croirait chargés de défendre, en font, au contraire, un si mauvais usage (j'entendais, ce matin encore, l'un de ces crétins confondre "paradoxe" et "paradigme", alors que la nullité même de son propos aurait dû l'éloigner du recours à l'un et l'autre de ces termes).
Je fais bien entendu ici allusion, par ce titre,  aux mariages de la carpe et du lapin, aussi insolites que nombreux.
Entre de multiples exemples et de façon très différente, j'ai traité l'un d'entre eux avec le commentaire que j'ai fait de la soirée électorale du 6 janvier 2012, où, pendant deux heures d'horloge, on nous a évoqué "l'insupportable suspense" concernant l'issue d'un scrutin que tout le monde connaissait déjà depuis longtemps. D'un autre point de vue, il y a, dans nos lois électorales, le mariage inattendu entre une carpe (nos journalistes étaient, deux heures durant, aussi muets que cet animal sur les résultats d'un scrutin qu'ils connaissaient, par ailleurs, depuis longtemps) et un lapin qui, en la circonstance, était l'argument, parfaitement stupide et inattendu (quoiqu'on ne le tire pas d'un chapeau), que révéler les estimations de résultats faites à partir  des bureaux fermant à 18 heures risquait d'influencer les résultats des bureaux qui ne fermaient qu'à 20 heures.
Quoique je sois très sceptique sur ce point (car je ne vois guère d'électeurs assez stupides pour attendre de connaître les estimations de 18 heures afin d'en changer le cours final par leur seul vote entre 18 et 20 heures), force est d'admettre que si ces estimations peuvent avoir une influence sur le vote, qu'en est-il alors des centaines de sondages qu'on a faits et publiés entre le début de la campagne électorale et le 5 mai 2012? La différence tient évidemment à ce que la presse comme les instituts de sondages constituent un secteur économique qu'il est impérieux de ménager, sans se préoccuper réellement de l'influence qu'il peut avoir et moins encore des conditions fort discutables dans lesquelles s'exerce son industrie.
Second mariage de carpe et du lapin, certes  relié par un fil ténu au précédent.
Il se trouve que, pour des raisons dont le détail importe peu ici, j'écoute beaucoup plus la radio que je ne le faisais auparavant ; sur le poste miniature dont j'use, RMC, Europe et France-Info étant très proches,  je tends à zapper très souvent afin de tenter de mon mieux d'échapper aux publicités (ce qui est bien difficile) comme aux âneries qui sont y débitées, sans parler, sur France-Info, de la répétition infinie des mêmes zones discours.
Une des radios les plus curieuses est RMC-BFM dans laquelle se trouve mariés la carpe de BusinessFM et le lapin de Radio-Monte-Carlo. Je crois que cette curieuse union a été décidée par Alain Weil qui a acheté, il y a quelques années, Radio-Monte-Carlo qui passait pour la radio des bignoles et qui était en perdition ; il en est résulté une alliance des plus bizarres entre une radio populaire et une télé que feu Georges Marchais aurait définie comme celle du grand capital.
Pire encore, on a marié une carpe radiophonique et une portée de lapins. Le premier d'entre eux est l'auto-exaltation permanente de la radio en cause où les intervenants de la station  ne cessent d'en vanter les mérites (je ne me suis jamais amusé à compter, sur une demi-heure, combien de fois revient cette auto-exaltation, mais il vaudrait la peine de le faire pour une approche scientifique !). Le second lapin est la répétition incessante du nom et de la qualité des intervenants, le record étant détenu, naturellement et de très loin, par Jean-Jacques Bourdin, ancien journaliste sportif, ce qui est tout un symbole on va le voir. Le troisième lapin est l'évocation permanente de tous les lieux où est censée être écoutée cette radio, en particulier au plan de la météorologie.  Il s'agit d'éviter le reproche de parisianisme qui caractérise souvent notre météorologie nationale; on cite donc toujours, lors des bulletins, et à de multiples reprises, les températures où le climat de lieux inconnus tapis au fond des plus lointaines de nos provinces, le but étant naturellement de caresser dans le sens du poil les ennemis bien français du monopole universel de Paris.
Mais le mariage de la carpe et du lapin le plus curieux à RMC-BFM est celui de la carpe sportive (je fais ce choix métaphorique pour avoir souvent entendu des discours des sportifs qui auraient été mieux inspirés de montrer muets comme elle dans bon nombre de leurs déclarations) et du lapin politique (le politique ne peut être que bavard!) . L'exprime et le symbolise  un slogan bizarre sans cesse répété ("RMC , la chaîne de l'info donc du sport" ).
Ce choix aurait été, semble-t-il, celui d'Alain Weil qui, ayant commencé modestement dans les radios libres, a fini aujourd'hui dans le Top cent des fortunes françaises, ce qui est assurément un joli parcours sportif dans la communication. RMC se flatte, au moins cent fois par jour, d'être à la fois la radio de l'information politique et du sport, avec à ses micros quelques carpes sportives qui seraient mieux dans un aquarium que dans un studio de radio.  Une des gloires de RMC est de celle de posséder ce qu'on y  appelle sa "Dream Team", formée de has beens sportifs ( d'ailleurs désormais plus branchée dans les paris sportifs que dans le sport lui-même) qui réunit quelques belles figures de "l'intelligentsia sportive". Mais je m'arrête ici, crainte de me voir à nouveau traîner en justice pour diffamation, même si j'ai eu la sagesse et la prudence de citer personne