Messages les plus consultés

Affichage des articles dont le libellé est otages. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est otages. Afficher tous les articles

mardi 22 avril 2014

Aquilino Morelle et les djihadistes.


Le 20 avril 2014,  j'ai publié ici même un billet intitulé : « Comme les routiers, les djihadistes sont sympas ! ». Sur le ton de la plaisanterie, ce qui ne paraît guère avoir été compris, j’y soulignais ce qui me paraissait l’essentiel et évidence, d’où la nécessité de plaisanter un peu pour évoquer un aspect que je jugeais si trivial. Dans la libération de nos journalistes otages capturés en Syrie, le point principal me paraissait, non pas de savoir si nous avons ou non payé, puisque nous nions, systématiquement,  en toutes circonstances et contre l’évidence, l'avoir fait, mais le choix de la date de cette libération.

Nos officiels et nos diplomates, qui ont été formés à l'école des Jésuites et de la restriction mentale, ne mentent pas, chacun le sait, lorsqu'ils nous disent que la France n’a pas payé. Ils ne nous disent simplement pas la vérité, ce qui est autre chose ; c'est sans doute tout à fait exact dans bien des cas, si en effet la France a fait payer les rançons  par des intermédiaires qui s'en sont chargés pour elle ou si elle racheté ses otages en nature, par exemple en livrant des armes qui malheureusement ont pu ou pourront être parfois retournées contre nos propres intérêts. Tout cela relève de pratiques qui permettent au Quai d'Orsay de sauver la face et à Monsieur Fabius d'affronter les caméras en toute tranquillité, sans avoir à aller à confesse ce qui n’est pas dans ses habitudes. Que nous ayons payé d'une façon ou d'une autre est de toute façon si évident qu'il est inutile de s'y attarder.

Après ce blog resté sans réaction et en dépit du silence de toute notre presse sur ce point, j'étais tout à fait décidé à ne pas revenir sur cette question, avant de regarder hier en fin de journée (en une soirée de lundi de Pâques ou vu le temps pluvieux, on ne sait pas trop quoi faire et on est prêt à n'importe quoi !) l'émission de Calvi, à 17h45 sur la Cinq, qui était consacrée à aux otages et qui réunissait, outre une pauvre Syrienne que nos intervenants français n'ont guère laissé parler comme d'habitude, deux « experts » en guerre secrète, parisiens et dès lors familiers de nos écrans. L’un, aux airs toujours mystérieux, venait surtout pour la promo de son livre sur le sujet, l'autre le juge Marceau, ex-juge antiterroriste, était là pour un autre livre dont j'ai oublié le nom, n'ayant de toute façon aucune intention de l’acheter. Comme d'habitude la participation à cette émission relève de la promotion des produits des prétendus experts et non de leurs compétences ou de leur clairvoyance. Le troisième larron était un journaliste de Valeurs actuelles qu’il m'est arrivé de voir mieux inspiré.

J'ai regardé jusqu'au bout cette émission insipide, non pour son intérêt (elle n’en présentait n'en aucun, comme souvent malheureusement), mais pour voir si on allait y évoquer la question de la date choisie pour une libération qui serait hyper-médiatisée puisqu’il s’agissait de journalistes, espèce médiatiquement protégée. Ce détail de la date, qui me paraît capital et au fond le seul intéressant, n'a même pas été évoqué ; pas une seule phrase à ce sujet. Ce détail me donne à penser que Calvi, qui connaît la musique comme son papa et qui est loin d'être un imbécile, tient à la pérennisation de ses rémunérations par France Télévision que certains jugent scandaleuses, est tout simplement servile et aux ordres ; il s’est donc bien gardé de poser la seule question qui était évidemment la plus gênante et la plus nécessaire !

Il est évident qu'on a dû faire très vite, en la circonstance, pour conclure une affaire déjà engagée, mais qu’on gardait sous le coude en cas de besoin politique urgent. Vu le bruit inattendu de l’affaire Aquilino Morelle, il a fallu absolument que, dès le lendemain, les journalistes libérés puissent être sur place à Paris avec tout l'appareil qui accompagne ces libérations médiatiques, les seules véritablement importantes et significatives pour les médias. Sauf erreur de ma part, l'émission a été enregistrée dans les locaux d'Europe1, avec, en tout cas, une abondante publicité en arrière-plan sur la chaîne ; à Villacoublay, on a noté la présence discrète mais significative de Monsieur Denis Olivennes qui a dû redevenir un homme de gauche pour la circonstance.

On a donc, en tout, soigneusement évité de montrer la concomitance voulue des faits (démission d’Aquilino Morelle et libération des otages) alors que la démission d’Aquilino Morelle Morel faisait grand bruit la veille. Tout a été oublié (et c’était bien entendu le but) avec la libération des otages qui a totalement éclipsé, du jour au lendemain, les cirages de godasses comme les conflits d'intérêts pharmaceutiques.

J'en finis par me demander si l’on n'a pas choisi, pour épargner les finances de la France, de livrer aux djihadistes Aquilino Morelle lui-même , en échange des otages et pour prix de leur libération. Après tout, voilà un homme qui, de toute évidence, a du foin dans ses bottes et, tout en nous en débarrassant, ils devraient bien arriver à en tirer quelque chose !

dimanche 20 avril 2014

Comme les routiers, les djihadistes sont sympas !

Comme les routiers, les djihadistes sont sympas !

Non seulement ils sont sympas, ces djihadistes, mais du fin fond de la Syrie déchirée par la guerre, ils demeurent attentifs aux moindres évolutions de la situation politique intérieure de la France et aux soucis de notre Président ! Il est vrai qu'ils savent qu'ils peuvent y compter sur la coopération immédiate et vigilante des médias français qui ne prennent feu et flammes, on le voit une fois de plus à la floraison soudaine de leurs « éditions spéciales », que lorsqu'on a enlevé ou libéré l'un ou l'autre des leurs.

La chose est d'ailleurs étonnante puisque, dans les dernières années, le meilleur moyen de promotion immédiate et forte, dans la corporation des journalistes, du plus obscur plumitif, a toujours été de se faire enlever. Non seulement, on bénéficie alors, dès son retour, d'une promotion immédiate au sein des organes de la presse écrite ou audiovisuelle,  mais on peut publier illico, sans problème, un bouquin sur sa captivité ou son enlèvement qu’on a eu tout le temps de préparer et pour lequel vous sont offerts immédiatement tous les micros et tous les écrans. Outre les promotions internes, vous êtes même en mesure de fonder des associations d’anciens otages qui vous permettent de rester dans la course et sur les plateaux comme d’être invité à Villacoublay ! À cet égard, se faire libérer à quatre en même temps est fâcheux pour la campagne de publicité des ouvrages qu'on a probablement eu le temps de rédiger déjà durant sa captivité. Bref, tout cela est bien connu mais c'est un autre problème que pose le titre de ce billet.

Ils sont tout de même sympas ces braves Syriens d'avoir pensé à libérer les quatre journalistes enlevés juste au moment où notre Président et son gouvernement se trouvent dans la plus fâcheuse situation avec la prise la main dans le sac de Monsieur Aquilino Morelle et la démission qui s'en est suivie, devant l’évidence de ses mensonges. Il ne fallait pas moins d'un événement de cette importance pour détourner l'attention du public qui commençait à s'indigner fort des mœurs gouvernementales ! Quatre « d'un coup », comme le petit tailleur du conte et, en outre, quatre journalistes, voilà qui était susceptible, plus que toute autre chose, de focaliser toute l'attention publique ; en outre, on ne peut guère imaginer, en la circonstance, que la manœuvre ait été machiavéliquement  conçue par l'ex-responsable de la communication présidentielle !

Sympas le djihadistes mais en outre prévenants, délicats et efficaces car le temps pressait ! Livraison gratuite et immédiate des quatre journalistes, pourtant enlevés indépendamment les uns des autres, et qu'on nous remet, gratis pro deo, « saucissonnés » si j'ose dire en pareil cas et avec des djihadistes, à la frontière turque, juste à temps et à portée, pour qu'ils puissent être le lendemain à Villacoublay pour la petite cérémonie qu'on n'a pas manqué d'y organiser.

Les journalistes français (ceux de France), toujours aussi mauvais en calcul que peu regardants sur les détails, nous annonçaient hier soir que tous les otages libérés étaient déjà dans l'avion, ce qui faisait un voyage d'une durée considérable depuis la Turquie pour être le lendemain matin à Paris ! Mais seuls les mauvais esprits comme moi  peuvent s'attacher à de si menues circonstances ! L'essentiel était de traîner un peu en route pour ne pas arriver dans la nuit à Paris et se débrouiller afin de tomber pile-poil pour les journaux télévisés dominicaux de treize heures. Sinon à quoi bon que ces djihadistes si sympas ils se décarcassent !

mardi 16 juillet 2013

Ingrid Betancourt et Sarkozy : bête à Bon Dieu ou bête de scène ?

Voilà déjà cinq ans qu'Ingrid Betancourt a été libérée par les FARC et on pouvait s'en croire débarrassé à jamais. Hélas non !

Ingrid, qui a divorcé dès 2009 (sans avoir jamais reparlé à son mari après sa libération !) est désormais très mal vue en Colombie pour avoir demandé à son pays 15 milliards de pesos en dédommagement de son enlèvement, dont les circonstances demeurent contestées (notre Nanard est un enfant de choeur à côté d'Ingrid, mais elle, elle s'est fait jeter, sans arbitrage favorable elle !). Vivant désormais à Londres, pour tenter de profiter du cinquième anniversaire de sa libération et donner un coup de main à son libérateur, elle n'a pas manqué de franchir le Channel pour venir faire une tournée promotionnelle sur les scènes médiatiques françaises ; elle espère sans doute ainsi ranimer un peu l'intérêt qu'on lui porte et justifier une réévaluation des tarifs de ses prestations.

Je me souviens qu'en 2009, j'avais quelque peu déplu à certain(e)s dans le blog que je faisais déjà, en ne participant pas avec assez de chaleur et d'émotion à la célébration de la libération d'Ingrid Betancourt.

J'en avais souligné la part de mystère, car celle qu'on avait montrée, au moment même de sa libération, sous le jour le plus sinistre, malade, amaigrie et dépressive, nous était apparue soudain en pleine forme physique et morale, passant en 24 heures de son enchaînement dans la jungle aux feux des projecteurs. On n'a jamais su quand avait eu lieu l'opération cosmétique.

Sont-ce les soins attentifs de son compagnon d'infortune (l'infirmier auquel elle a rendu hommage) ou sous l'effet d'un miracle comme elle le répétait alors? A l'époque, Ingrid se signait, à tout propos, comme un footballeur sud-américain ? Le fait-elle encore, faute de l'avoir vue, je n'en sais rien. Elle voyait en Dieu le premier de ces libérateurs miraculeux, juste avant le président Sarkozy qui, désormais, a doublé Dieu lui-même et est passé en première place. Dans sa tournée médiatico-politique en France, elle ne cesse de répéter qu'il est l'homme qu'il faut à la France) et cette promotion médiatique coïncide, toujours par miracle vous l'aurez noté, avec la réapparition publique de Sarkozy ! Petit renvoi d'ascenseur, non ?

J'avais été alors tout aussi réservé sur les conditions réelles de sa libération, en espérant que nous-autres Français n'avions pas été les seuls à mettre la main à la poche (les avions spéciaux plus la rançon qu'avait seule évoquée à l'époque la vilaine presse suisse). On aurait pu, au moins, partager les frais, puisqu'il y avait, entre autres, trois otages américains dans la même fournée libératrice ; la France, quoique fauchée, est, comme toujours et partout, grande et généreuse. J'avais aussi, comme bien d'autres, considéré que l'histoire d'infiltration des FARC était une vaste blague et que la fable de "l'infiltration" visait à "couvrir" les traîtres qui, bien entendu, n'avaient agi que contre espèces sonnantes et trébuchantes.

J'avais aussi fait remarquer, avec mon mauvais goût habituel, qu'un des membres les plus présents du comité d'accueil d'Ingrid était Florence Aubenas, autre ex otage chérie des médias, dont la libération avait tenu, elle aussi, mais dans un genre tout différent, du mystère. Dans ce dernier cas, le miracle était surtout ophtalmologique, car tous les médecins spécialisés s'étaient étonnés de voir cette journaliste affronter, sans problème ni protections la lumière du soleil, après avoir passé, à l'en croire, plus de cinq mois dans l'obscurité d'une cave. Il faut dire, et le cas n'est pas isolé, que dans le journalisme moderne, être pris comme otage est devenu assurément le meilleur moyen de promotion forte et rapide.

Mais Ingrid est aussi une bête de scène ; elle trouve toujours le bon geste et la bonne parole au bon moment, même si parfois elle "charge" un peu, comme elle l'avait fait alors, en prenant par exemple par la main le petit Nicolas dans un "remake" comique de la fameuse photo de Mitterrand et de Kohl, main dans la main, comme sur le chemin de l'école. Elle a réponse à tout, refaisant sans cesse les mêmes gestes et répétant les mêmes mots, tout en assurant à chaque média que c'est là l'exclusivité ou le scoop du siècle. Une vraie pro de la com', je vous dis !

Lors de sa libération, elle faisait déjà punaise de sacristie, alternant toutefois les déclarations d'amour à Dieu et au Président Sarkozy et sautant, sans problème et à pieds joints, de l'un de l'autre. Il faut dire qu'elle espérait à l'époque le prix Nobel de la paix et qu'on en était déjà à négocier le tarif de ses prestations. Un projet de film, conçu alors a été différé sine diem (« Ingrid chez les Ch’tis » ou « Bienvenue chez les FARC » ?)

Il faut dire et c'est là l'origine même de ce billet que j'ai découvert grâce à Yann Barthès et son "Petit Journal" sur Canal+ (sans doute en redif., vu la saison, car "Summer Closed"), il y a deux ou trois jours, que tout nos conférenciers à 25.000 ou 250.000$ figurent, en fait, dans une sorte de catalogue de la Redoute des conférences de "has beens" politiques, people ou autres, avec photos, tarifs et conditions à l'appui. Je n'ai pas pu trouver la référence de cet excellent catalogue car j'aurais aimé à le feuilleter puisque, dans la brève présentation qu'en a faite Yann Barthès, on a pu voir les binettes d'Hillary Clinton et ... d'Ingrid Betancourt

Cet ouvrage est extrêmement précis et détaillé ; vous pouvez y commander une conférence de Machin ou de Truc comme une paire de godasses ou un slip kangourou aux Trois Suisses. Rien n'y est omis. On vous donne les tarifs de l'intéressé(e), les prestations qui conditionnent sa venue (y compris la classe aérienne, pas pour elle ou lui, car le jet privé est sans doute recommandé, mais pour ses accompagnateurs), l'hôtel exigé et la qualité de la suite, le nombre des accompagnants, etc. Évidemment, les tarifs de Madame Clinton (comme ceux de Monsieur Sarkozy) ne sont pas ceux de la pauvre Ingrid Betancourt. À son sujet, on ne murmure que le modeste chiffre de 25 000 $ pour une conférence ; une misère pour une sainte miraculée, avec retour garanti sur investissement car Dieu vous le rendra, comme convenu, au centuple!
Toutefois, l'autre jour, dans les "Grandes Gueules" de RMC, où elle était, Ingrid a fini par avouer qu'elle vivait et finançait ses études (un doctorat en théologie à Oxford s'il vous plait) avec le seul profit qu'elle tire de ses conférences.

La "bête à Bon Dieu" (nom populaire de la coccinelle) portera-t-elle chance à son candidat déclaré ? En tout cas, ce n'est pas, comme dans mon titre "Ingrid, bête de scène ou bête à Bon Dieu" mais plutôt, vu ses récentes prestations médiatiques, "Ingrid bête à Bon Dieu de scène" ! Qu'est-ce qu'on dit Monsieur Sarkozy ?

dimanche 21 avril 2013

Brèves dominicales : Fabius au Cameroun


Comment échapper à la libération de la famille française enlevée au Cameroun qui occupe, depuis vendredi, toutes les radios et toutes les télévisions? Ce n'est pourtant pas qu'il ne se passe rien d'autre dans le monde, mais ça arrange tout le monde et c'est si facile de jouer sur l'émotion (ce qu'approuvent, à l'évidence, nos gouvernants). On a pu, au départ, à défaut des intéressés, interviewer toute la famille, jusqu'aux cousins les plus éloignés ; cela dispensait d'évoquer des sujets plus importants à travers le monde mais devenait vite lassant à force de dégouliner d'inévitables bons sentiments, répétés à l'envi..

Par chance en plus, cette famille est plus française que nature ! Comment pourrait-il en être autrement quand on s'appelle Moulin-Fournier (mieux encore que Dupont-Dupond), même si les prénoms des protagonistes font quelque peu feuilleton télévisé ? Cela dit, dans la conjoncture politique actuelle, ça vaut encore la peine pour un Président de la République de se lever, avec Madame, à cinq heures du matin pour aller à Orly plutôt que d'aller, à une heure même plus convenable, visiter une usine ou annoncer un plan social.

La seule chose qui m'étonne dans cette affaire, c'est le rôle de Monsieur Fabius, ministre des affaires étrangères. Il était déjà allé au Cameroun mi-mars et il y est retourné à nouveau pour la libération des otages. Un instant, je me suis demandé si nous avions bien, dans notre gouvernement, un ministre de la coopération ; vérification faite, nous en avons même DEUX, un homme et une femme, Monsieur Canfin (je crois) et Madame Benguigui (je suis sûr), ce qui en outre assure la parité. des sexes (et non des genres comme on dit bien à tort!). Voilà qui rend d'autant plus étonnant le double déplacement de Monsieur Laurent Fabius. Je me demande si compte tenu de la large médiatisation de la chose, il n'a pas voulu, à leurs dépens, jouer les premiers rôles dans les médias N'aurait-il pas quelque intention cachée et, après avoir été le plus jeune Premier Ministre de la France, caresserait-il le dessein d'en être le plus riche?

Je pense que nos instituts de sondages ont dû faire une étude spécifique pour déterminer avec précision le rôle de ce genre d'événement sur l'évolution des opinions ; il serait bien dommage en effet que François Hollande se soit levé si tôt un samedi matin, sans que cela ait quelque incidence sur sa popularité, même si, selon les premières informations, ça ne semble pas être le cas. En revanche, si ça marche, pourquoi ne pas en programmer un tel coup, de temps en temps?

Le pire est que cet événement, heureux en soi (surtout pour les pauvres gamins embarqués dans cette aventure), fait oublier la façon fort imprudente qui a conduit leurs parents à les emmener à cet endroit. Chacun sait, au Cameroun, qu'aller faire du tourisme à proximité de la frontière du Nigéria n'est pas un choix très recommandable. On ne rappelle pas ce genre de remarque sensée et utile, alors que les commentaires que suscite l'événement sont littéralement ineptes, quand ils ne sont pas faux.

Je n'ai regardé que quelques minutes, samedi 20 avril 2013 au soir, du long "sujet" consacré par Monsieur Delahousse sur France 2 à la question. On y avait invité pas moins de trois membres de la famille (les imprudents parents !) pour leur poser des questions du genre "Qu'est-ce que vous avez éprouvé en la circonstance lors de votre libération ?". On aurait pu s'amuser ou s'étonner s'ils avaient répondu qu'ils avaient été consternés d'être libérés ou qu'ils espéraient être dévorés par leurs kidnappeurs Il n'en a évidemment rien été et j'en suis resté là sans vouloir voir la suite.

En pareil cas, nos journalistes sont ce qu'ils sont, c'est-à-dire globalement nuls ; j'ai même pu observer, en même temps qu'ils ignorent la géographie et sont trop occupés pour regarder une carte de temps en temps. Ainsi, ai-je entendu, à plusieurs reprises, des confusions entre le Nigéria et le Niger, alors que le Niger n'a évidemment pas de frontière commune avec le Cameroun. Mais c'est si loin et ce ne sont, après tout, que des nègres ! A propos de journaliste et de Cameroun, à TF1, par prudence, tous les reportages exotiques, du Moyen Orient à l'Afrique sont assurés désormais par Patrick Fandio, reporter d'origine camerounaise. On ne se mouille pas à TF1 mais le pauvre doit être surbooké!

dimanche 17 mars 2013

Le trésor du pirate


Nous avons toutes et tous lu et aimé dans notre enfance L'île au trésor de Stevenson et nous avons rêvé avec lui de la découverte de ce fabuleux trésor.
"Fifteen men
On the dead man chest..."

Cette fiction est parfois réalité et à la Réunion, par exemple, de nos jours encore, certains rêvent de trouver le trésor d'Olivier Levasseur, dit "La Buse", un fameux pirate qui fut pendu dans l'île en 1730. En 1720, il avait capturé au port, un navire, Notre Dame du Cap, à bord duquel se trouvait le vice-roi des Indes portugaises qui avait dû faire escale à la suite d'une tempête. A bord, il y avait une fabuleuse cargaison de pierres et de métaux précieux dont le pirate se borna à s'emparer sans demander d'autre rançon.

La Buse passe pour avoir caché dans l'île (ou dans une autre des Mascareignes ou des Seychelles car il passa dix ans dans la zone) le fabuleux trésor du Vice-Roi.

La prétendue tombe de La Buse (au cimetière de Saint Paul qui n'existait pas lors de son exécution !) est plus facile à trouver que son magot que certains ne renoncent pas toutefois à découvrir. Il y a quelques décennies encore des bourgeois de l'ïle (dont un président du Conseil général, pour vous montrer qu'il ne s'agissait pas là de rêveries d'ivrogne) ont mené une campagne très active de fouilles dans le Sud-Est de l'île, en vain semble-t-il. Un personnage très connu de l'île, J. Tipveau, dit "Bibik", contribua aussi par ses récits à entretenir la légende du trésor de La Buse.

Au Nord-Mali, on va sans doute jouer, dans les années qui viennent, non pas l'île au trésor mais le trésor au désert. Le fameux Abou Zeid, que de nombreux témoignages déclarent mort, était en fait, dit-on, le seul dépositaire et gérant du trésor d'Al Qaïda et il a sans doute emporté dans sa tombe le secret de sa localisation. C'est un peu, dans un autre genre, l'histoire de Yasser Arafat dont on disait, après sa mort, qu'il était le seul à connaître, non pas les lieux d'enfouissement du trésor palestinien mais les diverses banques où avaient été ouverts les comptes numérotés destinés à recueillir les finances de mouvement.

Si l'importance du magot d'Abou Zeid n'est pas connue, on en connaît bien en revanche les sources. Les modes de financement sont  ceux des organisations mafieuses. On trouve trois grandes sources. La première, pour les djihadistes, est l’argent de ces rançons que pourtant personne ne verse! En fait 50 millions de dollars ont été payés dans la zone depuis 2003. L’Espagne et l’Italie auraient donné 8 millions d’euros pour libérer leurs ressortissants en 2009. Abou Zeid réclamait 90 millions d’euros pour la libération des sept otages français! Deuxième source de financement : la drogue. Les djihadistes se contentent souvent d’assurer la sécurité des trafiquants et prèlèvent leur dîme sur les produits. Troisième source de revenus, moins importante : l’argent du Qatar sous le couvert de l’aide humanitaire.

Mais revenons au trésor d'Abou Zeid. Nous ne sommes plus au temps des bonnes vieilles cartes où il fallait compter les pas, repérer les arbres et les rochers et où les malheureux complices de l'enfouissement du trésor devaient laisser leurs os dans la même fosse où l'on avait enfoui le trésor, de façon à s'assurer de leur part un silence définitif.

Peut-être Abou Zeid en a-t-il fait autant, à moins qu'il n'ait lui-même manié la pelle et la pioche ou qu'il ait choisi un autre type de cachette ; toujours est-il que le bruit court que, sans avoir besoin de faire des cartes ou des plans, il utilisait, en homme plus moderne, un GPS, grâce auquel il pouvait retrouver aisément les ccordonnées et les emplacements des différentes caches où il avait déposé son magot.

Cela risque de compliquer singulièrement la tâche des futurs amateurs de trésors qui devraient peut-être chercher plutôt le GPS que le fric !

mercredi 16 janvier 2013

Otages : la meilleure du jour. Honni soit qui Mali pense (suite)

9h08 sur radio "bignoles" RMC, Jean-Jacques Bourdin exprime son indignation devant la manœuvre des shebabs qui veulent organiser la mise en scène de l'exécution de l'otage français qui est sans doute déjà mort. Bourdin, avec ces accents d'indignation dans lesquels il excelle et dont il use de plus en plus à tout propos, annonce solennellement que, pour lutter contre cette ignoble propagande, il ne dira plus un mot à propos de l'otage de… Niamey.

Notre spécialiste, après tout, ne confond guère que le Niger avec la Somalie et il y a que quelques milliers de kilomètres entre Niamey et Mogadiscio. J'admets que tout le monde peut se tromper, mais non seulement il ne s'en rend pas compte mais nul ne s'aperçoit de cette bourde (c'est, de sa part, le cas de le dire !) dans son entourage de jouvenceaux hilares et débridés le matin, sans doute faute même, par ignorance de la géographie, de la percevoir.

Cette information étant sinon la plus importante du moment du moins la plus scandaleusement comique, je vous la livre immédiatement et je reviendrai un peu plus tard sur les affaires maliennes pour lesquelles il y a pas mal à dire

11 heures

Honni soit qui Mali pense (suite)

« L'espoir changea de camp, le combat changea d'âme ».

Si ce vers de Victor Hugo figure dans le récit de la bataille de Waterloo (ce n'était pas Grouchy mais Blücher !), les choses sont en train de changer au Mali où l'opération "Serval" est à géométrie des plus variables. Entre nous, drôle de nom pour une opération que celui d'un mini-félin africain plus proche du chat que de son lointain cousin le lion, qui ronronne (comme le chat ce que ne fait pas le cousin léonin), qui crache et surtout pisse toutes les deux minutes !

Les militaires en retraite érigés en experts (certains ont même ouvert boutique) ne quittent plus écrans et micros. Selon eux, comme selon notre Président, l'intervention française devait se situer au plan purement logistique et ne mettre guère en œuvre que des troupes françaises stationnées en Afrique, au Tchad ou en Côte d'Ivoire. Or voilà que nos médias se précipitent sur les mamans et les papas de militaires qui s'envolent toutes affaires cessantes pour Bamako ; on nous annonce soudain que 2500 soldats français seront engagés dans une opération qui n'a plus rien de purement logistique. Si l'on ajoute qu'un nombre égal de soldats africains serait envoyé au Mali par la Communauté de l'Afrique de l'Ouest, ce n'est pas moins de 5000 ou 6000 hommes que vont devoir affronter le pauvre millier de désormais "terroristes" qui occupaient le Nord et que les bombardements auraient poussés à attaquer désormais le Sud..

Pour être simple et pour ceux qui sont peu familiers avec la géographie du Mali, assez étonnante d'ailleurs, cet Etat a la forme d'un immense sablier dont la partie haute (le Nord) est bien plus grande que le Sud. Les djihado-terroristo-indépendantistes qui, jusqu'à présent, ne se tenaient que dans la partie haute du sablier ont désormais franchi son rétrécissement médian, en attaquant en particulier Diabali qui est situé à l'ouest de Mopti, seule ville importante qui se situe, en gros, juste sur la partie rétrécie du sablier malien.

On peut certes s'interroger sur les raisons qui ont poussé les troupes du Nord à franchir cette limite Nord-Sud et à attaquer le Sud. Nos retraités militaires devenus experts comme un certain nombre de prétendus spécialistes du Mali suggèrent qu'il y a là une erreur stratégique de leur part, ce que, personnellement (en tant que "marsouin" deuxième classe de réserve), je ne crois absolument pas. Ces prétendus experts soulignent que les premières frappes aériennes françaises sur les villes du Nord occupées qui les auraient poussé à ces attaques. Je n'en crois rien, pour la simple et bonne raison, qu'elles ont semble-t-il commencé avant ces frappes qui n'ont été qu'une riposte. En réalité, les responsables militaires de ces islamistes ont choisi d'attaquer le Sud pour donner un but militaire et idéologique à leurs troupes, qui, depuis quelques mois, ne cessaient de s'opposer voire de s'affronter entre elles. C'est d'ailleurs là l'analyse de ce journaliste anglophone que je citais hier et qui me paraît plus raisonnable que nos prétendus experts.

Les troupes maliennes ont une fois de plus montré à Diabali leur totale incapacité à résister à des soldats expérimentés bien armés. En revanche, le combat tend à devenir désormais très inégal tant sur le plan du nombre (5000 ou 6000 hommes du côté de Bamako contre un gros millier chez les nordistes) comme des armements (les Français disposent probablement d'une centaine de véhicules lourds, dont des chars d'assaut qui d'ailleurs ne semblent pas une arme très adaptée aux configurations du terrain, sans parler - et je l'ai vu de mes yeux - des missiles anti-chars dont on voit mal l'utilité !). Ajoutons-y l'armada aérienne qui rendrait la lutte totalement inégale, si elle se déroulait sur un terrain favorable à de telles actions. En fait, et on le voit déjà, il est infiniment probable que les nordistes vont engager le combat sur celui de la guérilla dans un terrain qui leur est parfaitement familier.

Ce qui est le plus curieux dans cette affaire est le début de la "guerre psychologique" et là aussi nous sommes bien armés avec les "conseillers médias" de nos forces !  On peut l'observer, à travers en particulier des médias mauritaniens qui sont favorables aux islamistes du Nord ; on y parle déjà, en effet de "retraits tactiques" ou de "replis stratégiques", lorsque ces troupes du Nord sont obligées de se replier devant les bombardements et bientôt les assauts. Tout cela cela fait penser à la propagande allemande de la Deuxième Guerre Mondiale où les déculottées teutonnes sur le front de l'Est devenaient, dans les médias hitlériens ou vichystes, des "replis sur des positions préparées à l'avance »!

Quant aux frappes et aux bombardements, c'est une arme à double tranchant. Si dans les bombardements de Gao et deTombouctou, on a parlé d'une centaine de morts chez les combattants djihadistes, il est peu probable que les populations civiles aient été totalement épargnées ; il semble, en tout cas, du côté de Diabali, que les nordistes aient commencé à prendre en otages des notabilités locales ainsi que leurs familles qui serviront de "boucliers humains", sans parler des enlèvements en Algérie (un Français et cinq Japonais) que j'apprends en écrivant ce blog!

"Quelle connerie la guerre!", comme écrivait Prévert et chantait Barbara.

samedi 12 janvier 2013

Un gagnant parisien à l'Euromillion


Le bruit court qu'un certain François H. habitant rue du Faubourg Saint-Honoré à Paris, aurait touché le jackpot politique de l'Euromillion !

Notre président a dû enfin passer une bonne nuit, illuminée qu'elle était par deux bonnes nouvelles, même si l'une d'entre elles peut faire l'objet de quelques appréciations divergentes.

La première a été qu'en dépit des bruits alarmistes qu'on avait eu soin de répandre hier durant la journée pour donner plus d'éclat à l'issue heureuse des 48 heures d'entretiens sociaux, le texte a été adopté. Comme prévu et comme on le savait, le texte proposé par le Medef a été refusé par la CGT et FO. L'astuce a donc consisté jusqu'au bout à entretenir le suspense et à faire croire à la défaite pour pouvoir crier victoire avec plus de force et d'éclat. La recette est vieille comme le monde ! Ça ne mange pas de pain mais je ne pense pas, hélas, que ça permettra d'inverser la courbe du chômage avant la fin de l'année, ce qu'on nous promet et ce que je souhaite comme tout le monde bien entendu.

La seconde prétendue bonne nouvelle d'hier a été l'entrée effective de la France dans le conflit malien, ce que, il y a peu de temps encore, notre président semblait vouloir éviter à tout prix. Certes, nous avons la bénédiction du conseil de sécurité de l'ONU, qui en est à sa troisième résolution dont on a vu dans le passé ce qu'elles valent. Tout le monde, en restant sur son séant bien entendu, nous encourage ; les États-Unis nous félicitent et iront jusqu'à nous prêter quelques drônes d'observation (moins visibles que des Marines !) avec leur mode d'emploi, Les Européens, Anglais et Allemands en particulier, nous adressent tous leurs vœux de succès sans pour autant bouger ; il paraît même que deux Etats de l'Afrique de l'Ouest (dont l'exemplaire Nigéria!) suivent avec beaucoup d'intérêt les choses et sont même prêts à nous envoyer quelques soldats nigérians dont ils ont pourtant bien besoin chez eux.

J'entendais ce matin sur France-Info deux grands experts en matière d'intervention militaire : Monsieur Longuet, ex-ministre de la Défense nationale et grand connaisseur en stratégie militaire de ce simple fait et Madame Guigou, qui préside de la commission des affaires étrangères, plus habituée aux robes d'avocat et de magistrats qu'aux battle-dress. L'un et l'autre ont causé dans le poste pour ne rien dire, ce qui n'est pas trop grave.

J'ai même entendu l'envoyé spécial de France Info qui avait la prudence lui aussi de nous entretenir depuis Bamako sur les combats de Konna, à 500 km au Nord-Est, dont il ne savait manifestement pas grand-chose, car, comme en Syrie, les "envoyés spéciaux" sont de plus en plus prudents, ce qui rend leur témoignage de plus en plus aléatoire et par là inutile !

Pour faire bonne mesure, on a même essayé, semble-t-il, de glisser la Somalie sous le Mali et d'y libérer l'agent de la DGSE qui avait y été capturé. Cette action aurait, semble-t-il, causé trois victimes du côté français dont l'otage lui-même; en principe, en Azawad, vu la densité de la population, on ne risque guère  les "dommages collatéraux".

Nous ne sommes pas sortis de l'auberge sahélienne comme je l'ai dit à diverses reprises dans mes blogs « Honni qui Mali pense ».. Je n'y reviens donc pas.

Un moment pittoresque toutefois dans la radio du matin, l'interview d'une brave Réunionnaise, belle-sœur de l'otage du Nigéria, à qui on a omis sans doute d'expliquer que le Nigéria n'est pas le Mali ni même le Niger. Chacun sait que les Français ignorent la géographie et qu'au Nigéria l'enlèvement des otages est une petite activité artisanale, couramment pratiquée puisque des sociétés d'assurances se chargent de les racheter à prix abordables, ce qui crée une situation totalement différente de celle que connaissent nos otages du Mali et du Niger. Mais on ne peut pas demander quand même aux journalistes, en plus de prendre des risques au bar du Hilton ou de l'Intercontinental, de connaître un peu la géographie.

"Wait and see" comme disent nos amis anglais qui nous encouragent de loin..

Passé le moment de l'euphorie, attendons la suite car le texte approuvé hier sur la "flexisécurité" risque fort d'être amendé à l'Assemblée nationale par quelques députés de la majorité qui veulent faire valoir à la tribune et par des amendements l'éclat de leur rositude. Quant au Mali, les pilotes de nos hélicos et nos avions d'observation seront bien inspirés de se souvenir qu'on en est plus aux antiques pétoires des Tamasheq et qu'on a rapporté de Libye des missiles sol-air dernier cri dont on pourrait bien faire usage dans les rangs des Islamistes.

Pour nous, ça va Mélanronchonner, mais on commence à y être habitué et c'est "Pour la France !" comme on dit (mais pour combien de temps ?) à l'UMPSUDI.

 

jeudi 27 décembre 2012

Otages


Les deux sujets de ce matin du 27 décembre 2012 sur les radios bignoles sont la question des otages du Sahel, suite aux déclarations d'un des dirigeants de l'AQMI qui devait avoir besoin de sous pour le Noël et le moral des troupes et l'Afghanistan, dont nous pensions être débarrassés, mais où nous envisageons de rapatrier les interprètes afghans de nos troupes car, assurément, s'ils restent au pays, ils y subiront le sort qui fut celui des harkis autrefois.

Où est le rapport, allez-vous me dire, lecteur impatient et curieuse lectrice (vous aurez noté le chiasme)?

Il est à la fois dans les otages du Niger et du Mali (et même désormais du Nigéria) et dans les troupes françaises en Afghanistan (laissons de côté les interprètes).

Le point commun aux otages et aux militaires est l'unanime déploration de leur sort alors que les uns et les autres sont allés sur ce terrain lointain et présumé dangereux, sinon de leur propre initiative, du moins avec leur accord. Liquidons d'abord l'aspect militaire.

Le deuxième classe de réserve que je suis (je souligne la rareté de l'espèce dans l'infanterie de marine, corps d'élite dont je suis issu) sait bien que nul n'a été envoyé en Afghanistan contre son gré (rappelons qu'il n'y a désormais plus de service militaire, même si certains rêvent de le rétablir). Non seulement ces séjours lointains sur un terrain d'opérations ne sont pas une punition, mais ils sont, en général, enviés en raison des avantages qu'ils présentent sur toutes sortes de plans (soldes, avancement, carrière, etc.). Il y a bien sûr les risques de blessures voire de mort. Toutefois, non seulement ils sont inhérents à l'état militaire, mais on peut dire, si l'on se place sous l'angle purement professionnel, que les risques n'y sont pas plus grands que dans un certain nombre d'autres métiers.

Le cas des otages est différent.

Vous aurez noté, comme moi, qu'on n'enlève plus de journalistes comme ce fut un moment la mode, la captivité étant devenue dans cette branche la principale voie de promotion rapide. La déploration unanime, dont ces enlèvements faisaient l'objet dans tous les médias, n’était, au fond, que le masque de l’auto-exaltation de ce métier qu’on présente toujours comme aussi glorieux que dangereux, mais dont la presse française donne, au quotidien, une si pitoyable image. Les journalistes sont,, sans doute aussi, devenus prudents comme le montrent les événements de Syrie qu'ils "couvrent" plutôt depuis le Liban et la Turquie. Après tout nos Rouletabilles, comme le grand Lucien Bodard, n’ont qu’à faire leurs reportages « de terrain » depuis le bar du Hilton à Beyrouth ou à Istamboul. Qu’ont-ils à aller chercher dans des villages paumés à la rencontre de populations dont ils ignorent tout et dont ils ne connaissent pas la langue? Ce faisant, ils me font penser à certains chercheurs français en sciences humaines et sociales qui, par une analyse du même ordre, faisaient venir à Paris leurs témoins du fond du Sud pour les interroge à loisir sur le Boulevard Saint-Michel ou à la Contrescarpe !

Rappelons à cet égard d'un mot, la situation professionnelle des principaux otages qui sont, sauf erreur, pour le Sahel, au nombre de sept.

AQMI détient quatre employés du groupe nucléaire français Areva et de son sous-traitant Satom, enlevés le 16 septembre 2010 à Arlit, dans le Nord du Niger, et deux géologues Philippe Verdon et Serge Lazarevic, capturés le 24 novembre 2011 dans le nord du Mali. Tout cela sent donc furieusement l'uranium ! Un septième otage a été enlevé le 20 novembre dans l'ouest du Mali par un autre groupe islamiste armé, le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest, le MUJAO. Un autre Français, travaillant pour l'entreprise Vergnet (société, spécialisée dans l'eau et les énergies renouvelables), a été enlevé le 19 décembre 2012, dans le nord du Nigeria, par le groupe islamiste Ansaru qui lié aux extrémistes islamistes nigérians de Boko Haram.

Tous ces otages étaient donc en Afrique pour des raisons professionnelles, employés par des firmes connues et, faut-il l'ajouter, avec des salaires très importants qui sont en général trois fois ce qu'ils percevraient ailleurs. Le métier d'"expat." est en effet très rémunérateur, même sans prendre en compte les embrouilles fiscales, et il est, de ce fait, très recherché par un certain nombre de salariés.

Le cas de l'otage capturé au Nigéria est assurément le plus intéressant, car il permet une comparaison avec ce qui se passe dans des Sociétés étrangères, essentiellement anglaises ou américaines, qui emploient des expatriés dans cette région avec des risques d'enlèvements plus grands encore, car cette petite industrie est très pratiquée dans cette zone. Ces sociétés ASSURENT  en effet leur personnel contre ce risque par le biais d'autres sociétés, en relation avec des compagnies d'assurances qui, en cas d'enlèvement, prennent en charge toutes les négociations avec les ravisseurs, en vue de la libération des otages, et payent les rançons, agissant comme une compagnie d'assurances pour n'importe quel type de dégâts ou de désagréments.

On se demande donc pourquoi Areva ou Satom ne pratiquent pas le même système et pourquoi, quand il s'agit de Français, on s'en remet à l'État lui-même en donnant ainsi à un problème crapuleux une dimension politique. Bien entendu, la France, en dépit de ses dénégations, paiera pour obtenir la libération de ces otages, que ce soit en espèces sonnantes et trébuchantes ou en armes, ce qui est probablement le cas le plus souvent, mais qui permet d'affirmer haut et fort, jésuitiquement, qu'on n'a pas payé de rançon.

Naturellement ces questions ne sont jamais évoquées dans notre presse ; on nous présente en revanche, avec une émotion touchante, les familles des victimes sans aborder le fond du problème et en entretenant un flou absolu aussi bien sur les véritables revendications des ravisseurs que sur les réponses de l'État, le tout au nom de la sauvegarde des otages. Quant aux sociétés en cause et aux raisons qui ont conduit les expatriés à se rendre dans ces pays, le silence radio et télé est de rigueur.

 

 

 

samedi 2 juillet 2011

La chose se confirme : Le bon Dieu est bien un farceur !

Si vous ne croyez pas que le bon Dieu est un farceur, vous pouvez aisément vous en convaincre en regardant simplement les événements des derniers jours que nous venons de vivre.

Comme je le soulignais dans mon dernier post ("Un caillou dans le yaourt ou un os dans le fromage ?"),il est clair que le bon Dieu est assez facétieux pour s'amuser à contrarier les desseins des puissants de ce monde et, par là, nous faire sentir notre ridicule petitesse et le dérisoire de nos projets les mieux ourdis.

Considérez comment il a su, mine de rien, contrarier les plans des grands spécialistes de la communication présidentielle qui avaient si soigneusement préparé la libération des deux journalistes otages Les anciens avaient bien raison de dire, en latin puisqu'ils causaient alors en cette langue : "Quos Jupiter vult perdere dementat" . Ceux que Jupiter veut perdre, il les rend fous. Il peut aussi tout simplement les rendre bêtes. Ainsi nos grands stratèges de la communication n'ont- ils pas pris conscience que le mercredi, qu'ils avaient si soigneusement choisi pour l'annonce de cette nouvelle, en raison de la retransmission télévisée de la séance de l'assemblée nationale, était aussi le jour de la parution du Canard enchaîné. Rien de grave au premier abord mais c'était compter sans le goût de notre cher bon Dieu pour les bonnes blagues. Dans sa grande sagesse et ses vastes desseins, ce dernier s'était en effet arrangé aussi pour que ce journal satirique ait, ce même jour, à sa disposition, les pittoresques et imprévues informations sur les bienfaits que le président Ben Ali dispensait à la presse française ( de droite surtout) pour s'en attirer les bonnes grâces et faire vanter ses mérites dans ses colonnes (celles de notre presse, pas de Ben Ali !).

En ce 1er juillet, le bon Dieu, peut-être réjoui par l'arrivée des vacances, a redoublé encore de facéties, dans un tout autre domaine toutefois. Tout était réglé depuis des mois pour que soit célébré sous les feux concentrés de tous nos médias, le mariage d'Albert de Monaco avec son ondine sud-africaine. En dépit des rumeurs et dans ma crainte respectueuse des fureurs procédurières des Grimaldi, je me garderai de toute plaisanterie à propos du mariage gay que ce même bon Dieu facétieux avait peut-être lui-même mis sur le tapis à dessein à ce moment là. En tout cas, ce même bon Dieu, dans sa toute puissance, s'est arrangé pour faire éclipser la cérémonie nuptiale par le rebondissement inattendu de l'affaire DSK qui a mobilisé tous les médias. Le pire est que ce même bon Dieu a poussé le vice jusqu'à faire en sorte que le juge new-yorkais fixât l'audience du tribunal de New-York, prévue pourtant pour le 18 juillet, au jour et à l'heure mêmes où était célébré le mariage princier. Nos médias se sont donc trouvés, tels l'âne de Buridan (entre le picotin et le seau d'eau) ou, plus noblement, l'Héraclès de Prodicos (entre le vice et la vertu), devant un choix douloureux et se sont finalement concentrés plutôt sur le second événement, car, pour le premier, depuis quelques semaines, nous avions un petit peu épuisé les charmes nuptiaux de la principauté et cela d'autant que le bruit avait couru que la mariée avait failli filer à l'anglaise deux jours avant la noce. Je ne vous dit même pas le bruit de cette nouvelle affaire DSK dans le petit Landernau de la rue de Solférino ! Comme disait le derviche de Candide (de Voltaire, Monsieur le Ministre !) : « Quand sa Hautesse envoie un vaisseau en Egypte, s' embarrasse-t-elle si les souris qui sont dans le vaisseau sont à leur aise? ».

Dans l’affaire DSK que d’aucuns regardent comme close, le bon Dieu nous a peut-être encore réservé quelques surprises. Un peu bizarre non ce reproche fait à Madame Diallo de ne pas avoir mentionné dans sa déposition un viol subi en Guinée et allégué, en revanche, dans sa demande de droit d’asile ! Il est courant pour les demandeurs d’invoquer des violences politiques ou physiques pour justifier leur demande, sans pour autant les mentionner à tout propos, surtout en pareil cas. On s’étonne un peu aussi de voir une femme de chambre new-yorkaise, de toute évidence fort occupée et sans grande ressources, disposer de 100.000$ sur divers comptes d’autres villes du pays et servir de plaque tournante à un trafic de drogues ! N’y aurait-il pas là en fait plusieurs Madame Diallo, ce nom étant celui des Dupont de la Guinée ?

Je tremble d'avance en me demandant quelles facéties nouvelles va imaginer notre bon Dieu dans les jours qui viennent. Sur quel événement va-t-il concentrer son imagination et que va-t-il bien pouvoir encore nous inventer ?

Dernières minutes en ce dimanche 3 juillet :
Il se confirme que Madame Diallo non seulement est, en fait, à la tête du cartel de Medellin mais que c'est elle qui, auparavant, avait volé la Joconde : bien des indices donnent désormais à penser que c'est aussi elle qui cassé le vase de Soissons et les bras de la Vénus de Milo : On attend de nouvelles révélations!

Dimanche 3 juillet (16 heures 04 GMT) . Ma fille m'apprend que de source sûre (proche de la CIA) Madame Diallo aurait trempé dans l'assassinat de J.F. Kennedy.

jeudi 30 juin 2011

Otages : Un caillou dans le yaourt ou un os dans le fromage ?

Je ne sais pas laquelle de ces deux formules de notre métaphorique populaire convient le mieux à la situation que je vais évoquer dans ce post. A vous de juger !

Dieu sait pourtant que nos experts en communication avaient mitonné leur coup de main de maître. Il ne s'agissait pas, en pareille période, de récupérer n'importe où et n'importe comment nos deux précieux otages qui en tant que journalistes de profession sont à la fois le sel de la terre de l'information et la source inépuisable de l’inspiration médiatique.

A « NOTRE », journal de France2, comme s’obstine à le dire sottement car c’est le sien hélas et non le nôtre, Madame Lucet qui, je crois, est la « productrice » de l’émission de télé qui avait envoyé les deux loustics sur le terrain pour je ne sais quel magazine d'information, était à ce dernier titre sous les projecteurs et rayonnait par tous les pores. Elle avait même été sur le terrain à Villacoublay et, de ce fait, elle pouvait enfin, pour une fois, faire la nique à Jean-Pierre Pernaut, resté à la maison à se coltiner ses paysans.

Tout avait été réglé de main de maître ; l’après-midi du mercredi avait été à dessein choisi puisque c'est le moment de la télé à l'assemblée nationale ; de ce fait, on allait pouvoir faire l'annonce de la libération, non seulement devant la représentation nationale, où même la gauche allait devoir se lever, bon gré mal gré, pour applaudir, mais aussi devant toute la France des seniors qui, en cet après-midi du mercredi, somnole devant sa télé et qu'on allait réveiller par cette annonce tonitruante. De ce côté-là, tout avait été prévu et tout a marché comme sur des roulettes (ou plutôt des chaises roulantes).

On a même dû faire une standing ovation bis puisque, ce jour-là était aussi celui où Christine Lagarde faisait ses adieux à l'assemblée nationale, en feignant d'écraser une larme furtive et modeste. Du grand art. Idem pour la communication officielle sur l’arrivée et le couple présidentiel, comble de l'astuce, nous l’a jouée discrète voire absente.

Dans les médias, nous avons donc eu droit (et hélas ce n'est pas fini, mais fort heureusement nos deux rouletabilles ont des familles nombreuses, riches terroirs pour de multiples « scoops » et « exclus ») à tous les couplets habituels sur la grandeur, voire l'héroïsme du métier de journaliste, dont la déontologie est si grande qu'elle pousse parfois ces modernes héros à sacrifier leur vie sur l'autel de l’information.

Si les services de la communication ont été parfaits et à la hauteur de leur tâche en la circonstance, on ne peut en dire autant du renseignement et de la réflexion préalables et circumvoisins . On aurait en effet dû songer que si le mercredi est le jour de la séance télévisée à l'assemblée nationale, c’est aussi hélas celui où paraît le Canard enchaîné. Cette concomitance permet même aux représentants du peuple une saine et opportune lecture quand, une fois réveillés, ils sont, par bonheur, hors du champ des caméras de France3.

Or ce sinistre volatile a eu la mauvaise idée (peut-être même perfide), ce mercredi-là, de publier un article sur le réseau d'influence (pour ne pas dire de collusion) que Ben Ali avait mis en place auprès de la presse française, pour la gagner à sa cause par ces petits cadeaux qui entretiennent l'amitié quand ils ne sont pas propres à la faire naître.

Ben Ali avait même créé, à cette fin précise, une « agence tunisienne de communication extérieure » à laquelle il versait 200 000 € par an pour payer, sous des formes diverses, à la presse française (surtout de droite il est vrai) la publicité rédactionnelle en faveur de l'éloge permanent de son pays et surtout de son régime.

Je ne vous ferai pas ici la liste de tous les bénéficiaires de ces largesses ben-aliennes, personnelles mais souvent familiales, puisque vous pouvez la trouver aisément dans le Canard enchaîné, s'il en reste encore en kiosque car les intéressés ont dû le faire rafler dans les boutiques quand ils le pouvaient mais aussi dans les sites Internet dont en particulier Rue 89 qui a vendu la mèche et repris l’article de l'hebdomadaire satirique.

Sachez seulement que cela va du Figaro (largement représentés) à BFM-TV en passant par M6, le Parisien ; la vertueuse Françoise Laborde a même eu la chance en passant de France2 au CSA de remettre le compteur à zéro et de doubler la mise avec des conditions qui étaient plus dignes de sa nouvelle fonction.

Vous comprendrez aisément qu'avec de telles révélations en ce jour de gloire et d’apologie de notre presse, la morale professionnelle, la dignité et, en un mot, la dé-on-to-lo-gie de la fonction journalistique française en prennent un sérieux coup, du moins aux yeux de ceux qui étaient encore assez naïfs et mal informés pour croire les discours qu'on ne cesse de nous tenir à ce propos alors que les faits ne cessent de les démentir.

Alors « os dans le fromage » ou « caillou dans le yaourt » ?

lundi 3 janvier 2011

Connerie et gastro-entérite.

Pour des raisons qui me sont personnelles et dont le détail importe peu ici, j'écoute souvent, d'une oreille distraite « les grandes gueules » sur RMC entre 10:00 et 13:00. Je ne me consacre pas naturellement à cette seule tâche mais il y a là, néanmoins, une fenêtre d’observation de la société française qui est parfois riche d’enseignements, surtout à un moment où il n’y a pas grand chose à écouter, sur nos ondes, entre les sempiternelles réitérations de France-Infos et le bavardage boboïsant de France-Culture !

Ce matin, 3 décembre 2011, première émission de l’année, nous étions gâtés, puisque l’invité du jour était Axel Kahn (le frère de JFK), président de l'université Paris Descartes a-t-on pris soin de nous préciser, sans doute à sa demande. Paris Descartes est, en fait Paris-V, mais les universités parisiennes n'ont pas eu la sage modestie de se contenter de leur numéro d’ordre de la loi, de 1 à 13, et, pour la plupart (sauf les « banlieusardes"), elles se sont dotées de noms qu’elles jugeaient prestigieux, essayant en particulier de s'approprier l'illustre dénomination de feue la Sorbonne.

L'écoute de cette émission m’a aussitôt fait penser à l'épidémie de gastro-entérite qui sévit dans notre région et qui s'y répand comme la foudre. La connerie est décidément aussi contagieuse que la gastro-entérite, avec cette différence que, si la seconde se répand, dit-on, par manque d'hygiène (on se lave pas suffisamment les mains avec ces coûteux produits qui ont surgi avec le virus H1N1 et dont on a su, après coup, qu'ils sont sans effet), la première, hélas, prend un caractère pandémique, sans qu'on soit véritablement en mesure de préciser la cause de cette foudroyant contagion.

La dite émission de RMC est l’une des plus populistes de cette radio qui est elle-même parmi les plus démagogiques des chaînes françaises. Il doit figurer, dans les modalités de recrutement et les contrats des employés de cette radio, qu'il leur faut prononcer, au moins toutes les dix secondes, le nom de la chaîne qui les paye, de préférence accompagné d'un slogan lui reconnaissant la première place dans l'audiovisuel français et en vantant les mérites supposés.

Dans la mesure où cette chaîne diffuse essentiellement de la publicité, il est évident qu'il faut attirer, par d’autres moyens, le chaland qui, en téléphonant les sottises qu'il se sent généralement obligé de porter à la connaissance de Monte-Carlo et, au-delà, de la France, espère toujours gagner quelque chose. Il est bon, pour être retenu à l'antenne, de promettre d’adjoindre à ses propres sornettes les flagorneries obligées à l'égard de la station ; on multiplie donc à RMC, à ces fins, les concours et les appels de toutes sortes aux auditeurs.

Ce matin les deux producteurs de l'émission (dont, paraît-il, les salaires dépassent largement la centaine de milliers d'euros, ce qui paraît proprement aberrant) présentaient leur géniale invention du jour, un nouveau « jeu » qui consiste à choisir parmi 10 événements qu’on peut prédire pour 2011, de la candidature de Dominique Strauss-Kahn à la libération des otages de FR3. Dans le jeu, testé sur les participants à l’émission, c’est, mais vous le devinez déjà, la libération des deux journalistes-sic qui est arrivée en tête avec toutefois une circonstance amusante. En effet le curé poitevin, qui fait partie de l'équipe. tout en se prononçant avec émotion pour cette libération, ignorait jusqu'aux noms de ces deux olibrius et s’est trompé à deux reprises dans l'énoncé de leurs patronymes ! C'est dire tout l'intérêt qu'il porte, en fait, à leur libération, ce qui est d’ailleurs plutôt de sa part une preuve de bon sens.

Axel Kahn, qui me semble plutôt un homme intelligent (qu'a-t-il donc à vendre pour se fourvoyer dans cette galère?), a été naturellement atteint par la gastro-entérite mentale qui règne parfois dans cette émission, mais en donnant aux banalités moralisatrices qu’il énonçair ( c’est son péché mignon) cette couleur intellectuelle sur laquelle se fonde sa réputation de brillant causeur dans les salons parisiens.

Bref, je voulais vous parler de la publicité sur laquelle se concentre ma haine la plus féroce, à condition toutefois d'en excepter les publicitaires eux-mêmes qui sont encore plus haïssables que les produits qu'ils concoctent.

Ce sera donc pour une autre fois.

lundi 20 septembre 2010

Du Maroc au Niger.

Ce matin, lundi 20 septembre 2010, j’écoute, distraitement comme souvent, Europe 1 puis RMC.

Vers 8:30, j'ai entendu Djamel Debbouze qui, pour une fois, à l’entendre, s'était levé tôt pour venir faire à la radio la promotion de son film « Hors-la-loi » (un retour aux sources de sa fortune en quelque sorte !).

Comme il l'a confié à Fogiel, il lui coûte beaucoup de se lever le matin, et sans doute avait-il dû prendre prendre quelques lignes, comme Jean-Luc, pour parvenir à s'extraire de son lit à une heure si matinale.

Je passe sur la promotion du film, dont on peut assez facilement deviner à la fois le contenu et le ton. Ce qui me paraît le plus intéressant dans l’affaire, ce sont les remarques philosophiques ou personnelles, qui ont agrémenté sa prestation. Les premières sont d'ordre social. La principale est la suivante restituée ici avec la plus grande exactitude : « La délinquance est la preuve de la bonne santé de la société ». L'aphorisme est aussi fort qu'inattendu. J'avoue ne pas en bien avoir pénétré le sens et, d'ailleurs, Djamel ne s'est pas attardé sur une explication précise de cette vérité.

Fogiel, peu soucieux de s'étendre sur le film lui-même, a évidemment branché son interlocuteur sur les Roms, le plat du jour à la cantine des médias. Là aussi Djamel s'est montré aussi simple que définitif. Pour lui, Roms Gitans et Tsiganes sont une seule et même chose ! La principale remarque d'ordre personnel est que, dans ce film, il parle arabe par moments et, comme il l'a modestement ajouté (et je cite toujours très exactement) il est « parfaitement bilingue ». Pour l'arabe, je ne me prononcerai pas, mais, pour le français, je mettrai quelque bémol, surtout pour ce qui concerne le lexique dans la mesure où il semble ne pas avoir que les Roms qu'il évoque, ne sont, en rien, des citoyens français, à la différence de bien des gens du voyage qu'on confond avec eux, ce qui pose évidemment tout le problème dans cette affaire. Voilà pour le français ; quant à la geographie et à l’histoire, je ne suis pas sûr que Djamel sache où se trouve la Roumanie et, moins encore, la condition qui y est celle des Roms qui, faut-il le préciser, y ont été ESCLAVES jusqu’en 1867 !

Ajouterai-je que je trouve Djamel bien ingrat envers la France quand on voit le sort qu'elle lui a fait et la façon dont il mène contre elle une guerre sournoise du fonds de son gigantesque et luxueux appartement parisien ou de l'une ou l'autre de ces multiples voitures de luxe. Au fait avec 500 mètres carrés, il pourrait sans doute accueillir quelques-uns de ces pauvres Roms ?

J'ai alors zappé vers RMC pour y entendre des propos sur l'affaire de l'enlèvement des otages au Niger. Un auditeur qui avait téléphoné (car on n'entend guère que des auditeurs à cette heure-là, ce qui permet à la fois à M. Bourdin de prendre son petit déjeuner sans trop se fatiguer et à RMC de faire sa publicité puisque c'est là une des exigences majeures pour avoir le droit de passer à l'antenne), a dit des choses assez justes sur le rôle des grandes compagnies françaises du style d'AREVA qui s'assure des profits énormes, sans que les populations africaines tirent le moindre profit de l'exploitation des richesses naturelles de leur pays.
C'est vrai et il est sûr que même si ces Etats sont, depuis un demi-siècle indépendants, les peuples eux-mêmes ne perçoivent guère de fruits de cette libération de l'oppression coloniale française. C'est sur ce point que le Maroc de Djamel et le Niger de Bourdin se rejoignent.

Il aurait fallu toutefois que cet auditeur, qui avait raison sur l'essentiel de son raisonnement, ajoute (ou si vous préférez ajoutât) que si les peuples ne reçoivent pas grand-chose de la manne produite par les richesses (au Niger comme en RDC ou au Gabon), les dirigeants de ces pays ne sont pas dans le même cas, puisqu'ils s'approprient, en général, l'essentiel de la part qui revient au pays dans l'exploitation de ses ressources.

Il y a quelques années, j'avais, à la lumière de mon expérience, formulée, en toute naïveté, une règle que j'ai vu confirmée dans la suite, sur des bases savante, par un grand économiste. Je l'avais formé à l'époque, en observant la situation économique du Zaïre et la fortune qu'on prêtait à Mobutu. Elle est simple : la fortune du dictateur est, en général, égale à la dette extérieure du pays à la tête duquel il se trouve. Je ne connais guère d'État africain où cette règle ne puisse être vérifiée, quels que soient la personne du dictateur et le régime de la dictature.

L'auditeur ou Bourdin n'aurait-il pas pu ou dû ajouter cette précision, petite mais utile !

mercredi 30 juin 2010

Pour bien réussir dans le journalisme !

Vous ne connaissez sans doute pas la rengaine des années 20 que chantait autrefois Maurice Chevalier (paroles de Willemetz et musique de Christiné) et qui s’intitulait je crois, à partir du début de refrain, « Pour bien réussir dans la chaussure... ».

Laissez-moi vous rappeler les premiers vers du refrain
« Pour bien réussir dans la chaussure,
Portez tout simplement,
Un corsage dont l’échancrure
Laisse voir des trésors charmants »..

J’aurais pu tout aussi bien prendre, comme point de départ de ce post, le début du premier couplet, « Loin de ce qu’un vain peuple pense... »
qui s’achève ainsi :
« Et c’est pourquoi j’ose prétendre,
Croyez-moi que, souvent,
A Paris, la façon de vendre
Vaut bien mieux que ce qu’on vend. »

Vérité éternelle ! De la chaussure au journalisme, il n’y a, si j’ose dire, qu’un pas, de plus en plus franchi de nos jours !

Je dois avouer qu’y est pour beaucoup l’agacement que me causent les célébrations médiatiques de je ne sais quel anniversaire (six mois je crois) de l’enlèvement des deux journalistes de France 3, Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier. En ce moment de perspectives de réduction des dépenses de d’Etat, ne parlons même pas,des récents voyages, sans grande finalité et moins encore d’effet, de Messieurs Morin et Carolis qui me paraissent soigner surtout, en la circonstance, leur image et leur publicité personnelles, pour des raisons qui leur appartiennent mais qui n’échappent à personne,

Il y a, d’une façon générale, ches les journalistes français, un corporatisme frénétique qui est inversement proportionnel à leur compétence et à leur professionnalisme. Comme je lis de moins en moins la presse écrite, la chose me frappe surtout dans les médias audio-visuels ; le décès du moindre preneur de son de RFI ou du gérant de la caféteria de France Bleu Limousin est signalé dans les médias en cause comme uun événement d’une importance quasi planétaire.

L’affaire des « journalistes » de FR3 pris en otages illustre tout à fait cet aspect. Sans remonter au déluge, il est aisé de constater qu’en France se faire enlever est devenu le plus puissant accélérateur d’une carrière journalistique.

Christian Chesnot et Georges Malbrunot, libérés en 2004 après quatre mois de détention, étaient, avant cette aventure, deux très modestes inconnus. Ils se sont mués, dans la suite, en deux spécialistes éminents du Moyen Orient pour avoir passé quatre mois dans un trou à rats moyens orientaux et sont depuis sollicités par les médias pour y venir émettre gravement des avis dont la pertinence ne m’a jamais frappé.

Cette fulgurante promotion n’aurait-elle pas inspiré d’autres vocations ?

A peine les deux précédents loustics étaient-ils libérés, à grands sons de trompe médiatico-politiques et en relation ou non avec deux comiques dont le rôle n’a jamais été défini avec précision, qu’à Bagdad encore on enlevait Florence Aubenas, une journaliste de Libération quasi inconnue elle aussi et qui allait être libérée en juin 2005. Elle devait d’ailleurs très vite, dès 2006, passer de son placard de Libé à un statut éminent au Nouvel Obs.

Je n’ai pas d’information spéciale sur cette captivité, sinon pour rappeler qu’on s’est un peu interrogé à propos de la vidéo que ses ravisseurs avaient déposée à l’Agence Reuter de Bagdad. On l’y voyait dans un état physique apparemment inquiétant, quasi cadavérique ; elle y sollicitait (on ne savait pas pourquoi mais la suite l’a expliqué) l’intervention de l’étrange Didier Julia. Des spécialistes, ayant examiné la vidéo, ont alors émis l’hypothèse que l’usage sophistiqué de projecteurs à lumière verte pouvait avoir permis de donner une impression de délabrement physique à l’intéressée.

Le plus étrange est son retour. Ramenée en France par avion spécial, elle arrive sur l'aéroport militaire de Villacoublay. Elle est accueillie par Jacques Chirac et, devant les caméras, parle quelques minutes avec les nombreux journalistes. Pour un de mes amis ophtalmologue, il est tout à fait impossible qu’une femme qui, comme elle le déclare, aurait passé cinq mois dans une cave obscure, puisse supporter ainsi, sans protections, la lumière du jour.

Laissons ces détails ; sur le plan professionnel, ces cinq mois passés en Irak, où que ce soit et de quelque façon que ce soit, ne l’ont pas été en vain et ont même été pour Florence Aubenas extrêmement positifs sur le plan de sa carrière. Il est amusant de constater qu’elle écrira même , dans la suite, un livre dont le titre est, je crois, "La fabrication de l’information". Tout un programme et là, comme ailleurs, on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même !

Ne parlons même pas des dix ou quinze millions d'euros que ces affaires nous ont coûté, comme l'a dit, à l'époque, la presse britannique (la presse française n'en parlant pas car un journaliste français n'a pas de prix!) et comme l'a rappelé récemment un brave général sur le dos duquel sont aussitôt tombés tous nos journaux!

Mieux encore, Son « enlèvement » comme son expérience, même très brève, de la captivité sont sans doute l’une des raisons qui ont fait mettre Florence Aubenas, de façon totalement inattendue, à la tête de l’Observatoire international des prisons ! Viserait-elle plus haut encore ? On peut le penser quand on lit le débat qui l’a opposé, dans le Nouvel Obs. en septembre 2009 à Michele Alliot-Marie. Elle y faisait sans doute à la fois les questions et les réponses, mais ses propos m’ont paru bien pauvres et, en outre, dans une langue un peu incertaine !

Bref. J’observe que Florence Aubenas s’est teinte en blonde. Viserait-elle désormais le ministère de MAM et la Place Vendôme ?