Merci chère Nafissatou, car sans vous, Mme Diallo, peut-être DSK serait-il le candidat de la gauche à la prochaine élection présidentielle et Dieu sait quel sort cet avenir nous aurait alors réservé. Je suis même prêt à vous offrir deux paires de collants pour remplacer ceux que ce Priape vous a déchirés. Quoi qu'il se soit passé dans la suite 2608 du Sofitel, il y a sans doute eu là une chance unique pour notre pays. Avec le décalage horaire, "Nous l'avons, en dormant, Madame, échappé belle!".
J'ai écouté, ce 18 septembre 2011, vers 18 heures avant d'interrompre l'émission, une partie du "C' plus clair" (ou "C' dans l'air") de Calvi (d'ailleurs absent) ; les experts politiques, habitués des lieux, palabraient naturellement sur l'émission de Claire Chazal, apparemment sans avoir lu réellement, au moins pour trois sur quatre d'entre eux, le rapport Vance ; ils savaient pourtant, les uns et les autres, qu'il avait même été traduit en français (et publié, je crois, par l'Express que DSK a eu l'impudence de traiter de "tabloïd") et qu'il était, en tout cas, depuis le début, disponible sur Internet. Mis à part Renaud Dely, qui semble l'avoir lu (mais sans en mentionner les passages à mes yeux essentiels), tous les autres, à commencer surtout par le substitut d'Yves Calvi qui était complètement HS, nos experts n'avaient même pas pris la peine d'en prendre connaissance, ce qui est à la fois inouï et scandaleux mais parfaitement représentatif de la compétence et du professionnalisme de nos "journalistes-sic".
Ils ont donc tous accepté, plus ou moins, (y compris Riouffol qui pourtant n'est pas un homme de gauche) l'hypothèse des "mensonges permanents" de Mme Diallo effrontément avancée par DSK. Or ces prétendus mensonges (voir mon blog d'avant-hier) concernent la période qui a suivi immédiatement les événements de la chambre 2608. Ce qu'on qualifie ainsi de "mensonges" et est parfaitement décrit dans le rapport Vance et tient, en fait, à des contradictions de détail, sans la moindre importance, entre les différentes déclarations que la femme de chambre a faites dans l'émotion de ses premiers témoignages, non sur l'affaire de viol en cause, mais sur ses faits et gestes dans les minutes qui ont suivi.
Or, tous les experts sont d'accord pour dire que, dans l'émotion de telles circonstances, on peut avoir des incertitudes concernant des détails infimes du minutage des événements ou de la numérotation des chambres où elle s'est rendue pour son travail. C'est sur ces détails-là qu'on la chicane et ce sont ces petites choses qu'on qualifie de mensonges, dans la mesure où elle n'a pas pu dire ou plus su où, à la minute près, dire où elle était, dans telle ou telle chambre et à tel ou tel moment.Comme si cela avait une importance quelconque.
Deux passages du rapport Vance sont à cet égard essentiels mais personne parmi les journalistes ne les a cités (pas plus que Claire Chazal qui, elle, était aux ordres): d'une part, les constats médicaux qui ont été faits à son arrivée à l'hôpital (et que DSK conteste, sans le moindre élément mais sans provoquer d'ailleurs la moindre réaction non plus ni de Mme Chazal ni des journalistes) ; d'autre part, les traces du sperme de DSK sur les sous-vêtements de Mme Diallo (ses collants qui ont été déchirés ce qui tend à prouver que le rapport, quel que soit l'adjectif dont on use pour le qualifier), a été empreint d'une certaine violence contrairement aux affirmations de DSK.
Tout cela est évident et comment peut-on oser le taire et donc le cacher? Certes DSK n'a pas laissé sa carte de visite dans la culotte de Madame Diallo, mais il y a laissé son sperme, ce qui est encore moins contestable! Les journalistes n'en disent rien, faute d'avoir lu le rapport, ce que j'ai fait dès sa parution sur internet, mais peut-être ont-ils aussi d'autres raisons d'agir ainsi.
Nos braves journalistes n'ont pas non plus commenté un point de l'interview sur TF1 qui me paraît tout à fait essentiel. Dans la seconde partie de son intervention, quand DSK, changeant d'emploi et de figure, a essayé de jouer les grands experts économiques, il a affirmé alors que la seule solution à la situation grecque était d'annuler purement et simplement la dette de la Grèce. Pourquoi pas ! Toutefois, dans ces conditions, on peut se demander pourquoi DSK, le grand expert économique, lorsqu'il était en position non seulement de proposer une telle idée mais de contribuer à l'imposer en tant que directeur du FMI, nous a engagés dans une voie très différente, voire opposée, qui consistait à prêter (ou donner?) de l'argent à la Grèce pour lui permettre de réduire son endettement.
Le culot de nos hommes politiques est tout de même ahurissant, mais il faut reconnaître qu'il est largement favorisé par la complaisance, la servilité et la nullité de nos journalistes. J'ai écrit, il y a quelques jours, un blog « Delors en Barre ou de l'or en barres » auquel je vous renvoie pour ne pas en reprendre les termes.
J'y rappelais la part essentielle prise par Jacques Delors dans la politique européenne vis-à-vis de la Grèce et, par conséquent, de son état actuel. Une décennie durant, Delors a couvert d'or ce pays à travers ses deux "paquets Delors" (une bonne douzaine de milliards d'écus en tout), alors qu'il savait parfaitement à la fois l'anarchie et l'incurie administratives de cet État et la falsification des comptes qui étaient fournis lors de son entrée dans la communauté européenne. Et voilà que maintenant ce bon Jacques Delors, au lieu d'être mort de honte, de se cacher et de se couvrir la tête de cendres, la ramène et ose donner des conseils comme s'il n'était pour rien dans tout cela.
Delors était un grand expert visionnaire comme DSK est un grand économiste. Tu parles! DSK est un petit agrégé de sciences économiques comme il y en a des dizaines (plutôt meilleurs!) dont la carrière universitaire n'a pas été des plus brillantes (prof. à Paris X et non à Paris1 comme Raymond Barre!). Et voilà que DSK marche sur les brisées de Delors. Ministre des finances en période de croissance, il a continué à creuser le déficit et l'endettement de la France au lieu de les réduire! Au FMI, il a fait donner des milliards à la Grèce pour réduire son endettement. Souvenez-vous un instant : " Le Fonds monétaire international (FMI) est prêt à intervenir, si on le lui demande, pour aider la Grèce à faire face à ses difficultés budgétaires, indique jeudi le directeur général de l'organisation, Dominique Strauss-Kahn. Interrogé sur TTL, il a déclaré ne pas croire au scénario d'une banqueroute de la Grèce" (Le Monde.fr, 4 février 2010).
Et, maintenant, voilà que ce même DSK nous affirme que cette solution n'est pas la bonne! Il faudrait désormais passer l'éponge sur l'endettement de la Grèce (comme pour le Tchad ou la Guinée! ) et mettre notre mouchoir dessus au lieu de le mouiller de nos larmes. Que ne le disait-il quand il était au FMI!
Nous n'en avons pas fini avec ses conneries économiques! DSK se flatte aussi d'avoir été l'un des pères de l'euro mais pour combien de temps encore s'en vante-t-il ? Une ânerie de plus, car on aurait mieux fait de choisir alors une monnaie commune (que proposaient nombre d'économistes, sérieux eux!) plutôt qu'une stupide monnaie unique (que prônait le génial DSK). Gouverner n'est-ce pas prévoir?
Imaginez un instant Mme Diallo ait eu à faire une chambre autre que celle de DSK et qu'il n'ait eu affaire qu'à la Veuve Poignet, DSK serait maintenant en marche, comme il l'espérait, vers la présidence de la République avec ses solutions-miracles de grand économiste dont on a vu quelques exemples. Nous serions assurément dans de beaux draps, avec la promesse de ses gaudrioles, présidentielles en la circonstance, pour alimenter la seule relance de notre presse people sans régler nos autres problèmes économiques.
Cher Monsieur DSK, vous avez 62 ans donc l'âge de la retraite et vous avez (ô combien!) du foin dans vos bottes. Bonne retraite donc, cher Monsieur DSK et adieu ! Et au nom de le France, encore merci chère Madame Diallo !
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mardi 20 septembre 2011
mercredi 24 août 2011
Et un Obus pour DSK!
S'il n'était pas en anglo-américain et, en outre, pas très facile d'accès, je vous recommanderais volontiers la lecture du rapport rédigé par l'équipe de Cyrus Vance à l'attention du juge Obus. Je n'invente pas cet ultime et pittoresque détail patronymique que vous pouvez vérifier dans tout bon organe de presse.
Mobiliser un juge nommé Obus pour un coup à peine tiré par DSK, cela ne vaut pas la peine de convoquer ici "l'artilleur de Metz", quoique je fasse souvent appel à des chansons françaises dans ce blog. Tout donne en outre à penser que cet obus fera long feu !
Je me suis donc infligé la lecture des 25 pages de ce rapport, à vrai dire pas très copieux (deux mille signes et intervalles à la page !) ; en revanche, la conclusion ne laisse pas d'étonner ; à la lire, on comprend bien que toute cette instruction est menée à charge pour cette pauvre Mme Diallo et, si j'ose dire, à décharge pour DSK, assurément expert en la matière !
Je n'ai pu fournir ici des extraits de ce texte, à l'appui de mes commentaires, car je n'ai pu accéder qu'à un PDF et je suis trop maladroit pour réussir à en copier les passages les plus désopilants. Je vous la ferai donc courte, comme d'habitude.
Passons sur les neuf premières pages car, une fois débitées les sornettes juridiques habituelles en pareil cas, aux States comme en Gaule, elles ne nous apprennent rigoureusement rien sur ce qui s'est passé en cette journée du 14 mai 2011 que ce qu'on en a lu cent fois dans la presse et qui avait conduit à l'incarcération immédiate de DSK.
Ce qui est intéressant en revanche, dans la suite, est que l'on y voit les enquêteurs s'intéresser, avec une passion étonnante, « à l'histoire PERSONNELLE ("personal history")" de Mme Diallo, dont on se demande un peu en quoi elle importe dans cette affaire, sinon pour pouvoir lui chercher des poux dans la tête par la suite. La pauvre femme, dont l'anglais est d'ailleurs incertain, a dû voir une preuve d'intérêt pour son malheur dans cet empressement des enquêteurs à lui faire raconter sa vie.
Je sais bien qu'un attorney américain n'est pas un juge d'instruction français, qui lui, en principe du moins, instruit une affaire à charge et à décharge, mais ces braves enquêteurs auraient pu également s'intéresser à l'histoire personnelle de DSK qui est loin d'être triste ; toutefois ils n'ont pas osé n'en rien dire du tout, n'accordant à son passé qu'une très modeste attention à l'extrême fin du rapport ; aussi à la dernière page (page 24), est-il fait allusion, EN SIX LIGNES, aux affaires sexuelles de DSK ; c'est tout de même très peu de choses dans un rapport de 25 pages, surtout face aux longs développements sur l'histoire personnelle de Madame Diallo. Nulle évocation par ailleurs des témoignages des deux employées du Sofitel qui ont refusé, à son arrivée, les lourdes avances et invites de DSK !
Venons-en aux fameux "mensonges" de Mme Diallo qui auraient retourné le grand Cyrus!
1. Le viol qu'elle aurait subi en Guinée et qui était, j'en ai déjà parlé, la circonstance qui fondait et justifiait sa demande d'immigration aux États-Unis. Je ne pense pas qu'il y ait un seul candidat à l'immigration, dans un pays quelconque, qui n'arrange pas un peu les choses et les événements de son histoire personnelle, pour se donner de plus grandes chances de voir sa demande acceptée. Il est capital, par ailleurs, de souligner que la révélation de son mensonge devant le grand jury est le fait de Mme Diallo ELLE-MEME! On ne l'a pas du tout prise sur le fait ni en rien convaincue de mensonge et de faux serment. C'est elle-même qui a confessé le mensonge qu'elle avait fait, dans l'espoir de voir sa demande acceptée.
Il est tout à fait certain qu'on l'a manipulée et poussée à cet aveu inutile et à cette confidence fâcheuse pour elle par un stratagème, en lui disant sans doute que cette révélation serait sans conséquence. Il y a là une manipulation scandaleuse d'une victime ou, à tout le moins, d'un témoin.
J'ajoute qu'on reviendra dans la suite (aux alentours de la page 15) sur cette affaire de viol, en donnant l'impression que, si elle avait déjà été violée en Guinée par des soudards africains, elle devait avoir l'habitude de la chose et que tout devenait, de ce fait, beaucoup moins important, quelle que soit la réalité.
Là encore les formulations du rapport sont absolument scandaleuses ! Ce n'est pas parce qu'on a été violée une fois, qu'on a forcément pris l'habitude, voire le goût de la chose !
2. Point essentiel : ces fameux "mensonges" qui seraient des versions "contradictoires" de l'affaire. L'adjectif est de l'un de nos crétins de journalistes qui bien entendu n'a même pas lu ce rapport! Le texte s'attarde longuement (page 12 et 13) sur les trois "versions" différentes, non de l'affaire elle-même (ce qui pourrait constituer une présomption de mensonges) , mais de détails annexes, infimes et sans la moindre pertinence, qui touchent à la chronologie et même la numérotation des chambres où Mme Diallo s'est rendue immédiatement après le viol !
Tous ces détails sont rigoureusement sans la moindre importance ; on peut donc tout à fait comprendre que Mme Diallo, dans l'évocation de ses faits et gestes banals après le viol, sans le moindre rapport avec lui, sous le coup de l'émotion, et vu l'absence totale d'intérêt de tels détails, ait pu avoir de légères variations dans les détails de ses mouvements et du minutage précis de son emploi du temps. Tous ceux et celles qui ont eu à connaître d'affaires de viol savent, eux et elles, que les victimes ont toujours le plus grand mal à rendre compte des faits vu le traumatisme subi.
3. Il y a aussi les affaires de dépôts d'argent sur son compte et de multiplicité de téléphones ; il n'est pas impossible que Mme Diallo ait eu des fréquentations douteuses en la personne de certains de ses compatriotes, exilés comme elle, ce que confirme le fait que l'un d'entre eux soit en prison. En revanche, on se demande ce que de telles circonstances ont à faire avec les points 1 et 2. Est-il légitime à New York de violer toute femme africaine qui a un ami en prison ?
J'ajoute qu'il n'est pas sûr que l'on n'ait pas abusé, dans toute cette affaire, de l'incompétence linguistique de Mme Diallo. Si elle avait été bien conseillée, elle aurait pu exiger que tous ces débats et toutes ces questions se passent dans la variété régionale de peul qui sa langue maternelle, ce qui aurait sans doute posé quelques problèmes au bureau du procureur.
Venons-en maintenant aux aspects un peu drolatiques de ce rapport car ce que nous en avons vu, jusqu'à présent, est plus scandaleux qu'amusant.
La recherche des traces ADN a conduit à des découvertes un peu inattendues comme celle de la présence de traces de sperme, non seulement de DSK, très abondantes, mais aussi de deux ou trois éjaculateurs (page 18 notes a en particulier) ; cela ne concerne guère l'affaire Diallo, mais donne à réfléchir, tant sur l'hygiène d'un établissement comme le Sofitel que sur les moeurs de ceux qui le fréquentent.
Tous les détails médicaux et génétiques, en foule, accablent DSK, dont on trouve les traces ADN (spermatiques ou épithéliales) partout, aussi bien sur l'uniforme que sur les collants ou les dessous de Mme Diallo. A cet égard, il est particulièrement curieux qu'une femme de mauvaise vie professionnelle, venant à la rencontre d'un client potentiel pour une relation sexuelle, porte deux collants, l'un sur l'autre, plus un panty ; dans cet emploi et dans de telles intentions, on l'aurait plutôt vue sans culotte et en porte-jarretelles !
DSK a d'ailleurs aggravé son cas puisque, non content d'imposer des pratiques sexuelles non consenties à Mme Diallo, il lui a en plus déchiré ses collants ; l'un a une déchirure de trois pouces et l'autre d'un pouce et demi , l'une et l'autre se situant dans la zone de l'entrejambe et du haut des cuisses, partie qui n'est pas réputée être la plus fragile des dits collants. Le souci d'épargner DSK conduit les rédacteurs à souligner (page 23) que les collants ne sont pas solides et qu'ils peuvent souvent présenter des faiblesses ("defects"). On croit rêver mais la plupart des femmes qui en portent ne diront pas le contraire.
Les rédacteurs de ce texte ne sont toutefois pas totalement dénués l'humour. Page 23, observant que l'épisode sexuel a duré, au total, entre sept et neuf minutes (et même peut-être deux minutes de moins comme le fait observer une note), on peut en conclure, comme le font les auteurs, que pour une "relation prévue ou consentie" ( ce que prétend la défense) l'épisode ne semble guère "consensuel".
Ce matin même, l'avocat nain de DSK a fait une remarque, curieuse mais essentielle quoique bien tardive, en disant que la relation sexuelle (donc RECONNUE) de DSK et de Madame Diallo était certes "INAPROPRIEE mais non forcée"!
Bizarre! Bizarre! N'y aurait-il pas, comme je le subodore, un accord général (avec ou sans dessous de table)? Cela éclaire le rapport transmis à Obus qui accable DSK, tout en invitant, dans une étrange conclusion, à abandonner les poursuites. Le rapport sort donc le grand Cyrus du guêpier où il s'était sottement précipité et, en mettant fin à l'épisode pénal, passe la patate chaude au civil! Toutefois, à la place de Mme Diallo, je me serais fait payer d'avance!
En somme tout rentre dans l'ordre moral : le Blanc est blanchi et la Noire noircie!
lundi 22 août 2011
Pour dix briques, t'as plus rien!
Pour ce qui me concerne, j'ai toujours pensé qu'à la sortie et pour la seule indemnisation de Madame Diallo, la famille Strauss-Kahn en serait pour une dizaine de millions de $ ou d'euros. "Quand on aime, on ne compte pas" comme dit Anne. En plus, à ce niveau, on ne va pas mégoter ni sur le nombre exact de millions, ni sur le cours des monnaies en cause (de toute façon, les comptes de Madame ne sont sans doute pas à la Caisse d'épargne!).
Le problème est que Nafissatou va se voir dépouillée d'une bonne partie de la somme qu'elle peut espérer toucher, d'autant que tout cela dépend beaucoup de la nature et des conditions de la transaction en cours. En effet, la négociation, dont on commence à parler un peu sérieusement, la décision de Cyrus Vance s'approchant et devenant inéluctable (j’écris ce blog lundi 22 août avant qu’on sache la décision du grand Cyrus !), est naturellement secrète et les avocats qui la mènent ne vont pas s'oublier dans le partage du fric (au pourcentage sans doute). Le procès au civil (si DSK a quitté le pays !) est, de toute évidence, une diversion et un écran de fumée ; de toute façon, le procès au pénal est indépendant du procès au civil. O.J. Simpson est le cas exemplaire d'un coupable avéré d'un double meurtre acquitté au pénal (on avait dû payer un juré, ce qui est la manoeuvre la plus simple et la plus efficace pour empêcher la condamnation qui exige l'unanimité) qui a payé ensuite des dizaines de millions de $ au civil, mais après un vrai procès (où toutefois, dans un jury plus réduit, l'unanimité n'est pas requise ce qui empêche d'acheter aussi aisément le vote d'un juré) et non dans une arrangement secret.
Secret mais surtout totalement illégal.
Les avocats de Mme Diallo, contre toutes les évidences, nient l'existence de telles négociations, surtout et tout simplement parce que la loi américaine (morale!!! comme toujours ) INTERDIT de payer une victime pour l'amener à "modifier" son témoignage. En revanche, rien n'interdit à une victime, fût-ce à ses dépens et à ses risques, de modifier ses premières déclarations. Après tout, s'il y met le prix, DSK peut suggérer à sa prétendue victime de reconnaître que la vue d'Adam DSK, sortant tout nu de sa salle de bain, a déclenché chez elle une pulsion sexuelle si forte qu'elle n' a pu y résister. Elle pourrait alors décider de ne plus coopérer avec le procureur qui resterait toutefois libre de poursuivre la procédure et de la contraindre néanmoins à comparaître, ne serait-ce que pour lui faire assumer son faux témoignage.
En fait, tout cela se ramène, comme on pouvait s'y attendre, surtout aux Etats-Unis, à des questions de fric.
Petit bilan rapide de la situation financière de DSK (je ne connais pas son régime matrimonial!)
1. Le passif
1 million de dollars et d'un dépôt de garantie de 5 millions. Ces sommes seront restituées si l'affaire s'arrête.
50.000 dollars par mois pour la maison de location ; comptons 100.000$ (avec les frais de personnel... masculin ) sur 6 mois (avec préavis!) = 600.000$
Frais de surveillance : 200.000 dollars par mois (4 mois) = 800.000$
Les avocats (Ben Brafman et William Taylor), (500 dollars de l'heure sur 4 mois) = 1,5 ou 2 millions de $ à deux.
Enquêteurs privés (« GuidePost Solutions ». 1000 à 2.000 dollars par jour (+ voyages en Europe et en Afrique) 1 million de $
Communication (deux cabinets spécialisés ) 1 million de $
Total (sans compter les bricoles du style des voyages d'Anne en jet privé et les pâtes aux truffes, etc. !) Disons 5 à 6 millions.
2. Actifs ( à la louche aussi et je ne compte pas les livrets A)
Maison de Washington (achetée 4 millions de $)
Appartement d'Anne dans le XVIè parisien 3 millions d'euros
Appartement Place des Vosges 5 millions d'euros
Palais du XIXè à Marrakech 3 millions d'euros
Héritage ? Anne Sinclair petite-fille de Paul Rosenberg, l'un des grands marchands d'art du XXe siècle, est très discrète sur la collection de son grand-père, dont une grande partie, volée par les Allemands, a été restituée. On sait que, depuis une dizaine d'années, plusieurs tableaux (Monnet, Léger et Matisse) ont été vendus pour près de 80 millions de $ au total.
Pas d'inquiétude ni de souscription. Le bilan est "globalement positif" comme disait l'autre! Néanmoins la turlute, au Bois de Boulogne ou « Aux Chandelles » est à meilleur prix !
Le problème est que Nafissatou va se voir dépouillée d'une bonne partie de la somme qu'elle peut espérer toucher, d'autant que tout cela dépend beaucoup de la nature et des conditions de la transaction en cours. En effet, la négociation, dont on commence à parler un peu sérieusement, la décision de Cyrus Vance s'approchant et devenant inéluctable (j’écris ce blog lundi 22 août avant qu’on sache la décision du grand Cyrus !), est naturellement secrète et les avocats qui la mènent ne vont pas s'oublier dans le partage du fric (au pourcentage sans doute). Le procès au civil (si DSK a quitté le pays !) est, de toute évidence, une diversion et un écran de fumée ; de toute façon, le procès au pénal est indépendant du procès au civil. O.J. Simpson est le cas exemplaire d'un coupable avéré d'un double meurtre acquitté au pénal (on avait dû payer un juré, ce qui est la manoeuvre la plus simple et la plus efficace pour empêcher la condamnation qui exige l'unanimité) qui a payé ensuite des dizaines de millions de $ au civil, mais après un vrai procès (où toutefois, dans un jury plus réduit, l'unanimité n'est pas requise ce qui empêche d'acheter aussi aisément le vote d'un juré) et non dans une arrangement secret.
Secret mais surtout totalement illégal.
Les avocats de Mme Diallo, contre toutes les évidences, nient l'existence de telles négociations, surtout et tout simplement parce que la loi américaine (morale!!! comme toujours ) INTERDIT de payer une victime pour l'amener à "modifier" son témoignage. En revanche, rien n'interdit à une victime, fût-ce à ses dépens et à ses risques, de modifier ses premières déclarations. Après tout, s'il y met le prix, DSK peut suggérer à sa prétendue victime de reconnaître que la vue d'Adam DSK, sortant tout nu de sa salle de bain, a déclenché chez elle une pulsion sexuelle si forte qu'elle n' a pu y résister. Elle pourrait alors décider de ne plus coopérer avec le procureur qui resterait toutefois libre de poursuivre la procédure et de la contraindre néanmoins à comparaître, ne serait-ce que pour lui faire assumer son faux témoignage.
En fait, tout cela se ramène, comme on pouvait s'y attendre, surtout aux Etats-Unis, à des questions de fric.
Petit bilan rapide de la situation financière de DSK (je ne connais pas son régime matrimonial!)
1. Le passif
1 million de dollars et d'un dépôt de garantie de 5 millions. Ces sommes seront restituées si l'affaire s'arrête.
50.000 dollars par mois pour la maison de location ; comptons 100.000$ (avec les frais de personnel... masculin ) sur 6 mois (avec préavis!) = 600.000$
Frais de surveillance : 200.000 dollars par mois (4 mois) = 800.000$
Les avocats (Ben Brafman et William Taylor), (500 dollars de l'heure sur 4 mois) = 1,5 ou 2 millions de $ à deux.
Enquêteurs privés (« GuidePost Solutions ». 1000 à 2.000 dollars par jour (+ voyages en Europe et en Afrique) 1 million de $
Communication (deux cabinets spécialisés ) 1 million de $
Total (sans compter les bricoles du style des voyages d'Anne en jet privé et les pâtes aux truffes, etc. !) Disons 5 à 6 millions.
2. Actifs ( à la louche aussi et je ne compte pas les livrets A)
Maison de Washington (achetée 4 millions de $)
Appartement d'Anne dans le XVIè parisien 3 millions d'euros
Appartement Place des Vosges 5 millions d'euros
Palais du XIXè à Marrakech 3 millions d'euros
Héritage ? Anne Sinclair petite-fille de Paul Rosenberg, l'un des grands marchands d'art du XXe siècle, est très discrète sur la collection de son grand-père, dont une grande partie, volée par les Allemands, a été restituée. On sait que, depuis une dizaine d'années, plusieurs tableaux (Monnet, Léger et Matisse) ont été vendus pour près de 80 millions de $ au total.
Pas d'inquiétude ni de souscription. Le bilan est "globalement positif" comme disait l'autre! Néanmoins la turlute, au Bois de Boulogne ou « Aux Chandelles » est à meilleur prix !
mardi 12 juillet 2011
Un air d'accordéon à Manhattan
Après avoir vu les choses s'accélérer au tribunal de New York, quand la réunion prévue initialement pour le 18 juillet, a été avancée d'une dizaine de jours sans qu'on sache trop pourquoi, on constate que celle qui était prévue pour le 18 juillet est retardée jusqu'au 1er août, sans qu'on soit davantage éclairé sur les raisons d'un tel choix. C'est toutefois une curiosité de la justice américaine que de voir les choses tantôt aller plus vite avant de se trouver ralenties dans la suite. Voilà une méthode qu'on ne voit guère utilisée en France où la justice se hâte toujours lentement ("Festina lente" pour causer latin comme elle aime tant à le faire!) et comme le montre, une fois de plus, la récente décision sur l'affaire du tribunal arbitral Tapie. Si le calendrier judiciaire new-yorkais s'ouvre et se ferme comme un accordéon chronologique, il est plus curieux de constater les lacunes et l'évolution du dossier. Globalement l'amélioration progressive du traitement de DSK, incontestable, au moins, au plan de l'image, tant dans l'opinion que dans la presse américaine, ne doit rien au hasard et on tend à oublier un peu trop que l'action souterraine de la défense y est pour beaucoup et pas toujours et forcément à bon escient.
Je pense même qu'on est allé un peu trop loin dans la dégradation de l'image de Mme Diallo, car, à force de la noircir (si j'ose dire), on a réussi à provoquer des réactions quasi unanimes des associations et de la communauté afro-américaines. Voilà qui risque de peser lourd dans la balance finale, peut-être plus que les faits eux-mêmes dont on ne semble plus guère se préoccuper, surtout quand ils ne sont pas favorables au "présumé" coupable dont on tend de plus en plus à faire un martyr.
Si l'on s'est acharné à accabler Mme Diallo, y a quelques faits majeurs, pourtant connus pratiquement depuis le départ, dont on n'a guère parlé et qui sont désormais totalement oubliés. Je n'en citerai que deux car s'ils sont marginaux et menus, ils me semblent assez significatifs.
Le premier est que dès que DSK, à son arrivée au Sofitel, s'est vu offrir, en tant qu'occupant d'une suite de luxe (même à tarif réduit ), une bouteille de champagne par la direction, il a aussitôt proposé, successivement, à deux employées de l'hôtel qui se trouvaient là, de venir la partager avec lui dans sa suite. Elles ont l'une et l'autre refusé, mais ce comportement mérite, me semble-t-il, quelque attention.
Le second fait est que DSK a sollicité et obtenu, dans la nuit, les services d'une prostituée. Ce point paraît confirmé par le fait qu'on l'a vu, en compagnie d'une femme inconnue des services de l'hôtel, en train de prendre l'ascenseur (à 1 heure 20, me semble-t-il, le fait et l'heure étant prouvés par l'une des caméras de vidéo-surveillance du Sofitel).
Ces deux faits, incontestables car fondés sur des témoignages et des images, sont désormais passés à peu près totalement sous silence, même s'ils ont été évoqués dans le début de l'enquête.
Raconter à peu près n'importe quoi sur Madame Diallo risque à terme de se révéler dangereux, si le caractère mensonger de certaines de ces allégations finit par être prouvé. On a ainsi prétendu que les conditions de son recrutement comme femme de chambre au Sofitel n'étaient pas très claires (en d'autres termes, elle s'y serait fait recruter pour venir y exercer une activité de prostituée). Or, si j'ai bien compris, ce recrutement a été favorisé par un syndicat des femmes de chambres qui a porté témoignage désormais sur les conditions réelles de son arrivée dans cet emploi.
Comme disait ma bonne grand-mère « Il ne faut jamais mettre du sucre sur le miel », ce qui est une façon pittoresque de dire que le mieux est l'ennemi du bien.
La conversation téléphonique de Mme Diallo avec le prisonnier (son mari ou autre chose, on sait pas trop et peu importe) a, semble-t-il, été tenue en peul, cet idiome étant, selon le mot de l'un de nos journalistes, « un petit dialecte de l'Afrique ». On mesure, une fois de plus, par la, l'étendue de la culture dans nos médias, puisque le peul est l'une des principales langues de l'Afrique de l'Ouest parlée dans une vingtaine de pays de cette zone par une bonne cinquantaine de millions de locuteurs. Il faut reconnaître toutefois que l'étendue même de son aire d'usage fait que cette langue connaît une variation dialectale considérable et qu'il n'est peut-être pas évident, aux États-Unis, de trouver des interprètes capables de bien comprendre une conversation téléphonique tenue dans la variété de peul parlée dans la zone d'origine de Mme Diallo. La chose doit toutefois être possible et il serait prudent de se procurer une traduction exacte et fidèle de cette conversation, qui pourrait être un élément important du dossier. Or les avis divergent sur le contenu et les termes mêmes de cet entretien.
De toute façon, tous ces épisodes sont, au fond, sans grande importance puisque, dans le système américain, où l'argent joue, d'ores et déjà, un rôle majeur, on vient de le voir, il suffit, au terme de la procédure, de s'offrir les services payants de l'un des douze jurés (si l'affaire va jusque là) pour acheter un non-lieu, comme cela s'est fait, dans quelques affaires illustres dont j'ai déjà parlé, la plus connue et la plus exemplaire étant assurément celle d'O.J. Simpson.
Je pense même qu'on est allé un peu trop loin dans la dégradation de l'image de Mme Diallo, car, à force de la noircir (si j'ose dire), on a réussi à provoquer des réactions quasi unanimes des associations et de la communauté afro-américaines. Voilà qui risque de peser lourd dans la balance finale, peut-être plus que les faits eux-mêmes dont on ne semble plus guère se préoccuper, surtout quand ils ne sont pas favorables au "présumé" coupable dont on tend de plus en plus à faire un martyr.
Si l'on s'est acharné à accabler Mme Diallo, y a quelques faits majeurs, pourtant connus pratiquement depuis le départ, dont on n'a guère parlé et qui sont désormais totalement oubliés. Je n'en citerai que deux car s'ils sont marginaux et menus, ils me semblent assez significatifs.
Le premier est que dès que DSK, à son arrivée au Sofitel, s'est vu offrir, en tant qu'occupant d'une suite de luxe (même à tarif réduit ), une bouteille de champagne par la direction, il a aussitôt proposé, successivement, à deux employées de l'hôtel qui se trouvaient là, de venir la partager avec lui dans sa suite. Elles ont l'une et l'autre refusé, mais ce comportement mérite, me semble-t-il, quelque attention.
Le second fait est que DSK a sollicité et obtenu, dans la nuit, les services d'une prostituée. Ce point paraît confirmé par le fait qu'on l'a vu, en compagnie d'une femme inconnue des services de l'hôtel, en train de prendre l'ascenseur (à 1 heure 20, me semble-t-il, le fait et l'heure étant prouvés par l'une des caméras de vidéo-surveillance du Sofitel).
Ces deux faits, incontestables car fondés sur des témoignages et des images, sont désormais passés à peu près totalement sous silence, même s'ils ont été évoqués dans le début de l'enquête.
Raconter à peu près n'importe quoi sur Madame Diallo risque à terme de se révéler dangereux, si le caractère mensonger de certaines de ces allégations finit par être prouvé. On a ainsi prétendu que les conditions de son recrutement comme femme de chambre au Sofitel n'étaient pas très claires (en d'autres termes, elle s'y serait fait recruter pour venir y exercer une activité de prostituée). Or, si j'ai bien compris, ce recrutement a été favorisé par un syndicat des femmes de chambres qui a porté témoignage désormais sur les conditions réelles de son arrivée dans cet emploi.
Comme disait ma bonne grand-mère « Il ne faut jamais mettre du sucre sur le miel », ce qui est une façon pittoresque de dire que le mieux est l'ennemi du bien.
La conversation téléphonique de Mme Diallo avec le prisonnier (son mari ou autre chose, on sait pas trop et peu importe) a, semble-t-il, été tenue en peul, cet idiome étant, selon le mot de l'un de nos journalistes, « un petit dialecte de l'Afrique ». On mesure, une fois de plus, par la, l'étendue de la culture dans nos médias, puisque le peul est l'une des principales langues de l'Afrique de l'Ouest parlée dans une vingtaine de pays de cette zone par une bonne cinquantaine de millions de locuteurs. Il faut reconnaître toutefois que l'étendue même de son aire d'usage fait que cette langue connaît une variation dialectale considérable et qu'il n'est peut-être pas évident, aux États-Unis, de trouver des interprètes capables de bien comprendre une conversation téléphonique tenue dans la variété de peul parlée dans la zone d'origine de Mme Diallo. La chose doit toutefois être possible et il serait prudent de se procurer une traduction exacte et fidèle de cette conversation, qui pourrait être un élément important du dossier. Or les avis divergent sur le contenu et les termes mêmes de cet entretien.
De toute façon, tous ces épisodes sont, au fond, sans grande importance puisque, dans le système américain, où l'argent joue, d'ores et déjà, un rôle majeur, on vient de le voir, il suffit, au terme de la procédure, de s'offrir les services payants de l'un des douze jurés (si l'affaire va jusque là) pour acheter un non-lieu, comme cela s'est fait, dans quelques affaires illustres dont j'ai déjà parlé, la plus connue et la plus exemplaire étant assurément celle d'O.J. Simpson.
mercredi 6 juillet 2011
De la justice américaine : vers l'épilogue de l'affaire DSK.
Il n'est bruit, depuis ce matin, que de la possible décision du procureur de New York de laver DSK de tous les chefs d'inculpation dont on le pensait menacé, récemment encore. Quel que soit le jugement qu'on porte sur la justice américaine, elle apparaît, de toute façon et dans tous les cas, bien inconséquente.
Comme beaucoup, j'avais apprécié chez elle, au départ, le fait qu'elle traitait, peut-être même de façon trop ostentatoire, le directeur général du FMI comme n'importe quel délinquant de base, ce que confirment les quelques scènes d'arrestation auxquelles j'ai pu assister parfois aux États-Unis. Elles sont toujours d'une extrême rudesse pour ne pas dire brutalité, en tout cas si on les compare à des arrestations du même genre opérées en France.
Les choses avaient continué, un moment, dans le même esprit d'une justice qui ne serait pas plus indulgente pour les grands que pour les petits, avec l'exigence d'une énorme caution en rapport avec les moyens du prévenu, et qui faisait suite à une brève mais rude incarcération.
Toutefois, le point sur lequel toute l'affaire a connu une mutation soudaine et totale, et par là même suspecte, tient au personnage de la victime "présumée", Mme Diallo. Les premières investigations menées, durant près d'un mois, avec des moyens de toute évidence considérables, par le procureur comme par les avocats de DSK, lui ont reconnu une image irréprochable, celle d'une femme élevant, à grand-peine, sa fille grâce à deux emplois tenus simultanément et fréquentant assidûment la mosquée de son quartier. Les enquêtes menées, et sans doute à grands frais, jusqu'en Guinée, ont tout à fait confirmé cette image quasiment pieuse.
Tout a changé soudain sans qu'on comprenne trop pourquoi ; Mme Diallo, qui peinait à joindre les deux bouts avec ses deux emplois de bonniche, s'est trouvée titulaire de 100 000 $ déposés sur différents comptes dans différentes villes (notons au passage que la moitié des Guinéens se nomment Diallo!); on a découvert aussi tout à coup qu'elle avait une demi-douzaine d'abonnements téléphoniques sans qu'on sache trop pourquoi et alors que rien n'est plus simple que de souscrire à un nom quelconque (Diallo ou un autre) un abonnement de portable. Elle est apparue soudain au centre d'un trafic de drogue (d'où les 100.000$ en banque).
On s'est rendu compte, également et surtout, qu'elle aurait menti lors de sa demande de droit d'asile, en prétendant avoir été l'objet de violences physiques en Guinée (dont un viol), dont elle n'a jamais parlé dans la suite (on se demande pourquoi elle l'aurait fait ) ; elle avait également fait état d'un second enfant pour bénéficier d'allocations sociales ; je ne sais pas si ce second enfant existe, mais la conception de la famille en Afrique n'est pas la nôtre et on y recueille souvent des enfants qui ne sont pas les siens, surtout en pareil contexte. Notons, en outre, qu'une femme qui a 100.000$ en banque ne devrait pas trop de préoccuper de se faire attribuer indûment une maigre allocation sociale!
La cerise sur le gâteau a été placé avec les accusations de prostitution, aussi bien dans le cadre du Sofitel, où elle était employée, que dans celui de l'hôtel où on l'a contrainte à trouver refuge pour la mettre à l'abri de possibles pressions. Une rapide Madame Diallo et une rusée car elle y était assurément très surveillée
Il est naturellement tout à fait impossible de démêler le vrai du faux dans toutes ces rumeurs, mais il est toutefois raisonnable de faire deux ou trois observations sur ce fatras de calomnies et/ou de vérités.
Mme Diallo, comme tous les demandeurs d'asile, a dû justifier une telle démarche par les violences physiques ou politiques qu'elle aurait subies dans son pays. Tout le monde le sait et la preuve de tels faits est en général très difficile à apporter, ce qui conduit à se référer à la situation globale du pays d'où les migrants sont originaires et à leurs déclarations. Nul, sinon Mme Diallo elle-même, ne sait si elle a été vraiment violée dans son pays ; on ne voit pas, en outre, la moindre raison pour elle de faire allusion à ce viol durant l'instruction de l'affaire DSK. Quant aux déclarations qu'on lit partout sur la gravité d'un mensonge sous serment dans la démocratie américaine, comment ne pas se souvenir qu'un tel mensonge peut-être jugé de façon extrêmement différente, selon qu'on est une immigrante guinéenne où un président des États-Unis en exercice (ce second mensonge étant pourtant infiniment plus grave que le premier).
Ce qui était prévisible et que l'on peut aisément constater depuis une quinzaine de jours est que ce changement de l'image de Mme Diallo est très opportun et bien commode pour tout le monde, sauf naturellement pour Mme Diallo. Dans l'hypothèse où il serait vrai qu'elle était mariée avec un malandrin incarcéré pour trafic de drogue, il est peu vraisemblable que celui-ci, pour la simple défense de son business, n'ait pas mis en garde son épouse contre d'éventuelles conversations téléphoniques, tout prisonnier sachant parfaitement que les conversations avec les condamnés durant leur incarcération sont naturellement surveillées et enregistrés.
Pour ce qui me concerne j'ai toujours pensé et je l'ai écrit dès le début que toute cette affaire finirait en eau de boudin, quel que soit le prix à payer, les moyens de DSK et de Madame leur permettant aisément d'acheter tout le monde, aussi bien des témoins que les membres du jury et éventuellement même les uns et les autres. Le procureur s'est sans doute rendu compte que l'affaire était moins intéressante pour sa carrière qu'il ne l'avait estimé au départ, un peu paniqué par sa réélection ; la mise en cause du témoignage de Mme Diallo lui permet donc aisément de trouver une sortie honorable. Pour DSK lui-même, les frais ne sont pas considérables eu égard à la fortune et à la complaisance de sa femme, même s'il a dû distribuer quelque mallettes de billets de 100 $ à droite et à gauche dans la phase de l'instruction que nous connaissons actuellement. La seule chose qu'on peut espérer est que cette pauvre Madame Diallo, sainte et/ou pute, ne soit pas le seul dindon de la farce et gagne quelques centaines de milliers de dollars (ou plus si affinités) dans cette affaire.
Au fond, contrairement à ce qu'on aurait pu penser, la seule véritable perdante dans tout cela sera la justice américaine. Tout compte fait, elle se révèle égale à celle qu'on pouvait penser d'elle suite à des affaires comme celles d'O.J. Simpson ou de Michael Jackson, c'est-à-dire une justice qui est à l'image de la société elle-même donc totalement asservie au service de l'argent.
Comme beaucoup, j'avais apprécié chez elle, au départ, le fait qu'elle traitait, peut-être même de façon trop ostentatoire, le directeur général du FMI comme n'importe quel délinquant de base, ce que confirment les quelques scènes d'arrestation auxquelles j'ai pu assister parfois aux États-Unis. Elles sont toujours d'une extrême rudesse pour ne pas dire brutalité, en tout cas si on les compare à des arrestations du même genre opérées en France.
Les choses avaient continué, un moment, dans le même esprit d'une justice qui ne serait pas plus indulgente pour les grands que pour les petits, avec l'exigence d'une énorme caution en rapport avec les moyens du prévenu, et qui faisait suite à une brève mais rude incarcération.
Toutefois, le point sur lequel toute l'affaire a connu une mutation soudaine et totale, et par là même suspecte, tient au personnage de la victime "présumée", Mme Diallo. Les premières investigations menées, durant près d'un mois, avec des moyens de toute évidence considérables, par le procureur comme par les avocats de DSK, lui ont reconnu une image irréprochable, celle d'une femme élevant, à grand-peine, sa fille grâce à deux emplois tenus simultanément et fréquentant assidûment la mosquée de son quartier. Les enquêtes menées, et sans doute à grands frais, jusqu'en Guinée, ont tout à fait confirmé cette image quasiment pieuse.
Tout a changé soudain sans qu'on comprenne trop pourquoi ; Mme Diallo, qui peinait à joindre les deux bouts avec ses deux emplois de bonniche, s'est trouvée titulaire de 100 000 $ déposés sur différents comptes dans différentes villes (notons au passage que la moitié des Guinéens se nomment Diallo!); on a découvert aussi tout à coup qu'elle avait une demi-douzaine d'abonnements téléphoniques sans qu'on sache trop pourquoi et alors que rien n'est plus simple que de souscrire à un nom quelconque (Diallo ou un autre) un abonnement de portable. Elle est apparue soudain au centre d'un trafic de drogue (d'où les 100.000$ en banque).
On s'est rendu compte, également et surtout, qu'elle aurait menti lors de sa demande de droit d'asile, en prétendant avoir été l'objet de violences physiques en Guinée (dont un viol), dont elle n'a jamais parlé dans la suite (on se demande pourquoi elle l'aurait fait ) ; elle avait également fait état d'un second enfant pour bénéficier d'allocations sociales ; je ne sais pas si ce second enfant existe, mais la conception de la famille en Afrique n'est pas la nôtre et on y recueille souvent des enfants qui ne sont pas les siens, surtout en pareil contexte. Notons, en outre, qu'une femme qui a 100.000$ en banque ne devrait pas trop de préoccuper de se faire attribuer indûment une maigre allocation sociale!
La cerise sur le gâteau a été placé avec les accusations de prostitution, aussi bien dans le cadre du Sofitel, où elle était employée, que dans celui de l'hôtel où on l'a contrainte à trouver refuge pour la mettre à l'abri de possibles pressions. Une rapide Madame Diallo et une rusée car elle y était assurément très surveillée
Il est naturellement tout à fait impossible de démêler le vrai du faux dans toutes ces rumeurs, mais il est toutefois raisonnable de faire deux ou trois observations sur ce fatras de calomnies et/ou de vérités.
Mme Diallo, comme tous les demandeurs d'asile, a dû justifier une telle démarche par les violences physiques ou politiques qu'elle aurait subies dans son pays. Tout le monde le sait et la preuve de tels faits est en général très difficile à apporter, ce qui conduit à se référer à la situation globale du pays d'où les migrants sont originaires et à leurs déclarations. Nul, sinon Mme Diallo elle-même, ne sait si elle a été vraiment violée dans son pays ; on ne voit pas, en outre, la moindre raison pour elle de faire allusion à ce viol durant l'instruction de l'affaire DSK. Quant aux déclarations qu'on lit partout sur la gravité d'un mensonge sous serment dans la démocratie américaine, comment ne pas se souvenir qu'un tel mensonge peut-être jugé de façon extrêmement différente, selon qu'on est une immigrante guinéenne où un président des États-Unis en exercice (ce second mensonge étant pourtant infiniment plus grave que le premier).
Ce qui était prévisible et que l'on peut aisément constater depuis une quinzaine de jours est que ce changement de l'image de Mme Diallo est très opportun et bien commode pour tout le monde, sauf naturellement pour Mme Diallo. Dans l'hypothèse où il serait vrai qu'elle était mariée avec un malandrin incarcéré pour trafic de drogue, il est peu vraisemblable que celui-ci, pour la simple défense de son business, n'ait pas mis en garde son épouse contre d'éventuelles conversations téléphoniques, tout prisonnier sachant parfaitement que les conversations avec les condamnés durant leur incarcération sont naturellement surveillées et enregistrés.
Pour ce qui me concerne j'ai toujours pensé et je l'ai écrit dès le début que toute cette affaire finirait en eau de boudin, quel que soit le prix à payer, les moyens de DSK et de Madame leur permettant aisément d'acheter tout le monde, aussi bien des témoins que les membres du jury et éventuellement même les uns et les autres. Le procureur s'est sans doute rendu compte que l'affaire était moins intéressante pour sa carrière qu'il ne l'avait estimé au départ, un peu paniqué par sa réélection ; la mise en cause du témoignage de Mme Diallo lui permet donc aisément de trouver une sortie honorable. Pour DSK lui-même, les frais ne sont pas considérables eu égard à la fortune et à la complaisance de sa femme, même s'il a dû distribuer quelque mallettes de billets de 100 $ à droite et à gauche dans la phase de l'instruction que nous connaissons actuellement. La seule chose qu'on peut espérer est que cette pauvre Madame Diallo, sainte et/ou pute, ne soit pas le seul dindon de la farce et gagne quelques centaines de milliers de dollars (ou plus si affinités) dans cette affaire.
Au fond, contrairement à ce qu'on aurait pu penser, la seule véritable perdante dans tout cela sera la justice américaine. Tout compte fait, elle se révèle égale à celle qu'on pouvait penser d'elle suite à des affaires comme celles d'O.J. Simpson ou de Michael Jackson, c'est-à-dire une justice qui est à l'image de la société elle-même donc totalement asservie au service de l'argent.
samedi 2 juillet 2011
La chose se confirme : Le bon Dieu est bien un farceur !
Si vous ne croyez pas que le bon Dieu est un farceur, vous pouvez aisément vous en convaincre en regardant simplement les événements des derniers jours que nous venons de vivre.
Comme je le soulignais dans mon dernier post ("Un caillou dans le yaourt ou un os dans le fromage ?"),il est clair que le bon Dieu est assez facétieux pour s'amuser à contrarier les desseins des puissants de ce monde et, par là, nous faire sentir notre ridicule petitesse et le dérisoire de nos projets les mieux ourdis.
Considérez comment il a su, mine de rien, contrarier les plans des grands spécialistes de la communication présidentielle qui avaient si soigneusement préparé la libération des deux journalistes otages Les anciens avaient bien raison de dire, en latin puisqu'ils causaient alors en cette langue : "Quos Jupiter vult perdere dementat" . Ceux que Jupiter veut perdre, il les rend fous. Il peut aussi tout simplement les rendre bêtes. Ainsi nos grands stratèges de la communication n'ont- ils pas pris conscience que le mercredi, qu'ils avaient si soigneusement choisi pour l'annonce de cette nouvelle, en raison de la retransmission télévisée de la séance de l'assemblée nationale, était aussi le jour de la parution du Canard enchaîné. Rien de grave au premier abord mais c'était compter sans le goût de notre cher bon Dieu pour les bonnes blagues. Dans sa grande sagesse et ses vastes desseins, ce dernier s'était en effet arrangé aussi pour que ce journal satirique ait, ce même jour, à sa disposition, les pittoresques et imprévues informations sur les bienfaits que le président Ben Ali dispensait à la presse française ( de droite surtout) pour s'en attirer les bonnes grâces et faire vanter ses mérites dans ses colonnes (celles de notre presse, pas de Ben Ali !).
En ce 1er juillet, le bon Dieu, peut-être réjoui par l'arrivée des vacances, a redoublé encore de facéties, dans un tout autre domaine toutefois. Tout était réglé depuis des mois pour que soit célébré sous les feux concentrés de tous nos médias, le mariage d'Albert de Monaco avec son ondine sud-africaine. En dépit des rumeurs et dans ma crainte respectueuse des fureurs procédurières des Grimaldi, je me garderai de toute plaisanterie à propos du mariage gay que ce même bon Dieu facétieux avait peut-être lui-même mis sur le tapis à dessein à ce moment là. En tout cas, ce même bon Dieu, dans sa toute puissance, s'est arrangé pour faire éclipser la cérémonie nuptiale par le rebondissement inattendu de l'affaire DSK qui a mobilisé tous les médias. Le pire est que ce même bon Dieu a poussé le vice jusqu'à faire en sorte que le juge new-yorkais fixât l'audience du tribunal de New-York, prévue pourtant pour le 18 juillet, au jour et à l'heure mêmes où était célébré le mariage princier. Nos médias se sont donc trouvés, tels l'âne de Buridan (entre le picotin et le seau d'eau) ou, plus noblement, l'Héraclès de Prodicos (entre le vice et la vertu), devant un choix douloureux et se sont finalement concentrés plutôt sur le second événement, car, pour le premier, depuis quelques semaines, nous avions un petit peu épuisé les charmes nuptiaux de la principauté et cela d'autant que le bruit avait couru que la mariée avait failli filer à l'anglaise deux jours avant la noce. Je ne vous dit même pas le bruit de cette nouvelle affaire DSK dans le petit Landernau de la rue de Solférino ! Comme disait le derviche de Candide (de Voltaire, Monsieur le Ministre !) : « Quand sa Hautesse envoie un vaisseau en Egypte, s' embarrasse-t-elle si les souris qui sont dans le vaisseau sont à leur aise? ».
Dans l’affaire DSK que d’aucuns regardent comme close, le bon Dieu nous a peut-être encore réservé quelques surprises. Un peu bizarre non ce reproche fait à Madame Diallo de ne pas avoir mentionné dans sa déposition un viol subi en Guinée et allégué, en revanche, dans sa demande de droit d’asile ! Il est courant pour les demandeurs d’invoquer des violences politiques ou physiques pour justifier leur demande, sans pour autant les mentionner à tout propos, surtout en pareil cas. On s’étonne un peu aussi de voir une femme de chambre new-yorkaise, de toute évidence fort occupée et sans grande ressources, disposer de 100.000$ sur divers comptes d’autres villes du pays et servir de plaque tournante à un trafic de drogues ! N’y aurait-il pas là en fait plusieurs Madame Diallo, ce nom étant celui des Dupont de la Guinée ?
Je tremble d'avance en me demandant quelles facéties nouvelles va imaginer notre bon Dieu dans les jours qui viennent. Sur quel événement va-t-il concentrer son imagination et que va-t-il bien pouvoir encore nous inventer ?
Dernières minutes en ce dimanche 3 juillet :
Il se confirme que Madame Diallo non seulement est, en fait, à la tête du cartel de Medellin mais que c'est elle qui, auparavant, avait volé la Joconde : bien des indices donnent désormais à penser que c'est aussi elle qui cassé le vase de Soissons et les bras de la Vénus de Milo : On attend de nouvelles révélations!
Dimanche 3 juillet (16 heures 04 GMT) . Ma fille m'apprend que de source sûre (proche de la CIA) Madame Diallo aurait trempé dans l'assassinat de J.F. Kennedy.
Comme je le soulignais dans mon dernier post ("Un caillou dans le yaourt ou un os dans le fromage ?"),il est clair que le bon Dieu est assez facétieux pour s'amuser à contrarier les desseins des puissants de ce monde et, par là, nous faire sentir notre ridicule petitesse et le dérisoire de nos projets les mieux ourdis.
Considérez comment il a su, mine de rien, contrarier les plans des grands spécialistes de la communication présidentielle qui avaient si soigneusement préparé la libération des deux journalistes otages Les anciens avaient bien raison de dire, en latin puisqu'ils causaient alors en cette langue : "Quos Jupiter vult perdere dementat" . Ceux que Jupiter veut perdre, il les rend fous. Il peut aussi tout simplement les rendre bêtes. Ainsi nos grands stratèges de la communication n'ont- ils pas pris conscience que le mercredi, qu'ils avaient si soigneusement choisi pour l'annonce de cette nouvelle, en raison de la retransmission télévisée de la séance de l'assemblée nationale, était aussi le jour de la parution du Canard enchaîné. Rien de grave au premier abord mais c'était compter sans le goût de notre cher bon Dieu pour les bonnes blagues. Dans sa grande sagesse et ses vastes desseins, ce dernier s'était en effet arrangé aussi pour que ce journal satirique ait, ce même jour, à sa disposition, les pittoresques et imprévues informations sur les bienfaits que le président Ben Ali dispensait à la presse française ( de droite surtout) pour s'en attirer les bonnes grâces et faire vanter ses mérites dans ses colonnes (celles de notre presse, pas de Ben Ali !).
En ce 1er juillet, le bon Dieu, peut-être réjoui par l'arrivée des vacances, a redoublé encore de facéties, dans un tout autre domaine toutefois. Tout était réglé depuis des mois pour que soit célébré sous les feux concentrés de tous nos médias, le mariage d'Albert de Monaco avec son ondine sud-africaine. En dépit des rumeurs et dans ma crainte respectueuse des fureurs procédurières des Grimaldi, je me garderai de toute plaisanterie à propos du mariage gay que ce même bon Dieu facétieux avait peut-être lui-même mis sur le tapis à dessein à ce moment là. En tout cas, ce même bon Dieu, dans sa toute puissance, s'est arrangé pour faire éclipser la cérémonie nuptiale par le rebondissement inattendu de l'affaire DSK qui a mobilisé tous les médias. Le pire est que ce même bon Dieu a poussé le vice jusqu'à faire en sorte que le juge new-yorkais fixât l'audience du tribunal de New-York, prévue pourtant pour le 18 juillet, au jour et à l'heure mêmes où était célébré le mariage princier. Nos médias se sont donc trouvés, tels l'âne de Buridan (entre le picotin et le seau d'eau) ou, plus noblement, l'Héraclès de Prodicos (entre le vice et la vertu), devant un choix douloureux et se sont finalement concentrés plutôt sur le second événement, car, pour le premier, depuis quelques semaines, nous avions un petit peu épuisé les charmes nuptiaux de la principauté et cela d'autant que le bruit avait couru que la mariée avait failli filer à l'anglaise deux jours avant la noce. Je ne vous dit même pas le bruit de cette nouvelle affaire DSK dans le petit Landernau de la rue de Solférino ! Comme disait le derviche de Candide (de Voltaire, Monsieur le Ministre !) : « Quand sa Hautesse envoie un vaisseau en Egypte, s' embarrasse-t-elle si les souris qui sont dans le vaisseau sont à leur aise? ».
Dans l’affaire DSK que d’aucuns regardent comme close, le bon Dieu nous a peut-être encore réservé quelques surprises. Un peu bizarre non ce reproche fait à Madame Diallo de ne pas avoir mentionné dans sa déposition un viol subi en Guinée et allégué, en revanche, dans sa demande de droit d’asile ! Il est courant pour les demandeurs d’invoquer des violences politiques ou physiques pour justifier leur demande, sans pour autant les mentionner à tout propos, surtout en pareil cas. On s’étonne un peu aussi de voir une femme de chambre new-yorkaise, de toute évidence fort occupée et sans grande ressources, disposer de 100.000$ sur divers comptes d’autres villes du pays et servir de plaque tournante à un trafic de drogues ! N’y aurait-il pas là en fait plusieurs Madame Diallo, ce nom étant celui des Dupont de la Guinée ?
Je tremble d'avance en me demandant quelles facéties nouvelles va imaginer notre bon Dieu dans les jours qui viennent. Sur quel événement va-t-il concentrer son imagination et que va-t-il bien pouvoir encore nous inventer ?
Dernières minutes en ce dimanche 3 juillet :
Il se confirme que Madame Diallo non seulement est, en fait, à la tête du cartel de Medellin mais que c'est elle qui, auparavant, avait volé la Joconde : bien des indices donnent désormais à penser que c'est aussi elle qui cassé le vase de Soissons et les bras de la Vénus de Milo : On attend de nouvelles révélations!
Dimanche 3 juillet (16 heures 04 GMT) . Ma fille m'apprend que de source sûre (proche de la CIA) Madame Diallo aurait trempé dans l'assassinat de J.F. Kennedy.
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vendredi 27 mai 2011
Costard gratuit pour DSK
Comme souvent, le hasard est malicieux.
Je retombe, par hasard, sur une info qui date un peu (du 14 mai 2011, me semble-t-il). J’y apprends que Dominique Strauss-Kahn va attaquer en justice France Soir « à la suite de la publication de fausses informations relatives à son train de vie », comme l’a fait savoir un communiqué de ses avocats. Il conteste par cette action un article de Pascale Tournier qui a écrit que « le couple Strauss-Kahn mène une vie d'expatriés fortunés à Washington ». Elle y faisait allusion au fait que DSK se serait « offert les services du tailleur d'Obama. Sans doute sur le compte des frais de représentation liés à ses fonctions, il a acheté trois costumes sur mesure chez Georges de Paris. Un gris foncé, un bleu rayé et un noir. Prix pratiqués ? Entre 7.000 et 35.000 $ le deux-pièces ». Or DSK prétend ne jamais avoir été le client de « Georges de Paris ».
Je ne sais pas où en est l’affaire du procès à France-Soir car, depuis la mi-mai, beaucoup d’eau a coulé, tant dans le Potomac que dans l’East River ! On relativise tout cela désormais ; après tout, si 35.000$ est le prix d’un costume chez Georges, ce n’est guère que trois semaines de loyer pour le logement de New-York. Comme nous tous, de temps en temps, dans cette période de crise, DSK est obligé de faire des choix budgétaires. En la circonstance, on ne saurait lui reprocher de choisir le logis plutôt que le costume. Le procureur l’oblige à se loger à Manhattan, quel qu’y soit le prix des loyers ; en revanche, toute sortie lui étant interdite, le besoin de costumes est, pour le moment, moins impérieux d’autant que ses avocats, comme on l’a vu deux ou trois fois, lui imposent plutôt le look SDF. Il peut d’ailleurs fort bien passer de sa salle de cinéma personnelle à son jacuzzi en robe de chambre, sans que nul n’y trouve à redire! Il peut même se promener tout nu chez lui puisqu’il n’y a pas de soubrette guinéenne.
Les tenues minables désormais affichées par DSK, en lieu et place de ses coûteux costumes, prouvent le soin que ses avocats apportent au moindre détail. Nul doute que la pauvre Madame Diallo peut numéroter ses abattis et les menaces de la partie adverses commencent déjà, fondées ou non, puisque on y reste dans le vague le plus absolu ce qui, en France, lui permettrait assurément de porter plainte, d’ores et déjà, pour diffamation.
Les avocats de DSK prétendent en effet détenir des éléments de nature à « ébranler sérieusement » la crédibilité de la victime « présumée ». Ils ajoutent même : « Si nous voulions indûment nourrir l'appétit des médias, nous pourrions dès à présent dévoiler des informations importantes qui, à notre avis, ébranleraient sérieusement le dossier d'accusation ainsi que la crédibilité de la plaignante dans cette affaire ». Naturellement on ne précise en rien la nature et la portée de ces informations.
Tout cela fait naturellement partie de la comédie dell’arte classique entre le procureur et la défense. Moins audacieux que ne le fut naguère l’un de nos ténors du barreau méridional, l’avocat de DSK n’a pas osé brandir, devant les objectifs, une enveloppe (sans doute vide) censée contenir les preuves en questions.
On sait déjà, que la piste new-yorkaise n’apportant pas grand-chose aux limiers des avocats, ils ont expédié en Guinée quelques-uns de leurs Sherlock Holmes (j’espère qu’on a eu soin de les prendre afro-américains !). En vain, semble-t-il, puisque les anciens voisins ou familiers de Madame Diallo ont apporté des témoignages très positifs en sa faveur, tandis que sa famille, si démunie qu’elle soit, ne semblait pas décidée à monnayer ses témoignages, ce qui est tout à fait admirable dans leur cas.
Sans vouloir apporter de l’eau au moulin de DSK, je ne puis que signaler (encore un des bons conseils gratuits d’Usbek Consulting and Co), je suggère à ses avocats de convoquer comme témoin Madame Véronique Bensaïd, (ancienne militante socialiste de Sarcelles qui fut conseillère de DSK a Bercy mais qui depuis est passée à l'ennemi lors des régionales sur les traces d'Eric Besson )., dont le témoignage est rapporté dans la récente hagiographie de DSK par M. Traubmann (cité dans linternaute.com). Un vrai délice ! « Dominique était encore plus dragué que dragueur. C'était inimaginable ! Quand nous étions au banc du gouvernement, pour la discussion des amendements, certaines femmes députées me passaient des mots à lui transmettre contenant parfois des déclarations enflammées, voire délirantes.[…] J'ai vu des femmes faire des numéros de claquettes dignes des plus grandes prostituées, j'ai vu des élues, des collaboratrices prêtes à tout pour coucher avec lui [...]. J'ai remarqué ce phénomène avec d'autres ministres. Mais avec Dominique, cela atteignait des sommets. En réalité, on peut parler de harcèlement sexuel. Mais Dominique en était la victime ! ».
Comment une pauvre femme de chambre guinéenne aurait-elle pu résister à la vue de DSK sortant tout nu de sa salle de bain tel un Adonis anadyomène (cette sortie de l’eau est une figure tenue plutôt en général par Aphrodite/Vénus, mais le charme de Dominique est tel !) ?
Dernier point. Comme je le laissais entendre, les défenseurs ne vont pas manquer à Madame Nafissatou Diallo. Deux nouveaux avocats, très connus eux-aussi, Kenneth Thompson et Norman Siegel, se sont joints au premier, Jeffrey Shapiro.
L’un est afro-américain ; il s’agit de Kenneth Thompson de New-York, un ancien procureur considéré comme un spécialiste du harcèlement sexuel. L'autre est Norman Siegel, une figure illustre de la lutte pour les droits civiques. La lutte entre les deux camps sera d’autant moins inégale que le camp du procureur se renforce aussi avec, comme par hasard, deux femmes, Joan Illuzzi-Orbon et Ann Prunty, ce qui va sans doute conduire Brafman et Taylor à s’adjoindre, à leur tour, une avocate. Pour la parité !
Je retombe, par hasard, sur une info qui date un peu (du 14 mai 2011, me semble-t-il). J’y apprends que Dominique Strauss-Kahn va attaquer en justice France Soir « à la suite de la publication de fausses informations relatives à son train de vie », comme l’a fait savoir un communiqué de ses avocats. Il conteste par cette action un article de Pascale Tournier qui a écrit que « le couple Strauss-Kahn mène une vie d'expatriés fortunés à Washington ». Elle y faisait allusion au fait que DSK se serait « offert les services du tailleur d'Obama. Sans doute sur le compte des frais de représentation liés à ses fonctions, il a acheté trois costumes sur mesure chez Georges de Paris. Un gris foncé, un bleu rayé et un noir. Prix pratiqués ? Entre 7.000 et 35.000 $ le deux-pièces ». Or DSK prétend ne jamais avoir été le client de « Georges de Paris ».
Je ne sais pas où en est l’affaire du procès à France-Soir car, depuis la mi-mai, beaucoup d’eau a coulé, tant dans le Potomac que dans l’East River ! On relativise tout cela désormais ; après tout, si 35.000$ est le prix d’un costume chez Georges, ce n’est guère que trois semaines de loyer pour le logement de New-York. Comme nous tous, de temps en temps, dans cette période de crise, DSK est obligé de faire des choix budgétaires. En la circonstance, on ne saurait lui reprocher de choisir le logis plutôt que le costume. Le procureur l’oblige à se loger à Manhattan, quel qu’y soit le prix des loyers ; en revanche, toute sortie lui étant interdite, le besoin de costumes est, pour le moment, moins impérieux d’autant que ses avocats, comme on l’a vu deux ou trois fois, lui imposent plutôt le look SDF. Il peut d’ailleurs fort bien passer de sa salle de cinéma personnelle à son jacuzzi en robe de chambre, sans que nul n’y trouve à redire! Il peut même se promener tout nu chez lui puisqu’il n’y a pas de soubrette guinéenne.
Les tenues minables désormais affichées par DSK, en lieu et place de ses coûteux costumes, prouvent le soin que ses avocats apportent au moindre détail. Nul doute que la pauvre Madame Diallo peut numéroter ses abattis et les menaces de la partie adverses commencent déjà, fondées ou non, puisque on y reste dans le vague le plus absolu ce qui, en France, lui permettrait assurément de porter plainte, d’ores et déjà, pour diffamation.
Les avocats de DSK prétendent en effet détenir des éléments de nature à « ébranler sérieusement » la crédibilité de la victime « présumée ». Ils ajoutent même : « Si nous voulions indûment nourrir l'appétit des médias, nous pourrions dès à présent dévoiler des informations importantes qui, à notre avis, ébranleraient sérieusement le dossier d'accusation ainsi que la crédibilité de la plaignante dans cette affaire ». Naturellement on ne précise en rien la nature et la portée de ces informations.
Tout cela fait naturellement partie de la comédie dell’arte classique entre le procureur et la défense. Moins audacieux que ne le fut naguère l’un de nos ténors du barreau méridional, l’avocat de DSK n’a pas osé brandir, devant les objectifs, une enveloppe (sans doute vide) censée contenir les preuves en questions.
On sait déjà, que la piste new-yorkaise n’apportant pas grand-chose aux limiers des avocats, ils ont expédié en Guinée quelques-uns de leurs Sherlock Holmes (j’espère qu’on a eu soin de les prendre afro-américains !). En vain, semble-t-il, puisque les anciens voisins ou familiers de Madame Diallo ont apporté des témoignages très positifs en sa faveur, tandis que sa famille, si démunie qu’elle soit, ne semblait pas décidée à monnayer ses témoignages, ce qui est tout à fait admirable dans leur cas.
Sans vouloir apporter de l’eau au moulin de DSK, je ne puis que signaler (encore un des bons conseils gratuits d’Usbek Consulting and Co), je suggère à ses avocats de convoquer comme témoin Madame Véronique Bensaïd, (ancienne militante socialiste de Sarcelles qui fut conseillère de DSK a Bercy mais qui depuis est passée à l'ennemi lors des régionales sur les traces d'Eric Besson )., dont le témoignage est rapporté dans la récente hagiographie de DSK par M. Traubmann (cité dans linternaute.com). Un vrai délice ! « Dominique était encore plus dragué que dragueur. C'était inimaginable ! Quand nous étions au banc du gouvernement, pour la discussion des amendements, certaines femmes députées me passaient des mots à lui transmettre contenant parfois des déclarations enflammées, voire délirantes.[…] J'ai vu des femmes faire des numéros de claquettes dignes des plus grandes prostituées, j'ai vu des élues, des collaboratrices prêtes à tout pour coucher avec lui [...]. J'ai remarqué ce phénomène avec d'autres ministres. Mais avec Dominique, cela atteignait des sommets. En réalité, on peut parler de harcèlement sexuel. Mais Dominique en était la victime ! ».
Comment une pauvre femme de chambre guinéenne aurait-elle pu résister à la vue de DSK sortant tout nu de sa salle de bain tel un Adonis anadyomène (cette sortie de l’eau est une figure tenue plutôt en général par Aphrodite/Vénus, mais le charme de Dominique est tel !) ?
Dernier point. Comme je le laissais entendre, les défenseurs ne vont pas manquer à Madame Nafissatou Diallo. Deux nouveaux avocats, très connus eux-aussi, Kenneth Thompson et Norman Siegel, se sont joints au premier, Jeffrey Shapiro.
L’un est afro-américain ; il s’agit de Kenneth Thompson de New-York, un ancien procureur considéré comme un spécialiste du harcèlement sexuel. L'autre est Norman Siegel, une figure illustre de la lutte pour les droits civiques. La lutte entre les deux camps sera d’autant moins inégale que le camp du procureur se renforce aussi avec, comme par hasard, deux femmes, Joan Illuzzi-Orbon et Ann Prunty, ce qui va sans doute conduire Brafman et Taylor à s’adjoindre, à leur tour, une avocate. Pour la parité !
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