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mercredi 24 août 2011

Et un Obus pour DSK!


S'il n'était pas en anglo-américain et, en outre, pas très facile d'accès, je vous recommanderais volontiers la lecture du rapport rédigé par l'équipe de Cyrus Vance à l'attention du juge Obus. Je n'invente pas cet ultime et pittoresque détail patronymique que vous pouvez vérifier dans tout bon organe de presse.

Mobiliser un juge nommé Obus pour un coup à peine tiré par DSK, cela ne vaut pas la peine de convoquer ici "l'artilleur de Metz", quoique je fasse souvent appel à des chansons françaises dans ce blog. Tout donne en outre à penser que cet obus fera long feu !

Je me suis donc infligé la lecture des 25 pages de ce rapport, à vrai dire pas très copieux (deux mille signes et intervalles à la page !) ; en revanche, la conclusion ne laisse pas d'étonner ; à la lire, on comprend bien que toute cette instruction est menée à charge pour cette pauvre Mme Diallo et, si j'ose dire, à décharge pour DSK, assurément expert en la matière !

Je n'ai pu fournir ici des extraits de ce texte, à l'appui de mes commentaires, car je n'ai pu accéder qu'à un PDF et je suis trop maladroit pour réussir à en copier les passages les plus désopilants. Je vous la ferai donc courte, comme d'habitude.

Passons sur les neuf premières pages car, une fois débitées les sornettes juridiques habituelles en pareil cas, aux States comme en Gaule, elles ne nous apprennent rigoureusement rien sur ce qui s'est passé en cette journée du 14 mai 2011 que ce qu'on en a lu cent fois dans la presse et qui avait conduit à l'incarcération immédiate de DSK.

Ce qui est intéressant en revanche, dans la suite, est que l'on y voit les enquêteurs s'intéresser, avec une passion étonnante, « à l'histoire PERSONNELLE ("personal history")" de Mme Diallo, dont on se demande un peu en quoi elle importe dans cette affaire, sinon pour pouvoir lui chercher des poux dans la tête par la suite. La pauvre femme, dont l'anglais est d'ailleurs incertain, a dû voir une preuve d'intérêt pour son malheur dans cet empressement des enquêteurs à lui faire raconter sa vie.

Je sais bien qu'un attorney américain n'est pas un juge d'instruction français, qui lui, en principe du moins, instruit une affaire à charge et à décharge, mais ces braves enquêteurs auraient pu également s'intéresser à l'histoire personnelle de DSK qui est loin d'être triste ; toutefois ils n'ont pas osé n'en rien dire du tout, n'accordant à son passé qu'une très modeste attention à l'extrême fin du rapport ; aussi à la dernière page (page 24), est-il fait allusion, EN SIX LIGNES, aux affaires sexuelles de DSK ; c'est tout de même très peu de choses dans un rapport de 25 pages, surtout face aux longs développements sur l'histoire personnelle de Madame Diallo. Nulle évocation par ailleurs des témoignages des deux employées du Sofitel qui ont refusé, à son arrivée, les lourdes avances et invites de DSK !

Venons-en aux fameux "mensonges" de Mme Diallo qui auraient retourné le grand Cyrus!

1. Le viol qu'elle aurait subi en Guinée et qui était, j'en ai déjà parlé, la circonstance qui fondait et justifiait sa demande d'immigration aux États-Unis. Je ne pense pas qu'il y ait un seul candidat à l'immigration, dans un pays quelconque, qui n'arrange pas un peu les choses et les événements de son histoire personnelle, pour se donner de plus grandes chances de voir sa demande acceptée. Il est capital, par ailleurs, de souligner que la révélation de son mensonge devant le grand jury est le fait de Mme Diallo ELLE-MEME! On ne l'a pas du tout prise sur le fait ni en rien convaincue de mensonge et de faux serment. C'est elle-même qui a confessé le mensonge qu'elle avait fait, dans l'espoir de voir sa demande acceptée.

Il est tout à fait certain qu'on l'a manipulée et poussée à cet aveu inutile et à cette confidence fâcheuse pour elle par un stratagème, en lui disant sans doute que cette révélation serait sans conséquence. Il y a là une manipulation scandaleuse d'une victime ou, à tout le moins, d'un témoin.

J'ajoute qu'on reviendra dans la suite (aux alentours de la page 15) sur cette affaire de viol, en donnant l'impression que, si elle avait déjà été violée en Guinée par des soudards africains, elle devait avoir l'habitude de la chose et que tout devenait, de ce fait, beaucoup moins important, quelle que soit la réalité.

Là encore les formulations du rapport sont absolument scandaleuses ! Ce n'est pas parce qu'on a été violée une fois, qu'on a forcément pris l'habitude, voire le goût de la chose !

2. Point essentiel : ces fameux "mensonges" qui seraient des versions "contradictoires" de l'affaire. L'adjectif est de l'un de nos crétins de journalistes qui bien entendu n'a même pas lu ce rapport! Le texte s'attarde longuement (page 12 et 13) sur les trois "versions" différentes, non de l'affaire elle-même (ce qui pourrait constituer une présomption de mensonges) , mais de détails annexes, infimes et sans la moindre pertinence, qui touchent à la chronologie et même la numérotation des chambres où Mme Diallo s'est rendue immédiatement après le viol !

Tous ces détails sont rigoureusement sans la moindre importance ; on peut donc tout à fait comprendre que Mme Diallo, dans l'évocation de ses faits et gestes banals après le viol, sans le moindre rapport avec lui, sous le coup de l'émotion, et vu l'absence totale d'intérêt de tels détails, ait pu avoir de légères variations dans les détails de ses mouvements et du minutage précis de son emploi du temps. Tous ceux et celles qui ont eu à connaître d'affaires de viol savent, eux et elles, que les victimes ont toujours le plus grand mal à rendre compte des faits vu le traumatisme subi.

3. Il y a aussi les affaires de dépôts d'argent sur son compte et de multiplicité de téléphones ; il n'est pas impossible que Mme Diallo ait eu des fréquentations douteuses en la personne de certains de ses compatriotes, exilés comme elle, ce que confirme le fait que l'un d'entre eux soit en prison. En revanche, on se demande ce que de telles circonstances ont à faire avec les points 1 et 2. Est-il légitime à New York de violer toute femme africaine qui a un ami en prison ?

J'ajoute qu'il n'est pas sûr que l'on n'ait pas abusé, dans toute cette affaire, de l'incompétence linguistique de Mme Diallo. Si elle avait été bien conseillée, elle aurait pu exiger que tous ces débats et toutes ces questions se passent dans la variété régionale de peul qui sa langue maternelle, ce qui aurait sans doute posé quelques problèmes au bureau du procureur.

Venons-en maintenant aux aspects un peu drolatiques de ce rapport car ce que nous en avons vu, jusqu'à présent, est plus scandaleux qu'amusant.

La recherche des traces ADN a conduit à des découvertes un peu inattendues comme celle de la présence de traces de sperme, non seulement de DSK, très abondantes, mais aussi de deux ou trois éjaculateurs (page 18 notes a en particulier) ; cela ne concerne guère l'affaire Diallo, mais donne à réfléchir, tant sur l'hygiène d'un établissement comme le Sofitel que sur les moeurs de ceux qui le fréquentent.

Tous les détails médicaux et génétiques, en foule, accablent DSK, dont on trouve les traces ADN (spermatiques ou épithéliales) partout, aussi bien sur l'uniforme que sur les collants ou les dessous de Mme Diallo. A cet égard, il est particulièrement curieux qu'une femme de mauvaise vie professionnelle, venant à la rencontre d'un client potentiel pour une relation sexuelle, porte deux collants, l'un sur l'autre, plus un panty ; dans cet emploi et dans de telles intentions, on l'aurait plutôt vue sans culotte et en porte-jarretelles !

DSK a d'ailleurs aggravé son cas puisque, non content d'imposer des pratiques sexuelles non consenties à Mme Diallo, il lui a en plus déchiré ses collants ; l'un a une déchirure de trois pouces et l'autre d'un pouce et demi , l'une et l'autre se situant dans la zone de l'entrejambe et du haut des cuisses, partie qui n'est pas réputée être la plus fragile des dits collants. Le souci d'épargner DSK conduit les rédacteurs à souligner (page 23) que les collants ne sont pas solides et qu'ils peuvent souvent présenter des faiblesses ("defects"). On croit rêver mais la plupart des femmes qui en portent ne diront pas le contraire.

Les rédacteurs de ce texte ne sont toutefois pas totalement dénués l'humour. Page 23, observant que l'épisode sexuel a duré, au total, entre sept et neuf minutes (et même peut-être deux minutes de moins comme le fait observer une note), on peut en conclure, comme le font les auteurs, que pour une "relation prévue ou consentie" ( ce que prétend la défense) l'épisode ne semble guère "consensuel".

Ce matin même, l'avocat nain de DSK a fait une remarque, curieuse mais essentielle quoique bien tardive, en disant que la relation sexuelle (donc RECONNUE) de DSK et de Madame Diallo était certes "INAPROPRIEE mais non forcée"!

Bizarre! Bizarre! N'y aurait-il pas, comme je le subodore, un accord général (avec ou sans dessous de table)? Cela éclaire le rapport transmis à Obus qui accable DSK, tout en invitant, dans une étrange conclusion, à abandonner les poursuites. Le rapport sort donc le grand Cyrus du guêpier où il s'était sottement précipité et, en mettant fin à l'épisode pénal, passe la patate chaude au civil! Toutefois, à la place de Mme Diallo, je me serais fait payer d'avance!

En somme tout rentre dans l'ordre moral : le Blanc est blanchi et la Noire noircie!

lundi 22 août 2011

Pour dix briques, t'as plus rien!

Pour ce qui me concerne, j'ai toujours pensé qu'à la sortie et pour la seule indemnisation de Madame Diallo, la famille Strauss-Kahn en serait pour une dizaine de millions de $ ou d'euros. "Quand on aime, on ne compte pas" comme dit Anne. En plus, à ce niveau, on ne va pas mégoter ni sur le nombre exact de millions, ni sur le cours des monnaies en cause (de toute façon, les comptes de Madame ne sont sans doute pas à la Caisse d'épargne!).

Le problème est que Nafissatou va se voir dépouillée d'une bonne partie de la somme qu'elle peut espérer toucher, d'autant que tout cela dépend beaucoup de la nature et des conditions de la transaction en cours. En effet, la négociation, dont on commence à parler un peu sérieusement, la décision de Cyrus Vance s'approchant et devenant inéluctable (j’écris ce blog lundi 22 août avant qu’on sache la décision du grand Cyrus !), est naturellement secrète et les avocats qui la mènent ne vont pas s'oublier dans le partage du fric (au pourcentage sans doute). Le procès au civil (si DSK a quitté le pays !) est, de toute évidence, une diversion et un écran de fumée ; de toute façon, le procès au pénal est indépendant du procès au civil. O.J. Simpson est le cas exemplaire d'un coupable avéré d'un double meurtre acquitté au pénal (on avait dû payer un juré, ce qui est la manoeuvre la plus simple et la plus efficace pour empêcher la condamnation qui exige l'unanimité) qui a payé ensuite des dizaines de millions de $ au civil, mais après un vrai procès (où toutefois, dans un jury plus réduit, l'unanimité n'est pas requise ce qui empêche d'acheter aussi aisément le vote d'un juré) et non dans une arrangement secret.

Secret mais surtout totalement illégal.

Les avocats de Mme Diallo, contre toutes les évidences, nient l'existence de telles négociations, surtout et tout simplement parce que la loi américaine (morale!!! comme toujours ) INTERDIT de payer une victime pour l'amener à "modifier" son témoignage. En revanche, rien n'interdit à une victime, fût-ce à ses dépens et à ses risques, de modifier ses premières déclarations. Après tout, s'il y met le prix, DSK peut suggérer à sa prétendue victime de reconnaître que la vue d'Adam DSK, sortant tout nu de sa salle de bain, a déclenché chez elle une pulsion sexuelle si forte qu'elle n' a pu y résister. Elle pourrait alors décider de ne plus coopérer avec le procureur qui resterait toutefois libre de poursuivre la procédure et de la contraindre néanmoins à comparaître, ne serait-ce que pour lui faire assumer son faux témoignage.

En fait, tout cela se ramène, comme on pouvait s'y attendre, surtout aux Etats-Unis, à des questions de fric.

Petit bilan rapide de la situation financière de DSK (je ne connais pas son régime matrimonial!)

1. Le passif
1 million de dollars et d'un dépôt de garantie de 5 millions. Ces sommes seront restituées si l'affaire s'arrête.
50.000 dollars par mois pour la maison de location ; comptons 100.000$ (avec les frais de personnel... masculin ) sur 6 mois (avec préavis!) = 600.000$
Frais de surveillance : 200.000 dollars par mois (4 mois) = 800.000$
Les avocats (Ben Brafman et William Taylor), (500 dollars de l'heure sur 4 mois) = 1,5 ou 2 millions de $ à deux.
Enquêteurs privés (« GuidePost Solutions ». 1000 à 2.000 dollars par jour (+ voyages en Europe et en Afrique) 1 million de $
Communication (deux cabinets spécialisés ) 1 million de $
Total (sans compter les bricoles du style des voyages d'Anne en jet privé et les pâtes aux truffes, etc. !) Disons 5 à 6 millions.

2. Actifs ( à la louche aussi et je ne compte pas les livrets A)
Maison de Washington (achetée 4 millions de $)
Appartement d'Anne dans le XVIè parisien 3 millions d'euros
Appartement Place des Vosges 5 millions d'euros
Palais du XIXè à Marrakech 3 millions d'euros
Héritage ? Anne Sinclair petite-fille de Paul Rosenberg, l'un des grands marchands d'art du XXe siècle, est très discrète sur la collection de son grand-père, dont une grande partie, volée par les Allemands, a été restituée. On sait que, depuis une dizaine d'années, plusieurs tableaux (Monnet, Léger et Matisse) ont été vendus pour près de 80 millions de $ au total.

Pas d'inquiétude ni de souscription. Le bilan est "globalement positif" comme disait l'autre! Néanmoins la turlute, au Bois de Boulogne ou « Aux Chandelles » est à meilleur prix !

samedi 11 juin 2011

DSK. Justice des USA 2

J’ai reproduit hier l’intéressant article de John R. Macarthur sur la justice américaine, paru le 6 juin 2011 dans le Devoir de Montréal sous le titre "Des Français désenchantés", en renvoyant à aujourd’hui, faute d’espace, mes remarques sur le sujet.

J.R. Macarthur note que « le principe selon lequel un accusé est [présumé] innocent jusqu’à ce qu’il soit reconnu coupable « au-delà du doute raisonnable » fait partie du tissu social, voire de l’amour propre, d’une Amérique pieuse lorsqu’elle vante la supériorité de son système judiciaire et de sa Constitution » ; il observe aussitôt combien cette présomption d’innocence est difficile à maintenir, surtout dans un cas comme celui de DSK qu’on présente comme « le Perv » français et dont on ne cesse de rappeler l’inclination quasi pathologique pour les femmes, qu’on illustre de plus en plus, de jour en jour, par des exemples voire des témoignages, comme celui de la blonde Kristin Davis, la « Madam » de Manhattan.

Quelles que soient les précautions prises pour favoriser la présomption d’innocence, déambuler entre deux policiers (avec ou sans menottes) ne plaide nulle part en faveur de l’innocence de l’intéressé. On se souvient du fâcheux lapsus de Nicolas Sarkozy sur le « présumé coupable » qu’on lui a tant reproché, mais, à tout prendre, ce serait peut-être une formule préférable a l’autre car, si elle marque la possibilité de l’innocence de l’intéressé puisque sa culpabilité n’est que « présumée», elle plaide aussi, par ailleurs, en faveur du sérieux de la justice qui ne devrait pas être mise en oeuvre sans de bonnes raisons, ce dont quelques récentes mascarades judiciaires conduisent à douter.

Dans un premier temps, les Français, volontiers frondeurs, ont été, secrètement ou ouvertement, assez satisfaits de voir un puissant, le riche directeur général du FMI, dans lequel beaucoup voyaient déjà le futur président de la République française, menotté entre deux policiers comme un vulgaire voleur de poules. C’est notre côté Figaro, lui qui, dans le Mariage, lance au Comte Almaviva sa définition de la justice devenue célèbre « Indulgente aux grands, dure aux petits ! ».

C’est sur ce point que je me sépare de J.R. Macarthur quand il observe : « Les pires clichés sur la culture française sont répandus au nom du droit prétendument égalitaire de la République américaine. D’après ce stéréotype, la France est un pays ultra-tolérant, débordant de libertins jouissant des moeurs corrompues, dissolues et relâchées. L’élite française se croit au-dessus des lois faites pour les petites gens, et les beaux mots de Liberté, Égalité, Fraternité ne sont que des prétentions ».

Je ne suis pas assez bon connaisseur de l’histoire des Etats-Unis pour savoir si l’on y trouve, comme dans la nôtre, dans le dernier siècle et demi, les mêmes figures officielles un peu douteuses. Sous la Troisième République, un président de la République, Jules Grévy, dont le gendre avait ouvert à l’Elysée un petit commerce de légions d’honneur ; Félix Faure, un autre président de la même république, qui, douze ans plus tard, ne survécut pas à l’une des visites de sa maîtresse dans son bureau présidentiel ; à la fin des années 50, le Président du Sénat (socialiste déjà !), deuxième personnage de l’Etat, organisateur de soirées pédophiles, les fameux « ballets roses », dans un pavillon officiel de la République (quoiqu’ayant tout nié avec la dernière énergie, il sera pour finir condamné à un an de prison - avec sursis fort heureusement !) ; dans un genre différent, un autre président, socialiste également, entretiendra et fera garder aux frais de l’Etat, deux mandats durant, l’une de ses maîtresses et leur fille, sans que nul n’y trouve à redire ni même n’en parle !

Quant à la France, « patrie des droits de l’homme », si l’on convoque tant soit peu l’histoire, force est d’admettre que les idées des Lumières et, par là, celles de notre Révolution sont plutôt nées en Angleterre où d’ailleurs nombre de nos « philosophes » ont, à un moment ou un autre, trouvé refuge et inspiration. Ce n’est donc pas par hasard, si les démocraties actuelles de Grande-Bretagne (en dépit de l’état monarchique) et des Etats-Unis sont, à bien des égards, plus authentiques que la nôtre.

L’image flatteuse que les Français, bien conscients au départ que tout se serait passé autrement si DSK avait logé dans un palace parisien et non new-yorkais, n’a toutefois pas tardé à changer et à se dégrader au fil des jours. L'arrivée d’Anne Sinclair en jet privé, la caution faramineuse payée sans sourciller pour éviter la prison à son mari, la location d’un gîte à 50 000 $ par mois, tout cela a ouvert les yeux du public français, moins sur la justice américaine que sur la fortune des époux DSK et, par là, du candidat socialiste, favori du bon peuple pour la prochaine présidentielle.

On avait cru constater que la justice des États-Unis, à la différence de celle de Figaro traitait de la même façon les grands et les petits. On a vite compris qu’il n’en était rien. Divers signes l‘ont montré, sans parler de ceux que nous n'avons pas pu voir. Je ne doute pas, en effet, que dans son indulgence et sa longanimité, Anne Sinclair n’ait fait un saut chez Tiffany pour offrir à son Dominique un bracelet électronique serti de diamants. Les paparazzi ont certes réussi une image de sa cheville, quand il montait en voiture, mais hélas le fil d'Écosse de la chaussette n'a pas permis un constat plus précis sur ce point.

À la différence de John R. Macarthur, je ne crois pas vraiment que « les droits de l'État accusateur privent les droits de l'accusé » par le biais des « fuites dans la presse ».L’injustice est moins, quand l’accusé dispose de millions de dollars, dans la possibilité de recruter des avocats talentueux que dans la capacité de payer des détectives et éventuellement surtout , dans la suite, d’acheter des témoins, voire des membres du futur jury (puisque l’unanimité des jurés est requise). On le savait certes tout cela depuis longtemps, au simple souvenir des affaires O.J. Simpson et Michael Jackson !

Que Cyrus Vance Jr. essaye d'utiliser cette affaire, surtout après son récent échec, pour exercer son ambition n'est pas chose nouvelle aux États-Unis, mais il est clair que les immenses moyens du couple Strauss-Kahn leur donneront les moyens de rivaliser, sans trop de problèmes, avec le procureur de New York.

« Indulgente aux grands, dure aux petits », la justice l’est aux Etats-Unis comme dans tous les Etats du monde. En France, chacun sait qu'il vaut mieux être défendu, à défaut d'une vedette du barreau, par un avocat sérieux qui étudiera sérieusement votre dossier pour vous défendre, que par un avocat commis d'office et qu’il vaut mieux avoir à faire à un adversaire obscur qu’à un adversaire proche du pouvoir. Il en est de même aux États-Unis, mais la grande différence entre les deux systèmes tient aux possibilités de négociations sur la reconnaissance ou le refus de la culpabilité ; elles amènent à ce que la plus grande partie des affaires (entre 90 et 95 % semble-t-il) n'arrivent pas jusqu'au procès, mais s'achèvent dans une négociation qui peut conduire à la réduction des peines voire à leur absence totale.

De ce fait, je pense que la conclusion de John R. Macarthur est un peu discutable (l’avenir jugera !) quand il écrit : « A mon avis, Vance s'est trop investi dans la poursuite de DSK pour négocier quoi que ce soit ; il lui faut une condamnation et une punition. Bientôt la cour criminelle de Manhattan ressemblera à une arène romaine où le sang va couler. Pourvu que les Français profitent de ce combat pour abandonner leur rêve américain ».

Je ne suis pas aussi sûr que lui que les choses se passent ainsi, car si le procureur est sans doute peu disposé à mettre les pouces et à voir cette affaire, sur le retentissement de laquelle il compte pour lancer sa carrière future, s'achever dans une négociation, on peut tout à fait imaginer que quelques millions de dollars soient en mesure de convaincre Mme Diallo que tout ce qu’elle a raconté ne s'est passé que dans son imagination et que, en réalité, c'est elle qui, voyant sortir de DSK de sa salle de bains dans le plus simple appareil, n'a pas pu résister à l’appel de la chair et l'irrésistible attraction de la bedaine de Dominique.

mardi 24 mai 2011

DSK ? Fatalitas!

Il est assez facile de prévoir comment va se terminer l'affaire du Sofitel de New York. On le pressent de plus en plus clairement à la lumière des récentes déclarations de DSK comme de celles de ses avocats.

Tout cela, comme l'affaire de la libération sous caution, n’est qu'une question de zéros sur les chèques. Il est probable que les choses se sont passées plutôt, comme le dit Mme Diallo, que comme le déclare l’ex-directeur général du FMI qui se dit aussi innocent et nu que l’agneau qui vient de naître. Il suffit pour s'en convaincre d'examiner le caractère et le passé des protagonistes majeurs de cette affaire.

J'entendais encore, ce matin, un ami de DSK nous expliquer qu'un séducteur n'est jamais un violeur et que ces caractères sont quasi antagoniques. C'est à la fois vrai et faux ; vrai, car le séducteur veut sans doute faire opérer surtout son charme personnel (et DSK est de toute évidence persuadé, comme, par définition, tous les Lovelaces, d'en avoir beaucoup) mais aussi, tout aussi convaincu que les femmes, par pudeur, par coquetterie, par discrétion (ajoutez ici la caractéristique psychologique qui vous conviendra le mieux) se refusent toujours au départ, même si elles ont envie, dans leur for intérieur, de céder aux avances ou aux entreprises de leur séducteur. Dès lors, pour ce malheureux, il n'est jamais facile de faire la distinction entre un refus profond et sincère et une coquetterie qu'il juge, lui, toute provisoire voire feinte. Dès lors, il est persuadé que seul le premier assaut leur coûte et qu'ensuite les choses iront d'elles-mêmes.

Même le cinéma conforte ce stéréotype et dans une foule de scènes de films on a pu voir l’héroïne, après une résistance farouche, cesser de repousser son séducteur pour l’enlacer ou même lui caresser les cheveux. N’avez-vous pas vu cela cent fois ?

C'est de toute évidence le scénario que vont plaider les avocats de DSK et que DSK lui-même soutiendra sans doute, en se jugeant, peut-être sincèrement, non coupable. Mme Diallo, qui ne le connaissait pas, quoique secrètement séduite, a fait des manières et il a dû lui forcer un peu la main !

Le vrai problème n'est pas même pas là (on ne saura jamais exctement ce qui s’est passé) ; il est tout simplement au plan de l'argent. Mme Diallo à un avocat ; elle en aura peut-être plusieurs ou d’autres car, aux Etats-Unis, une telle affaire les attire comme une charogne les mouches. Comme elle n'a évidemment pas les moyens de les rémunérer à la hauteur de leurs exigences, ils vont évidemment la pousser à négocier avec le présumé coupable contre le versement d'une somme qu'ils s'efforceront de fixer à un niveau aussi élevé que possible, puisque ils espèrent en percevoir un pourcentage. Jusqu'où iront-ils dans cette affaire et quelle stratégie vont-ils choisir, secrète ou publique, clandestine ou officielle? Il est difficile de le savoir car cela dépend à la fois des faits avérés, des sommes en jeu et du caractère de Mme Diallo.

Elle peut, à un moindre coût pour DSK, entrer dans son jeu pour réduire, par exemple, le nombre et la gravité des accusations. Elle pourrait aussi, mais là le prix serait beaucoup plus élevé pour DSK, affirmer qu'elle l’a provoqué ou même sollicité ; elle prétendrait alors avoir tout inventé, au risque d'être elle-même poursuivie pour faux témoignage mais, pour une poignée de millions de dollars, cela vaut sans doute la peine.

Il y a certes d'autres lignes de défense encore plus hardies ; la plus coûteuse consisterait à faire valoir que c'est Mme Diallo elle-même qui a agressé sexuellement DSK, sans qu’il ait lui-même songé à porter plainte. On règle du même coup les affaires de l'ADN (le sperme de DSK sur le chemisier de Madame Diallo) et on explique les traces de griffures sur le torse de DSK, provoqué par les tentatives de Mme Diallo pour violer le malheureux DSK qui avait toutes les peines du monde à se défendre des entreprises d’une femme de chambre en chaleur. L'hypothèse est hardie, elle serait alors à n'en pas douter beaucoup plus coûteuse que les précédentes. Tout cela sera affaire de négociations et de zéros sur les chèques.

Bien sûr, il ne faut pas que le procureur aille lire la notice que le Who's Who consacre à DSK, rédigé, comme toujours, par les soins de l’intéressé. Il donne en effet deux indications, peu connues mais capitales dans cette affaire.

D'une part, en 1999, DSK a reçu le prix du fumeur de pipe de l’année décerné par la Confrérie des maîtres-pipiers de Saint-Claude. En 2007, à son départ de France pour le FMI ses amis du PS lui ont offert une pipe! Comment aurait-il donc pu à New-York en refuser une ?

Mieux encore, DSK devrait bénéficier d’une excuse majeure, en quelque sorte génétique, puisque sa maman est née Jacqueline… Fellus !