La bataille de l'élection présidentielle est désormais bien engagée et elle sera rude. Comme on l’a la vu avec l’incident du « sale mec » tous les coups seront permis mais ce n’est pas avec ça que se gagne pareille élection. Il faut du plus sérieux et, comme on dit aujourd’hui à Canal Plus, la référence ultime en matière de jeunisme parisien, « du lourd ! ». Il faut, un de ces jours, que je vous cause de l’évolution de Canal + ce dont me détourne pourtant la crainte d’ennuyer mes lecteurs lointains par une référence dérisoire et trop franco-française.
Dur ! Dur pour notre président, entre Marine et Babar qui lui disputent l’accès au second tour ! Père garde-toi à droite ! Père garde-toi à gauche !
Le Front National avait, jusqu'à présent, le monopole de Jeanne d'Arc puisqu'il tenait, sur la Place des pyramides (Paris 1er), où trône la statue équestre de la Sainte, la cérémonie annuelle en son honneur. Voici que le FN se voit doubler sur sa droite (ce qui est illégal au regard du code de la route de l'Élysée) par Nicolas Sarkozy.
Je suis surpris que la si imaginative cellule de communication de l'Élysée n’ait pas songé à organiser une sorte de fiesta historico-touristico-politique, du genre de « Puy de la Folle » (modèle De Villiers), à Domrémy. Le casting était pourtant évident ! Dans le rôle de la pucelle, s’imposait Nadine Morano, qui, née à Nancy, est un peu la payse de Jeanne, et qui, en un peu plus étoffé, possède après tout le physique de l'emploi. Bien sûr l’idéal pour ce rôle aurait été Marine Le Pen mais son accord eût été sans doute plus difficile à obtenir.
Les stratégies du parti présidentiel sont toutefois plus complexes et plus subtiles en ce qui concerne les adversaires de gauche. Pour éviter les contre-feux de l'opposition, on s'efforce de brouiller les pistes et de s’engager trop tôt. Ces tactiques me font penser aux pistards qui, dans une course de vitesse, font du « sur place » pour ne pas s’élancer les premiers et risquer de se faire contrer !
Le pouvoir en place saute ainsi, à pieds joints, de la « règle d'or » (dont on ne parle plus guère vous l'aurez observé) à la TVA sociale, dont on nous a rebattu les oreilles depuis quinze jours, avant de nous dire, ce matin même, sur BFM-RMC, de la bouche autorisée du conseiller spécial du président de la République, que ce terme est tout à fait inadéquat. La dernière tarte à la crème à la mode est désormais la taxe sur les transactions dont tout le monde sait bien que la plupart des autres Etats et, en particulier le Royaume-Uni, ne veulent pas et qui ne ferait sans doute pas les affaires des milieux financiers français. En effet, immédiatement, toutes les transactions qui s'opèrent en France traverseraient la Manche, ce qui permettrait peut-être de remplir les carnets de commandes de SeaFrance qui s'en trouveraient par là même sauvé.
On doit peut-être s'orienter vers une meilleure coordination des actions politiques, sur le modèle proposé hier (conseil gratuit d’Usbek Consulting comme toujours). On pourrait, en effet, réemployer une partie des marins de SeaFrance ( payés, je viens de l’entendre, 3000 euros par mois, ce qui explique la gueule qu’ils font à l’idée d’être employés à conduire les cars de la SNCF) à sauver la fabrique de bérets basques en faillite en lui donnant désormais à produire des bérets de marins.
Une autre évolution très importante dans notre paysage politique est qu'après nous avoir gavés de « Grenelles », puis d' « Etats généraux », on en vient maintenant au mot « Sommet » puisque, le 18 janvier 2012, ce sera un « Sommet » (de je ne sais quoi d’ailleurs) qui se tiendra et non pas des « Etats généraux » comme on nous l'avait annoncé d'abord. Comme aurait dit Coluche : « ça vient de sortir ! ». Le changement est naturellement d'importance.
Cette prochaine concertation me paraît un modèle du genre. En fait, on ne sait même pas exactement ce dont on va parler, mais ce qui est sûr est que tous les gens qu'on va inviter à cette réunion sont contre tout ce qu'on pourrait éventuellement y proposer. Saints dicats priez pour nous !
Il faut reconnaître qu'on va sans doute réussir, en la circonstance, ce qui est habituellement quasiment impossible dans le milieu concerné : l'u-na-ni-mi-té syndicale, qu'on ne parvient jamais à réaliser, pas même pour le défilé du 1er mai qui pourtant n'a guère de conséquences.
Au fond, TVA sociale et imposition des transactions financières relèvent l'un et l'autre de la même ficelle politique, vieille comme le monde mais inusable.
Dans cette affaire, notre gouvernement et surtout notre président pourront dire, sans qu'on puisse les contredire, qu'ils étaient sur le point de sauver la France et même le monde (en la circonstance avec la TVA sociale, notre industrie nationale et avec la taxe sur les transactions financières, notre budget et même nos finances), mais que les vilains et sournois ennemis de la France (les syndicats dans le premier cas, les étrangers dans le second) ont empêché que se réalise ce miracle économique et budgétaire.
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vendredi 6 janvier 2012
vendredi 23 décembre 2011
« Les Turcs ont passé là. Tout est ruine et deuil... »
Il ne s'agit pas là de l'Arménie, mais de Chio, "l'île des vins" que le Père Hugo évoquait dans "l'enfant grec" (celui qui, déjà, tel un petit marseillais des quartiers Nord, ne voulait, pour son Noël, que "de la poudre et des balles"), que nous avons tous appris autrefois à l'école.
La turquerie (mais sans le Mamamouchi) était hier à l'ordre du jour au Palais Bourbon. Le génocide arménien n'y a pas fait recette et nos représentants, en cette période festive, avaient choisi les grands magasins et les courses de Noël. Il faut bien admettre qu'il n'y avait pas la foule, même en regroupant les rares assistants pour la télé et ses savants cadrages! Pas même un député sur dix quoique, comme on nous le dit, le texte ait été voté " une large majorité".Vive l'électronique parlementaire!
On se fâche avec les Turcs sans combler les Arméniens qui sauront apprécier et évaluer à sa juste mesure l'intérêt de la représentation nationale française pour leur cause. Enfin Devedjian a pu à nouveau attirer la presse et Renaud Muselier a été l'un des rares à se manifester publiquement sur le sujet. Il est vrai qu'il est lui-même, comme par hasard, marseillais et qu'il doit, si j'ose dire, "marquer à la culotte" sa rivale, UMP et phocéenne, Madame Boyer qui est à l'origine du texte.
Hollande, toujours prudent, a donné des espoirs et des assurances à tout le monde (et d'abord à lui-même) en rappelant que le texte doit être approuvé par le Sénat (passé à gauche) et surtout que l'ordre du jour des assemblées peut-être modifié par le gouvernement (suivez son regard , certes normal mais qu'il peut espérer présidentiel).
Les Turcs ont été assez réactifs (trop selon Juppé!)pour nous faire, comme on pouvait le prévoir, la réponse du berger à la bergère, car, pour ce qui est des génocides, nous sommes, à une échelle plus modeste certes, en assez mauvaise position pour donner des leçons aux autres et ils n'ont pas manqué de nous le rappeler. Mais quel peuple peut prétendre ne pas avoir eu, à moment ou à un autre de son histoire, avoir eu quelque activité génocidaire même si elle était de moindre ampleur?
Le problème n'est d'ailleurs pas là. Le plus curieux de la chose est que si la France verse volontiers des larmes, plus ou moins sincères quand elles ne sont pas méridionales, sur le génocide arménien, elle n'en connaît manifestement pas bien le déroulement historique. En effet, à d'autres moments, nous nous apitoyons tout autant sur le sort infortuné des pauvres Kurdes qui furent pourtant, à bien des égards, les instruments les plus sanglants du génocide arménien.
Il y a probablement, dans tout cela, du côté français comme du côté turc, aux plans nationaux et international, des arrière-pensées, des sous-entendus et des plans sur la comète, dont on ne nous informe guère et qui ne nous intéressent, en fait, pas davantage.
Espérons toutefois que la mise au pilori de la Turquie apportera quelques consolations dans leur malheur d'abord à Bachar el Assad, qui ne doit pas être fâché de voir la communauté internationale se donner enfin une autre tête de Turc, et surtout aux Grecs que les malheurs ottomans distrairont un instant de leur austère morosité.
La turquerie (mais sans le Mamamouchi) était hier à l'ordre du jour au Palais Bourbon. Le génocide arménien n'y a pas fait recette et nos représentants, en cette période festive, avaient choisi les grands magasins et les courses de Noël. Il faut bien admettre qu'il n'y avait pas la foule, même en regroupant les rares assistants pour la télé et ses savants cadrages! Pas même un député sur dix quoique, comme on nous le dit, le texte ait été voté " une large majorité".Vive l'électronique parlementaire!
On se fâche avec les Turcs sans combler les Arméniens qui sauront apprécier et évaluer à sa juste mesure l'intérêt de la représentation nationale française pour leur cause. Enfin Devedjian a pu à nouveau attirer la presse et Renaud Muselier a été l'un des rares à se manifester publiquement sur le sujet. Il est vrai qu'il est lui-même, comme par hasard, marseillais et qu'il doit, si j'ose dire, "marquer à la culotte" sa rivale, UMP et phocéenne, Madame Boyer qui est à l'origine du texte.
Hollande, toujours prudent, a donné des espoirs et des assurances à tout le monde (et d'abord à lui-même) en rappelant que le texte doit être approuvé par le Sénat (passé à gauche) et surtout que l'ordre du jour des assemblées peut-être modifié par le gouvernement (suivez son regard , certes normal mais qu'il peut espérer présidentiel).
Les Turcs ont été assez réactifs (trop selon Juppé!)pour nous faire, comme on pouvait le prévoir, la réponse du berger à la bergère, car, pour ce qui est des génocides, nous sommes, à une échelle plus modeste certes, en assez mauvaise position pour donner des leçons aux autres et ils n'ont pas manqué de nous le rappeler. Mais quel peuple peut prétendre ne pas avoir eu, à moment ou à un autre de son histoire, avoir eu quelque activité génocidaire même si elle était de moindre ampleur?
Le problème n'est d'ailleurs pas là. Le plus curieux de la chose est que si la France verse volontiers des larmes, plus ou moins sincères quand elles ne sont pas méridionales, sur le génocide arménien, elle n'en connaît manifestement pas bien le déroulement historique. En effet, à d'autres moments, nous nous apitoyons tout autant sur le sort infortuné des pauvres Kurdes qui furent pourtant, à bien des égards, les instruments les plus sanglants du génocide arménien.
Il y a probablement, dans tout cela, du côté français comme du côté turc, aux plans nationaux et international, des arrière-pensées, des sous-entendus et des plans sur la comète, dont on ne nous informe guère et qui ne nous intéressent, en fait, pas davantage.
Espérons toutefois que la mise au pilori de la Turquie apportera quelques consolations dans leur malheur d'abord à Bachar el Assad, qui ne doit pas être fâché de voir la communauté internationale se donner enfin une autre tête de Turc, et surtout aux Grecs que les malheurs ottomans distrairont un instant de leur austère morosité.
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jeudi 8 décembre 2011
Pessimisme
Je vous accorde volontiers que notre situation n'est pas des meilleures et que seuls les esprits les plus optimistes peuvent considérer les choses, sinon avec philosophie du moins avec sérénité.
Ce matin, j'ai encore une fois zappé sur les diverses chaînes matinales d'informations qui, comme toujours, disent et répètent toutes la même chose, mais en faisant appel à des voix différentes. J'ai donc entendu, entre autres, Mme Rachida Dati qui, quoique député européenne, est plus préoccupée de son avenir électoral que du sort de l’euro et M. Juncker. Naturellement, tous les discours se centrent sur le triple A et le Sommet dit européen de Bruxelles ; à peine quelques mots sur le sommet de Durban et ce n'est que justice quand on voit à quoi ont pu servir les précédentes réunions de cet acabit.
Deux choses rendent particulièrement insupportable l'audition des propos de nos politiques ou de nos décideurs, nationaux ou européens.
D'une part l'organisation actuelle de la communication qui est devenue, en politique, la préoccupation majeure pour ne pas dire unique. Pour prendre l'exemple de notre gouvernement actuel, tous les ministres qu'on envoie en mission dans les médias qu’ils occupent avec autant de constance que d'insuccès, sont munis d'une feuille de route où l'on descend jusqu'au moindre détail et au plus petit mot de leur argumentation (ce qui est d’ailleurs la preuve de l'absence totale de confiance en eux). Il s’agit en fait, avant tout, d’occuper le terrain médiatique. A ce propos, le CSA ne pourrait-il pas prendre sur lui de régler le problème de la prise en compte politique des apparitions télévisuelles du président non candidat ?
De ce fait, en tout cas, ces propos totalement identiques et répétitifs (au mot près) deviennent complètement insupportables.
D'autre part, tous ces braves gens, de gauche comme de droite, qui sont aux affaires depuis 20 ans (pour ne pas remonter plus loin pour bon nombre d'entre eux) nous décrivent la situation actuelle et en soulignent la gravité, comme s'ils n’étaient absolument pour rien dans tout cela, alors qu'ils en portent toute la responsabilité. A la différence d'une de nos ministres d'autrefois, ils ne sont, à les écouter, NI coupables NI responsables ! On croit rêver !
Un des points les plus importants (j'ai, il y a quelques mois, fait un blog sur ce sujet mais je suis trop paresseux pour le rechercher) tient à ce que nos décideurs politiques (avec l'appui de quelques économistes dociles) nous ont embarqués sur la voie de la monnaie UNIQUE (l'euro) au lieu d'opter pour la monnaie COMMUNE, la solution de sagesse mais qu'ils jugeaient moins politiquement dynamique, sans avoir songé aux unifications préalables indispensables (salaires, fisc, etc.). Cette dernière solution, moins radicale mais plus sage et prudente, aurait permis à chaque État de conserver sa monnaie nationale avec fixation d’un taux de change, fixe mais révisable, par rapport à la monnaie commune. C'était évidemment la sagesse ; on aurait pu, dans de telles conditions, dévaluer la drachme grecque sans toucher à la monnaie commune européenne. Tout ceux qui ont opté alors, du côté des politiques comme des économistes, pour la solution catastrophique de la monnaie UNIQUE, sont aujourd'hui étrangement silencieux pour ne pas dire muets.
Autre sujet de vaste rigolade avec la fameuse « règle d'or » ! J'ai proposé, si on voulait la rendre intangible de la faire plutôt d’airain (plus dur et moins cher!) car chacun sait que l’or est un métal plutôt mou !
De la même façon, tout le monde semble avoir totalement oublié que l'accord s'était fait, au mépris de la volonté populaire d'ailleurs, sur des règles strictes (3 % maximum de déficit sur les budgets annuels et pas de dettes au-delà de 60 % du PIB national) ; cette règle, qui n'était pas encore d'or mais qui était dans les traités signées par tous les Etats a été violée par tout le monde au su et au vu de tous. Certes, il y a eu ceux qui fait trafiquer leurs comptes par les banques comme les Grecs (coût 300 millions de $, les imbéciles, alors que les autres ont fait ça à la maison !) ; on sait bien que seul le niveau et le mode de tripatouillages des comptes a été différent selon les Etats. À l'époque, Chirac et Schroeder, avec la bénédiction de l'Union Européenne, censée être le gardien du temple, ont décidé OFFICIELLEMENT de faire fi ces règles, qui n'étaient encore que de papier et de gonfler joyeusement nos déficits en empruntant à tout va, ce qui nous a amenés directement à la situation qui est la nôtre actuellement.
Là encore l'hypocrisie est totale ; tout le monde feint de croire que la règle d'or empêchera la reproduction de cette situation, ce qui est évidemment aberrant. Le seul but est de crier au loup pour essayer de coincer le Sénat devenu socialiste pour contraindre le congrès des deux assemblées à voter cette loi aussi absurde qu’inefficace.
On vit sous le règne permanent du « demain en rasera gratis » ; j'entendais, ce matin, M. Junker, luxembourgeois de son état (voilà un homme dont on peut être sûr qu'il ignore totalement que son pays est un paradis fiscal et le siège de multiples magouilles de toutes natures). Voilà un homme qui ne se mouille pas et qui se meut en permanence dans un discours fildefériste entre l'optimisme et le pessimisme, sans jamais opter ni pour l'un ni pour l'autre.
La seule question qu'on peut se poser est le rôle que jouent réellement, dans tout cela les fameuses agences de notation ; on peut observer que leurs avis qu'on nous présente avec tant de sérieux et de gravité ne sont absolument pas suivis par les milieux financiers. En effet, on n’observe pas la moindre vraie corrélation entre la notation des différents pays et les taux d'intérêt qu’on leur consent. Je ne rappellerai pas une fois encore que le Japon, si mal doté par les agences, est l’Etat qui bénéficie des taux d'intérêt les plus faibles et que l'écart entre les taux consentis aux Français et aux Allemands varient du simple au double, alors qu'ils ont l'un et l'autre la fameuse évaluation en triple A.
Va comprendre Charles ? !
Ce matin, j'ai encore une fois zappé sur les diverses chaînes matinales d'informations qui, comme toujours, disent et répètent toutes la même chose, mais en faisant appel à des voix différentes. J'ai donc entendu, entre autres, Mme Rachida Dati qui, quoique député européenne, est plus préoccupée de son avenir électoral que du sort de l’euro et M. Juncker. Naturellement, tous les discours se centrent sur le triple A et le Sommet dit européen de Bruxelles ; à peine quelques mots sur le sommet de Durban et ce n'est que justice quand on voit à quoi ont pu servir les précédentes réunions de cet acabit.
Deux choses rendent particulièrement insupportable l'audition des propos de nos politiques ou de nos décideurs, nationaux ou européens.
D'une part l'organisation actuelle de la communication qui est devenue, en politique, la préoccupation majeure pour ne pas dire unique. Pour prendre l'exemple de notre gouvernement actuel, tous les ministres qu'on envoie en mission dans les médias qu’ils occupent avec autant de constance que d'insuccès, sont munis d'une feuille de route où l'on descend jusqu'au moindre détail et au plus petit mot de leur argumentation (ce qui est d’ailleurs la preuve de l'absence totale de confiance en eux). Il s’agit en fait, avant tout, d’occuper le terrain médiatique. A ce propos, le CSA ne pourrait-il pas prendre sur lui de régler le problème de la prise en compte politique des apparitions télévisuelles du président non candidat ?
De ce fait, en tout cas, ces propos totalement identiques et répétitifs (au mot près) deviennent complètement insupportables.
D'autre part, tous ces braves gens, de gauche comme de droite, qui sont aux affaires depuis 20 ans (pour ne pas remonter plus loin pour bon nombre d'entre eux) nous décrivent la situation actuelle et en soulignent la gravité, comme s'ils n’étaient absolument pour rien dans tout cela, alors qu'ils en portent toute la responsabilité. A la différence d'une de nos ministres d'autrefois, ils ne sont, à les écouter, NI coupables NI responsables ! On croit rêver !
Un des points les plus importants (j'ai, il y a quelques mois, fait un blog sur ce sujet mais je suis trop paresseux pour le rechercher) tient à ce que nos décideurs politiques (avec l'appui de quelques économistes dociles) nous ont embarqués sur la voie de la monnaie UNIQUE (l'euro) au lieu d'opter pour la monnaie COMMUNE, la solution de sagesse mais qu'ils jugeaient moins politiquement dynamique, sans avoir songé aux unifications préalables indispensables (salaires, fisc, etc.). Cette dernière solution, moins radicale mais plus sage et prudente, aurait permis à chaque État de conserver sa monnaie nationale avec fixation d’un taux de change, fixe mais révisable, par rapport à la monnaie commune. C'était évidemment la sagesse ; on aurait pu, dans de telles conditions, dévaluer la drachme grecque sans toucher à la monnaie commune européenne. Tout ceux qui ont opté alors, du côté des politiques comme des économistes, pour la solution catastrophique de la monnaie UNIQUE, sont aujourd'hui étrangement silencieux pour ne pas dire muets.
Autre sujet de vaste rigolade avec la fameuse « règle d'or » ! J'ai proposé, si on voulait la rendre intangible de la faire plutôt d’airain (plus dur et moins cher!) car chacun sait que l’or est un métal plutôt mou !
De la même façon, tout le monde semble avoir totalement oublié que l'accord s'était fait, au mépris de la volonté populaire d'ailleurs, sur des règles strictes (3 % maximum de déficit sur les budgets annuels et pas de dettes au-delà de 60 % du PIB national) ; cette règle, qui n'était pas encore d'or mais qui était dans les traités signées par tous les Etats a été violée par tout le monde au su et au vu de tous. Certes, il y a eu ceux qui fait trafiquer leurs comptes par les banques comme les Grecs (coût 300 millions de $, les imbéciles, alors que les autres ont fait ça à la maison !) ; on sait bien que seul le niveau et le mode de tripatouillages des comptes a été différent selon les Etats. À l'époque, Chirac et Schroeder, avec la bénédiction de l'Union Européenne, censée être le gardien du temple, ont décidé OFFICIELLEMENT de faire fi ces règles, qui n'étaient encore que de papier et de gonfler joyeusement nos déficits en empruntant à tout va, ce qui nous a amenés directement à la situation qui est la nôtre actuellement.
Là encore l'hypocrisie est totale ; tout le monde feint de croire que la règle d'or empêchera la reproduction de cette situation, ce qui est évidemment aberrant. Le seul but est de crier au loup pour essayer de coincer le Sénat devenu socialiste pour contraindre le congrès des deux assemblées à voter cette loi aussi absurde qu’inefficace.
On vit sous le règne permanent du « demain en rasera gratis » ; j'entendais, ce matin, M. Junker, luxembourgeois de son état (voilà un homme dont on peut être sûr qu'il ignore totalement que son pays est un paradis fiscal et le siège de multiples magouilles de toutes natures). Voilà un homme qui ne se mouille pas et qui se meut en permanence dans un discours fildefériste entre l'optimisme et le pessimisme, sans jamais opter ni pour l'un ni pour l'autre.
La seule question qu'on peut se poser est le rôle que jouent réellement, dans tout cela les fameuses agences de notation ; on peut observer que leurs avis qu'on nous présente avec tant de sérieux et de gravité ne sont absolument pas suivis par les milieux financiers. En effet, on n’observe pas la moindre vraie corrélation entre la notation des différents pays et les taux d'intérêt qu’on leur consent. Je ne rappellerai pas une fois encore que le Japon, si mal doté par les agences, est l’Etat qui bénéficie des taux d'intérêt les plus faibles et que l'écart entre les taux consentis aux Français et aux Allemands varient du simple au double, alors qu'ils ont l'un et l'autre la fameuse évaluation en triple A.
Va comprendre Charles ? !
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mercredi 14 septembre 2011
Euro ou écu ?
Je viens d'arrêter France 5 où je regardais l'émission de Calvi (j'en oublie toujours le titre "C plus clair " ou "C dans l'air"), avec ses sempiternels invités "politiques" ou "sondeurs" qui répètent d'émission en émission les mêmes insipides propos. La seule différence est qu'aujourd'hui si Pascal Perrineau avait, comme d'habitude, son impeccable rinçage blanc et son brushing de rêve, il avait oublié son tube de rouge à lèvres à la maison et perdu par là une partie de sa séduction. Bref, vous aurez compris que j'en ai marre de ce genre de commentaires sur la future élection présidentielle que nous allons devoir subir le temps d'une grossesse, même si seule la gésine en sera drôle. Il faut bien que ces gens vivent m'opposerez-vous. Je vous répondrai comme Talleyrand que je n'en vois pas la nécessité!
La seule vraie et utile réforme qu'il faudrait faire dans la démocratie française (bien entendu on ne la fera jamais) consisterait à considérer enfin le vote blanc comme un suffrage exprimé. Il n'y aurait évidemment pas de meilleur moyen de ramener Marine Le Pen et le Front National a des pourcentages raisonnables, surtout dans un contexte où la gauche (avec ses H.D..., ses G... et consorts) comme la droite (avec ses rétro-commissions, ses valises et ses tam-tams de billets) apparaissent comme des repères de repris de justice, passés ou à venir.
Je ne sais lequel de ces experts invités par Calvi a lié le sort futur de Marine Le Pen à la position qu'elle a prise sur l'euro. Ce fin connaisseur de la politique française, habituellement un peu mieux inspiré, en concluait que, si nous sortions vainqueurs (ou du moins vivants) de la crise de l'euro, elle y laisserait des plumes électorales, tandis qu'elle grimperait dans les sondages et les pourcentages de vote ensuite, si nous ne parvenions pas à sortir de ce marasme monétaire.
Pas besoin d'être grand clerc ni économiste (faut-il préciser que je ne suis l'un ni l'autre) pour voir ou du moins imaginer ce qui va se passer, même si nul ne veut le voir ou, en tout cas, oser le dire.
Les experts nous ont expliqué, en long en large et en travers, depuis des mois, que la Grèce ne peut sortir de l'euro que de son propre chef et à sa seule initiative, à moins de modifier les textes statutaires, ce qui ne pourrait d'ailleurs se faire qu'avec l'accord de la Grèce elle-même en raison de la stupide règle de l'unanimité. Comme il est peu probable que les Grecs soient assez stupides et aveugles pour choisir de sortir de l'UE et/ou de l'euro, il va falloir changer les règles du jeu, en douce et sous la table.
Si je puis me permettre un conseil aux autorités européennes (toujours gratuit comme tous ceux d'Usbek Consulting and Co) qui ont la charge de la chose, la seule solution élégante serait de glisser, par quelques subterfuges et aménagements sournois, de l'euro monnaie unique à l'euro monnaie commune, ce que j'ai exprimé par le titre de ce blog "de l'euro a l'écu".
Toute l'histoire des changements récents de l'Europe, du remplacement de l'écu, monnaie commune, par l'euro, monnaie unique, au brutal et inconsidéré passage à 27 de la communauté européenne, témoigne du total et stupide aveuglement de nos dirigeants. Ils sont assez impudents pour découvrir désormais tous les inconvénients, voire les apories, d'un système qu'ils ont eux-mêmes créé, souvent contre les peuples eux-mêmes, ce qu'a démontré le sort fait au référendum.
Un glissement subreptice et un retour de la "monnaie unique ("euro") à la "monnaie commune" ("écu", baptisé "nouvel euro"... comme le "nouvel Omo" cher à Coluche) devrait leur permettre de sauver la face, au moins aux yeux des aveugles. En revenant à une définition de l'euro par un "panier de monnaies", on pourrait rendre sa liberté à la drachme grecque tout en laissant les Grecs dans l'UE. Il y a là une parfaite mauvaise foi bien entendu, mais si la politique bannissait la mauvaise foi il n'y aurait plus de politique !
La seule vraie et utile réforme qu'il faudrait faire dans la démocratie française (bien entendu on ne la fera jamais) consisterait à considérer enfin le vote blanc comme un suffrage exprimé. Il n'y aurait évidemment pas de meilleur moyen de ramener Marine Le Pen et le Front National a des pourcentages raisonnables, surtout dans un contexte où la gauche (avec ses H.D..., ses G... et consorts) comme la droite (avec ses rétro-commissions, ses valises et ses tam-tams de billets) apparaissent comme des repères de repris de justice, passés ou à venir.
Je ne sais lequel de ces experts invités par Calvi a lié le sort futur de Marine Le Pen à la position qu'elle a prise sur l'euro. Ce fin connaisseur de la politique française, habituellement un peu mieux inspiré, en concluait que, si nous sortions vainqueurs (ou du moins vivants) de la crise de l'euro, elle y laisserait des plumes électorales, tandis qu'elle grimperait dans les sondages et les pourcentages de vote ensuite, si nous ne parvenions pas à sortir de ce marasme monétaire.
Pas besoin d'être grand clerc ni économiste (faut-il préciser que je ne suis l'un ni l'autre) pour voir ou du moins imaginer ce qui va se passer, même si nul ne veut le voir ou, en tout cas, oser le dire.
Les experts nous ont expliqué, en long en large et en travers, depuis des mois, que la Grèce ne peut sortir de l'euro que de son propre chef et à sa seule initiative, à moins de modifier les textes statutaires, ce qui ne pourrait d'ailleurs se faire qu'avec l'accord de la Grèce elle-même en raison de la stupide règle de l'unanimité. Comme il est peu probable que les Grecs soient assez stupides et aveugles pour choisir de sortir de l'UE et/ou de l'euro, il va falloir changer les règles du jeu, en douce et sous la table.
Si je puis me permettre un conseil aux autorités européennes (toujours gratuit comme tous ceux d'Usbek Consulting and Co) qui ont la charge de la chose, la seule solution élégante serait de glisser, par quelques subterfuges et aménagements sournois, de l'euro monnaie unique à l'euro monnaie commune, ce que j'ai exprimé par le titre de ce blog "de l'euro a l'écu".
Toute l'histoire des changements récents de l'Europe, du remplacement de l'écu, monnaie commune, par l'euro, monnaie unique, au brutal et inconsidéré passage à 27 de la communauté européenne, témoigne du total et stupide aveuglement de nos dirigeants. Ils sont assez impudents pour découvrir désormais tous les inconvénients, voire les apories, d'un système qu'ils ont eux-mêmes créé, souvent contre les peuples eux-mêmes, ce qu'a démontré le sort fait au référendum.
Un glissement subreptice et un retour de la "monnaie unique ("euro") à la "monnaie commune" ("écu", baptisé "nouvel euro"... comme le "nouvel Omo" cher à Coluche) devrait leur permettre de sauver la face, au moins aux yeux des aveugles. En revenant à une définition de l'euro par un "panier de monnaies", on pourrait rendre sa liberté à la drachme grecque tout en laissant les Grecs dans l'UE. Il y a là une parfaite mauvaise foi bien entendu, mais si la politique bannissait la mauvaise foi il n'y aurait plus de politique !
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vendredi 19 août 2011
Eva Choly : « Chus à la Chuisse ! »
J'écoutais ce matin sur Europe 1 Eva Joly interviewée par Thierry Guerrier depuis Clermont-Ferrand où se tient je ne sais quel raout d'Europe-Ecologie-les Verts (formation dont le nom même en dit long sur la capacité d’unité et de synthèse !).
Deux remarques liminaires.
L'une que les moins de 30 ans ne peuvent pas comprendre ! Dans le contexte séculaire des relations entre la France et l'Allemagne et surtout à la lumière des films innombrables où figurent les Allemands parlant français (les uns, plaisants comme le regretté Francis Blanche, les autres beaucoup moins en général en tenues militaires ou gestapistes), l'accent norvégien d’Eva Choly évoque fâcheusement, pour certains au moins, une prononciation teutonne du français qui ne rappelle pas toujours des situations et des événements dont on a plaisir à se souvenir.
Cela dit, Eva Joly, en dehors de quelques perspectives intéressantes mais totalement utopiques (le désarmement général en particulier dans lequel elle s'imagine, non sans candeur, avoir comme soutien direct le président Obama qui pour le moment n'a pas montré beaucoup de signes dans cette perspective au cours de ses trois années de présidence) a trouvé la solution que j'ai résumée par le titre de ce blog.
« Chus à la Chuiche ! »
Aux yeux d’Eva Choly, il suffit en effet, pour résoudre les problèmes de la Grèce et de son endettement, de récupérer en Suisse les milliards que, des décennies durant, les gros fraudeurs hellènes ont déposés, riche butin de leurs profits illicites, dans les banques helvètes. L'idée est en effet excellente ; on pourrait en prendre de la graine pour récupérer du même coup tous les dépôts mirifiques qu'ont pu faire à Berne Zurich ou Genève tous les fraudeurs du monde ainsi que tous les dictateurs qui, dans la même période, ont pillé les finances de leur pays.
Le seul problème est avec les Suisses eux-mêmes, qui, dans le passé, n'ont jamais montré le moindre enthousiasme pour des mesures infiniment plus modestes et plus réduites que la récupération que prône Mme Joly !
Il nous faudra donc probablement envahir la Suisse et, de préférence, de tous les côtés à la fois pour tourner leurs défenses ; les Européens ont en effet cet avantage stratégique de cerner complètement ce pauvre petit pays. Comme les Suisses, qui ont tous leurs fusils et leur paquetage dans l'armoire de la chambre à coucher, vendront sans doute chèrement leur peau, il faut se préparer à quelques difficultés dans ce domaine.
Ce qu'il y a d'amusant chez Eva Choly est que coexistent en elle deux éléments contradictoires.
D’un côté, une forme de lucidité dans les solutions qu'elle envisage et qui consistent aussi bien à éviter les dépenses inutiles (comme les dépenses militaires et en particulier l'entretien d'une force nucléaire désuète et dont on ne se servira évidemment jamais) qu'à prendre les mesures contre la fraude fiscale (qu'elle soit personnelle et spontanée ou organisée par l'État lui-même dans le cadre de ses fameuses mesures fiscales qui sont plutôt des chenils que des niches).
Le curieux de l’affaire est que cette clairvoyance s'accompagne d'une totale cécité politique lorsqu'elle parle avec conviction du moment où Europe-Ecologie-les Verts sera à la tête de la France.
Voilà des formes de raisonnement qui m'inquiètent davantage encore que l'accent norvégien ou teuton de Mme Eva Joly.
Deux remarques liminaires.
L'une que les moins de 30 ans ne peuvent pas comprendre ! Dans le contexte séculaire des relations entre la France et l'Allemagne et surtout à la lumière des films innombrables où figurent les Allemands parlant français (les uns, plaisants comme le regretté Francis Blanche, les autres beaucoup moins en général en tenues militaires ou gestapistes), l'accent norvégien d’Eva Choly évoque fâcheusement, pour certains au moins, une prononciation teutonne du français qui ne rappelle pas toujours des situations et des événements dont on a plaisir à se souvenir.
Cela dit, Eva Joly, en dehors de quelques perspectives intéressantes mais totalement utopiques (le désarmement général en particulier dans lequel elle s'imagine, non sans candeur, avoir comme soutien direct le président Obama qui pour le moment n'a pas montré beaucoup de signes dans cette perspective au cours de ses trois années de présidence) a trouvé la solution que j'ai résumée par le titre de ce blog.
« Chus à la Chuiche ! »
Aux yeux d’Eva Choly, il suffit en effet, pour résoudre les problèmes de la Grèce et de son endettement, de récupérer en Suisse les milliards que, des décennies durant, les gros fraudeurs hellènes ont déposés, riche butin de leurs profits illicites, dans les banques helvètes. L'idée est en effet excellente ; on pourrait en prendre de la graine pour récupérer du même coup tous les dépôts mirifiques qu'ont pu faire à Berne Zurich ou Genève tous les fraudeurs du monde ainsi que tous les dictateurs qui, dans la même période, ont pillé les finances de leur pays.
Le seul problème est avec les Suisses eux-mêmes, qui, dans le passé, n'ont jamais montré le moindre enthousiasme pour des mesures infiniment plus modestes et plus réduites que la récupération que prône Mme Joly !
Il nous faudra donc probablement envahir la Suisse et, de préférence, de tous les côtés à la fois pour tourner leurs défenses ; les Européens ont en effet cet avantage stratégique de cerner complètement ce pauvre petit pays. Comme les Suisses, qui ont tous leurs fusils et leur paquetage dans l'armoire de la chambre à coucher, vendront sans doute chèrement leur peau, il faut se préparer à quelques difficultés dans ce domaine.
Ce qu'il y a d'amusant chez Eva Choly est que coexistent en elle deux éléments contradictoires.
D’un côté, une forme de lucidité dans les solutions qu'elle envisage et qui consistent aussi bien à éviter les dépenses inutiles (comme les dépenses militaires et en particulier l'entretien d'une force nucléaire désuète et dont on ne se servira évidemment jamais) qu'à prendre les mesures contre la fraude fiscale (qu'elle soit personnelle et spontanée ou organisée par l'État lui-même dans le cadre de ses fameuses mesures fiscales qui sont plutôt des chenils que des niches).
Le curieux de l’affaire est que cette clairvoyance s'accompagne d'une totale cécité politique lorsqu'elle parle avec conviction du moment où Europe-Ecologie-les Verts sera à la tête de la France.
Voilà des formes de raisonnement qui m'inquiètent davantage encore que l'accent norvégien ou teuton de Mme Eva Joly.
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samedi 23 juillet 2011
Etre Premier Ministre en Haïti!
En Haïti, depuis deux mois, Michel Martelly ("Sweet Micky" ou encore, en créole, "Tet kale") le nouveau président brillamment élu (deux tiers des votants!), n'a toujours pas pu se doter d'un Premier Ministre et donc d'un gouvernement. Les affaires courantes sont réglées par l'ancien Premier Ministre Jean-Max Bellerive démissionnaire. La chose n'a rien d'étonnant puisque le nouveau président ne dispose, au sein de l'Assemblée que constitue la centaine de députés et de sénateurs qui doivent approuver le choix d'un nouveau chef de gouvernement, que de trois partisans avérés!
Ce jeudi encore, le chef de l'Etat n'était pas parvenu à une entente avec le groupe des 16 sénateurs qui s'opposent à la désignation de Bernard Gousse, le second candidat proposé par Michel Martelly, le premier n'ayant même pas pu entamer le parcours du combattant qu'on va voir. La veille du dépôt des pièces de B. Gousse, les deux parties ont encore passé sept heures (comme Merkel et Sarkozy à Berlin! Fatalitas!) à discuter en vue d'une solution à la crise.
Le processus de ratification du choix de Bernard Gousse est toutefois enclenché mais il faut dire qu'il n'est pas simple.
B. Gousse, ancien ministre de la Justice, a soumis à la commission compétente "son acte de naissance et ceux de sa mère, de son père, de sa grand-mère, et de son grand-père", ainsi que "son certificat de nationalité, quatre passeports haïtiens, son matricule fiscal, sa carte d'identification nationale, un certificat de la police judiciaire, une attestation de résidence, un certificat de décharge". "Entre autres..." ajoute l'article qui rend compte de la chose, ce qui donne à penser que ces quatorze pièces ne seront sans doute pas suffisantes!
"Mais c'est pas tout! Mais c'est pas tout!" comme chantait Bourvil dans la "Tactique du gendarme".
Il faut en effet que ces pièces soient authentifiées "au plan technique" par une commission spéciale de neuf membres qui, pour gagner du temps, travaillera en sous-commissions a précisé le sénateur Jean William Jeanty. Toutefois, dans la mesure où cinq des neuf membres de Commission spéciale font clairement partie du groupe des seize sénateurs anti-Gousse et y détiennent donc la majorité, on peut craindre qu'elle ne soit pas très favorable au candidat proposé comme le donnent à penser certains propos de ce même sénateur : « Un certain nombre de pièces a été déposé en fonction de l'article 157 de la Constitution. Nous allons les analyser. Si nous avons besoin d'autres, nous allons les lui demander. On ne peut pas dire d'avance que les documents sont complets... ». Tout cela prend du temps car il faut vérifier l'authenticité de chaque document auprès de chacune des institutions qui les a délivrés. Normal, après tout, Monsieur Gousse est un ancien ministre de la justice !
La candidature de B. Gousse, même acceptée par la commission spéciale, aura toutefois à affronter alors le vote de l'Assemblée dont tout donne à penser qu'il sera négatif.
La démocratie, poussée à ce point, n'a sans doute pas que de bons côtés, surtout face aux urgences de la situation actuelle d'Haïti!
Ce jeudi encore, le chef de l'Etat n'était pas parvenu à une entente avec le groupe des 16 sénateurs qui s'opposent à la désignation de Bernard Gousse, le second candidat proposé par Michel Martelly, le premier n'ayant même pas pu entamer le parcours du combattant qu'on va voir. La veille du dépôt des pièces de B. Gousse, les deux parties ont encore passé sept heures (comme Merkel et Sarkozy à Berlin! Fatalitas!) à discuter en vue d'une solution à la crise.
Le processus de ratification du choix de Bernard Gousse est toutefois enclenché mais il faut dire qu'il n'est pas simple.
B. Gousse, ancien ministre de la Justice, a soumis à la commission compétente "son acte de naissance et ceux de sa mère, de son père, de sa grand-mère, et de son grand-père", ainsi que "son certificat de nationalité, quatre passeports haïtiens, son matricule fiscal, sa carte d'identification nationale, un certificat de la police judiciaire, une attestation de résidence, un certificat de décharge". "Entre autres..." ajoute l'article qui rend compte de la chose, ce qui donne à penser que ces quatorze pièces ne seront sans doute pas suffisantes!
"Mais c'est pas tout! Mais c'est pas tout!" comme chantait Bourvil dans la "Tactique du gendarme".
Il faut en effet que ces pièces soient authentifiées "au plan technique" par une commission spéciale de neuf membres qui, pour gagner du temps, travaillera en sous-commissions a précisé le sénateur Jean William Jeanty. Toutefois, dans la mesure où cinq des neuf membres de Commission spéciale font clairement partie du groupe des seize sénateurs anti-Gousse et y détiennent donc la majorité, on peut craindre qu'elle ne soit pas très favorable au candidat proposé comme le donnent à penser certains propos de ce même sénateur : « Un certain nombre de pièces a été déposé en fonction de l'article 157 de la Constitution. Nous allons les analyser. Si nous avons besoin d'autres, nous allons les lui demander. On ne peut pas dire d'avance que les documents sont complets... ». Tout cela prend du temps car il faut vérifier l'authenticité de chaque document auprès de chacune des institutions qui les a délivrés. Normal, après tout, Monsieur Gousse est un ancien ministre de la justice !
La candidature de B. Gousse, même acceptée par la commission spéciale, aura toutefois à affronter alors le vote de l'Assemblée dont tout donne à penser qu'il sera négatif.
La démocratie, poussée à ce point, n'a sans doute pas que de bons côtés, surtout face aux urgences de la situation actuelle d'Haïti!
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samedi 2 juillet 2011
La chose se confirme : Le bon Dieu est bien un farceur !
Si vous ne croyez pas que le bon Dieu est un farceur, vous pouvez aisément vous en convaincre en regardant simplement les événements des derniers jours que nous venons de vivre.
Comme je le soulignais dans mon dernier post ("Un caillou dans le yaourt ou un os dans le fromage ?"),il est clair que le bon Dieu est assez facétieux pour s'amuser à contrarier les desseins des puissants de ce monde et, par là, nous faire sentir notre ridicule petitesse et le dérisoire de nos projets les mieux ourdis.
Considérez comment il a su, mine de rien, contrarier les plans des grands spécialistes de la communication présidentielle qui avaient si soigneusement préparé la libération des deux journalistes otages Les anciens avaient bien raison de dire, en latin puisqu'ils causaient alors en cette langue : "Quos Jupiter vult perdere dementat" . Ceux que Jupiter veut perdre, il les rend fous. Il peut aussi tout simplement les rendre bêtes. Ainsi nos grands stratèges de la communication n'ont- ils pas pris conscience que le mercredi, qu'ils avaient si soigneusement choisi pour l'annonce de cette nouvelle, en raison de la retransmission télévisée de la séance de l'assemblée nationale, était aussi le jour de la parution du Canard enchaîné. Rien de grave au premier abord mais c'était compter sans le goût de notre cher bon Dieu pour les bonnes blagues. Dans sa grande sagesse et ses vastes desseins, ce dernier s'était en effet arrangé aussi pour que ce journal satirique ait, ce même jour, à sa disposition, les pittoresques et imprévues informations sur les bienfaits que le président Ben Ali dispensait à la presse française ( de droite surtout) pour s'en attirer les bonnes grâces et faire vanter ses mérites dans ses colonnes (celles de notre presse, pas de Ben Ali !).
En ce 1er juillet, le bon Dieu, peut-être réjoui par l'arrivée des vacances, a redoublé encore de facéties, dans un tout autre domaine toutefois. Tout était réglé depuis des mois pour que soit célébré sous les feux concentrés de tous nos médias, le mariage d'Albert de Monaco avec son ondine sud-africaine. En dépit des rumeurs et dans ma crainte respectueuse des fureurs procédurières des Grimaldi, je me garderai de toute plaisanterie à propos du mariage gay que ce même bon Dieu facétieux avait peut-être lui-même mis sur le tapis à dessein à ce moment là. En tout cas, ce même bon Dieu, dans sa toute puissance, s'est arrangé pour faire éclipser la cérémonie nuptiale par le rebondissement inattendu de l'affaire DSK qui a mobilisé tous les médias. Le pire est que ce même bon Dieu a poussé le vice jusqu'à faire en sorte que le juge new-yorkais fixât l'audience du tribunal de New-York, prévue pourtant pour le 18 juillet, au jour et à l'heure mêmes où était célébré le mariage princier. Nos médias se sont donc trouvés, tels l'âne de Buridan (entre le picotin et le seau d'eau) ou, plus noblement, l'Héraclès de Prodicos (entre le vice et la vertu), devant un choix douloureux et se sont finalement concentrés plutôt sur le second événement, car, pour le premier, depuis quelques semaines, nous avions un petit peu épuisé les charmes nuptiaux de la principauté et cela d'autant que le bruit avait couru que la mariée avait failli filer à l'anglaise deux jours avant la noce. Je ne vous dit même pas le bruit de cette nouvelle affaire DSK dans le petit Landernau de la rue de Solférino ! Comme disait le derviche de Candide (de Voltaire, Monsieur le Ministre !) : « Quand sa Hautesse envoie un vaisseau en Egypte, s' embarrasse-t-elle si les souris qui sont dans le vaisseau sont à leur aise? ».
Dans l’affaire DSK que d’aucuns regardent comme close, le bon Dieu nous a peut-être encore réservé quelques surprises. Un peu bizarre non ce reproche fait à Madame Diallo de ne pas avoir mentionné dans sa déposition un viol subi en Guinée et allégué, en revanche, dans sa demande de droit d’asile ! Il est courant pour les demandeurs d’invoquer des violences politiques ou physiques pour justifier leur demande, sans pour autant les mentionner à tout propos, surtout en pareil cas. On s’étonne un peu aussi de voir une femme de chambre new-yorkaise, de toute évidence fort occupée et sans grande ressources, disposer de 100.000$ sur divers comptes d’autres villes du pays et servir de plaque tournante à un trafic de drogues ! N’y aurait-il pas là en fait plusieurs Madame Diallo, ce nom étant celui des Dupont de la Guinée ?
Je tremble d'avance en me demandant quelles facéties nouvelles va imaginer notre bon Dieu dans les jours qui viennent. Sur quel événement va-t-il concentrer son imagination et que va-t-il bien pouvoir encore nous inventer ?
Dernières minutes en ce dimanche 3 juillet :
Il se confirme que Madame Diallo non seulement est, en fait, à la tête du cartel de Medellin mais que c'est elle qui, auparavant, avait volé la Joconde : bien des indices donnent désormais à penser que c'est aussi elle qui cassé le vase de Soissons et les bras de la Vénus de Milo : On attend de nouvelles révélations!
Dimanche 3 juillet (16 heures 04 GMT) . Ma fille m'apprend que de source sûre (proche de la CIA) Madame Diallo aurait trempé dans l'assassinat de J.F. Kennedy.
Comme je le soulignais dans mon dernier post ("Un caillou dans le yaourt ou un os dans le fromage ?"),il est clair que le bon Dieu est assez facétieux pour s'amuser à contrarier les desseins des puissants de ce monde et, par là, nous faire sentir notre ridicule petitesse et le dérisoire de nos projets les mieux ourdis.
Considérez comment il a su, mine de rien, contrarier les plans des grands spécialistes de la communication présidentielle qui avaient si soigneusement préparé la libération des deux journalistes otages Les anciens avaient bien raison de dire, en latin puisqu'ils causaient alors en cette langue : "Quos Jupiter vult perdere dementat" . Ceux que Jupiter veut perdre, il les rend fous. Il peut aussi tout simplement les rendre bêtes. Ainsi nos grands stratèges de la communication n'ont- ils pas pris conscience que le mercredi, qu'ils avaient si soigneusement choisi pour l'annonce de cette nouvelle, en raison de la retransmission télévisée de la séance de l'assemblée nationale, était aussi le jour de la parution du Canard enchaîné. Rien de grave au premier abord mais c'était compter sans le goût de notre cher bon Dieu pour les bonnes blagues. Dans sa grande sagesse et ses vastes desseins, ce dernier s'était en effet arrangé aussi pour que ce journal satirique ait, ce même jour, à sa disposition, les pittoresques et imprévues informations sur les bienfaits que le président Ben Ali dispensait à la presse française ( de droite surtout) pour s'en attirer les bonnes grâces et faire vanter ses mérites dans ses colonnes (celles de notre presse, pas de Ben Ali !).
En ce 1er juillet, le bon Dieu, peut-être réjoui par l'arrivée des vacances, a redoublé encore de facéties, dans un tout autre domaine toutefois. Tout était réglé depuis des mois pour que soit célébré sous les feux concentrés de tous nos médias, le mariage d'Albert de Monaco avec son ondine sud-africaine. En dépit des rumeurs et dans ma crainte respectueuse des fureurs procédurières des Grimaldi, je me garderai de toute plaisanterie à propos du mariage gay que ce même bon Dieu facétieux avait peut-être lui-même mis sur le tapis à dessein à ce moment là. En tout cas, ce même bon Dieu, dans sa toute puissance, s'est arrangé pour faire éclipser la cérémonie nuptiale par le rebondissement inattendu de l'affaire DSK qui a mobilisé tous les médias. Le pire est que ce même bon Dieu a poussé le vice jusqu'à faire en sorte que le juge new-yorkais fixât l'audience du tribunal de New-York, prévue pourtant pour le 18 juillet, au jour et à l'heure mêmes où était célébré le mariage princier. Nos médias se sont donc trouvés, tels l'âne de Buridan (entre le picotin et le seau d'eau) ou, plus noblement, l'Héraclès de Prodicos (entre le vice et la vertu), devant un choix douloureux et se sont finalement concentrés plutôt sur le second événement, car, pour le premier, depuis quelques semaines, nous avions un petit peu épuisé les charmes nuptiaux de la principauté et cela d'autant que le bruit avait couru que la mariée avait failli filer à l'anglaise deux jours avant la noce. Je ne vous dit même pas le bruit de cette nouvelle affaire DSK dans le petit Landernau de la rue de Solférino ! Comme disait le derviche de Candide (de Voltaire, Monsieur le Ministre !) : « Quand sa Hautesse envoie un vaisseau en Egypte, s' embarrasse-t-elle si les souris qui sont dans le vaisseau sont à leur aise? ».
Dans l’affaire DSK que d’aucuns regardent comme close, le bon Dieu nous a peut-être encore réservé quelques surprises. Un peu bizarre non ce reproche fait à Madame Diallo de ne pas avoir mentionné dans sa déposition un viol subi en Guinée et allégué, en revanche, dans sa demande de droit d’asile ! Il est courant pour les demandeurs d’invoquer des violences politiques ou physiques pour justifier leur demande, sans pour autant les mentionner à tout propos, surtout en pareil cas. On s’étonne un peu aussi de voir une femme de chambre new-yorkaise, de toute évidence fort occupée et sans grande ressources, disposer de 100.000$ sur divers comptes d’autres villes du pays et servir de plaque tournante à un trafic de drogues ! N’y aurait-il pas là en fait plusieurs Madame Diallo, ce nom étant celui des Dupont de la Guinée ?
Je tremble d'avance en me demandant quelles facéties nouvelles va imaginer notre bon Dieu dans les jours qui viennent. Sur quel événement va-t-il concentrer son imagination et que va-t-il bien pouvoir encore nous inventer ?
Dernières minutes en ce dimanche 3 juillet :
Il se confirme que Madame Diallo non seulement est, en fait, à la tête du cartel de Medellin mais que c'est elle qui, auparavant, avait volé la Joconde : bien des indices donnent désormais à penser que c'est aussi elle qui cassé le vase de Soissons et les bras de la Vénus de Milo : On attend de nouvelles révélations!
Dimanche 3 juillet (16 heures 04 GMT) . Ma fille m'apprend que de source sûre (proche de la CIA) Madame Diallo aurait trempé dans l'assassinat de J.F. Kennedy.
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mardi 14 juin 2011
Sénilité, machiavélisme ou humour corrézien ?
La déclaration de Jacques Chirac à la pittoresque inauguration de son musée à Sarran, le 11 juin, a suscité une infinité de commentaires et on ne va pas manquer de gloser à l'infini à son sujet, en particulier en la rapprochant du deuxième tome de ses mémoires et des propos qu'il y tient sur François Hollande et Nicolas Sarkozy. Peut-être au fond, chez l'ancien président de la république, l'auteur l’a-t-il un moment emporté et veut-il simplement parla assurer la promotion de son livre et en booster les ventes pour égaler les tirages de Maman. Sur ce point l'opération est assez réussie, après le coup de la concurrence des bonnes feuilles entre le Nouvel Obs et le Point.
Chirac a en effet lâché, tout à trac, quand nul ne lui demandait rien et que sa position au Conseil constitutionnel lui interdit en principe de telles déclarations, surtout à un an du scrutin, qu'il voterait pour François Hollande, si Juppé n'était pas candidat.
Le paradoxe est que c'est la première partie de la phrase qui a retenu toute l'attention, alors qu’il me paraît totalement évident que c'est la seconde qui est essentielle. L'idée que Chirac puisse voter pour Flamby ne doit pas avoir la moindre l'importance aux yeux de Nicolas Sarkozy qui va sans doute, comme aux Guignols, baptiser Chirac "Papy Zinzin". S'il veut reprendre une de ses formules, il peut même dire que ça lui en touche une, sans faire bouger l'autre.
En revanche, la petite phrase, pleine de fiel et de regrets sur le fait que le président regrette que Juppé ne soit pas candidat est tout à fait susceptible (et c'est précisément à cette fin qu'elle a été prononcée) de donner à penser à Alain Juppé (il y a sans doute très longtemps qu'il y a lui-même songé et sans avoir besoin de Chirac) comme à bon nombre d'UMP gaullo-chiraquiens qui ruent dans les brancards de la sarkozie et vont y trouver encouragement et espoir.
La formule (mais c'est le but recherché) vise à inspirer au maire de Bordeaux (qu'on ne doit plus guère voir là-bas) quelques regrets d'avoir déclaré qu'il ne serait candidat que si Sarkozy lui-même ne l'était pas (hypothèse hautement invraisemblable, sauf accident ou décès prématuré). Il est vrai que ce propos lui a permis de devenir ministre des affaires étrangères et que c'est là une distinction à laquelle il n'est assurément pas insensible.
On peut d'ailleurs se demander si les petites affaires électorales corréziennes actuelles ne sont pas pour quelque chose dans le propos de Jacquou. En effet, le rapporteur du tribunal administratif de Limoges a demandé jeudi 9 juin 2011 (donc deux jours avant la manifestation du musée Chirac) à cette juridiction d'annuler l'élection de Bernadette Chirac à Corrèze (Corrèze) lors des dernières élections cantonales, pour un vice de forme. La demande se fonde sur la découverte, dans le bureau de vote de Meyrignac-L'Eglise, de 49 bulletins de vote alors que la liste d'émargement des ne comprend que 48 noms. Or si Mme Chirac avait été élue au premier tour, le 20 mars dernier, elle n’avait qu’une seule voix d'avance.
Le tribunal rendra son jugement dans deux semaines, mais Flamby, comme président du conseil général, pourrait être dans une telle affaire un appui précieux ; il n’est donc pas mauvais de l’amadouer, surtout si cela ne mange pas de pain !
Chirac, peut-être titillé par les frasques américaines de DSK, a, en présence de Bernadette, refait son numéro de charme sénile, un peu ridicule, avec une affriolante blonde, Sophie Dessus, sémillante vice-présidente du conseil général de Corrèze. Du plus haut comique et Yann Barthès et son Petit Journal ne l’ont naturellement pas loupé.
Je me demande comment Jacquou et Maman se sont causé de retour à la maison. L'a-t-elle félicité pour avoir, d'ores et déjà, mis Flamby dans sa poche ou lui a-t-elle tiré ses grandes oreilles, en lui reprochant à la fois son numéro grotesque avec la pulpeuse blonde et des propos, tout à fait inconsidérés dans le contexte actuel et qui pourraient être mal pris par Nicolas Sarkozy avec lequel elle est, en principe, dans les meilleurs termes ?
Jacques Chirac fait-il déjà campagne ou se borne-t-il à la battre ?
Note lexicographique de la rédaction : "battre la campagne : déraisonner, délirer, divaguer".
Chirac a en effet lâché, tout à trac, quand nul ne lui demandait rien et que sa position au Conseil constitutionnel lui interdit en principe de telles déclarations, surtout à un an du scrutin, qu'il voterait pour François Hollande, si Juppé n'était pas candidat.
Le paradoxe est que c'est la première partie de la phrase qui a retenu toute l'attention, alors qu’il me paraît totalement évident que c'est la seconde qui est essentielle. L'idée que Chirac puisse voter pour Flamby ne doit pas avoir la moindre l'importance aux yeux de Nicolas Sarkozy qui va sans doute, comme aux Guignols, baptiser Chirac "Papy Zinzin". S'il veut reprendre une de ses formules, il peut même dire que ça lui en touche une, sans faire bouger l'autre.
En revanche, la petite phrase, pleine de fiel et de regrets sur le fait que le président regrette que Juppé ne soit pas candidat est tout à fait susceptible (et c'est précisément à cette fin qu'elle a été prononcée) de donner à penser à Alain Juppé (il y a sans doute très longtemps qu'il y a lui-même songé et sans avoir besoin de Chirac) comme à bon nombre d'UMP gaullo-chiraquiens qui ruent dans les brancards de la sarkozie et vont y trouver encouragement et espoir.
La formule (mais c'est le but recherché) vise à inspirer au maire de Bordeaux (qu'on ne doit plus guère voir là-bas) quelques regrets d'avoir déclaré qu'il ne serait candidat que si Sarkozy lui-même ne l'était pas (hypothèse hautement invraisemblable, sauf accident ou décès prématuré). Il est vrai que ce propos lui a permis de devenir ministre des affaires étrangères et que c'est là une distinction à laquelle il n'est assurément pas insensible.
On peut d'ailleurs se demander si les petites affaires électorales corréziennes actuelles ne sont pas pour quelque chose dans le propos de Jacquou. En effet, le rapporteur du tribunal administratif de Limoges a demandé jeudi 9 juin 2011 (donc deux jours avant la manifestation du musée Chirac) à cette juridiction d'annuler l'élection de Bernadette Chirac à Corrèze (Corrèze) lors des dernières élections cantonales, pour un vice de forme. La demande se fonde sur la découverte, dans le bureau de vote de Meyrignac-L'Eglise, de 49 bulletins de vote alors que la liste d'émargement des ne comprend que 48 noms. Or si Mme Chirac avait été élue au premier tour, le 20 mars dernier, elle n’avait qu’une seule voix d'avance.
Le tribunal rendra son jugement dans deux semaines, mais Flamby, comme président du conseil général, pourrait être dans une telle affaire un appui précieux ; il n’est donc pas mauvais de l’amadouer, surtout si cela ne mange pas de pain !
Chirac, peut-être titillé par les frasques américaines de DSK, a, en présence de Bernadette, refait son numéro de charme sénile, un peu ridicule, avec une affriolante blonde, Sophie Dessus, sémillante vice-présidente du conseil général de Corrèze. Du plus haut comique et Yann Barthès et son Petit Journal ne l’ont naturellement pas loupé.
Je me demande comment Jacquou et Maman se sont causé de retour à la maison. L'a-t-elle félicité pour avoir, d'ores et déjà, mis Flamby dans sa poche ou lui a-t-elle tiré ses grandes oreilles, en lui reprochant à la fois son numéro grotesque avec la pulpeuse blonde et des propos, tout à fait inconsidérés dans le contexte actuel et qui pourraient être mal pris par Nicolas Sarkozy avec lequel elle est, en principe, dans les meilleurs termes ?
Jacques Chirac fait-il déjà campagne ou se borne-t-il à la battre ?
Note lexicographique de la rédaction : "battre la campagne : déraisonner, délirer, divaguer".
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jeudi 19 mai 2011
Sexus Politicus
Comme souvent, il faut aller chercher hors de France une information que notre presse nationale se refuse à nous donner. Je ne parle pas ici des tabloïds anglais ou américains mais de la très sérieuse presse suisse francophone. Ainsi, dans le Temps du 7 novembre 2008 Sylvain Besson écrivait à propos de la politique et du sexe :
"Ce n’est pas un ouf, mais un hourra de soulagement qu’a poussé la classe politique française. De la gauche radicale à la droite musclée, une unanimité rare a salué le maintien de Dominique Strauss-Kahn à la tête du Fonds monétaire international (FMI). Le fait qu’il ait été blanchi par une enquête interne, après une liaison extraconjugale avec une salariée, a été vu comme une victoire de la France gauloise et épicurienne sur l’Amérique puritaine.
Mais l’affaire a aussi délié les langues, à la fois sur le rapport aux femmes des politiciens français et sur le tempérament singulier de Dominique Strauss-Kahn.
Depuis quelques jours, les médias laissent suppurer des allusions à sa “gourmandise” (L’Express) ou à de “vieilles histoires” (Le Figaro) qui circulaient bien avant son arrivée au FMI, en 2007. L’intéressé a réagi en promettant de poursuivre en justice ceux qui relaieraient des “rumeurs malveillantes” sur son compte. De quoi s’agit-il ? Pour l’essentiel, de témoignages montrant que le dérapage de Dominique Strauss-Kahn au FMI était programmé. La faute à un comportement pesant, presque obsessionnel envers les femmes, que le contexte permissif du milieu politique français a sans doute encouragé.
Le récit le plus détaillé est celui de Tristane Banon, une journaliste et romancière qui a rencontré DSK il y a plusieurs années pour une interview. Le lieu du rendez-vous était insolite : une garçonnière proche de l’Assemblée nationale, avec pour tout mobilier un grand lit et une télévision. “La partie interview a duré cinq minutes et demie”, précise Tristane Banon ; le temps que l’ancien ministre de l’Economie pose sa main sur elle et lui propose de transformer l’entretien en ce que la terminologie du FMI appellerait une physical affair. “J’ai déjà croisé des dragueurs un peu lourds, dit-elle. Mais là, c’était effrayant. Il n’était plus lui-même.”
Le mutisme des médias favorise toutes les rumeurs
Un journaliste qui a enquêté sur l’affaire relativise : “Il a mis sa main sur sa cuisse, elle a dit non et puis basta.” Ce qui n’enlève rien au caractère désagréable de l’expérience. “Une drague aussi crue peut être très impressionnante lorsqu’elle vient d’un homme public”, estime le psychiatre Paul Bensussan. “Car elle traduit une abolition du sens du risque”, de la part d’un personnage dont la position exposée devrait lui interdire de tels comportements. Tristane Banon n’est pas la seule à être ressortie choquée de sa rencontre avec Dominique Strauss-Kahn. Ainsi, l’avocat parisien Emmanuel Pierrat explique avoir été approché par une femme gravitant dans le milieu politique, qui avait répondu à une “annonce censée améliorer sa situation professionnelle”. Confrontée à des avances pressantes du politicien, elle a “pris la poudre d’escampette avant que les choses ne dégénèrent”, affirme l’avocat.
Aurélie Filippetti, aujourd’hui porte-parole du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, a gardé un mauvais souvenir d’une tentative de drague “très lourde, très appuyée” de son camarade de parti. Depuis, “je me suis arrangée pour ne pas me retrouver seule avec lui dans un endroit fermé”, explique-t-elle. D’autres témoignages décrivent toujours le même comportement : une sollicitation immédiate, insistante et directe, suivie de coups de téléphone et d’envois de SMS qui peuvent durer des jours. Mais les médias français observent un silence presque absolu sur ces pratiques.
Cette tolérance générale a deux inconvénients. D’abord, estime Christophe Deloire, coauteur du best-seller Sexus politicus (éd. J’ai lu, 2008), “la place de la femme en politique a longtemps été très liée aux amours du prince”. Ensuite, le mutisme des médias a transformé Paris en un nid de rumeurs malsaines, où les préférences sexuelles des personnalités sont avidement consignées par des officines parapolitiques, voire par la police elle-même. Divulgués il y a peu, les carnets d’Yves Bertrand, ancien patron des Renseignements généraux, fourmillent d’anecdotes sur les liaisons ou les déviances supposées des uns et des autres.
Dans le cas de Dominique Strauss-Kahn, le problème semble aller au-delà d’un manque de maîtrise vis-à-vis des femmes. “Il a un comportement transgressif, il considère que les règles ne s’appliquent pas à lui”, confie une personne qui a travaillé à ses côtés. Ce complexe de “maître du monde” se serait aggravé après 1999, lorsque Dominique Strauss-Kahn dut démissionner du ministère de l’Economie à cause d’une affaire de financement politique où on lui reprochait une lettre antidatée. La justice a conclu au non-lieu. Très réactif durant la crise au FMI, l’entourage de DSK est devenu ces derniers jours curieusement silencieux. Son avocat et ses communicants de l’agence Euro-RSCG n’ont pas répondu aux questions du Temps. “Je ne me crois pas autorisé à faire de la psychanalyse sauvage à propos du directeur du Fonds monétaire international”, commente son ancien bras droit au PS, Jean-Christophe Cambadélis".Sylvain Besson, Le Temps, 7 novembre 2008.
"Ce n’est pas un ouf, mais un hourra de soulagement qu’a poussé la classe politique française. De la gauche radicale à la droite musclée, une unanimité rare a salué le maintien de Dominique Strauss-Kahn à la tête du Fonds monétaire international (FMI). Le fait qu’il ait été blanchi par une enquête interne, après une liaison extraconjugale avec une salariée, a été vu comme une victoire de la France gauloise et épicurienne sur l’Amérique puritaine.
Mais l’affaire a aussi délié les langues, à la fois sur le rapport aux femmes des politiciens français et sur le tempérament singulier de Dominique Strauss-Kahn.
Depuis quelques jours, les médias laissent suppurer des allusions à sa “gourmandise” (L’Express) ou à de “vieilles histoires” (Le Figaro) qui circulaient bien avant son arrivée au FMI, en 2007. L’intéressé a réagi en promettant de poursuivre en justice ceux qui relaieraient des “rumeurs malveillantes” sur son compte. De quoi s’agit-il ? Pour l’essentiel, de témoignages montrant que le dérapage de Dominique Strauss-Kahn au FMI était programmé. La faute à un comportement pesant, presque obsessionnel envers les femmes, que le contexte permissif du milieu politique français a sans doute encouragé.
Le récit le plus détaillé est celui de Tristane Banon, une journaliste et romancière qui a rencontré DSK il y a plusieurs années pour une interview. Le lieu du rendez-vous était insolite : une garçonnière proche de l’Assemblée nationale, avec pour tout mobilier un grand lit et une télévision. “La partie interview a duré cinq minutes et demie”, précise Tristane Banon ; le temps que l’ancien ministre de l’Economie pose sa main sur elle et lui propose de transformer l’entretien en ce que la terminologie du FMI appellerait une physical affair. “J’ai déjà croisé des dragueurs un peu lourds, dit-elle. Mais là, c’était effrayant. Il n’était plus lui-même.”
Le mutisme des médias favorise toutes les rumeurs
Un journaliste qui a enquêté sur l’affaire relativise : “Il a mis sa main sur sa cuisse, elle a dit non et puis basta.” Ce qui n’enlève rien au caractère désagréable de l’expérience. “Une drague aussi crue peut être très impressionnante lorsqu’elle vient d’un homme public”, estime le psychiatre Paul Bensussan. “Car elle traduit une abolition du sens du risque”, de la part d’un personnage dont la position exposée devrait lui interdire de tels comportements. Tristane Banon n’est pas la seule à être ressortie choquée de sa rencontre avec Dominique Strauss-Kahn. Ainsi, l’avocat parisien Emmanuel Pierrat explique avoir été approché par une femme gravitant dans le milieu politique, qui avait répondu à une “annonce censée améliorer sa situation professionnelle”. Confrontée à des avances pressantes du politicien, elle a “pris la poudre d’escampette avant que les choses ne dégénèrent”, affirme l’avocat.
Aurélie Filippetti, aujourd’hui porte-parole du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, a gardé un mauvais souvenir d’une tentative de drague “très lourde, très appuyée” de son camarade de parti. Depuis, “je me suis arrangée pour ne pas me retrouver seule avec lui dans un endroit fermé”, explique-t-elle. D’autres témoignages décrivent toujours le même comportement : une sollicitation immédiate, insistante et directe, suivie de coups de téléphone et d’envois de SMS qui peuvent durer des jours. Mais les médias français observent un silence presque absolu sur ces pratiques.
Cette tolérance générale a deux inconvénients. D’abord, estime Christophe Deloire, coauteur du best-seller Sexus politicus (éd. J’ai lu, 2008), “la place de la femme en politique a longtemps été très liée aux amours du prince”. Ensuite, le mutisme des médias a transformé Paris en un nid de rumeurs malsaines, où les préférences sexuelles des personnalités sont avidement consignées par des officines parapolitiques, voire par la police elle-même. Divulgués il y a peu, les carnets d’Yves Bertrand, ancien patron des Renseignements généraux, fourmillent d’anecdotes sur les liaisons ou les déviances supposées des uns et des autres.
Dans le cas de Dominique Strauss-Kahn, le problème semble aller au-delà d’un manque de maîtrise vis-à-vis des femmes. “Il a un comportement transgressif, il considère que les règles ne s’appliquent pas à lui”, confie une personne qui a travaillé à ses côtés. Ce complexe de “maître du monde” se serait aggravé après 1999, lorsque Dominique Strauss-Kahn dut démissionner du ministère de l’Economie à cause d’une affaire de financement politique où on lui reprochait une lettre antidatée. La justice a conclu au non-lieu. Très réactif durant la crise au FMI, l’entourage de DSK est devenu ces derniers jours curieusement silencieux. Son avocat et ses communicants de l’agence Euro-RSCG n’ont pas répondu aux questions du Temps. “Je ne me crois pas autorisé à faire de la psychanalyse sauvage à propos du directeur du Fonds monétaire international”, commente son ancien bras droit au PS, Jean-Christophe Cambadélis".Sylvain Besson, Le Temps, 7 novembre 2008.
vendredi 11 mars 2011
La Marine Nationale et Mémé Lenchon

Les face-à-face entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon sont devenus le must de nos médias. On photographie (il ne s'agit naturellement que de montages !) leur couple « improbable » (pour user de l'adjectif autrefois inévitable dans tout discours de notre Fredo, désormais lui-même « improbable » ministre de la culture) en couverture des hebdomadaires et on les oppose dans des débats qui font autant recette qu’un joli match de poids welters à la salle Wagram.
Je me suis permis de vous offrir, en ouverture de ce post, un logo que, non sans esprit, le Front National s'est approprié pour mettre en scène Marine Le Pen, en empruntant cette jolie image à notre marine nationale (avec un m minuscule) pour symboliser notre « Marine Nationale » – avec majuscules -, du prénom de notre nouvelle héroïne doublement nationale, aux deux sens du terme. Je ne sais pas exactement ce qui a conduit notre Jean-Marie (également national) a nommer avec tant de prescience sa fille « Marine » qui n’était sans doute pour lui que le féminin du prénom « Marin ». Il faudrait consulter sur ce point les hagiographes habituels du FN mais il faut reconnaître que ce choix a été heureux ne serait-ce que pour permettre de reprendre le joli symbole que j'ai reproduit ci-dessus. Il est certes celui de notre « marine nationale » mais il représente aussi joliment, toutes voiles dehors, le vaisseau amiral qui, pour le moment, cingle en tête de la misérable flottille des candidats potentiels à l'élection présidentielle.
Il est de bon ton de qualifier le choc entre Marine et Jean-Luc de rivalité populiste. Le sont-ils tellement plus que les autres ? Je ne saurais le dire car il me semble que le populisme est le caractère premier de tout discours politicien ; j’use, à dessein, de ce terme pour ne pas salir le beau mot « politique » qui me paraît digne d'un tout autre usage, mais je crains qu'on ne juge un tel choix « populiste » !
Mélenchon pose plus de problèmes et suscite plus d’interrogations que Marine Nationale qui, au fond, n'a fait que policer quelque peu le discours paternel. J'ai écrit, il y a deux mois me semble-t-il, un post que j'avais intitulé, d'une façon un peu sibylline, « Mélenchon ou Melanchthon ? ». Que celles et ceux qui l’ont lu et qui s’en souviendraient par hasard me pardonnent d’en reprendre ici quelques mots.
Un mot sur Mélenchon d'abord, en particulier pour expliquer ce titre inattendu. Je ne sais pas quelle est l'origine du patronyme Mélenchon, mais il m’a toujours fait irrésistiblement penser, à celui du grand théologien du protestantisme Melanchthon, grand érudit qui avait hellénisé son nom allemand tout en lui conservant son sens de « terre noire ». Il faut dire que l'évolution actuelle de notre Jean-Luc n'est pas faite pour écarter ce rapprochement un peu douteux.
En effet, de même que Melanchthon (1497-1560), auteur de la Convention d’Augsbourg (1530) se considérait comme le dépositaire de la pensée théologique luthérienne, de même notre Mélenchon est devenu l’augure et l'utilisateur exclusif de la pensée de gauche française. Il faut dire que le bougre a de la verve et que son succès médiatique fait qu'il en use de plus en plus, non sans quelque talent en particulier contre les journalistes qui se risquent à l'interroger.
Il faut reconnaître aussi qu'il a fait des progrès sur le plan de l’information et que ses propos ne sont pas toujours dépourvus de fondements politiques et économiques, depuis qu'il a abandonné la pure et simple vocifération qui fondait ses premiers succès.
Autre flèche que vous fournit gratuitement Usbek Consulting and Co, cher Jean-Luc : si la mère porteuse des 35 heures a bien été Martine Aubry, le géniteur qui a fourni le sperme (dont, dit-on, il n’est pas avare) était Dominique Strauss-Kahn !
Comme j'ai opposé, en titre, la Marine Nationale à Mémé Lenchon, il faut bien que je m'explique sur la seconde partie de ce curieux diptyque. Les « Guignols de l'Info » qui, moins toutefois qu’à l’époque du regretté Bruno Gaccio, demeurent néanmoins parmi les meilleurs analystes politiques de nos médias, ont créé pour Jean-Luc Mélenchon la marionnette de « Mémé Lenchon ». Jean-Luc apparaît sous la forme d'une vieille femme acariâtre et grincheuse, fort occupée par un tricot qui s'apparente au gilet qu'Anémone tricotait pour Thierry Lhermitte dans « le Père Noël est une ordure ». On sent toutefois à entendre et à voir Mémé Lenchon qu'elle préférerait utiliser ses aiguilles à tricoter à d'autres fins que celles de la confection de ce tricot ; elle me fait irrésistiblement penser aux tricoteuses de la Révolution, familières du spectacle de la guillotine.
La Marine Nationale caracole en tête des sondages, ce qui n'est pas pour le moment le cas de Mémé Lenchon qui reste assez loin dans le second peloton mais qui, je pense, n’a pas dit son derrnier mot et aura sans doute à terme un score plus favorable. En revanche, de toute évidence, Mémé Lenchon « cartonne » dans les médias et a même réussi à faire sortir de ses gonds Michel Denisot ce qui est un fait unique dans les annales du PAF ! Tout cela prouve simplement la désaffection des Français, bien compréhensible, pour la classe politique, dont ils ont déjà témoigné lors de la précédente élection présidentielle. Le succès du vote blanc le prouve et notre démocratie ferait bien d’y réfléchir au lieu de mettre à la poubelle électorale les bulletins d’électeurs qui se sont déplacés et dérangés pour venir voter. En effet, ne pas considérer le vote blanc comme un suffrage exprimé est véritablement une honte pour le « pays des droits de l'homme », comme on dit un peu partout avec le moins en moins de raisons de le faire.
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jeudi 3 mars 2011
« Mais mon ptit coeur vous ne l’aurez jamais ! »

J'entendais ce matin, sur je ne sais quelle radio, Martine Aubry, hélas avec les seules paroles et sans la musique de « la strasbourgeoise », entamer son nouveau refrain, à l'adresse de Nicolas Sarkozy, « Vous n'aurez pas les Français... ». De telle paroles évoquent irrésistiblement, au moins pour nous-autres Français, une célèbre rengaine patriotique du début du XXème siècle
J'hésite, à vrai dire, au seuil d’un blog que je perçois comme franco-français à l'excès, dans la mesure où je constate que mes écrits électroniques quotidiens sont lus, de la façon la plus inattendue, par des visiteurs qui, pour 40 % au moins, sont à l'étranger, voire à l’autre bout du monde. Qu'il s'agisse d'Australiens ou de Brésiliens francophones ou qu'il s'agisse de Français émigrés dans ces lointaines contrées, les uns et les autres ne doivent guère s'intéresser à la vie politique de la France et j’ai donc scrupule à m'aventurer sur ce terrain qui fut autrefois le mien.
Il faut donc sans doute ( et que ceux et celles qui connaissent cette vieille chanson française me pardonnent) rappeler le dernier couplet de « la strasbourgeoise » puisque tel est son titre :
« Vous avez eu l'Alsace et la Lorraine,
Vous avez eu des millions d'étrangers.
Vous avez eu Germanie et Bohème,
Mais mon p'tit coeur vous ne l'aurez jamais »
Il a fallu ce propos de Martine Aubry qui affirmait que la majorité au pouvoir « n'aurait pas les Français », en les leurrant avec le théâtre d'ombres de l'islam en France ou de la laïcité, pour me ramener sur le terrain plus général encore, d’une comédie permanente de notre vie politique et médiatique que j’appellerai volontiers « le bal des faux culs ».
Il est clair que Mme Aubry, ni dans sa scolarité aux Oiseaux, ni rue de Solférino ou dans sa mairie de Lille, n’a pas dû, beaucoup et souvent, se trouver confrontée de façon directe et prolongée aux problèmes, réels et concrets, de l'immigration en France. Il en est de même pour la plupart de ces journalistes larmoyants qui, comme l'autre soir, au Grand Journal de Denisot, sur Canal +, où l'on recevait François Hollande, ne sont guère confrontés au problème de la misère de ceux qui doivent vivre avec moins de 1000 € par mois.
Le pittoresque de la chose et que François Hollande s'est vu au cours de cette émission rappeler (son et images à l'appui) sa fameuse formule « Je n'aime pas les riches ». Heureusement qu'il avait pas lancé cette formule saignante du balcon de son appartement de Cannes !
Tout ceux qui étaient autour de la table, sans même parler de Denisot lui-même et quel que soit le caractère généralement misérable ou démagogue des prestations des intervenants, sont des gens dont les revenus mensuels doivent tourner autour de dix mille euros par mois, compte tenu du fait que la plupart de ces « journalistes-sic » sont si occupés par chacun de leurs divers emplois qu’ils en ont généralement trois ou quatre en même temps. Tout cela ne les empêche pas de sortir leur mouchoir à la première occasion, histoire de verser quelques larmes crocodiliennes sur la misère d'une grande partie du bon peuple de France. Et personne ne rit et moins encore ne s'indigne publiquement quand il est invité à prendre part à ce genre de fiesta médiatique.
Il y a d'ailleurs un vrai problème, économique et social celui-ci, quand on rapproche, même de loin, ce que l'on constate dans les lieux de réjouissances ou de plaisir (des restaurants aux stations de ski) de la situation globale de la France, telle qu'elle nous est décrite par nos analystes. Il faut croire que la vraie misère des Français, réellement pauvres et malheureux, est bien plus discrète que les hypocrites épanchements de ceux qui font de cette situation lamentable leur fonds de commerce médiatique et/ou politique.
Je propose donc à Madame Aubry (à titre amical et gracieux comme toujours) le refrain original suivant dans son adresse à Nicolas Sarkozy
« Vous avez eu Lang et Michel Rocard,
Vous avez eu des millions de Français.
Vous avez eu Besson et nos tocards,
Mais mon p'tit coeur vous ne l'aurez jamais »
lundi 28 février 2011
ReMAMiement MINIstériel.
Six mois durant, comme dans « Peau d’âne », on a attendu le remaniement annoncé par notre président :
« Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ? »
« Je ne vois rien que le soleil qui poudroie, et l’herbe qui verdoie » .
Mis en place à grand son de trompe, le nouveau gouvernement Fillon n’a guère dépassé le trimestre d’existence. Le refrain à soudain changé ces jours derniers.
« Je ne vois rien qu’un gouvernement qui merdoie ! ».
Les deux frères, Juppé et Longuet, étaient en route et, de ce fait, en un week-end, le reMAMiement MINIstériel était bouclé !
Discours présidentiel qui nous a offert l’emploi, obligé désormais, du mot à la mode, « régalien ». Bonne élève, Claire Chazal le placera trois fois en deux phrases dans son commentaire.
Sans répéter ici ce que j’en ai dit, je rappelle le sens de cet adjectif qu’on aime tant désormais dans le discours politique à la mode :
« Qui concerne, qui appartient en propre au roi, au souverain. Dans un système démocratique, la douane, institution d'origine seigneuriale et régalienne, est donc chose odieuse et contradictoire (PROUDHON, Syst. contrad. écon., t. 2, 1846, p. 6). Droit régalien. Droit (de paix ou de guerre, de faire la loi, de battre monnaie, etc.) qui appartient au roi, au souverain. Un péage dû aux comtes de Combourg par chaque tête de bétail, espèce de droit régalien (CHATEAUBR., Mém., t. 1, 1848, p. 70) ». (Trésor de la langue française).
Si le ministère de l’intérieur est un domaine régalien, comme le croit Madame Chazal, les « cultes » qui en dépendent le sont donc aussi. Voilà qui va permettre enfin un réglement simple et rapide des problèmes de l’islam en France qu’on ne semble pas voir sous cet angle!
L’analyse interne de ce reMAMiement MINIstériel n’offre guère d’intérêt et on aurait pu voir les choses autrement si on était allé jusqu’à l’éviction de Fillon (pour cause de moubarakophilie) au bénéfice de l’impatient Juppé. On aurait pu alors mettre Guéant au Quai d’Orsay (why not ?) et à l’Intérieur, Longuet, lui qui connaît si bien la France, de la Lorraine à Saint-Tropez !
Ce qui m’interloque davantage est la comparaison, obligée désormais elle aussi dans nos médias, entre la chute du mur de Berlin et les soulèvement populaires actuels du Maghreb. Il y a tout de même une énorme différence que nos journalistes, ignorants et aveugles à la fois, omettent tous. Elle s’appelle évidemment Mikhaïl Gorbatchev qui dirigea, entre 1985 et 1991, l’URSS dont tout dépendait. C’est ce réformateur, éclairé et courageux, qui, dès 1987, s'engagea à l'extérieur (en Afrique surtout) dans la voie de l’apaisement de la guerre froide (ce qui marqua la fin des guignolesques républiques populaires du continent) et commença avec la Perestroïka et la Glasnost la libéralisation de l’URSS. Je donne ces précisions, que je sais triviales, à l’intention de nos journalistes et surtout de Madame Chazal. Rien de tel bien entendu en Tunisie, en Egypte ou en Lybie car les Gorbatchev potentiels, maghrébins ou égyptiens, sont morts ou étaient en prison ou en exil !
Post-Scriptum. Un des amis et lecteurs (l’un n’empêche pas toujours l’autre) m’a signalé hier à propos de Kadhafi une savoureuse galerie de photos d’Alain Korcos parue dans « Arrêt sur images », excellente émission de notre télévision, virée naguère de France Télévision au profit de quelques unes des âneries dont on nous régale. Elle est désormais reconvertie et accessible sur le net sous une forme un peu différente. La série de photos « Les beaux habits de Kadhafi », sortie le même jours que mon blog (le 26 février 2011) était hier en libre accès par Google. J’ai été assez sot et trop honnête pour copier aussitôt quelques unes des photos les plus savoureuses (et il n’en manque pas !) car je voulais demander l’autorisation de le faire. Hélas, aujourd’hui l’accès n’est plus libre, réservé qu’il est aux abonnés d’« Arrêt sur images ». N’empêche que la série vaut le détour !
« Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ? »
« Je ne vois rien que le soleil qui poudroie, et l’herbe qui verdoie » .
Mis en place à grand son de trompe, le nouveau gouvernement Fillon n’a guère dépassé le trimestre d’existence. Le refrain à soudain changé ces jours derniers.
« Je ne vois rien qu’un gouvernement qui merdoie ! ».
Les deux frères, Juppé et Longuet, étaient en route et, de ce fait, en un week-end, le reMAMiement MINIstériel était bouclé !
Discours présidentiel qui nous a offert l’emploi, obligé désormais, du mot à la mode, « régalien ». Bonne élève, Claire Chazal le placera trois fois en deux phrases dans son commentaire.
Sans répéter ici ce que j’en ai dit, je rappelle le sens de cet adjectif qu’on aime tant désormais dans le discours politique à la mode :
« Qui concerne, qui appartient en propre au roi, au souverain. Dans un système démocratique, la douane, institution d'origine seigneuriale et régalienne, est donc chose odieuse et contradictoire (PROUDHON, Syst. contrad. écon., t. 2, 1846, p. 6). Droit régalien. Droit (de paix ou de guerre, de faire la loi, de battre monnaie, etc.) qui appartient au roi, au souverain. Un péage dû aux comtes de Combourg par chaque tête de bétail, espèce de droit régalien (CHATEAUBR., Mém., t. 1, 1848, p. 70) ». (Trésor de la langue française).
Si le ministère de l’intérieur est un domaine régalien, comme le croit Madame Chazal, les « cultes » qui en dépendent le sont donc aussi. Voilà qui va permettre enfin un réglement simple et rapide des problèmes de l’islam en France qu’on ne semble pas voir sous cet angle!
L’analyse interne de ce reMAMiement MINIstériel n’offre guère d’intérêt et on aurait pu voir les choses autrement si on était allé jusqu’à l’éviction de Fillon (pour cause de moubarakophilie) au bénéfice de l’impatient Juppé. On aurait pu alors mettre Guéant au Quai d’Orsay (why not ?) et à l’Intérieur, Longuet, lui qui connaît si bien la France, de la Lorraine à Saint-Tropez !
Ce qui m’interloque davantage est la comparaison, obligée désormais elle aussi dans nos médias, entre la chute du mur de Berlin et les soulèvement populaires actuels du Maghreb. Il y a tout de même une énorme différence que nos journalistes, ignorants et aveugles à la fois, omettent tous. Elle s’appelle évidemment Mikhaïl Gorbatchev qui dirigea, entre 1985 et 1991, l’URSS dont tout dépendait. C’est ce réformateur, éclairé et courageux, qui, dès 1987, s'engagea à l'extérieur (en Afrique surtout) dans la voie de l’apaisement de la guerre froide (ce qui marqua la fin des guignolesques républiques populaires du continent) et commença avec la Perestroïka et la Glasnost la libéralisation de l’URSS. Je donne ces précisions, que je sais triviales, à l’intention de nos journalistes et surtout de Madame Chazal. Rien de tel bien entendu en Tunisie, en Egypte ou en Lybie car les Gorbatchev potentiels, maghrébins ou égyptiens, sont morts ou étaient en prison ou en exil !
Post-Scriptum. Un des amis et lecteurs (l’un n’empêche pas toujours l’autre) m’a signalé hier à propos de Kadhafi une savoureuse galerie de photos d’Alain Korcos parue dans « Arrêt sur images », excellente émission de notre télévision, virée naguère de France Télévision au profit de quelques unes des âneries dont on nous régale. Elle est désormais reconvertie et accessible sur le net sous une forme un peu différente. La série de photos « Les beaux habits de Kadhafi », sortie le même jours que mon blog (le 26 février 2011) était hier en libre accès par Google. J’ai été assez sot et trop honnête pour copier aussitôt quelques unes des photos les plus savoureuses (et il n’en manque pas !) car je voulais demander l’autorisation de le faire. Hélas, aujourd’hui l’accès n’est plus libre, réservé qu’il est aux abonnés d’« Arrêt sur images ». N’empêche que la série vaut le détour !
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samedi 12 février 2011
Hosni à François
Le Caire le 11 février 2011
Cher François,
Je vous sais gré, en ces temps troubles pour ma personne, de prendre le temps et même d'avoir le courage d'évoquer vos dernières vacances dans mon cher pays.
Cependant ne me remerciez pas. Les soucis d'intendance, que mes services ont réglés pour vous, ne sont que le témoignage d'une longue tradition d'hospitalité vis-à-vis des hautes autorités de votre pays.
J'ai eu, en effet, le plaisir d'accueillir votre président Nicolas lors d'un noël précédent, mais surtout la joie de recevoir à de très nombreuses reprises un autre François tellement amoureux de l'Egypte que je lui en aurais presque proposé la nationalité si je ne l'avais pas soupçonné, du fait de ses deux épouses, alors que moi je n'en ai qu'une, des sympathies pour les Frères Musulmans dont je tentais de réduire l'influence, ce dont d'ailleurs les occidentaux m'étaient fort reconnaissants. Ils ont d'ailleurs longuement témoigné de cette reconnaissance par une aide indéfectible à mon égard et plus particulièrement à mon armée sur laquelle j'avais appuyé mon pouvoir.
Mais bon, vous savez bien que l'ingratitude règne en ce bas-monde et ainsi ceux qui m'aimaient jusqu'au début de cette année, mes amis occidentaux, mes généraux, ont décidé que j'étais devenu de trop.
Je tiens, à cette occasion, d'ailleurs à vous remercier de votre indéfectible amitié, que désormais nous ferons plus discrète, ce que des mauvaises langues interpréteront comme un manque de perspicacité ou un signe d'opportunisme. Mais laissez dire ! Dans votre pays, je sais que les gens ont la mémoire courte et que les erreurs de jugement, les fautes, les turpitudes diverses, dont sont coutumiers ses hommes politiques, sont oubliées rapidement. On se remet de tout chez vous.
Ici évidemment ce n'est pas pareil. On n'a jamais qu'une chance. Et donc avertis de cette règle, nous, les dictateurs, prévoyons notre avenir. C'est pourquoi je vous demande de ne pas vous inquiéter pour mon sort et celui de mes proches. Tout est prévu depuis le jour de mon accession au pouvoir. Regardez mon ami Ben Ali. Ce n'est pas demain qu'il ira à la soupe populaire.
Bien que j'aie quand même été gêné par le fait que vous ne l'accueilliez pas dans votre pays et que vous geliez ses avoirs. Certaines traditions d'accueil des dictateurs se perdent chez vous. Et c'est d'ailleurs pour cette raison que, bien que j'aie passé la main à mon vice-président, je ne pars pas encore car j'ai quelques dispositions à prendre.
Voilà ! Tout ce qui me reste à espérer pour vous et vos homologues, c'est que ce sera un des mes généraux qui prendra la suite. Ce qui vous permettra de pouvoir continuer à apprécier les charmes et l'hospitalité de ce cher pays qui m'a tant donné mais que je vais bientôt quitter.
Grosses bises à la charmante Pénélope et aux enfants.
Hosni
Cette lettre, par je ne sais quel mystère (Wikileaks?) a été mise en ligne hier comme simple commentaire par Expat. J'ai jugé, avec son accord, qu'elle méritait mieux!
PS. N'empêche que, comme me le disait, au téléphone, Hillary, qui n'a toujours pas digéré sa défaite. "Si j'avais été élue, tout se serait passé autrement : "Comme Président, il est mou Barrack!"."
Cher François,
Je vous sais gré, en ces temps troubles pour ma personne, de prendre le temps et même d'avoir le courage d'évoquer vos dernières vacances dans mon cher pays.
Cependant ne me remerciez pas. Les soucis d'intendance, que mes services ont réglés pour vous, ne sont que le témoignage d'une longue tradition d'hospitalité vis-à-vis des hautes autorités de votre pays.
J'ai eu, en effet, le plaisir d'accueillir votre président Nicolas lors d'un noël précédent, mais surtout la joie de recevoir à de très nombreuses reprises un autre François tellement amoureux de l'Egypte que je lui en aurais presque proposé la nationalité si je ne l'avais pas soupçonné, du fait de ses deux épouses, alors que moi je n'en ai qu'une, des sympathies pour les Frères Musulmans dont je tentais de réduire l'influence, ce dont d'ailleurs les occidentaux m'étaient fort reconnaissants. Ils ont d'ailleurs longuement témoigné de cette reconnaissance par une aide indéfectible à mon égard et plus particulièrement à mon armée sur laquelle j'avais appuyé mon pouvoir.
Mais bon, vous savez bien que l'ingratitude règne en ce bas-monde et ainsi ceux qui m'aimaient jusqu'au début de cette année, mes amis occidentaux, mes généraux, ont décidé que j'étais devenu de trop.
Je tiens, à cette occasion, d'ailleurs à vous remercier de votre indéfectible amitié, que désormais nous ferons plus discrète, ce que des mauvaises langues interpréteront comme un manque de perspicacité ou un signe d'opportunisme. Mais laissez dire ! Dans votre pays, je sais que les gens ont la mémoire courte et que les erreurs de jugement, les fautes, les turpitudes diverses, dont sont coutumiers ses hommes politiques, sont oubliées rapidement. On se remet de tout chez vous.
Ici évidemment ce n'est pas pareil. On n'a jamais qu'une chance. Et donc avertis de cette règle, nous, les dictateurs, prévoyons notre avenir. C'est pourquoi je vous demande de ne pas vous inquiéter pour mon sort et celui de mes proches. Tout est prévu depuis le jour de mon accession au pouvoir. Regardez mon ami Ben Ali. Ce n'est pas demain qu'il ira à la soupe populaire.
Bien que j'aie quand même été gêné par le fait que vous ne l'accueilliez pas dans votre pays et que vous geliez ses avoirs. Certaines traditions d'accueil des dictateurs se perdent chez vous. Et c'est d'ailleurs pour cette raison que, bien que j'aie passé la main à mon vice-président, je ne pars pas encore car j'ai quelques dispositions à prendre.
Voilà ! Tout ce qui me reste à espérer pour vous et vos homologues, c'est que ce sera un des mes généraux qui prendra la suite. Ce qui vous permettra de pouvoir continuer à apprécier les charmes et l'hospitalité de ce cher pays qui m'a tant donné mais que je vais bientôt quitter.
Grosses bises à la charmante Pénélope et aux enfants.
Hosni
Cette lettre, par je ne sais quel mystère (Wikileaks?) a été mise en ligne hier comme simple commentaire par Expat. J'ai jugé, avec son accord, qu'elle méritait mieux!
PS. N'empêche que, comme me le disait, au téléphone, Hillary, qui n'a toujours pas digéré sa défaite. "Si j'avais été élue, tout se serait passé autrement : "Comme Président, il est mou Barrack!"."
dimanche 6 février 2011
Moyen-Orient : le tiercé explosif?
Depuis plusieurs jours, on n’évoque la situation du Moyen-Orient qu’à la seule lueur des événements égyptiens. Ce matin encore, dimanche 6 février 2011, j'ai constaté, à la lecture de la livraison quotidienne de Marianne2, dans l'article consacré au Moyen-Orient intitulé « La réaction de l’Europe face au monde arabe » (ou à peu près ça) qu’il n'était guère question que de l'Égypte et, que, en tout cas, on n’y mentionnait ni le Liban ni Gaza.
Je ne suis nullement un spécialiste du Moyen-Orient, que je ne connais qu'un peu et partiellement, mais j’y suis allé parfois, je m'y intéresse depuis longtemps et je tente de me tenir informé de ce qui s’y passe.
Je pense donc que ce que je nommé le « tiercé explosif » du Moyen Orient est constitué, actuellement et dans le désordre, même si, on le verra, ce n’est pas tout à fait sûr, par l'Égypte, dont je ne dirai pas à grand-chose car on en parle beaucoup, par le Liban et par Gaza dont je parlerai un peu plus en détails.
Pour ce qui est de l'Égypte, j'ai le sentiment que Moubarak, assez adroitement, a, d'une certaine façon, gagné son pari de conduire son mandat actuel jusqu'à son terme. Il semble en effet, à en croire l'ambassadeur d'Égypte en France, qui était sur Canal + chez Denisot, vendredi 4 février (il est très clairement aux ordres du pouvoir, mais intelligent et habile), que le départ de Moubarak, pour des raisons constitutionnelles qu’on a mal comprises, faute de connaissances de la constitution de l’Egypte (inspirée de la nôtre, a souligné ce perfide diplomate) bloquerait le processus de transition au lieu de favoriser. En effet (prétend-il du moins) le vice-président désigné ne pourrait pas assumer les charges qu'impliquerait, en fait, légalement, un tel processus.
Si, comme on peut le penser désormais, Moubarak est obligé de quitter le pouvoir au terme de ces 200 jours, lui laisser ces quelques mois pour mettre en place le processus démocratique qui s'esquisse, n’apparaît pas un délai exorbitant au terme de 30 années de dictature. Les choses semblent d’ailleurs aller dans ce sens puisque les Frères musulmans, la principale pour ne pas dire la seule force politique constituée, qui refusaient de participer à toute discussion, viennent, aujourd'hui même d'accepter l'offre faite par le vice-président et consentent désormais à s'asseoir à la table des négociations, alors qu'ils refusaient très fermement de le faire hier encore. L’affaire égyptienne, de façon certes un peu chaotique, semble donc en voie de réglement/
En revanche, les événements, qui se sont déroulés au Liban depuis le changement de gouvernement opéré le 25 janvier 2011, n’ont guère attiré l’attention de nos médias, uniquement fixée sur l’Egypte, alors qu'ils sont évidemment d'une importance capitale. Même s'il s'en défend dans son interview du 1er février 2011, le nouveau Premier Ministre Najib Mikati n'a dû son accession au pouvoir qu'au Hezbollah dont les voix lui étaient indispensables.
Il avait succédé à Rafik Hariri, après l’assassinat de ce dernier ; il succède aujourd’hui à son fils, Saad Hariri, renversé par un changement de majorité sur lequel on s’interroge. Milliardaire (comme déjà Hariri), c’est un Sunnite (ce qui ne devrait pas favoriser pourtant ses relations avec le Hezbollah chiite) et il est regardé depuis toujours comme l’homme de la Syrie.
Dans sa déclaration du 1er février 2001, il se défend de toute alliance avec le Hezbollah (mais qui s’attendait à le voir l’admettre ?), en alléguant que dans la majorité qui l’a investi, seuls une dizaine de députés viennent de cette mouvance. Il reconnaît toutefois : "Avant de me soutenir, le Hezbollah m'a certes demandé des engagements mais j'ai répondu que je ne pouvais pas les assurer. ». Le Hezbollah serait bien naïf de se contenter de tels propos, mais il sait bien que, sur ce point, les intérêts de la Syrie et du Hezbollah (qui sont désormais reconnus comme co-organisateurs de l’attentat) sont parfaitement convergents, ce qui sufit en la circonstance à garantir le comportement du nouveau Premier Ministre, même s’il affirme ne pas pouvoir agir contre la résolution 1757 qui a créé le Tribunal spécial pour le Liban et qui enquête sur l’attentat contre Hariri père.
Même s'il dit ne pas pouvoir arrêter le processus d'enquête sur l'assassinat de Rafik Hariri et, en dépit du fait que le rôle conjoint de la Syrie et du Hezbollah dans cet attentat est désormais établi, grâce à une enquête de la police libanaise (dont le maître d'oeuvre a été depuis assassiné !), il est clair que cette enquête risque de traîner encore longtemps et peut-être même de ne jamais aboutir. Les propos et les menaces du leader du Hezbollah libanais, Nasrallah sont, en tout cas, d'une extraordinaire violence et ne laissent aucun doute sur le climat explosif qui règne à nouveau au Liban, d'autant que les partisans de Saad Hariri qui, naturellement, a refusé de participer au nouveau gouvernement, sont aussi dans un état d'extrême excitation, alors que le Hamas de Gaza est, comme on va le voir, dans un état de division qui conduit à l’affrontement, tant avec Israël qu’entre Gazaouites. Le Liban est donc, de ce fait, de nouveau, une poudrière que le moindre incident peut faire exploser.
Mais dans le tiercé de l'explosivité moyen-orientale, la première place me semble revenir, sans le moindre doute, à Gaza. Là encore, nos médias n'accordent aucune attention à la situation dans ce territoire. On voit même nos belles âmes préparer, à nouveau, une expédition maritime en faveur de la levée du blocus de Gaza, sans qu’elles sachent, de toute évidence qui se passe là-bas.
Comme il faut en tout « positiver », retenons les bons aspects de cette entreprise. Espérons que Stephane Hessel, qui semble choisi pour la conduire, n’oubliera pas de prendre ce bonnet phrygien rouge qu’il affectionne tant désormais et qui lui va si bien. Si cette expédition ne sert pas à grand-chose (ce qui est à craindre), elle aura au moins le mérite d’alimenter de façon cocasse les « zappings » de l’info, en fournissant à nos télévisions des images grotesques de ce nonagénaire (on ne devrait pas se moquer ainsi des vieux !), coiffé de son bonnet rouge. Si on lui fait jouer « la liberté guidant le peuple », comme dans le fameux tableau de Delacroix, conseillons-lui toutefois de ne pas dénuder sa poitrine, qu'on imagine facilement décharnée, et non triomphante comme celle de l’opulente créature du tableau (au moins 95 D à mon avis).
En effet, même si nul n’en parle, la situation de Gaza a évolué très rapidement et les images qu'on en a qui sont le plus souvent totalement dépassées.
Un « blogueur » de blogspot.com, dont je vous donne ici l’adresse (expat.spb.blogspot.com) et dont je ne saurais que vous recommander la lecture, à donné, le 20 juillet 2010, un excellent article sur le sujet dont le titre est « Gaza outragé, Gaza affamé, Gaza martyrisé... mais où l'on inaugure un super centre commercial ».
Faute d'espace comme toujours, je n'en puis citer qu'un bref passage : « Samedi dernier, le 18 juillet 2010, en présence des ministres de Hamas a été inauguré en grande pompe le centre commercial Gaza Hall dont on notera la rapidité exceptionnelle, dépassant tout entendement, avec laquelle il a été bâti. Ben oui quoi! L'embargo sur les matériaux de construction a été levé partiellement depuis à peine un mois[...] Mais me direz-vous, à quoi peut bien servir un centre commercial, dont les étagères des magasins ne peuvent rester que désespéréments vides du fait de cet ignoble blocus.
Eh bien là aussi miracle ! Les étagères sont pleines : vêtements d'hiver pour les hommes et les enfants, les femmes se contentant du rayon fair wear voilé, bijoux, chaussures, jouets, électroménager, nourritures et boissons diverses et variées. Vous pourrez même si vous êtes curieux et allez faire un tour dans la rubrique « vêtements homme" constater que les Gazaouites ne sont pas chiens avec les sionistes, puisqu'ils mettent à la disposition de leurs clients des pantalons made in Israël ».
Nos médias ne nous parlent guère de l'évolution à la fois politique et économique de Gaza. La construction de cet immense centre commercial symbolise le changement économique que doit intelligemment favoriser Israël ; quant au changement politique, il tient surtout à l'émergence de plus en plus forte, de groupes extrémistes salafistes, « les soldats des partisans de Dieu », dont le but politique, clairement affiché, est la création d'un « émirat islamique », opérée d’ailleurs, au moins en théorie, en août 2009.
On l'a un peu oublié et les médias n'en ont guère parlé faute de comprendre, mais le 15 août 2009 ces groupes armés salafistes ont affronté la police du Hamas. Résultat des courses : 24 ou 26 morts (selon les sources) et 130 blessés. Alors que depuis deux ans s'est établie une sorte de paix informelle et silencieuse entre Gaza et Israël, marquée essentiellement par l'arrêt des envois réciproques de roquettes, ce groupe islamique veut au contraire les reprendre (il l'a d'ailleurs fait) et se livrer à des opérations de commandos contre les Israéliens.
Naturellement la bourgeoisie Hamas de Gaza, qui a remis en marche l'économie, qui construit des centres commerciaux et se bâtit des villas luxueuses à 2 millions de dollars (ce que nous a montré le samedi 5 février 2011 un reportage de l’excellente émission de Canal+ , « L'effet papillon ») ne voudrait pas que reprennent des opérations militaires israéliennes qui pourraient être des plus fâcheuses, en particulier pour les superbes villas que les nouveaux hommes d'affaires gazaouites se sont construites. On les comprend ! Le pouvoir politique et économique Hamas n'a donc d'autre choix que de mener des opérations militaires et de tuer les opposants (comme en août 2009) ou de les mettre en prison, l'un d'excluant d’ailleurs pas l'autre.
Dans le tiercé explosif du Moyen-Orient, je ferai donc ma grille dominicale avec Gaza, le Liban et l'Égypte, celle-ci ne venant qu'en dernière position, car elle ne donne plus, au fond, de véritable inquiétude, Moubarak semblant avoir repris en mains la situation. Ce pronostic est conforté par un détail que l'on oublie toujours : Israël qui est , au centre de toutes ces poudrières, n'a de traité de paix qu'avec l'Égypte et... la Jordanie qui pourrait bien (et je ne suis pas loin de le penser) tenir bientôt, en lieu et place de l'Égypte elle-même, la troisième place du tiercé explosif moyen oriental.
Je ne suis nullement un spécialiste du Moyen-Orient, que je ne connais qu'un peu et partiellement, mais j’y suis allé parfois, je m'y intéresse depuis longtemps et je tente de me tenir informé de ce qui s’y passe.
Je pense donc que ce que je nommé le « tiercé explosif » du Moyen Orient est constitué, actuellement et dans le désordre, même si, on le verra, ce n’est pas tout à fait sûr, par l'Égypte, dont je ne dirai pas à grand-chose car on en parle beaucoup, par le Liban et par Gaza dont je parlerai un peu plus en détails.
Pour ce qui est de l'Égypte, j'ai le sentiment que Moubarak, assez adroitement, a, d'une certaine façon, gagné son pari de conduire son mandat actuel jusqu'à son terme. Il semble en effet, à en croire l'ambassadeur d'Égypte en France, qui était sur Canal + chez Denisot, vendredi 4 février (il est très clairement aux ordres du pouvoir, mais intelligent et habile), que le départ de Moubarak, pour des raisons constitutionnelles qu’on a mal comprises, faute de connaissances de la constitution de l’Egypte (inspirée de la nôtre, a souligné ce perfide diplomate) bloquerait le processus de transition au lieu de favoriser. En effet (prétend-il du moins) le vice-président désigné ne pourrait pas assumer les charges qu'impliquerait, en fait, légalement, un tel processus.
Si, comme on peut le penser désormais, Moubarak est obligé de quitter le pouvoir au terme de ces 200 jours, lui laisser ces quelques mois pour mettre en place le processus démocratique qui s'esquisse, n’apparaît pas un délai exorbitant au terme de 30 années de dictature. Les choses semblent d’ailleurs aller dans ce sens puisque les Frères musulmans, la principale pour ne pas dire la seule force politique constituée, qui refusaient de participer à toute discussion, viennent, aujourd'hui même d'accepter l'offre faite par le vice-président et consentent désormais à s'asseoir à la table des négociations, alors qu'ils refusaient très fermement de le faire hier encore. L’affaire égyptienne, de façon certes un peu chaotique, semble donc en voie de réglement/
En revanche, les événements, qui se sont déroulés au Liban depuis le changement de gouvernement opéré le 25 janvier 2011, n’ont guère attiré l’attention de nos médias, uniquement fixée sur l’Egypte, alors qu'ils sont évidemment d'une importance capitale. Même s'il s'en défend dans son interview du 1er février 2011, le nouveau Premier Ministre Najib Mikati n'a dû son accession au pouvoir qu'au Hezbollah dont les voix lui étaient indispensables.
Il avait succédé à Rafik Hariri, après l’assassinat de ce dernier ; il succède aujourd’hui à son fils, Saad Hariri, renversé par un changement de majorité sur lequel on s’interroge. Milliardaire (comme déjà Hariri), c’est un Sunnite (ce qui ne devrait pas favoriser pourtant ses relations avec le Hezbollah chiite) et il est regardé depuis toujours comme l’homme de la Syrie.
Dans sa déclaration du 1er février 2001, il se défend de toute alliance avec le Hezbollah (mais qui s’attendait à le voir l’admettre ?), en alléguant que dans la majorité qui l’a investi, seuls une dizaine de députés viennent de cette mouvance. Il reconnaît toutefois : "Avant de me soutenir, le Hezbollah m'a certes demandé des engagements mais j'ai répondu que je ne pouvais pas les assurer. ». Le Hezbollah serait bien naïf de se contenter de tels propos, mais il sait bien que, sur ce point, les intérêts de la Syrie et du Hezbollah (qui sont désormais reconnus comme co-organisateurs de l’attentat) sont parfaitement convergents, ce qui sufit en la circonstance à garantir le comportement du nouveau Premier Ministre, même s’il affirme ne pas pouvoir agir contre la résolution 1757 qui a créé le Tribunal spécial pour le Liban et qui enquête sur l’attentat contre Hariri père.
Même s'il dit ne pas pouvoir arrêter le processus d'enquête sur l'assassinat de Rafik Hariri et, en dépit du fait que le rôle conjoint de la Syrie et du Hezbollah dans cet attentat est désormais établi, grâce à une enquête de la police libanaise (dont le maître d'oeuvre a été depuis assassiné !), il est clair que cette enquête risque de traîner encore longtemps et peut-être même de ne jamais aboutir. Les propos et les menaces du leader du Hezbollah libanais, Nasrallah sont, en tout cas, d'une extraordinaire violence et ne laissent aucun doute sur le climat explosif qui règne à nouveau au Liban, d'autant que les partisans de Saad Hariri qui, naturellement, a refusé de participer au nouveau gouvernement, sont aussi dans un état d'extrême excitation, alors que le Hamas de Gaza est, comme on va le voir, dans un état de division qui conduit à l’affrontement, tant avec Israël qu’entre Gazaouites. Le Liban est donc, de ce fait, de nouveau, une poudrière que le moindre incident peut faire exploser.
Mais dans le tiercé de l'explosivité moyen-orientale, la première place me semble revenir, sans le moindre doute, à Gaza. Là encore, nos médias n'accordent aucune attention à la situation dans ce territoire. On voit même nos belles âmes préparer, à nouveau, une expédition maritime en faveur de la levée du blocus de Gaza, sans qu’elles sachent, de toute évidence qui se passe là-bas.
Comme il faut en tout « positiver », retenons les bons aspects de cette entreprise. Espérons que Stephane Hessel, qui semble choisi pour la conduire, n’oubliera pas de prendre ce bonnet phrygien rouge qu’il affectionne tant désormais et qui lui va si bien. Si cette expédition ne sert pas à grand-chose (ce qui est à craindre), elle aura au moins le mérite d’alimenter de façon cocasse les « zappings » de l’info, en fournissant à nos télévisions des images grotesques de ce nonagénaire (on ne devrait pas se moquer ainsi des vieux !), coiffé de son bonnet rouge. Si on lui fait jouer « la liberté guidant le peuple », comme dans le fameux tableau de Delacroix, conseillons-lui toutefois de ne pas dénuder sa poitrine, qu'on imagine facilement décharnée, et non triomphante comme celle de l’opulente créature du tableau (au moins 95 D à mon avis).
En effet, même si nul n’en parle, la situation de Gaza a évolué très rapidement et les images qu'on en a qui sont le plus souvent totalement dépassées.
Un « blogueur » de blogspot.com, dont je vous donne ici l’adresse (expat.spb.blogspot.com) et dont je ne saurais que vous recommander la lecture, à donné, le 20 juillet 2010, un excellent article sur le sujet dont le titre est « Gaza outragé, Gaza affamé, Gaza martyrisé... mais où l'on inaugure un super centre commercial ».
Faute d'espace comme toujours, je n'en puis citer qu'un bref passage : « Samedi dernier, le 18 juillet 2010, en présence des ministres de Hamas a été inauguré en grande pompe le centre commercial Gaza Hall dont on notera la rapidité exceptionnelle, dépassant tout entendement, avec laquelle il a été bâti. Ben oui quoi! L'embargo sur les matériaux de construction a été levé partiellement depuis à peine un mois[...] Mais me direz-vous, à quoi peut bien servir un centre commercial, dont les étagères des magasins ne peuvent rester que désespéréments vides du fait de cet ignoble blocus.
Eh bien là aussi miracle ! Les étagères sont pleines : vêtements d'hiver pour les hommes et les enfants, les femmes se contentant du rayon fair wear voilé, bijoux, chaussures, jouets, électroménager, nourritures et boissons diverses et variées. Vous pourrez même si vous êtes curieux et allez faire un tour dans la rubrique « vêtements homme" constater que les Gazaouites ne sont pas chiens avec les sionistes, puisqu'ils mettent à la disposition de leurs clients des pantalons made in Israël ».
Nos médias ne nous parlent guère de l'évolution à la fois politique et économique de Gaza. La construction de cet immense centre commercial symbolise le changement économique que doit intelligemment favoriser Israël ; quant au changement politique, il tient surtout à l'émergence de plus en plus forte, de groupes extrémistes salafistes, « les soldats des partisans de Dieu », dont le but politique, clairement affiché, est la création d'un « émirat islamique », opérée d’ailleurs, au moins en théorie, en août 2009.
On l'a un peu oublié et les médias n'en ont guère parlé faute de comprendre, mais le 15 août 2009 ces groupes armés salafistes ont affronté la police du Hamas. Résultat des courses : 24 ou 26 morts (selon les sources) et 130 blessés. Alors que depuis deux ans s'est établie une sorte de paix informelle et silencieuse entre Gaza et Israël, marquée essentiellement par l'arrêt des envois réciproques de roquettes, ce groupe islamique veut au contraire les reprendre (il l'a d'ailleurs fait) et se livrer à des opérations de commandos contre les Israéliens.
Naturellement la bourgeoisie Hamas de Gaza, qui a remis en marche l'économie, qui construit des centres commerciaux et se bâtit des villas luxueuses à 2 millions de dollars (ce que nous a montré le samedi 5 février 2011 un reportage de l’excellente émission de Canal+ , « L'effet papillon ») ne voudrait pas que reprennent des opérations militaires israéliennes qui pourraient être des plus fâcheuses, en particulier pour les superbes villas que les nouveaux hommes d'affaires gazaouites se sont construites. On les comprend ! Le pouvoir politique et économique Hamas n'a donc d'autre choix que de mener des opérations militaires et de tuer les opposants (comme en août 2009) ou de les mettre en prison, l'un d'excluant d’ailleurs pas l'autre.
Dans le tiercé explosif du Moyen-Orient, je ferai donc ma grille dominicale avec Gaza, le Liban et l'Égypte, celle-ci ne venant qu'en dernière position, car elle ne donne plus, au fond, de véritable inquiétude, Moubarak semblant avoir repris en mains la situation. Ce pronostic est conforté par un détail que l'on oublie toujours : Israël qui est , au centre de toutes ces poudrières, n'a de traité de paix qu'avec l'Égypte et... la Jordanie qui pourrait bien (et je ne suis pas loin de le penser) tenir bientôt, en lieu et place de l'Égypte elle-même, la troisième place du tiercé explosif moyen oriental.
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vendredi 28 janvier 2011
La monnaie de...
Je ne sais quel critique littéraire de la fin du XVIIIe siècle ou du début du XIXe, voulant définir les auteurs de comédies du XVIIIe siècle, comme Regnard et quelques autres, les a qualifiés, par une heureuse expression, de « monnaie de Molière ». J'ai même réussi à coller Google sur ce point et n'y ai pas trouvé le nom de l'auteur de cette formule. Je reviens donc à mon vieux truc de concours entre mes lecteurs ; celle ou celui qui résoudra cette énigme gagnera, comme toujours et en hommage à Coluche, une tringle à rideaux.
Je ne sais pas si l'auteur de cette expression s'est inspiré de l'image populaire qui veut que, lorsqu'un homme, l'âge avançant, délaisse sa femme, du même âge que lui, pour en prendre une ou plusieurs autres plus jeunes, on dit parfois qu'il « fait la monnaie ». Là encore, je laisse cette interrogation à la sagacité de mon lectorat.
Les hommes politiques, plus fins connaisseurs de la psychologie humaine que de la bonne gouvernance des Etats, se sont, depuis longtemps, inspirés de cette démarche dans la conduite de leurs affaires. Ainsi a-t-on, depuis longtemps, « fait la monnaie » des ministères en créant des secrétariats d'État, voir ses sous-secrétariat d’Etat. Les Québécois vont plus loin que nous encore dans cette pratique puisque non contents d’avoir, aux côtés des ministres, des « sous-ministres », ils ont aussi des « sous-ministres adjoints » ! On ne saurait guère raisonnablement pousser plus loin la politique de découpage du maroquin (Je prie humblement la LICRA et le CRAN de consulter leur dictionnaire français avant de me traîner en justice pour incitation à la haine raciale, j'ai écrit "maroquin" et non "Marocain").
Cette pratique permet, selon les cas, de récompenser ou d’appâter d'autres politiques sans avoir à créer de pesants et coûteux ministères. Depuis quelques décennies, bien que l'on constate en général que les gouvernements comportent des ministères toujours aussi voire plus nombreux, la mode est, sur le plan des principes au moins, à la réduction du nombre des ministres. Le secrétariat d'État reste donc un moyen commode de satisfaire sa clientèle. En outre, et on le constatera sans doute bientôt, l’approche d’une élection présidentielle est toujours une période très favorable à l'apparition de la monnaie des maroquins.
Souhaitant sans doute, au moins sur le papier, respecter les consignes de limitation de la taille des gouvernements et en vue de réaliser des économies budgétaires, le régime actuel fait, en quelque sorte, la "monnaie de la monnaie" grâce à un large usage des missions. Je n'entreprendrai pas ici de les dénombrer toutes, car, comme je le dis parfois et comme certains se plaisent à me le rappeler, le blog doit rester un genre court et ces "missions" sont devenues si nombreuses que leur simple inventaire en dépasserait largement les limites.
Je me bornerai donc aux plus notables, aux plus pittoresques et aux plus récentes, comme celle de Mme Boutin, dont le contenu et la rémunération furent jugés si scandaleux qu'elle dut y renoncer (on aurait pu lui proposer, les soldes venues, les maisons closes qui ne font toujours pas l’objet d’une mission). La mission Boutin était toutefois moins pittoresque que celle de Michel Rocard (sur les pôles) ou de Jack Lang sur la piraterie (après Fidel Castro !).
La plus récente, dont j'ai appris vendredi 28 janvier 2011 la création et qui m'a inspiré ce post est celle, sur le suicide des jeunes, que l'on vient de confier à Boris Cyrulnik, à peine revenu d'une mission sur les viols au Congo. Je ne sais pas trop ce qu'il pourra apporter en la matière et les solutions qu'il pourra proposer, cette mission est en tout cas une jolie illustration de la « résilience », tant de Cyrulnik lui-même que du gouvernement qui a imaginé de lui confier cette tâche.
Il est clair que les raisons qui conduisent, tant à imaginer de telles missions qu'à déterminer le nom de ceux à qui elles seront confiées sont diverses et multiples. Un problème surgit-il dans notre société, qu'il s'agisse du ramassage des sacs en plastique ou du « speen » des éleveurs de porcs bretons, à défaut de proposer des solutions, on créé une « mission ». Ce choix lexical montre, en tout cas, un sens de l'économie de moyens de la part de nos gouvernants par rapport à l'époque de Clémenceau, dont on connait la formule selon laquelle » En France, pour enterrer un problème, on crée une commission ! ». La mission succédant à la commission, si le résultat est le même, on a, en tout cas, économisé une syllabe !
Voilà pour la thématique et la finalité de ces missions, reste le problème du « missionnaire » ou du « missionné ». Je ne sais pas trop quel est, en pareil cas, le meilleur terme, l'un et l'autre se prêtant à des jeux de mots douteux qu’on ne peut pas toujours éviter (pour la mission africaine sur le viol, certains n’hésiteront pas devant « Cyrul-nique » !). Comme l'objectif majeur est de faire causer dans le poste, le mieux est toujours de choisir une personnalité médiatique que non seulement radios et télévisions se disputeront, mais qui sera en mesure de faire une prestation audiovisuelle de qualité. Le reste importe peu au fond et on ne voit pas plus le rapport entre Michel Rocard et les pôles qu'entre Jack Lang et les pirates mais on peut toujours faire confiance aux vieux profesionnels pour qui, d'abord et surtout, « the show [pour Rocard, "the chauve"] must go on ».
Je ne sais pas si l'auteur de cette expression s'est inspiré de l'image populaire qui veut que, lorsqu'un homme, l'âge avançant, délaisse sa femme, du même âge que lui, pour en prendre une ou plusieurs autres plus jeunes, on dit parfois qu'il « fait la monnaie ». Là encore, je laisse cette interrogation à la sagacité de mon lectorat.
Les hommes politiques, plus fins connaisseurs de la psychologie humaine que de la bonne gouvernance des Etats, se sont, depuis longtemps, inspirés de cette démarche dans la conduite de leurs affaires. Ainsi a-t-on, depuis longtemps, « fait la monnaie » des ministères en créant des secrétariats d'État, voir ses sous-secrétariat d’Etat. Les Québécois vont plus loin que nous encore dans cette pratique puisque non contents d’avoir, aux côtés des ministres, des « sous-ministres », ils ont aussi des « sous-ministres adjoints » ! On ne saurait guère raisonnablement pousser plus loin la politique de découpage du maroquin (Je prie humblement la LICRA et le CRAN de consulter leur dictionnaire français avant de me traîner en justice pour incitation à la haine raciale, j'ai écrit "maroquin" et non "Marocain").
Cette pratique permet, selon les cas, de récompenser ou d’appâter d'autres politiques sans avoir à créer de pesants et coûteux ministères. Depuis quelques décennies, bien que l'on constate en général que les gouvernements comportent des ministères toujours aussi voire plus nombreux, la mode est, sur le plan des principes au moins, à la réduction du nombre des ministres. Le secrétariat d'État reste donc un moyen commode de satisfaire sa clientèle. En outre, et on le constatera sans doute bientôt, l’approche d’une élection présidentielle est toujours une période très favorable à l'apparition de la monnaie des maroquins.
Souhaitant sans doute, au moins sur le papier, respecter les consignes de limitation de la taille des gouvernements et en vue de réaliser des économies budgétaires, le régime actuel fait, en quelque sorte, la "monnaie de la monnaie" grâce à un large usage des missions. Je n'entreprendrai pas ici de les dénombrer toutes, car, comme je le dis parfois et comme certains se plaisent à me le rappeler, le blog doit rester un genre court et ces "missions" sont devenues si nombreuses que leur simple inventaire en dépasserait largement les limites.
Je me bornerai donc aux plus notables, aux plus pittoresques et aux plus récentes, comme celle de Mme Boutin, dont le contenu et la rémunération furent jugés si scandaleux qu'elle dut y renoncer (on aurait pu lui proposer, les soldes venues, les maisons closes qui ne font toujours pas l’objet d’une mission). La mission Boutin était toutefois moins pittoresque que celle de Michel Rocard (sur les pôles) ou de Jack Lang sur la piraterie (après Fidel Castro !).
La plus récente, dont j'ai appris vendredi 28 janvier 2011 la création et qui m'a inspiré ce post est celle, sur le suicide des jeunes, que l'on vient de confier à Boris Cyrulnik, à peine revenu d'une mission sur les viols au Congo. Je ne sais pas trop ce qu'il pourra apporter en la matière et les solutions qu'il pourra proposer, cette mission est en tout cas une jolie illustration de la « résilience », tant de Cyrulnik lui-même que du gouvernement qui a imaginé de lui confier cette tâche.
Il est clair que les raisons qui conduisent, tant à imaginer de telles missions qu'à déterminer le nom de ceux à qui elles seront confiées sont diverses et multiples. Un problème surgit-il dans notre société, qu'il s'agisse du ramassage des sacs en plastique ou du « speen » des éleveurs de porcs bretons, à défaut de proposer des solutions, on créé une « mission ». Ce choix lexical montre, en tout cas, un sens de l'économie de moyens de la part de nos gouvernants par rapport à l'époque de Clémenceau, dont on connait la formule selon laquelle » En France, pour enterrer un problème, on crée une commission ! ». La mission succédant à la commission, si le résultat est le même, on a, en tout cas, économisé une syllabe !
Voilà pour la thématique et la finalité de ces missions, reste le problème du « missionnaire » ou du « missionné ». Je ne sais pas trop quel est, en pareil cas, le meilleur terme, l'un et l'autre se prêtant à des jeux de mots douteux qu’on ne peut pas toujours éviter (pour la mission africaine sur le viol, certains n’hésiteront pas devant « Cyrul-nique » !). Comme l'objectif majeur est de faire causer dans le poste, le mieux est toujours de choisir une personnalité médiatique que non seulement radios et télévisions se disputeront, mais qui sera en mesure de faire une prestation audiovisuelle de qualité. Le reste importe peu au fond et on ne voit pas plus le rapport entre Michel Rocard et les pôles qu'entre Jack Lang et les pirates mais on peut toujours faire confiance aux vieux profesionnels pour qui, d'abord et surtout, « the show [pour Rocard, "the chauve"] must go on ».
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dimanche 9 janvier 2011
Tonton dix ans après (redif. du 17/01/2006)
Déjà dix ans que François Mitterrand est mort. Comment ne pas le savoir?
C’est bête, au fond, qu’il soit mort juste après la fin de son mandat présidentiel. Lui qui passait pour tout prévoir aurait dû régler un peu mieux le programme. Les petits enfants de France auraient eu un jour de congé ; on lui aurait fait des vraies funérailles nationales avec la prolonge d’artillerie pour le cercueil, les drapeaux en berne, les sinistres roulements de tambours, les sabres au clair étincelants, les coups de canon, et tout, et tout...
Remarquez, oui et non ! Si l’on avait mis en branle la pompe tricolore, on n’aurait tout de même pas pu l’enterrer comme Louis XIV. Finalement, peut-être qu’il a eu raison d’attendre un peu ; il faut quand même choisir entre les funérailles nationales, donc inévitablement républicaines, et la sépulture royale. Il a réussi, à sa façon, à avoir les deux en même temps, comme souvent.
Si vous me permettez une remarque générale : c’est là qu’a toujours été la principale force de François Mitterrand. Il était l’incarnation des valeurs françaises, donc du radical-socialisme. Il réunissait les bonnes vieilles formules de cette France profonde qu’il avait choisie pour son affiche de campagne (le petit village avec son clocher blotti au coeur du vallon...). Il veillait toujours à la fois à « ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier », à se trouver près de « l’assiette au beurre » et à tenter d’avoir en même temps « le beurre et l’argent du beurre » (sans oublier la crémière...)."
Vichyste et résistant, partisan de l’Algérie française et de la décolonisation, ministre guillotineur et père de l’abolition de la peine de mort, farouche adversaire de la Constitution gaullienne et bénéficiaire principal de cette même constitution, ennemi de l’argent suspect et ami de Pelat et de Tapie, faisant dîner ensemble Bousquet et Badinter, il a toujours été tout et son contraire. Comment mieux finir un tel parcours qu’en faisant enterrer comme un monarque du XVIIème siècle l’ancien Président de la Cinquième République? Lui qui disait ne pas croire en Dieu n’aurait-t-il écrit, dans ses dernières volontés, « Peut-être qu’une messe »? Toujours le principe des oeufs, des deux paniers, du beurre et de la crémière..
Il lui fallait donc à son enterrement la vieille République laïque et la messe à Notre Dame, sa femme et sa maîtresse, ses fils légitimes et sa fille illégitime, ses amis socialistes et ses ennemis de droite, tout ce beau monde faisant assaut de larmes et d’éloges. Les thuriféraires de la droite (du grec « thur » encens) le disputant aux hagiographes de la gauche (du grec « hagios » saint) ; on a envie de crier « Halte au feu! » (mais ici du latin « fatutus » décédé).
On dit toujours que les Français ignorent la géographie, mais ils ne sont pas très forts en histoire non plus. Ca doit être pour ça qu’en France, et nulle part ailleurs au monde, on associe toujours à l’école, l’histoire et la géographie (« l’histoire-géo » ou même « listégé » comme on disait à l’époque où l’on était encore forcé de faire semblant de l’apprendre un peu).
L’enterrement de Louis XIV ... de Mitterrand, pardon ...ça a tout de même été « quelque chose », même si « la presse » ne l’a guère noté...Sans doute que les journalistes, comme les autres Français... ignorent l’histoire.
Donc petit rappel en forme de dyptique ; à ma droite, Louis, Quatorzième du nom ; à ma gauche (forcément), Tonton Premier.
D’abord le coup des deux enterrements, un grand classique des sépultures royales. Au temps des rois, on était encore un peu barbare ; on n’hésitait pas à vous charcuter la royale dépouille pour ensevelir le coeur ici et le reste là ; aujourd’hui, on sait mieux vivre ; le cercueil de Notre-Dame était sans doute vide, à moins qu’on n’y ait quand même mis son chapeau et sa cape pour donner quelque légitimité supplémentaire aux larmes furtives de militants sentimentaux, parqués à distance respectueuse par le service d’ordre, avec leur rose et leur mouchoir.
En fait, cette partition du corps royal préfigure une dispersion ultérieure des reliques ; là encore, nous sommes moins sauvages que nos ancêtres ; on ne mettra pas le gros orteil de Tonton Premier à Latche, une oreille à Château-Chinon et un fémur à Solutré ; c’est Jarnac qui a, si j’ose dire, enlevé le gros morceau ; les autres hauts-lieux de la mitterrandolâtrie devront se contenter de bricoles (j’allais dire « de bas-morceaux » !): on conservera pieusement, ici sa canne, là son feutre, abandonnant à des lieux de culte moins fréquentés des reliques d’importance mineure comme la laisse de son chien Baltique ou quelques plumes arrachées en douce aux canards de l’Elysée.
Mais la nature royale était aussi dans la fin de cette présidence ; on ne sait pas s’il faut dire « royale » ou « impériale » car Tonton Premier était à la fois Louis XIV et Caligula.
Encore un peu d’histoire, romaine cette fois.
Cet empereur romain, Caius Cesar Auguste Germanicus, dont on pourrait traduire par « sandalette » le nom que l’histoire lui a conservé, « combla de largesses sa famille » comme disent les livres; il finit par se proclamer Dieu (un point commun de plus avec Tonton Premier)
Un des faits qu’on signale toujours à propos de Caligula-Sandalette est qu’il donna à son cheval le titre de consul, ce qui constituait, chez nos ancêtres romains la plus haute magistrature.
François Mitterrand, qui préférait, paraît-il, les ânes, s’est vu offrir un jour un cheval et on a pu alors craindre le pire. Fort heureusement ce cheval, donné par quelque chef d’Etat asiatique, n’avait pas la nationalité française; il n’a donc pas été possible de le nommer Conseiller d’Etat au tour extérieur ; cette circonstance a fait le bonheur de Régis Debray pour qui cette faveur est devenue disponible. Fâché de cette déconvenue, Tonton Premier a dû se contenter de nommer ambassadeur de France son dentiste , et Inspecteurs Généraux son médecin et sa secrétaire.
Aux funérailles du Président-Roi voisinaient ses deux femmes, la légitime et l’autre, et ses deux lignées. Les mauvaises langues disent qu’à ce spectacle, Jacques Chirac, après avoir répété si souvent « Putain, deux ans! », grommelait avec envie « Putain, deux femmes! ». Bernadette, frappée elle aussi par ce spectacle funèbre, s’est immédiatement commandé aux Trois Suisses, qui ne sont nullement comme les anticléricaux primaires le prétendent le centre de ventes par correspondance du Vatican, une panoplie complète de veuve noire (avec chapeau à mantille incorporée) ; lors de la visite rendue au Pape, elle a pu tester cette tenue qui, de toute évidence, a fait sur Sa Sainteté la plus vive impression.
Mais revenons à notre propos.
Non content d’avoir installé dans les palais de la République sa maîtresse et sa bâtarde (je n’y peux rien, c’est le nom qu’on donnait aux enfants illégitimes des souverains), Tonton Premier a sans doute voulu que leur existence se trouve effectivement révélée avant sa mort, pour qu’elles puissent être officiellement présentes à sa royale sépulture. C’est sans doute ce qui explique qu’après avoir fait mettre toute la presse sur écoutes pour empêcher la divulgation de son secret d’alcôve, il s’en lui-même expliqué dans le cadre de la préparation de ses funérailles.
Le prénom de Mazarine donné à sa fille illégitime est, à lui seul, tout un programme et marque un hommage discret rendu à une grande figure de la monarchie française, le Cardinal Jules Mazarin par un homme qu’on a souvent qualifié lui-même de Florentin.
François Mazarin et Tonton Premier sont morts! Vive Mazarine!
Histoire brève
A propos de François Mitterrand
La scène se passe en enfer où François Mitterrand est accueilli par René Bousquet qui lui demande ce qui s’est passé depuis sa propre mort. Mitterrand lui résume l’essentiel et ajoute : « Tiens au fait j’ai posé une plaque pour le cinquantième anniversaire de la Rafle du Vel d’Hiv. ». Bousquet hoche la tête et répond : « C’est vraiment dommage que je n’aie pas pu être là. N’empêche que tu en as mis du temps à reconnaître que cette rafle a été la plus belle opération de police conduite en France! ».
C’est bête, au fond, qu’il soit mort juste après la fin de son mandat présidentiel. Lui qui passait pour tout prévoir aurait dû régler un peu mieux le programme. Les petits enfants de France auraient eu un jour de congé ; on lui aurait fait des vraies funérailles nationales avec la prolonge d’artillerie pour le cercueil, les drapeaux en berne, les sinistres roulements de tambours, les sabres au clair étincelants, les coups de canon, et tout, et tout...
Remarquez, oui et non ! Si l’on avait mis en branle la pompe tricolore, on n’aurait tout de même pas pu l’enterrer comme Louis XIV. Finalement, peut-être qu’il a eu raison d’attendre un peu ; il faut quand même choisir entre les funérailles nationales, donc inévitablement républicaines, et la sépulture royale. Il a réussi, à sa façon, à avoir les deux en même temps, comme souvent.
Si vous me permettez une remarque générale : c’est là qu’a toujours été la principale force de François Mitterrand. Il était l’incarnation des valeurs françaises, donc du radical-socialisme. Il réunissait les bonnes vieilles formules de cette France profonde qu’il avait choisie pour son affiche de campagne (le petit village avec son clocher blotti au coeur du vallon...). Il veillait toujours à la fois à « ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier », à se trouver près de « l’assiette au beurre » et à tenter d’avoir en même temps « le beurre et l’argent du beurre » (sans oublier la crémière...)."
Vichyste et résistant, partisan de l’Algérie française et de la décolonisation, ministre guillotineur et père de l’abolition de la peine de mort, farouche adversaire de la Constitution gaullienne et bénéficiaire principal de cette même constitution, ennemi de l’argent suspect et ami de Pelat et de Tapie, faisant dîner ensemble Bousquet et Badinter, il a toujours été tout et son contraire. Comment mieux finir un tel parcours qu’en faisant enterrer comme un monarque du XVIIème siècle l’ancien Président de la Cinquième République? Lui qui disait ne pas croire en Dieu n’aurait-t-il écrit, dans ses dernières volontés, « Peut-être qu’une messe »? Toujours le principe des oeufs, des deux paniers, du beurre et de la crémière..
Il lui fallait donc à son enterrement la vieille République laïque et la messe à Notre Dame, sa femme et sa maîtresse, ses fils légitimes et sa fille illégitime, ses amis socialistes et ses ennemis de droite, tout ce beau monde faisant assaut de larmes et d’éloges. Les thuriféraires de la droite (du grec « thur » encens) le disputant aux hagiographes de la gauche (du grec « hagios » saint) ; on a envie de crier « Halte au feu! » (mais ici du latin « fatutus » décédé).
On dit toujours que les Français ignorent la géographie, mais ils ne sont pas très forts en histoire non plus. Ca doit être pour ça qu’en France, et nulle part ailleurs au monde, on associe toujours à l’école, l’histoire et la géographie (« l’histoire-géo » ou même « listégé » comme on disait à l’époque où l’on était encore forcé de faire semblant de l’apprendre un peu).
L’enterrement de Louis XIV ... de Mitterrand, pardon ...ça a tout de même été « quelque chose », même si « la presse » ne l’a guère noté...Sans doute que les journalistes, comme les autres Français... ignorent l’histoire.
Donc petit rappel en forme de dyptique ; à ma droite, Louis, Quatorzième du nom ; à ma gauche (forcément), Tonton Premier.
D’abord le coup des deux enterrements, un grand classique des sépultures royales. Au temps des rois, on était encore un peu barbare ; on n’hésitait pas à vous charcuter la royale dépouille pour ensevelir le coeur ici et le reste là ; aujourd’hui, on sait mieux vivre ; le cercueil de Notre-Dame était sans doute vide, à moins qu’on n’y ait quand même mis son chapeau et sa cape pour donner quelque légitimité supplémentaire aux larmes furtives de militants sentimentaux, parqués à distance respectueuse par le service d’ordre, avec leur rose et leur mouchoir.
En fait, cette partition du corps royal préfigure une dispersion ultérieure des reliques ; là encore, nous sommes moins sauvages que nos ancêtres ; on ne mettra pas le gros orteil de Tonton Premier à Latche, une oreille à Château-Chinon et un fémur à Solutré ; c’est Jarnac qui a, si j’ose dire, enlevé le gros morceau ; les autres hauts-lieux de la mitterrandolâtrie devront se contenter de bricoles (j’allais dire « de bas-morceaux » !): on conservera pieusement, ici sa canne, là son feutre, abandonnant à des lieux de culte moins fréquentés des reliques d’importance mineure comme la laisse de son chien Baltique ou quelques plumes arrachées en douce aux canards de l’Elysée.
Mais la nature royale était aussi dans la fin de cette présidence ; on ne sait pas s’il faut dire « royale » ou « impériale » car Tonton Premier était à la fois Louis XIV et Caligula.
Encore un peu d’histoire, romaine cette fois.
Cet empereur romain, Caius Cesar Auguste Germanicus, dont on pourrait traduire par « sandalette » le nom que l’histoire lui a conservé, « combla de largesses sa famille » comme disent les livres; il finit par se proclamer Dieu (un point commun de plus avec Tonton Premier)
Un des faits qu’on signale toujours à propos de Caligula-Sandalette est qu’il donna à son cheval le titre de consul, ce qui constituait, chez nos ancêtres romains la plus haute magistrature.
François Mitterrand, qui préférait, paraît-il, les ânes, s’est vu offrir un jour un cheval et on a pu alors craindre le pire. Fort heureusement ce cheval, donné par quelque chef d’Etat asiatique, n’avait pas la nationalité française; il n’a donc pas été possible de le nommer Conseiller d’Etat au tour extérieur ; cette circonstance a fait le bonheur de Régis Debray pour qui cette faveur est devenue disponible. Fâché de cette déconvenue, Tonton Premier a dû se contenter de nommer ambassadeur de France son dentiste , et Inspecteurs Généraux son médecin et sa secrétaire.
Aux funérailles du Président-Roi voisinaient ses deux femmes, la légitime et l’autre, et ses deux lignées. Les mauvaises langues disent qu’à ce spectacle, Jacques Chirac, après avoir répété si souvent « Putain, deux ans! », grommelait avec envie « Putain, deux femmes! ». Bernadette, frappée elle aussi par ce spectacle funèbre, s’est immédiatement commandé aux Trois Suisses, qui ne sont nullement comme les anticléricaux primaires le prétendent le centre de ventes par correspondance du Vatican, une panoplie complète de veuve noire (avec chapeau à mantille incorporée) ; lors de la visite rendue au Pape, elle a pu tester cette tenue qui, de toute évidence, a fait sur Sa Sainteté la plus vive impression.
Mais revenons à notre propos.
Non content d’avoir installé dans les palais de la République sa maîtresse et sa bâtarde (je n’y peux rien, c’est le nom qu’on donnait aux enfants illégitimes des souverains), Tonton Premier a sans doute voulu que leur existence se trouve effectivement révélée avant sa mort, pour qu’elles puissent être officiellement présentes à sa royale sépulture. C’est sans doute ce qui explique qu’après avoir fait mettre toute la presse sur écoutes pour empêcher la divulgation de son secret d’alcôve, il s’en lui-même expliqué dans le cadre de la préparation de ses funérailles.
Le prénom de Mazarine donné à sa fille illégitime est, à lui seul, tout un programme et marque un hommage discret rendu à une grande figure de la monarchie française, le Cardinal Jules Mazarin par un homme qu’on a souvent qualifié lui-même de Florentin.
François Mazarin et Tonton Premier sont morts! Vive Mazarine!
Histoire brève
A propos de François Mitterrand
La scène se passe en enfer où François Mitterrand est accueilli par René Bousquet qui lui demande ce qui s’est passé depuis sa propre mort. Mitterrand lui résume l’essentiel et ajoute : « Tiens au fait j’ai posé une plaque pour le cinquantième anniversaire de la Rafle du Vel d’Hiv. ». Bousquet hoche la tête et répond : « C’est vraiment dommage que je n’aie pas pu être là. N’empêche que tu en as mis du temps à reconnaître que cette rafle a été la plus belle opération de police conduite en France! ».
mardi 9 novembre 2010
Colombey : après le bal tragique, la fête au village
Ce « bal tragique » est bien entendu (la précision qui suit est destinée aux jeunes qui, par hasard, liraient ce post) celui du titre fameux de Charlie Hebdo après la mort de De Gaulle(« Bal tragique à Colombey : un mort »). Il entraîna d’ailleurs la condamnation de ce journal. J'y ai repensé hier en entendant Stéphane Guillon parler de ses rapports avec le nouveau directeur de France-Inter Philippe Val qui a également viré, sur ordre, G. Dahan ! En 1970, Val était à Charlie hebdo ! Ne le dites surtout pas au Président mais on ne pouvait guère imaginer alors qu'il deviendrait, aujourd’hui le chien de garde du pouvoir dans la radio nationale. Seule sa tête de Savonarole pouvait donner à penser qu'il ne lui déplairait peut-être pas de dresser des bûchers et des potences !
En revanche, aujourd’hui, c'était bien la fête au village à Colombey et les imprécations de Galopin de Vilouzeau n’y ont rien fait. Nicolas Sarkozy et François Fillon y sont allés mains dans la main et se sont mués, pour la circonstance et pour un jour, en gaullistes historiques, quoique cette tenue ne leur aille guère.
En écrivant ces lignes, je m'avise soudain que j'ai déjà parlé du Général De Gaulle, il y a quelques jours, en relation avec le film de Moati que j'avais d'ailleurs choisi de ne pas avoir, étant entendu que les révélations qu'il prétendait apporter étaient déjà tombées dans le domaine public depuis 40 ans.
Aujourd’hui, on nous a évidemment repassé, à satiété, le film de l'annonce faite par Georges Pompidou du décès de De Gaulle, le lendemain de sa mort : « Le Général De Gaulle est mort. La France est veuve. ». Je ne trouve pas la formule très délicate pour Mme De Gaulle et, me semble-t-il, Georges Pompidou aurait pu faire mieux. A-t-on oublié que De Gaulle l'avait choisi au départ, en demandant qu'on lui trouvât « un agrégé sachant écrire ». En l'occurence la formule de l'oraison funèbre pompidolienne continue à me sembler ni très heureuse ni de très bon goût. Peur-être Pompidou, l’auvergnat retors l’a-t-il fait exprès ! Les relations entre les deux hommes étaient devenues des plus mauvaises. Le Général De Gaulle avait interdit qu'on laissât Pompidou venir saluer sa dépouille sur son lit de mort ; Pompidou ne put d'ailleurs le faire, les dispositions du défunt ayant été respectées et le corps du Général transporté ailleurs dès après sa mort. Comme quoi...
Il est devenu commun de s'interroger sur ce qui distingue les hommes politiques et les hommes d’Etat. Il est clair que les seconds sont infiniment plus rares que les premiers. De Gaulle a sans doute été le dernier de nos hommes d'État, ce qu'aurait pu peut-être pu être Pierre Mendès-France, si ses amis socialistes lui avaient en laissé l’occasion et le temps.
Ce qui me frappe le plus dans le Général De Gaulle, en dehors de ses qualités manifestes d'homme d’État (Dire que les imbéciles lui reprochent d'avoir dit à Alger « Je vous ai compris !»! Que pouvait-il de dire d'autre là-bas alors qu'il avait décidé dès le départ de rendre l'Algérie indépendante) est à la fois son style, toujours gouverné par la précision des termes (sauf pour le « quarteron ») et le rythme ternaire, est une honnêteté et une rigueur morale qu'il a poussées toujours l'une et l'autre jusqu’aux limites du raisonnable. Faut-il rappeler qu'il n'a jamais voulu avancer dans la carrière militaire au-delà du grade qu’il avait en 1940, qu’il a refusé la pension de Président de la République (mais oui Monsieur Chirac !) et qu’il a toujours remboursé scrupuleusement à l'Élysée tout ce qu'il jugeait devoir (ce détail significatif a été donné autrefois par Michel Jobert, mais son exemple n'a guère été suivi par les présidents qui lui ont succédé).
Pour finir sur une note un peu drôle en une circonstance qui ne l’est guère, je me souviens d’un dessin du Canard enchaîné où l'on voyait le général et Yvonne de Gaulle à une cérémonie au moment de la Marseillaise. Yvonne se penchait vers son mari et lui glissait à l’oreille d'un air tendre : « Charles ! Notre chanson !).
En revanche, aujourd’hui, c'était bien la fête au village à Colombey et les imprécations de Galopin de Vilouzeau n’y ont rien fait. Nicolas Sarkozy et François Fillon y sont allés mains dans la main et se sont mués, pour la circonstance et pour un jour, en gaullistes historiques, quoique cette tenue ne leur aille guère.
En écrivant ces lignes, je m'avise soudain que j'ai déjà parlé du Général De Gaulle, il y a quelques jours, en relation avec le film de Moati que j'avais d'ailleurs choisi de ne pas avoir, étant entendu que les révélations qu'il prétendait apporter étaient déjà tombées dans le domaine public depuis 40 ans.
Aujourd’hui, on nous a évidemment repassé, à satiété, le film de l'annonce faite par Georges Pompidou du décès de De Gaulle, le lendemain de sa mort : « Le Général De Gaulle est mort. La France est veuve. ». Je ne trouve pas la formule très délicate pour Mme De Gaulle et, me semble-t-il, Georges Pompidou aurait pu faire mieux. A-t-on oublié que De Gaulle l'avait choisi au départ, en demandant qu'on lui trouvât « un agrégé sachant écrire ». En l'occurence la formule de l'oraison funèbre pompidolienne continue à me sembler ni très heureuse ni de très bon goût. Peur-être Pompidou, l’auvergnat retors l’a-t-il fait exprès ! Les relations entre les deux hommes étaient devenues des plus mauvaises. Le Général De Gaulle avait interdit qu'on laissât Pompidou venir saluer sa dépouille sur son lit de mort ; Pompidou ne put d'ailleurs le faire, les dispositions du défunt ayant été respectées et le corps du Général transporté ailleurs dès après sa mort. Comme quoi...
Il est devenu commun de s'interroger sur ce qui distingue les hommes politiques et les hommes d’Etat. Il est clair que les seconds sont infiniment plus rares que les premiers. De Gaulle a sans doute été le dernier de nos hommes d'État, ce qu'aurait pu peut-être pu être Pierre Mendès-France, si ses amis socialistes lui avaient en laissé l’occasion et le temps.
Ce qui me frappe le plus dans le Général De Gaulle, en dehors de ses qualités manifestes d'homme d’État (Dire que les imbéciles lui reprochent d'avoir dit à Alger « Je vous ai compris !»! Que pouvait-il de dire d'autre là-bas alors qu'il avait décidé dès le départ de rendre l'Algérie indépendante) est à la fois son style, toujours gouverné par la précision des termes (sauf pour le « quarteron ») et le rythme ternaire, est une honnêteté et une rigueur morale qu'il a poussées toujours l'une et l'autre jusqu’aux limites du raisonnable. Faut-il rappeler qu'il n'a jamais voulu avancer dans la carrière militaire au-delà du grade qu’il avait en 1940, qu’il a refusé la pension de Président de la République (mais oui Monsieur Chirac !) et qu’il a toujours remboursé scrupuleusement à l'Élysée tout ce qu'il jugeait devoir (ce détail significatif a été donné autrefois par Michel Jobert, mais son exemple n'a guère été suivi par les présidents qui lui ont succédé).
Pour finir sur une note un peu drôle en une circonstance qui ne l’est guère, je me souviens d’un dessin du Canard enchaîné où l'on voyait le général et Yvonne de Gaulle à une cérémonie au moment de la Marseillaise. Yvonne se penchait vers son mari et lui glissait à l’oreille d'un air tendre : « Charles ! Notre chanson !).
Libellés :
De Gaulle,
otage politique,
pompidou,
sarkozy; fillon
lundi 8 novembre 2010
PMU-gouv.fr
Comme je le disais dans mon post d’hier, notre président vénéré (je n’ai pas envie de me faire chouraver mon ordi par les barbouzes!) a toutes les raisons de se féliciter. A sa place, je laisserais tomber le G20 et ces fariboles et je solliciterai mon ami Bolloré pour qu'il me prête son yacht durant une petite quinzaine.
« Et la campagne présidentielle ? » dites-vous.
Fi donc ! No problem ! Mon ami Ken Thibault est en train de s'en occuper de son côté; il va m’organiser des tas de blocages et on améliore tous les jours le système ! On va maintenant bloquer les routes, le aéroports et les supermarchés avec des ordures et du fumier que nous apporteront les pedzouilles fâchés, pour emmerder un max. le bon peuple de France. Chaque opération me fera gagner 100.000 voix en 2012 et aux élections syndicales la CGT va pulvériser Chérèque le mollasson. Si j’osais, j’inviterais même Thibault en croisière mais ça pourrait donner des soupçons et faire jaser; en plus, avec ses brushings, la mer , c’est pas bon pour lui.
La précarisation de la France ?
Quelle bonne blague ! Ouvrez donc votre radio ou allumez votre télé, au hasard, ce n'est, partout et tout le temps, que publicités de tous les organismes de crédit (« Pauvres si vous n’avez pas d’argent, vous n’avez qu’à en emprunter ») et de toutes les officines de jeu qui ne cessent de fleurir et de prospérer, tout en vous avertissant que jouer est dangereux, comme on vous prévient, dans des pubs alléchantes, que la cigarette tue et que le sucre et la graisse font grossir !
Je pense d'ailleurs que, dès mon retour de croisière, je vais ouvrir moi-même, comme nombre de mes amis, mon officine de paris ; j'ai déjà le nom « PMU - gouv.fr » et la spécialité : les paris sur le nom de mon futur Premier ministre ! Comme je serai le seul à le connaître, je ferai jouer Carla à ma place et, comme ça, nous sommes sûrs de toucher le jack-pot.
Qu’on cesse de me bassiner avec le chômage et les pauvres ! Les pauvres, encore eux, ils n’ont qu’à se bouger un peu! Je viens de voir, ce matin encore, qu’un simple vice président de LVMH s’est fait 18 millions d'euros en 24 heures, uniquement en revendant les stock-options qu'il avait achetées la veille au tiers du prix qu'elles avaient atteint le lendemain ! Il paraît que c'est tout à fait légal et que ce n'est même pas un "délit d'initié", même si ça y ressemble pourtant pas mal! Pourquoi les pauvres ne font pas ça ; ils n’ont qu’à emprunter pour acheter des actions au lieu d'aller picoler et fumer des clopes au bistrot !
J'ai entendu ça ce matin chez ce pauvre Bourdin ; lui aussi, devrait arrêter de boire, car il a dit que ces 18 millions représentaient 14.000 fois le SMIC ! Il avait simplement oublier le mot « années de » ! Entre nous je trouve Bourdin de plus en plus excité par la lutte féroce qu'il mène contre Fogiel et Europe1,un vrai combat de nains ; il se pose, sans rire, en grand défenseur des pauvres et des opprimés ; il doit ignorer que RMC, la radio qui le paye, est accoquinée avec BFM qui est la chaîne des banques, de la bourse et du grand capital ! On devrait quand même le lui dire!
Vivement qu'on soit à bord avec ma Carlita et qu'on puisse enfin oublier toutes ces conneries et surtout ne plus voir la tronche de croque-mort de Fillon. La seule chose qui m'ennuie un peu c'est que j'avais promis à Berlusconi qu’on l'inviterait à bors, mais je finis par me demander si c’est une bonne idée avec toutes ses histoires de bounga-bounga. Enfin, on avisera une fois en mer !
« Et la campagne présidentielle ? » dites-vous.
Fi donc ! No problem ! Mon ami Ken Thibault est en train de s'en occuper de son côté; il va m’organiser des tas de blocages et on améliore tous les jours le système ! On va maintenant bloquer les routes, le aéroports et les supermarchés avec des ordures et du fumier que nous apporteront les pedzouilles fâchés, pour emmerder un max. le bon peuple de France. Chaque opération me fera gagner 100.000 voix en 2012 et aux élections syndicales la CGT va pulvériser Chérèque le mollasson. Si j’osais, j’inviterais même Thibault en croisière mais ça pourrait donner des soupçons et faire jaser; en plus, avec ses brushings, la mer , c’est pas bon pour lui.
La précarisation de la France ?
Quelle bonne blague ! Ouvrez donc votre radio ou allumez votre télé, au hasard, ce n'est, partout et tout le temps, que publicités de tous les organismes de crédit (« Pauvres si vous n’avez pas d’argent, vous n’avez qu’à en emprunter ») et de toutes les officines de jeu qui ne cessent de fleurir et de prospérer, tout en vous avertissant que jouer est dangereux, comme on vous prévient, dans des pubs alléchantes, que la cigarette tue et que le sucre et la graisse font grossir !
Je pense d'ailleurs que, dès mon retour de croisière, je vais ouvrir moi-même, comme nombre de mes amis, mon officine de paris ; j'ai déjà le nom « PMU - gouv.fr » et la spécialité : les paris sur le nom de mon futur Premier ministre ! Comme je serai le seul à le connaître, je ferai jouer Carla à ma place et, comme ça, nous sommes sûrs de toucher le jack-pot.
Qu’on cesse de me bassiner avec le chômage et les pauvres ! Les pauvres, encore eux, ils n’ont qu’à se bouger un peu! Je viens de voir, ce matin encore, qu’un simple vice président de LVMH s’est fait 18 millions d'euros en 24 heures, uniquement en revendant les stock-options qu'il avait achetées la veille au tiers du prix qu'elles avaient atteint le lendemain ! Il paraît que c'est tout à fait légal et que ce n'est même pas un "délit d'initié", même si ça y ressemble pourtant pas mal! Pourquoi les pauvres ne font pas ça ; ils n’ont qu’à emprunter pour acheter des actions au lieu d'aller picoler et fumer des clopes au bistrot !
J'ai entendu ça ce matin chez ce pauvre Bourdin ; lui aussi, devrait arrêter de boire, car il a dit que ces 18 millions représentaient 14.000 fois le SMIC ! Il avait simplement oublier le mot « années de » ! Entre nous je trouve Bourdin de plus en plus excité par la lutte féroce qu'il mène contre Fogiel et Europe1,un vrai combat de nains ; il se pose, sans rire, en grand défenseur des pauvres et des opprimés ; il doit ignorer que RMC, la radio qui le paye, est accoquinée avec BFM qui est la chaîne des banques, de la bourse et du grand capital ! On devrait quand même le lui dire!
Vivement qu'on soit à bord avec ma Carlita et qu'on puisse enfin oublier toutes ces conneries et surtout ne plus voir la tronche de croque-mort de Fillon. La seule chose qui m'ennuie un peu c'est que j'avais promis à Berlusconi qu’on l'inviterait à bors, mais je finis par me demander si c’est une bonne idée avec toutes ses histoires de bounga-bounga. Enfin, on avisera une fois en mer !
dimanche 7 novembre 2010
Note aux bloqueurs.
La claire déconfiture des manifs du samedi 6 octobre 2010 a conduit, comme on pouvait s'y attendre et comme les propos discordants de la plupart des dirigeants syndicaux le laissaient prévoir, à la fin de l'unité syndicale. C'est un peu dommage car quelques leaders majeurs du syndicalisme français à la télé comme Messieurs Olive (de l’UNSA) et Le Rest (de la CGT SNCF mais avec de peu democratiques majuscules) sont désormais en retraite et ils allaient pouvoir, dans la pleine verdeur intellectuelle et physique de leurs 55 ans et en dépit de la pénibilité manifeste de leur très brève carrière professionnelle passée , se consacrer à l'activité syndicale et à la novation en matière de revendications. L’innovation a même commencé et, à la manif. de samedi où, à défaut du million de manifestants annoncé, on pouvait voir, en ce qui me concerne pour la première fois, CCChhhérèque coiffé d’une superbe casquette rouge modèle CGT qui m’a fait croire un instant, en attendant qu’il ouvre la bouccchhhe qu’il avait soudain changé de camp !
L'échec des manifestations, inévitable et prévisible dans la mesure où elles se prolongeaient très au-delà du raisonnable, devrait conduire à concevoir d'autres formes d'action qui, on le devine déjà, vont consister essentiellement dans des blocages.
Je ne suis pas complètement sûr que bloquer les routes, les accès aux aéroports, à divers lieux de stockage de produits et de carburant ou les dépôts d'ordures, soit réellement inscrit dans le droit de grève. On entend volontiers user, depuis quelque temps, d’une distinction jugée subtile mais totalement fausse et même absurde entre « légal » et « légitime » (la loi sur les retraites serait « légale » mais non légitime). Ce distinguo aberrant a été, me semble-t-il, inventé par Jean Claude Mailly, Secrétaire général de FO, qui tourne au révolutionnaire sur ses vieux jours syndicaux et tente de déborder sur leur gauche la CGT et la CFDT, ce qui doit faire bouillir le nonagénaire Bergeron (le syndicalisme conserve mieux que le travail!). Il faudra, un de ces jours, que je vous fasse une galerie de portraits de ces grands syndicalistes français dont le principal trait commun est qu’ils représentent d’autant mieux les travailleurs qu’ils n’ont eux-mêmes à peu près jamais travaillé de leur vie. Mailly, surnommé non sans raisons « l’apparatchik », est ainsi depuis trente ans permanent de FO. Comme il a 57 ans (le pauvre est l’un des seuls à ne pas voir un régime de retraite « spécial » à 55 ans) et qu’il est entré à la CNAM en 1978, je vous laisse le soin de calculer le nombre d’années durant lesquelles il y a « effectivement » « travaillé », exerçant là l’harassant et dangereux métier de « chargé d’études », tout en commençant a gravir, à temps partiel, les premiers échelons du syndicalisme professionnel.
Bref, revenons à la sémantique qui devrait figurer dans la formation de base des dirigeants syndicaux, ce qui leur éviterait de dire pareilles âneries que les journalistes se gardent bien de souligner, étant sans doute ignorants eux-mêmes du sens exact de ces termes. De telles entraves au travail comme à la circulation sont à la fois, pour le coup, aussi illégales qu’illégitimes, mais le gouvernement semble tout à fait s'en accommoder, ce qui pourrait conduire à penser et à s’interroger.
On est en train d'envisager à Paris, nous dit-on, le blocage total des dépôts d'ordures, ce qui permettra de créer dans notre belle capitale, à peu de frais pour les grévistes comme l’ai montré dans un post précédent, la situation qui a été celle de Marseille pendant plusieurs semaines et qui a conduit à l'exaspération totale une bonne partie de la population locale, qui pourtant, au départ, paraissait majoritairement favorable aux revendications.
Après l'aéroport de Marseille, on a bloqué celui de Toulouse et quelques autres ; j'ai ainsi pu voir à la télévision d'innocents voyageurs en détresse se lancer, à travers champs, avec leurs bagages pour tenter d’aller prendre leur avion. Je pense en particulier à une vieille dame qui traînait à grand peine sa valise en direction de l’aérogare. Je ne doute pas un instant que tous les voyageurs réduits à le faire, manifestement et légitimement forts mécontents, voteront en masse pour Nicolas Sarkozy aux prochaines élections présidentielles, ne serait-ce qu'un souvenir de ces tribulations.
Qu'il s'agisse d'ordures, d'essence ou d'aéroports, les blocages sont les meilleurs modes de recrutement que le Président de la république puisse mettre en oeuvre, à peu de frais, pour se gagner, sans mal, des électeurs lors du prochain scrutin. A coup sûr chacune de ces affaires lui apporte des milliers de suffrages. Je ne pense pas que les organisateurs de ces mouvements soient assez stupides pour ne pas s'en rendre compte !
En revanche, je comprends mal quelle satisfaction ils peuvent trouver à organiser de tels blocages et moins encore quels résultats ils en attendent. Certes, ils permettent à deux ou trois représentants syndicaux de la CGT (on ne voit qu’eux sans doute car ce sont les plus pittoresques dans leurs propos comme par leur accoutrement) de venir, pleins de manifeste satisfaction, pérorer devant micros et caméras. Toutefois, des esprits pervers pourraient imaginer, vu le rôle de la CGT, que, comme d'aucuns le prétendent, une alliance objective unit les secrets commensaux Bernard et Nicolas dans de sombres desseins qu’ils trament, partagent et mènent de conserve, avec naturellement des buts bien différents !
En tout cas, s'ils veulent être efficaces et provoquer réellement le gouvernement comme ils le prétendent, je suggère vivement aux matamores contestataires de la CGT d'aller bloquer la rue de Varenne (accès à l'hôtel Matignon) ou la rue du Faubourg Saint-Honoré (accès à l'Élysée). Je ne doute pas un instant que la réaction du gouvernement soit alors aussi rapide qu’efficace.
Évidemment, il est plus simple et moins susceptible de réaction vive d'empêcher une vieille dame toulousaine d'aller prendre son avion pour aller voir son petit-fils à Paris où un brave Marseillais d'aller passer sa semaine de vacances annuelle à Marrakech ! Quant aux ordures parisiennes, j'espère, pour le salut national, que les secteurs de la rue de Varenne et de la rue du Faubourg Saint-Honoré seront épargnés par l’accumulation des ordures !
Comme disait notre Buonaparte, devant l'église Saint-Roch en 1795, avant de commander le feu ; « Que les honnêtes gens rentrent chez eux, je ne tire que sur la canaille ! »
L'échec des manifestations, inévitable et prévisible dans la mesure où elles se prolongeaient très au-delà du raisonnable, devrait conduire à concevoir d'autres formes d'action qui, on le devine déjà, vont consister essentiellement dans des blocages.
Je ne suis pas complètement sûr que bloquer les routes, les accès aux aéroports, à divers lieux de stockage de produits et de carburant ou les dépôts d'ordures, soit réellement inscrit dans le droit de grève. On entend volontiers user, depuis quelque temps, d’une distinction jugée subtile mais totalement fausse et même absurde entre « légal » et « légitime » (la loi sur les retraites serait « légale » mais non légitime). Ce distinguo aberrant a été, me semble-t-il, inventé par Jean Claude Mailly, Secrétaire général de FO, qui tourne au révolutionnaire sur ses vieux jours syndicaux et tente de déborder sur leur gauche la CGT et la CFDT, ce qui doit faire bouillir le nonagénaire Bergeron (le syndicalisme conserve mieux que le travail!). Il faudra, un de ces jours, que je vous fasse une galerie de portraits de ces grands syndicalistes français dont le principal trait commun est qu’ils représentent d’autant mieux les travailleurs qu’ils n’ont eux-mêmes à peu près jamais travaillé de leur vie. Mailly, surnommé non sans raisons « l’apparatchik », est ainsi depuis trente ans permanent de FO. Comme il a 57 ans (le pauvre est l’un des seuls à ne pas voir un régime de retraite « spécial » à 55 ans) et qu’il est entré à la CNAM en 1978, je vous laisse le soin de calculer le nombre d’années durant lesquelles il y a « effectivement » « travaillé », exerçant là l’harassant et dangereux métier de « chargé d’études », tout en commençant a gravir, à temps partiel, les premiers échelons du syndicalisme professionnel.
Bref, revenons à la sémantique qui devrait figurer dans la formation de base des dirigeants syndicaux, ce qui leur éviterait de dire pareilles âneries que les journalistes se gardent bien de souligner, étant sans doute ignorants eux-mêmes du sens exact de ces termes. De telles entraves au travail comme à la circulation sont à la fois, pour le coup, aussi illégales qu’illégitimes, mais le gouvernement semble tout à fait s'en accommoder, ce qui pourrait conduire à penser et à s’interroger.
On est en train d'envisager à Paris, nous dit-on, le blocage total des dépôts d'ordures, ce qui permettra de créer dans notre belle capitale, à peu de frais pour les grévistes comme l’ai montré dans un post précédent, la situation qui a été celle de Marseille pendant plusieurs semaines et qui a conduit à l'exaspération totale une bonne partie de la population locale, qui pourtant, au départ, paraissait majoritairement favorable aux revendications.
Après l'aéroport de Marseille, on a bloqué celui de Toulouse et quelques autres ; j'ai ainsi pu voir à la télévision d'innocents voyageurs en détresse se lancer, à travers champs, avec leurs bagages pour tenter d’aller prendre leur avion. Je pense en particulier à une vieille dame qui traînait à grand peine sa valise en direction de l’aérogare. Je ne doute pas un instant que tous les voyageurs réduits à le faire, manifestement et légitimement forts mécontents, voteront en masse pour Nicolas Sarkozy aux prochaines élections présidentielles, ne serait-ce qu'un souvenir de ces tribulations.
Qu'il s'agisse d'ordures, d'essence ou d'aéroports, les blocages sont les meilleurs modes de recrutement que le Président de la république puisse mettre en oeuvre, à peu de frais, pour se gagner, sans mal, des électeurs lors du prochain scrutin. A coup sûr chacune de ces affaires lui apporte des milliers de suffrages. Je ne pense pas que les organisateurs de ces mouvements soient assez stupides pour ne pas s'en rendre compte !
En revanche, je comprends mal quelle satisfaction ils peuvent trouver à organiser de tels blocages et moins encore quels résultats ils en attendent. Certes, ils permettent à deux ou trois représentants syndicaux de la CGT (on ne voit qu’eux sans doute car ce sont les plus pittoresques dans leurs propos comme par leur accoutrement) de venir, pleins de manifeste satisfaction, pérorer devant micros et caméras. Toutefois, des esprits pervers pourraient imaginer, vu le rôle de la CGT, que, comme d'aucuns le prétendent, une alliance objective unit les secrets commensaux Bernard et Nicolas dans de sombres desseins qu’ils trament, partagent et mènent de conserve, avec naturellement des buts bien différents !
En tout cas, s'ils veulent être efficaces et provoquer réellement le gouvernement comme ils le prétendent, je suggère vivement aux matamores contestataires de la CGT d'aller bloquer la rue de Varenne (accès à l'hôtel Matignon) ou la rue du Faubourg Saint-Honoré (accès à l'Élysée). Je ne doute pas un instant que la réaction du gouvernement soit alors aussi rapide qu’efficace.
Évidemment, il est plus simple et moins susceptible de réaction vive d'empêcher une vieille dame toulousaine d'aller prendre son avion pour aller voir son petit-fils à Paris où un brave Marseillais d'aller passer sa semaine de vacances annuelle à Marrakech ! Quant aux ordures parisiennes, j'espère, pour le salut national, que les secteurs de la rue de Varenne et de la rue du Faubourg Saint-Honoré seront épargnés par l’accumulation des ordures !
Comme disait notre Buonaparte, devant l'église Saint-Roch en 1795, avant de commander le feu ; « Que les honnêtes gens rentrent chez eux, je ne tire que sur la canaille ! »
lundi 26 juillet 2010
"T'as vu l'avion?"
Saura-t-on jamais le fin mot de l’affaire qui a conduit à la mort de Michel Germaneau ?
Entre un gouvenement, qui ne peut que se réjouir de voir l’attention nationale enfin détournée des affaires Bettencourt/Woerth, toutes deux fâcheuses dans des genres différents et qui finissent, curieusement, par se mordre la queue, et des preneurs d’otages, plus ou moins ben ladenistes, à qui cette intervention armée fournit la « une » des médias et surtout une sortie de cet enlèvement plus honorable que l’aveu piteux de la mort de maladie de leur otage, qui devons-nous croire et y a-t-il même quelque chose à croire ?
Je voyais à midi, sur France2 me semble-t-il, une carte établie par les « journalistes » spécialisés de la chaîne ; on nous y montrait, par une flèche rouge mobile du plus bel effet, le parcours du commando qui, partant de Mauritanie, s’enfonçait jusqu’au coeur du Mali à la poursuite des supposés ravisseurs !
Why not ? Il y a toutefois matière à réflexion, car non seulement les relations mauritano-maliennes ne sont pas des meilleures, mais, en outre, la zone nord du Mali en cause ici, dont le peuplement est tamasheq (ou touareg si vous voulez), entretient avec le pouvoir central de Bamako des rapports pour le moins tumultueux.
On voit donc mal comment une telle opération, diplomatiquement d’une complexité qui la rend quasi impossible et logistiquement presque irréalisable, a pu être montée et même conçue. A beau mentir qui vient de loin :
Ce monsieur Germaneau est, lui aussi, un personnage assez singulier dans son genre. Ingénieur en retraite et célibataire, il est apparemment sans famille car on a interrogé ses voisins mais nul membre de ses proches ; il oeuvrait, dit-on, dans une ONG qui se consacre à l’éducation des enfants africains. Son but précis est, en la circonstance, de construire une école en pays tamasheq, ce qui est fort louable mais aussi singulier, compliqué et irréaliste à la fois.
En effet, les Tamasheq sont, vous l’avez déjà deviné, des nomades (« les gens du voyage » du Mali) ; l’implantation de structures administratives fixes à leur usage pose donc bien des problèmes à l’Etat malien.
Il en est ainsi, par exemple, pour les dispensaires et les centres de protection maternelle et infantile ; Bamako ne peut guère y envoyer, vu l’éloignement, que des soignants hommes. Naturellement tous parlent le bambara, que ne connaissent pas les Tamasheq, et les femmes encore moins que les hommes alors qu’elles constituent, en général, l’essentiel de la clientèle de tels centres. Si l’on ajoute que, dans la culture tamasheq, les femmes ne peuvent être soignées par des hommes, on voit toute la complexité de la situation. La fréquentation d’un dispensaire est en outre infiniment moins suivie par ceux et celles qui y viennent que celle d’une école, ce qui pose évidemment problème à des familles nomades.
Monsieur Germaneau, comme les experts de la Banque Mondiale et qui, comme eux, ne connaît rien à la langue et à la culture locales, ignore ou néglige sans doute ce genre de détail. Toutefois,comme un certain nombre d’« humanitaires », peut-être au fond ne cherchait-il pas aussi et peut-être même d’abord surtout dans de telles actions, si louables qu’elles soient, une solution à ses propres problèmes ! Au moins n'aura-t-il pas raté sa mort !
Entre un gouvenement, qui ne peut que se réjouir de voir l’attention nationale enfin détournée des affaires Bettencourt/Woerth, toutes deux fâcheuses dans des genres différents et qui finissent, curieusement, par se mordre la queue, et des preneurs d’otages, plus ou moins ben ladenistes, à qui cette intervention armée fournit la « une » des médias et surtout une sortie de cet enlèvement plus honorable que l’aveu piteux de la mort de maladie de leur otage, qui devons-nous croire et y a-t-il même quelque chose à croire ?
Je voyais à midi, sur France2 me semble-t-il, une carte établie par les « journalistes » spécialisés de la chaîne ; on nous y montrait, par une flèche rouge mobile du plus bel effet, le parcours du commando qui, partant de Mauritanie, s’enfonçait jusqu’au coeur du Mali à la poursuite des supposés ravisseurs !
Why not ? Il y a toutefois matière à réflexion, car non seulement les relations mauritano-maliennes ne sont pas des meilleures, mais, en outre, la zone nord du Mali en cause ici, dont le peuplement est tamasheq (ou touareg si vous voulez), entretient avec le pouvoir central de Bamako des rapports pour le moins tumultueux.
On voit donc mal comment une telle opération, diplomatiquement d’une complexité qui la rend quasi impossible et logistiquement presque irréalisable, a pu être montée et même conçue. A beau mentir qui vient de loin :
Ce monsieur Germaneau est, lui aussi, un personnage assez singulier dans son genre. Ingénieur en retraite et célibataire, il est apparemment sans famille car on a interrogé ses voisins mais nul membre de ses proches ; il oeuvrait, dit-on, dans une ONG qui se consacre à l’éducation des enfants africains. Son but précis est, en la circonstance, de construire une école en pays tamasheq, ce qui est fort louable mais aussi singulier, compliqué et irréaliste à la fois.
En effet, les Tamasheq sont, vous l’avez déjà deviné, des nomades (« les gens du voyage » du Mali) ; l’implantation de structures administratives fixes à leur usage pose donc bien des problèmes à l’Etat malien.
Il en est ainsi, par exemple, pour les dispensaires et les centres de protection maternelle et infantile ; Bamako ne peut guère y envoyer, vu l’éloignement, que des soignants hommes. Naturellement tous parlent le bambara, que ne connaissent pas les Tamasheq, et les femmes encore moins que les hommes alors qu’elles constituent, en général, l’essentiel de la clientèle de tels centres. Si l’on ajoute que, dans la culture tamasheq, les femmes ne peuvent être soignées par des hommes, on voit toute la complexité de la situation. La fréquentation d’un dispensaire est en outre infiniment moins suivie par ceux et celles qui y viennent que celle d’une école, ce qui pose évidemment problème à des familles nomades.
Monsieur Germaneau, comme les experts de la Banque Mondiale et qui, comme eux, ne connaît rien à la langue et à la culture locales, ignore ou néglige sans doute ce genre de détail. Toutefois,comme un certain nombre d’« humanitaires », peut-être au fond ne cherchait-il pas aussi et peut-être même d’abord surtout dans de telles actions, si louables qu’elles soient, une solution à ses propres problèmes ! Au moins n'aura-t-il pas raté sa mort !
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