Messages les plus consultés

Affichage des articles dont le libellé est chirac. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est chirac. Afficher tous les articles

dimanche 2 juin 2013

Des morts opportunes


En commentaire de mon post récent "Affaire Tapie : encore une coïncidence", Schoum1 écrivait :

"Toujours avis perso,

 Je trouve que dans toutes ces affaires politico financières, il y a toujours des hommes, qui se suicident, ou meurent de crise cardiaque ou autres 

 Depuis 3 mois que sortent toutes les affaires, financement politique, train de vie de l’état, certaines vente du patrimoine français,(Chantilly et j’en passe), Bettencourt et campagne électorale de Sarkozy et son financement, Karachi, etc.,etc., etc.,et j’en passe, la crise cardiaque de Philippe Seguin, président de la Cour des comptes, arrivait à point."

Cette remarque m'a remis en mémoire ces morts si opportunes, comme celles de François de Grossouvre ou de Roger-Patrice Pelat . Par hasard, le jour même où revenait dans l'actualité le si peu crédible suicide de Robert Boulin, je conseillais dans un post, ici même, de toujours mettre dans toute magouille politique, un octogénaire, de préférence malade, tout désigné pour porter le chapeau en cas de problèmes. Je me suis souvenu avoir écrit, à l'époque et publié le 7 janvier 2010 sous mon pseudo d'alors (Usbek) dans Nouvelobs.com., un post intitulé "Mais qui a tué Philippe Seguin ?". Je le reprends donc ici :

"Cette parodie d’un célèbre titre de film de Hitchcock va au-delà de la simple plaisanterie. Il y a moins d’une semaine, j’ai publié un post dont je rappelle ici à la fois le titre et une partie du contenu, pertinente en la circonstance !

Ce post s’intitulait :« Le « Musée Sarko » sur l’Ile Seguin ou Sarko épinglé dans le Musée de Seguin ». Fort heureusement, dans la rubrique « les titres auxquels vous avez échappé", j’avais finalement renoncé à « Seguin sarkophage ? » qui m’avait pourtant beaucoup tenté, vu le contenu de mon post dont je rappelle ci-dessous quelques fragments.

« Entre la chèvre de ce brave Monsieur Seguin dont le Président de la Cour des comptes, accablé des allusions qu’on faisait à sa barbe, a fini par en faire le sacrifice (de la barbe, pas de la chèvre ) et l’Ile Seguin, où Nicolas Sarkozy veut construire son Musée national de l’histoire de France, à défaut de pouvoir en faire l’Ile du Diable pour y loger son ex-ami Philippe du même nom, la matière à plaisanteries ne manque pas. Notre Président n’a toutefois pas été jusqu’à confier au Président de la Cour des comptes une mission sur la destination de l’île parisienne qui porte son nom. Il s’est contenté, naguère, de charger ce Tunisois de naissance, de la réflexion sur l’Union de la Méditerranée qui d’ailleurs, on le verra dans la suite, ne comprenait pas l’organisation des festivités parisiennes liée à la mise en place de ce bazar d’Euromed, auquel le Président de la Cour des comptes n’a pas ménagé ses critiques. »

[…]

Il est évidemment absurde de songer, ne fût-ce qu’un instant, que Philippe Seguin puisse être candidat contre Sarkozy, ce que donnent pourtant à penser certains de ses comportements. En 2012, il frôlera les 70 ans et il sera déjà en retraite, même s’il va jusqu’au terme ultime que la loi fixe à l’âge de la retraite de ses fonctionnaires (68 ans !). En revanche, il trouve, de toute évidence, un malin plaisir et parfois même une joie sardonique à utiliser à plein les ressources médiatiques que lui donne sa position actuelle.

Cela ne va toutefois pas beaucoup plus loin. Le Premier Président de la Cour des comptes (Philippe Seguin en la circonstance) est pourtant aussi, et en même temps, président de la Cour de discipline budgétaire et financière (CDBF), ce qui est tout autre chose.

La Cour des comptes, en effet, ne sert rigoureusement à rien dans son exercice courant. Elle fait des rapports, dont le seul intérêt, mais il n’est pas sans importance, est de fournir la matière plaisante d’articles savoureux et/ou d’émissions pittoresques à la presse écrite et audio-visuelle française qui a souvent la goutte à l'imaginative. Ces rapports, qui n’entraînent pas de sanctions, fournissent mille anecdotes, propres à susciter, selon les cas, le rire ou l’indignation, en particulier sur des dépenses, aussi pharaoniques qu'incongrues ou même absurdes, de l’Etat ou de ses institutions. Pour rester dans le récent, cela va de l’installation d’une douche, jamais utilisée, pour 235.000 euros, à des repas commandés à un traiteur parisien pour plus de 5.000 euros par couvert.

En revanche, certains dossiers peuvent être transmis par la Cour des Comptes à la Cour de discipline budgétaire et financière qui a été créée par la loi du 25 septembre 1948 et qui a, elle, à la différence de la Cour des comptes, a le pouvoir de sanctionner les actes des agents publics constituant des fautes lourdes ou constituant des irrégularités dans la gestion des finances publiques. On comprend par là que, sur les centaines de facéties ou d’aberrations financières que relèvent, chaque année, les rapports de la première, seuls de très rares dossiers sont transmis à la seconde ! Il faut, en général, pour que cela se fasse, qu’on ait un peu trop tripatouillé les chiffres ou déplacé les virgules dans les opérations comptables! Ainsi, dans les faits que j’évoquais ci-dessus, même si Philippe Seguin a souligné des manques, par exemple, dans les procédures réglementaires d’appel d’offres (« vu l’urgence… ») et estimé, à la louche, que les dépenses ont été trop élevées du tiers au moins, la Cour de discipline budgétaire n’a pas eu à être  tirée de son sommeil pour autant ! Il est vrai que, faisant se succéder la carotte et le bâton, Philippe Seguin a estimé que la présidence sarkozienne de l’Europe (en 2009) avait coûté huit fois moins cher (plus de 200 millions d’euros tout de même) que celle de la Gauche en 2000 !

Tout cela est du domaine de l’anecdote, mais certaines critiques de fond sont plus graves, même si la presse en fait un peu moins ses choux gras. Ainsi les coûts exorbitants des grandes réunions politiques internationales à Paris sont-ils la conséquence directe de certaines braderies immobilières, qui bouchent des trous, minimes à court terme, mais coûtent des fortunes pour finir. C’est le cas de la vente du Centre international de conférences de l’avenue Kléber, qui oblige désormais à louer et à équiper à grands frais (douche à 235.000 euros !), par exemple, le Grand Palais, beaucoup moins adapté, en outre, à ce genre de manifestations.

« Fecit cui prodest » dit l’adage latin, que nous traduisons par « A qui profite le crime ? ». Peut-être, comme dans « Mais qui a tué Harry ? », la victime est-elle finalement morte de mort naturelle, il n’empêche qu’au-delà des rituelles déplorations qui font que tout défunt se voit unanimement paré, à sa mort, de qualités et de vertus qu’on ne lui reconnaissait guère de son vivant, cette mort arrange bien des gens, même s’ils n’osent pas s’en réjouir.

D’abord Nicolas Sarkozy lui même qui certes ne redoutait guère la concurrence de Philippe Seguin pour 2012, mais qui a toutes chances d’avoir en son successeur à la Première Présidence de la Cour des comptes un censeur moins acerbe, mais surtout moins écouté et médiatisé
Ensuite les chiraquiens et plus globalement les archéo-gaullistes qui certes pouvaient apprécier ses prises de positions à l’égard de Nicolas Sarkozy, mais connaissaient trop, d’expérience, son esprit d’indépendance pour espérer le tenir en bride. Jacques Chirac n’est sans doute pas de ceux qui pleureront beaucoup le défunt, vu la nature de leurs relations passées, surtout lors de la mutation du RPR en UMP ( Seguin passait même pour l’une des rares personnes dont Chirac avait peur, vu la violence et l’imprévisibilité des ses réactions).

On ne doit pas non plus trop pleurer le défunt chez les Tiberi au souvenir de la réforme des listes électorales que Seguin voulait opérer et dont ne voulait pas, fort logiquement, le clan Tiberi. Ne parlons pas non plus des anciens proches de Seguin comme François Fillon ou Henri Guaino… Bref, il y aura assurément du beau monde aux funérailles de Philippe Seguin, dont bon nombre de crocodiles à en juger par la nature de leurs larmes.".

samedi 20 avril 2013

Ah quel malheur de ne plus être président !


On se souvient des malheurs de ce pauvre Président de la République Jules Grévy, après que son gendre se soit établi marchand de décorations à son insu. On le brocardait par les chansonnettes sur le thème « Ah quel malheur d'avoir un gendre ! ». Je n'ose suggérer à Carla de faire une chansonnette du même genre sur le thème : « Ah quel malheur de ne plus être Président de la République !».

Il faut dire que ça n'a pas traîné et que comme disait le Père Hugo "Ces choses là sont rudes", même quand on a fait des études. Mitterrand lui a eu le bon goût de mourir et Chirac d'opter pour la sénilité. Pour ne pas être taxé de sectarisme politique, je rappellerai quand même, sur ce point, la scène inénarrable, fort heureusement fixée à jamais dans les images, de Tonton, dans son bureau présidentiel, interviewé par la télévision belge. L'un de ces journalistes malotrus d'Outre-Quiévrain (ce n'est pas Mourousi qui aurait fait ça !) ayant eu l'outrecuidance de l'interroger sur les écoutes téléphoniques, Mitterrand nous avait joué la grande scène de l'acte 2, avec la légitime et irrépressible colère d'un président qui n'entendait point que ce genre de questions lui fût posé ! Pour cette seule scène, François Mitterrand aurait assurément mérité, sinon un Oscar du moins un César, ce qui lui aurait sans doute davantage plu, ne serait-ce que pour le nom de la récompense, l'empire romain lui convenant mieux que Louis de Funés.

Notre Nicolas, une fois effacé le traumatisme de l'échec électoral, espérait (il ne s'en est pas caché) une retraite paisible et surtout dorée, ne serait-ce que par les conférences internationales qui lui seraient rémunérées à un tarif meilleur que celui d'une année de séjour à l'Élysée. Je me demande d'ailleurs, en passant, en quelle langue, il fait de telles conférences "internationales", en espérant, pour son auditoire, que ce n'est pas en anglais, depuis que je l'ai entendu, sur le perron de l'Élysée, pour une fois ensoleillé, faire remarquer à Angela Merkel "the good time" dont l'honorait le ciel parisien ! Cette anecdote m'en rappelle une autre, qui ne fut narrée par un collègue angliciste qui avait enseigné à West Point où Paul Claudel était venu faire une conférence. Claudel avait fait sa conférence en anglais mais les collègues américains de mon ami lui avaient fait remarquer qu'il était vraiment dommage que le conférencier n'ait pas choisi de parler leur langue plutôt que la sienne !

Poor little thing ! À peine a-t-on fini de l'accuser d'abus de faiblesse sur une vieille milliardaire, qu'on lui reproche d'avoir fait fricoté pour le financement de sa campagne avec feu l'infâme Kadhafi (au moins, sage précaution, les services ont clos le bec à ce Kadhafi, dont on avait laisser s'installer la tente bédouine au coeur de Paris mais qui ne pourra confirmer ces ragots) avant qu'éclate (et cela ne saurait tarder à en croire Mediapart) le scandale de l'affaire Tapie, dont Madame Lagarde risque fort d'être le fusible, même s'il n'échappe à personne qu'on a fait acheter par l'Etat le coûteux passage de Nanard d'un socialisme mollasson à un uèmpisme qui ne valait guère mieux. En fait, vous le noterez, dans tout ça, notre Nicola est victime de son bon fonds et de ses mauvaises fréquentations. Ses avocats sauront le souligner, j'en suis sûr !

Là encore la couverture photographique universelle du moindre incident est redoutable pour les mensonges des hommes politiques qui sont fixés désormais pour l'éternité. Ce cas a été celui de Cahuzac qu'on a revu cent fois jurer ses grands dieux devant l'Assemblée nationale qu'il n'avait pas de compte à l'étranger ; on verra sans doute autant de fois Nicolas Sarkozy envoyer, avec hauteur, dans les balustrades la pauvre Laurence Ferrari qui se permettait une question sur l'un de ses probables sujets futurs de mise en examen.

On serait tenté de parodier Ravachol, en changeant sa formule, et de conseiller aux hommes politiques; non pas "N'avouez jamais !", mais "Ne mentez jamais !", si naturellement la chose leur était  possible.

lundi 12 septembre 2011

Les tam-tams de la République




Il faut bien que nous soyons déjà en période préélectorale (elle est bien longue à mon goût, commence bien tôt et nous condamne à nous préparer à souffrir longtemps) pour que des valises de billets apportées dans les coulisses du pouvoir fassent la une de la presse et provoquent une telle émotion.

Tout cela est d'un banal !

Il y a une bonne dizaine d'années, nous avions déjà eu l'épisode, plus pittoresque mais sans la moindre conséquence, de la "cassette Méry" ! J'espère que Me Robert Bourgi n'est pas superstitieux et ne s'inquiètera pas trop de ce rapprochement des deux épisodes, puisque la cassette était apparue, on s'en souvient, après la mort de l'intéressé en 1999 et était une forme de testament un peu explosif.

On a toujours su que la France Afrique alimentait les caisses de la droite française et que les relations étroites de Jacques Chirac avec les potentats africains n'avaient guère d'autres fondements. Faut-il ajouter que R. Bourgi est un peu l'héritier spirituel de J. Foccart.

Le point le plus étonnant dans tout cela et même le seul tient à la personnalité de certains de ces généreux donateurs. Que Mobutu, Bongo ou Sassou N'guesso crachent au bassinet n'a rien d'étonnant et c'est même, au fond, la moindre des choses.

Il est plus surprenant de voir Wade ou le "socialiste" Gbagbo y aller de leurs valises. Même un Blaise Compaoré, le président du Burkina Faso ( ce qui voulait dire, jusqu'à présent, "le pays des hommes intègres"!) aurait envoyé 3 millions de dollars (ou de francs, car quand on aime on ne compte pas!) ; on tombe de sa chaise quand on connaît la situation matérielle du peuple burkinabè.

Le scandale est peut-être même double car ce qui arrivait à l'Elysée n'était peut-être parti que de Bercy, via la Rue Monsieur ou le Boulevard Saint-Germain, selon les époques, avec une simple escale africaine de transit!

Il est vrai que, dans ce dernier cas, à ce que l'on dit, les billets (en petites coupures se plaignit, dit-on, le récipiendaire) avaient voyagé dans des tam-tams, ce qui donne un charme exotique à cette opération et fait que la France n'a pas tout perdu dans cette affaire si l'on a gardé les tam-tams pour le musée Chirac

Comme dans le cas de la cassette Méry tout cela tournera évidemment en eau de boudin, faute de PREUVES, puisqu'il n'est pas d'usage, en pareil cas de payer par chèque (d'où la nécessité, fâcheuse mais si pittoresque, de remplir de billets d'encombrants tam-tams) et moins encore d'exiger un reçu de la part du destinataire. De toute façon, on peut être sûr, comme toujours en pareil cas, que tous ceux qui sont censés avoir reçu les billets, jureront, tous la main sur le coeur, qu'ils n'en ont jamais vu la couleur. La preuve : ils ne savent même pas si c'étaient des dollars ou des francs!

Ce qui est plus plaisant en la circonstance est que Jacques Chirac que sa maladie rend incapable d'assister au procès qui lui est fait, saute de son lit et est, en revanche, tout à fait en mesure de s'indigner et de porter plainte dans cette seconde affaire. Témoignage discutable ! Peut-être a-t-il aussi oublié valises et tam-tams? Tout cela prend des allures de Volpone!

Je suis étonné qu'aucun journaliste n'ait songé à mettre cette affaire en rapport avec celle qui est toujours sur le devant de la scène médiatique : l'affaire DSK. Sans doute a-t-on oublié que, dans l'affaire de la cassette Méry, DSK, alors ministre, avait joué un rôle central même s'il n'a jamais été très (Sin)clair car un moment Anne égara même la fameuse cassette, dit-on !

Pourquoi ne pas imaginer que les tambours africains étaient livrés à l'Élysée par une Nafisatou Ouedraogo (les Ouedraogo sont au Burkina ce que sont les Diallo en Guinée et les Dupont en France) qui, pour la circonstance, aurait pu être habillée par Karl Lagerfeld puisque ce dernier fut aussi associé, d'une façon un peu inattendue, à l'affaire de la cassette Mery, vu une bonne manière fiscale dont il avait bénéficié?

Je m'arrête !
J'en ai marre de devoir toujours tout faire, dans ce foutu pays, à la place de tout le monde!

mardi 14 juin 2011

Sénilité, machiavélisme ou humour corrézien ?

La déclaration de Jacques Chirac à la pittoresque inauguration de son musée à Sarran, le 11 juin, a suscité une infinité de commentaires et on ne va pas manquer de gloser à l'infini à son sujet, en particulier en la rapprochant du deuxième tome de ses mémoires et des propos qu'il y tient sur François Hollande et Nicolas Sarkozy. Peut-être au fond, chez l'ancien président de la république, l'auteur l’a-t-il un moment emporté et veut-il simplement parla assurer la promotion de son livre et en booster les ventes pour égaler les tirages de Maman. Sur ce point l'opération est assez réussie, après le coup de la concurrence des bonnes feuilles entre le Nouvel Obs et le Point.

Chirac a en effet lâché, tout à trac, quand nul ne lui demandait rien et que sa position au Conseil constitutionnel lui interdit en principe de telles déclarations, surtout à un an du scrutin, qu'il voterait pour François Hollande, si Juppé n'était pas candidat.

Le paradoxe est que c'est la première partie de la phrase qui a retenu toute l'attention, alors qu’il me paraît totalement évident que c'est la seconde qui est essentielle. L'idée que Chirac puisse voter pour Flamby ne doit pas avoir la moindre l'importance aux yeux de Nicolas Sarkozy qui va sans doute, comme aux Guignols, baptiser Chirac "Papy Zinzin". S'il veut reprendre une de ses formules, il peut même dire que ça lui en touche une, sans faire bouger l'autre.

En revanche, la petite phrase, pleine de fiel et de regrets sur le fait que le président regrette que Juppé ne soit pas candidat est tout à fait susceptible (et c'est précisément à cette fin qu'elle a été prononcée) de donner à penser à Alain Juppé (il y a sans doute très longtemps qu'il y a lui-même songé et sans avoir besoin de Chirac) comme à bon nombre d'UMP gaullo-chiraquiens qui ruent dans les brancards de la sarkozie et vont y trouver encouragement et espoir.

La formule (mais c'est le but recherché) vise à inspirer au maire de Bordeaux (qu'on ne doit plus guère voir là-bas) quelques regrets d'avoir déclaré qu'il ne serait candidat que si Sarkozy lui-même ne l'était pas (hypothèse hautement invraisemblable, sauf accident ou décès prématuré). Il est vrai que ce propos lui a permis de devenir ministre des affaires étrangères et que c'est là une distinction à laquelle il n'est assurément pas insensible.

On peut d'ailleurs se demander si les petites affaires électorales corréziennes actuelles ne sont pas pour quelque chose dans le propos de Jacquou. En effet, le rapporteur du tribunal administratif de Limoges a demandé jeudi 9 juin 2011 (donc deux jours avant la manifestation du musée Chirac) à cette juridiction d'annuler l'élection de Bernadette Chirac à Corrèze (Corrèze) lors des dernières élections cantonales, pour un vice de forme. La demande se fonde sur la découverte, dans le bureau de vote de Meyrignac-L'Eglise, de 49 bulletins de vote alors que la liste d'émargement des ne comprend que 48 noms. Or si Mme Chirac avait été élue au premier tour, le 20 mars dernier, elle n’avait qu’une seule voix d'avance.

Le tribunal rendra son jugement dans deux semaines, mais Flamby, comme président du conseil général, pourrait être dans une telle affaire un appui précieux ; il n’est donc pas mauvais de l’amadouer, surtout si cela ne mange pas de pain !

Chirac, peut-être titillé par les frasques américaines de DSK, a, en présence de Bernadette, refait son numéro de charme sénile, un peu ridicule, avec une affriolante blonde, Sophie Dessus, sémillante vice-présidente du conseil général de Corrèze. Du plus haut comique et Yann Barthès et son Petit Journal ne l’ont naturellement pas loupé.

Je me demande comment Jacquou et Maman se sont causé de retour à la maison. L'a-t-elle félicité pour avoir, d'ores et déjà, mis Flamby dans sa poche ou lui a-t-elle tiré ses grandes oreilles, en lui reprochant à la fois son numéro grotesque avec la pulpeuse blonde et des propos, tout à fait inconsidérés dans le contexte actuel et qui pourraient être mal pris par Nicolas Sarkozy avec lequel elle est, en principe, dans les meilleurs termes ?

Jacques Chirac fait-il déjà campagne ou se borne-t-il à la battre ?

Note lexicographique de la rédaction : "battre la campagne : déraisonner, délirer, divaguer".

jeudi 19 mai 2011

"La conquête"

Je n'ai évidemment pas vu le film « La conquête » qui vient d'être présenté à Cannes et je ne le verrai certainement pas. Toutefois, comme vous le devinez déjà, ce n’est pas à mes yeux une raison pour n’en point parler.

J'en ai vu en effet quelques extraits, toujours les mêmes naturellement, qui ont été présentés par les télés pour appâter le chaland dans le lancement de cette production. J'ai trouvé l'acteur qui joue Sarkozy remarquable dans l'imitation qu'il fait du personnage, avec, en particulier, pour masquer sa calvitie, une perruque très réussie ; il m'a semblé aussi que les autres protagonistes étaient assez ressemblants ce qui est une forme de réussite en pareil cas.

En effet, dans un film « historique » (car c’en est un, quoique contemporain), la tentation est grande pour le spectateur de chercher à l'écran des représentations des personnages qui soient conformes à celles qu'il peut lui-même avoir, qu'il s'agisse de personnages réels qu'il connaît, ou de personnages historiques qu'il imagine à travers les représentations qu'on en a donné. Pour prendre un exemple fort éloigné de « la conquête », j'ai personnellement été choqué, dans la série télévisée des « Tudors » qui, par ailleurs, n'était pas mauvaise, de voir un Henri VIII fringant d'un bout à l'autre de son histoire, alors que la représentation que nous en avons, plutôt sur la fin de sa vie, est celle d'un obèse répugnant à peu près infirme.

Et Sarkozy me direz-vous ? Rien à dire sur le personnage lui-même qui paraît effectivement représenté à la fois avec exactitude et talent et même une forme de mimétisme, par Denis Podalydès. J’ai trouvé aussi, dans le peu de séquences que j'ai vues, Villepin tout à fait ressemblant (j'ai même cru un instant que Galouzeau avait joué son propre rôle), mais le plus remarquable de tous m'a paru Chirac, à peine entrevu, que campe Bernard Lecoq. Il est vrai que ce qui est à mes yeux le plus ressemblant et le plus remarquable dans le personnage (Que Bernard Lecoq veuille bien m’excuser !) est moins Chirac lui-même que son pantalon !

Le pantalon de Chirac est en effet à mon sens le clou du film. Au-delà de la ressemblance flagrante, il me paraît symboliser en effet, en quelque sorte, l'évolution historico-politique globale du personnage.

Le Chirac jeune, fringant et impétueux,( comme disait Acaste, « fort aimé du beau sexe et bien auprès du maître »), portait son pantalon comme tout le monde et si je puis dire comme sa jeunesse. Au fur et à mesure, qu'au fil des décennies, Chirac a gravi les marches de la politique et du pouvoir (n'oublions pas que, selon ses dires, il a commencé par vendre l'Humanité sur les marchés, en portant son futal à la façon des camarades ), son pantalon est progressivement remonté en direction de ses épaules. Comme vous avez certainement remarqué ce détail, je ne vous ferai pas l'exégèse de cette migration du pantalon chiraquien, de la ceinture vers les aisselles.

Je pense que cette irrésistible ascension ne doit pas être interprétée que de façon symbolique mais aussi et surtout comme une conséquence d’une évolution physiologique, avec la naissance et la montée de l'embonpoint de Chirac, à force de têtes de veau et de Coronas. Nous autres pauvres hommes, lorsque notre taille s'épaissit et que notre ventre commence à pointer, nous n'avons plus guère que deux solutions, hors du régime hollandais.

La première, celle que choisit DSK, est de s’offrir un super tailleur qui, à prix d'or, vous fasse, sur mesures, des vêtements coupés de façon si habile qu'ils donnent l'apparence de la sveltesse au ventre le plus rebondi. L'autre solution, celle qu'a adoptée Chirac,lui qui souvent laisse son veston ouvert, est de choisir entre les deux positions possibles de la ceinture, lorsque l'embonpoint nous conduit à renoncer à l'emplacement médian qui est normalement celui du haut du pantalon et de la ceinture elle-même. Deux choix s'offrent alors ; soit on laisse le ventre repousser le pantalon vers le bas, ce qui est, en général, le choix populaire, voire prolétarien ; la bedaine déborde alors largement sur la ceinture au point qu'on ne la voit plus guère et qu'elle devient, en fait, une sorte de sous-ventrière. Soit, on enferme l'embonpoint dans un pantalon qui le contraint et tente de le dissimuler, mais ce choix conduit inévitablement à faire remonter le pantalon vers le haut. Plus le ventre s'arrondit, plus le pantalon s'élève en direction des aisselles. Ce second choix a été clairement celui de Chirac qui a la fâcheuse habitude de laisser son veston ouvert.

Son pantalon finit donc par ressembler à ces bleus ou salopettes de travail que les ouvriers portaient autrefois et qui montaient aux épaules, presque sous le menton. On pourrait donc imaginer évidemment que, par un tel choix, Chirac retrouve, au moins sous cet angle vestimentaire, les origines sociales et politiques qui furent un moment les siennes au temps de sa jeunesse.

Est-ce « la conquête » du pouvoir par Sarkozy ou le retour de Chirac aux sources prolétariennes ?

mardi 10 mai 2011

Les farceurs de la République.

Qu'on ne vienne pas me chicaner sur ce titre car, à ma connaissance du moins, le mot « farceur » ne comporte pas de féminin et d'autre part, dans cet îlot de machinisme que constitue la grammaire du français, le masculin persiste à l'emporter sur le féminin. Les farceurs de la République que je veux évoquer ici sont, en premier lieu, Jacques Chirac et Christiane Taubira, et à un moindre degré, le maire de Nantes Jean-Marc Ayrault.

Je ne puis croire que ce soit, en toute innocence et sans calcul, qu'en 2006 le président Chirac ait choisi de faire du 10 mai la « journée nationale des mémoires de la traite, de l'esclavage et de leurs abolitions ». En effet, et on le constate à nouveau aujourd'hui de façon un peu inattendue, la date du 10 mai demeure, dans la mémoire française collective, le jour où, en 1981, François Mitterrand a été élu président de la République. Vous observerez d'ailleurs aisément que si la célébration du 10 mai 81 occupe tous nos médias depuis le matin, il en a pas été de même, très loin de là, pour la commémoration de la « journée nationale des mémoires de la traite de l'esclavage et de leurs abolitions ». Cette célébration n'a tenu qu'une place très modeste et, en outre, provinciale surtout puisque c'est à Nantes (quelle ironie !) qu’a eu lieu la principale, pour ne pas dire la seule, des célébrations de cette « Journée ».

Quel était le dessein secret de Jacques Chirac, en 2006, quand il a choisi le 10 mai pour cette célébration ? Pensait-il, par là, occulter la célébration du 10 mai 1981 ? La chose n'est pas impossible car, à cette période, on ne pouvait imaginer que très lointain le retour de la gauche aux affaires vu l'état dans lequel se trouvait alors le parti socialiste. En tout cas, Chirac ne semblait pas croire que de mauvais plaisants puissent ajouter à la liste des "abolitions" (l'esclavage et la traite) la fin d'un règne, oppressif et sans partage, de la droite sur la République française ! Je n'espère pas être assez heureux pour trouver à la suite de ce blog un commentaire de Jacques Chirac lui-même m'expliquant les raisons secrètes d'un tel choix.

Autre farceur de la République (je n'ose avancer ici ni « farceure », à la quécecoise, ni "farceuse"), Mme Christiane Taubira que j'ai trop souvent accablée de mes traits pour en parler longuement ici. Le choix symbolique de Nantes confirme d'ailleurs son ignorance des réalités de la traite dont elle a fait depuis longtemps son principal fonds de commerce, sans en bien connaître les réalités historiques. De façon exclusive et depuis toujours, seule la concerne la traite qu’elle connaît un peu, en dépit des réalités de l'esclavage comme des remarques qu'on a pu lui faire. Or la traite atlantique n'est pas la principale et n’a sa préférence exclusive qu’en raison de son origine guyanaise. Je ne puis, sur ce point que renvoyer aux divers textes que j'ai écrits à ce propos, mais je constate que la voilà réduite désormais à de modestes manifestations provinciales, les théâtres parisiens ne lui étant plus ouverts.

Jean-Marc Ayrault occupe la troisième place dans ma petite galerie des farceurs de la République dans la mesure où cette date commémorative lui a permis de visiter, en compagnie de Mme Taubira, le futur et rustique mémorial de l'abolition de l'esclavage construit au bord de la Loire, sur le quai de la Fosse, à Nantes d’où partirent les navires du commerce triangulaire. Certes, comme l'a souligné, le maire de Nantes, « il ne s'agit pas d'une démarche repentante ». Le propos est quelque peu singulier et me rappelle irrésistiblement le choix récent fait par les États-Unis de donner à Ben Laden, comme nom de code, Geronimo, (héros apache de la guerre contre les Etats-Unis) au cours de l’opération qui a conduit à son assassinat.

Comme l'a encore dit Jean-Marc Ayrault, lui-même et les Nantais « ont conscience de ce qui s'est passé avant. » ! C’est le moins qu'on puisse faire en ce genre de circonstance mais, de toute évidence, cette conscience n'est pas si mauvaise, même si elle est pourtant sans cesse évoquée par les superbes constructions de cette ville, qui a tout de même fait sa fortune sur le commerce du bois d'ébène.

Loin de moi l'idée de faire porter sur Nantes une réprobation particulière, ce qui serait contraire à tout ce que j'ai pu écrire sur ces questions de l'esclavage. En Afrique, les Européens, dans leur commerce d'esclaves vers la zone américano- caraïbe qui ne commence guère qu'au XVIe siècle (Portugais mis à part), n'ont fait que reprendre, par là, une longue tradition de l'exploitation servile. Elle a commencé en Afrique, bien avant que le premier européen pose le pied sur la Côte de Guinée. Les Africains eux-mêmes ont été les créateurs d’un esclavage local et traditionnel, dont l’essentiel a d’ailleurs été repris dans le « code noir »; par ailleurs, par la suite, ils furent dans la traite européenne les pourvoyeurs actifs et constants des vaisseaux négriers. L’esclavage africain avait été, avant même l’arrivée des européens, organisé, de façon infiniment plus intense, par les Arabes en particulier dans le cadre de la traite orientale qui a été numériquement plus importante que la traite atlantique, même si Mme Taubira et quelques autres persistent à ignorer ce point.

Nous autres Français pourrions nous-mêmes demander réparation à M. Berlusconi, puisque l'invasion romaine en Gaule n'a été nullement commandée par le seul souci de César d'écrire son « De Bello gallico », mais bien plutôt par la nécessité de se procurer chez nous les centaines de milliers d'esclaves gaulois qui lui ont permis de financer ses projets politiques personnels.

Post-scriptum
J’ai écrit ce post dans la matinée du 10 mai 2011 avant d’avoir eu le privilège de voir notre président à la cérémonie du Luxembourg, où, en revanche, si j’ai aperçu Chirac, je n’ai pas vu Madame Taubira, à moins qu’elle ne figurât (comme on dit désormais) parmi les danseuses en costume. Il y a eu un discours présidentiel. J’y reviendrai donc.

mercredi 9 mars 2011

Les conseils et les exemples.

Le grand et perspicace La Rochefoucauld disait : « Les vieillards aiment à donner de bons conseils pour se consoler de ne plus pouvoir donner de mauvais exemples ».

En matière d'économie comme de politique, nous-autres Français, qui sommes, vous le savez comme moi, les meilleurs, nous nous entendons à donner à la fois de bons conseils et de mauvais exemples, ce qui montre notre immense supériorité sur les vieillards qu'évoquait La Rochefoucauld.

Il faut dire qu'on nous confie parfois des rôles, dans l’UE, au G8 ou au G20, qui nous encouragent dans cette voie et nous amènent à nous ériger en exemples dans des domaines où nous devrions, au contraire, chercher un trou de souris pour tenter de nous y cacher.

Ainsi sommes-nous amenés à nous citer en exemples en matière d'économie et j'entendais Mme Christine Lagarde le faire encore, sans rire, tout récemment en face de journalistes dont on ne sait pas s’ils sont ignorants ou complices, à moins qu’ils ne soient les deux.

Le problème est que la comparaison qu'elle établissait alors ne se faisait pas avec la Grèce ou l'Irlande, États auprès desquels nous pouvons faire encore, en apparence du moins, assez bonne figure, mais avec l'Allemagne qui est, en matière industrielle et économique, le must. Que ce soit pour le chômage (qui a baissé de 2 % en RFA, alors qu'il a plutôt augmenté chez nous), pour le commerce et l'industrie (l'excédent commercial allemand est colossal alors que notre déficit est gigantesque) ou encore pour les salaires. Sur ce dernier point, on constate en Allemagne une augmentation par des primes, de 3000 à 6000 euros dans l’automobile, alors que le docte JC Trichet affirme publiquement qu’augmenter les salaires serait « la pire des choses ». Ce propos va sans doute apporter soulagement et consolation aux smicards français ; Môssieu Trichet, directeur de la BCE, lui, est un exemple, pour eux comme pour nous. Est-ce qu’il se plaint lui avec ses pauvres 350.000 euros annuels auxquels s'ajoutent , à vrai dire et fort heureusement, des indemnités de logement et de représentation?

Tenter, comme notre Madame Lagarde, d'établir une comparaison entre la France et l'Allemagne est une démarche assurément hardie mais fondamentalement absurde, si elle n’est pas fallacieuse.

Mais laissons l'économie sur laquelle chacun d'entre nous sait que les gouvernements ne peuvent pas grand-chose, puisqu'ils ont les mains liées tant par les banques que par la spéculation. En revanche, pour la politique et tout particulièrement pour la morale politique, nous pensons être incontestablement les meilleurs du monde, au moins sur le plan des conseils à défaut de l'être sur celui des exemples, car notre démocratie apparaît de plus en plus branlante à bien des égards, le plus grand scandale étant celui de la liberté d’expression qui fut longtemps un privilège français.

Je ne reviendrai pas sur les événements du Maghreb qui sont très loin d'être achevés, on le voit chaque jour, et dont je ne suis pas sûr que nos politiques aient véritablement déterminé la nature (plusieurs ne la soupçonnaient guère au moment de leurs vacances d'hiver) et, moins encore, l'évolution ultérieure.

Au milieu du concert unanime d'applaudissements pour la marche de ces Etats vers la démocratie, aucun des experts qui entourent nos dirigeants ne semble avoir pressenti un instant que les Tunisiens, par exemple, au lieu de songer à se complaire enfin dans cette démocratie en marche, s'embarqueraient en masse dans des raffiots pour gagner Lampedusa, Vintimille et au-delà la France, sans songer un instant à jouir de la démocratie enfin instaurée sous leurs palmiers.

De la même façon, nous nous manquons pas de dénoncer dans la justice mexicaine des comportements scandaleux qui tiennent surtout à la condamnation d’une Française dont on déplore avec la plus grande vigueur le sort incontestablement malheureux, sans avoir pourtant la moindre certitude réelle en ce qui concerne son innocence. La justice mexicaine, selon nous, a le tort majeur de condamner à 60 ans de prison une innocente ! Que ne suit-elle notre bel exemple français, nous qui nous employons actuellement, dans un procès passablement ridicule qui occupe tous nos médias, à faire considérer comme « PRESUME innocent » un accusé qui, lui-même, a déjà, de toute évidence et publiquement, reconnu sa culpabilité, en acceptant de compenser ou de faire compenser les dommages subis du fait de ses agissements illégaux !

Les grands Etats comme la France peuvent donc, à la différence des vieillards de la Rochefoucauld, délivrer de bons conseils tout en donnant de mauvais exemples.