La plupart des séances d'audition du Bourbon Comedy Club, parfois nommé Commission Cahuzac, étaient réjouissantes par le ridicule des situations et des propos. On s'achemine sans doute vers un épilogue simplement grotesque, tout finissant en queue de poisson et le vainqueur étant sans doute Cahuzac lui même, fort des dossiers photocopiés à Bercy !
Pourtant, lors de la dernière audition de Jérôme Cahuzac et compte tenu de ses propres contradictions et de celles présentait sa version de la "réunion du 16 janvier 2013 avec celle qu'avait exposée Pierre Moscovici, on s'acheminait vers une ultime audition qui, en confrontant l'un et l'autre, ferait sans doute apparaître la vérité. La version amnésique de Jérôme Cahuzac était d'autant plus insoutenable, ne serait-ce qu'au plan psychologique, qu'il avait dû reconnaître sa visite, aussi insolite qu'inopportune, à Bruno Bézard, à Bercy. Il y avait donc toute chance que la confrontation avec Moscovici, en mettant en évidence les mensonges de Cahuzac (devant la commission, donc sous serment) ouvre un nouveau volet dans cette affaire pour faux témoignage.
Plusieurs intervenants avaient d'ailleurs suggéré la nécessité de cette confrontation et le nul ne semblait s'y opposer. Le rapporteur, le PS André Claeys avait laissé entendre qu'il ferait des "propositions" (et probablement dans ce sens croyait-on comprendre) pour faire apparaître la vérité. Sauf oubli ou omission de ma part, il n'a pas été question de faire venir Jean-Marc Ayrault devant la commission, ce qui simplifiait beaucoup les choses, puisque Pierre Moscovici avait déjà été entendu par elle.
Par ailleurs, son témoignage était inutile puisque Jean-Marc Ayrault avait déjà fait savoir publiquement que Pierre Moscovici disait la vérité à propos de cette réunion informelle qui s'était tenue le 16 janvier en marge du conseil des ministres.
On s'attendait donc à une solution de ce type. Coup de théâtre le lendemain, lors de la nouvelle réunion de la commission sur ces questions, avec seulement 18 membres présents sur les 40 qu'elle comporte (courageux mais pas téméraires !). La commission par dix voix (socialistes sans doute) contre huit ( UMP ?) refuse l'audition de Jean-Marc Ayrault, dont il n'avait absolument pas été question dans la seconde audition de Jérôme Cahuzac.
Il était évident, depuis le début, que la plupart des membres UMP cherchaient, assez stupidement d'ailleurs, à attirer l'affaire sur le terrain politique général et que, au fond, la question de Jérôme Cahuzac, assez claire, était à leurs yeux très secondaire ; la seule chose qui avait pu préoccuper les moins sots d'entre eux étant la morgue irritante de l'ancien ministre.
Christian Jacob, président du groupe UMP à l'assemblée, en tire la conclusion que si le Premier Ministre ne vient pas devant la Commission « ça veut dire qu'il a quelque chose à cacher et on est sans doute encore sur un autre scandale derrière cette affaire Cahuzac". Cette réflexion est évidemment stupide mais la question n'est pas là.
On est simplement en présence de l'habituelle sottise de beaucoup de nos hommes politiques. Je vais donc les éclairer et leur donner quelques conseils, gratuits comme toujours, quoique, depuis l'audition de Monsieur Stéphane Fouks et de la révélation plus ancienne de quelques salaires de conseillers dans d'autres circonstances, on sache que le tarif mensuel du conseilleur politique est au minimum de 12.000 € par mois. Je ferai donc faire de considérables économies (je ne sais pas trop à qui d'ailleurs) en leur faisant quelques suggestions de bien meilleur aloi que leurs pitoyables "éléments de langage" (expression d'ailleurs incorrecte et dépourvue de sens !).
Rien pour Monsieur Jacob qui ferait mieux de retourner à ses labours. Je crois que l'attitude des socialistes comme celle de l'UMP est stupide et ne fait que le jeu des extrêmes c'est-à-dire de Mélenchon et de Marine Le Pen comme d'habitude. Laissons donc ce truisme.
Pour l'affaire Cahuzac; il n'avait jamais été question de faire venir Jean-Marc Ayrault mais Pierre Moscovici ; il fallait s'en tenir là, ce qui était la seule solution à la fois rationnelle, efficace et surtout définitive.
Vu la panique de Claeys en fin de séance, je suppose que les membres du PS (le courageux Désir en tête) ont sauté sur la sotte proposition UMP de convoquer Jean-Marc Ayrault (rien de pire que les imbéciles qui se croient géniaux) pour ne pas reconvoquer Moscovici et se donner la possibilité de refuser la venue d'Ayrault.
S'il se montre un peu astucieux en la circonstance, le seul bénéficiaire de toutes ces sottises comme du retrait de la commission des parlementaires UMP devrait être Jean-Marc Ayrault lui-même, s'il se montre assez habile.
Il doit, de sa propre initiative et à frans son de trompes, DEMANDER à être entendu par la Commission. Résultat des courses ?
Les membres UMP seront bien obligés d'y revenir, penauds, la queue comme l'oreille basses.
Le témoignage de Moscovici, qui prouve le mensonge de Jérôme Cahuzac (sous serment devant la commission) devient inutile car il sera avéré par un nouveau témoignage ; le parjure pourra alors être traduit en justice pour ses mensonges.
Enfin et c'est le plus intéressant pour lui, Jean-Marc Ayrault, qu'on présente toujours comme un mollasson, sans énergie ni idée, apparaîtra soudain comme le grand triomphateur dans cette affaire par son courage, sa volonté d'en finir et de faire se manifester enfin la vérité.
Bravo Jean-Marc Ayrault et qu'est-ce qu'on dit au Monsieur ?
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jeudi 25 juillet 2013
jeudi 18 juillet 2013
Commission Cahuzac : le spectacle est permanent mais aucune sortie n'est définitive
Le fonctionnement de la commission parlementaire consacrée à l'affaire Cahuzac est tout différent de celui des bons vieux cinémas permanents d'autrefois, où l'on précisait, à l'entrée, que si le spectacle était permanent, toute sortie était définitive.
Rien de tel ici, ce qui est quelque peu étonnant voire contradictoire, car, alors que les invités à témoigner dans cette commission le font sous serment, ils peuvent être sollicités pour une nouvelle audition, ce qui semble avoir pour but de les amener à modifier ou à corriger leurs premières déclarations.
Le point le plus remarquable dans le fonctionnement de cette commission est que son rapporteur et son président, issus de deux bords politiques différents, commencent à se prendre publiquement aux cheveux, alors qu'ils avaient semblé, jusqu'à présent, travailler dans la plus parfaite harmonie. La dernière déclaration du président De Courson montre qu'il est persuadé que François Hollande était au courant depuis le mois de décembre 2012, alors que son rapporteur Alain Claeys (faut-il préciser qu'il appartient au parti socialiste) est d'un avis contraire. Si ces deux autorités se crèpent le chignon ainsi et pour ça, il est à craindre que le bel ordonnancement de la chevelure de Monsieur de Courson s'en trouve fâcheusement bouleversé. Rassurez-vous les maquilleuses de France Télévision y mettront en bon ordre avant le début des séances.
Il faut dire que ce sont là les deux principaux héros des écrans (avec la personnalité interrogée par la commission), au cours de chacune des séances, car les plans larges y sont interdits dans la mesure où les membres de cette commission ne font pas preuve d'un zèle excessif dans la participation et qu'on n'y compte le plus souvent qu'un maigre tiers des quarante élus qui la composent. Les prises de vue qu'on y réalise rappellent beaucoup celles de l'Assemblée nationale, où le mercredi, quand à la télévision est la, les rares députés en séance se rassemblent frileusement autour de l'orateur du moment pour être saisis par les objectifs des caméras. Il en est de même à la commission Cahuzac et l'on évite ainsi le spectacle, un peu affligeant pour notre démocratie, qu'on avait donné dans les premières séances, où les quelques élus présents étaient clairsemés dans la salle et, pour la plupart, occupés à faire leur courrier ou à envoyer textos et SMS. Informés qu'ils sont désormais du programme établi par le président et son rapporteur, seuls ceux qui figurent effectivement sur l'agenda présidentiel prennent la peine de se rendre à la séance où ils auront à poser une question et donc à avoir les honneurs du petit écran.
Il faut bien dire d'ailleurs qu'on perd désormais très souvent de vue l'affaire elle-même et que, du côté de la droite surtout, évidemment, l'enquête elle-même disparaît au profit de la mise en cause de tel ou tel aspect de la politique du gouvernement qui n'a rien à voir avec elle.
Il est heureux que cette commission avance dans ses travaux à un train de sénateur (ce qui est bien normal !) car quoiqu'on y dépose sous serment, en évitant au mieux les questions gênantes, certains seront amenés à y revenir pour y faire de nouvelles déclarations qui, elles-mêmes, pourraient conduire à reconvoquer à nouveau tel ou tel témoin dont les précédentes déclarations auraient amené la réapparition de personnes déjà interrogées. On risque fort de n'en pas sortir, mais peut-être est-ce préférable ainsi ?
Sans rappeler les faits, disons que l'affaire Cahuzac s'est située, en gros, dans le premier trimestre de l'année 2013, entre le premier article de Mediapart qui en a marqué le début, le 4 décembre 2012, et les aveux inattendus de Jérôme Cahuzac le 2 avril 2013 ; il avait fort heureusement évité de les faire la veille car on n'aurait pas manqué alors de les prendre pour un poisson d'avril !
La question, qui fait débat désormais, n'est pas celle de savoir exactement quand le Président de la République et le Premier Ministre ont été informés et surtout y ont cru ; ils sont les seuls à le savoir vraiment et on ne peut guère imaginer que l'article de Mediapart du début décembre 2012 n'ait pas retenu l'attention des plus hautes autorités de l'État, même s'ils n'étaient pas en mesure de juger réellement de sa pertinence. On sait toutefois aussi, maintenant que les langues se sont déliées, que beaucoup de gens, au PS, étaient au courant des activités hautement rémunératrices du docteur Cahuzac. Elles n'étaient nullement dans les implants capillaires et les moumoutes mais, à une toute autre échelle, dans les ventes illicites et les pots de vin liés aux permis pour les scanners et les IRM
La question actuelle est de savoir si Cahuzac a été mis au courant de la procédure d'enquête lancée à son endroit début janvier 2013. Or, la déclaration de Moscovici a été sur ce point sans ambiguïté ; Cahuzac était, avec Moscovici lui-même, le Président de la République et le Premier Ministre le 16 janvier 2013 à la sortie du conseil des ministres et il a été informé, à ce moment-là, de la procédure engagée auprès de la Suisse, alors qu'il a prétendu, devant la commission, ne jamais avoir été mis au courant.
Comme cette information lui a été donnée à la sortie du conseil des ministres, on peut aisément deviner qu'il plaidera l'omission par malentendu et prétendra qu'il ne s'agissait pas d'une réunion mais simplement d'une conversation entre deux portes, après le conseil des ministres. Je veux bien confirmer par écrit cette hypothèse ; il est donc un peu inutile de réentendre à nouveau Jérôme Cahuzac sur ce point puisque je fournis ici l'explication qu'il avancera.
Si, au contraire on poursuit la procédure, ne faudra-t-il pas alors convoquer à nouveau devant la commission le ministre Moscovici, pour qu'il précise exactement le lieu et les conditions dans lesquelles cette information a été communiquée à Jérôme Cahuzac et ainsi de suite.
Tout cela coûte, Monsieur de Courson, contentez-vous de ma lettre et de mon hypothèse.
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mercredi 17 juillet 2013
Politique et économie françaises : eau dans le gaz et gaz dans l'eau
Les politiciens nous prennent vraiment pour des imbéciles.
Vous aurez observé que j'ai employé ici volontairement le mot "politicien", dans le vrai sens qu'il a en français et qui est, le plus souvent, péjoratif ce qu'ignorent la plupart des gens qui usent de ce terme ; si l'on vise une dénotation pure et simple, il vaut mieux dire les hommes politiques, les femmes politiques ou, plus brièvement, les politiques.
Mais là n'est pas le sujet dont je veux traiter!
La commedia dell'arte politique à laquelle nous assistons en ce moment et qui a commencé bien avant l'éviction inopinée (surtout pour elle !) de cette pauvre Delphine Batho et qui se prolonge avec l'affaire du Tricastin tient essentiellement à ce qu'en réalité, le parti socialiste et les Verts d'EELV sont des ennemis naturels, puisque leurs électorats sont partiellement communs. L'alliance, que Martine Aubry a conclue naguère avec les Verts et qui leur accordait un nombre d'élus sans le moindre rapport avec leur poids électoral réel, avait fortement déplu à François Hollande (comme sans doute à Martine Aubry elle même), mais il avait été secrètement ravi sans doute d'avoir eu la chance de ne pas être obligé de la conclure lui-même, ce qu'il aurait bien été forcé de faire s'il s'était trouvé dans la même situation à la tête du PS.
Comme dit le bon peuple, il y a donc, clairement et depuis le début, de "l'eau dans le gaz" entre les socialistes et les Verts ; on ne comprend d'ailleurs pas qu'Hollande n'ait pas fait de Placé, la grande gueule de service, un sous-secrétaire d'Etat adjoint aux anciens combattants ce qui lui aurait aussitôt fermé la dite gueule.
En tout état de cause, le PS et EELV se tiennent, les uns et les autres, par la barbichette. S'il y a trop d'eau dans le gaz ou pire encore du gaz dans l'eau et que ça pète, ils n'arriveront pas à faire listes communes pour les municipales ; les socialistes risquent alors une lourde défaite et il en est de même pour les Verts, sans compter les postes de députés, de sénateurs ou de ministres auxquels celles et ceux qui les occupent n'ont aucune envie de renoncer, tandis que les autres Verts, qui rêvent simplement d'être califes à la place des califes devront s'asseoir sur leurs ambitions. On s'en tiendra donc inévitablement à des escarmouches dont cette pauvre Delphine Batho a fait les frais et cela d'autant que si elle était elle-même, en principe, socialiste, elle s'était elle aussi brouillée avec sa bienfaitrice d'antan, l'infortunée Ségolène qui n'est pas le meilleur appui au sein du PS.
Que voulez-vous ? La politique c'est comme ça ! Comme disait l'autre : "Ces choses-là sont rudes, il faut, pour les comprendre, avoir fait des études ». Et de préférence dans la promotion Voltaire de l'ENA.
Il y a donc de "l'eau dans le gaz" entre les alliés de la coalition au pouvoir et une partie de leurs différends vient curieusement de ce qu'on craint qu'il n'y ait un jour du "gaz dans l'eau !".
Ce titre m'est venu suite à la double considération de la chose politique française et de la résurgence de plus en plus fréquente de l'affaire du gaz de schiste. Un documentaire sur le sujet, "Gazland" a même été diffusé à la télé il y a quelques jours, à une heure de grande écoute. Je pense que ce n'était pas tout à fait par hasard. Très critique, il concernait essentiellement l'exploitation du gaz de schiste aux États-Unis. On y voyait, à de nombreuses reprises, des gens mettre le feu à l'eau qui sortait de leur robinet (car il y avait dans cette eau du gaz inflammable) et tout autant de responsables politiques ou industriels qui, tout en affirmant que ladite eau était parfaitement consommable, refusaient tous obstinément d'en boire la moindre goutte (ce gag a été répété à plusieurs reprises au cours du film).
On avait appris, de sa bouche même, quoiqu'à mots couverts, mais par ailleurs fort clairement, que Delphine Batho, ministre de l'écologie, avait été virée sur intervention de lobbys industriels favorables au gaz de schiste. Détail pittoresque mais fâcheux, on a appris, en cette même circonstance, que l'épouse de Monsieur Crouzet, patron de Vallourec, grande société productrice de tuyaux dans les domaines pétrolier, gazier et nucléaire, est, en fait, contre toute attente, le mari de Madame Sylvie Hubac, directrice de cabinet de François Hollande. Cette-ci, fort opportunément, ne porte pas le nom de son mari, quoiqu'ils soient mariés depuis trente ans et que la chose ne soit guère dans les habitudes françaises, surtout dans le milieu en cause et quand on n'est ni artiste ni auteur !
Au même moment ou à peu près, Arnaud Montebourg, le rebelle de service, a remis sur le tapis médiatique l'affaire du gaz de schiste, en demandant, non sans une solide dose de bon sens, qu'on "explore" (c'est le terme dont il use) la question au lieu d'interdire purement et simplement l'exploitation du gaz de schiste, sans même savoir de quoi on parle, comme le fait la loi Jacob de 2011 que conteste actuellement, en justice, une société américaine Schuepbach qui s'était vu accorder, auparavant, un permis d'exploitation qu'on lui a ensuite retiré (l'affaire va aller devant le Conseil constitutionnel). Des esprits chagrins pourraient noter et faire valoir que Monsieur Jacob, qui s'est surtout illustré dans le débat parlementaire sur les déclarations de patrimoine des parlementaires, en défendant un amendement qui visait à supprimer la pénalisation des déclarations « sciemment » erronées, texte qu'il dut finalement retirer, semble quelque peu lui, le représentant de lobbys agro-machin, puisqu'il a fait à peu près toute sa carrière pré politique au Centre national des jeunes agriculteurs.
Le problème est que, comme toujours en France, nous ne disposons d'aucune information sérieuse sur cette affaire ; la seule émission un peu intelligente et informée que j'ai pu voir sur la question était le "C plus clair" du 12 juillet, qui ,fort heureusement, s'est tenu en l'absence d'Yves Calvi (déjà en vacances chez son pépé), ce qui nous a dispensé de l'inévitable présence à l'écran de Christophe Barbier et des diverses plumes du Figaro. On a pu enfin avoir des informations de gens qui savaient de quoi ils parlaient au lieu de se borner à écouter les platitudes éculées des journalistes ignorants qui peuplent notre PAF.
Arnaud Montebourg prend donc des positions, dont certains s'étonnent, non sans candeur, qu'elles n'entraînent pas son éviction du gouvernement ; cette crainte est évidemment totalement infondée puisqu'il est clair qu'Arnaud Montebourg, Monsieur 17% aux primaires du PS, dit des choses que n'osent et ne peuvent nous dire ni François Hollande ni Jean-Marc Ayrault! En la circonstance, elles sont d'ailleurs l'expression du simple bon sens et j'ai personnellement tenu dans mon blog des propos quasi identiques depuis longtemps, en pensant qu'avant de se prendre aux cheveux sur la question de la fracturation des schistes bitumineux, on ferait mieux d'abord de faire un inventaire géologique sérieux des richesses dont nous disposons réellement, des bénéfices que nous pourrions éventuellement en tirer, des modes d'exploitation possibles (méthane ?) comme des risques qui pourraient s'attacher à cette fracturation et qui ne sont pas seulement celui de la pollution de l'eau, mais également celui de la dispersion dans l'atmosphère de gaz qui ne serait pas retenu dans le sous-sol comme dans l'exportation pétrolière et gazière traditionnelle.
Bien entendu pour informer l'Etat et orienter ses choix stratégiques, il faut avoir des informations et des données incontestables sur ces questions. Tout cela ne peut résulter que de programmes de recherche, sérieux et porteurs (on en cherche!); c'est là ce qui doit compter dans les décisions et les choix à venir et non pas l'avis ni des représentants des lobbies céréaliers ni d'hurluberlus, si verts qu'ils soient.
Eau dans le gaz ou gaz dans l'eau ? Les deux questions sont finalement plus liées qu'on pourrait le croire.
Vous aurez observé que j'ai employé ici volontairement le mot "politicien", dans le vrai sens qu'il a en français et qui est, le plus souvent, péjoratif ce qu'ignorent la plupart des gens qui usent de ce terme ; si l'on vise une dénotation pure et simple, il vaut mieux dire les hommes politiques, les femmes politiques ou, plus brièvement, les politiques.
Mais là n'est pas le sujet dont je veux traiter!
La commedia dell'arte politique à laquelle nous assistons en ce moment et qui a commencé bien avant l'éviction inopinée (surtout pour elle !) de cette pauvre Delphine Batho et qui se prolonge avec l'affaire du Tricastin tient essentiellement à ce qu'en réalité, le parti socialiste et les Verts d'EELV sont des ennemis naturels, puisque leurs électorats sont partiellement communs. L'alliance, que Martine Aubry a conclue naguère avec les Verts et qui leur accordait un nombre d'élus sans le moindre rapport avec leur poids électoral réel, avait fortement déplu à François Hollande (comme sans doute à Martine Aubry elle même), mais il avait été secrètement ravi sans doute d'avoir eu la chance de ne pas être obligé de la conclure lui-même, ce qu'il aurait bien été forcé de faire s'il s'était trouvé dans la même situation à la tête du PS.
Comme dit le bon peuple, il y a donc, clairement et depuis le début, de "l'eau dans le gaz" entre les socialistes et les Verts ; on ne comprend d'ailleurs pas qu'Hollande n'ait pas fait de Placé, la grande gueule de service, un sous-secrétaire d'Etat adjoint aux anciens combattants ce qui lui aurait aussitôt fermé la dite gueule.
En tout état de cause, le PS et EELV se tiennent, les uns et les autres, par la barbichette. S'il y a trop d'eau dans le gaz ou pire encore du gaz dans l'eau et que ça pète, ils n'arriveront pas à faire listes communes pour les municipales ; les socialistes risquent alors une lourde défaite et il en est de même pour les Verts, sans compter les postes de députés, de sénateurs ou de ministres auxquels celles et ceux qui les occupent n'ont aucune envie de renoncer, tandis que les autres Verts, qui rêvent simplement d'être califes à la place des califes devront s'asseoir sur leurs ambitions. On s'en tiendra donc inévitablement à des escarmouches dont cette pauvre Delphine Batho a fait les frais et cela d'autant que si elle était elle-même, en principe, socialiste, elle s'était elle aussi brouillée avec sa bienfaitrice d'antan, l'infortunée Ségolène qui n'est pas le meilleur appui au sein du PS.
Que voulez-vous ? La politique c'est comme ça ! Comme disait l'autre : "Ces choses-là sont rudes, il faut, pour les comprendre, avoir fait des études ». Et de préférence dans la promotion Voltaire de l'ENA.
Il y a donc de "l'eau dans le gaz" entre les alliés de la coalition au pouvoir et une partie de leurs différends vient curieusement de ce qu'on craint qu'il n'y ait un jour du "gaz dans l'eau !".
Ce titre m'est venu suite à la double considération de la chose politique française et de la résurgence de plus en plus fréquente de l'affaire du gaz de schiste. Un documentaire sur le sujet, "Gazland" a même été diffusé à la télé il y a quelques jours, à une heure de grande écoute. Je pense que ce n'était pas tout à fait par hasard. Très critique, il concernait essentiellement l'exploitation du gaz de schiste aux États-Unis. On y voyait, à de nombreuses reprises, des gens mettre le feu à l'eau qui sortait de leur robinet (car il y avait dans cette eau du gaz inflammable) et tout autant de responsables politiques ou industriels qui, tout en affirmant que ladite eau était parfaitement consommable, refusaient tous obstinément d'en boire la moindre goutte (ce gag a été répété à plusieurs reprises au cours du film).
On avait appris, de sa bouche même, quoiqu'à mots couverts, mais par ailleurs fort clairement, que Delphine Batho, ministre de l'écologie, avait été virée sur intervention de lobbys industriels favorables au gaz de schiste. Détail pittoresque mais fâcheux, on a appris, en cette même circonstance, que l'épouse de Monsieur Crouzet, patron de Vallourec, grande société productrice de tuyaux dans les domaines pétrolier, gazier et nucléaire, est, en fait, contre toute attente, le mari de Madame Sylvie Hubac, directrice de cabinet de François Hollande. Cette-ci, fort opportunément, ne porte pas le nom de son mari, quoiqu'ils soient mariés depuis trente ans et que la chose ne soit guère dans les habitudes françaises, surtout dans le milieu en cause et quand on n'est ni artiste ni auteur !
Au même moment ou à peu près, Arnaud Montebourg, le rebelle de service, a remis sur le tapis médiatique l'affaire du gaz de schiste, en demandant, non sans une solide dose de bon sens, qu'on "explore" (c'est le terme dont il use) la question au lieu d'interdire purement et simplement l'exploitation du gaz de schiste, sans même savoir de quoi on parle, comme le fait la loi Jacob de 2011 que conteste actuellement, en justice, une société américaine Schuepbach qui s'était vu accorder, auparavant, un permis d'exploitation qu'on lui a ensuite retiré (l'affaire va aller devant le Conseil constitutionnel). Des esprits chagrins pourraient noter et faire valoir que Monsieur Jacob, qui s'est surtout illustré dans le débat parlementaire sur les déclarations de patrimoine des parlementaires, en défendant un amendement qui visait à supprimer la pénalisation des déclarations « sciemment » erronées, texte qu'il dut finalement retirer, semble quelque peu lui, le représentant de lobbys agro-machin, puisqu'il a fait à peu près toute sa carrière pré politique au Centre national des jeunes agriculteurs.
Le problème est que, comme toujours en France, nous ne disposons d'aucune information sérieuse sur cette affaire ; la seule émission un peu intelligente et informée que j'ai pu voir sur la question était le "C plus clair" du 12 juillet, qui ,fort heureusement, s'est tenu en l'absence d'Yves Calvi (déjà en vacances chez son pépé), ce qui nous a dispensé de l'inévitable présence à l'écran de Christophe Barbier et des diverses plumes du Figaro. On a pu enfin avoir des informations de gens qui savaient de quoi ils parlaient au lieu de se borner à écouter les platitudes éculées des journalistes ignorants qui peuplent notre PAF.
Arnaud Montebourg prend donc des positions, dont certains s'étonnent, non sans candeur, qu'elles n'entraînent pas son éviction du gouvernement ; cette crainte est évidemment totalement infondée puisqu'il est clair qu'Arnaud Montebourg, Monsieur 17% aux primaires du PS, dit des choses que n'osent et ne peuvent nous dire ni François Hollande ni Jean-Marc Ayrault! En la circonstance, elles sont d'ailleurs l'expression du simple bon sens et j'ai personnellement tenu dans mon blog des propos quasi identiques depuis longtemps, en pensant qu'avant de se prendre aux cheveux sur la question de la fracturation des schistes bitumineux, on ferait mieux d'abord de faire un inventaire géologique sérieux des richesses dont nous disposons réellement, des bénéfices que nous pourrions éventuellement en tirer, des modes d'exploitation possibles (méthane ?) comme des risques qui pourraient s'attacher à cette fracturation et qui ne sont pas seulement celui de la pollution de l'eau, mais également celui de la dispersion dans l'atmosphère de gaz qui ne serait pas retenu dans le sous-sol comme dans l'exportation pétrolière et gazière traditionnelle.
Bien entendu pour informer l'Etat et orienter ses choix stratégiques, il faut avoir des informations et des données incontestables sur ces questions. Tout cela ne peut résulter que de programmes de recherche, sérieux et porteurs (on en cherche!); c'est là ce qui doit compter dans les décisions et les choix à venir et non pas l'avis ni des représentants des lobbies céréaliers ni d'hurluberlus, si verts qu'ils soient.
Eau dans le gaz ou gaz dans l'eau ? Les deux questions sont finalement plus liées qu'on pourrait le croire.
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mercredi 17 avril 2013
Politique : confessions à tous les étages.
Les commentateurs ont
été forts déçus de ne pas trouver dans ces différentes déclarations de sujets
de commentaires drôles, acides ou tendancieux. À peine a-t-on relevé, et encore
rarement, que Laurent Fabius, sans doute vu l'importance même de son patrimoine et son passé ministériel,
était le seul à se donner un conseiller spécialisé propre à lui trouver des
niches fiscales qui lui permettent de réduire son impôt. Je trouve, en revanche,
que l'on n'a pas fait quelques remarques qui me paraissent s'imposer en la
circonstance.
Comment ne pas
féliciter Madame Taubira de posséder trois bicyclettes (dont elle précise même
la marque et la valeur de 900 € à elles trois) et surtout d'en user pour
pratiquer un sport qui paraît bien indispensable dans son cas? En revanche,
comment ne pas s'alarmer, comme je le fais ici, de voir notre Premier Ministre,
Jean-Marc Ayrault, se lancer sur les routes dans un combi Volkswagen aménagé en
camping-car (on a même vu des photos à l'appui) vieux de 28 ans et dont la
valeur estimée n'est guère que 1000 € ? Tout cela est fort inquiétant. Peut-on
ainsi confier à un véhicule si vétuste la vie de celui qui a en charge les
destinées de notre pays en des circonstances si difficiles? Je suis tout prêt à
lancer une souscription pour changer ce véhicule, l'Etat n'étant clairement pas
en position de le faire
Je pense aussi que toutes
ces révélations ont dû briser le cœur de notre ministre de la culture qui a pu
constater que le patrimoine artistique de la plupart des membres du
gouvernement était des plus réduits, exception faite de celui de Monsieur
Fabius qui semble héréditaire et est, au demeurant, modeste vu la lignée dont
il est issu. Pour les autres, ces patrimoines artistiques sont si réduits (voire
inexistants) que la chose confine au ridicule ; il est vrai que, par nécessité
professionnelle, ces ministres passent le plus clair de leur temps au milieu
des merveilles de notre mobilier national.
Le cas de Jérôme Cahuzac est différent
et plus complexe, même s'il a tenté avec adresse de se glisser dans la foule de ceux qui venaient à confesse
; il amène aussi à plus d'interrogations et, somme toute, pose plus de
questions qu'il ne fournit de réponses ! Serait- ce un hasard ?
Certes, comme on l'a
vu, le choix de la date était sans problème ; à fondre sa confession de "faute
morale" dans le grand déballage patrimonial dont sa précédente démission
l'exemptait opportunément car, s'il était resté à Bercy, il aurait été
contraint de mentir une fois de plus. En revanche, le choix de BFM.TV, la "télé
du grand capital", comme aurait dit feu Georges Marchais, n'était pas
évident. Aux autres ministres, pour les amener à confesse, il a sans doute fallu
tordre le bras gauche (normal dans un gouvernement socialiste), mais on a sans
doute tordu le droit à Jérôme Cahuzac pour l'amener ainsi dans l'antre
médiatique du MEDEF. Il faut dire que l'expérience DSK avec Madame Chazal et
TF1 n'avait pas été des plus réussies et que cette circonstance dissuadait de
la répéter, en outre avec la même coach de com'..
Il faut dire aussi
qu'on a l'impression que Jérôme s'est moins donné le temps de la réflexion morale
que celui de la négociation politique. Comme toujours, désormais, toute déclaration
publique, dûment enregistrée et filmée, vous laisse sous la menace permanente
et définitive de la reproduction incessante de ce témoignage ("verba non volant" , les paroles
ne volent plus hélas!), non seulement la prudence mais le jésuitisme et la
restriction morale sont de mise.
Dans un premier temps,
en jurant ses grands dieux qu'il n'avait pas de compte en Suisse, Jérôme Cahuzac
était de très bonne foi et ne mentait en rien puisque son compte était à
Singapour ! De la même façon, il a assuré hier que les fonds déposés à
l'étranger n'avaient pas servi à des opérations électorales du parti
socialiste. C'est la pure vérité, puisque, si l'on en croit le témoignage de
Mediapart, ces fonds, initialement destinés à une éventuelle candidature de
Michel Rocard en 1995 et que je soupçonne sans le moindre élément de preuve de
venir des fonds secrets, n'ont effectivement pas été utilisés pour une opération
électorale !
Ce genre d'aveu a été
inventé, depuis des siècles, par la Compagnie de Jésus et il n'y a décidément
rien de nouveau sous le soleil. Comme disait, en se marrant (ce qui était rare
de sa part), Ignace de Loyola, avec une bonne grosse restriction mentale, toute
faute à demi-avouée est aux trois-quarts pardonnée.
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Taubira
mardi 19 mars 2013
L'éducation nationale et l'armée : de la grande bavarde à la grande muette.
Il en est de la
gestion du budget de l'État comme de celle des programmes de l'éducation
nationale et, plus généralement encore, comme des réformes dans notre pays.
Tout le monde est d'accord sur la nécessité de faire des économies et de
réduire les coûts globaux comme sur celle de procéder à des réformes. Le seul problème
est que les économies, comme les réformes, c'est toujours pour les autres.
Sartre avait
bien raison : « L'enfer, c'est les autres. ».
Je reste
convaincu '(et je l'ai déjà écrit ici-même) que notre bon Président de la République,
tout normal qu'il est et même probablement plus futé en la circonstance que ses
interlocuteurs, s'est laissé manipuler, dans l'affaire de la guerre au Mali,
devant les démonstrations éclatantes, faites à son intention et son attention exclusives par les
militaires, que notre supériorité évidente face aux « terroristes » conduirait
à une victoire aussi rapide qu'éclatante. Pour sa plus grande gloire bien sûr. Cette guerre sera le plus beau jour de sa vie...comme le sabre de Joseph Prudhomme!
Toutefois, par un
heureux hasard, cette solution, glorieuse et rapide, de redorer instantanément
l'image de notre président (du moins selon la version présentée par les
militaires) est intervenue précisément, vous l'aurez noté, juste au moment où était en chantier, depuis
des semaines, le "Livre blanc de la défense". En haut lieu, on
voudrait, dit-on, ramener à 1,5 % du PIB, les crédits de la défense, qui étaient encore
à 3 % de ce PIB en 1981, à l'arrivée au pouvoir d'une gauche qui d'ailleurs n'a
pas fait grand-chose dans ce domaine.
Cette guerre du
Mali, qui devait être un triomphe éclair de nos armées, va désormais traîner en
longueur, de l'avis de tous les spécialistes et même simplement de l'avis du
plus modeste de ceux qui, comme moi, connaissent un peu cette région et les
problèmes qui s'y posent. Ils ne sont d'ailleurs en rien, pour l'essentiel,
militaires, mais ethniques et politiques, en raison de la haine, réciproque et séculaire,
qui oppose les "mélanodermes" du Sud et les "peaux blanches"
ou "peaux rouges" du Nord.
La solution,
souvent commode du vote ("une voix, un vote"), ne résout aucun
problème, puisque les Tamasheq et les Arabes du Nord sont 12 ou 13 fois moins
nombreux que les Maliens du Sud et qu'une telle procédure électorale
n'amènerait qu'à régénérer et légitimer le problème sous couvert de démocratie et
de justice. Tous ceux qui connaissent le Mali, depuis Antoine Glaser jusqu'à ce
pauvre Laurent Bigot qui s'est fait virer par Fabius de sa sous-direction du Quai d'Orsay
pour avoir osé le dire dans un colloque, savent et disent tout ça mais nul ne
veut les entendre, pour des raisons souvent différentes d'ailleurs.
Le Mali n'a toutefois
été qu'un aspect mineur et une conséquence fortuite du problème du budget
militaire, à propos duquel se manifeste une volonté gouvernementale de le réduire
; aucune des trois armes ne veut bien entendu que cela se fasse à son détriment et
propose évidemment que ce soient les deux autres qui payent. Au fait à quoi bon tous ces généraux et tous ces amiraux dans une armée qu'ils jugent eux-mêmes dépassée ?
Le bon sens le
plus élémentaire conduirait à sabrer le budget nucléaire qui représente,
en gros, 10 % des 31,5 milliards d'euros du budget de la défense ; cette vieille bombe atomique ne sert
pas à grand-chose, puisque nous pouvons, après tout, nous mettre sous le bouclier
nucléaire américain et que nous disposons, par ailleurs, d'un arsenal nucléaire,
qui est sans doute en passe de devenir obsolète mais ne l'est pas davantage que
le reste de nos équipements militaires qu'on dit désuets. Il paraît toutefois, Dieu
sait pourquoi, qu'il n'y faut pas toucher! Au fait, autre question idiote : à qui
voulons nous faire, tout seuls, la guerre ?
Les conflits
entre les trois armes (terre, mer, air) rappellent singulièrement les débats
éternels au sein des commissions de programmes de l'éducation nationale dont on
vient de mettre en place la Nième et qui est, de toute évidence, promise aux
mêmes vains débats et donc de ce fait au même sort que les autres. On y
retrouve déjà le même état d'esprit : la réforme oui, à condition qu'elle ne
concerne que les autres! Une étude précise des résultats de ces commissions de
programmes successives montrerait sans doute qu'elles ont davantage contribué à alourdir les programmes au lieu de les
alléger, chacun cherchant à tirer la couverture à soi comme, le font les trois armes,
dans l'armée.
La seule
différence entre l'éducation nationale et l'armée est qu'on bavarde beaucoup
dans le premier cas et que les syndicats se répandent dans toute la presse
ainsi que les associations de parents d'élèves et toutes sortes de groupuscules
de tous poils. En revanche, les débats militaires interarmes sont plus feutrés et
les manoeuvres plus discrètes, mais tout aussi acharnées, dans la tradition de
la "Grande muette".
Ne serait-ce pas
le rôle d'un Président vrai homme d'Etat et d'un vrai gouvernement, qui disposent
naturellement par ailleurs de tous les experts qu'il faut, de prendre les décisions
eux-mêmes et de les imposer à tous les ministères, donc aux
enseignants comme aux militaires, sans leur demander leur avis, puisqu'on sait
que, de toute façon, rien ne se fera de leur côté, si on en attend des
initiatives qui les concernent ?
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dimanche 21 octobre 2012
Le nouveau vocabulaire politique français
C'est dimanche ; en attendant de revenir demain à l'esclavage, voulez-vous que je vous propose, comme exemple, un titre à la mode dans le discours politique français ? En voici un : « Le manque de charisme du Premier Ministre impactera-t-il de façon pérenne son action régalienne ?".
.
Vous avez remarqué sans doute que ce titre veut simplement dire : "Le manque d'autorité rayonnante de notre Premier Ministre l'empêchera-t-il de prendre les décisions qui s'imposent dans des domaines essentiels?".
En lieu et place d'une telle formulation, consternante de banalité voire de désuétude, celle que je vous propose ici réunit quatre mots-clés de notre vocabulaire médiatico-politique actuel. Le seul point sur lequel je m'interroge en écrivant ce post est l'ordre dans lequel je dois mettre ces deux termes : médiatico-politique ou politico-médiatique ? Je ne vais pas vous refaire le coup de l'âne de Buridan et je ne vois pas de mot-valise sauf un médiocre "polimédiatique" que les incertitudes orthographiques si communes aujourd'hui peuvent rendre ambigu.
Il ne fait pas de doute que la vogue de ces termes (je ne m'en tiens qu'aux plus récents que leur fréquence même rend insupportables) tient à l'ignorance encyclopédique de la plupart de nos politiques et de nos journalistes ; à chaque mot nouveau pour eux (ce qui est un phénomène relativement courant vu leur niveau de connaissance de la langue française), ils sont comme des enfants qui ont trouvé un nouveau joujou dans l'une ou l'autre de leurs friandises et qui ne s'en séparent plus aussi longtemps que dure l'émerveillement devant pareille nouveauté.
Je leur signale car, sans doute cet attrait du neuf finira-t-il par disparaître, qu'ils pourraient ajouter à cette liste, relativement courte, un verbe que j'aime beaucoup et qui souvent n'est malheureusement pas compris, en dépit du fait qu'on peut en user dans nombre de circonstances, en particulier en politique.
Il s'agit du verbe "gazer" ; non pas le verbe sinistre qu'ont hélas popularisé les camps de concentration et la Shoah, pour en faire, comme disait l'autre, un "détail de l'histoire" et qui est dérivé du substantif "gaz", (en la circonstance asphyxiant), mais d'un verbe "gazer", de forme identique , mais beaucoup plus joli, dans son étymologie en tout cas, puisqu'il dérive, non pas du "gaz" (mot rudement masculin) mais de la "gaze", terme féminin qui qualifie un tissu dont il a le charme léger, la douceur et le léger pouvoir d'occultation. "Gazer" une réalité, ce n'est en rien la cacher et moins encore la détruire, mais voiler d'une "gaze" légère qui en adoucit les contours et en masque les défauts. Quoi de plus précieux en politique ?
Le peu charismatique Monsieur Ayrault pourrait donc, faute d'un impact pérenne dans sa fonction régalienne de gestion de nos finances, s'employer, sinon à réduire ou à faire disparaître nos difficultés et déficits, du moins à les "gazer", c'est-à-dire à les couvrir de voiles légers, qui en atténuent la rudesse inquiétante, sans pour autant chercher, sottement voire malhonnêtement, à les dissimuler totalement à nos regards.
Monsieur le Premier Ministre, avec tout le respect que je vous dois, je vous en prie, acceptez ce conseil (gratuit comme toujours chez Usbek Consulting &Co) et suivez-le donc : « Gazez ! Gazez ! Gazez !".
mardi 10 mai 2011
Les farceurs de la République.
Qu'on ne vienne pas me chicaner sur ce titre car, à ma connaissance du moins, le mot « farceur » ne comporte pas de féminin et d'autre part, dans cet îlot de machinisme que constitue la grammaire du français, le masculin persiste à l'emporter sur le féminin. Les farceurs de la République que je veux évoquer ici sont, en premier lieu, Jacques Chirac et Christiane Taubira, et à un moindre degré, le maire de Nantes Jean-Marc Ayrault.
Je ne puis croire que ce soit, en toute innocence et sans calcul, qu'en 2006 le président Chirac ait choisi de faire du 10 mai la « journée nationale des mémoires de la traite, de l'esclavage et de leurs abolitions ». En effet, et on le constate à nouveau aujourd'hui de façon un peu inattendue, la date du 10 mai demeure, dans la mémoire française collective, le jour où, en 1981, François Mitterrand a été élu président de la République. Vous observerez d'ailleurs aisément que si la célébration du 10 mai 81 occupe tous nos médias depuis le matin, il en a pas été de même, très loin de là, pour la commémoration de la « journée nationale des mémoires de la traite de l'esclavage et de leurs abolitions ». Cette célébration n'a tenu qu'une place très modeste et, en outre, provinciale surtout puisque c'est à Nantes (quelle ironie !) qu’a eu lieu la principale, pour ne pas dire la seule, des célébrations de cette « Journée ».
Quel était le dessein secret de Jacques Chirac, en 2006, quand il a choisi le 10 mai pour cette célébration ? Pensait-il, par là, occulter la célébration du 10 mai 1981 ? La chose n'est pas impossible car, à cette période, on ne pouvait imaginer que très lointain le retour de la gauche aux affaires vu l'état dans lequel se trouvait alors le parti socialiste. En tout cas, Chirac ne semblait pas croire que de mauvais plaisants puissent ajouter à la liste des "abolitions" (l'esclavage et la traite) la fin d'un règne, oppressif et sans partage, de la droite sur la République française ! Je n'espère pas être assez heureux pour trouver à la suite de ce blog un commentaire de Jacques Chirac lui-même m'expliquant les raisons secrètes d'un tel choix.
Autre farceur de la République (je n'ose avancer ici ni « farceure », à la quécecoise, ni "farceuse"), Mme Christiane Taubira que j'ai trop souvent accablée de mes traits pour en parler longuement ici. Le choix symbolique de Nantes confirme d'ailleurs son ignorance des réalités de la traite dont elle a fait depuis longtemps son principal fonds de commerce, sans en bien connaître les réalités historiques. De façon exclusive et depuis toujours, seule la concerne la traite qu’elle connaît un peu, en dépit des réalités de l'esclavage comme des remarques qu'on a pu lui faire. Or la traite atlantique n'est pas la principale et n’a sa préférence exclusive qu’en raison de son origine guyanaise. Je ne puis, sur ce point que renvoyer aux divers textes que j'ai écrits à ce propos, mais je constate que la voilà réduite désormais à de modestes manifestations provinciales, les théâtres parisiens ne lui étant plus ouverts.
Jean-Marc Ayrault occupe la troisième place dans ma petite galerie des farceurs de la République dans la mesure où cette date commémorative lui a permis de visiter, en compagnie de Mme Taubira, le futur et rustique mémorial de l'abolition de l'esclavage construit au bord de la Loire, sur le quai de la Fosse, à Nantes d’où partirent les navires du commerce triangulaire. Certes, comme l'a souligné, le maire de Nantes, « il ne s'agit pas d'une démarche repentante ». Le propos est quelque peu singulier et me rappelle irrésistiblement le choix récent fait par les États-Unis de donner à Ben Laden, comme nom de code, Geronimo, (héros apache de la guerre contre les Etats-Unis) au cours de l’opération qui a conduit à son assassinat.
Comme l'a encore dit Jean-Marc Ayrault, lui-même et les Nantais « ont conscience de ce qui s'est passé avant. » ! C’est le moins qu'on puisse faire en ce genre de circonstance mais, de toute évidence, cette conscience n'est pas si mauvaise, même si elle est pourtant sans cesse évoquée par les superbes constructions de cette ville, qui a tout de même fait sa fortune sur le commerce du bois d'ébène.
Loin de moi l'idée de faire porter sur Nantes une réprobation particulière, ce qui serait contraire à tout ce que j'ai pu écrire sur ces questions de l'esclavage. En Afrique, les Européens, dans leur commerce d'esclaves vers la zone américano- caraïbe qui ne commence guère qu'au XVIe siècle (Portugais mis à part), n'ont fait que reprendre, par là, une longue tradition de l'exploitation servile. Elle a commencé en Afrique, bien avant que le premier européen pose le pied sur la Côte de Guinée. Les Africains eux-mêmes ont été les créateurs d’un esclavage local et traditionnel, dont l’essentiel a d’ailleurs été repris dans le « code noir »; par ailleurs, par la suite, ils furent dans la traite européenne les pourvoyeurs actifs et constants des vaisseaux négriers. L’esclavage africain avait été, avant même l’arrivée des européens, organisé, de façon infiniment plus intense, par les Arabes en particulier dans le cadre de la traite orientale qui a été numériquement plus importante que la traite atlantique, même si Mme Taubira et quelques autres persistent à ignorer ce point.
Nous autres Français pourrions nous-mêmes demander réparation à M. Berlusconi, puisque l'invasion romaine en Gaule n'a été nullement commandée par le seul souci de César d'écrire son « De Bello gallico », mais bien plutôt par la nécessité de se procurer chez nous les centaines de milliers d'esclaves gaulois qui lui ont permis de financer ses projets politiques personnels.
Post-scriptum
J’ai écrit ce post dans la matinée du 10 mai 2011 avant d’avoir eu le privilège de voir notre président à la cérémonie du Luxembourg, où, en revanche, si j’ai aperçu Chirac, je n’ai pas vu Madame Taubira, à moins qu’elle ne figurât (comme on dit désormais) parmi les danseuses en costume. Il y a eu un discours présidentiel. J’y reviendrai donc.
Je ne puis croire que ce soit, en toute innocence et sans calcul, qu'en 2006 le président Chirac ait choisi de faire du 10 mai la « journée nationale des mémoires de la traite, de l'esclavage et de leurs abolitions ». En effet, et on le constate à nouveau aujourd'hui de façon un peu inattendue, la date du 10 mai demeure, dans la mémoire française collective, le jour où, en 1981, François Mitterrand a été élu président de la République. Vous observerez d'ailleurs aisément que si la célébration du 10 mai 81 occupe tous nos médias depuis le matin, il en a pas été de même, très loin de là, pour la commémoration de la « journée nationale des mémoires de la traite de l'esclavage et de leurs abolitions ». Cette célébration n'a tenu qu'une place très modeste et, en outre, provinciale surtout puisque c'est à Nantes (quelle ironie !) qu’a eu lieu la principale, pour ne pas dire la seule, des célébrations de cette « Journée ».
Quel était le dessein secret de Jacques Chirac, en 2006, quand il a choisi le 10 mai pour cette célébration ? Pensait-il, par là, occulter la célébration du 10 mai 1981 ? La chose n'est pas impossible car, à cette période, on ne pouvait imaginer que très lointain le retour de la gauche aux affaires vu l'état dans lequel se trouvait alors le parti socialiste. En tout cas, Chirac ne semblait pas croire que de mauvais plaisants puissent ajouter à la liste des "abolitions" (l'esclavage et la traite) la fin d'un règne, oppressif et sans partage, de la droite sur la République française ! Je n'espère pas être assez heureux pour trouver à la suite de ce blog un commentaire de Jacques Chirac lui-même m'expliquant les raisons secrètes d'un tel choix.
Autre farceur de la République (je n'ose avancer ici ni « farceure », à la quécecoise, ni "farceuse"), Mme Christiane Taubira que j'ai trop souvent accablée de mes traits pour en parler longuement ici. Le choix symbolique de Nantes confirme d'ailleurs son ignorance des réalités de la traite dont elle a fait depuis longtemps son principal fonds de commerce, sans en bien connaître les réalités historiques. De façon exclusive et depuis toujours, seule la concerne la traite qu’elle connaît un peu, en dépit des réalités de l'esclavage comme des remarques qu'on a pu lui faire. Or la traite atlantique n'est pas la principale et n’a sa préférence exclusive qu’en raison de son origine guyanaise. Je ne puis, sur ce point que renvoyer aux divers textes que j'ai écrits à ce propos, mais je constate que la voilà réduite désormais à de modestes manifestations provinciales, les théâtres parisiens ne lui étant plus ouverts.
Jean-Marc Ayrault occupe la troisième place dans ma petite galerie des farceurs de la République dans la mesure où cette date commémorative lui a permis de visiter, en compagnie de Mme Taubira, le futur et rustique mémorial de l'abolition de l'esclavage construit au bord de la Loire, sur le quai de la Fosse, à Nantes d’où partirent les navires du commerce triangulaire. Certes, comme l'a souligné, le maire de Nantes, « il ne s'agit pas d'une démarche repentante ». Le propos est quelque peu singulier et me rappelle irrésistiblement le choix récent fait par les États-Unis de donner à Ben Laden, comme nom de code, Geronimo, (héros apache de la guerre contre les Etats-Unis) au cours de l’opération qui a conduit à son assassinat.
Comme l'a encore dit Jean-Marc Ayrault, lui-même et les Nantais « ont conscience de ce qui s'est passé avant. » ! C’est le moins qu'on puisse faire en ce genre de circonstance mais, de toute évidence, cette conscience n'est pas si mauvaise, même si elle est pourtant sans cesse évoquée par les superbes constructions de cette ville, qui a tout de même fait sa fortune sur le commerce du bois d'ébène.
Loin de moi l'idée de faire porter sur Nantes une réprobation particulière, ce qui serait contraire à tout ce que j'ai pu écrire sur ces questions de l'esclavage. En Afrique, les Européens, dans leur commerce d'esclaves vers la zone américano- caraïbe qui ne commence guère qu'au XVIe siècle (Portugais mis à part), n'ont fait que reprendre, par là, une longue tradition de l'exploitation servile. Elle a commencé en Afrique, bien avant que le premier européen pose le pied sur la Côte de Guinée. Les Africains eux-mêmes ont été les créateurs d’un esclavage local et traditionnel, dont l’essentiel a d’ailleurs été repris dans le « code noir »; par ailleurs, par la suite, ils furent dans la traite européenne les pourvoyeurs actifs et constants des vaisseaux négriers. L’esclavage africain avait été, avant même l’arrivée des européens, organisé, de façon infiniment plus intense, par les Arabes en particulier dans le cadre de la traite orientale qui a été numériquement plus importante que la traite atlantique, même si Mme Taubira et quelques autres persistent à ignorer ce point.
Nous autres Français pourrions nous-mêmes demander réparation à M. Berlusconi, puisque l'invasion romaine en Gaule n'a été nullement commandée par le seul souci de César d'écrire son « De Bello gallico », mais bien plutôt par la nécessité de se procurer chez nous les centaines de milliers d'esclaves gaulois qui lui ont permis de financer ses projets politiques personnels.
Post-scriptum
J’ai écrit ce post dans la matinée du 10 mai 2011 avant d’avoir eu le privilège de voir notre président à la cérémonie du Luxembourg, où, en revanche, si j’ai aperçu Chirac, je n’ai pas vu Madame Taubira, à moins qu’elle ne figurât (comme on dit désormais) parmi les danseuses en costume. Il y a eu un discours présidentiel. J’y reviendrai donc.
jeudi 16 septembre 2010
Parlementaire ou poulet fermier
Joyeuse séance de comedia dell’arte hier, mercredi 15 septembre 2010 à l'assemblée nationale, où faut-il le préciser c’était jour de télé, donc de présence massive et de pitreries parlementaires.
Faute d'avoir trouvé quelque moyen que ce soit de s'opposer au vote de la loi sur les retraites ou, en tout cas, d’en ralentir l'adoption, les députés socialistes avaient mise en oeuvre la procédure classique du blocage des débats par interventions successives. Elle est peu télégénique puisque elle se déroule en séance de nuit et l’on ne peut pas, comme outre-atlantique, venir simplement lire la Bible à la tribune !
Le président ayant interrompu l’obstruction, sans fâcher vraiment personne car tout le monde voulair aller se coucher, ayant compris, depuis longtemps, que, comme le ministre lui-même, les carottes étaient cuites, les députés socialistes PS ont jugé à la fois spectaculairte (c’était jour de télé), ostentatoirement et à peu de frais républicain, et surtout GENIAL de venir à l'assemblée porteurs de leurs écharpes tricolores. Hélas, la plupart d'entre eux, quoique députés-maires (voire plus si affinités avec d’autres sinécures) ne peuvent porter qu'une seule écharpe. S'ils avaient pu en avoir deux voire trois, cela aurait donné un spectacle plus coloré et surtout aurait permis de se faire une idée plus précise de la sincérité de la volonté affichée au sein de leur parti de combattre le cumul des mandats.
Le spectacle était néanmoins assez joli. Le clou en a été l'intervention de M. Ayrault, député-maire de Nantes et chef du groupe parlementaire socialiste qu’on a pu voir longuement à la tribune dans cet appareil.
Il faut dire que le bougre porte beau une soixantaine soigneusement entretenue, tant sur le plan dermatologique que capillaire. Sa fonction éminente comme le soin apporté à son apparence le recommandaient tout naturellement pour monter à la tribune, en plan américain. Si les vues générales de la gauche, tricolores et chamarrées, étaient assez réussies et riches de symboles pour la future élection, face à la terne grisaille de la droite sans écharpes, le spectacle de M. Ayrault, en gros plan, était, à lui seul, fort réjouissant.
Comme les volaillers avisés ont toujours soin de mettre, sur le devant de la vitrine, leur poulet fermier le plus dodu, le mieux paré et le plus appétissant, le parti socialiste avait envoyé à la tribune son représentant le plus avenant. Orné de son écharpe (label non pas rouge comme pour les volailles, mais à la fois rose et tricolore) Ayrault évoquait irrésistiblement un poulet de concours, fermier naturellement, quelle qu’en soit l'origine, élevé en liberté au bon air du large. Loué ou la Bresse sont dans ce domaine plus réputés que Nantes ; cela aurait pu faire pencher en faveur de Montebourg, au mépris de la hiérarchie interne du PS.
Ce qui m’étonne le plus dans cette affaire est la méconnaissance, aussi bien par les députés socialistes que les autres, et surtout par le président de l'assemblée nationale, des dispositions strictes qui régissent, de façon très précise, le port de l'écharpe tricolore.
Aussi pour apporter un peu de sérieux à ce débat qui tourne à la farce (pardon pour cette formule culinaire, involontairement adéquate), vais-je venir à leur secours, un peu tardivement j'en conviens, en rappelant le règlement.
« Le décret n° 2000-1250 du 18 décembre 2000 (Journal officiel du 23 décembre 2000) a fixé un dispositif laissant aux élus communaux la liberté de porter l'écharpe en ceinture ou en écharpe, et précise l'ordre dans lequel doivent être portées les couleurs. L'ordre retenu, faisant figurer le bleu près du col, a pris en compte les observations historiques, iconographiques et les usages anciens les plus répandus, par différenciation avec l'ordre adopté par les parlementaires, depuis plus d'un siècle, qui place le rouge près du col. La modification réglementaire présente donc l'avantage de distinguer optiquement un parlementaire d'un maire, étant bien entendu qu'en cas de cumul de mandat (député-maire, sénateur-maire) c'est le mandat national qui prévaut. Les dispositions de l'article D. 2122-4 du code général des collectivités territoriales stipulent que les maires portent l'écharpe tricolore avec glands à franges d'or dans les cérémonies publiques »
J’avoue qu’en la circonstance la position de Monsieur Ayrault à la tribune ne m’a pas permis de juger la présence et la position du gland de l’orateur. Je n’ai pas songé non plus, hélas, à noter la disposition des couleurs de l’écharpe, pourtant décisive en pareil cas ; je ne sais donc pas si le rougé était « près du col » ce qui est une obligation absolue pour un parlementaire. Peut-être, en cas de non respect de cette éxigence, B. Accoyer aurait-il pu légitimement refuser à son collègue Ayrault l’accés à la tribune
Le plus grave est toutefois ailleurs. En effet, les textes sont parfaitement clairs.
« En ce qui concernent les parlementaires, les articles 163 du règlement de la l'Assemblée nationale et 107 du règlement du Sénat précisent que les députés et les sénateurs portent des insignes « lorsqu'ils sont en mission, dans les cérémonies publiques et en toutes circonstances où ils ont à faire connaître leur qualité ». »
Il en résulte que le port de l’écharpe tricolore à une séance normale de l’Assemblée nationale est rigoureusement proscrit, ce que tout le monde semble ignorer, mais qui ouvre peut-être des possibilités de recours. Affaire à suivre.
Faute d'avoir trouvé quelque moyen que ce soit de s'opposer au vote de la loi sur les retraites ou, en tout cas, d’en ralentir l'adoption, les députés socialistes avaient mise en oeuvre la procédure classique du blocage des débats par interventions successives. Elle est peu télégénique puisque elle se déroule en séance de nuit et l’on ne peut pas, comme outre-atlantique, venir simplement lire la Bible à la tribune !
Le président ayant interrompu l’obstruction, sans fâcher vraiment personne car tout le monde voulair aller se coucher, ayant compris, depuis longtemps, que, comme le ministre lui-même, les carottes étaient cuites, les députés socialistes PS ont jugé à la fois spectaculairte (c’était jour de télé), ostentatoirement et à peu de frais républicain, et surtout GENIAL de venir à l'assemblée porteurs de leurs écharpes tricolores. Hélas, la plupart d'entre eux, quoique députés-maires (voire plus si affinités avec d’autres sinécures) ne peuvent porter qu'une seule écharpe. S'ils avaient pu en avoir deux voire trois, cela aurait donné un spectacle plus coloré et surtout aurait permis de se faire une idée plus précise de la sincérité de la volonté affichée au sein de leur parti de combattre le cumul des mandats.
Le spectacle était néanmoins assez joli. Le clou en a été l'intervention de M. Ayrault, député-maire de Nantes et chef du groupe parlementaire socialiste qu’on a pu voir longuement à la tribune dans cet appareil.
Il faut dire que le bougre porte beau une soixantaine soigneusement entretenue, tant sur le plan dermatologique que capillaire. Sa fonction éminente comme le soin apporté à son apparence le recommandaient tout naturellement pour monter à la tribune, en plan américain. Si les vues générales de la gauche, tricolores et chamarrées, étaient assez réussies et riches de symboles pour la future élection, face à la terne grisaille de la droite sans écharpes, le spectacle de M. Ayrault, en gros plan, était, à lui seul, fort réjouissant.
Comme les volaillers avisés ont toujours soin de mettre, sur le devant de la vitrine, leur poulet fermier le plus dodu, le mieux paré et le plus appétissant, le parti socialiste avait envoyé à la tribune son représentant le plus avenant. Orné de son écharpe (label non pas rouge comme pour les volailles, mais à la fois rose et tricolore) Ayrault évoquait irrésistiblement un poulet de concours, fermier naturellement, quelle qu’en soit l'origine, élevé en liberté au bon air du large. Loué ou la Bresse sont dans ce domaine plus réputés que Nantes ; cela aurait pu faire pencher en faveur de Montebourg, au mépris de la hiérarchie interne du PS.
Ce qui m’étonne le plus dans cette affaire est la méconnaissance, aussi bien par les députés socialistes que les autres, et surtout par le président de l'assemblée nationale, des dispositions strictes qui régissent, de façon très précise, le port de l'écharpe tricolore.
Aussi pour apporter un peu de sérieux à ce débat qui tourne à la farce (pardon pour cette formule culinaire, involontairement adéquate), vais-je venir à leur secours, un peu tardivement j'en conviens, en rappelant le règlement.
« Le décret n° 2000-1250 du 18 décembre 2000 (Journal officiel du 23 décembre 2000) a fixé un dispositif laissant aux élus communaux la liberté de porter l'écharpe en ceinture ou en écharpe, et précise l'ordre dans lequel doivent être portées les couleurs. L'ordre retenu, faisant figurer le bleu près du col, a pris en compte les observations historiques, iconographiques et les usages anciens les plus répandus, par différenciation avec l'ordre adopté par les parlementaires, depuis plus d'un siècle, qui place le rouge près du col. La modification réglementaire présente donc l'avantage de distinguer optiquement un parlementaire d'un maire, étant bien entendu qu'en cas de cumul de mandat (député-maire, sénateur-maire) c'est le mandat national qui prévaut. Les dispositions de l'article D. 2122-4 du code général des collectivités territoriales stipulent que les maires portent l'écharpe tricolore avec glands à franges d'or dans les cérémonies publiques »
J’avoue qu’en la circonstance la position de Monsieur Ayrault à la tribune ne m’a pas permis de juger la présence et la position du gland de l’orateur. Je n’ai pas songé non plus, hélas, à noter la disposition des couleurs de l’écharpe, pourtant décisive en pareil cas ; je ne sais donc pas si le rougé était « près du col » ce qui est une obligation absolue pour un parlementaire. Peut-être, en cas de non respect de cette éxigence, B. Accoyer aurait-il pu légitimement refuser à son collègue Ayrault l’accés à la tribune
Le plus grave est toutefois ailleurs. En effet, les textes sont parfaitement clairs.
« En ce qui concernent les parlementaires, les articles 163 du règlement de la l'Assemblée nationale et 107 du règlement du Sénat précisent que les députés et les sénateurs portent des insignes « lorsqu'ils sont en mission, dans les cérémonies publiques et en toutes circonstances où ils ont à faire connaître leur qualité ». »
Il en résulte que le port de l’écharpe tricolore à une séance normale de l’Assemblée nationale est rigoureusement proscrit, ce que tout le monde semble ignorer, mais qui ouvre peut-être des possibilités de recours. Affaire à suivre.
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