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mercredi 28 mai 2014

Bygmalion ou Pygmalion ?


Pygmalion était, selon la légende grecque, un sculpteur de Chypre. Tombé amoureux d'une statue de femme en ivoire qu’il avait lui-même sculptée,  il obtint d'Aphrodite qu'elle donnât la vie à sa statue ; il l'épousa alors en présence d'Aphrodite et en eut deux enfants. Les créateurs UMP de la Société Bygmalion, dont je me demandais où ils étaient allés pêcher un tel nom, anciens élèves de J.F. Copé à Sciences Po, sont donc moins incultes qu’on pourrait le craindre, même si l’idée n’est pas d’eux. Ils se voulaient sans doute, au sens métaphorique classique, les pygmalions de la communication politique. Plus habiles que l’antique sculpteur chypriote, ils se flattaient de pratiquer cinq métiers à la fois, presque comme le petit tailleur de notre enfance avec ses mouches, comme le soulignait leur slogan (« Bygmalion : l’agence aux cinq métiers : construire, gérer, protéger et valoriser l’image des personnes et des marques ». Je n’en trouve personnellement que quatre ; compter ne doit pas en faire partie et le vrai cinquième métier doit être de changer le plomb en or !

Bygmalion, créée en 2008, s’illustre tout de suite par diverses affaires un peu douteuses, à la Mairie de Saint-Maur des Fossés puis, par d’étranges contrats de prestations à France Télévision où avait d'importantes fonctions un de ses deux créateurs ; selon le Canard enchaîné, la société empoche 1,2 million d’euros (affaire en cours depuis avril 2014) !

Venons-en au scandale actuel. Notre presse est de mieux en mieux ! J'ai entendu, à défaut de les écouter, les innombrables reportages et « spéciales » sur les factures de Bygmalion et de l'UMP, dont en particulier l'interview de Jean-François Copé par Monsieur Gilles Bouleau sur TF1.

Dans tous les cas, y compris ce dernier, on a tout entendu, les uns et les autres se repassant la patate chaude, sans bien entendu la faire remonter jamais jusqu'au principal intéressé ; on ne saurait être trop prudent car on ne sait jamais ce que l'avenir nous réserve. Quel a été le sens exact des transits des millions entre l’UMP et Bygmalion ? Ce nom est une véritable trouvaille quand on voit la suite, car cette société avait non seulement, comme on l’a vu, le rare talent de changer le plomb en or, mais aussi celui de faire muer des modèles de vertus civiques en escrocs notoires.

Peu importe d'ailleurs qui a fait quoi car, à mes yeux comme à ceux de toute personne de bon sens, la seule vraie question est celle de savoir d'où venaient les millions supplémentaires en cause surgis on ne sait d’où, question que personne ne pose car elle risquerait fort de nous faire traverser la Méditerranée pour invoquer le témoignage des mânes de feu Kadhafi.

J'attends avec impatience le moment où quelque journaliste posera enfin cette question ; si vous avez la réponse, je vous remercie d'avance de me la donner.

J'ajoute mais avec prudence car je n'ai entendu qu’une fois et une seule évoquer cette question du coût réel pour l’Etat (donc pour nous tous) de l'opération de mendicité organisée, dite « Sarkothon », qui a permis d'extraire, en douce, des poches des Français une bonne partie des onze millions dus par notre précédent président. Lors de cette opération, on a bien entendu omis de préciser que si elle a permis de mettre 11 millions dans ses poches, elle conduira à  en a retirer plus de sept des caisses de l'État par le jeu des exonérations fiscales sur ces versements faits par les citoyens imposables !

jeudi 18 juillet 2013

Commission Cahuzac : le spectacle est permanent mais aucune sortie n'est définitive


Le fonctionnement de la commission parlementaire consacrée à l'affaire Cahuzac est tout différent de celui des bons vieux cinémas permanents d'autrefois, où l'on précisait, à l'entrée, que si le spectacle était permanent, toute sortie était définitive.
Rien de tel ici, ce qui est quelque peu étonnant voire contradictoire, car, alors que les invités à témoigner dans cette commission le font sous serment, ils peuvent être sollicités pour une nouvelle audition, ce qui semble avoir pour but de les amener à modifier ou à corriger leurs premières déclarations.

Le point le plus remarquable dans le fonctionnement de cette commission est que son rapporteur et son président, issus de deux bords politiques différents, commencent à se prendre publiquement aux cheveux, alors qu'ils avaient semblé, jusqu'à présent, travailler dans la plus parfaite harmonie. La dernière déclaration du président De Courson montre qu'il est persuadé que François Hollande était au courant depuis le mois de décembre 2012, alors que son rapporteur Alain Claeys (faut-il préciser qu'il appartient au parti socialiste) est d'un avis contraire. Si ces deux autorités se crèpent le chignon ainsi et pour ça, il est à craindre que le bel ordonnancement de la chevelure de Monsieur de Courson s'en trouve fâcheusement bouleversé. Rassurez-vous les maquilleuses de France Télévision y mettront en bon ordre avant le début des séances.

Il faut dire que ce sont là les deux principaux héros des écrans (avec la personnalité interrogée par la commission), au cours de chacune des séances, car les plans larges y sont interdits dans la mesure où les membres de cette commission ne font pas preuve d'un zèle excessif dans la participation et qu'on n'y compte le plus souvent qu'un maigre tiers des quarante élus qui la composent. Les prises de vue qu'on y réalise rappellent beaucoup celles de l'Assemblée nationale, où le mercredi, quand à la télévision est la, les rares députés en séance se rassemblent frileusement autour de l'orateur du moment pour être saisis par les objectifs des caméras. Il en est de même à la commission Cahuzac et l'on évite ainsi le spectacle, un peu affligeant pour notre démocratie, qu'on avait donné dans les premières séances, où les quelques élus présents étaient clairsemés dans la salle et, pour la plupart, occupés à faire leur courrier ou à envoyer textos et SMS. Informés qu'ils sont désormais du programme établi par le président et son rapporteur, seuls ceux qui figurent effectivement sur l'agenda présidentiel prennent la peine de se rendre à la séance où ils auront à poser une question et donc à avoir les honneurs du petit écran.

Il faut bien dire d'ailleurs qu'on perd désormais très souvent de vue l'affaire elle-même et que, du côté de la droite surtout, évidemment, l'enquête elle-même disparaît au profit de la mise en cause de tel ou tel aspect de la politique du gouvernement qui n'a rien à voir avec elle.

Il est heureux que cette commission avance dans ses travaux à un train de sénateur (ce qui est bien normal !) car quoiqu'on y dépose sous serment, en évitant au mieux les questions gênantes, certains seront amenés à y revenir pour y faire de nouvelles déclarations qui, elles-mêmes, pourraient conduire à reconvoquer à nouveau tel ou tel témoin dont les précédentes déclarations auraient amené la réapparition de personnes déjà interrogées. On risque fort de n'en pas sortir, mais peut-être est-ce préférable ainsi ?

Sans rappeler les faits, disons que l'affaire Cahuzac s'est située, en gros, dans le premier trimestre de l'année 2013, entre le premier article de Mediapart qui en a marqué le début, le 4 décembre 2012, et les aveux inattendus de Jérôme Cahuzac le 2 avril 2013 ; il avait fort heureusement évité de les faire la veille car on n'aurait pas manqué alors de les prendre pour un poisson d'avril !

La question, qui fait débat désormais, n'est pas celle de savoir exactement quand le Président de la République et le Premier Ministre ont été informés et surtout y ont cru ; ils sont les seuls à le savoir vraiment et on ne peut guère imaginer que l'article de Mediapart du début décembre 2012 n'ait pas retenu l'attention des plus hautes autorités de l'État, même s'ils n'étaient pas en mesure de juger réellement de sa pertinence. On sait toutefois aussi, maintenant que les langues se sont déliées, que beaucoup de gens, au PS, étaient au courant des activités hautement rémunératrices du docteur Cahuzac. Elles n'étaient nullement dans les implants capillaires et les moumoutes mais, à une toute autre échelle, dans les ventes illicites et les pots de vin liés aux permis pour les scanners et les IRM

La question actuelle est de savoir si Cahuzac a été mis au courant de la procédure d'enquête lancée à son endroit début janvier 2013. Or, la déclaration de Moscovici a été sur ce point sans ambiguïté ; Cahuzac était, avec Moscovici lui-même, le Président de la République et le Premier Ministre le 16 janvier 2013 à la sortie du conseil des ministres et il a été informé, à ce moment-là, de la procédure engagée auprès de la Suisse, alors qu'il a prétendu, devant la commission, ne jamais avoir été mis au courant.

Comme cette information lui a été donnée à la sortie du conseil des ministres, on peut aisément deviner qu'il plaidera l'omission par malentendu et prétendra qu'il ne s'agissait pas d'une réunion mais simplement d'une conversation entre deux portes, après le conseil des ministres. Je veux bien confirmer par écrit cette hypothèse ; il est donc un peu inutile de réentendre à nouveau Jérôme Cahuzac sur ce point puisque je fournis ici l'explication qu'il avancera.

Si, au contraire on poursuit la procédure, ne faudra-t-il pas alors convoquer à nouveau devant la commission le ministre Moscovici, pour qu'il précise exactement le lieu et les conditions dans lesquelles cette information a été communiquée à Jérôme Cahuzac et ainsi de suite.

Tout cela coûte, Monsieur de Courson, contentez-vous de ma lettre et de mon hypothèse.

mercredi 10 juillet 2013

Sarko et Nanard : le couple de l'été


Manque de pot ! Avant-hier, Nicolas Sarkozy, qui faisait sa rentrée et était en représentation devant tout l'UMP, avait oublié son carnet de chèques.

Il voulait pourtant faire, en public, un chèque de 10 millions d'euros pour couvrir l'ardoise qu'il a laissée, dont il est personnellement garant et que lui a rappelée le Conseil constitutionnel sous la houlette perfide de son grand ennemi Jean-Louis Debré, manipulé par Jacquou le Croquant.

En fait, cet oubli de son carnet de chèques à la maison n'était en rien le fruit du hasard, mais le résultat d'une profonde méditation de toutes les têtes pensantes de l'UMP (il faut bien tout ça!) sur le comportement qui devait être celui de Monsieur Nicolas (pas celui de Restif de la Bretonne dans Le coeur humain dévoilé mais le nôtre qui ne dévoile guère le sien et sort encore moins son morlingue) face à la souscription lancée en sa faveur au sein de son propre parti.

Choix difficile! Faire un chèque de 80 € (ce qui est, nous dit-on, la moyenne des souscripteurs) aurait paru mesquin, voire radin. En revanche, faire un gros chèque avec cinq ou six chiffres n'était certes pas hors de capacités financières de l'intéressé, mais lui faisait un peu mal quelque part, car, comme on dit en créole dans l'océan Indien, « le bougre a un peu la poche cangée" (NDLR : La cange est, dans ces créoles, l'amidon et "canger une poche" empêche d'y mettre la main!).

On a beaucoup réfléchi et, mardi 9 juillet au matin, sur Europe, chez l'inusable Elkkabach,, pour répondre à la question que tout le monde se posait, Jean-François Copé nous a livré, mais un peu tard, le fruit des réflexions "uèmepiennes" sur le sujet en fixant au maximum à 7500 € le don qu'on peut faire et qu'aurait déjà fait (a-t-on su après coup) l'ex-président lui-même qui aurait volontiers donné dix fois plus (même pas une demi conférence!) s'il en avait eu le droit. Mais en la circonstance, il s'"est montré plus soucieux du respect de la loi que face aux décisions du Conseil constitutionnel.

En tout état de cause ce don n'est guère qu'à peine plus de la moitié du cadeau que vient de faire, en fait à nos frais, Air France qui a offert 11.000 € à Carla contrainte, la pauvre, par la promo de son disque, d'aller quelques heures de séjour à New York, en première classe fort heureusement!

Laissons cela, car mon propos est plutôt ici sur le couple infernal, que forme Sarko, on le sait désormais, avec Nanard! En même temps, vu de loin, cet attelage est des plus "improbables", comme aurait dit notre ex-ministre de la culture, et la fréquence avérée de leurs rendez-vous a étonné !

Sarko et Nanard ! Le premier s'est récemment illustré par ses remarques sur les artifices capillaires de François Hollande dont, à en croire la presse, il se serait beaucoup moqué en privé. On rapporte, entre autres, le propos suivant  «Tu l'as vu, ce petit gros ridicule qui se teint les cheveux. T'en connais, toi, des hommes qui se teignent les cheveux?». J'en ai connu au moins un, en tout cas, un certain Sarkozy, qui à l'approche de l'élection présidentielle avait soudain fait noircir ses cheveux gris, ce que prouvent, à l'envi, les multiples photos produites à l'appui de cette observation.

En fait, cette remarque sur les teintures capillaires de François Hollande illustre parfaitement le point commun majeur entre Sarko et Nanard qui est une folle impudence dans le mensonge qui confine souvent même à l'absurde. Aller se moquer de la teinture de François Hollande, quand on s'est soi-même teint, au vu et au su de tous, durant la présidentielle, c'est vraiment prendre le bon peuple de France pour un ramassis d'imbéciles, ce qui risque fort d'être le cas.

Il en est de même pour Nanard ; il ne ment jamais aussi effrontément que, publiquement et dans les médias, assuré qu'il est alors de la complaisance servile de ceux qui le reçoivent ; il affectionne ainsi de se poser en père de famille respectable, qui déplore que les calomnies dont il a été victime aient conduit sa femme à "aller chialer dans les chiottes" selon ses propres termes qu'il aimait à répéter ! L'allitération quelque peu scatologique n'enlève rien à la stupéfiante et scandaleuse vulgarité du propos. Mais peut-on attendre quelque chose d'autre de la part de qui se pose en parangon de vertu familiale, en aimant en privé et entre mecs, que, somme toute, dans cette vie, rien d'autre ne compte que "les caisses et les gonzesses !".

Je crois toutefois que, sur ce terrain où il excelle pourtant, Nanard est encore battu par Sarko, quand ce dernier, qui se plait à railler les camouflages capillaires de son successeur, se  juche, depuis des décennies, sur des espèces de chaussures orthopédiques qui lui donne cette démarche grotesque et qui n'ont d'autre finalité que de lui faire gagner les sept centimètres qui lui permettent d'atteindre ce mètre soixante neuf dont il rêve depuis toujours.

J'apprends, en achevant ce billet qu'on a décidé de saisir les biens de Nanard! Je doute fort qu'on y parvienne, mais, en tout cas, Nicolas ne range pas le carnet de chèques ; dans le domaine privé, on n'est pas limité à 7.500 euros fort heureusement.

Sarko me fait penser irrésistiblement, chaque fois, à un grand classique du cinéma des Branquignols « Ah! Les belles bacchantes ! » dans lequel Colette Brosset, qui avait la même taille que notre ex-président, se mettait sur la pointe des pieds en déclarant : « Oui, mais avec des talons, je peux faire plus femme ! ».

samedi 1 décembre 2012

La fin de la récré à l'UMP ?



MDR sera désormais plus l'acronyme définitoire de l'UMP.

La formule a l'avantage d'offrir un double sens; l'un classique, calqué (comme toujours hélas) sur le LOL américain, "mort de rire" (c'est la formule qui convient, en la présente circonstance aux spectateurs du guignol politique français) ; l'autre, nouveau et qui vient de sortir, de "mort(s) de ridicule" qui s'applique lui aux marionnettes de la scène politico-électorale.

Le maître, Monsieur Nicolas, vient, en effet, de siffler la fin de la récré. Dans son indulgence et sa grande bonté, il a donné aux deux cancres 72 heures pour remettre les choses en place et se rabibocher, sans d'ailleurs (pas fou) indiquer la formule qu'il souhaite. Faute de quoi, ce sera la punition générale voire la fessée.

Naturellement, comme il faut bien trouver des coupables ou au moins des responsables ailleurs qu'entre soi, on s'en prend donc aux instituts de sondage (dont on ne cesse de nous répéter qu'il ne faut pas les croire!) qui, suivis comme leurs ombres par les journalistes, avaient prévu la victoire totale de Fillon.
 
On se demande en revanche pourquoi, sinon par paresse et par habitude, ils n'avaient pas sondé le corps électoral lui-même, fort mystérieux il faut le dire jusque dans son étendue réelle ( 310 000 adhérents se flatte-t-on là-bas mais 170 000 votants théoriques dont 35 000 procurations quelque peu suspectes) et surtout dans sa composition même puisque seul un des deux candidats détenait la liste exacte et secrète des électeurs). On aurait sondé les sympathisants, ce qui est une définition bien vague.
 
Quant au scrutin, les conditions du vote auraient été pour le moins étrange avec des locaux choisis par l'équipe de Copé non sans calcul. Ainsi à Nice, fief des partisans de Fillon, beaucoup de gens n'ont pas pu voter vu l'exiguïté et le caractère quasi inaccessible de certains bureaux de vote. On comprendra que, si l'on y ajoute à tout cela, les diverses manipulations lors du dépouillement et surtout l'oubli opportun de trois départements où Copé n'était, semble-t-il, pas majoritaire, ce qui faisait que l'omission de ces terres lointaines entraînait sa victoire finale, il faut dire que le pronostic n'était pas facile.

Le résultat est que les Haïtiens et les Congolais (entre autres peuples du Sud qui ne bénéficient pas de notre beau régime démocratique et dont les élections sont souvent l'objet de la critique voire de la risée de notre presse) sont à leur tour morts de rire devant le spectacle que le plus grand parti de France, grande donneuse de leçons, leur a donné dans l'élection (toujours en cours) de son président.

C'est samedi et j'ai du boulot car je voudrais essayer d'avancer voire de finir un livre que j'ai eu la faiblesse et la sottise d'entreprendre.

jeudi 29 novembre 2012

De l'UMP aux Propos d'O.L. Barenton, confiseur.


Vous me pardonnerez de prendre les choses d'un peu loin, mais la figure que je vais évoquer ici, celle d'un auteur injustement méconnu, Auguste  Detœuf, mérite pourtant  d'être considérée un moment, car ce personnage singulier dans sa carrière comme dans sa vie, possédait un robuste sens de l'humour. Je résume les choses et j'en viendrai ensuite à mon propos du jour.

Polytechnicien, Ingénieur général des Ponts et Chaussées, Auguste Detœuf débute en 1908 aux Travaux hydrauliques de la marine à Cherbourg avant d'être ensuite nommé au Havre en 1912. Passionné par les problèmes d'exploitation portuaire, il met en œuvre ses idées pendant la guerre 14-18 où il est affecté à la commission des voies navigables. Directeur du port de Strasbourg, il deviendra ensuite Directeur général de Thomson-Houston et est, de 1928 à 1940, le premier président d’Alsthom. De ce fait, sous l'Occupation, Auguste Detœuf sera président du comité d'organisation des industries de la construction électrique, l'un des comités d'organisation mis en place par Vichy. Auguste Detœuf est toutefois demeuré plus connu pour son recueil intitulé les Propos d’O.L. Barenton, confiseur que par ses autres activités.

Me voici rendu à mon sujet comme on dit dans les neiges ! Puisque j'en suis aux confidences (elles sont rares dans ce blog, vous en conviendrez), je vous dirai que j'ai lu ce livre il y a très longtemps car mon frère aîné l'avait offert à mon père en je ne sais quelle circonstance et, comme tous les enfants de mon époque, j'étais friand de lectures ... faute d'autre chose.

Auguste Detœuf y raconte une histoire dont je me suis toujours souvenu (j'ai oublié le reste) et que je crois avoir déjà utilisée dans mon blog, mais il y a si longtemps que nul ne peut plus s'en souvenir. La voici telle qu'elle restée dans ma mémoire. A peine en ferai-je une très légère adaptation  à la situation présente pour justifier le titre que j'ai donné à ce post.

Dans une campagne riante, deux gendarmes, le maréchal des logis François et le gendarme Jean-François cheminent paisiblement sur un agreste sentier. Ce sont depuis longtemps des compagnons de travail et ils se connaissent bien, même s'ils ne s'estiment pas forcément l'un l'autre autant qu'on pourrait le penser.

A un détour du sentier, voici qu'ils découvrent, au beau milieu du chemin, une énorme bouse de vache toute fraîche. Le maréchal des logis François, d'humeur facétieuse, sort de sa poche une belle pièce de cinq francs et propose à son collègue : « Si tu manges cette bouse de vache, je te donne ces cinq francs ! ». Le gendarme Jean-François est tenté par la proposition car il a furieusement besoin de cinq francs. Il se résout donc, non sans répugnance et hauts-le-coeur à manger la bouse de vache. Le maréchal des logis François est fort désappointé et regrette son imprudente proposition, car il espérait bien que son collègue ne parviendrait pas au bout de cette épreuve. Mais ce qui est dit est dit et il doit remettre sa belle pièce à son collègue.

Un peu plus loin, sur ce même sentier où la vache a dû les précéder de peu, ils découvrent à nouveau une bouse de vache, aussi grosse et fraîche que la précédente. Le maréchal des logis François voit là une occasion de récupérer sa pièce car il ne parvient pas à se consoler de sa perte. Aussi propose-t-il au gendarme Jean-François : « Si je mange à mon tour cette bouse de vache, est-ce que tu me rends mes cinq francs ? ».

Le gendarme Jean-François est partagé, il hésite mais finalement se résout à accepter la proposition. François, malgré quelques hauts-le-cœur et difficultés qu'on imagine volontiers, mange la bouse de vache. son collègue lui rend donc la pièce de cinq francs, non sans quelque regret.

Nos deux gendarmes reprennent alors leur chemin, comme si rien ne s'était passé, mais en ayant mangé chacun une belle bouse de vache. Tout cela est évidemment sans rapport avec l'élection à la présidence de l'UMP ; la preuve c'est que le livre d'Auguste Detœuf date de 1948 !

 

 

 

 

lundi 26 novembre 2012

L'UMP à l'école : arithmétique et géographie


Si la bataille de chiffonniers qui se déroule actuellement à l'intérieur de l'UMP m'amuse, comme toute la France, pour reprendre une formule chère à Jacques Chirac et à laquelle je ne me risquerais pas sans cette illustre référence que j'assortis ici de prudents guillemets "ça m'en touche une sans faire bouger l'autre !". En d'autres termes, je suis totalement indifférent aux dissensions internes d'un parti qui ne me concerne en rien.

En revanche, deux aspects me paraissent extravagants et je suis étonné qu'ils ne fassent ni l'objet d'un débat interne à l'UMP (ce qu'explique évidemment la mauvaise foi totale du président potentiel qui, sur ce terrain, bat, de très loin et très nettement, son adversaire), ni surtout d'observations de la part de la presse que j'ai pu lire.

Si j'ai bien compris (et vous m'arrêterez et me corrigerez si je me trompe), les élections UMP ont eu lieu le dimanche 18 novembre 2012. Alors qu'on attendait les résultats pour le soir même, il n'en a rien été et, après que les candidats, contre toute attente, eurent, chacun de leur côté, annoncé leur victoire, il a fallu attendre le mardi 20 novembre 2012 pour que la commission bégayante (dans sa dénomination de COCO je ne sais quoi comme dans son activité) annonce enfin que Jean-François Copé était vainqueur avec un écart de voix très réduit qui, dans les premières annonces, allait de 93 à 98 avant de s'arrêter pour finir sur 98. Edifiant !

Il a été unanimement constaté que le vote lui-même avait été extrêmement long et que certains électeurs, au bout d'une heure ou deux d'attente, avaient renoncé (sans doute vu leur âge) à participer à ce scrutin, lassés qu'ils étaient d'attendre ou pris de malaises. L'explication avancée était que, outre le choix d'un candidat (entre Copé et Fillon), ils avaient à se prononcer sur des motions (quatre je crois), procédure dont on voit mal pourquoi elle pouvait si considérablement retarder les opérations de vote. Tout cela était-il une ruse pour expliquer qu'à peine plus de la moitié des 310.000 adhérents avaient pris part à ce scrutin si important?

Les deux candidats ont dénoncé, en termes vagues, des manœuvres frauduleuses de leur adversaire, mais, comme la commission électorale avait rendu son verdict à partir de résultats (que personnellement je n'ai jamais vus nulle part avec mention des scores de chacun des deux candidats ni de mention des bulletins nuls) et que les partisans de l'un et l'autre camp, qui se trouvaient dans cette commission, avaient approuvé ces résultats le mardi 20, on peut admettre qu'ils étaient, dès lors, définitifs, quelles que soient, par ailleurs, les réserves qui pourraient être faites dans la suite.

Bref ! Mardi 20 novembre 2012 au soir, tout était donc réglé de façon définitive.

Mais est apparu mercredi 21 un élément nouveau, de nature tout à fait différente car il ne s'agit en rien d'une fraude classique mais d'une erreur de la Commission électorale et qui, de ce fait, est SEUL, en revanche, susceptible de modifier ces résultats car il s'agit de l'omission (inouïe) par la commission électorale des votes de divers lieux exotiques. On a parlé d'abord de Mayotte, puis ensuite de la Nouvelle-Calédonie et de Wallis-et-Futuna dont les résultats n'auraient pas été pris en compte par la commission dans la totalisation et le décompte opérés du 18 au 20 novembre 2012. Ces omissions ont été dans la suite reconnues et confirmées par le président de ladite commission.

La seule issue possible à pareille situation était dès lors des plus simples. On gardait les résultats annoncés mardi (qui donnaient Copé vainqueur de 98 voix) et on ajoutait à ces résultats, approuvés par tous et entérinés par la commission pour tous les autres lieux de vote, les voix qui résultaient de la prise en compte des trois lieux omis (Mayotte, Nouvelle-Calédonie, Wallis-et-Futuna). On peut évidemment s'étonner d'un tel oubli et le fait que ces votes aient eu lieu avant ( le samedi 17 et non le dimanche 18), comme toujours, en raison du décalage horaire, n'est évidemment pas une excuse, même s'il peut, éventuellement, constituer une explication.

Pourquoi cette solution si simple, si logique et ajouterais-je la seule qui soit égale n'a pas été retenue ? Je n'en sais rien mais vu les conditions dans lesquelles se sont déroulés ce scrutin et l'établissement de ces résultats, il n'y a pas lieu de s'étonner. Tout semble indiquer que les membres de cette commission ne savent pas compter et les lenteurs sur l'établissement des résultats comme les incertitudes concernant les écarts de voix, si minimes qu'ils soient, le confirment. Tout cela me fait penser aux dernières présidentielles congolaise ou haïtienne, ce qui est tout sauf flatteur pour une démocratie !

Si, à l'UMP, on ignore l'arithmétique élémentaire, on n'est guère meilleur en géographie. L'association de territoires du Pacifique (la Nouvelle-Calédonie et Wallis-et-Futuna) et de Mayotte (qui se situe dans l'océan Indien) a de quoi étonner. L'explication par le décalage horaire aurait dû conduire, dans ces conditions, à intégrer à cet ensemble La Réunion qui, faut-il le rappeler, se situe à l'Est de Mayotte (les Comores sont dans le Canal de Mozambique!) et qui donc aurait dû être incluse dans la zone oubliée.

Tout cela est parfaitement abracadabrant(esque) comme disait l'autre et on ne peut que frissonner rétrospectivement en pensant que ce parti a gouverné la France dans la décennie qui vient de s'écouler.

Petite blague sans rapport avec ce sujet pour finir un peu plus gaiement. On a lu, dans toute la presse, un à peu près sur l'"ayraultport de Nantes", mais on ne semble pas avoir pensé à le prolonger avec "l'Ayraultport de Notre Dame d'Hollande", Ségolène, dans sa Charente voisine, est pourtant parfaite en Notre Dame pour compléter le trio de l'Ouest socialiste!

dimanche 25 novembre 2012

A propos du vote blanc.


J'avais mis ce post, comme je le fais parfois dans Agoravox.fr. J'ai reçu, parmi d'autres, un commentaire que je reproduis ici ainsi que ma réponse à Monsieur Bachaud, l'auteur de ces remarques.
"Que l’auteur de l’article réponde a mes questions simples :

Je voudrais pour bien, pour en comprendre les conséquences pratiques, que vous m’indiquiez ce qui se passe dans les deux cas suivant.
Elections européennes.
Supposons que dans une ou des « circonscription » le vote blanc arrive en tête, ce qui est très possible avec # 60% d’abstention.
Les meilleurs candidats présentés par les partis sont écartés ?
Quels avantages pour les électeurs ?

Pour les législatives.( # 43% d’abstention en 2012.)
Que se passe-t-il dans les circonscriptions où le vote blanc arrive en tête ?
Les candidats sont écartés pour un 1er tour bis ?
Merci de bien vouloir simplement répondre à cette situation simple.

Pour les autres conséquences selon le niveau du vote blanc il suffit de revoir les seuil pour se maintenir, fusionner etc on peut se baser sur le nombre d’inscrits ce n’est pas un problème.
Cordialement
Ce qui est important c’est le VOTE PRÉFÉRENTIEL qui existe dans 18 pays sur 27 de l’UE qui permet de choisir ses représentants.. ! par exemple en modifiant les N° d’ordre quand il y a des listes.
Pas un parti ne l’a jamais proposé sauf le R.I.C www.ric-france.fr MODES DE SCRUTIN"

Voici ma réponse:

Cher Monsieur Bachaud,

Il est agréable d'avoir un commentaire qui concerne le texte proposé et qui ne contient ni des injures (ou à peu près!), ni les obsessions d'un commentateur qui, de toute façon et quel que soit le sujet, y racontera ce qu'il envie de dire (c'est le cas le plus fréquent).

Je réponds donc simplement à vos questions simples.

Les deux hypothèses que vous formulez se fondent sur l'observation de l'importance, dans les dernières élections, de l'ensemble que constituent les abstentions, les bulletins blancs et les bulletins nuls. C'est effectivement un total tout à fait impressionnant qui en général avoisine les 50 %.

Considérer le vote blanc comme un suffrage exprimé a pour avantage essentiel de lui donner un sens et de le distinguer des bulletins nuls qui peuvent tout à fait, comme dans des élections du style de celle de l'UMP toute récente, procéder de l'annulation, volontaire et frauduleuse, d'un bulletin du parti adverse ; le nul peut aussi marquer, d'une façon ou d'une autre, une forme d'exaspération (du style "merde pour Copé" ou "pour Fillon" ou pire encore... ) ; reconnaître le bulletin blanc comme suffrage exprimé le distingue surtout de l'abstention qui peut résulter de mille causes diverses. En distinguant le bulletin blanc du nul et des abstentions, on lui donne un véritable sens politique qui est probablement celui de la contestation, soit de l'élection elle-même (type élection au parlement européen dont on sait très bien qu'il ne sert à rien, sinon à entretenir, sur un grand pied , quelques centaines de margoulins, souvent des "has beens", arrivés là on ne sait comment ou on ne le sait que trop ... quand il s'agit par exemple d'un Harlem Désir), soit de la classe politique elle-même quand les gens en ont assez de voter, depuis 30 ans, pour les mêmes têtes qui ont, depuis longtemps, démontré leur incapacité et qui ne sont maintenus que par leur position dans un appareil politique, lui-même totalement dépassé.

Je ne comprends pas comment notre Assemblée nationale unanime a osé voter pareille décision, sans comprendre que, par la, elle se déconsidérait encore un peu plus, ce qui, il faut bien dire, est assez difficile, surtout quand on voit ce qui se passe au sein des deux principaux partis en matière d'élections internes, au PS il y a quelques années, à l'UMP ces jours-ci. Il y a là en effet de superbes exemples de démocratie et d'honnêteté. Avec Désir et Copé nous avons les Thémistocle et les Miltiade que nous méritons.

Pour les problèmes que vous posez

Elections européennes il faudrait, évidemment et en premier lieu, quel que soit le sort fait à l'inutile parlement que, comme le suggère, un commentateur, on puisse modifier la place des candidats dans les listes voire les panacher pour éviter qu'une fois de plus, les appareils politiques nous imposent des battus, des crétins voire des repris de justice. Ce ne sont donc en rien les "meilleurs candidats" qui sont présentés par les partis comme vous semblez le suggérer. S'il n'y a pas de majorité de votants ou si les blancs sont majoritaires au premier tour, on fait un deuxième tour avec, comme on le suggère, la possibilité de changer l'ordre des candidats. Serais-je membre du parti socialiste que j'aurais scrupule à voter pour une liste comportant Monsieur Désir en tête de liste!

Législatives;  il en est à peu près de même pour les législatives.

Je pense que, dans un cas comme dans l'autre, faire du vote blanc un suffrage exprimé conduirait sans doute à des choix différents de la part des électeurs et surtout amènerait à réfléchir sur d'éventuelles améliorations du système particulièrement mauvais dans le cas des européennes qui conduisent au parlement de Strasbourg des médiocres, des inconnus ou des battus ; ils sont imposés par les partis qui ne savent comment les entretenir et clairement ils n'ont rien à faire dans une instance qui ne sert à rien  (je crois que, si je me souviens bien, Laurent Fabius qui avait été élu (devinez pourquoi ?) y est allé trois fois durant toute la durée de son mandat, tout en encaissant bien sûr, les grasses indemnités et en bénéficiant des privilèges liés à ce mandat. Je crois que cela conduirait à réfléchir sur le vote lui-même pour éventuellement en changer les modalités.

Une simple anecdote pour finir ; il y a au parlement européen (je me refuse aux majuscules) un élu de Marseille, Monsieur Karim Zéribi qui, lorgnant sur une place éligible dans la liste PS des dernières européennes, avait été finalement placé derrière Vincent Peillon, parachuté en tête par Solférino car il avait dû céder sa place éligible dans le Nord-Ouest. Grosse colère de Monsieur Zéribi qui en quitte le PS et passe chez les Verts (tout en gardant sa place antérieure derrière Peillon sur la lise d'un PS qu'il a quitté). Point final amusant de la chose, Peillon démissionne puisqu'il est devenu ministre, et Zéribi, tout en n'étant plus socialiste depuis des années, n'a pas scrupule à se retrouver député européen en lieu et place d'un vrai socialiste pour sa position sur la liste initiale du PS. Certes bon à prendre mais vive le Père Ubu!

Bon dimanche. Usbek

mardi 20 novembre 2012

Élections à l'UMP : Allez savoir et surtout allez apprendre à compter !


 



On nous bassine sans cesse avec la rapidité et la fiabilité de l'information, mais à neuf heures du matin, en ce mardi 20 novembre 2012,  j'ai été totalement hors de mesure et ce n'est pas faute d'avoir essayé!) de trouver les VRAIS résultats et donc les CHIFFRES PRECIS de l'élection à la présidence de l'UMP sur mon ordinateur, en dépit de la multiplicité des prétendues annonces de ces résultats qui, pour la plupart, datent de la veille, car il est clair que, dans ces boutiques, on a passé une bonne nuit et on se couche tôt puisque, me semble-t-il, le résultat global (50,03 % pour Copé) était déjà connu dès 23 heures hier soir.
 Les vrais malins sont ceux de la presse écrite qui, comme le Figaro, font deux "unes", la première, bouclée avant, pour les abonnés (servis tôt le matin) où l'on ne se mouille pas sur les résultats, et la seconde, l'édition normale mise en kiosque, dont la "une" prend en compte l'issue du scrutin !
Revenons à l'internet. Prenons un tout petit exemple ; au cours de ma promenade électronique matinale, s'agissant de l'écart de voix, entre Fillon et Copé, j'ai entendu successivement entre 7 heures 30 et neuf heures ( et je vous jure que c'est vrai) qu'il était de 99, 98, 97, 94 ou 93 voix (manquent inexplicablement 96 et 95 ! ). Si l'on ne sait même pas faire une addition et une soustraction élémentaires (je ne sais pas si c'est la Commission bidule, bégayante dans son nom comme dans son travail, ou les "journalistes-sic" qui sont en cause), il ne faut pas s'étonner que l'on ait quelque difficultés à donner des résultats en essayant de calculant des pourcentages.
J'aurais voulu savoir aussi exactement les chiffres précis de la participation, c'est-à-dire le nombre de votants, car naturellement, Monsieur Copé que j'entendais ce matin sur je ne sais quelle radio, nous parle sans cesse d'un parti qui compte 300 000 adhérents (dans la seconde qui suit, il est même allé jusqu'à 310 000). On se fout d'ailleurs, de ce nombre, de toute évidence bidon, comme toujours et partout ; à vue de nez et sans savoir les vrais chiffres car ils ne se trouvent nulle part, la moitié de l'effectif total des prétendus adhérents de l'UMP a jugé bon de ne pas participer à cette farce  scrutin, ce qui est,  me semble-t-i, un élément intéressant.
Mais le mieux est à venir ! Le seul chiffre que l'on avance pour la victoire de Jean-François Copé est qu'il aurait obtenu 50,03 % des voix c'est-à-dire en termes arithmétiques simples 3 pour 1000 des voix des adhérents qui ont voté de plus que Fillon.
Si l'on retient le chiffre de la différence de voix entre les candidats le plus élevé qui est apparemment inconnu de tous comme on l'a vu (99), cela voudrait dire, si 99 voix représentent trois pour mille (0,03 du total des suffrages exprimés étant ce qui fait passer à Copé la barre fatidique des 50%), 33 de ces voix en serait donc UN POUR MILLE. Le nombre total des votants serait donc égal à 33 multiplié par 1000 soit 33.000. !!!!!!! Ce pourcentage officiel de 50,03% est donc faux ; on a simplement oublié un zéro ou l'on triche sur le nombre des votes exprimés qui reste inconnu, ou les deux!
A transmettre d'urgence à Fillon pour faire annuler l'élection!
 


lundi 19 novembre 2012

Vendée-Globe à tous les étages ou Nuit d'ivresse.


Je vous laisse le choix du titre :

Nuit de tempête que Météo France avait oublié de signaler par cette alerte orange pourtant si fréquente désormais.

Nuit d'ivresse (mais pas du tout "câline" comme dans la célèbre chanson et moins encore "d'amour").

 Nuit de tempête sur l'UMP, scrutin interne auprès duquel l'élection au poste de Premier Secrétaire du PS, il y a quelques années, apparaît désormais comme une douce rigolade. « Tout vous est aquilon, tout me semble zéphyr ! ». En fait, ce qui a manqué à l'UMP, c'est un candidat-stratège comme la maire de Lille (au fait, je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais, toutes les fois que j'entends l'expression « la maire de Lille », ça me fait penser à « la Mère Denis »; en outre, toutes deux lavent plus blanc, dans la grande tradition de propreté du Nord de la France).

Madame Aubry, voilà une femme qui sait y faire et on l'a encore vu récemment avec son Harlem qui pourtant n'était pas un objet de Désir ! A l'époque, étant elle-même candidate, elle avait eu prudente sagesse de gérer, de chez elle, cette élection ; elle jouait donc à domicile, ce qui lui a permis de retarder et d'arranger la publication des résultats jusqu'au moment où ils lui convenaient enfin. En somme, elle en a gardé sous le coude puisqu'elle avait encore sous le pied ses bonnes grosses fédérations du Nord et surtout des Bouches-du-Rhône !

Rien de tel à l'UMP ; un vrai foutoir ! Alors qu'on en était encore à compter les bulletins, vers minuit (le dit comptage, poursuivi après proclamation des résultats par les deux intéressés eux-mêmes, ayant été, pour finir, interrompu par la Commission bidule prétendument compétente à quatre heures du matin), les deux candidats avaient déjà annoncé leur élection respective. Le premier, sans s'embarrasser de chiffres, fonçant dans le brouillard comme toujours; le second, avec cette précision arithmétique (224 voix d'avance) qui passe pour donner crédibilité aux plus gros mensonges.

Si l'on veut bien se souvenir des affaires étasuniennes de Floride, on dira que ça se passe toujours comme ça partout dans le Midi et que ce n'est pas dans le Nord qu'on verrait ça, car, là, on a de bonnes vieilles traditions de fraude solide et bien organisée. Pour en revenir au Vendée-Globe, le FN et les Bleu Marine doivent se fendre la pêche devant l'esquif de l'UMP qui, loin d'avoir démâté comme d'autres,  a lui, au contraire, un skipper et un mât de trop, ce qui ne rend pas la navigation plus commode et plus sûre.

Il y avait nous disait-on en concurrence un organisateur et un homme d'Etat mais désormais, on se demande qui est qui.

Toutefois la vraie bonne grosse nouvelle de cette nuit d'ivresse est ailleurs. Mes coutumières insomnies m'ont permis d'apprendre, parmi les premiers et par le communiqué envoyé à l'Agence France-Presse par Audrey Pulvar elle même, qu'elle mettait un terme à ses relations avec son compagnon. Pour rester dans le lexique nautique, mieux vaut larguer avant d'être largué. On s'en fout mais comme disait ce matin ce brave Nicolas Canteloup : « Elle veut pu le voir !" ».

Que les spécialistes du PS me le confirment, Ségolène n'en avait-elle pas fait de même lors de je ne sais quelle élection ?

Personnellement, je pense que leur rupture date du moment, relativement récent, où Audrey s'est acheté les lunettes qu'elle arbore désormais de façon constante. Remarquez, c'est devenu une mode chez ceux et celles qui passent à la télé et qui, autrefois ôtaient leurs lunettes habituelles pour faire plus joli. Aujourd'hui, un certain nombre de nos journalistes affectent de porter lunettes, pensant sans doute, par la, donner un lustre intellectuel à leurs ignorances et leur inculture. Regardez ce brave Monsieur Delahousse, lui, le port des lunettes le détourne du maniement incessant de sa mèche ravageuse.

Ce sont ces lunettes qui ont sans doute révélé à Audrey Pulvar, quand elle a enfin découvert son Arnaud dans sa marinière, que ce dernier, en réalité, rêvait moins d'Arcelor que du Vendée Globe Challenge. Elle a donc noblement choisi de lui rendre sa liberté pour ne pas brimer son appétit du grand large. J'observe d'ailleurs aussi que, dans son message public et même médiatique de rupture, elle a eu la délicatesse de ne pas le nommer et de le désigner par cette périphrase officielle qu'on est bien obligé d'interpréter comme ironique : « le ministre du redressement productif ».

 Le plus curieux de l'affaire est que, meublant mes insomnies par l'écoute nocturne de France-Info qui ressasse sans cesse les mêmes messages, j'ai constaté que la nouvelle très officielle de l'annonce de la rupture du couple par Audrey que j'avais entendue et réentendue jusque vers quatre heures du matin, avait disparu des nouvelles de la nuit au bulletin de 4 heures et demie. Si endormis que soient les permanents de France Info qui ont la charge nocturne de l'antenne, ils ont dû finir par comprendre l'incongruité du voisinage entre les morts de Gaza et les péripéties pipolesques du couple journalistico-ministériel et percevoir que cela faisait presque aussi désordre que les élections à l'UMP.

 "Ah quelle nuit!" comme chantait feu Sacha Distel.

 

dimanche 27 mai 2012

"Je t'aime moi non plus" (version UMP)

Si les antagonismes et les dissensions au sein de l'UMP sont multiples (mais pas plus qu'ailleurs sans doute sauf lorsqu'apparaît un fromage à l'horizon), tout le monde les connaît depuis longtemps. Les Guignols de l'Info ont même, naguère, fait une de leurs spécialités des affrontements entre les uns et les autres, Bertrand et Chatel rivalisaient dans la flagornerie auprès du maître ; on savait aussi que le "collaborateur" Fillon n'était pas non plus, forcément, en odeur de sainteté auprès de Nicolas ni des ténors de son propre parti qui tous, de ce fait même, guignaient sa place.

On sait aussi que pour des raisons, qui lui appartenaient sans doute, Nicolas Sarkozy, sans élection, avait mis Jean-François Copé à la tête de l'UMP, en le flanquant toutefois, explicitement et étroitement, de son cher Hortefeux chargé de le surveiller et de le contrôler sur tous les points et qui, dans les circonstances présentes est curieusement absent.

On s'est interrogé sur la prise de position soudaine de François Fillon alors qu'elle était pourtant parfaitement claire et totalement prévisible, si l'on avait écouté, dans les jours précédents, Jean-François Copé. Celui-ci, en effet, se prévalait de sa position à la tête de l'UMP pour revendiquer la gouvernance du parti, au moins jusqu'au congrès de l'automne et plus si affinités! Il avait bien l'intention de mitonner la suite à son profit.

Il est clair que François Fillon ne pouvait laisser s'accomplir ce plan ; faute d'être en mesure de laisser les choses en l'état, il fallait qu'il provoque un incident propre à remettre les cartes sur la table. C'est très exactement ce qu'il a fait et la suite à montré que c'était effectivement là le comportement à tenir. Jean-François Copé a été conduit à battre aussitôt en retraite, affirmant, toujours sans rire (car cet homme est d'un sérieux imperturbable), qu'il n'était pas question que quiconque revendique la direction du mouvement qu'il s'était pourtant lui-même approprié, explicitement et publiquement, quelques jours auparavant.

Comble de malheur, dans tout cela, nous avons été hélas privés des commentaires éclairés de Jean-Michel Patati, le grand expert en la matière, qu'une situation économique difficile avait conduit, durant la présidentielle, à accepter de faire des "ménages" alimentaires dans Gala (Je vous jure que c'est vrai car j'ai eu en mains les pièces à conviction chez mon coiffeur !). En plus gravement touché, en ces lieux insalubres, par le virus people, il a, dans la foulée, retour de Gala, fait sa valise pour filer à Cannes faire le pitre au Grand journal festivalier de Denisot où l'on n'a guère causé politique !  

Bref ! On a donc eu samedi 26 mai 2012, une jolie reprise de "je t'aime moi non plus" par les duettistes de l'UMP ( en attendant l'entrée en scène ultérieure d'un choeur plus étoffé car piétinent et font des vocalises, derrière le rideau NKM - si elle survit aux législatives -, Wauquiez, Juppé, Bertrand, etc.).

Copé qui avait préparé la salle était installé au premier rang de la manifestation (normal car c'est lui qui recevait, somme toute) ; Fillon est arrivé après et l'a rejoint dans une scène d'anthologie, où les deux rivaux se sont tout de même serré la main pour la photo, mais sans s'accorder le moindre regard ni échanger la moindre parole.

Après "Je t'aime moi non plus", ce fut donc, deux heures d'horloge durant, "Embrassons-nous Folleville" avec toute la gamme des protestations d'unité ("dans la diversité" bien sûr) et de parfait accord dans la campagne des législatives ; chaque grosse nuque de l'UMP a repris tour à tour ce refrain aussi éculé qu'inattendu, avant qu'un farceur, en fin de séance, pose la question de savoir s'il n'aurait pas fallu faire appel, en ces circonstances difficiles, au « meilleur d'entre nous », comme à l'accoutumée « droit dans ses bottes ».

L'histoire ne dit pas si Alain Juppé a modestement rosi en la circonstance.

lundi 14 mai 2012

"Franchement..."

Je ne sais plus quel haut dirigeant nazi (peut-être Goebbels ?) disait que lorsqu'il entendait le mot "culture", il sortait son revolver. Vous pouvez en faire autant si vous entendez un homme politique commencer une de ses phrases par : « Franchement... ».

J'ai eu ces derniers jours (et ce matin encore...) de multiples occasions de vérifier la chose.

Il est vrai que nous sommes passés, un peu brutalement, des présidentielles aux législatives et que le ton et le registre ont bien changé. Aux présidentielles, dans chacun des deux camps, on nous jouait « Embrassons-nous Folleville ». Aux législatives, on est à mi-chemin entre « On purge bébé » et les Atrides.

Tout politique (je devrais dire "politicien" avec la connotation que ce terme a dans notre langue) jette désormais le masque et révèle ses ambitions mesquines comme ses calculs sordides, le tout sous couvert de "Franchement...". Les seules exceptions (et encore) sont constituées par ceux et celles à qui on garantit une élection de maréchal, dans des circonscriptions mitonnées à l'avance, comme Messieurs Guéant ou Guaino, même si des élus locaux, de leur parti évidemment, qu'on vire pour leur faire place, renâclent un peu. Rassurez-vous toutefois on saura leur trouver quelque prébende ici ou là, aux frais de la République. L'amour de la patrie et la défense de la France ont cédé la place au maintien des sinécures et des avantages en place. Ce n'est plus le temps de chanter la Marseillaise, on passe à Dutronc "Et moi et moi et moi!";  la main, naguère  sur le coeur, l'est désormais sur le portefeuille car il faut défendre son bifteck électoral. Chacun s'y emploie avec férocité, tout en niant l'évidence de la démarche avec la plus parfaite impudence : " Franchement... ».

Une des exceptions notables me paraît constituer par le jeu (sans risque, car il reste député européen!) de Jean-Luc Mélenchon, à qui le soudain et inattendu  vedettariat de la précédente campagne électorale semble avoir tourné la tête. Encore un mois de gloire Monsieur le bourreau! Il ne peut plus désormais se passer des applaudissements et ce n'est pas à Strasbourg qu'il pourra s'en gaver, vu le peu d'enthousiasme comme d'assiduité des membres du Parlement européen.

En revanche, un dernier succès électoral n'est pas pour lui déplaire, même s'il n'a pas plus de chances de sortir vainqueur de cette opération que sa rivale (ou son compère) en dépit de la déconfiture locale du parti socialiste. Pour cet ultime tour de piste, Mélenchon s'est même trouvé un Monsieur Loyal avec le patron local du Parti communiste, formation qui ne compte plus que pour du beurre dans la onzième circonscription du Pas-de-Calais. En revanche, les socialistes locaux, assurés de vaincre, dans des élections "normales", font la gueule et déplorent le cirque gaucho-national qui attire vers le Pas-de Calais une attention nationale dont ils se passeraient bien.

Tout cela est évidemment consternant ou du plus haut comique, comme on veut ! Le spectacle des duettistes Jean-Luc et Marine est, en tout cas, bien plus amusant que les modestes rivalités clochemerlesques qui, ici ou là, se font jour entre les écolos et  les socialistes (dissidents ou pas), en dépit du fameux accord d'avant le fatal  2% (que n'y a-t-on mis une clause de résiliation!) ou entre UMP certifiés conformes et ceux qui ne sont pas ou plus, ou qui auraient voulu ou dû l'être, sans parler de la parité, si commode à invoquer ici ou là.

Une fois de plus, la grande perdante de l'affaire est la démocratie elle-même car apparaissent à plein, en dépit de leurs « Franchement... », les véritables motivations de la plupart de nos aspirants à la vie politique.

Prochain épisode avec le cumul des mandats...si on en reparle. Franchement...

dimanche 8 janvier 2012

Six centième anniversaire de la naissance de Jeanne d'Arc.



J'ai dit un mot du cocasse d’une telle manifestation que se disputent certains de nos politiques dans un commentaire de mon propre blog d’avant-hier. Je crois toutefois qu'il est nécessaire d'y revenir pour éclairer et fonder ma remarque qui était très laconique.

Tout (et même un peu au-delà) a été mis en oeuvre pour fêter le prétendu six centième anniversaire de la naissance de Sainte Jeanne d'Arc ce 6 janvier 2012 puisque sa date de naissance avait été fixée au 6 janvier 1412. Le président de la République et le gouvernement avaient même réussi, en la circonstance et non sans calcul, à couper ainsi l’herbe sous les pieds du Front National qui se préparait à le faire le lendemain, le 7 janvier, sans plus de raison.

Le seul problème (et tous les historiens un peu sérieux sont d'accord là-dessus) est que nous ne savons rigoureusement rien, en réalité, du lieu et de la date de naissance de la sainte.

En dépit de ce que nous avons appris à l’école (au temps où ces choses-là s’y enseignaient encore) et du choix du nom racoleur de Domrémy-la Pucelle, son lieu de naissance lui-même fait un peu problème, car, à cette époque, il n'existait pas à Domrémy de registre de naissance. Par conséquent, nous ne savons même pas si elle est réellement née à cet endroit et, pour ce lieu même, les spécialistes sont divisés.

Pour l'année 1412, les choses sont des plus vagues aussi puisque la seule et unique indication réelle que nous ayons figure dans les procès-verbaux du procès de Rouen. Interrogée sur son âge, Jeanne indique 19 ans environ, sans mentionner une année de naissance. Comme nous sommes alors en 1431, la soustraction est tentante et facile à faire, mais il s'agit clairement d’une simple estimation. Aucun document administratif ou témoignage ne permet de vérifier qu’il s’agit bien de l’année 1412.

Le jour de naissance n'est pas plus sûr puisque nous ne le connaissons évidemment pas davantage ; le seul document sur lequel se fonde le choix du 6 janvier est une lettre, des plus suspectes qu'à elle a été rédigée beaucoup plus tard, et qui nous dit que Jeanne d'Arc est née dans la nuit de l'Epiphanie. La coïncidence, opportune, avec une grande fête chrétienne et l’enfant Jésus, a donc tout l’air d’un élément de la légende dorée de Jeanne.

On voit donc que tout cela est des plus incertains, mais vu l'utilisation de cet anniversaire, plus politique que patriotico-religieuse, qui est faite de cet événement, la chose n'a guère d'importance et l’on s’est très clairement passé de l’avis des historiens. Sur les talons présidentiels se trouvait Nadine Morano et non l’historienne française spécialiste du domaine !

Quant à son rôle dans la Guerre de cent ans, qui ne prendra fin qu'en 1453, près d’un quart de siècle après sa mort, Jeanne-d'Arc n'y a pas joué un rôle vraiment décisif, même si elle a pu peser, en son temps et par son action, dans la victoire finale des Français, sans doute plus au plan psychologique qu'au plan strictement militaire, où elle bénéficiait d'appuis compétents, en particulier celui Jean de Dunois, le « bâtard d’Orléans », qui l'a sans doute utilement conseillée.

En effet, en tout état de cause et en dépit des revers qu'elle a pu essuyer, la stratégie française globale a fini par se révéler payante, en particulier du fait des ressources matérielles et humaines de la France ; elles étaient en effet beaucoup plus importantes que celles de l'Angleterre, en particulier, sur le plan démographique, car la population française était alors quatre fois celle de l’Angleterre!

On pourrait se demander, toutefois, si Jeanne d’Arc, en contribuant à ce que la France gagne la Guerre de cent ans, lui a, sur le long terme, rendu service. N’y aurait-il pas mieux valu, au fond, que nous perdions cette guerre au lieu de la gagner et que le royaume de France se fonde dans celui d’Angleterre ou, en fait plutôt l’inverse, pour des causes évidentes, tant sur le plan démographique (on vient de le voir) qu’économique et surtout linguistique et culturel ?

On doit se souvenir, en effet, qu'à cette époque, les classes supérieures du royaume d'Angleterre, la cour et le roi lui-même parlent français. La lettre du roi d’Angleterre, qui figure dans les archives du procès de Rouen, est rédigée dans cette langue. Donc, si les Anglais avaient gagné la Guerre de cent ans, le français serait probablement devenu la langue du nouveau royaume et, dans la suite, la quasi-totalité du monde en serait sans doute devenue francophone !

mercredi 23 mars 2011

De la démocratie

Je ne parle plus guère de politique française car la chose est devenue bien trop dangereuse ; on risque le procès à la moindre plaisanterie, même si on s’exprime en un lieu qui s’intitule « Nouvelles persaneries », ce que risquent de ne pas comprendre des gens qui pensent que Montesquieu n’est que le nom de l’un de nos gros billets, à l’époque heureuse où nous avions encore le franc. Au XVIIIe siècle, la forme la plus aboutie du discours politique était celle qui permettait à son auteur de dire ce qu’il pensait sans être mis à la Bastille. Nous sommes sur le chemin du retour à cet état ou pire encore. A quand l’interdiction du Canard enchaîné (que le Général de Gaulle avait défendu d’attaquer) dont je ne comprends pas comment il continue à paraître, surtout depuis qu’il ne peut plus compter sur les services de Maître Roland Dumas, comme au bon vieux temps ? Bien entendu, toute caricature sera bientôt totalement interdite en France, sauf celles de Mahomet, ce qui sera un juste retour des choses. Une caricature, en effet, porte inévitablement atteinte à la personne, donc constitue une diffamation, même si le sens de ce mot m’échappe de plus en plus. Je vais donc essayer de dire ce que je vois et ce que j’en conclus, sans prendre le moindre risque, même si c’est déjà ce que je fais depuis plus de cinq ans dans mes blogs.

Nos révolutionnaires, sans le savoir ni le vouloir, nous ont assuré, pour les siècles à venir, le droit de donner au monde des leçons de démocratie puisque nous aimons à nous présenter comme « le pays des droits de l’homme ». Des esprits, tatillons et un peu informés, pourraient sans doute faire observer qu’une telle revendication fait sans doute un peu trop bon marché de périodes et de sociétés antérieures, de la Grèce de Périclès à l’Angleterre du XVIIIème siècle, où nos philosophes puisèrent une bonne partie de leurs idées, en ayant même dû parfois y trouver eux-mêmes refuge.

Mais revenons, avec prudence et sur la pointe des pieds, au propos envisagé.

J’ai publié, il y a une dizaine de jours, un post intitulé « Chéri fais-moi peur ! », après les premiers sondages qui plaçaient Marine Le Pen, sinon en tête du moins sur les podiums des candidats. Je ne rappellerai pas ici la fiabilité habituelle de ces sondages qui prévoyaient alors une abstention de 35%, ce qui ne fait après tout que 20% d’erreur ! En fait, comme je l’ai écrit (vous pouvez relire ce texte sans problème), le score prêté au Front National, arrangeait plutôt la droite comme la gauche, puisque les Français (et les cantonales l’ont démontré avec fracas) sont las de ce théâtre d’ombres politiques avec la floraison des conflits d’intérêt, la valse des privilèges, les tricheries avérées des élections au PS, le procès Chirac, les « je t’aime moi non plus » avec Kadhafi et tout le reste. L’UMP comme le PS savent très bien, en dépit de leurs mines ostensiblement effrayées, qu’au second tour de la présidentielle, Marine ne passera jamais en tête (elle le sait d’ailleurs bien elle-même et doit, au fond, s’en satisfaire).

Une démocratie devrait toutefois avoir, au moins, un devoir d’honnêteté. Les tripatouillages de chiffres, pour le chômager comme lors des récentes cantonales, sont-ils à l’honneur de la démocratie que nous prétendons être ? Nos politiques (je ne cite personne !) partent d’un triple principe.

Premier principe : les Français qui, on le sait, ne connaissent pas la géographie, ignorent également l’histoire (et en particulier la leur),

Deuxième principe : les Français ne savent pas compter (la faute en est désormais aux calculettes),

Troisième principe : les Français sont des imbéciles qu’on peut manipuler à sa guise.

Quelques éclaircissements sur ces points.

1). A travers le « ni-ni » présidentiel (au second tour des cantonales, ne pas choisir entre le FN et le PS dans 204 cantons où ils se font face, alors que dans 89 seulement on aura un choix FN-UMP), on voit que le calcul est bon et la visée claire. La gauche se donne pour plus radicalement hostile au FN que la droite (je reviendrai sur ce point). Là encore, je tombe de ma chaise de rire ! Suis-je le seul Français à me souvenir que François Mitterrand est l’inventeur du Front national. Je me souviens encore d’une interview de Louis Mermaz expliquant, dans son détail, cette manoeuvre électorale stratégique ! Invoquer ici le « front républicain » est donc une véritable injure à la mémoire de Pierre Mendès-France (ce qui doit bien faire rire dans sa tombe ce cher Tonton).

2) Le Front National est crédité de 15,18 % des voix. Autrefois, dans un problème d’arithmétique de feu l’examen d’entrée en 6ème, un tel calcul vous aurait fait recaler sans le moindre doute. En effet, on a voté dans 2023 cantons (qui forment donc l’ensemble du corps électoral) alors que le FN ne présentait des candidats que dans 1450 cantons (les seuls où les électeurs du FN ont donc pu s’exprimer). Or, naturellement ce pourcentage de 15,18% a été calculé sur le total des votants de 2023 cantons, alors qu’il monte à près de 20% (19,3 % pour être précis) si l’on prend en compte le total, le seul athmétiquement correct, des 1450 cantons où l’on pouvait voter pour le FN. Je me réfère sur ce point à une remarque de ce genre que j’ai entendue, sur France-Infos je crois, de la bouche autorisée de Pascal Perrineau qui ne me semble pas être un agent du FN.

3) J’entends que le « ni-ni » du Président est combattu par Fillon qui cause « front républicain » (une bouffée de seguinisme), par Borloo (j’ai failli faire une petite chansonnette « Nini Peau de Borloo » (peau que notre président rêve d’avoir, nous dit-on), sur l’air éternel de « Nini Peau de chien », mais je vais finir à la Bastille !) et même par Xavier Bertrand qui conseille, contre toute attente, de voter « blanc » (notre ministre a dû oublier que ce n’est pas là un suffrage exprimé », mais peut-être, rusé, veut-il par là prétendre récupérer pour l’UMP quelques centaines de milliers de votes « blanc » qu’on pourrait dire issus de ses conseils). En fait, la stratégie présidentielle est assez fine, quoique, au moins en apparence, elle soit mal comprise par les autres membres de son parti, ce dont je doute fort (« comediante ! ». Elle vise surtout, en fait, à ménager l’avenir présidentiel de Nicolas Sarkozy. Tout en sachant que ceux des électeurs UMP qui iront voter au deuxième tour des cantonales, le feront sans doute pour le FN (sans qu’on ait à le leur dire et surtout avec une telle consigne), on prépare le second tour DE LA PRESIDENTIELLE, surtout si le FN arrive, dimanche prochain, à décrocher un ou deux postes de conseiller général. Retour d’ascenseur souhaité !