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jeudi 29 novembre 2012

De l'UMP aux Propos d'O.L. Barenton, confiseur.


Vous me pardonnerez de prendre les choses d'un peu loin, mais la figure que je vais évoquer ici, celle d'un auteur injustement méconnu, Auguste  Detœuf, mérite pourtant  d'être considérée un moment, car ce personnage singulier dans sa carrière comme dans sa vie, possédait un robuste sens de l'humour. Je résume les choses et j'en viendrai ensuite à mon propos du jour.

Polytechnicien, Ingénieur général des Ponts et Chaussées, Auguste Detœuf débute en 1908 aux Travaux hydrauliques de la marine à Cherbourg avant d'être ensuite nommé au Havre en 1912. Passionné par les problèmes d'exploitation portuaire, il met en œuvre ses idées pendant la guerre 14-18 où il est affecté à la commission des voies navigables. Directeur du port de Strasbourg, il deviendra ensuite Directeur général de Thomson-Houston et est, de 1928 à 1940, le premier président d’Alsthom. De ce fait, sous l'Occupation, Auguste Detœuf sera président du comité d'organisation des industries de la construction électrique, l'un des comités d'organisation mis en place par Vichy. Auguste Detœuf est toutefois demeuré plus connu pour son recueil intitulé les Propos d’O.L. Barenton, confiseur que par ses autres activités.

Me voici rendu à mon sujet comme on dit dans les neiges ! Puisque j'en suis aux confidences (elles sont rares dans ce blog, vous en conviendrez), je vous dirai que j'ai lu ce livre il y a très longtemps car mon frère aîné l'avait offert à mon père en je ne sais quelle circonstance et, comme tous les enfants de mon époque, j'étais friand de lectures ... faute d'autre chose.

Auguste Detœuf y raconte une histoire dont je me suis toujours souvenu (j'ai oublié le reste) et que je crois avoir déjà utilisée dans mon blog, mais il y a si longtemps que nul ne peut plus s'en souvenir. La voici telle qu'elle restée dans ma mémoire. A peine en ferai-je une très légère adaptation  à la situation présente pour justifier le titre que j'ai donné à ce post.

Dans une campagne riante, deux gendarmes, le maréchal des logis François et le gendarme Jean-François cheminent paisiblement sur un agreste sentier. Ce sont depuis longtemps des compagnons de travail et ils se connaissent bien, même s'ils ne s'estiment pas forcément l'un l'autre autant qu'on pourrait le penser.

A un détour du sentier, voici qu'ils découvrent, au beau milieu du chemin, une énorme bouse de vache toute fraîche. Le maréchal des logis François, d'humeur facétieuse, sort de sa poche une belle pièce de cinq francs et propose à son collègue : « Si tu manges cette bouse de vache, je te donne ces cinq francs ! ». Le gendarme Jean-François est tenté par la proposition car il a furieusement besoin de cinq francs. Il se résout donc, non sans répugnance et hauts-le-coeur à manger la bouse de vache. Le maréchal des logis François est fort désappointé et regrette son imprudente proposition, car il espérait bien que son collègue ne parviendrait pas au bout de cette épreuve. Mais ce qui est dit est dit et il doit remettre sa belle pièce à son collègue.

Un peu plus loin, sur ce même sentier où la vache a dû les précéder de peu, ils découvrent à nouveau une bouse de vache, aussi grosse et fraîche que la précédente. Le maréchal des logis François voit là une occasion de récupérer sa pièce car il ne parvient pas à se consoler de sa perte. Aussi propose-t-il au gendarme Jean-François : « Si je mange à mon tour cette bouse de vache, est-ce que tu me rends mes cinq francs ? ».

Le gendarme Jean-François est partagé, il hésite mais finalement se résout à accepter la proposition. François, malgré quelques hauts-le-cœur et difficultés qu'on imagine volontiers, mange la bouse de vache. son collègue lui rend donc la pièce de cinq francs, non sans quelque regret.

Nos deux gendarmes reprennent alors leur chemin, comme si rien ne s'était passé, mais en ayant mangé chacun une belle bouse de vache. Tout cela est évidemment sans rapport avec l'élection à la présidence de l'UMP ; la preuve c'est que le livre d'Auguste Detœuf date de 1948 !

 

 

 

 

lundi 26 novembre 2012

L'UMP à l'école : arithmétique et géographie


Si la bataille de chiffonniers qui se déroule actuellement à l'intérieur de l'UMP m'amuse, comme toute la France, pour reprendre une formule chère à Jacques Chirac et à laquelle je ne me risquerais pas sans cette illustre référence que j'assortis ici de prudents guillemets "ça m'en touche une sans faire bouger l'autre !". En d'autres termes, je suis totalement indifférent aux dissensions internes d'un parti qui ne me concerne en rien.

En revanche, deux aspects me paraissent extravagants et je suis étonné qu'ils ne fassent ni l'objet d'un débat interne à l'UMP (ce qu'explique évidemment la mauvaise foi totale du président potentiel qui, sur ce terrain, bat, de très loin et très nettement, son adversaire), ni surtout d'observations de la part de la presse que j'ai pu lire.

Si j'ai bien compris (et vous m'arrêterez et me corrigerez si je me trompe), les élections UMP ont eu lieu le dimanche 18 novembre 2012. Alors qu'on attendait les résultats pour le soir même, il n'en a rien été et, après que les candidats, contre toute attente, eurent, chacun de leur côté, annoncé leur victoire, il a fallu attendre le mardi 20 novembre 2012 pour que la commission bégayante (dans sa dénomination de COCO je ne sais quoi comme dans son activité) annonce enfin que Jean-François Copé était vainqueur avec un écart de voix très réduit qui, dans les premières annonces, allait de 93 à 98 avant de s'arrêter pour finir sur 98. Edifiant !

Il a été unanimement constaté que le vote lui-même avait été extrêmement long et que certains électeurs, au bout d'une heure ou deux d'attente, avaient renoncé (sans doute vu leur âge) à participer à ce scrutin, lassés qu'ils étaient d'attendre ou pris de malaises. L'explication avancée était que, outre le choix d'un candidat (entre Copé et Fillon), ils avaient à se prononcer sur des motions (quatre je crois), procédure dont on voit mal pourquoi elle pouvait si considérablement retarder les opérations de vote. Tout cela était-il une ruse pour expliquer qu'à peine plus de la moitié des 310.000 adhérents avaient pris part à ce scrutin si important?

Les deux candidats ont dénoncé, en termes vagues, des manœuvres frauduleuses de leur adversaire, mais, comme la commission électorale avait rendu son verdict à partir de résultats (que personnellement je n'ai jamais vus nulle part avec mention des scores de chacun des deux candidats ni de mention des bulletins nuls) et que les partisans de l'un et l'autre camp, qui se trouvaient dans cette commission, avaient approuvé ces résultats le mardi 20, on peut admettre qu'ils étaient, dès lors, définitifs, quelles que soient, par ailleurs, les réserves qui pourraient être faites dans la suite.

Bref ! Mardi 20 novembre 2012 au soir, tout était donc réglé de façon définitive.

Mais est apparu mercredi 21 un élément nouveau, de nature tout à fait différente car il ne s'agit en rien d'une fraude classique mais d'une erreur de la Commission électorale et qui, de ce fait, est SEUL, en revanche, susceptible de modifier ces résultats car il s'agit de l'omission (inouïe) par la commission électorale des votes de divers lieux exotiques. On a parlé d'abord de Mayotte, puis ensuite de la Nouvelle-Calédonie et de Wallis-et-Futuna dont les résultats n'auraient pas été pris en compte par la commission dans la totalisation et le décompte opérés du 18 au 20 novembre 2012. Ces omissions ont été dans la suite reconnues et confirmées par le président de ladite commission.

La seule issue possible à pareille situation était dès lors des plus simples. On gardait les résultats annoncés mardi (qui donnaient Copé vainqueur de 98 voix) et on ajoutait à ces résultats, approuvés par tous et entérinés par la commission pour tous les autres lieux de vote, les voix qui résultaient de la prise en compte des trois lieux omis (Mayotte, Nouvelle-Calédonie, Wallis-et-Futuna). On peut évidemment s'étonner d'un tel oubli et le fait que ces votes aient eu lieu avant ( le samedi 17 et non le dimanche 18), comme toujours, en raison du décalage horaire, n'est évidemment pas une excuse, même s'il peut, éventuellement, constituer une explication.

Pourquoi cette solution si simple, si logique et ajouterais-je la seule qui soit égale n'a pas été retenue ? Je n'en sais rien mais vu les conditions dans lesquelles se sont déroulés ce scrutin et l'établissement de ces résultats, il n'y a pas lieu de s'étonner. Tout semble indiquer que les membres de cette commission ne savent pas compter et les lenteurs sur l'établissement des résultats comme les incertitudes concernant les écarts de voix, si minimes qu'ils soient, le confirment. Tout cela me fait penser aux dernières présidentielles congolaise ou haïtienne, ce qui est tout sauf flatteur pour une démocratie !

Si, à l'UMP, on ignore l'arithmétique élémentaire, on n'est guère meilleur en géographie. L'association de territoires du Pacifique (la Nouvelle-Calédonie et Wallis-et-Futuna) et de Mayotte (qui se situe dans l'océan Indien) a de quoi étonner. L'explication par le décalage horaire aurait dû conduire, dans ces conditions, à intégrer à cet ensemble La Réunion qui, faut-il le rappeler, se situe à l'Est de Mayotte (les Comores sont dans le Canal de Mozambique!) et qui donc aurait dû être incluse dans la zone oubliée.

Tout cela est parfaitement abracadabrant(esque) comme disait l'autre et on ne peut que frissonner rétrospectivement en pensant que ce parti a gouverné la France dans la décennie qui vient de s'écouler.

Petite blague sans rapport avec ce sujet pour finir un peu plus gaiement. On a lu, dans toute la presse, un à peu près sur l'"ayraultport de Nantes", mais on ne semble pas avoir pensé à le prolonger avec "l'Ayraultport de Notre Dame d'Hollande", Ségolène, dans sa Charente voisine, est pourtant parfaite en Notre Dame pour compléter le trio de l'Ouest socialiste!

dimanche 27 mai 2012

"Je t'aime moi non plus" (version UMP)

Si les antagonismes et les dissensions au sein de l'UMP sont multiples (mais pas plus qu'ailleurs sans doute sauf lorsqu'apparaît un fromage à l'horizon), tout le monde les connaît depuis longtemps. Les Guignols de l'Info ont même, naguère, fait une de leurs spécialités des affrontements entre les uns et les autres, Bertrand et Chatel rivalisaient dans la flagornerie auprès du maître ; on savait aussi que le "collaborateur" Fillon n'était pas non plus, forcément, en odeur de sainteté auprès de Nicolas ni des ténors de son propre parti qui tous, de ce fait même, guignaient sa place.

On sait aussi que pour des raisons, qui lui appartenaient sans doute, Nicolas Sarkozy, sans élection, avait mis Jean-François Copé à la tête de l'UMP, en le flanquant toutefois, explicitement et étroitement, de son cher Hortefeux chargé de le surveiller et de le contrôler sur tous les points et qui, dans les circonstances présentes est curieusement absent.

On s'est interrogé sur la prise de position soudaine de François Fillon alors qu'elle était pourtant parfaitement claire et totalement prévisible, si l'on avait écouté, dans les jours précédents, Jean-François Copé. Celui-ci, en effet, se prévalait de sa position à la tête de l'UMP pour revendiquer la gouvernance du parti, au moins jusqu'au congrès de l'automne et plus si affinités! Il avait bien l'intention de mitonner la suite à son profit.

Il est clair que François Fillon ne pouvait laisser s'accomplir ce plan ; faute d'être en mesure de laisser les choses en l'état, il fallait qu'il provoque un incident propre à remettre les cartes sur la table. C'est très exactement ce qu'il a fait et la suite à montré que c'était effectivement là le comportement à tenir. Jean-François Copé a été conduit à battre aussitôt en retraite, affirmant, toujours sans rire (car cet homme est d'un sérieux imperturbable), qu'il n'était pas question que quiconque revendique la direction du mouvement qu'il s'était pourtant lui-même approprié, explicitement et publiquement, quelques jours auparavant.

Comble de malheur, dans tout cela, nous avons été hélas privés des commentaires éclairés de Jean-Michel Patati, le grand expert en la matière, qu'une situation économique difficile avait conduit, durant la présidentielle, à accepter de faire des "ménages" alimentaires dans Gala (Je vous jure que c'est vrai car j'ai eu en mains les pièces à conviction chez mon coiffeur !). En plus gravement touché, en ces lieux insalubres, par le virus people, il a, dans la foulée, retour de Gala, fait sa valise pour filer à Cannes faire le pitre au Grand journal festivalier de Denisot où l'on n'a guère causé politique !  

Bref ! On a donc eu samedi 26 mai 2012, une jolie reprise de "je t'aime moi non plus" par les duettistes de l'UMP ( en attendant l'entrée en scène ultérieure d'un choeur plus étoffé car piétinent et font des vocalises, derrière le rideau NKM - si elle survit aux législatives -, Wauquiez, Juppé, Bertrand, etc.).

Copé qui avait préparé la salle était installé au premier rang de la manifestation (normal car c'est lui qui recevait, somme toute) ; Fillon est arrivé après et l'a rejoint dans une scène d'anthologie, où les deux rivaux se sont tout de même serré la main pour la photo, mais sans s'accorder le moindre regard ni échanger la moindre parole.

Après "Je t'aime moi non plus", ce fut donc, deux heures d'horloge durant, "Embrassons-nous Folleville" avec toute la gamme des protestations d'unité ("dans la diversité" bien sûr) et de parfait accord dans la campagne des législatives ; chaque grosse nuque de l'UMP a repris tour à tour ce refrain aussi éculé qu'inattendu, avant qu'un farceur, en fin de séance, pose la question de savoir s'il n'aurait pas fallu faire appel, en ces circonstances difficiles, au « meilleur d'entre nous », comme à l'accoutumée « droit dans ses bottes ».

L'histoire ne dit pas si Alain Juppé a modestement rosi en la circonstance.

vendredi 3 février 2012

Le ressenti ment (2)

Je n'envisageais pas de donner une suite à mon blog d'hier « Le ressentiment. ». Deux circonstances m'ont toutefois conduit à le faire. La première a été l'interview, dans le « Petit journal » de Yann Barthès sur Canal Plus, d’une de nos spécialistes féminines de la météo qui y a montré, non sans candeur et ingénuité, qu'elle ignorait tout de la question sur laquelle on l’interrogeait. La seconde raison, plus inattendue, a été l'interview de notre Premier Ministre sur France2.

Comme vous le savez sans doute, je m'en tiens toujours dans mes blogs à un format court, en général inférieur à deux pages. J'avais donc volontairement évité de parler de la genèse scientifique (si l'on peut dire !) de cette expression de « température ressentie », alors qu’elle n’est pas la formule proposée initialement. « Ressenti », en effet, n'est pas le terme utilisé au départ. Ce dernier, retenu par les pères de la formalisation de ce phénomène naturel, (Siple et Passel), est, en effet, « refroidissement éolien », ce qui est beaucoup plus juste et plus précis à la fois puisque cette « impression » de froid et est évidemment liée non à la température scientifiquement mesurée, mais à la perception que nous en avons en cas de vent et qu’on calcule à partir de la perte de chaleur en prenant en compte une surface de peau donnée.

Toutefois, dans la mesure où on ne cesse, dans tous les médias, de nous bassiner avec la température « ressentie », afin de concourir modestement à la formation de nos journalistes mais surtout à d'information des auditeurs et téléspectateurs (ces derniers ne pouvant guère compter sur les premiers pourront recevoir cette information puisqu’ils ne savent pas de quoi il retourne !), je vais reproduire ici, très brièvement rassurez-vous, mais de façon un peu précise l'information scientifique sur la définition du refroidissement éolien.

La "relation de Siple et Passel" est exprimée en watts et évalue la perte de chaleur par mètre carré de peau exposée au froid. On parle souvent de température ressentie, bien qu'il soit en réalité un nombre sans unité. La formule de calcul du « refroidissement éolien » est la suivante :
R = 12,13 + (0,6215 T – 11,37) x V 0,16
Le 0,16 est en fait en exposant mais je n'arrive pas à l'y mettre. T est la température ambiante exprimée en degrés Celsius,  V est la vitesse du vent en km/h, le refroidissement éolien n'étant pas calculé pour des vitesses de vent inférieures à 5 km/h.

On voit quel est le degré d'ignorance de nos Mesdames et de nos Messieurs Météo de la télévision et la radio puisque, alors que la température « ressentie » est, pour citer sa définition mathématique même, « un nombre sans unité », on nous donne chaque jour, au degré près, à la suite de la température réelle, le chiffre précis de la température « ressentie ». Par ignorance, je ne commenterai pas, vous vous en doutez, la formule pittoresque que je viens de citer, mais je trouve étrange (voire comique) qu’une équation, d'une complexité et d'une précision extravagantes, puisse aboutir à « un nombre sans unité ». Ce point est à mes yeux sans grande importance mais  j'aimerais bien qu'un de mes savants lecteurs (Olivier par exemple) me donne son sentiment sur ce point.

Il m'apparaît en revanche beaucoup plus intéressant, à la suite de l'émission sur France2 où notre Premier Ministre nous exposait, dans ses grandes lignes, le dossier que ne manquera pas de nous présenter bientôt aussi le non-candidat à la présidence de la République. Je propose donc une stratégie de campagne au gouvernement et à l'UMP. Bien entendu, comme toujours, ce conseil d’Usbek and Co Consulting Ltd est totalement gratuit.

Je pense en effet que M. Fillon devrait reprendre, mais en l’inversant, le schéma qui conduit à distinguer la température « réelle » de la température « ressentie » mais en l'appliquant, dans ce cas, au BILAN des cinq années d'exercice du pouvoir qui sont actuellement en « cours d'achèvement futur » (comme on dit dans le vocabulaire administratif de la construction).

Il suffirait, en effet, d'inviter les électeurs à distinguer, au moment de leur vote, le BILAN REEL (celui que nous présentent nos ministres, que nous a tracé notre Premier Ministre et que ne manquera sûrement pas de présenter le président sortant) et qui est, à leurs yeux du moins, globalement satisfaisant (même si par souci d'humanité et de proximité, ils y reconnaissent quelques insuffisances ou erreurs) du BILAN RESSENTI. Ce dernier est, en effet, à en croire les sondages, RESSENTI comme assez mauvais, voire catastrophique, par une majorité de Français donc d'électeurs. Bien entendu seul le bilan REEL (positif lui !) devrait être pris en compte au moment du vote et conduire à décider du choix ultime!

Il est facile de démontrer la pertinence de ce point de vue et de mettre en garde les électeurs contre les trompeuses illusions du RESSENTI, puisqu'il suffit d'appliquer en pareil cas la célèbre équation de Siple et Passel qui permet, par une simple inversion de distinguer le « ressenti » (négatif mais illusoire !) du « réel » (positif et démontré).

R = 12,13 + (0,6215 T – 11,37) x V 0,16
C.Q.F.D.

Alors qu'est-ce qu'on dit à Usbek Monsieur Fillon ?

lundi 28 février 2011

ReMAMiement MINIstériel.

Six mois durant, comme dans « Peau d’âne », on a attendu le remaniement annoncé par notre président :
« Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ? »
« Je ne vois rien que le soleil qui poudroie, et l’herbe qui verdoie » .

Mis en place à grand son de trompe, le nouveau gouvernement Fillon n’a guère dépassé le trimestre d’existence. Le refrain à soudain changé ces jours derniers.
« Je ne vois rien qu’un gouvernement qui merdoie ! ».
Les deux frères, Juppé et Longuet, étaient en route et, de ce fait, en un week-end, le reMAMiement MINIstériel était bouclé !

Discours présidentiel qui nous a offert l’emploi, obligé désormais, du mot à la mode, « régalien ». Bonne élève, Claire Chazal le placera trois fois en deux phrases dans son commentaire.

Sans répéter ici ce que j’en ai dit, je rappelle le sens de cet adjectif qu’on aime tant désormais dans le discours politique à la mode :
« Qui concerne, qui appartient en propre au roi, au souverain. Dans un système démocratique, la douane, institution d'origine seigneuriale et régalienne, est donc chose odieuse et contradictoire (PROUDHON, Syst. contrad. écon., t. 2, 1846, p. 6). Droit régalien. Droit (de paix ou de guerre, de faire la loi, de battre monnaie, etc.) qui appartient au roi, au souverain. Un péage dû aux comtes de Combourg par chaque tête de bétail, espèce de droit régalien (CHATEAUBR., Mém., t. 1, 1848, p. 70) ». (Trésor de la langue française).

Si le ministère de l’intérieur est un domaine régalien, comme le croit Madame Chazal, les « cultes » qui en dépendent le sont donc aussi. Voilà qui va permettre enfin un réglement simple et rapide des problèmes de l’islam en France qu’on ne semble pas voir sous cet angle!

L’analyse interne de ce reMAMiement MINIstériel n’offre guère d’intérêt et on aurait pu voir les choses autrement si on était allé jusqu’à l’éviction de Fillon (pour cause de moubarakophilie) au bénéfice de l’impatient Juppé. On aurait pu alors mettre Guéant au Quai d’Orsay (why not ?) et à l’Intérieur, Longuet, lui qui connaît si bien la France, de la Lorraine à Saint-Tropez !

Ce qui m’interloque davantage est la comparaison, obligée désormais elle aussi dans nos médias, entre la chute du mur de Berlin et les soulèvement populaires actuels du Maghreb. Il y a tout de même une énorme différence que nos journalistes, ignorants et aveugles à la fois, omettent tous. Elle s’appelle évidemment Mikhaïl Gorbatchev qui dirigea, entre 1985 et 1991, l’URSS dont tout dépendait. C’est ce réformateur, éclairé et courageux, qui, dès 1987, s'engagea à l'extérieur (en Afrique surtout) dans la voie de l’apaisement de la guerre froide (ce qui marqua la fin des guignolesques républiques populaires du continent) et commença avec la Perestroïka et la Glasnost la libéralisation de l’URSS. Je donne ces précisions, que je sais triviales, à l’intention de nos journalistes et surtout de Madame Chazal. Rien de tel bien entendu en Tunisie, en Egypte ou en Lybie car les Gorbatchev potentiels, maghrébins ou égyptiens, sont morts ou étaient en prison ou en exil !

Post-Scriptum. Un des amis et lecteurs (l’un n’empêche pas toujours l’autre) m’a signalé hier à propos de Kadhafi une savoureuse galerie de photos d’Alain Korcos parue dans « Arrêt sur images », excellente émission de notre télévision, virée naguère de France Télévision au profit de quelques unes des âneries dont on nous régale. Elle est désormais reconvertie et accessible sur le net sous une forme un peu différente. La série de photos « Les beaux habits de Kadhafi », sortie le même jours que mon blog (le 26 février 2011) était hier en libre accès par Google. J’ai été assez sot et trop honnête pour copier aussitôt quelques unes des photos les plus savoureuses (et il n’en manque pas !) car je voulais demander l’autorisation de le faire. Hélas, aujourd’hui l’accès n’est plus libre, réservé qu’il est aux abonnés d’« Arrêt sur images ». N’empêche que la série vaut le détour !

lundi 1 novembre 2010

Piétinage ou AMX?

Vous m'accorderez que dans ce blog je ne m'occupe guère de politique, du moins au sens de politique « politicienne », puisque depuis quelques années, nos hommes politiques et, sur leurs brisées, nos journalistes ont découvert enfin que le mot « politicien » et pire encore l’adjectif avaient, en français, un sens péjoratif.

Quelques propos des « politiques », surtout de gauche (car les autres se bornent à répéter, à l’envi, la doctrine élyséenne), au cours de la semaine écoulée, m’ont fait un peu sortir de ma réserve et parfois de mes gonds. Toutefois, ce qui me paraît encore plus stupéfiant, est que de tels propos n'ont guère attiré de commentaires de la presse, ce qui montre une fois de plus son inculture politique. On constate par là, une fois de plus, s'il y a en France 3 millions de chômeurs, existent, en revanche, d'immenses réserves d'emplois, dans le domaine du journalisme par exemple.

Je vous la fais courte et dans le désordre.

Hier soir, samedi 29 octobre 2010, j'ai regardé, faute de mieux et par paresse, l’émission d'Ardisson « Salut les terriens ». Pas terrible car il faut bien constater que Thierry Ardisson ne cesse de dégringoler dans les dernières décennies, avec ses « vannes » besogneuses, soigneusement rédigées à l’avance sur ses grotesques petits cartons. Il a, en outre, désormais un côté putassier (en particulier pour ses invités de 20 heures) que je n'apprécie guère, ne trouvant plus guère de plaisir que dans « la semaine de Guillon » ; pour le reste, entre la fantomatique Gisèle Halimi et le baveux Bénichou, on ne faisait guère que sacrifier à l’anti-sarkozysme du moment. Ardisson, quant à lui avec son royalisme rentré et son poignet de force, il est assurément tout prêt à changer de cap, lof pour lof, le moment venu, dans l'hypothèse où Nicolas reprendrait du service à l'Élysée en 2012.

Ce qui était, en revanche, tout à fait insupportable dans cette émission, était le numéro d'Olivier Besancenot, dont, naguère encore, la fougue et l’enthousiasme révolutionnaires m’apparaissaient aussi désuèts que sympathiques. Je crois que ses quelques succès d’antan dans les sondages lui ont plus tourné la tête que ses cuisantes défaites électorales ne la lui ont remise sur les épaules. Avec des mines de vieux briscard du PAF et ses clins d’oeil aux caméras, il nous joue maintenant les Fouquier-Tinville, tenant des propos qui n'ont guère de sens. Il paraît, souvent en effet, ignorer la signification même des termes les plus simples de notre langue. Il fait ainsi reproche à notre Nicolas d'avoir fait une réforme des retraites pour laquelle il n'avait pas de « MANDAT». Je sais bien que, pour un facteur, le mot peut sembler familier puisqu’il en porterait de nombreux à leurs destinataires, s’il lui arrivair de travailler, mais, au plan politique, ce mot a un sens précis et tout autre qui n'est pas du tout celui qu’il a dans la pratique professionnelle quotidienne d’un facteur. Un Président de la République n'a évidemment pas de « mandat » et un tel propos, même énoncé avec force et en roulant des yeux est parfaitement inepte. Il en est de même pour l’adjectif « légitime » dont il ignore manifestement le sens.

Cette remarque m’amène à une seconde observation qui est, que, pour une fois, Olivier Besancenot et Martine Aubry se rejoignent...mais dans la sottise. J'ai en effet cru tomber de ma chaise, une fois de plus, lorsque, il y a une semaine environ, Mme Aubry a tempêté que le candidat Nicolas Sarkozy, non seulement ne s'était pas « engagé » à faire une réforme des retraites, mais qu'il avait même dit qu'il ne toucherait pas à la retraite à 60 ans. On nous a repassé alors, à satiété, le film de ces propos du candidat et il est parfaitement exact qu'il les avait tenus, comme ces rediffusions nous en ont apporté la preuve. Dans le contexte où il tenait ce discours, Sarkozy n'avait pas eu la prudence ou la duplicité qui est celle de Mme Aubry qui, elle, s'est engagée à rétablir la retraite à 60 ans « si le contexte économique le permet ». Elle a retenu de sa très catholique éducation aux Oiseaux (authentique !) la restriction (ici pas même mentale) chère aux Jésuites !

Son propos revient à dire, et tout monde l’a bien compris, que s'il revient aux affaires le parti socialiste ne tiendra pas ce qui est, en revanche, un engagement solennel et essentiel et non pas un simple propos énoncé au hasard et dans le cadre d'une campagne électorale.

Toutefois me paraissent encore plus stupéfiants les propos et les écrits de cette même Mme Aubry quand elle déclare et écrit : « Nicolas Sarkozy "piétine la démocratie" », ajoutant même, après l'adoption par le Parlement du projet de loi de réforme des retraites. « Plus que jamais, M. Sarkozy et son gouvernement piétinent l’esprit et la lettre de la démocratie. Ils ont méprisé les syndicats, en refusant de négocier avec eux comme l’exige le respect de la démocratie sociale »

Plus que le contenu et la forme, ce qui me paraît essentiel dans de tels propos est l’immense mépris de la presse dont ils témoignent, tant leur auteur est sûre de l’inculture et de la servilité des journalistes français!

En effet je n'ai pas constaté que les commentateurs politiques ait jugé bon de rappeler, devant de telles affirmations, que cette même Mme Aubry, qui constate, avec tant de force, de douleur et d’émotion, que le président Sarkozy piétine la démocratie est la ministre du travail de M. Bérégovoy qui, en 1993, a envoyé les chars d'assaut contre les routiers en grève !

C'est tout de même autre chose que de « piétiner la démocratie » en faisant voter une loi « légitime » par une assemblée « légalement élue » (même si les Lillois n’ont pas voulu alors de Madame Aubry comme réprésentante) et mettant simplement un terme, après des jours de débat, au blocage, scandaleux mais courant hélas, des délibérations de l'assemblée nationale par le jeu de milliers d’amendements sans objets. En d’autres temps, on aurait pu imaginer, de la part du gouvernement actuel, une procédure très simple et que les Socialistes ont largement utilisée... celle du 40-3. Certes François Fillon n'avait pas besoin d'une telle procédure, puisqu'il est largement majoritaire à l'assemblée, mais le 49-3 aurait permis de liquider le vote de la réforme en quelques heures, puisqu’il était tout à fait impossible à la gauche de réunir une majorité sur une motion de censure.

Mme Aubry devrait pourtant se souvenir de cette période mémorable où, comme ministre du travail et des affaires sociales, elle avait elle-même lancé les tanks de l’arméee contre les grévistes et où, en outre, elle avait la chance insigne de siéger au banc des ministres, aux côtés de Bernard Tapie (du moins entre deux allers-retours entre les tribunaux et le gouvernement et avant de tâter de la prison) !

lundi 14 juin 2010

Du bon sens en politique et en économie

J’entendais ce matin Benoit Hamon, porte-parole du PS, causer dans le poste, sur RTL je crois, interrogé par Jean-Michel Aphatie. Les quolibets dont il a fait l’objet l’ont obligé à améliorer un peu la forme, mais le fond reste fâcheusement indigent. Aphatie a commencé en le titillant avec la formule de Fillon selon laquelle seuls des lâches peuvnt cacher aux Français que l’âge de la retraite doit inévitablement passer, comme partout, à 62 ou 63 ans. Fastoche pour Hamon qui a pu rester sur le si commode terrain du symbole, en répliquant à la formule que seuls des lâches cachent la vérité à leur peuple et qu’il fallait faire payer les riches plutôt que les pauvres ! C’est dire le niveau du débat !

Fillon, Hamon et les autres ne savent pas trop compter, à moins qu’ils ne nous prennent pour des imbéciles, une hypothèse n’excluant d’ailleurs pas l’autre.

L’âge de la retraite n’a, au fond, guère d’importance, car ce qui compte, naturellement, est le nombre d’années de cotisations (dont l’augmentation est en cours depuis longtemps, sans que nul n’en parle plus) ; c’est ce nombre qui détermine, en fait, le montant de la retraite ou de la pension. Rappelons au passage, ce que Fillon et Hamon semblent ignorer l’un et l’autre à les entendre, que les fonctionnaires n’ont pas une retraite mais une pension qui est payée sur le budget de l’Etat par inscription au Grand livre de la dette publique).

Le résultat, largement passé inaperçu, de la manoeuvre d’augmentation du nombre des années de cotisations (au-delà des 40 annuités de départ) et le passage, pour les fonctionnaires, de 37,5 à 40 années et plus comme les autres salariés (ce qui, souvenons-nous en au passage, n’avait pas entraîné de mouvements de solidarité de la part des syndicats du privé !), n’était nullement de maintenir plus longtemps les gens au travail, mais de réduire mécaniquement le montant des retraites et des pensions qui est déterminé, en grande partie, par le nombre d’années de cotisations. J’avais à l’époque écrit à ce sujet, largement occulté ou ignoré, mais je n’avais guère lu de remarques ni eu de commentaires à ce propos.

Le débat sur l’âge de la retraite est d’audant plus purement académique que, chez nous, seuls 40% des travailleurs sont encore en activité au delà de 55 ans et que, comme on ne cesse de nous le seriner,, nous sommes, en Europe, le pays où le taux d’emploi des seniors est le plus faible. Dans une telle situation, vaut-il la peine de continuer à discutailler sur le fait de savoir si l’âge de la retaite sera à 62 ou 63 ans puisque seule une très faible minorité de citoyens est encore en activité à ces âges ?

En outre, l’absence de toute réelle réflexion sur ces questions se marque dans le débat sur l’incidence de la réduction du chômage sur l’emploi et donc les retraites. Outre le caractère très incertain de l’hypothèse, comme dans le cas de l'effet positif que cette reprise de l’emploi pourrait avoir sur les recettes fiscales et la réduction des déficits (une autre des chimères et des berceuses de Fillon), on ne semble pas voir que si l’accroissement du nombre des travailleurs, et donc des actifs contisant, peut avoir une incidence bénéfique à court terme, elle a toutes chances se se révéler négative à long terme, puisque ces nouveaux travailleurs, après avoir alimenté la répartition quelques décennies durant, deviendront, à leur tour, des retraités dont il faudra payer les retraites !

Pour imaginer alors un nouveau tour de passe-passe, comptez sur nos dirigeants du futur dont ne changeront pas les principes politiques et économiques majeurs : « Demain on rasera gratis ! » et « Après nous le déluge ! ».