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dimanche 13 avril 2014

Pour bien réussir dans la politique...

Je ne vous referai pas le coup de la chansonnette « Pour bien réussir dans la chaussure … », j’en rappelle simplement le début : « Pour bien réussir dans la chaussure, / Il suffit simplement d'un corsage dont l'échancrure/  laisse voir des trésors charmants… ». Je ne peux pas dire non plus que cela ne marche pas de temps en temps ; on a dit autrefois que c'était là ce qui avait suffi à Édith Cresson pour se voir proposer le poste de Premier Ministre par Tonton mais nous n'en sommes plus tout à fait là, quoique…. En fait, il y a désormais deux méthodes plus sûres et apparemment fort différentes l'une de l'autre ; les récents remaniements politiques nous montrent qu'elles sont toutes deux susceptibles de réussir.
La première est la plus délicate, car elle suppose des éléments qui ne sont guère totalement maîtrisables. Elle consiste, dans un premier temps, pour l'intéressé à occuper un emploi clairement destiné à un autre, dans lequel on aura eu néanmoins l'imprudence, l’inadvertance ou la sottise de l’installer. C'est ce qui s'était passé récemment pour l'ex-secrétaire général de l'Élysée  (dont le seul boulot, bref et sporadique, est de lire des papiers sur le perron élyséen !) qui est apparu d’emblée comme un exemplaire de cette espèce d'individus totalement insignifiants, arrivé là Dieu seul et le Président savent pourquoi. J’aurais pu tout aussi bien prendre comme exemple d’un tel cas notre ex-Premier Ministre qui, taillé sur le même modèle, a connu la même aventure finale. Comme on ne peut pas nommer d’emblée comme SG celui qu’on voulait en fait, mais dont la trahison était trop récente encore, il faut mettre en place comme bouche trou un pantin insignifiant, sorti on ne sait d’où, qui ne fera pas d’histoire quand on le virera au profit du copain enfin pardonné ! Il la bouclera d’autant plus que son éviction sera largement compensée, sur tous les plans, par sa nouvelle nomination. Il fallait un financier, ce fut un préfet qui l’obtint !
L'ex-Premier Secrétaire du parti socialiste constitue un cas en apparence un peu analogue, mais néanmoins très différent dans les faits. Sa première nomination en 2012 fut déjà tout un poème ! Sa nullité reconnue, loin d'être un obstacle à sa nomination le servit. La batterie de cuisine qu’il trimbalait à ses trousses était propre à le rendre docile. Ses erreurs de jeunesse, à une malheureuse époque où il devait faire payer ses costumes favoris par l'association dont il était l’icône afro et chevelue (il a bien changé sur tous les plans) et qui, hélas sans emploi précis (en dépit d’une licence de philosophie à l’ancienneté !), devait se contenter d'emplois fictifs lointains mais peu astreignants. Tout cela avait finit par entraîner des condamnations, dont fort heureusement plus personne ne se souvient et surtout pas le Président de la République, qui s'était pourtant engagé à ne jamais avoir dans son entourage des personnes ayant été condamnées par la justice. Sa force, cachée, était de savoir à la fois qu'il était totalement incapable de remplir la fonction visée alors que cette position était convoitée par une autre figure du parti socialiste, éminente celle-ci, aussi peu vierge que lui sur le plan judiciaire ( à croire qu’il faut ça dans le CV de Premier Secrétaire) mais qui s'emploierait à coup sûr, dans la suite, une fois son incurie avérée, à l’aider à changer d'emploi.
L'astuce toutefois, en pareille circonstance, consiste à occuper un emploi qui se cumule avec la copieuse indemnité d’eurodéputé (pas fou le bougre !) dont on ne peut pas être viré ad nutum (comme disaient les Gracques qu’on verra apparaître plus loin !) et qui exige même un Congrès du PS pour tout changement de titulaire. Dans la mesure où les circonstances empêchent d'en réunir un sur le pouce du jour au lendemain, il est évident qu'on est totalement invirable, sauf démission, et qu'on peut dès lors se faire facilement attribuer, simplement en refusant de céder sa chaise, sinon un ministère plein, du moins un strapontin de Secrétaire d'État. 
L’emploi de député européen, fort rémunérateur, était de toute façon perdu d’avance, vu la concurrence féroce au sein du PS et le poids des has beens ! Quant à l’intérêt pour les affaires européennes, tout indique, de la part de cet eurodéputé une compétence rare qu’ont marquée une absence quasi permanente (place très honorable de 752ème selon Votewatch dans la queue des députés les plus présents au Parlement) et une activité en commission quasi nulle (un seul rapport en cinq ans) !
Tout cela est très banal, mais il existe une autre voie d'accès à un portefeuille de ministre ou, au pire, un maroquin de Secrétaire d'État. Elle est illustrée par le nouveau Secrétaire d'État au budget, Monsieur Christian Eckert qui, jusqu'à cette nomination, était « rapporteur général de la commission des finances de l'économie générale et du contrôle budgétaire » de l'Assemblée nationale (on a supposé qu’il savait compter puisqu’il est professeur de mathématiques, ce qui est d’ailleurs une erreur car, pour les calculs, mieux vaut avoir recours aux physiciens !).
Cette méthode est plus originale car, contrairement à ce que l'on pense et aux comportements de certaines autres ambitions, elle consiste, non pas à faire du léchage systématique des bottes des autorités en place, mais au contraire à les emmerder au maximum, jusqu'au moment où l’on vous évacue par le haut pour se débarrasser enfin de vous.
Monsieur Eckert a beaucoup d'avantages dans cette fonction et dans ce type de stratégie. Dès la naissance peut-on dire car il est né à Algrange, ville dont le nom, à la finale typiquement mosellane, rappelle Gandrange, devenu symbolique. Algrange est l’une des Mecque de la Gauche, ville qui se rendit célèbre pour avoir eu, dès 1923, un maire communiste et fut ensuite un centre des luttes syndicales de 1936 en raison des mines qui s'y trouvaient.
À ce passé glorieux, auquel à vrai dire qu'il ne doit pas grand-chose, Christian Eckert a ajouté des mérites et des choix personnels ; il a été un des rédacteurs du livre paru en 1983, Pour réussir à gauche, dont l’une des corédactrices était M.N. Lienemann, ce qui suffit à montrer la couleur des propositions qui y étaient formulées.
L’amusant de la chose est que ce livre, d’inspiration rocardienne, fut publié sous le pseudonyme des « Gracques », ce qui était à la fois hardi et imprudent puisque si les frères Gracchus (Tiberius et Caius), issus de la nobilitas plébéienne de Rome,  ont tenté, sans y parvenir, de réformer le système social romain cette entreprise ne leur a guère réussi puisqu’ils y ont laissé l’un et l’autre leur peau ! On ne peut pas toutefois reprocher aux politiques socialistes de mal connaître l'histoire romaine, même s'ils essayent de se parer, Dieu seul sait pourquoi, de quelques-uns de ses oripeaux.
Christian Eckert, comme rapporteur général de la commission des finances et dans ses diverses interventions à l'Assemblée nationale, n’a jamais manqué d'avoir une présence constante et très marquée à gauche au sein de la représentation nationale. Un emmerdeur en somme ! Faute de pouvoir le faire taire vu sa position et son passé, il a semblé plus de simple et plus efficace au socialisme libéral, désormais assumé, de l'évacuer par le haut, ce qui sera sûrement tout à fait efficace.

Les voies du pouvoir, comme celles du Seigneur, sont décidément impénétrables ! Feront-elles revenir aux urnes les électeurs ? J’en doute un peu ! On cite souvent comme une formule de Péguy la phrase « Autrefois on mourrait pour la République, maintenant on en vit ». Ce n’est pas tout à fait ce qu’il a écrit dans Notre jeunesse ! Le texte exact est « « La mystique républicaine, c’était quand on mourait pour la République ; la politique républicaine, c’est à présent qu’on en vit.». Au fait songera-t-on à célébrer le centenaire de sa mort au front, en septembre ?

jeudi 15 août 2013

Manuel Vals : reniement ou re(ma)niement ?

Au moment même où j'ai lu, dans Mediapart,  le titre de l'article d'Edwy Plenel "Ce reniement dont Vals est le nom", cette « petite blague » (comme dirait notre président) m'a aussitôt traversé l'esprit. J'ai même cru un moment, à la lecture du texte, puisque le mot "remaniement" lui-même figure dans l'article, qu'Edwy Plenel irait peut-être lui-même jusqu'à la risquer ; il est trop sérieux pour cela et c'est ce qui me conduit, en ce 15 août, à la faire moi-même.

Toutefois, elle est si évidente que je ne voulais pas perdre un quart d'heure de mon 15 août à écrire ce billet, sans avoir vérifié qu'une bonne demi-douzaine de commentateurs ne l'avaient pas déjà faite avant moi.  Ils étaient 728 hier soir, quand je les ai parcourus réservant de ce fait la rédaction de mon billet au lendemain matin.

Je dirai dans la suite quelques mots du texte d' Edwy Plenel, mais je dois avouer que la lecture, très cursive fort heureusement, de ces 728 commentaires m'a paru hautement significative. Je me demandais en effet comment on pouvait trouver 728 personnes pour commenter un même texte, dans la mesure où, si le commentaire qu'on veut apporter, a déjà été fait une douzaine de fois, il me semble un peu inutile d'en ajouter un treizième.

A défaut de vous amuser par ma "petite blague" sur le fonds de laquelle je reviendrai car elle en a un puisque mon interprétation diffère un peu de celle d'E. Plenel, je puis vous donner quelques informations sur la nature même de ces commentaires, car je pense que je suis probablement la seule personne qui ait parcouru les 728 textes qui ont été écrits à propos de cet article.

La plupart font, en réalité, peu de cas de l'article qu'ils sont censés commenter ; une bonne moitié, sinon davantage, est le reflet de luttes et d'échanges interpersonnels entre des abonnés de Mediapart qui semblent plus ou moins se connaître et s'opposent ou même s'insultent par commentaires échangés, se livrant plus rarement à des congratulations confraternelles. Une autre part importante de ces commentaires est consacrée à tout autre chose que le fond du sujet de l'article, s'y raccrochant par un ou deux détails dont l'évocation permet à l'auteur du commentaire de donner libre cours à son obsession rédactionnelle. Bref, je dois dire que la lecture de ces commentaires, qui m'a pris un certain temps, même si elle fut menée rapidement, m'a semblé globalement fort décevante, à quelques exceptions près.

Venons-en à ma "petite blague" sur le "re(ma)niement". Je pense que, comme souvent Edwy Plenel prend trop au sérieux les hommes politiques, les jugeant à l'aune de ses propres convictions. Si je me souviens bien l'article distingue quatre reniements de Manuel Vals ; depuis hier, il pourrait même en ajouter un cinquième! En effet, suite à la "fuite" (dont l'origine serait fort intéressante à connaître) de la lettre à propos de Madame Taubira adressée au Président de la République, Vals à nié, comme un beau diable (c'est le cas le dire), avoir quelque différent que ce soit avec la Garde des Sceaux. Il a même précisé qu'il travaille avec elle, et je le cite, « la main dans la main » et « même dans la bonne humeur ».

On sait que le geste que nous affectionnons tant, nous autres Français, de serrer, à tout bout de champ, la main de la personne qu'on rencontre, résulte, à l'origine, de la volonté de lui faire savoir qu'on ne porte pas d'armes dans cette même main. Après tout, Manuel Vals peut très bien travailler "main dans la main" avec Madame Taubira, mais avoir, dans l'autre main, cachée derrière son dos, une plume acérée et trempée dans le venin, voire un solide gourdin.

Mon principal point de désaccord avec l'article d'E Plenel est que lui voit dans les "reniements" de Vals la trace manifeste de convictions et d'idées "droitières" cachées, alors que je pense il s'agit bien plus de simples stratégies politiciennes du moment et que ces "reniements" visent moins à exposer sa pensée profonde qu'à le mettre en position privilégiée pour Matignon dans un "re(ma)niement" qui devra manifestement aller dans le sens du vent.

mercredi 29 juin 2011

« La cour du roi Pétaud », « L'arroseur arrosé » ou « La folle journée ? »

Les titres ne manquent pas pour désigner la journée que nous a fait vivre l'élection de Christine Lagarde à la direction générale du FMI.

« La cour du roi Pétaud » où tout le monde veut commander et parle en même temps et qui nous a donné la jolie expression de pétaudière ? « L'arroseur arrosé ? », notre président se voyant traité comme il traita souvent les autres, en d’autres temps ?
Ce pourrait être tout aussi bien « La folle journée », autre titre du Mariage de Figaro ou « La nef des fous » si l’on préfère des références picturales.

On pourrait s'interroger, en revenant sur le passé, à propos de la stratégie présidentielle en matière de propositions pour la direction du FMI.

Un président machiavélique aurait tout à fait pu pousser un futur rival (annoncé pour l'élection présidentielle) vers les rives du Potomac. Les possibilités de succès étaient multiples en effet soit que le directeur général prît goût à la chose (pas désagréable) et entreprît d’y faire un second mandat, comme nombre de ses prédécesseurs ; soit que, plus logiquement, ses pulsions, bien connues, ne le poussassent dans la voie fatale d'entreprises hardies auprès des femmes qui ne manquent pas au FMI avec les conséquences fatales qu'on pouvait aisément prévoir dans le contexte puritain des États-Unis. L'issue a été un peu différente mais, au fond, elle n’était pas si différente que ça de la seconde des hypothèses.

Reste la reine Christine qui s'en va, laissant sans doute derrière elle un prince qu’on ne sort pas vu sa parentèle des plus équivoques. Cette élection attendrira peut-être les magistrats, les détournant de sanctions dans l'affaire Tapie qui peut constituer une menace discrète à l'égard d’un Jean Louis Borloo indiscipliné qui, semble-t-il, aurait, pendant son bref passage à Bercy, mis en branle la procédure,aujourd'hui contestée, qui a fait gagner un demi-milliard à son ami Nanard.

Il fallait pour le FMI une économiste, disait-on, et l’on n'a pas manqué de reprocher à Christine Lagarde de n'avoir qu'une expérience d'avocat d'affaires. Son départ de Bercy a libéré le poste pour François Baroin qui a, de toute évidence, la formation et l'expérience de l'emploi. Pour la formation on lui connaît de courtes études à Paris2 ( DESS de défense (de rire) et DEA de géopolitique) ce qui prépare tout à fait, on l’aura compris, au ministère des finances. En revanche, il a été fait journaliste, sur le tas, par Jean-Pierre Elkabbach auquel il a préparé le café pendant près de quatre ans ! Cela vous forme un homme et vous destine aussi très directement à Bercy. François Baroin, petit-fils de la Veuve, a été surtout le fils de son père. Une fois les lunettes jetées aux orties, cela a largement suffi à assurer sa fortune politique fondée sur une voix de basse chantante dont il aime à jouer à tout propos, ce qui est bien naturel pour un porte-parole.

Pour en venir à l'arroseur arrosé, il est amusant de voir que les méthodes de François Baroin ne sont pas sans rappeler celle du jeune Nicolas Sarkozy dans ses entreprises de la conquête du pouvoir (« Si l’on ne retient pas et si l’on ne me donne pas ce que je veux, je fais un malheur ! »). Ceux qui doivent doucement se marrer au spectacle gouvernemental qui nous est actuellement donné, ce sont Messieurs Balladur et Chirac, même s'il ne leur est sans doute pas donné de partager cette commune hilarité.

Il faut que le pouvoir soit tombé bien bas pour offrir pareil spectacle de chaises musicales mâtiné de bras de fer et de coups de gueule. En tout cas, j'espère qu'on a prévu une chaise solide pour David Douillet et il a été sans doute prudent de ne pas l’installer sur celle de la frêle Valérie Pécresse !

lundi 28 février 2011

ReMAMiement MINIstériel.

Six mois durant, comme dans « Peau d’âne », on a attendu le remaniement annoncé par notre président :
« Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ? »
« Je ne vois rien que le soleil qui poudroie, et l’herbe qui verdoie » .

Mis en place à grand son de trompe, le nouveau gouvernement Fillon n’a guère dépassé le trimestre d’existence. Le refrain à soudain changé ces jours derniers.
« Je ne vois rien qu’un gouvernement qui merdoie ! ».
Les deux frères, Juppé et Longuet, étaient en route et, de ce fait, en un week-end, le reMAMiement MINIstériel était bouclé !

Discours présidentiel qui nous a offert l’emploi, obligé désormais, du mot à la mode, « régalien ». Bonne élève, Claire Chazal le placera trois fois en deux phrases dans son commentaire.

Sans répéter ici ce que j’en ai dit, je rappelle le sens de cet adjectif qu’on aime tant désormais dans le discours politique à la mode :
« Qui concerne, qui appartient en propre au roi, au souverain. Dans un système démocratique, la douane, institution d'origine seigneuriale et régalienne, est donc chose odieuse et contradictoire (PROUDHON, Syst. contrad. écon., t. 2, 1846, p. 6). Droit régalien. Droit (de paix ou de guerre, de faire la loi, de battre monnaie, etc.) qui appartient au roi, au souverain. Un péage dû aux comtes de Combourg par chaque tête de bétail, espèce de droit régalien (CHATEAUBR., Mém., t. 1, 1848, p. 70) ». (Trésor de la langue française).

Si le ministère de l’intérieur est un domaine régalien, comme le croit Madame Chazal, les « cultes » qui en dépendent le sont donc aussi. Voilà qui va permettre enfin un réglement simple et rapide des problèmes de l’islam en France qu’on ne semble pas voir sous cet angle!

L’analyse interne de ce reMAMiement MINIstériel n’offre guère d’intérêt et on aurait pu voir les choses autrement si on était allé jusqu’à l’éviction de Fillon (pour cause de moubarakophilie) au bénéfice de l’impatient Juppé. On aurait pu alors mettre Guéant au Quai d’Orsay (why not ?) et à l’Intérieur, Longuet, lui qui connaît si bien la France, de la Lorraine à Saint-Tropez !

Ce qui m’interloque davantage est la comparaison, obligée désormais elle aussi dans nos médias, entre la chute du mur de Berlin et les soulèvement populaires actuels du Maghreb. Il y a tout de même une énorme différence que nos journalistes, ignorants et aveugles à la fois, omettent tous. Elle s’appelle évidemment Mikhaïl Gorbatchev qui dirigea, entre 1985 et 1991, l’URSS dont tout dépendait. C’est ce réformateur, éclairé et courageux, qui, dès 1987, s'engagea à l'extérieur (en Afrique surtout) dans la voie de l’apaisement de la guerre froide (ce qui marqua la fin des guignolesques républiques populaires du continent) et commença avec la Perestroïka et la Glasnost la libéralisation de l’URSS. Je donne ces précisions, que je sais triviales, à l’intention de nos journalistes et surtout de Madame Chazal. Rien de tel bien entendu en Tunisie, en Egypte ou en Lybie car les Gorbatchev potentiels, maghrébins ou égyptiens, sont morts ou étaient en prison ou en exil !

Post-Scriptum. Un des amis et lecteurs (l’un n’empêche pas toujours l’autre) m’a signalé hier à propos de Kadhafi une savoureuse galerie de photos d’Alain Korcos parue dans « Arrêt sur images », excellente émission de notre télévision, virée naguère de France Télévision au profit de quelques unes des âneries dont on nous régale. Elle est désormais reconvertie et accessible sur le net sous une forme un peu différente. La série de photos « Les beaux habits de Kadhafi », sortie le même jours que mon blog (le 26 février 2011) était hier en libre accès par Google. J’ai été assez sot et trop honnête pour copier aussitôt quelques unes des photos les plus savoureuses (et il n’en manque pas !) car je voulais demander l’autorisation de le faire. Hélas, aujourd’hui l’accès n’est plus libre, réservé qu’il est aux abonnés d’« Arrêt sur images ». N’empêche que la série vaut le détour !

dimanche 14 novembre 2010

Remaniement

« Nous l'avons, en dormant, Madame, échappé belle. ».

Je frémis encore ce matin, mon petit déjeuner pourtant déjà pris, à la pensée que j'ai paisiblement dormi, toute cette longue nuit de novembre, dans un pays qui n'avait plus de gouvernement ! François Fillon avait, en effet, démissionné à 19 heures 37 samedi soir, ce qui ne se fait jamais, sauf en cas de putsch et je n'en ai rien su !

J'ai pourtant regardé hier soir, à la télévision nationale, sur Arte, deux émissions, au demeurant intéressantes mais fort éloignées du présent cataclysme politique puisqu’elles portaient sur les hommes préhistoriques. On nous y a entretenu, deux heures durant, des rapports obscurs entre les hommes de Heidelberg et de Néanderthal (avec à l'appui, des images joliment reconstituées à grand renfort de prognathisme et de poils), puis on s’est interrogé sur les connaissances cosmologiques insoupçonnées qui s'étaleraient sur les parois de la grotte de Lascaux, selon les hypothèses un peu farfelues d’une paléo-cosmo-préhistorienne quelque peu allumée ! Mais de Fillon, dont on ne sait si les sourcils sont néerdanthaliens ou cro-magnonesques, rien! Bernique ! Nul n’a jugé bon d'interrompre toutes ses fariboles préhistoriques par une Marseillaise qui nous aurait soudain ramenés de moins 60.000 ou 30.000 ans pour nous annoncer la terrible nouvelle que le Fillonus maximus avait soudain, « samedi soir après le turbin », rendu son tablier à Nicolas Sarkozy, revenu tout exprès et en toute hâte de Séoul, pour assister la France dans cette terrible épreuve.

Je crois que Jacques Attali m'a coupé l'herbe sous le pied en faisant déjà l'inévitable jeu de mots sur « le G-vain de Séoul ». Je ne m’y risquerai donc pas car une bonne douzaine de chroniqueurs ont déjà dû le reprendre. Cette réunion dont tout laissait prévoir qu'elle ne servirait à rien, a même tourné à la farce avec le roi d'Arabie Saoudite filant à l'orientale au moment de la photo d’arrivée aux côtés du président de la république coréen (le Roi avait dû forcer sur le champagne durant le vol ! Le pauvre président coréen a été obligé de délaisser son épouse pour courir après sa Majesté qui fonçait à toutes jambes sous son keffieh). Notre président lui a jugé indispensable d'arriver le lendemain de la réunion (il avait oublié le 11novembre !) pour repartir aussitôt en étant à peine descendu de son avion (le temps de faire le plein). Heureusement que le thème n’était pas l’écologie, sinon les vilains journalistes n’auraient pas manqué de calculer perfidement le nombre de tonnes de carbone produites par les inutiles vols vers Séoul de dix-neuf 747 ou A-380, même repeints à neuf

Il est vrai que le tout (qui n'était qu'un rien) était déjà réglé, dans un communiqué commun aussi vide que lénifiant, les États-Unis et la Chine s'étant bornés à se regarder en chiens de faïence comme on pouvait le prévoir, chacun campant résolument sur sa politique monétaire, la seconde thésaurisant les tonnes de papier monnaie imprimées par le premier.

Mais j'en reviens à mon émotion matutinale quand j'ai appris que j'avais passé toute cette longue nuit sans être gouverné et, pis encore, sans m’être rendu compte de cet état. Le suspense demeure toutefois entier et, vu l'accélération générale du processus de remaniement, nous pouvons espérer avoir la composition du nouveau gouvernement pour l’apéro dominical !

Je voulais depuis qulques jours faire un texte sur les informations à propos des affaires Bettancourt-Woerth auxquelles nos amis suisses ont eu droit, mais qui nous ont été jusqu'à présent refusées. La Suisse romande a, elle, eu la chance de voir sa télé diffuser un film dont je vous donne ci-dessous non seulement référence mais également un ou deux aspects de la substantifique moëlle. On y apprend un détail qui ne me surprend guère sur les relations entre François Marie Bannier et la famille Bettencourt. En effet dans notre presse nationale, on nous a toujours présenté M. Bannier comme une sorte de gigolo germano-pratin que Liliane Bettencourt s'offrirait à coups de milliards sur ses vieux jours. La chose n'avait pas manqué de m'étonner, vu l'orientation sexuelle affichée du héros. Elle est, en effet, bien connue, depuis fort longtemps et lui-même ne s'en cache guère. Certes, et je le sais de bonne source, que dans les beaux quartiers parisiens, il n'est pas rare de voir quelques gays et brillants intellectuels tenir salon chez de riches vieilles dames qui, dans leur grandeur d'âme, font converger leurs soupirs dans les voiles de l'ambition et/où de la cupidité des dits intellectuels.

Le cas est ici apparemment un peu différent ; c'est, nous dit-on, MONSIEUR Bettencourt, dont la carrière a été à la fois tortueuse et animée, qui, de son vivant, s'était lié d'amitié avec F-M B. et avait commencé à le couvrir de centaines de millions. Liliane Bettencourt n'a fait au fond que reprendre les habitudes de son mari, sans forcément les mettre dans les sentiers de pratiques analogues.

Il y a quelques autres éléments intéressants dans ce petit film mais je vous laisse le soin de les découvrir en vous livrant ici son adresse. http://www.tsr.ch/video/info/journal-19h30/2439011-le-regard-de-jacob-berger-sur-l-affaire-bettencourt.html#id=2439011