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jeudi 15 août 2013

Manuel Vals : reniement ou re(ma)niement ?

Au moment même où j'ai lu, dans Mediapart,  le titre de l'article d'Edwy Plenel "Ce reniement dont Vals est le nom", cette « petite blague » (comme dirait notre président) m'a aussitôt traversé l'esprit. J'ai même cru un moment, à la lecture du texte, puisque le mot "remaniement" lui-même figure dans l'article, qu'Edwy Plenel irait peut-être lui-même jusqu'à la risquer ; il est trop sérieux pour cela et c'est ce qui me conduit, en ce 15 août, à la faire moi-même.

Toutefois, elle est si évidente que je ne voulais pas perdre un quart d'heure de mon 15 août à écrire ce billet, sans avoir vérifié qu'une bonne demi-douzaine de commentateurs ne l'avaient pas déjà faite avant moi.  Ils étaient 728 hier soir, quand je les ai parcourus réservant de ce fait la rédaction de mon billet au lendemain matin.

Je dirai dans la suite quelques mots du texte d' Edwy Plenel, mais je dois avouer que la lecture, très cursive fort heureusement, de ces 728 commentaires m'a paru hautement significative. Je me demandais en effet comment on pouvait trouver 728 personnes pour commenter un même texte, dans la mesure où, si le commentaire qu'on veut apporter, a déjà été fait une douzaine de fois, il me semble un peu inutile d'en ajouter un treizième.

A défaut de vous amuser par ma "petite blague" sur le fonds de laquelle je reviendrai car elle en a un puisque mon interprétation diffère un peu de celle d'E. Plenel, je puis vous donner quelques informations sur la nature même de ces commentaires, car je pense que je suis probablement la seule personne qui ait parcouru les 728 textes qui ont été écrits à propos de cet article.

La plupart font, en réalité, peu de cas de l'article qu'ils sont censés commenter ; une bonne moitié, sinon davantage, est le reflet de luttes et d'échanges interpersonnels entre des abonnés de Mediapart qui semblent plus ou moins se connaître et s'opposent ou même s'insultent par commentaires échangés, se livrant plus rarement à des congratulations confraternelles. Une autre part importante de ces commentaires est consacrée à tout autre chose que le fond du sujet de l'article, s'y raccrochant par un ou deux détails dont l'évocation permet à l'auteur du commentaire de donner libre cours à son obsession rédactionnelle. Bref, je dois dire que la lecture de ces commentaires, qui m'a pris un certain temps, même si elle fut menée rapidement, m'a semblé globalement fort décevante, à quelques exceptions près.

Venons-en à ma "petite blague" sur le "re(ma)niement". Je pense que, comme souvent Edwy Plenel prend trop au sérieux les hommes politiques, les jugeant à l'aune de ses propres convictions. Si je me souviens bien l'article distingue quatre reniements de Manuel Vals ; depuis hier, il pourrait même en ajouter un cinquième! En effet, suite à la "fuite" (dont l'origine serait fort intéressante à connaître) de la lettre à propos de Madame Taubira adressée au Président de la République, Vals à nié, comme un beau diable (c'est le cas le dire), avoir quelque différent que ce soit avec la Garde des Sceaux. Il a même précisé qu'il travaille avec elle, et je le cite, « la main dans la main » et « même dans la bonne humeur ».

On sait que le geste que nous affectionnons tant, nous autres Français, de serrer, à tout bout de champ, la main de la personne qu'on rencontre, résulte, à l'origine, de la volonté de lui faire savoir qu'on ne porte pas d'armes dans cette même main. Après tout, Manuel Vals peut très bien travailler "main dans la main" avec Madame Taubira, mais avoir, dans l'autre main, cachée derrière son dos, une plume acérée et trempée dans le venin, voire un solide gourdin.

Mon principal point de désaccord avec l'article d'E Plenel est que lui voit dans les "reniements" de Vals la trace manifeste de convictions et d'idées "droitières" cachées, alors que je pense il s'agit bien plus de simples stratégies politiciennes du moment et que ces "reniements" visent moins à exposer sa pensée profonde qu'à le mettre en position privilégiée pour Matignon dans un "re(ma)niement" qui devra manifestement aller dans le sens du vent.

samedi 23 octobre 2010

Edwy Plenel sait compter!

Tout le monde a été fort surpris de voir, lors de la dernière grande manifestation parisienne, Edwy Plenel se lancer dans le comptage des manifestants qui était, jusqu'à présent, les spécialités, exclusives et hilarantes, de la police et des syndicats avec les résultats que l'on connaît.

Edwy Plenel sait compter ! Les abonnés à Médiapart, d'abord et surtout, mais désormais aussi les manifestants (opération un peu "pompée" sur les Espagnols!). Compter les seconds devrait, pensait-il, le conduire à compter en plus grand nombre les premiers.

Quelques explications à ce propos, que d'aucuns peuvent juger étrange, sont nécessaires et je vais vous les donner.

La première est des plus simples. Si l'on prend deux organes d'information électronique bien connus, Médiapart et Rue 89, on observe que leurs fonctionnements commerciaux sont fort différents. Rue 89 est financé, à 60 %, me semble-t-il, à en croire ses responsables, par la publicité ; Médiapart et Plenel vivent des abonnements. L’évaluation des fréquentations, base des tarifs publicitaires, est facile à truquer, du moins telle qu'elle est pratiquée par le « Nouvel Observateur » d’où je fus naguère chassé pour irrévérence envers la gent journalistique. Pour ce qui me concerne, sans que des textes de mon cru y soient accessibles depuis six mois, j'ai continué longtemps à avoir 2000 visiteurs par mois ! S’il est facile de falsifier les chiffres de fréquentation et de duper ainsi les annonceurs, il en est tout autrement pour les abonnements.

Une deuxième observation, que je fais depuis plusieurs années, concerne l'organisation même des manifestations. J'ai le souvenir de manifestations d'autrefois, dans lesquelles les manifestants défilaient en rangs serrés, au coude à coude, une ligne suivant immédiatement et de près la précédente. Aujourd'hui, on a au contraire l'impression que les manifestants se tiennent dans des formations aussi dispersées que possible, qui leur permettent, par là même, d'occuper le maximum de terrain, chaque manifestant est à un ou deux mètres de son voisin et les petits groupes défilent à pas lents et comptés, à des distances plus grandes encore. Il me paraît évident qu'il y a là, comme sur beaucoup d'autres aspects, des consignes données par les organisations qui gèrent ces affaires. Le but, à l'évidence, est de faire occuper le maximum d'espace par le minimum de manifestants.

La troisième observation concerne la spontanéité des manifestations lycéennes en particulier. J'ai entendu récemment développer deux thèmes qui me paraissent du plus haut comique. Le premier est celui, récurrent, de l'indépendance politique de ces actions. Point n'est besoin de rappeler ici la grande époque où le secrétaire général de la CGT était statutairement membre du bureau politique du parti communiste ! Le second thème est celui de la non-manipulation des organisations lycéennes ou étudiantes par les formations politiques. On sait néanmoins que longtemps (et peut-être est-ce encore le cas), le principal clivage entre les deux des principaux syndicats étudiants (« principaux » étant un bien grand mot pour des organisations microscopiques) était que le premier était d'obédience communiste, alors que le second était rattaché au parti socialiste. Vu le nombre des mégaphones et plus globalement du matériel utilisé dans les manifestations de « jeunes », sans parler des locaux dont ils disposent et des modes d'organisation de ces manifestations, il est évident que des formations politiques (naturellement de gauche) sont derrière tout cela. La chose d'ailleurs sans importance ni intérêt pour mon propos.

Revenons aux comptages chers à Edwy Plenel, aussi bien ceux des manifestants que ceux des tintements du tiroir-caisse de Médiapart. Il avait fait un très joli coup avec l'affaire Woerth mais, en la matière, un coup, si réussi qu’il soit, ne suffit pas et il faut renouveler régulièrement ce genre d'opération si l’on veut accroître la clientèle. Il en fallait donc, de toute urgence, un nouveau puisque les manifestations occupaient désormais le premier rang de l'actualité.

L'astuce majeure dans l'opération et la mise en oeuvre est qu'elle constitue un coup de billard à plusieurs bandes. Tout le monde s'attendait en effet à ce que Médiapart produise des chiffres proches de ceux des syndicats, mettant par la même en évidence les falsifications opérées par le pouvoir sarkoziste et sa police. Or c'est précisément le contraire qui s'est produit puisque, lors de la dernière manifestation parisienne, alors que la police annonçait 89.000 manifestants et les syndicats 330.000, Médiapart n'en a compté que 76.000 ! Je passe sur les détails du comptage qui sont sans importance ici puisque ces dénombrements sont probablement tous aussi bidons les uns que les autres.

Le but de l'opération était par le caractère inattendu de ce résultat de créer, comme on dit aujourd'hui, le « buzz » pour faire monter le nombre des abonnés à Médiapart, la seule vraie et bonne source d'information authentique et sincère sur le marché, mais aussi contre toute attente de montrer que les chiffres de la police, qu'on a tendance à croire minorés, étaient au contraire majorés, ce qui contribuait, de façon inattendue mais perversement efficace, à accréditer la thèse anti-sarkoziste de la création, volontaire et organisée, d'un climat d'insécurité et d'inquiétude.

Bravo Edwy ! Joli coup ! J'espère que le tiroir-caisse de Médiapart a tinté d'importance !

samedi 5 juin 2010

France-Chine 0-1 ; Plenel-Genestar : zéro et zéro

Ce matin sur Franc-Infos, peu après neuf heures, en prenant mon petit déjeuner du samedi, tardif comme toujours (voilà que je tombe dans les confidences personnelles que je m’interdis pourtant !), j’ai écouté, comme souvent, Alain Genestar (naguère de Paris-Match , reconverti dans les média électroniques, du fait du coup de pied au cul de Lagardère son patron, lui-même télécommandé par notre Nicolas, suite à la couverture du magazine montrant Cécilia Sarkozy en compagnie de son amant de l’époque à New-York) et Rdwy Plenel (naguère du Monde, viré lui aussi et entré dans le même bizness). Pour éviter de leur faire de la pub , je ne citerai pas le nom de leurs deux officines, P-M pour le premier, M.pour le second. En fait cette émission du samedi leur sert surtout à faire la pub de leurs deux PME (ou TPME) comme on dit désormais vu la crise ; on dira bientôt FTPME « Feue très petite entreprise" ! Ils ne manquent jamais, dans la dizaine de minutes de l’émission, de citer au moins deux fois , de façon laudative, le nom et l’activité de leurs officines respectives.

Vous alles me dire, avec le mauvais esprit que je vous connais, mais pourquoi vous infliger cet hebdomadaire pensum ? Si vous êtes comme moi un auditeur, distrait mais constant, de radios, vous devez savoir que le samedi matin est essentiellement voué au jaredinage et à la bagnole, qui ne sont nu l’un ni l’autre ma tasse de thé. Me voilà donc condamné au duo des exclus de la grande presse qui me permet d’échapper, une dizaine de minutes durant, aux vroum-vroum et aux mains vertes !

Je voulais en fait, au départ, vous parler de la brillante prestation de l’équipe de France de football contre la Chine et c’est ce projet qui m’a amené au titre que j’ai donné à ce post. J’avais d’abord écrit Genestar-Plenel 0-0, mais je me suis aussitôt rendu compte que « zéro ET zéro » était bien plus conforme à la réalité. En effet, il n’y a jamais de match entre les deux, uniquement préoccupés qu’ils sont, dans les faits, de vendre leur salade !

Le sujet du matin était naturellement l’affaire de Gaza et il aurait été difficile de concevoir une discussion plus nulle (mais peut-on appeler ça une discussion !) et un entretien plus indigent sur le fond. En fait les deux loustics causaient depuis le stand de leur feuille de chou électronique au « Salon du livre de Trifouillis-les-Oies ». Bref, je ne reviens pas sur Gaza, puisque j’ai déjà dit, à ce sujet, mon sentiment, avec un commentaire fort pertinent de Filou !

En revanche, hier j’ai un peu regardé (en alternance avec Roland Garros) le match France-Chine avec le secret espoir de voir la France, une fois de plus, se couvrir de ridicule. Je dois dire que de ce point de vue, je n’ai pas été déçu. Défaite grotesque des Français, devant une équipe dont la plupart des joueurs ont la technique de pratiquants amateurs de troisième division. Je crois que la Chine, dont la pluaprt des titulaires étaient en outre absents, est 84ème dans le monde ! Les jeunes joueurs qui étaient là doivent être plus habitués à porter les ballons et à couper les citrons qu’à affronter des équipes étrangères. Ils arrivent donc, à peut près, à défendre, mais sont totalement nuls en attaque et ne se hasardent d’ailleurs guère à franchir la ligne médiane ! Ils ont quand même réussi à marquer un but sur coup-franc, mais notre Lyonnais de gardien (que nos spécialistes considèrent comme le meilleur du monde), a regardé un ballon mollasson lui passer à trente centimètres de la hanche droite, sans même esquisser le moindre geste.

Les « sponsors » ont fabriqué des tas de pub télé pour vendre un peu n’importe quoi, des automobiles aux assurances ; on nous y montre les plus superbes gestes techniques et les interventions les plus audacieuses, tandis que, sur le terrain et « en vrai », ce ne sont que mauvaises passes (il y a eu une dizaine de passes carrément hors du terrain), tirs approximatifs (Gourcuff a même mis l’un de ses deux tirs au but à une bonne douzaine de mètres à gauche de la cage chinoise!) et engueulades entre des joueurs qui rivalisaient de nullité et d’inefficacité.

Le plus drôle a été que le match étant diffusé sur TF1 et que, comme les spécialistes prévoyaient un score de 5 ou 6 à 0 en notre faveur , on avait prévu, surtout pour les « sponsors » qui commencent à regretter leurs sous et qui sont aussi clients de la chaîne, tout de suite après la fin de la rencontre, une interview de Domenech par Claire Chazal. en direct. Domenech n’ayant pas osé se faire porter pâle, l’épreuve a bien eu lieu, mais on a fait court. Raymond-la-science n’a pas osé dire qu’on l’avait fait exprès pour tromper les Urugayens en vue du prochain match ; il s’est donc borné à juger le résultat « embêtant ». C’est le moins qu’on puisse dire pour le résultat, pour le match lui-même j’aurais plutôt dit « minable et emmerdant » !