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lundi 31 mars 2014

Table présidentielle : menus de remaniement

e choix du titre de ce billet se révèle bien hasardeux depuis que des micros indiscrets ont enregistré les remarques postprandiales d’une invitée. Nous avons ainsi, entendu, sur le perron de l'Élysée, Madame N. Bricq (Ministre du commerce extérieur, ce qui aggrave singulièrement son cas) déclarer que la bouffe (poularde et foie gras) était « dégueulasse ». Il est vrai que lorsqu'on se nomme Bricq, quoique née à la Rochefoucauld, on peut préférer  la cuisine maghrébine et ses « briks », à moins qu'à défaut de pavé, on ne choisisse de manier la brique de l'ours. En tout cas, cette déclaration publique, n'a pas été du goût de  tout le monde et elle a dû présenter au chef des excuses qu’il a d’ailleurs refusées ! Bref ça barde en cuisine et les prochains convives, futurs commensaux de François Hollande, feront bien de tenir leur langue. Prudence et silence seront de rigueur, quel que soit le menu, d’où l’importance de ce billet.  Je suis toutefois bien imprudent de me risquer sur le sujet, alors que nous n'en sommes qu'aux bruits, moins de couloirs que d’office, car le choix des menus comme des convives est ici capital et significatif.
La seule chose qu'on sache de source sûre est que le Président de la République a annulé le  déjeuner de lundi qu'il avait prévu avec le Premier Ministre. Il a sans doute jugé inutile de devoir «  in presentia » remplacer la bouffe que Madame Bricq jugeait « dégueulasse » par une « soupe à la grimace » d’un effet identique, mais plus pénible encore à avaler. Le Président et le Premier Ministre se sont, semble-t-il, rencontrés néanmoins et le second a assuré le premier de sa « loyauté ». On le croit volontiers car, pour se vendre à autrui, encore faut-il trouver quelqu'un qui veuillez bien vous acheter !
Il y aura sans doute moins de problèmes en cuisine ; si, ayant pris sa décision et fait son choix, le Président de la République se décide à inviter à déjeuner son futur Premier Ministre, il pourrait marquer l'événementet honorer le précédent , in memoriam,  par une préparation gastronomique dite « à la nantaise ». Il en existe de multiples variétés qui toutes se caractérisent par la coexistence du beurre et d’un vin blanc, du muscadet de préférence.
Reste bien entendu le casting de la viande ou du poisson qui subiront cette préparation « à la nantaise » ;  le plus classique est sans doute le cabillaud, mais un cuisinier facétieux pourrait imaginer de le remplacer, en la circonstance, comme cela se fait parfois, par la morue. Si Manuel est retenu par le Président, il pourrait apprêtre dans cette recette une ministre devenu oisive et, en outre, peu susceptible de convenir, sous une autre forme, au futur Premier Ministre ; ce pourrait être Madame Cécile Duflot qui présenterait en outre l'avantage certain de ne pas avoir à être dessalée !
On pourrait songer aussi (et je vous jure que la recette est authentique car je l’ai prise dans un ouvrage réputé en la matière intitulée Salines en cuisines, « le cul de lapin à la nantaise ».
Je ne me risquerais pas à choisir une victime par les multiples ministres qui feront sans doute les frais du remaniement. Quel que soit le choix, resteront sur le carreau (des Halles ?) bon nombre de celles et de ceux qui composent feu le gouvernement. Les choix seront sans doute difficiles à faire, car ils dépendent à la fois de la recette retenue et des convives invités. Toutefois, on ne risquera pas grand-chose à prévoir, pour les invités sobres, de l'eau de Vals, un cru d’eau minérale ardéchoise, qui mériterait bien cette promotion aussi opportune que discrète.
Aux dernières nouvelles, je lisais, sous une ou plusieurs plumes parisiennes, que Manuel tenait la corde, mais nul ne nous dit qui est attaché(e) au bout ! Je crains pour elles que ce soit Christiane Taubira et/ou Cécile Dufflot, même si de telles cordes passent toujours pour des porte-bonheurs !


vendredi 18 octobre 2013

Leonarda : "le grand n'importe quoi !"


"Assurons-nous bien du fait, avant que de nous inquiéter de la cause. Il est vrai que cette méthode est bien lente pour la plupart des gens, qui courent naturellement à la cause, et passent par-dessus la vérité du fait, mais enfin nous éviterons le ridicule d'avoir trouvé la cause de ce qui n'est point.". Cette réflexion de Fontenelle dans son Histoire des oracles est assurément plus vraie encore dans notre société, où les médias, en perpétuelle concurrence et engagés dans une frénétique course au scoop, n'hésitent jamais à dire n'importe quoi dans l'espoir permanent de devancer leurs concurrents.

Depuis deux jours, il n'est bruit dans nos médias que de Leonarda et encore hier des milliers de jeunes lycéens qui, sans doute, pour la plupart situent le Kosovo en Afrique, manifestaient dans les rues de Paris en faveur de cette fameuse Leonarda renvoyée dans son Kosovo natal pour y rejoindre le reste de sa famille qui y avait été expédié quelque jours auparavant.

Rappelons, parmi nos souvenirs de collège, l'histoire de la dent d'or de Fontenelle dont j'ai cité ci dessus l'introduction.
"En 1593, le bruit courut que les dents étant tombées à un enfant de Silésie, âgé de sept ans, il lui en était venu une d'or, à la place d'une de ses grosses dents. Horstius, professeur en médecine dans l’Université de Helmstad, écrivit en 1595 l'histoire de cette dent, et prétendit qu'elle était en partie naturelle, en partie miraculeuse, et qu'elle avait été envoyée de Dieu à cet enfant pour consoler les Chrétiens affligés par les Turcs. Figurez-vous quelle consolation, et quel rapport de cette dent aux Chrétiens, ni aux Turcs. En la même année, afin que cette dent d'or ne manquât pas d'historiens, Rullandus en écrit encore l'histoire. Deux ans après, Ingolsteterus, autre savant, écrit contre le sentiment que Rullandus avait de la dent d'or, et Rullandus fait aussitôt une belle et docte réplique".

Je vous épargne la suite car les choses ne vont pas au même train à cette époque que dans la nôtre. Fontenelle conclut son récit, avec un bon sens qu'on aurait pu croire mieux partagé selon Monsieur Descartes : "Il ne manquait autre chose à tant de beaux ouvrages, sinon qu'il fût vrai que la dent était d'or. Quand un orfèvre l'eut examinée, il se trouva que c'était une feuille d'or appliquée à la dent avec beaucoup d'adresse; mais on commença par faire des livres, et puis on consulta l'orfèvre.".

Il en est de même pour l'affaire Leonarda et il ne me manque pour vous la narrer que le talent de Fontenelle !

On s'indigne, on débat, on manifeste, on exige la démission du ministre voire du gouvernement ou même, pourquoi pas, de Président de la République et ensuite on s'informe un peu sur la réalité des choses.

On découvre ainsi que le père de famille, Resat Dibrani a eu quelques problèmes avec la justice. Début 2013, sa femme a déposé une plainte contre lui pour violences sur ses filles Leonarda, 15 ans, et Maria, 17 ans. Le parquet de Besançon a estimé qu'il n'y avait pas assez de charges pour engager des poursuites mais Leonarda et sa sœur ont été néanmoins placées en foyer pendant deux semaines. Monsieur G. Guinot, "porte-parole du comité de soutien aux sans-papiers du secteur de Pontarlier" explique ces comportements par des spécificités culturelles du Kosovo : «Au Kosovo, le chef de famille a tous les droits, on a essayé de lui dire que ce n'était pas une façon de faire, qu'en France on n'avait pas le droit de frapper ses enfants» ; une voisine confirme aussi que ce père de famille battait souvent ses enfants et sa femme.

Monsieur Dibrani, que l'on présentait comme blanc comme neige, apparaît toutefois comme fort différent. En effet, si Monsieur Dibrani est bien kosovar, sa femme est italienne et ses enfants sont nés en Italie. Il a lui-même, comme souvent, menti  et, par précaution, détruit les papiers de sa famille, sachant que s'il se déclarait italien, il serait renvoyé dans ce pays. Il a fait le choix du Kosovo où l'on peut invoquer les persécutions dont les Roms sont victimes. Il a même ajouté qu'il s'était offert, en France même, pour 50 €, de faux papiers.

On a ainsi appris que ce père de famille, présenté comme exemplaire, qui, disait-on, avait un travail ou du moins en recherchait un, n'a, en réalité, jamais travaillé depuis quatre ans et ne semble guère préoccupé par la recherche d'un emploi, du moins à en croire les témoignages qui ont pu être recueillis.

Ajoutons enfin, car il est évidemment étonnant pour ne pas dire scandaleux, qu'il soit, depuis plus de quatre ans, en attente d'une décision sur sa demande d'asile, que comme beaucoup d'autres, il a bénéficié des conseils juridiques de l'assistance et du soutien aux sans-papiers du secteur de Pontarlier. Selon Michèle Tribalat, spécialiste de l'immigration, ces délais prolongés ne tiennent qu'aux appels successifs de M. Dibrani contre les décisions de rejet dont ses quatre précédentes demandes successives ont déjà fait l'objet, procédures que personne n'évoque naturellement. On pense ici à ces fameux séjours prolongés dans les couloirs de la mort des États-Unis qu'on attribuait souvent à une forme de sadisme de la justice américaine, alors qu'ils ne tenaient qu'aux appels successifs des condamnés qui naturellement étaient toujours suspensifs de l'exécution de la sentence.

Indépendamment de l'opinion qu'on peut avoir sur cette affaire comme sans doute sur beaucoup d'autres, il est très fâcheux que notre information soit d'une telle médiocrité voire d'une pareille inexactitude et que la recherche forcenée du scoop et de la primauté dans la diffusion de quelque information que ce soit, l'emporte, partout et toujours, dans notre presse, sur la vérité des faits qui devrait pourtant être l'exigence première et majeure.

jeudi 15 août 2013

Manuel Vals : reniement ou re(ma)niement ?

Au moment même où j'ai lu, dans Mediapart,  le titre de l'article d'Edwy Plenel "Ce reniement dont Vals est le nom", cette « petite blague » (comme dirait notre président) m'a aussitôt traversé l'esprit. J'ai même cru un moment, à la lecture du texte, puisque le mot "remaniement" lui-même figure dans l'article, qu'Edwy Plenel irait peut-être lui-même jusqu'à la risquer ; il est trop sérieux pour cela et c'est ce qui me conduit, en ce 15 août, à la faire moi-même.

Toutefois, elle est si évidente que je ne voulais pas perdre un quart d'heure de mon 15 août à écrire ce billet, sans avoir vérifié qu'une bonne demi-douzaine de commentateurs ne l'avaient pas déjà faite avant moi.  Ils étaient 728 hier soir, quand je les ai parcourus réservant de ce fait la rédaction de mon billet au lendemain matin.

Je dirai dans la suite quelques mots du texte d' Edwy Plenel, mais je dois avouer que la lecture, très cursive fort heureusement, de ces 728 commentaires m'a paru hautement significative. Je me demandais en effet comment on pouvait trouver 728 personnes pour commenter un même texte, dans la mesure où, si le commentaire qu'on veut apporter, a déjà été fait une douzaine de fois, il me semble un peu inutile d'en ajouter un treizième.

A défaut de vous amuser par ma "petite blague" sur le fonds de laquelle je reviendrai car elle en a un puisque mon interprétation diffère un peu de celle d'E. Plenel, je puis vous donner quelques informations sur la nature même de ces commentaires, car je pense que je suis probablement la seule personne qui ait parcouru les 728 textes qui ont été écrits à propos de cet article.

La plupart font, en réalité, peu de cas de l'article qu'ils sont censés commenter ; une bonne moitié, sinon davantage, est le reflet de luttes et d'échanges interpersonnels entre des abonnés de Mediapart qui semblent plus ou moins se connaître et s'opposent ou même s'insultent par commentaires échangés, se livrant plus rarement à des congratulations confraternelles. Une autre part importante de ces commentaires est consacrée à tout autre chose que le fond du sujet de l'article, s'y raccrochant par un ou deux détails dont l'évocation permet à l'auteur du commentaire de donner libre cours à son obsession rédactionnelle. Bref, je dois dire que la lecture de ces commentaires, qui m'a pris un certain temps, même si elle fut menée rapidement, m'a semblé globalement fort décevante, à quelques exceptions près.

Venons-en à ma "petite blague" sur le "re(ma)niement". Je pense que, comme souvent Edwy Plenel prend trop au sérieux les hommes politiques, les jugeant à l'aune de ses propres convictions. Si je me souviens bien l'article distingue quatre reniements de Manuel Vals ; depuis hier, il pourrait même en ajouter un cinquième! En effet, suite à la "fuite" (dont l'origine serait fort intéressante à connaître) de la lettre à propos de Madame Taubira adressée au Président de la République, Vals à nié, comme un beau diable (c'est le cas le dire), avoir quelque différent que ce soit avec la Garde des Sceaux. Il a même précisé qu'il travaille avec elle, et je le cite, « la main dans la main » et « même dans la bonne humeur ».

On sait que le geste que nous affectionnons tant, nous autres Français, de serrer, à tout bout de champ, la main de la personne qu'on rencontre, résulte, à l'origine, de la volonté de lui faire savoir qu'on ne porte pas d'armes dans cette même main. Après tout, Manuel Vals peut très bien travailler "main dans la main" avec Madame Taubira, mais avoir, dans l'autre main, cachée derrière son dos, une plume acérée et trempée dans le venin, voire un solide gourdin.

Mon principal point de désaccord avec l'article d'E Plenel est que lui voit dans les "reniements" de Vals la trace manifeste de convictions et d'idées "droitières" cachées, alors que je pense il s'agit bien plus de simples stratégies politiciennes du moment et que ces "reniements" visent moins à exposer sa pensée profonde qu'à le mettre en position privilégiée pour Matignon dans un "re(ma)niement" qui devra manifestement aller dans le sens du vent.

vendredi 27 juillet 2012

Intégration et francophonie. Nouvel épisode. Hydre de Lerne ou Shiva ?

J'ai publié, en partie et sous une forme un peu différente, ce blog en octobre 2011. Ma paresse estivale et les propos de Messieurs Vals et Guéant lui redonnant toute son actualité , je n'hésite pas devant une "redif" dont c'est la saison!
J'évoque souvent le Moloch de l'administration française, mais, dans l'ordre des métaphores mythologiques, voilà que mon sujet du jour m'amène à évoquer d'autres figure,s car on pourrait tout aussi bien faire sortir de son antre l'Hydre de Lerne, dont repoussaient sans cesse les multiples têtes coupées, mais également, en changeant de continent, Shiva aux quatre bras avec toutefois une nuance typiquement française dans la mesure où chacun de ses bras ne paraît jamais savoir ce que font ou ont fait les trois autres.

La première observation qu'on peut faire est que la plupart des pays européens ou même étrangers exigent, de la part des candidats à la naturalisation, une connaissance, en général minimale mais parfois plus étendue, de la langue et même de la culture nationale.

Deuxième remarque.  D'aucuns disent que "les dispositifs précédents ne sont pas pleinement opérationnels" ; une telle formule témoigne non seulement d'une parfaite maîtrise de notre langue mais même de la pratique opportune d'une des figures majeures de notre rhétorique qui est la litote.

En effet, ce qu'on présentecomme une lubie de Claude Guéant (un "dada") n'est, en fait, que la reprise, assez irréfléchie, sans doute fondée sur l'ignorance, d'un programme du Ministère de la Culture mis en oeuvre, à partir de 2003 par la Délégation générale à la langue française et aux langues de France (la DGLFLF). Le bras du Shiva administratif français qui règne sur l'Intérieur ignore manifestement ce que fait un autre bras qui a en main(s) la Culture ( je mets "main" au singulier, avec une prudente option pour le pluriel, faute de savoir si l'un ou l'autre des bras de notre Shiva possède aussi plusieurs mains!).

En France, les réflexions sur cette question ont commencé depuis près de dix ans sans autre résultat tangible(si l'on peut dire) qu'un ouvrage de J.C. Beacco, M. de Ferrari, G. Lhote et C. Tagliante intitulé Niveau A1.1 pour le français (Public adultes peu francophones, scolarisés, peu ou non scolarisés) Référentiel et certification (DILF) pour les premiers acquis en français, Didier, 236 pages, Paris, 2005.

Je ne parlerai pas ici du contenu même de ce livre et de la critique qu'on peut en faire, me bornant à en examiner les seules pages de couverture et de garde pour ne pas abuser de la patience de mes lecteurs.

Sans aller plus loin, on y observe d'abord que, si l'ouvrage porte le logo du Conseil de l'Europe (avec, au-dessous la mention "Division des politiques linguistiques, Strasbourg. Référentiel pour les langues nationales et régionales") , le livre est co-édité et probablement co-financé par la DGLFLF(ministère français de la culture et de la communication) et la Direction de la population et des migrations (ministère français de l'emploi de la cohésion sociale et du logement, donc, en la circonstance, une troisième main de notre Shiva administratif).

Il semble y avoir d'ailleurs eu quelques problèmes dans cette coordination complexe européano-française. En effet, sur la couverture, le logo du Conseil de l'Europe figure, au centre et en haut de la page tandis que, sur la page de garde, ce même logo a bizarrement glissé vers la droite, laissant, à sa gauche, un espace, curieusement vide quoique symétrique, dont tout donne à penser qu'il aurait dû être occupée par le logo d'une autre institution.

Tout cela est en tout cas moins important que le titre même de l'ouvrage qui comporte aussi quelques bizarreries : "A1.1 pour le français (Publics adultes peu francophones, scolarisés, peu ou non scolarisés) Référentiel et certification (DILF) pour les premiers acquis en français".
Sur la forme d'abord. En l'absence de ponctuation, on ne sait trop que penser des adjectifs qui suivent "publics adultes" et en particulier de "scolarisés" vs peu ou non scolarisés"). Si l'on voit bien que DILF est forgé sur le modèle DELF et DALF et que le niveau A1.1 indique qu'il s'agit là du premier degré du niveau A1, on ne peut que s'étonner de voir, sur certains points objectifs, les exigences de ce niveau A1.1 apparaître comme supérieures à celles du niveau A1 dont il est censé être la première marche!

Il semble un peu inutile de d'interroger sur ce genre de détails linguistiques tant on relève de faits qui démontrent que les auteurs du livre en cause semblent tout ignorer, apparemment, du mode et des conditions de vie des "adultes peu francophones, scolarisés, peu ou non scolarisés" que prétend viser pareille entreprise.

On peut certes s'interroger sur le contenu pédagogique de ce niveau A1.1 mais plus encore sur la mise en place du plan dans lequel il devait s'insérer pour s'achever dans le DILF. Je ne peux pas aborder ici le détail ni le contenu de ces niveaux du fameux "Cadre européen commun de référence pour les langues" (la poule aux oeufs d'or des didacticiens assez habiles pour se faufiler dans ce fromage); j'observe néanmoins que, dans l'entreprise commencée dans les années 2003-2004, le choix de ce niveau A1.1 uniquement oral, qui impliquait une durée d'enseignement comprise entre 200 et 500 heures et devait être organisé et financé par un Fonds d'actions et de soutien à l'intégration et la lutte contre les discriminations (FASILD) n'a assurément pas donné les résultats qu'on pouvait espérer ; le DILF a sombré corps et biens avec lui au point que tout cela est totalement oublié de tous, même du ministre compétent iol y a trois mois encore (la quatrième main de Shiva).

Ce qui est sûr en tout cas est qu'on était, à cette époque et avec plus de moyens au moins sur le papier, porteur d'une ambition bien moindre que celle de M. Claude Guéant qui visait, au moins dans ses propos, le niveau B1 (supérieur à celui de la majorité des instituteurs de l'espace francophone du Sud qui sont plutôt à A2!) et même celui de la troisième (!), alors que, en 2003-2004, on ne pensait qu'à un niveau A1.1 qui n'était qu'une première étape de A1. On a donc, pour conclure le sentiment que notre administration ne sait pas toujours très exactement ni de quoi elle parle ni ce qu'elle veut.

Notre Shiva administratif, désormais perplexe, occuperait-il une cinquième main, cachée celle-ci, à se gratter l'occiput ?