En 2010, au moment du décès de Philippe Seguin, alors Premier Président de la Cour des comptes, j'avais écrit un blog sur son action. Ce n’était pas en fait sa mort, si déplorable qu’elle fût, qui m’avait ému à ce point (encore que l’homme fût sympathique et surtout estimable) mais plutôt la portée politique de son action dans cette fonction.
En effet, quelques jours avant son décès, j’avais écrit, par hasard, un post au titre qui avait paru sans doute énigmatique à beaucoup de mes lecteurs (« Le Musée Sarko à l’Ile Seguin ou Sarko épinglé dans le Musée Seguin »). Il était assurément un peu sibyllin, car j’avais reculé, au dernier moment, devant le premier titre qui m’avait tenté et qui était « Seguin Sarkophage ». Quelques années ayant passé, je dois aux lecteurs actuels, s'il s'en trouve, quelques rappels en forme d'éclaircissements.
Entre d'une part la chèvre de ce brave Monsieur Seguin, dont le président de la Cour des comptes, accablé des allusions qu’on lui faisait à propos de sa barbe, avait fini par en faire le sacrifice et d'autre part, l’Ile Seguin, où Nicolas Sarkozy voulait construire son Musée national de l’histoire de France, à défaut de pouvoir en faire l’Ile du Diable pour y loger son ex-ami Philippe du même nom, on voit donc que la matière à plaisanteries ne manquait pas.
Je ne doute pas un instant qu’en dépit de la déploration unanime de la mort de Seguin, certains, malgré leurs mines contrites, n'aient pas été trop fâchés de sa disparition, ce qui pourrait conduire à former des théories "complotistes", surtout si l'on voit son successeur reprendre les habitudes anciennes de la maison. Seguin était, en effet, à un double titre, Premier Président de la Cour des comptes ; d’abord pour l’ordre protocolaire (mais c’est le moins intéressant), mais surtout pour avoir été le premier à parler haut et franc, ce que n’avait jamais fait aucun de ses prédécesseurs, pas même l’austère Pierre Joxe, à qui pourtant la matière n’a pas manqué entre 1993 à 2001 ! Le (mauvais) caractère de Ph. Seguin était bien connu et l'homme passait même pour l’une des rares personnes, dont Chirac avait peur, vu la violence et l’imprévisibilité des ses réactions
Curieuse prémonition que le choix de ce titre, quelques jours avant la mort de Ph. Seguin, vous en conviendrez ! J’ai vu là un signe du destin et j’ai donc écrit à la hâte un post " Mais qui a tué Philippe Seguin ? " en référence au célèbre film d’Hitchcock « Mais qui a tué Harry ? » mais avec une démarche inverse. En effet, je ne serais pas étonné que, dans les théories du complot, si courantes de nos jours, à propos de la mort de Philippe Seguin, on fasse un jour des hypothèses à son propos comme pour Fontanet autrefois (là le crime était incontestable, mais les auteurs en sont demeurés inconnus), pour Boulin (dont l'assassinat est quasi certain et il faudrait demander le sentiment de Monsieur Guéant, de permanence ce jour-là Place Beauvau) ou même pour Berégovoy !
Il est clair, en effet, que, dans les derniers mois, Philippe Seguin, tout en restant parfaitement dans son rôle de Premier Président de la Cour des comptes, était devenu, de facto et en toute légalité depuis la réforme de 2008,, le critique le plus sévère de Nicolas Sarkozy et le censeur le plus redoutable, sur tous les plans, du régime en place, de la douche du Grand Palais à la RGPP.
Certes Nicolas Sarkozy lui même ne redoutait guère la concurrence de Philippe Seguin pour 2012, mais il avait toutes chances d’avoir, en son successeur à la Première Présidence de la Cour des comptes, un censeur moins acerbe, mais surtout moins écouté et médiatisé, du moins pouvait-il l'espérer puisqu'il serait nommé par lui.
« Fecit cui prodest » dit l’adage latin, que nous traduisons par « A qui profite le crime ? ». Peut-être, comme dans « Mais qui a tué Harry ? », la victime est-elle finalement morte de mort naturelle, il n’empêche qu’au-delà des rituelles déplorations qui font que tout défunt se voit unanimement paré, à sa mort, de qualités et de vertus qu’on ne lui reconnaissait guère de son vivant, cette mort a, sur le moment, arrange bien des gens, même s’ils n’ont pas trop osé s’en réjouir.
Jusqu'à la réforme de 2008 et même, à bien des égards, dans la suite, la Cour des comptes, en effet, ne sert à rien dans son exercice critique courant, puisque toute sanction relève de la Cour de discipline budgétaire. Dans l'administration française, comme dans les avions mais avec moins de raisons, tout est en double voire en triple.
Les rapports de la Cour ont un intérêt majeur, et il n’est pas sans importance quoique tout à fait imprévu ; il consiste à fournir la matière plaisante d’articles savoureux et/ou d’émissions pittoresques à la presse écrite et audio-visuelle. Ces rapports n’entraînent certes pas de sanctions, mais ils fournissent mille anecdotes, propres à susciter, selon les cas, le rire ou l’indignation, en particulier sur des dépenses, aussi pharaoniques qu'incongrues ou même absurdes, de l’Etat ou de ses institutions.
A l'époque de Ph. Seguin (pour ne pas l'oublier), cela allait de l’installation pour 235.000 euros d’une douche (jamais utilisée) au Grand Palais (local qu'il fallait désormais louer, suite à la vente du Centre International de Conférences de l’avenue Kléber, infiniment mieux adapté et qu'on avait bradé) jusqu'à des repas commandés à un traiteur parisien pour plus de 5.000 euros par couvert. Sous la présidence de Didier Migaud, les grands succès dans les médias sont les "80.000 pages de circulaires" adressées par Paris en 2012 (comme chaque année sans doute) à chaque préfecture, dont, en particulier, dans l'année en cause, un document de 27 pages sur les "prescriptions relatives aux poulaillers", sans doute rédigé en collaboration par le Père Soupe et le Père Ubu et dont chacun espère et attend une réédition annuelle!
Affichage des articles dont le libellé est guéant. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est guéant. Afficher tous les articles
mercredi 7 août 2013
mercredi 12 juin 2013
Des primes, des primes...oui mais discrètes (sur l'air de la pub des pâtes Panzani)
Après le mariage gay et en prélude au grand débat sur les retraites, la question des primes dans la fonction publique va devenir un thème central de réflexion, même si elle n'est pour le moment qu'un sujet d'indignation à peine contenue, suite aux révélations qui ont fini par se faire jour dans les médias, après les premières dénégations, à propos des primes en liquide perçues par Monsieur Claude Guéant alors qu'il était au ministère de l'intérieur comme directeur de cabinet.
Le pot-aux-roses n'a été révélé que par les considérables achats en espèces (interdits au delà de 3.000 euros, disposition légale qu'ignorait ce désormais avocat fiscaliste) ; il est ainsi apparu que, de 2002 à 2004, il avait en effet perçu mensuellement 10 000 € de prime, alors que ce type de prime avait disparu début 2002 et que l'origine de ces fonds, remis en mains propres (si l'on peut dire) et en liquide, par prélèvement abusif sur les crédits de frais d'enquêtes, n'étaient pas, semble-t-il, l'objet de déclarations fiscales et, bien entendu, moins encore de prélèvements sociaux.
Il faut dire que cette question des primes dans la fonction publique est un excellent exemple de la façon dont l'État lui-même s'emploie à biaiser, à contourner ou même à violer des règles qu'il a pourtant lui-même fixées, tout en maintenant une large opacité alors qu'il n'a à la bouche que la transparence !
Cela apparaît avec une particulière netteté et pourrait-on dire triplement (versement en liquide, absence de déclaration fiscale, absence de prélèvements sociaux) dans le cas des primes perçues par Monsieur Claude Guéant. On devrait toutefois ajouter, pour éclairer le bon peuple, qu'une telle prime mensuelle doit équivaloir à peu près à 130 % de son traitement mensuel "normal" en tant que fonctionnaire "normal".
En effet, Monsieur Guéant est préfet de son état ; or, à lire les textes, le traitement annuel d'un préfet de classe normale est au minimum de 57.567 euros et, pour un préfet hors classe, il peut atteindre 74.489 euros. Voici le détail pour le "hors échelle G" : HEG 1 Chevron 1 Index majoré 1501 brut mensuel 6.950,07 annuel brut 83.481
On comprend dès lors que, si les hauts fonctionnaires se précipitent tous, en foule, et dès que possible (et même un peu avant!), pour pantoufler dans l'industrie privée, c'est que les rémunérations des fonctionnaires sont en France infiniment inférieures à celles que peuvent espérer dans le privé des fonctionnaires de ce niveau. En gros le salaire net le plus élevé (hors primes et avantages en nature) que peut percevoir un haut fonctionnaire français est, à la louche, de 8.000 euros par mois. D'où la vogue extravagante du système des primes qui vise à majorer les salaires de base "normaux" de 20 à 60 % selon les propos de Madame Lebranchu chez J.M. Aphatie (RTL, mercredi 12 juin 2013 vers 8 heures 30).
Vu la rigidité pour ne pas dire la sclérose du statut de la fonction publique en France et de la grille des salaires qui a été arrêtés je ne sais trop quand, on ne peut guère toucher ni à cette grille sans l'ébranler toute ni "au point d'indice" à partir duquel sont calculés tous les salaires des fonctionnaires y compris les fonctionnaires hors échelle.
Il faut donc que, dans la haute administration qui est la première concernée et qui a la capacité de le faire, on invente un certain nombre de subterfuges pour majorer ses salaires, sans avoir évidemment à toucher à ceux de la piétaille de la fonction publique.
Ceux qui en sont les principaux bénéficiaires de ce système sont, dit-on, les fonctionnaires du Trésor à Bercy.
Il est bien entendu impossible de dresser un panorama général de ces primes, car, pour certains agents, elles sont liées à l'activité même des services où ils opèrent ; c'est le cas, par exemple, des trésoriers payeurs généraux et des ingénieurs de la direction de l'Equipement qui perçoivent des primes calculées sur le volume des activités ou des affaires des services dont ils ont la responsabilité, sans qu'on sache très exactement quel rapport il y a, par exemple, entre la masse financière que gère un TPG et son activité personnelle et individuelle.
En France, le trésorier-payeur général (TPG) est un haut fonctionnaire du Budget qui agit à la fois comme trésorier, comptable, contrôleur, conseiller économique et financier d'un ressort déterminé ; il est certes soumis, en tant que comptable public à un régime de responsabilité personnelle et pécuniaire, mais cette fonction est l'une des plus rémunératrices de la haute fonction publique, justement du fait qu'elle bénéficie d'une part variable en fonction du montant des transactions financières gérées. Selon la Cour des comptes, le salaire "normal se situe entre 10.000 et 14.000 euros par mois. Toutefois, une vingtaine de TPG ont dépassé les 200.000 euros de salaire annuel en 2006. (Source : journaldunet).
Pour les salaires, les TPG devancent une autre fonction, moins connue mais fort lucrative, celle des conservateurs des hypothèques dont l'opacité de fonctionnement et de rémunération est plus grande encore car la plupart des règlements visant à en définir l’exercice n’ont, pour la plupart, pas été rendus publics (Source IFRAP).
En dehors de ces cas, il existe une foule de primes qui sont calculées soient selon une grille des montants de primes dont voici quelques exemples :
On a essayé, au cours des dernières années, de parler de "primes au mérite" (forme d'achat à tempérament de certains comme les présidents d'universités) pour essayer de justifier ce genre d'entorses graves aux règles de l'État ; des esprits mal intentionnés pourraient même dire qu'à travers tout ce système, l'État ne pratique pas autre chose que ce qu'il pourchasse ailleurs c'est-à-dire "le travail au noir" et les "rémunérations dissimulées" qui ne sont même pas toujours fiscalement déclarés et, en tout cas, ne font jamais l'objet de prélèvements sociaux.
Cette question des "primes" des fonctionnaires, même si on s'exprime avec beaucoup de flou et de prudence à son sujet, pour ne pas dévoiler au bon peuple les combines de la haute fonction publique, va inévitablement resurgir à l'occasion de la discussion sur les retraites. Le leitmotiv de nombreux fonctionnaires de grade élevé et en situation d'en bénéficier (surtout au sein de catégories peu nombreuses) est évidemment que ces primes soient prises en compte dans le calcul de la retraite, ce qui, en l'état actuel des choses, serait évidemment tout à fait scandaleux puisqu'ils ne cotisent en aucune façon sur ces primes qui sont versées en supplément de leur salaire. D'un autre côté, la question est relativement insoluble, car si l'on intègre de façon officielle dans les salaires déclarés ces primes qui sont quasi clandestines, on sera inévitablement obligé de mettre par terre toute la grille de la fonction publique et surtout d'attribuer des augmentations aux fonctionnaires les plus modestes qui sont aussi les plus nombreux, ceux des cadres C et B.
On ne sait pas comment finira l'histoire pittoresque des primes de Claude Guéant mais il semble tout à fait évident que le directeur de cabinet Claude Guéant percevait sans doute à la fois son salaire "normal" de fonctionnaire, une prime "de cabinet", négociée mais en quelque sorte officielle attachée à sa fonction et qui, on l'espère, était déclarée au point de vue fiscal, mais en outre, on peut le craindre, ces fameuses primes en liquide, totalement clandestines et qui ne faisaient l'objet ni d'une déclaration fiscale ni naturellement de prélèvements sociaux.
Le pot-aux-roses n'a été révélé que par les considérables achats en espèces (interdits au delà de 3.000 euros, disposition légale qu'ignorait ce désormais avocat fiscaliste) ; il est ainsi apparu que, de 2002 à 2004, il avait en effet perçu mensuellement 10 000 € de prime, alors que ce type de prime avait disparu début 2002 et que l'origine de ces fonds, remis en mains propres (si l'on peut dire) et en liquide, par prélèvement abusif sur les crédits de frais d'enquêtes, n'étaient pas, semble-t-il, l'objet de déclarations fiscales et, bien entendu, moins encore de prélèvements sociaux.
Il faut dire que cette question des primes dans la fonction publique est un excellent exemple de la façon dont l'État lui-même s'emploie à biaiser, à contourner ou même à violer des règles qu'il a pourtant lui-même fixées, tout en maintenant une large opacité alors qu'il n'a à la bouche que la transparence !
Cela apparaît avec une particulière netteté et pourrait-on dire triplement (versement en liquide, absence de déclaration fiscale, absence de prélèvements sociaux) dans le cas des primes perçues par Monsieur Claude Guéant. On devrait toutefois ajouter, pour éclairer le bon peuple, qu'une telle prime mensuelle doit équivaloir à peu près à 130 % de son traitement mensuel "normal" en tant que fonctionnaire "normal".
En effet, Monsieur Guéant est préfet de son état ; or, à lire les textes, le traitement annuel d'un préfet de classe normale est au minimum de 57.567 euros et, pour un préfet hors classe, il peut atteindre 74.489 euros. Voici le détail pour le "hors échelle G" : HEG 1 Chevron 1 Index majoré 1501 brut mensuel 6.950,07 annuel brut 83.481
On comprend dès lors que, si les hauts fonctionnaires se précipitent tous, en foule, et dès que possible (et même un peu avant!), pour pantoufler dans l'industrie privée, c'est que les rémunérations des fonctionnaires sont en France infiniment inférieures à celles que peuvent espérer dans le privé des fonctionnaires de ce niveau. En gros le salaire net le plus élevé (hors primes et avantages en nature) que peut percevoir un haut fonctionnaire français est, à la louche, de 8.000 euros par mois. D'où la vogue extravagante du système des primes qui vise à majorer les salaires de base "normaux" de 20 à 60 % selon les propos de Madame Lebranchu chez J.M. Aphatie (RTL, mercredi 12 juin 2013 vers 8 heures 30).
Vu la rigidité pour ne pas dire la sclérose du statut de la fonction publique en France et de la grille des salaires qui a été arrêtés je ne sais trop quand, on ne peut guère toucher ni à cette grille sans l'ébranler toute ni "au point d'indice" à partir duquel sont calculés tous les salaires des fonctionnaires y compris les fonctionnaires hors échelle.
Il faut donc que, dans la haute administration qui est la première concernée et qui a la capacité de le faire, on invente un certain nombre de subterfuges pour majorer ses salaires, sans avoir évidemment à toucher à ceux de la piétaille de la fonction publique.
Ceux qui en sont les principaux bénéficiaires de ce système sont, dit-on, les fonctionnaires du Trésor à Bercy.
Il est bien entendu impossible de dresser un panorama général de ces primes, car, pour certains agents, elles sont liées à l'activité même des services où ils opèrent ; c'est le cas, par exemple, des trésoriers payeurs généraux et des ingénieurs de la direction de l'Equipement qui perçoivent des primes calculées sur le volume des activités ou des affaires des services dont ils ont la responsabilité, sans qu'on sache très exactement quel rapport il y a, par exemple, entre la masse financière que gère un TPG et son activité personnelle et individuelle.
En France, le trésorier-payeur général (TPG) est un haut fonctionnaire du Budget qui agit à la fois comme trésorier, comptable, contrôleur, conseiller économique et financier d'un ressort déterminé ; il est certes soumis, en tant que comptable public à un régime de responsabilité personnelle et pécuniaire, mais cette fonction est l'une des plus rémunératrices de la haute fonction publique, justement du fait qu'elle bénéficie d'une part variable en fonction du montant des transactions financières gérées. Selon la Cour des comptes, le salaire "normal se situe entre 10.000 et 14.000 euros par mois. Toutefois, une vingtaine de TPG ont dépassé les 200.000 euros de salaire annuel en 2006. (Source : journaldunet).
Pour les salaires, les TPG devancent une autre fonction, moins connue mais fort lucrative, celle des conservateurs des hypothèques dont l'opacité de fonctionnement et de rémunération est plus grande encore car la plupart des règlements visant à en définir l’exercice n’ont, pour la plupart, pas été rendus publics (Source IFRAP).
En dehors de ces cas, il existe une foule de primes qui sont calculées soient selon une grille des montants de primes dont voici quelques exemples :
- Secrétaire administratif de classe supérieure = 1.768 €
- Administrateur civil de 2ème classe = 2.028 €
- Chef de service = 5.445 €
- Directeur général, directeur (hors échelle E) = 7.078 €
On a essayé, au cours des dernières années, de parler de "primes au mérite" (forme d'achat à tempérament de certains comme les présidents d'universités) pour essayer de justifier ce genre d'entorses graves aux règles de l'État ; des esprits mal intentionnés pourraient même dire qu'à travers tout ce système, l'État ne pratique pas autre chose que ce qu'il pourchasse ailleurs c'est-à-dire "le travail au noir" et les "rémunérations dissimulées" qui ne sont même pas toujours fiscalement déclarés et, en tout cas, ne font jamais l'objet de prélèvements sociaux.
Cette question des "primes" des fonctionnaires, même si on s'exprime avec beaucoup de flou et de prudence à son sujet, pour ne pas dévoiler au bon peuple les combines de la haute fonction publique, va inévitablement resurgir à l'occasion de la discussion sur les retraites. Le leitmotiv de nombreux fonctionnaires de grade élevé et en situation d'en bénéficier (surtout au sein de catégories peu nombreuses) est évidemment que ces primes soient prises en compte dans le calcul de la retraite, ce qui, en l'état actuel des choses, serait évidemment tout à fait scandaleux puisqu'ils ne cotisent en aucune façon sur ces primes qui sont versées en supplément de leur salaire. D'un autre côté, la question est relativement insoluble, car si l'on intègre de façon officielle dans les salaires déclarés ces primes qui sont quasi clandestines, on sera inévitablement obligé de mettre par terre toute la grille de la fonction publique et surtout d'attribuer des augmentations aux fonctionnaires les plus modestes qui sont aussi les plus nombreux, ceux des cadres C et B.
On ne sait pas comment finira l'histoire pittoresque des primes de Claude Guéant mais il semble tout à fait évident que le directeur de cabinet Claude Guéant percevait sans doute à la fois son salaire "normal" de fonctionnaire, une prime "de cabinet", négociée mais en quelque sorte officielle attachée à sa fonction et qui, on l'espère, était déclarée au point de vue fiscal, mais en outre, on peut le craindre, ces fameuses primes en liquide, totalement clandestines et qui ne faisaient l'objet ni d'une déclaration fiscale ni naturellement de prélèvements sociaux.
Libellés :
fonction publique,
grille,
guéant,
indice,
point d'indice,
primes,
retraites,
TPG
mardi 4 juin 2013
La poussière sous le Tapie
Une des grandes
questions du moment est "Mais qui a décidé de la procédure d'arbitrage
dans l'affaire entre le CDR et Bernard Tapie qui durait depuis des années?"
Elle n'a pas été clairement résolue dans l'émission "Mots croisés"
d'Yves Calvi qui, pour une fois, avait congédié ses sempiternels et insipides invités.
Ce débat a valu surtout par la présence de Laurent Mauduit (dont le nom dans le
générique initial était orné d'une faute d'orthographe !), le seul participant
à connaître à fond le dossier et les pièces et par sa confrontation avec la
plume de Sarkozy, Henri Guaino, qui s'en est prudemment tenu à des discours
aussi vagues que lénifiants et qui avait dû prendre un calmant car nous n'avons
pas eu son numéro de clignements d'yeux qui m'avait autrefois conduit à le
surnommer, dans mon blog, "codes-phares" !
Il court, il court, le furet
Le furet du bois, Mesdames,
Il court, il court, le furet,
Le furet du bois Tapie.
Il est passé par ici,
Il repassera par là.
Etc.
Comment savoir ?
Il est infiniment probable que les hauts responsables politiques ne signent pas
de reçus, lorsqu'on leur fait discrètement parvenir pour leurs bonnes oeuvres
électorales ou à toute autre fin une mallette de billets de 500 €, pas plus
qu'ils ne signent d'ordres écrits pour demander qu'on fasse sauter le Rainbow-Warrior,
qu'on suicide Robert Boulin ou qu'on maquille les listes des bénéficiaires de
comptes planqués dans l'affaire Clearstream (au fait ce matin même on apprend
la mort peut-être "opportune", elle aussi d'Yves Bertrand, détenteur,
dit-on, de nombre de secrets de la République).
Il devrait
toutefois en être tout autrement dans notre haute administration.
Prenons
l'affaire actuelle de l'arbitrage CDR-Tapie. Il doit bien y avoir, dans notre
beau pays si soucieux de la rigueur administrative, un responsable politique de
très haut niveau qui a signé un jour,
quelque part, l'ordre de mettre en place cette fameuse procédure d'arbitrage
dans l'affaire Tapie qui durait depuis des années et qui était récusée de façon
quasi unanime, en particulier à Bercy.
Nous sommes
désormais clairement en présence, depuis quelques jours, d'une forme nouvelle
du jeu du furet dont vous connaissez sûrement la chanson que j'adapte à peine
(je ne touche pas à la contrepèterie que je laisse au spécialiste maison le
soin de vous expliquer):
Il court, il court, le furet
Le furet du bois, Mesdames,
Il court, il court, le furet,
Le furet du bois Tapie.
Il est passé par ici,
Il repassera par là.
Etc.
Le jeu consiste
à découvrir où se trouve l'objet dit "furet", en l'occurrence "Qui
a pris la décision d'interrompre la procédure en cours après la décision de la
Cour de cassation du 9/10/06 cassant l'arrêt de la Cour d 'appel du 30/9/05"
et précisant qu'"aucune faute n’est en
l’état caractérisée à l’encontre de la SDBO et du Crédit lyonnais". Dans
ce jeu, on fait tourner le furet entre les joueurs, chacun d'entre eux le
dissimulant quand il le passe à son voisin. Dans le présent cas les joueurs
sont cinq autour de la table, sans compter ceux qui sont dessous (Sarkozy
et Guéant ?) et qu'on ne voit pas, même si c'est d'eux que dépend la décision.
Examinons les
divers cas : les ministres des finances
: Thierry Breton (mai 2005-mai 2007) ; Jean Louis Borloo (18 mai 2007 - 19 juin
2007) ; Christine Lagarde (2007-2010) ; les deuxièmes couteaux : J.F. Rocchi,
Président du CDR, qui disparaît en 2006 avec une perte de 16 milliards mais se
survit néanmoins à lui même ( 2007 - avril 2013) ; Stéphane Richard, Directeur
de cabinet de J.L. Borloo, puis de C. Lagarde (2007-2009).
Dans la présente
et nouvelle version du jeu, on doit découvrir, non pas qui a sous la main le
furet qui circule dans le cercle des partenaires, mais celui ou celle (probablement
un ministre des finances, plus ou moins contraint ou pas) qui a mis en place
l'arbitrage. Le problème est qu'il y a eu trois ministres en 2007 et que les
deux autres principaux joueurs étaient aussi dans le coup !
Petite revue de
détail. Thierry Breton n'a cessé de manifesté son désaccord avec la procédure
d'arbitrage, accumulant les rapports, internes et externes, tous défavorables.
Il affirme avoir quitté le ministère sans avoir pris de décision à ce propos ce
qui semble très probable. On comprend cette prudence et ce choix de laisser à
son successeur un bébé aussi encombrant. Madame Lagarde qui succède à Monsieur
Borloo, ministre durant un mois, avec le même directeur de cabinet, Stéphane
Richard, prétend que les choses étaient déjà engagées quand elle est arrivée à
Bercy.
Tout dont tout
semble donc désigner Jean-Louis Borloo qui, par malheur pour lui, est un vieil
ami et un fidèle de Bernard Tapie dont l'arbitrage est alors le seul espoir vu
l'arrêt de la Cour de Cassation. Il nie pourtant tout rôle dans ce choix et nous y
reviendrons ici même.
Les deux autres
personnages mis en cause et qui s'accusent mutuellement désormais, sont certes
de hauts fonctionnaires, mais ils n'ont pu, sous leur seule responsabilité et sans
un ordre politique, engager une affaire si importante. Monsieur Rocchi, président
du CDR, peut certes demander l'arbitrage (ce qui n'est pas son intérêt) mais il n'est
pas en mesure d'en décider. Dans un système comme le nôtre, seul le ministre compétent
peut prendre pareille décision. Stéphane Richard est certes en place sous les
deux ministres successifs, Monsieur Borloo et Madame Lagarde, mais on ne voit
guère un directeur de cabinet prendre pareille décision sans en référer au
ministre et surtout sans avoir son accord formel.
Reste donc
Jean-Louis Borloo qui, de loin et sans preuve évidente, paraît tout désigné
pour prendre pareille décision, d'autant plus que son séjour à Bercy fut des
plus brefs et clairement transitoire. Ses liens d'amitié personnelle,
professionnelle et politique (MRG) ne plaident pas en faveur de ses
déclarations sur son refus d'accepter la
responsabilité de cette affaire.
Il s'est
prononcé de façon tout à fait officielle et publique sur cette affaire lors
d'une toute récente interview sur RTL qui est fort intéressante, non pas dans
le contenu même de sa déclaration, car il se borne à y déclarer liminairement que
"tout est faux" mais dans les images des quelques secondes qui
précèdent l'interview elle-même et que la technique a filmées et surtout retenues. On y
voit un Jean-Louis Borloo qui me fait furieusement penser à Rafael Nadal se
préparant à servir dans un match de tennis (on pourrait aussi tenter une
comparaison avec un néophyte qui se prépare à sauter à l'élastique d'un viaduc
de 250 mètres) ; clairement nerveux, Borloo y accumule, en effet, les mimiques, les gestes inutiles
et les grimaces, comme lorsque le tennisman espagnol ou l'apprenti sauteur vont
affronter une épreuve importante. C'est le signe à la fois d'une grande
nervosité et l'indice de formes de rituels rassurants.
Comme il y a
tout de même des documents et des archives à Bercy, à moins qu'ils n'aient été
volés ou perdus au ministère des finances, il y a forcément des traces de la prise
d'une pareille décision ; la police pourra donc très facilement établir et
identifier par son faux témoignage le premier coupable dans cette affaire, même
si ce choix a été inspiré ou imposé par les joueurs planqués sous la table ! A
cet égard, quoiqu'en dise H. Guaino qui juge le fait sans intérêt ni
signification, la vingtaine de contacts entre B. Tapie et N. Sarkozy relevée
dans les agendas du second, en pleine période électorale 2007 et que signale L.
Mauduit peuvent éclairer d'un jour nouveau et peut-être expliquer cette étrange
décision d'arbitrage que personne ne semble avoir prise .
vendredi 31 mai 2013
Affaire Tapie : de l'utilité des vieux.
On raconte que François Mitterrand, homme précautionneux s'il en fut, disait volontiers qu'il avait deux avocats, Robert Badinter pour le droit et Roland Dumas pour le tordu. Je lui aurait volontiers d'ajouter un principe général, sans avoir par ailleurs moi-même deux avocats, qui est le suivant : il est indispensable, dans toute affaire qui risque de mal tourner, d'inclure, dans une position assez forte, un vieillard.
Pour être plus clair, prenons un cas concret actuel
Dans l'affaire de l'arbitrage qui a amené chez Bernard Tapie ces 403 millions d'euros qu'il a déjà quasi dépensés dès qu'on parle de les lui reprendre, il est infiniment probable que, si les choses ont une suite, il faudra trouver un coupable
De toute évidence, ce ne peut-être Monsieur Bernard Tapie, la victime dont tout, et surtout lui-même à l'entendre, indique qu'il est blanc comme neige et innocent comme l'agneau qui vient de naître ; ni Monsieur Sarkozy, qui avait fait changer de bord politique, l'homme de gauche (MRG ou assimilé) et l'ancien ministre de Mitterrand, par le seul charme de son verbe au cours de leurs nombreux entretiens ; ni Monsieur Guéant, qui il a tout l'air de ne rire que quand il se brûle et ne semble pas être homme à fraterniser avec Nanar qui aime à plaisanter ; ni Madame Lagarde qui, en dépit de ses curieux mari et beau-frère, n'est qu'une innocente colombe, abusée par une "bande organisée" d'escrocs et que protège surtout son statut de directrice générale du FMI (si l'on était obligé de virer successivement les deux directeurs français du FMI, notre drapeau en sera à jamais terni)
"Ces chose là sont rudes" comme disait le poète !
En outre, tous ces gens-là sont assez jeunes et paraissent tous en excellente santé. Reste donc comme responsable potentiel le trio des arbitres.
Du même auteur "L'espoir changea de camp. Le combat changea d'âme"
Pour le coup, tous sont octogénaires (85 ans de moyenne d'âge, le doyen étant P. Estoup) et quelque peu égrotants (d'où l'absence initiale de ce dernier devant le juge). Tous ces arbitres sont en effet des retraités de diverses fonctions, dont le grand âge est censé tenir lieu de sagesse et le carnet d'adresses, même un peu périmé, le modus operandi. Si l'on sait que, dans l'affaire en cause, ces trois arbitres (mieux payés et moins exposés qu'au football) se sont partagés, en parts égales, un million d'euros pour un travail modeste et surtout discutable, on comprend facilement que les candidats ne manquent pas.
L'avantage des arbitres pour le moins octogénaires, est, en la circonstance, qu'en cas de problème, on peut espérer que, dans des délais raisonnable (notre justice est si lente), au moins l'un des trois passe l'arme à gauche, ce qui dans un concours de métaphores, permettra de lui faire porter le chapeau et d'éteindre l'action de la justice.
Pour en revenir à François Mitterrand avec lequel j'ai commencé mon propos, expert en la matière, il avait su s'entourer de collaborateurs qui avaient le bon goût, dans les difficultés, soit de sauter d'eux-mêmes le pas (même si on les y aidait un peu) comme ce bon Monsieur de Grossouvre qui se fait, sans faire le moindre bruit, sauter la cervelle au 11,43 ou, cas plus clair encore, de mourir opportunément comme ce brave Roger-Patrice Pelat, ami intime du Président et si généreux créancier de P. Bérégovoy. Compromis dans l'affaire Pechiney-Triangle (avec un achat officiel de 10.000 actions en France et de 20.000 en Suisse, en douce et on ne sait trop pour qui...), il est inculpé de délit d'initié le 16 février 1989, mais a l'esprit de mourir d'une crise cardiaque quelques jours plus tard, le 7 mars, sans avoir à s'expliquer davantage sur quoi que ce soit !
J'ai été fort intéressé par les commentaires de SCHOUM1 à mon post d'hier et, faute de pouvoir lui en demander la permission, j'en reproduis ci-dessous une partie car j'avais déjà écrit mon texte du jour :
"Toujours avis perso,
Je trouve que dans toute ces affaires politico financière, il y a toujours des hommes, qui soit se suicident, ou meurt de crise cardiaque, ou autres
Depuis 3 mois que sortent toutes les affaires, financement politique, train de vie de l’Etat, certaines vente du patrimoine français,(Chantilly et j’en passe, Bettencourt et campagne électorale de Sarkozy et son financement, KARACHI etc. et j’en passe, la crise cardiaque de Philippe Seguin président de la Cour des comptes arrivait à point.
Premier président de la Cour des comptes de 2004 à sa mort, le 7 janvier 2010Philippe Séguin, grâce à sa notoriété, a redonné de la visibilité à cette institution, en intensifiant le nombre de rapports et en lançant une importante réforme des juridictions financières." SCHOUM1
J'ai moi-même, à l'époque, écrit (je le chercherai) un blog sur l'ASSASSINAT (si opportun) de Philippe Seguin!
Donc à plus tard.
Pour être plus clair, prenons un cas concret actuel
Dans l'affaire de l'arbitrage qui a amené chez Bernard Tapie ces 403 millions d'euros qu'il a déjà quasi dépensés dès qu'on parle de les lui reprendre, il est infiniment probable que, si les choses ont une suite, il faudra trouver un coupable
De toute évidence, ce ne peut-être Monsieur Bernard Tapie, la victime dont tout, et surtout lui-même à l'entendre, indique qu'il est blanc comme neige et innocent comme l'agneau qui vient de naître ; ni Monsieur Sarkozy, qui avait fait changer de bord politique, l'homme de gauche (MRG ou assimilé) et l'ancien ministre de Mitterrand, par le seul charme de son verbe au cours de leurs nombreux entretiens ; ni Monsieur Guéant, qui il a tout l'air de ne rire que quand il se brûle et ne semble pas être homme à fraterniser avec Nanar qui aime à plaisanter ; ni Madame Lagarde qui, en dépit de ses curieux mari et beau-frère, n'est qu'une innocente colombe, abusée par une "bande organisée" d'escrocs et que protège surtout son statut de directrice générale du FMI (si l'on était obligé de virer successivement les deux directeurs français du FMI, notre drapeau en sera à jamais terni)
"Ces chose là sont rudes" comme disait le poète !
En outre, tous ces gens-là sont assez jeunes et paraissent tous en excellente santé. Reste donc comme responsable potentiel le trio des arbitres.
Du même auteur "L'espoir changea de camp. Le combat changea d'âme"
Pour le coup, tous sont octogénaires (85 ans de moyenne d'âge, le doyen étant P. Estoup) et quelque peu égrotants (d'où l'absence initiale de ce dernier devant le juge). Tous ces arbitres sont en effet des retraités de diverses fonctions, dont le grand âge est censé tenir lieu de sagesse et le carnet d'adresses, même un peu périmé, le modus operandi. Si l'on sait que, dans l'affaire en cause, ces trois arbitres (mieux payés et moins exposés qu'au football) se sont partagés, en parts égales, un million d'euros pour un travail modeste et surtout discutable, on comprend facilement que les candidats ne manquent pas.
L'avantage des arbitres pour le moins octogénaires, est, en la circonstance, qu'en cas de problème, on peut espérer que, dans des délais raisonnable (notre justice est si lente), au moins l'un des trois passe l'arme à gauche, ce qui dans un concours de métaphores, permettra de lui faire porter le chapeau et d'éteindre l'action de la justice.
Pour en revenir à François Mitterrand avec lequel j'ai commencé mon propos, expert en la matière, il avait su s'entourer de collaborateurs qui avaient le bon goût, dans les difficultés, soit de sauter d'eux-mêmes le pas (même si on les y aidait un peu) comme ce bon Monsieur de Grossouvre qui se fait, sans faire le moindre bruit, sauter la cervelle au 11,43 ou, cas plus clair encore, de mourir opportunément comme ce brave Roger-Patrice Pelat, ami intime du Président et si généreux créancier de P. Bérégovoy. Compromis dans l'affaire Pechiney-Triangle (avec un achat officiel de 10.000 actions en France et de 20.000 en Suisse, en douce et on ne sait trop pour qui...), il est inculpé de délit d'initié le 16 février 1989, mais a l'esprit de mourir d'une crise cardiaque quelques jours plus tard, le 7 mars, sans avoir à s'expliquer davantage sur quoi que ce soit !
J'ai été fort intéressé par les commentaires de SCHOUM1 à mon post d'hier et, faute de pouvoir lui en demander la permission, j'en reproduis ci-dessous une partie car j'avais déjà écrit mon texte du jour :
"Toujours avis perso,
Je trouve que dans toute ces affaires politico financière, il y a toujours des hommes, qui soit se suicident, ou meurt de crise cardiaque, ou autres
Depuis 3 mois que sortent toutes les affaires, financement politique, train de vie de l’Etat, certaines vente du patrimoine français,(Chantilly et j’en passe, Bettencourt et campagne électorale de Sarkozy et son financement, KARACHI etc. et j’en passe, la crise cardiaque de Philippe Seguin président de la Cour des comptes arrivait à point.
Premier président de la Cour des comptes de 2004 à sa mort, le 7 janvier 2010Philippe Séguin, grâce à sa notoriété, a redonné de la visibilité à cette institution, en intensifiant le nombre de rapports et en lançant une importante réforme des juridictions financières." SCHOUM1
J'ai moi-même, à l'époque, écrit (je le chercherai) un blog sur l'ASSASSINAT (si opportun) de Philippe Seguin!
Donc à plus tard.
vendredi 27 juillet 2012
Intégration et francophonie. Nouvel épisode. Hydre de Lerne ou Shiva ?
J'ai publié, en partie et sous une forme un peu différente, ce blog en octobre 2011. Ma paresse estivale et les propos de Messieurs Vals et Guéant lui redonnant toute son actualité , je n'hésite pas devant une "redif" dont c'est la saison!
J'évoque souvent le Moloch de l'administration française, mais, dans l'ordre des métaphores mythologiques, voilà que mon sujet du jour m'amène à évoquer d'autres figure,s car on pourrait tout aussi bien faire sortir de son antre l'Hydre de Lerne, dont repoussaient sans cesse les multiples têtes coupées, mais également, en changeant de continent, Shiva aux quatre bras avec toutefois une nuance typiquement française dans la mesure où chacun de ses bras ne paraît jamais savoir ce que font ou ont fait les trois autres.
La première observation qu'on peut faire est que la plupart des pays européens ou même étrangers exigent, de la part des candidats à la naturalisation, une connaissance, en général minimale mais parfois plus étendue, de la langue et même de la culture nationale.
Deuxième remarque. D'aucuns disent que "les dispositifs précédents ne sont pas pleinement opérationnels" ; une telle formule témoigne non seulement d'une parfaite maîtrise de notre langue mais même de la pratique opportune d'une des figures majeures de notre rhétorique qui est la litote.
En effet, ce qu'on présentecomme une lubie de Claude Guéant (un "dada") n'est, en fait, que la reprise, assez irréfléchie, sans doute fondée sur l'ignorance, d'un programme du Ministère de la Culture mis en oeuvre, à partir de 2003 par la Délégation générale à la langue française et aux langues de France (la DGLFLF). Le bras du Shiva administratif français qui règne sur l'Intérieur ignore manifestement ce que fait un autre bras qui a en main(s) la Culture ( je mets "main" au singulier, avec une prudente option pour le pluriel, faute de savoir si l'un ou l'autre des bras de notre Shiva possède aussi plusieurs mains!).
En France, les réflexions sur cette question ont commencé depuis près de dix ans sans autre résultat tangible(si l'on peut dire) qu'un ouvrage de J.C. Beacco, M. de Ferrari, G. Lhote et C. Tagliante intitulé Niveau A1.1 pour le français (Public adultes peu francophones, scolarisés, peu ou non scolarisés) Référentiel et certification (DILF) pour les premiers acquis en français, Didier, 236 pages, Paris, 2005.
Je ne parlerai pas ici du contenu même de ce livre et de la critique qu'on peut en faire, me bornant à en examiner les seules pages de couverture et de garde pour ne pas abuser de la patience de mes lecteurs.
Sans aller plus loin, on y observe d'abord que, si l'ouvrage porte le logo du Conseil de l'Europe (avec, au-dessous la mention "Division des politiques linguistiques, Strasbourg. Référentiel pour les langues nationales et régionales") , le livre est co-édité et probablement co-financé par la DGLFLF(ministère français de la culture et de la communication) et la Direction de la population et des migrations (ministère français de l'emploi de la cohésion sociale et du logement, donc, en la circonstance, une troisième main de notre Shiva administratif).
Il semble y avoir d'ailleurs eu quelques problèmes dans cette coordination complexe européano-française. En effet, sur la couverture, le logo du Conseil de l'Europe figure, au centre et en haut de la page tandis que, sur la page de garde, ce même logo a bizarrement glissé vers la droite, laissant, à sa gauche, un espace, curieusement vide quoique symétrique, dont tout donne à penser qu'il aurait dû être occupée par le logo d'une autre institution.
Tout cela est en tout cas moins important que le titre même de l'ouvrage qui comporte aussi quelques bizarreries : "A1.1 pour le français (Publics adultes peu francophones, scolarisés, peu ou non scolarisés) Référentiel et certification (DILF) pour les premiers acquis en français".
La première observation qu'on peut faire est que la plupart des pays européens ou même étrangers exigent, de la part des candidats à la naturalisation, une connaissance, en général minimale mais parfois plus étendue, de la langue et même de la culture nationale.
Deuxième remarque. D'aucuns disent que "les dispositifs précédents ne sont pas pleinement opérationnels" ; une telle formule témoigne non seulement d'une parfaite maîtrise de notre langue mais même de la pratique opportune d'une des figures majeures de notre rhétorique qui est la litote.
En effet, ce qu'on présentecomme une lubie de Claude Guéant (un "dada") n'est, en fait, que la reprise, assez irréfléchie, sans doute fondée sur l'ignorance, d'un programme du Ministère de la Culture mis en oeuvre, à partir de 2003 par la Délégation générale à la langue française et aux langues de France (la DGLFLF). Le bras du Shiva administratif français qui règne sur l'Intérieur ignore manifestement ce que fait un autre bras qui a en main(s) la Culture ( je mets "main" au singulier, avec une prudente option pour le pluriel, faute de savoir si l'un ou l'autre des bras de notre Shiva possède aussi plusieurs mains!).
En France, les réflexions sur cette question ont commencé depuis près de dix ans sans autre résultat tangible(si l'on peut dire) qu'un ouvrage de J.C. Beacco, M. de Ferrari, G. Lhote et C. Tagliante intitulé Niveau A1.1 pour le français (Public adultes peu francophones, scolarisés, peu ou non scolarisés) Référentiel et certification (DILF) pour les premiers acquis en français, Didier, 236 pages, Paris, 2005.
Je ne parlerai pas ici du contenu même de ce livre et de la critique qu'on peut en faire, me bornant à en examiner les seules pages de couverture et de garde pour ne pas abuser de la patience de mes lecteurs.
Sans aller plus loin, on y observe d'abord que, si l'ouvrage porte le logo du Conseil de l'Europe (avec, au-dessous la mention "Division des politiques linguistiques, Strasbourg. Référentiel pour les langues nationales et régionales") , le livre est co-édité et probablement co-financé par la DGLFLF(ministère français de la culture et de la communication) et la Direction de la population et des migrations (ministère français de l'emploi de la cohésion sociale et du logement, donc, en la circonstance, une troisième main de notre Shiva administratif).
Il semble y avoir d'ailleurs eu quelques problèmes dans cette coordination complexe européano-française. En effet, sur la couverture, le logo du Conseil de l'Europe figure, au centre et en haut de la page tandis que, sur la page de garde, ce même logo a bizarrement glissé vers la droite, laissant, à sa gauche, un espace, curieusement vide quoique symétrique, dont tout donne à penser qu'il aurait dû être occupée par le logo d'une autre institution.
Tout cela est en tout cas moins important que le titre même de l'ouvrage qui comporte aussi quelques bizarreries : "A1.1 pour le français (Publics adultes peu francophones, scolarisés, peu ou non scolarisés) Référentiel et certification (DILF) pour les premiers acquis en français".
Sur la forme d'abord. En l'absence de ponctuation, on ne sait trop que penser des adjectifs qui suivent "publics adultes" et en particulier de "scolarisés" vs peu ou non scolarisés"). Si l'on voit bien que DILF est forgé sur le modèle DELF et DALF et que le niveau A1.1 indique qu'il s'agit là du premier degré du niveau A1, on ne peut que s'étonner de voir, sur certains points objectifs, les exigences de ce niveau A1.1 apparaître comme supérieures à celles du niveau A1 dont il est censé être la première marche!
Il semble un peu inutile de d'interroger sur ce genre de détails linguistiques tant on relève de faits qui démontrent que les auteurs du livre en cause semblent tout ignorer, apparemment, du mode et des conditions de vie des "adultes peu francophones, scolarisés, peu ou non scolarisés" que prétend viser pareille entreprise.
On peut certes s'interroger sur le contenu pédagogique de ce niveau A1.1 mais plus encore sur la mise en place du plan dans lequel il devait s'insérer pour s'achever dans le DILF. Je ne peux pas aborder ici le détail ni le contenu de ces niveaux du fameux "Cadre européen commun de référence pour les langues" (la poule aux oeufs d'or des didacticiens assez habiles pour se faufiler dans ce fromage); j'observe néanmoins que, dans l'entreprise commencée dans les années 2003-2004, le choix de ce niveau A1.1 uniquement oral, qui impliquait une durée d'enseignement comprise entre 200 et 500 heures et devait être organisé et financé par un Fonds d'actions et de soutien à l'intégration et la lutte contre les discriminations (FASILD) n'a assurément pas donné les résultats qu'on pouvait espérer ; le DILF a sombré corps et biens avec lui au point que tout cela est totalement oublié de tous, même du ministre compétent iol y a trois mois encore (la quatrième main de Shiva).
Ce qui est sûr en tout cas est qu'on était, à cette époque et avec plus de moyens au moins sur le papier, porteur d'une ambition bien moindre que celle de M. Claude Guéant qui visait, au moins dans ses propos, le niveau B1 (supérieur à celui de la majorité des instituteurs de l'espace francophone du Sud qui sont plutôt à A2!) et même celui de la troisième (!), alors que, en 2003-2004, on ne pensait qu'à un niveau A1.1 qui n'était qu'une première étape de A1. On a donc, pour conclure le sentiment que notre administration ne sait pas toujours très exactement ni de quoi elle parle ni ce qu'elle veut.
Notre Shiva administratif, désormais perplexe, occuperait-il une cinquième main, cachée celle-ci, à se gratter l'occiput ?
Il semble un peu inutile de d'interroger sur ce genre de détails linguistiques tant on relève de faits qui démontrent que les auteurs du livre en cause semblent tout ignorer, apparemment, du mode et des conditions de vie des "adultes peu francophones, scolarisés, peu ou non scolarisés" que prétend viser pareille entreprise.
On peut certes s'interroger sur le contenu pédagogique de ce niveau A1.1 mais plus encore sur la mise en place du plan dans lequel il devait s'insérer pour s'achever dans le DILF. Je ne peux pas aborder ici le détail ni le contenu de ces niveaux du fameux "Cadre européen commun de référence pour les langues" (la poule aux oeufs d'or des didacticiens assez habiles pour se faufiler dans ce fromage); j'observe néanmoins que, dans l'entreprise commencée dans les années 2003-2004, le choix de ce niveau A1.1 uniquement oral, qui impliquait une durée d'enseignement comprise entre 200 et 500 heures et devait être organisé et financé par un Fonds d'actions et de soutien à l'intégration et la lutte contre les discriminations (FASILD) n'a assurément pas donné les résultats qu'on pouvait espérer ; le DILF a sombré corps et biens avec lui au point que tout cela est totalement oublié de tous, même du ministre compétent iol y a trois mois encore (la quatrième main de Shiva).
Ce qui est sûr en tout cas est qu'on était, à cette époque et avec plus de moyens au moins sur le papier, porteur d'une ambition bien moindre que celle de M. Claude Guéant qui visait, au moins dans ses propos, le niveau B1 (supérieur à celui de la majorité des instituteurs de l'espace francophone du Sud qui sont plutôt à A2!) et même celui de la troisième (!), alors que, en 2003-2004, on ne pensait qu'à un niveau A1.1 qui n'était qu'une première étape de A1. On a donc, pour conclure le sentiment que notre administration ne sait pas toujours très exactement ni de quoi elle parle ni ce qu'elle veut.
Notre Shiva administratif, désormais perplexe, occuperait-il une cinquième main, cachée celle-ci, à se gratter l'occiput ?
Libellés :
français langue étrangère,
guéant,
intégration,
naturalisation,
vals
vendredi 10 février 2012
Le bras de fer antillais
On a déjà beaucoup épilogué et glosé sur l'affrontement à propos de « l’inégalité des civilisations » qui a eu lieu à l'Assemblée nationale entre le ministre de l'intérieur, M. Claude Guéant et Serge Letchimy.
Ce dernier est député de la Martinique et maire de Fort-de-France (comme tel, il a succédé à Aimé Césaire) mais il est aussi, depuis 2010, président du conseil régional de l’île. Le tout n'est donc pas peu de choses là-bas, puisqu'il est à la fois le successeur de deux figures majeures de l'île, Césaire d’une part (S. Letchimy préside aussi le Parti Progressistre Martiniquais fondé par Césaire), mais aussi, dans des conditions tout autres, d’Alfred Marie-Jeanne, l’homme au chapeau « bakwa », figure majeure de l’indépendantisme local.
Autant dire qu’il y a là un personnage qui compte à la Martinique. On sait ce qui s'est passé à l'assemblée nationale. Le gouvernement et l’UMP ont quitté la séance (ce qui est quasi unique et ne s’improvise sans doute pas) ; quant à la tentative de réconciliation tentée par le président Accoyer, elle n’a eu aucun résultat, les deux protagonistes ayant quitté son bureau sans avoir cédé en quoi que ce soit sur leurs positions. Accueilli à Fort-de-France par la foule de ses partisans, Serge Letchimy s’est fait applaudir en soulignant qu’il était resté « ferme » et « sans concession ».
Calcul ou coïncidence ? Un voyage de quatre jours en Martinique et en Guadeloupe du ministre de l'intérieur (qui est aussi ministre de l’outre-mer) était prévu pour samedi. S’est-on risqué à susciter cet incident en ayant connaissance de ce détail ou ce détail n'est-il apparu qu'après ? Toujours est-il que le voyage et la date ont été maintenus.
Comme on pouvait s'y attendre, les Martiniquais, qui ont la tête près du bonnet, ont fait savoir à M. Claude Guéant qu’il n'était pas le bienvenu aux Antilles. Non seulement le maire de Fort de France s‘est fait applaudir en gardant sa position, comme on pouvait s'y attendre, mais il y a été rejoint par Messieurs Lurel et Gillot, les présidents des conseils généraux de la Martinique et de la Guadeloupe. Ces derniers ont cosigné une lettre qui a été rendue publique et dans laquelle ils déclarent que, contre toutes leurs habitudes, ils ne recevront pas officiellement le ministre.
Que l’épreuve de force ait été recherchée volontairement ou qu'elle soit fortuite, les choses risquent de ne pas se passer très bien à Fort-de-France surtout, mais aussi peut-être aussi à Pointe-à-Pitre. Le « bras de fer » est donc engagé. Il est fâcheux que la grève d'Air France soit déjà terminée car il aurait été bien commode d’y trouver un prétexte pour annuler cette visite. L'affaire est donc à suivre mais le week-end risque d'être encore plus chaud dans ces îles.
Libellés :
guadeloupe,
guéant,
Letchimy,
martinique,
politique
mercredi 31 août 2011
Marseille : Marius et Olive
Lorsque j'étais petit (il y a bien longtemps!) les histoires marseillaises mettaient toujours aux prises deux personnages locaux emblématiques, Marius et Olive ! Ils paraissent avoir aujourd'hui disparu et peut-être, dans le futur folklore marseillais, seront-ils remplacés par Claude (Guéant) et Martine (la Mère Delille).
En tout cas, la visite du ministre a été (heureusement ou ironiquement ?) clôturée, en fin d'après-midi, par une fusillade près de la cité de la Solidarité (authentique!) à Marseille, la cible est entre la vie et la mort. Il fallait bien que les malfrats du coin fissent une petite fantasia finale en l'honneur du ministre de l'intérieur et de son Lagardère de préfet de police, en visite à Marseille ce même jour, et qui étaient censés les terroriser.
L'émission de Calvi, "C plus clair", était, en ce mardi 30 août 2011, consacrée à Marseille ; son titre politico-policier, particulièrement opportun dans une ville où ces deux domaines sont si remarquablement proches, était du genre : « Politique : on défouraille à Marseille ». (Toujours pour les nobles étrangers lecteurs de ce blog qui apporte, par là, une contribution modeste à la francophonie mondiale, "défourailler", dans l'argot de Calvi qui date un peu, signifie "dégainer une arme de poing").
Je voudrais alimenter ce blog par trois éléments qui ont un rapport avec la visite du ministre dans la capitale phocéenne, mais qui sont de nature relativement différente.
Les deux premiers sont des épisodes vécus par des personnes que je connais et je garantis donc, de ce fait, l'authenticité des faits.
Il y a un an environ, les parents d'une de mes amies, qui devaient faire des examens médicaux à Marseille, s'y sont rendus en voiture ; ayant été contraints de s'arrêter à un feu rouge, ils ont eu la surprise désagréable de voir un jeune garçon (en marseillais un « minot ») crever un pneu de leur voiture. Alors qu'ils descendaient de leur véhicule, dans une totale stupéfaction et pour voir l'étendue des dégâts, un deuxième larron en a profité pour dérober le sac de la passagère qu'elle avait évidemment laissé dans le véhicule. Il y a là une variante marseillaise, au fond plus désagréable encore, de la technique niçoise bien connue du "vol à la portière". Les deux victimes se sont alors rendues au commissariat de police le plus proche pour porter plante et faire la déclaration des faits, en particulier, pour ce qui concernait le vol du sac à main dans lequel évidemment se trouvaient tous les papiers de la personne en cause. A leur grand étonnement, ils s'y sont entendus reprocher leur insouciance d'avoir laissé ce sac à main dans le véhicule dont ils étaient descendus pour constater l'attentat dont ils avaient été l'objet! Bref, de victimes, ils se sont, en quelque sorte, retrouvés accusés ou, en tout cas, taxés de négligence. Je ne sais pas si, comme souvent en pareils cas, on leur a suggéré de signaler la chose comme perte plutôt que comme vol, ce qui "au fond revient au même"... sauf, bien entendu, pour les statistiques de la police.
Autre épisode du même genre, beaucoup plus récent ; la femme d'un de mes amis qui étaient descendue faire des courses à Marseille a été agressée en pleine rue et s'est vu arracher le collier en or qu'elle portait. Même scénario du côté policier ; allant déclarer le vol de son collier, la victime s'est entendu reprocher son imprudence et le fait de se promener dans la rue avec un collier en or! Si l'on prolonge un peu ce raisonnement, il faudrait arpenter les rues de Marseille en maillot de bain et sans avoir quoi que ce soit d'autre sur soi, ce qui pour les dames, en particulier, risquerait de les exposer aussitôt à des agressions d'un genre différent.
Le troisième élément que je voudrais apporter à ce blog vient d'un témoignage que j'ai entendu, dans l'émission « Les grandes gueules » sur RMC, émission que j'écoute souvent, d'une oreille un peu distraite, en vaquant à d'autres occupations souvent plus sérieuses, entre 10 et 13 heures. On y a, en effet, passé à l'antenne l'appel téléphonique d'un auditeur résidant à Marseille qui s'est présenté sous le nom de Fredo et qui a déclaré, d'emblée et tout simplement, qu'il était dealer. La communication a été assez longue et je l'ai jugé personnellement fort intéressante, alors, que très souvent, ces appels d'auditeurs sont un tissu de niaiseries et/ou de banalités.
Le Fredo en cause a expliqué qu'il avait eu un métier ("dans la sécurité" à l'entendre, ce qui est tout un programme!) mais qu'il l'avait perdu (apparemment suite à une condamnation) ; réduit au chômage et chargé de famille, il avait dû se consacrer au commerce des stupéfiants. Il y occupait, semble-t-il, une position assez intéressante, car ses propos ont montré qu'il avait des fournisseurs pour la marchandise et, d'autre part, un réseau de revendeurs qui lui permettait de l'écouler sans avoir réellement lui-même à mettre la main à la pâte dans la rue. À une question sur ses revenus, il répondit, sans ambages, qu'il gagnait 1500 €... non pas par mois comme pouvait le supposer de naïves "grandes gueules", mais PAR JOUR !
Il a d'ailleurs ajouté que cette situation ne le réjouissait pas sur le plan moral et que des scrupules et des remords l'empêchaient souvent de dormir! Je ne l'ai pas totalement cru sur ce point, au moins pour la cause de ses insomnies. En effet, les événements récents et fréquents à Marseille (les Bouches-du-Rhône sont le théâtre du tiers des règlements de comptes français) me donnent à penser que ce sont peut-être moins les scrupules moraux qui le tourmentent que la crainte de voir l'un de ses concurrents l'éliminer du marché d'une façon quelque peu brutale.
Bref c'est là Marseille ! Dans l'émission de Calvi sur cette ville, il y a eu une confirmation de tous ces éléments, même si un seul des quatre intervenants, José d'Orrio, a été à la fois courageux, percutant, sincère et informé, les trois autres étant aussi prudents et insipides qu'à leur habitude. A la place de José d'Orrio qui n'a pas hésité, à propos de la politique comme de la police marseillaises, à parler de clientélisme, d'incompétence et de corruption (et les affaires actuelles le confirment), je me méfierais en traversant les rues de ma ville, un chauffard ou une balle perdue sont si vite arrivés!
En tout cas, la visite du ministre a été (heureusement ou ironiquement ?) clôturée, en fin d'après-midi, par une fusillade près de la cité de la Solidarité (authentique!) à Marseille, la cible est entre la vie et la mort. Il fallait bien que les malfrats du coin fissent une petite fantasia finale en l'honneur du ministre de l'intérieur et de son Lagardère de préfet de police, en visite à Marseille ce même jour, et qui étaient censés les terroriser.
L'émission de Calvi, "C plus clair", était, en ce mardi 30 août 2011, consacrée à Marseille ; son titre politico-policier, particulièrement opportun dans une ville où ces deux domaines sont si remarquablement proches, était du genre : « Politique : on défouraille à Marseille ». (Toujours pour les nobles étrangers lecteurs de ce blog qui apporte, par là, une contribution modeste à la francophonie mondiale, "défourailler", dans l'argot de Calvi qui date un peu, signifie "dégainer une arme de poing").
Je voudrais alimenter ce blog par trois éléments qui ont un rapport avec la visite du ministre dans la capitale phocéenne, mais qui sont de nature relativement différente.
Les deux premiers sont des épisodes vécus par des personnes que je connais et je garantis donc, de ce fait, l'authenticité des faits.
Il y a un an environ, les parents d'une de mes amies, qui devaient faire des examens médicaux à Marseille, s'y sont rendus en voiture ; ayant été contraints de s'arrêter à un feu rouge, ils ont eu la surprise désagréable de voir un jeune garçon (en marseillais un « minot ») crever un pneu de leur voiture. Alors qu'ils descendaient de leur véhicule, dans une totale stupéfaction et pour voir l'étendue des dégâts, un deuxième larron en a profité pour dérober le sac de la passagère qu'elle avait évidemment laissé dans le véhicule. Il y a là une variante marseillaise, au fond plus désagréable encore, de la technique niçoise bien connue du "vol à la portière". Les deux victimes se sont alors rendues au commissariat de police le plus proche pour porter plante et faire la déclaration des faits, en particulier, pour ce qui concernait le vol du sac à main dans lequel évidemment se trouvaient tous les papiers de la personne en cause. A leur grand étonnement, ils s'y sont entendus reprocher leur insouciance d'avoir laissé ce sac à main dans le véhicule dont ils étaient descendus pour constater l'attentat dont ils avaient été l'objet! Bref, de victimes, ils se sont, en quelque sorte, retrouvés accusés ou, en tout cas, taxés de négligence. Je ne sais pas si, comme souvent en pareils cas, on leur a suggéré de signaler la chose comme perte plutôt que comme vol, ce qui "au fond revient au même"... sauf, bien entendu, pour les statistiques de la police.
Autre épisode du même genre, beaucoup plus récent ; la femme d'un de mes amis qui étaient descendue faire des courses à Marseille a été agressée en pleine rue et s'est vu arracher le collier en or qu'elle portait. Même scénario du côté policier ; allant déclarer le vol de son collier, la victime s'est entendu reprocher son imprudence et le fait de se promener dans la rue avec un collier en or! Si l'on prolonge un peu ce raisonnement, il faudrait arpenter les rues de Marseille en maillot de bain et sans avoir quoi que ce soit d'autre sur soi, ce qui pour les dames, en particulier, risquerait de les exposer aussitôt à des agressions d'un genre différent.
Le troisième élément que je voudrais apporter à ce blog vient d'un témoignage que j'ai entendu, dans l'émission « Les grandes gueules » sur RMC, émission que j'écoute souvent, d'une oreille un peu distraite, en vaquant à d'autres occupations souvent plus sérieuses, entre 10 et 13 heures. On y a, en effet, passé à l'antenne l'appel téléphonique d'un auditeur résidant à Marseille qui s'est présenté sous le nom de Fredo et qui a déclaré, d'emblée et tout simplement, qu'il était dealer. La communication a été assez longue et je l'ai jugé personnellement fort intéressante, alors, que très souvent, ces appels d'auditeurs sont un tissu de niaiseries et/ou de banalités.
Le Fredo en cause a expliqué qu'il avait eu un métier ("dans la sécurité" à l'entendre, ce qui est tout un programme!) mais qu'il l'avait perdu (apparemment suite à une condamnation) ; réduit au chômage et chargé de famille, il avait dû se consacrer au commerce des stupéfiants. Il y occupait, semble-t-il, une position assez intéressante, car ses propos ont montré qu'il avait des fournisseurs pour la marchandise et, d'autre part, un réseau de revendeurs qui lui permettait de l'écouler sans avoir réellement lui-même à mettre la main à la pâte dans la rue. À une question sur ses revenus, il répondit, sans ambages, qu'il gagnait 1500 €... non pas par mois comme pouvait le supposer de naïves "grandes gueules", mais PAR JOUR !
Il a d'ailleurs ajouté que cette situation ne le réjouissait pas sur le plan moral et que des scrupules et des remords l'empêchaient souvent de dormir! Je ne l'ai pas totalement cru sur ce point, au moins pour la cause de ses insomnies. En effet, les événements récents et fréquents à Marseille (les Bouches-du-Rhône sont le théâtre du tiers des règlements de comptes français) me donnent à penser que ce sont peut-être moins les scrupules moraux qui le tourmentent que la crainte de voir l'un de ses concurrents l'éliminer du marché d'une façon quelque peu brutale.
Bref c'est là Marseille ! Dans l'émission de Calvi sur cette ville, il y a eu une confirmation de tous ces éléments, même si un seul des quatre intervenants, José d'Orrio, a été à la fois courageux, percutant, sincère et informé, les trois autres étant aussi prudents et insipides qu'à leur habitude. A la place de José d'Orrio qui n'a pas hésité, à propos de la politique comme de la police marseillaises, à parler de clientélisme, d'incompétence et de corruption (et les affaires actuelles le confirment), je me méfierais en traversant les rues de ma ville, un chauffard ou une balle perdue sont si vite arrivés!
Libellés :
aubry,
d'orrio,
guéant,
insécurité,
marseille
mardi 30 août 2011
" Bleu, bleu, bleu, le ciel de Provence..."
On connaît la rengaine, déjà ancienne, de Marcel Amont : " Bleu, bleu, bleu, le ciel de Provence..."
Hier, 29 août 2011, en Provence et surtout à Marseille, il n'y avait pas que le ciel qui était bleu. Tout y était bleu. De Marignane à Marseille, tout était bleu (un policier, un "bleu" tous les dix mètres). Dans Marseille, tout était bleu! Et, à la porte d'Aix, on voyait que du bleu !
Je me demande, à la réflexion si ce bleuissement, aussi universel que soudain, n'avait pas quelque chose à voir avec la visite de M. Claude Guéant, ministre de l'intérieur, plutôt qu'avec celle de Mme Martine Aubry qui se voue plutôt au rouge. À ce propos, une remarque qui n'a rien à voir avec le reste de mon propos : la désignation nouvelle de cette dernière par « la maire de Lille »(sans doute pour la distinguer par cette éminente fonction municipale de son Flamby de rival auquel on reproche sans cesse son inexpérience) me fait irrésistiblement penser, vu la fréquente mauvaise articulation de nos commentateurs, à « La mère Denis » illustre figure de la publicité des lessives autrefois caricaturée par Coluche. Ce rapprochement est évidemment du plus mauvais effet !
Bref, notre ministre de l'intérieur a honoré Marseille de sa visite, nous a-t-on dit, suite à une grosse colère présidentielle devant les mauvaises statistiques de la criminalité et les scandales marseillais dont la fameuse affaire du parking de la Porte d'Aix.
L'avantage des statistiques, bien connu, est qu'on peut évidemment leur faire dire n'importe quoi ; tandis que le président se fâche devant la montée de l'insécurité, dont il compte faire son cheval de bataille pour la prochaine présidentielle (comme s'il n'était pour rien dans la situation antérieure) et que Mme Aubry ("la mère Delille") rappelle les chiffres désastreux de la sécurité à Marseille (3000 agressions dans le premier trimestre 2011 soit 25 par jour), le ministre de l'intérieur, au contraire, se félicite que, depuis 2002, la criminalité a baissé en France de 12 ou 14 % (je ne sais plus, mais vous aurez compris que, de toute façon, cela n'a pas la moindre importance!).
Il a déjà dégainé son arme absolue, un troisième préfet de police qui, de toute évidence, a pour principal atout son patronyme. Ce n'est plus la "police de proximité" de Jospin, c'est la police qui vient à vous plus vite que son ombre et en permanence. Si tu ne vas pas à Lagardère, Lagardère ira à toi. On ne saurait être plus clair.
A ce que j'ai entendu et vu, la visite ministérielle s'est centrée sur la Porte d'Aix où se situe en particulier le fameux parking qui a été un peu la goutte d'eau qui a fait déborder le vase présidentiel. Vous savez le parking, dont s'étaient emparé quelques jeunes loubards, après l'abandon de la gestion officielle du parking. Ils avaient décidé de le gérer eux-mêmes à leur compte, avec un tarif unique de cinq euros par visite.
Il se trouve que je connais très bien cet endroit et que je sais que le processus y a été évolutif. Pendant la période où il était encore sous le contrôle de la société qui en était gestionnaire, il était déjà peuplé de quelques gamins (en marseillais des "minots") qui vous proposaient, à votre arrivée, de surveiller votre voiture, moyennant deux euros (méthode italienne classique!), sans préciser naturellement que, faute de leur verser cet écot, vous risquiez fort de vous faire rayer la peinture de votre voiture ou d'en trouver cassés les essuie-glaces. Le processus a donc été purement et simplement évolutif et le tarif a augmenté après le départ du gestionnaire!
Bleu, bleu, bleu,... Je vous épargne la suite de l'affaire du parking.
Il est vraiment dommage que M. Guéant ne soit pas venu incognito faire cette visite car je ne doute pas un instant qu'elle aurait été beaucoup plus instructive pour lui et par là plus efficace.
À ce que j'ai entendu dans les médias, M. Guéant aurait emprunté la rue du Bon Pasteur (dans le deuxième). C'est une voie marseillaise que je connais parfaitement pour l'avoir empruntée des dizaines, sinon des centaines de fois. Très courte, elle va, du haut de la rue Camille Pelletan (près de la Place Marceau), en 200 mètres, à la Porte d'Aix, et aboutit à cet endroit même où se trouve, sur la droite, le fameux parking qui a défrayé la chronique.
Cette rue est admirable car elle est, en quelque sorte, le microcosme du macrocosme marseillais. Je veux dire par là qu'elle réunit, en quelques dizaines de mètres, tous les éléments constitutifs de Marseille. Au départ, en la descendant, on trouve, à droite, le Marché du Soleil qui est un vrai souk qui vous dispense de la visite de ceux de Tunis ou de Marrakech. Encombrée de tous les détritus de tous les commerces et les activités qui s'y tiennent, la rue descend vers la porte d'Aix et il n'est pas facile d'y circuler, entre les rares voitures qui s'y hasardent et les étalages des marchands ambulants, réguliers ou clandestins. On peut trouver là aussi bien des marchands de légumes que d'autres étalages, de toute nature, qui présentent, selon la coutume marseillaise, tout ce qui est tombé du camion ou sorti des containers.
On circule difficilement dans cette rue toute la semaine durant mais pas du tout le vendredi, car toute sa partie centrale est alors réservée à la prière, en dépit du fait qu'on soit, à vol d'oiseau, à moins d'une centaine de mètres de la rue Malaval se trouve une magnifique et immense mosquée de construction récente.
Le bas de la rue est en revanche réservé à un commerce spécifique qui est celui des cigarettes de contrebande ; des dizaines de vendeurs à la sauvette vous y proposent, ostensiblement et publiquement, leurs cartouches, sans que nul n'y trouve naturellement à redire. Leur petit commerce empiète souvent sur le parking qui se trouve immédiatement à droite du bas de la rue.
Naturellement, hier, toute la Porte d'Aix (d'où l'on avait viré le camping sauvage des Roms) n'était guère peuplée que de gendarmes, de CRS, de chaussettes à clous en civil et sans doute de militants UMP et d'employés municipaux (ce qui est à peu près la même chose car le maire devait accompagner le ministre) ; toutes les petites activités, interdites mais publiques et habituelles, avaient naturellement disparu mais soyez sûrs qu'elles reprendront très vite.
Comme on pouvait s'y attendre et c'est bien naturel notre brave ministre n'y a vu que du bleu !
Pour les nobles lecteurs étrangers ! "N' y voir que du bleu : expression populaire française : Ne pas s'apercevoir d'une chose qu'on vous fait, se faire avoir, être crédule."
Hier, 29 août 2011, en Provence et surtout à Marseille, il n'y avait pas que le ciel qui était bleu. Tout y était bleu. De Marignane à Marseille, tout était bleu (un policier, un "bleu" tous les dix mètres). Dans Marseille, tout était bleu! Et, à la porte d'Aix, on voyait que du bleu !
Je me demande, à la réflexion si ce bleuissement, aussi universel que soudain, n'avait pas quelque chose à voir avec la visite de M. Claude Guéant, ministre de l'intérieur, plutôt qu'avec celle de Mme Martine Aubry qui se voue plutôt au rouge. À ce propos, une remarque qui n'a rien à voir avec le reste de mon propos : la désignation nouvelle de cette dernière par « la maire de Lille »(sans doute pour la distinguer par cette éminente fonction municipale de son Flamby de rival auquel on reproche sans cesse son inexpérience) me fait irrésistiblement penser, vu la fréquente mauvaise articulation de nos commentateurs, à « La mère Denis » illustre figure de la publicité des lessives autrefois caricaturée par Coluche. Ce rapprochement est évidemment du plus mauvais effet !
Bref, notre ministre de l'intérieur a honoré Marseille de sa visite, nous a-t-on dit, suite à une grosse colère présidentielle devant les mauvaises statistiques de la criminalité et les scandales marseillais dont la fameuse affaire du parking de la Porte d'Aix.
L'avantage des statistiques, bien connu, est qu'on peut évidemment leur faire dire n'importe quoi ; tandis que le président se fâche devant la montée de l'insécurité, dont il compte faire son cheval de bataille pour la prochaine présidentielle (comme s'il n'était pour rien dans la situation antérieure) et que Mme Aubry ("la mère Delille") rappelle les chiffres désastreux de la sécurité à Marseille (3000 agressions dans le premier trimestre 2011 soit 25 par jour), le ministre de l'intérieur, au contraire, se félicite que, depuis 2002, la criminalité a baissé en France de 12 ou 14 % (je ne sais plus, mais vous aurez compris que, de toute façon, cela n'a pas la moindre importance!).
Il a déjà dégainé son arme absolue, un troisième préfet de police qui, de toute évidence, a pour principal atout son patronyme. Ce n'est plus la "police de proximité" de Jospin, c'est la police qui vient à vous plus vite que son ombre et en permanence. Si tu ne vas pas à Lagardère, Lagardère ira à toi. On ne saurait être plus clair.
A ce que j'ai entendu et vu, la visite ministérielle s'est centrée sur la Porte d'Aix où se situe en particulier le fameux parking qui a été un peu la goutte d'eau qui a fait déborder le vase présidentiel. Vous savez le parking, dont s'étaient emparé quelques jeunes loubards, après l'abandon de la gestion officielle du parking. Ils avaient décidé de le gérer eux-mêmes à leur compte, avec un tarif unique de cinq euros par visite.
Il se trouve que je connais très bien cet endroit et que je sais que le processus y a été évolutif. Pendant la période où il était encore sous le contrôle de la société qui en était gestionnaire, il était déjà peuplé de quelques gamins (en marseillais des "minots") qui vous proposaient, à votre arrivée, de surveiller votre voiture, moyennant deux euros (méthode italienne classique!), sans préciser naturellement que, faute de leur verser cet écot, vous risquiez fort de vous faire rayer la peinture de votre voiture ou d'en trouver cassés les essuie-glaces. Le processus a donc été purement et simplement évolutif et le tarif a augmenté après le départ du gestionnaire!
Bleu, bleu, bleu,... Je vous épargne la suite de l'affaire du parking.
Il est vraiment dommage que M. Guéant ne soit pas venu incognito faire cette visite car je ne doute pas un instant qu'elle aurait été beaucoup plus instructive pour lui et par là plus efficace.
À ce que j'ai entendu dans les médias, M. Guéant aurait emprunté la rue du Bon Pasteur (dans le deuxième). C'est une voie marseillaise que je connais parfaitement pour l'avoir empruntée des dizaines, sinon des centaines de fois. Très courte, elle va, du haut de la rue Camille Pelletan (près de la Place Marceau), en 200 mètres, à la Porte d'Aix, et aboutit à cet endroit même où se trouve, sur la droite, le fameux parking qui a défrayé la chronique.
Cette rue est admirable car elle est, en quelque sorte, le microcosme du macrocosme marseillais. Je veux dire par là qu'elle réunit, en quelques dizaines de mètres, tous les éléments constitutifs de Marseille. Au départ, en la descendant, on trouve, à droite, le Marché du Soleil qui est un vrai souk qui vous dispense de la visite de ceux de Tunis ou de Marrakech. Encombrée de tous les détritus de tous les commerces et les activités qui s'y tiennent, la rue descend vers la porte d'Aix et il n'est pas facile d'y circuler, entre les rares voitures qui s'y hasardent et les étalages des marchands ambulants, réguliers ou clandestins. On peut trouver là aussi bien des marchands de légumes que d'autres étalages, de toute nature, qui présentent, selon la coutume marseillaise, tout ce qui est tombé du camion ou sorti des containers.
On circule difficilement dans cette rue toute la semaine durant mais pas du tout le vendredi, car toute sa partie centrale est alors réservée à la prière, en dépit du fait qu'on soit, à vol d'oiseau, à moins d'une centaine de mètres de la rue Malaval se trouve une magnifique et immense mosquée de construction récente.
Le bas de la rue est en revanche réservé à un commerce spécifique qui est celui des cigarettes de contrebande ; des dizaines de vendeurs à la sauvette vous y proposent, ostensiblement et publiquement, leurs cartouches, sans que nul n'y trouve naturellement à redire. Leur petit commerce empiète souvent sur le parking qui se trouve immédiatement à droite du bas de la rue.
Naturellement, hier, toute la Porte d'Aix (d'où l'on avait viré le camping sauvage des Roms) n'était guère peuplée que de gendarmes, de CRS, de chaussettes à clous en civil et sans doute de militants UMP et d'employés municipaux (ce qui est à peu près la même chose car le maire devait accompagner le ministre) ; toutes les petites activités, interdites mais publiques et habituelles, avaient naturellement disparu mais soyez sûrs qu'elles reprendront très vite.
Comme on pouvait s'y attendre et c'est bien naturel notre brave ministre n'y a vu que du bleu !
Pour les nobles lecteurs étrangers ! "N' y voir que du bleu : expression populaire française : Ne pas s'apercevoir d'une chose qu'on vous fait, se faire avoir, être crédule."
Inscription à :
Articles (Atom)