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mardi 12 juin 2012

Lamentable ou pitoyable ?

Dans ce blog, qui se veut consacré à la situation quotidienne que nous vivons, j'ai hésité entre ces deux adjectifs : "Lamentable ou pitoyable ?" dans une seule et même interrogation.

Même sur le plan sportif on est exposé à ce choix douloureux. Au lendemain d'un France-Angleterre dont on ne sait pas non plus s'il a été lamentable ou pitoyable, en dépit de la satisfaction que nous avons eu d'obtenir un match nul. La rencontre semblait opposer des vétérans exténués et surtout préoccupés de ménager leurs dernières forces en se regardant jouer les uns des autres au milieu du terrain, La seule question est désormais de savoir si, oui ou non, Samir Nasri, après avoir marqué son but, a dit, oui ou non, "'Ferme ta gueule !" à l'envoyé de l'Equipe présent dans la tribune de presse. Pitoyable ou lamentable ?

Au plan politique, en ce jour ultime de dépôt des candidatures pour le deuxième tour, les maquignonnages politiques vont bon train, mais se situent à un niveau dont on ne sait, là aussi, s'il est pitoyable ou lamentable. "Franchement", pour user de l'adverbe qui, de façon inattendue, commence toutes les phrases de nos hommes politiques, les magouilles des états-majors parisiens, au mépris tant des hommes et des femmes politiques du cru qu'à celui des électeurs eux-mêmes,sont à pleurer quand elles ne prêtent pas à rire.

Le Front National, qui n'avait pratiquement aucune chance d'avoir le moindre élu (ce qui il faut bien en convenir pour un parti qui recueille 15 à 20 % des suffrages exprimés est franchement scandaleux) risque finalement d'avoir trois ou quatre élus (ce qui est sans importance ...sauf pour les intéressés)suite aux intrigues de couloirs des différents partis. Une des principales victimes sera sans doute NKM qui, il faut bien dire, sera dans ce cas punie par où elle a péché puisqu'elle avait dit qu'en cas de nécessité, mieux valait voter socialiste que Front National. Marine Le Pen n'a pas manqué de reprendre l'argument pour le lui appliquer.

Lamentable ou pitoyable, la sottise de Ségolène Royal qui a été assez maladroite pour proclamer urbi et orbi, bien avant les élections, sa volonté de se faire élire présidente de l'assemblée nationale. La seule vraie bénéficiaire de cette déclaration, clairement intempestive, a été Mme Lebranchu, à qui l'on a dû attribuer un ministère pour l'empêcher de se poser en concurrente de Ségolène, ce qu'elle aurait vraisemblablement fait avec toutes les chances de succès.

Pour faire place à Madame Royal(e), on a donc viré comme un malpropre le candidat local qui, depuis des années, tenait à bout de bras, semble-t-il, la section locale du PS à travers son université d'été. On l'a même pour faire bonne mesure, exclu du PS (Olivier Falho(r)nni ?), ce qui n'arrange guère les choses auprès de l'électorat local.

Si François Hollande a fait, globalement, dans les premiers temps de son mandat, un sans-faute, on ne peut en dire autant de Martine Aubry pour les derniers mois de sa présence au secrétariat du PS. Tout indique qu'elle va aller en outre soutenir personnellement Ségolène qui sera très probablement battue .On ne peut s'empêcher de penser que, chez la Première Secrétaire, il y a là une démarche qui vise, secrètement bien sûr, François Hollande. Franchement, rue de Solférino la vengeance est un plat qui se mange froid.

Le seul élément drôle dans ce second tour, mais je ne l''ai guère vu  mentionné, est le nom même de la candidate du Front National contre Michel Vauzelle : Maréchal-Le Pen !!!!  Si elle est élue, ce qui semble devoir se produire vu le retrait du candidat UMP, on pourra l'accueillir par un air bien connu: « Maréchal vous voilà... ».

Il y a eu 42 % d'abstentions au premier tour, il est à craindre, devant le spectacle (lamentable ou pitoyable ?) que donnent nos politiques qu'il y en ait davantage encore au second.

jeudi 13 octobre 2011

Règlement de comptes à OK France 2

Comme vous vous en doutez je n'ai pas regardé mercredi 12 octobre 2011 au soir le grand débat des primaires socialistes entre Martine et François (zut! J'ai oublié de tirer au sort l'ordre des prénoms!). J'ai néanmoins zappé, à deux reprises sur l'émission et, par chance, je crois en avoir vu les deux moments essentiels.

Pour les personnages eux-mêmes je résume.

Martin était égale à elle-même. Massive, hommasse et sans recherche, jouant manifestement la carte de la femme forte et en tout cas pas "molle" ! François lui ressemblait souvent l'image qu'en donne sa marionnette des Guignols de l'Info.Je vais y venir.

À cet égard je m'interroge sur le rôle et le poids des cadreurs et des réalisateurs qui choisissaient les images parmi celles que leur proposent les diverses caméras, surtout dans un direct. Non sans intelligence et talent, quand l'un des deux personnages s'exprime, et en particulier quand il distille une vacherie sur son adversaire, ils ont toujours l'astuce de nous montrer, en un plan de coupe fugace, la tronche de l'autre. À cet égard c'est sur ce plan que les deux protagonistes ont paru se distinguer le plus. Quand Martine susurrait quelque vacherie à l'égard de François du genre « personnalité molle, » (elle-même a molli devant la référence à la mollesse d'une partie plus intime de l'anatomie de François, comme, semble-t-il, elle l'avait fait en d'autres circonstances... suivez mon regard si j'ose dire...). François Hollande optait alors pour le sourire entendu mais un peu gêné et nigaud. C'est ce qui, à ce moment-là, le faisait ressembler à sa marionnette des Guignols, puisqu'il découvrait alors sa petite denture éclatante ravalée par son dentiste en vue de la campagne présidentielle. Ce n'est pas assurément la meilleure image qu'il puisse donner de lui à ses électeurs potentiels.

En revanche, quand, réponse du berger à la bergère, François Hollande évoquait le congrès à Reims, sans oser toutefois aller jusqu'à parler du trucage des élections au poste de Premier Secrétaire, Martine Aubry, filmée un instant dans sa réaction immédiate, faisait la gueule et même esquissait carrément une moue désapprobatrice, scandalisée voire contestataire de telles insinuations.

En somme, la forme dans toute cette affaire comptait beaucoup plus que le fond puisque, de toute façon, comme disait le bon père Pasqua « les promesses électorales n'engagent que ceux qui ont les croient ». Pour prendre un seul exemple, l'un et l'autre se sont accordés à dire qu'il fallait, en une année, la première, réduire de 1,3 ou 1,6 % (je ne sais plus et on s'en fout puisque la chose est sans importance ») l'impasse budgétaire pour ramener le déficit à 3 %, mais ils se sont abstenus de chiffrer le pourcentage en milliards et surtout de dire comment on allait s'y prendre en fait, chiffres en mains, pour opérer cette réduction. Nul en outre n'a rappelé que ce chiffre de 3 % était celui sur lequel la France s'était engagée, vis-à-vis de l'Union européenne depuis fort longtemps, mais qu'aucun des gouvernements antérieurs, ni de droite ni de gauche, n'avait jamais respecté, n' hésitant pas à truquer les comptes, avec toutefois un peu moins d'impudence que les Grecs.

Si j'avais été un peu plus patient et moins certain de ce qui allait se dire, j'aurais regardé dans son ensemble l'émission car il y a sans doute eu de bons moments de ruses politiciennes comme d'art dramatique. Les ficelles sont toutefois un peu grosses. Martine nous a évidemment ressassé, par comparaison avec elle, que son adversaire n'avait aucune expérience de gouvernement ; elle n'a cessé de nous rappeler (au moins trois fois dans la période très brève que j'ai vue) qu'elle avait été chez Péchiney (au PS!) et ministre et même un ministre important (numéro deux de Jospin!). Elle s'est toutefois bien gardée de rappeler le grand oeuvre de son ministère c'est-à-dire les 35 heures. Le bilan en est nuancé et surtout le vrai père de cette réforme est DSK dont elle s'est abstenue d'évoquer la fâcheuse mémoire.

Le plus drôle a été l'affaire du poste de Premier Secrétaire du parti socialiste. Martine Aubry, qui en a parlé la première, n'a pas manqué de rappeler qu'elle avait trouvé le parti socialiste, sinon en ruines du moins en friche et qu'elle avait dû passer trois ans à le remettre sur les rails. Elle n'a pas jugé bon toutefois de rappeler les magouilles grâce auxquelles elle s'était fait élire par son ami Guerini, on sait comment, à ce poste de Premier Secrétaire. Arrivant après elle, François, un peu embarrassé par cette mise en cause, a choisi de jouer le nigaud des Guignols et de rappeler simplement, montrant des nerfs d'acier, que, pendant 13 ans comme porte-parole d'abord puis comme Premier Secrétaire, il avait gouverné, au milieu des écueils et avec le plus grand succès, le parti socialiste. À mourir de rire ! Feydau ou Labiche ?

Je ne sais pas qui est sorti vainqueur (s'il y en a un) de cette comédie. De toute façon, chacun sait bien que, même dans l'hypothèse où l'un des deux serait Président de la République, rien ne se passera comme ils ont annoncé que cela allait se faire.

mercredi 12 octobre 2011

Ouf !

Retour au bercail après une nouvelle escapade aéronautique, une de plus en attendant les autres avant la fin de l'année 2011. Une petite semaine au Niger où j'ai réussi par miracle à éviter les filets d'Al Qaida au Maghreb Islamique.

Je n'étais pas allé à Niamey depuis très longtemps. Le Niger y coule toujours aussi majestueusement et la ville détient toujours, pour l'Afrique et sans doute le monde, le record quotidien en matière de température (en moyenne ces derniers jours 39°!). Je n'ai guère vu de changement majeur sinon la disparition, dans les rues de la ville, des chameaux qui en faisait le charme exotique. Il y a désormais trop de voitures pour que chameaux et automobiles puissent coexister sans risques (pour les secondes surtout!).

A mon retour, j'ai appris avec soulagement que Malte, avant-dernier Etat de la zone euro à se prononcer sur la question, avait accepté le principe de la mise en place d'un euro-fonds de garantie. Une des beautés de l'Union européenne est qu'un État aussi important que Malte peut bloquer le fonctionnement des institutions européennes, vu cette absurde règle de l'unanimité. Quelques esprits, naïfs mais pleins de bon sens, se demandent pourquoi on ne supprime pas cette règle absurde. Mais réfléchissez une seconde, croyez-vous que Malte sera d'accord pour se faire hara-kiri et perdre le strapontin qu'on lui accorde et qui lui rapporte un maximum de fric et de considération?

Je suppose en effet qu'en la circonstance, comme en d'autres auparavant, Malte a négocié son accord contre quelques subventions, c'est-à-dire, en d'autres termes plus clairs, a vendu son approbation de la proposition. Hélas, j'apprends ce matin que la Slovaquie renâcle ; il va falloir, comme elle est le dernier Etat à se prononcer, ajouter un zéro au chèque prévu.

Encore ne devons-nous pas trop nous plaindre puisque les Maltais, comme les Irlandais, ont renoncé à ce que leur langue (Oui! Oui! Ca existe le maltais et c'est même un vrai symbole méditerranéen, puisque c'est une sorte de sabir italo-arabe) soit systématiquement interprétée et traduite dans les instances européennes, comme le prévoit une autre règle aussi absurde que celle de l'unanimité. Merci les Maltais ! Encore un petit chèque à la clé, car, en plus, Malte était un peu la plaque tournante du grand projet de Guaino qui a pris un gros rhume lors du printemps arabe.

Côté primaire socialiste, on n'entend et ne voit plus dans les medias qu'Arnaud Montebourg, drivé (je n'ose dire "monté" par Audrey Pulvar). Le pauvre devra choisir (volens nolens) entre la peste (François Hollande) et le choléra (Martine Aubry) ; il est en aussi mauvais termes avec le premier qu'il a défini naguère, en 2007, comme "le plus gros défaut de Ségolène Royal" quand celle-ci planait dans les sondages au lieu de verser des larmes sur ses résultats de 2011, qu'avec la seconde, avec laquelle il a rompu quelques lances marseillaises lors de l'affaire Guerini. Risquons, pour la belle Audrey, une image créole (hélas réunionnaise et non martiniquaise), son cher Arnaud est "koman sat dans larozwar" (= comme un chat dans un arrosoir), ce qui se dit d'une personne placée dans une situation d'où elle ne sait comment sortir.

En tout cas, si le futur président de la République est socialiste, quel que soit le rôle de Montebourg dans son élection, il ou elle lui devra son élection et sera contraint sans doute d'en faire son Premier Ministre avec le même enthousiasme qui fut autrefois celui de Mitterrand en proposant cette fonction à Michel Rocard.

J'avais en tête, médités dans mes insomnies célestes, quelques projets de blogs, à propos du Brésil surtout. Toutefois, il en est de même pour les impressions et les souvenirs que pour les clous, l'un chasse l'autre !

mercredi 31 août 2011

Marseille : Marius et Olive

Lorsque j'étais petit (il y a bien longtemps!) les histoires marseillaises mettaient toujours aux prises deux personnages locaux emblématiques, Marius et Olive ! Ils paraissent avoir aujourd'hui disparu et peut-être, dans le futur folklore marseillais, seront-ils remplacés par Claude (Guéant) et Martine (la Mère Delille).

En tout cas, la visite du ministre a été (heureusement ou ironiquement ?) clôturée, en fin d'après-midi, par une fusillade près de la cité de la Solidarité (authentique!) à Marseille, la cible est entre la vie et la mort. Il fallait bien que les malfrats du coin fissent une petite fantasia finale en l'honneur du ministre de l'intérieur et de son Lagardère de préfet de police, en visite à Marseille ce même jour, et qui étaient censés les terroriser.

L'émission de Calvi, "C plus clair", était, en ce mardi 30 août 2011, consacrée à Marseille ; son titre politico-policier, particulièrement opportun dans une ville où ces deux domaines sont si remarquablement proches, était du genre : « Politique : on défouraille à Marseille ». (Toujours pour les nobles étrangers lecteurs de ce blog qui apporte, par là, une contribution modeste à la francophonie mondiale, "défourailler", dans l'argot de Calvi qui date un peu, signifie "dégainer une arme de poing").

Je voudrais alimenter ce blog par trois éléments qui ont un rapport avec la visite du ministre dans la capitale phocéenne, mais qui sont de nature relativement différente.

Les deux premiers sont des épisodes vécus par des personnes que je connais et je garantis donc, de ce fait, l'authenticité des faits.

Il y a un an environ, les parents d'une de mes amies, qui devaient faire des examens médicaux à Marseille, s'y sont rendus en voiture ; ayant été contraints de s'arrêter à un feu rouge, ils ont eu la surprise désagréable de voir un jeune garçon (en marseillais un « minot ») crever un pneu de leur voiture. Alors qu'ils descendaient de leur véhicule, dans une totale stupéfaction et pour voir l'étendue des dégâts, un deuxième larron en a profité pour dérober le sac de la passagère qu'elle avait évidemment laissé dans le véhicule. Il y a là une variante marseillaise, au fond plus désagréable encore, de la technique niçoise bien connue du "vol à la portière". Les deux victimes se sont alors rendues au commissariat de police le plus proche pour porter plante et faire la déclaration des faits, en particulier, pour ce qui concernait le vol du sac à main dans lequel évidemment se trouvaient tous les papiers de la personne en cause. A leur grand étonnement, ils s'y sont entendus reprocher leur insouciance d'avoir laissé ce sac à main dans le véhicule dont ils étaient descendus pour constater l'attentat dont ils avaient été l'objet! Bref, de victimes, ils se sont, en quelque sorte, retrouvés accusés ou, en tout cas, taxés de négligence. Je ne sais pas si, comme souvent en pareils cas, on leur a suggéré de signaler la chose comme perte plutôt que comme vol, ce qui "au fond revient au même"... sauf, bien entendu, pour les statistiques de la police.

Autre épisode du même genre, beaucoup plus récent ; la femme d'un de mes amis qui étaient descendue faire des courses à Marseille a été agressée en pleine rue et s'est vu arracher le collier en or qu'elle portait. Même scénario du côté policier ; allant déclarer le vol de son collier, la victime s'est entendu reprocher son imprudence et le fait de se promener dans la rue avec un collier en or! Si l'on prolonge un peu ce raisonnement, il faudrait arpenter les rues de Marseille en maillot de bain et sans avoir quoi que ce soit d'autre sur soi, ce qui pour les dames, en particulier, risquerait de les exposer aussitôt à des agressions d'un genre différent.

Le troisième élément que je voudrais apporter à ce blog vient d'un témoignage que j'ai entendu, dans l'émission « Les grandes gueules » sur RMC, émission que j'écoute souvent, d'une oreille un peu distraite, en vaquant à d'autres occupations souvent plus sérieuses, entre 10 et 13 heures. On y a, en effet, passé à l'antenne l'appel téléphonique d'un auditeur résidant à Marseille qui s'est présenté sous le nom de Fredo et qui a déclaré, d'emblée et tout simplement, qu'il était dealer. La communication a été assez longue et je l'ai jugé personnellement fort intéressante, alors, que très souvent, ces appels d'auditeurs sont un tissu de niaiseries et/ou de banalités.

Le Fredo en cause a expliqué qu'il avait eu un métier ("dans la sécurité" à l'entendre, ce qui est tout un programme!) mais qu'il l'avait perdu (apparemment suite à une condamnation) ; réduit au chômage et chargé de famille, il avait dû se consacrer au commerce des stupéfiants. Il y occupait, semble-t-il, une position assez intéressante, car ses propos ont montré qu'il avait des fournisseurs pour la marchandise et, d'autre part, un réseau de revendeurs qui lui permettait de l'écouler sans avoir réellement lui-même à mettre la main à la pâte dans la rue. À une question sur ses revenus, il répondit, sans ambages, qu'il gagnait 1500 €... non pas par mois comme pouvait le supposer de naïves "grandes gueules", mais PAR JOUR !

Il a d'ailleurs ajouté que cette situation ne le réjouissait pas sur le plan moral et que des scrupules et des remords l'empêchaient souvent de dormir! Je ne l'ai pas totalement cru sur ce point, au moins pour la cause de ses insomnies. En effet, les événements récents et fréquents à Marseille (les Bouches-du-Rhône sont le théâtre du tiers des règlements de comptes français) me donnent à penser que ce sont peut-être moins les scrupules moraux qui le tourmentent que la crainte de voir l'un de ses concurrents l'éliminer du marché d'une façon quelque peu brutale.

Bref c'est là Marseille ! Dans l'émission de Calvi sur cette ville, il y a eu une confirmation de tous ces éléments, même si un seul des quatre intervenants, José d'Orrio, a été à la fois courageux, percutant, sincère et informé, les trois autres étant aussi prudents et insipides qu'à leur habitude. A la place de José d'Orrio qui n'a pas hésité, à propos de la politique comme de la police marseillaises, à parler de clientélisme, d'incompétence et de corruption (et les affaires actuelles le confirment), je me méfierais en traversant les rues de ma ville, un chauffard ou une balle perdue sont si vite arrivés!

mardi 30 août 2011

" Bleu, bleu, bleu, le ciel de Provence..."

On connaît la rengaine, déjà ancienne, de Marcel Amont : " Bleu, bleu, bleu, le ciel de Provence..."

Hier, 29 août 2011, en Provence et surtout à Marseille, il n'y avait pas que le ciel qui était bleu. Tout y était bleu. De Marignane à Marseille, tout était bleu (un policier, un "bleu" tous les dix mètres). Dans Marseille, tout était bleu! Et, à la porte d'Aix, on voyait que du bleu !

Je me demande, à la réflexion si ce bleuissement, aussi universel que soudain, n'avait pas quelque chose à voir avec la visite de M. Claude Guéant, ministre de l'intérieur, plutôt qu'avec celle de Mme Martine Aubry qui se voue plutôt au rouge. À ce propos, une remarque qui n'a rien à voir avec le reste de mon propos : la désignation nouvelle de cette dernière par « la maire de Lille »(sans doute pour la distinguer par cette éminente fonction municipale de son Flamby de rival auquel on reproche sans cesse son inexpérience) me fait irrésistiblement penser, vu la fréquente mauvaise articulation de nos commentateurs, à « La mère Denis » illustre figure de la publicité des lessives autrefois caricaturée par Coluche. Ce rapprochement est évidemment du plus mauvais effet !

Bref, notre ministre de l'intérieur a honoré Marseille de sa visite, nous a-t-on dit, suite à une grosse colère présidentielle devant les mauvaises statistiques de la criminalité et les scandales marseillais dont la fameuse affaire du parking de la Porte d'Aix.

L'avantage des statistiques, bien connu, est qu'on peut évidemment leur faire dire n'importe quoi ; tandis que le président se fâche devant la montée de l'insécurité, dont il compte faire son cheval de bataille pour la prochaine présidentielle (comme s'il n'était pour rien dans la situation antérieure) et que Mme Aubry ("la mère Delille") rappelle les chiffres désastreux de la sécurité à Marseille (3000 agressions dans le premier trimestre 2011 soit 25 par jour), le ministre de l'intérieur, au contraire, se félicite que, depuis 2002, la criminalité a baissé en France de 12 ou 14 % (je ne sais plus, mais vous aurez compris que, de toute façon, cela n'a pas la moindre importance!).

Il a déjà dégainé son arme absolue, un troisième préfet de police qui, de toute évidence, a pour principal atout son patronyme. Ce n'est plus la "police de proximité" de Jospin, c'est la police qui vient à vous plus vite que son ombre et en permanence. Si tu ne vas pas à Lagardère, Lagardère ira à toi. On ne saurait être plus clair.

A ce que j'ai entendu et vu, la visite ministérielle s'est centrée sur la Porte d'Aix où se situe en particulier le fameux parking qui a été un peu la goutte d'eau qui a fait déborder le vase présidentiel. Vous savez le parking, dont s'étaient emparé quelques jeunes loubards, après l'abandon de la gestion officielle du parking. Ils avaient décidé de le gérer eux-mêmes à leur compte, avec un tarif unique de cinq euros par visite.

Il se trouve que je connais très bien cet endroit et que je sais que le processus y a été évolutif. Pendant la période où il était encore sous le contrôle de la société qui en était gestionnaire, il était déjà peuplé de quelques gamins (en marseillais des "minots") qui vous proposaient, à votre arrivée, de surveiller votre voiture, moyennant deux euros (méthode italienne classique!), sans préciser naturellement que, faute de leur verser cet écot, vous risquiez fort de vous faire rayer la peinture de votre voiture ou d'en trouver cassés les essuie-glaces. Le processus a donc été purement et simplement évolutif et le tarif a augmenté après le départ du gestionnaire!

Bleu, bleu, bleu,... Je vous épargne la suite de l'affaire du parking.

Il est vraiment dommage que M. Guéant ne soit pas venu incognito faire cette visite car je ne doute pas un instant qu'elle aurait été beaucoup plus instructive pour lui et par là plus efficace.

À ce que j'ai entendu dans les médias, M. Guéant aurait emprunté la rue du Bon Pasteur (dans le deuxième). C'est une voie marseillaise que je connais parfaitement pour l'avoir empruntée des dizaines, sinon des centaines de fois. Très courte, elle va, du haut de la rue Camille Pelletan (près de la Place Marceau), en 200 mètres, à la Porte d'Aix, et aboutit à cet endroit même où se trouve, sur la droite, le fameux parking qui a défrayé la chronique.

Cette rue est admirable car elle est, en quelque sorte, le microcosme du macrocosme marseillais. Je veux dire par là qu'elle réunit, en quelques dizaines de mètres, tous les éléments constitutifs de Marseille. Au départ, en la descendant, on trouve, à droite, le Marché du Soleil qui est un vrai souk qui vous dispense de la visite de ceux de Tunis ou de Marrakech. Encombrée de tous les détritus de tous les commerces et les activités qui s'y tiennent, la rue descend vers la porte d'Aix et il n'est pas facile d'y circuler, entre les rares voitures qui s'y hasardent et les étalages des marchands ambulants, réguliers ou clandestins. On peut trouver là aussi bien des marchands de légumes que d'autres étalages, de toute nature, qui présentent, selon la coutume marseillaise, tout ce qui est tombé du camion ou sorti des containers.

On circule difficilement dans cette rue toute la semaine durant mais pas du tout le vendredi, car toute sa partie centrale est alors réservée à la prière, en dépit du fait qu'on soit, à vol d'oiseau, à moins d'une centaine de mètres de la rue Malaval se trouve une magnifique et immense mosquée de construction récente.

Le bas de la rue est en revanche réservé à un commerce spécifique qui est celui des cigarettes de contrebande ; des dizaines de vendeurs à la sauvette vous y proposent, ostensiblement et publiquement, leurs cartouches, sans que nul n'y trouve naturellement à redire. Leur petit commerce empiète souvent sur le parking qui se trouve immédiatement à droite du bas de la rue.

Naturellement, hier, toute la Porte d'Aix (d'où l'on avait viré le camping sauvage des Roms) n'était guère peuplée que de gendarmes, de CRS, de chaussettes à clous en civil et sans doute de militants UMP et d'employés municipaux (ce qui est à peu près la même chose car le maire devait accompagner le ministre) ; toutes les petites activités, interdites mais publiques et habituelles, avaient naturellement disparu mais soyez sûrs qu'elles reprendront très vite.

Comme on pouvait s'y attendre et c'est bien naturel notre brave ministre n'y a vu que du bleu !

Pour les nobles lecteurs étrangers ! "N' y voir que du bleu : expression populaire française : Ne pas s'apercevoir d'une chose qu'on vous fait, se faire avoir, être crédule."

mardi 28 juin 2011

Coluche dans la primaire socialiste

Quel homme et quelle clairvoyance ce Coluche!

"Alors la Mère De Lille arrive sur sa tornade rose en poussant son cri : "Maire De Liiiiile"!Ah non, ça c'est Gueule de Rak. J'les confonds toutes les deux, moi !".

Sera-ce la "tornade rose" ou un simple zéphyr?

Le million de votants espéré sera-t-il au rendez-vous proposé? La Maire de Lille pourra-elle dire à son Flamby de rival, modeste roseau ordinaire à côté du volumineux chêne, héritière de Gros Quinquin : "Tout vous est aquilon, tout me semble zéphyr".

Pourra-elle compter à nouveau, comme dans l'élection passée au poste de Premier Secrétaire, sur l'apport, ultime et frauduleux, des voix marseillaises qui là, ne pèseront plus très lourd ?

Le choix du numéro 2 du PS, inattendu mais sans doute justifié par de puissants motifs, si secrets qu'ils soient, sera-il-efficace? La demi-martinicitude d'Harlem Désir, si déplumé qu'il soit, suffira-t-elle à faire gagner des voix aux Antilles? Ce dernier devrait faire appel aux mânes de Tonton qui non seulement en 1998 l'a fait bénéficier de la clémence de la justice (pour l'affaire d'abus de biens sociaux, dont une partie se situait, déjà et par hasard, à LILLE), après lui avoir évité de payer, six ans auparavant, 80.000 francs d'amende de stationnements non payées! Voilà un homme que le PS a toujours cajolé, même au-delà du raisonnable, espérons qu'il lui en sera reconnaissant ?

Au fait, comment HARLEM Désir, qui se prénomme, en fait, plus banalement, Jean-Philippe, et est désormais député européen PS sous ce nom, a-t-il pu se porter officiellement candidat à une telle élection sous un état-civil qui n'est sans doute pas le sien (à moins qu'il n'ait fait officialiser administrativement un tel changement) et avec une modification de son état-civil qui n'est en rien ni banale ni innocente?

jeudi 3 mars 2011

« Mais mon ptit coeur vous ne l’aurez jamais ! »


J'entendais ce matin, sur je ne sais quelle radio, Martine Aubry, hélas avec les seules paroles et sans la musique de « la strasbourgeoise », entamer son nouveau refrain, à l'adresse de Nicolas Sarkozy, « Vous n'aurez pas les Français... ». De telle paroles évoquent irrésistiblement, au moins pour nous-autres Français, une célèbre rengaine patriotique du début du XXème siècle

J'hésite, à vrai dire, au seuil d’un blog que je perçois comme franco-français à l'excès, dans la mesure où je constate que mes écrits électroniques quotidiens sont lus, de la façon la plus inattendue, par des visiteurs qui, pour 40 % au moins, sont à l'étranger, voire à l’autre bout du monde. Qu'il s'agisse d'Australiens ou de Brésiliens francophones ou qu'il s'agisse de Français émigrés dans ces lointaines contrées, les uns et les autres ne doivent guère s'intéresser à la vie politique de la France et j’ai donc scrupule à m'aventurer sur ce terrain qui fut autrefois le mien.

Il faut donc sans doute ( et que ceux et celles qui connaissent cette vieille chanson française me pardonnent) rappeler le dernier couplet de « la strasbourgeoise » puisque tel est son titre :
« Vous avez eu l'Alsace et la Lorraine,
Vous avez eu des millions d'étrangers.
Vous avez eu Germanie et Bohème,
Mais mon p'tit coeur vous ne l'aurez jamais »

Il a fallu ce propos de Martine Aubry qui affirmait que la majorité au pouvoir « n'aurait pas les Français », en les leurrant avec le théâtre d'ombres de l'islam en France ou de la laïcité, pour me ramener sur le terrain plus général encore, d’une comédie permanente de notre vie politique et médiatique que j’appellerai volontiers « le bal des faux culs ».

Il est clair que Mme Aubry, ni dans sa scolarité aux Oiseaux, ni rue de Solférino ou dans sa mairie de Lille, n’a pas dû, beaucoup et souvent, se trouver confrontée de façon directe et prolongée aux problèmes, réels et concrets, de l'immigration en France. Il en est de même pour la plupart de ces journalistes larmoyants qui, comme l'autre soir, au Grand Journal de Denisot, sur Canal +, où l'on recevait François Hollande, ne sont guère confrontés au problème de la misère de ceux qui doivent vivre avec moins de 1000 € par mois.

Le pittoresque de la chose et que François Hollande s'est vu au cours de cette émission rappeler (son et images à l'appui) sa fameuse formule « Je n'aime pas les riches ». Heureusement qu'il avait pas lancé cette formule saignante du balcon de son appartement de Cannes !
Tout ceux qui étaient autour de la table, sans même parler de Denisot lui-même et quel que soit le caractère généralement misérable ou démagogue des prestations des intervenants, sont des gens dont les revenus mensuels doivent tourner autour de dix mille euros par mois, compte tenu du fait que la plupart de ces « journalistes-sic » sont si occupés par chacun de leurs divers emplois qu’ils en ont généralement trois ou quatre en même temps. Tout cela ne les empêche pas de sortir leur mouchoir à la première occasion, histoire de verser quelques larmes crocodiliennes sur la misère d'une grande partie du bon peuple de France. Et personne ne rit et moins encore ne s'indigne publiquement quand il est invité à prendre part à ce genre de fiesta médiatique.

Il y a d'ailleurs un vrai problème, économique et social celui-ci, quand on rapproche, même de loin, ce que l'on constate dans les lieux de réjouissances ou de plaisir (des restaurants aux stations de ski) de la situation globale de la France, telle qu'elle nous est décrite par nos analystes. Il faut croire que la vraie misère des Français, réellement pauvres et malheureux, est bien plus discrète que les hypocrites épanchements de ceux qui font de cette situation lamentable leur fonds de commerce médiatique et/ou politique.

Je propose donc à Madame Aubry (à titre amical et gracieux comme toujours) le refrain original suivant dans son adresse à Nicolas Sarkozy

« Vous avez eu Lang et Michel Rocard,
Vous avez eu des millions de Français.
Vous avez eu Besson et nos tocards,
Mais mon p'tit coeur vous ne l'aurez jamais »

dimanche 9 janvier 2011

Tonton quinze ans après ou les coups de Jarnac.

Ferai-je un blog tous les cinq ans pour l’anniversaire de la mort de Tonton 1er ? Je crains de ne pas tenir la distance et, par ailleurs, je ne vois guère à ajouter à celui que j’ai publié il y a cinq ans (17/01/2006) et que je reproduis ci-dessous , mais, à part, pour éviter à Olivier, mon plus ancien et plus fidèle lecteur, le pensum d‘une redif. !

Quelques remarques sur la cérémonie touchante de Jarnac, ce 8 janvier 2011, aussi remarquable par celles et ceux qui y assistaient que par celles et ceux dont l’absence était notable.

Et « les coups de Jarnac » me direz-vous, impatient(e) lecteur(e) ?

Si le premier « coup de Jarnac » fut la botte portée, en 1547, dans un duel contre un adversaire a priori plus fort, par Guy Chabot, en ce qui concerne Tonton, les "coups de Jarnac" furent, à la fois, le premier (né à Jarnac, la suite de sa vie donne à penser qu’il y fut aussi conçu, mais on va me dire que je cause comme Sarko) et le dernier dont je parle dans mon post de 2006.

Le vrai coup de Jarnac du samedi 8 janvier 2011 était porté au spectateur par Mazarine, au centre de toutes les images. Une fois de plus, je suis frappé par l’image qu'elle donne d’un travelo de Mitterrand, avec une tête de vieillard sardonique qui ne correspond guère aux photos officielles d’elle-même qu’elle met partout (dont celle du blog du Néo-obs où elle sévit). Pour faire peuple, elle portait un manteau qu’elle avait dû récupérer au Secours populaire car, dit-on, comme papa, elle n’attache pas les chiens avec des saucisses !

En revanche, je n’ai pas vu Tatie Danielle qui officiait, en maîtresse de cérémonie accomplie en 1996, et qui alors avait bien voulu faire place à la seconde famille de feu son époux.

Echanges de coups de Jarnac, à fleurets mouchetés toutefois, entre Ségolène et Martine qui, à la même table mais sous elle, ont dû échanger, en douce, quelques coups de pieds aussi subreptices que vigoureux.

Pas grand chose à dire sur les autres, sauf sur Jack Lang qui s’arrange toujours pour passer, par le plus grand hasard, du côté des caméras. L’expert mondial en matière de piraterie (sujet qu’il connaît bien pour avoir, des années durant, mis en coupe réglée ministères et services de l’Etat) n’a pas évoqué son ami Gbagbo (peu en cour auprès de l’ONU qui commandite grassement la mission "pirates"). En revanche, il était revenu à la cravate, moins pour cet ornement désormais désuet chez nos politiques, que pour la chemise à col très montant et de plus serré par une épingle, un peu à la Karl Lagersfeld. Un tel arrangement, comme le tour de cou en velours des douairières, permet de maintenir et de masquer les inévitables chairs pendantes du cou qui la foutent mal chez un chasseur de pirates.

Pas vu non plus Roland Dumas qui devait se remettre de son voyage à Abidjan et qui ne supporte guère la station debout. Il a depuis très longtemps les pieds fragiles (d’où, on s’en souvient la nécessité des Berlutti de milliardaire qui hélas ne sont pas remboursées par la sécu) et il doit même s’appuyer sur une canne (fort élégante et luxueuse au demeurant). En outre comme il le confiait récemment à une chaîne de télé qui l’interrogeait sur le million d’euros promis, dit-on, par Gbagbo pour ses services, il n’avait pas encore rédigé et envoyé sa note d’honoraires. Il a dû profiter de ce samedi pour le faire, ce qui me paraît prudent quand on a affaire à Laurent, surnommé « le boulanger » pour sa fâcheuse habitude de rouler les autres dans la farine. Je doute fort toutefois que Dumas ait quitté Abidjan sana avoir en poche le chèque de banque.

Autre absence éclatante sans réelle excuse, celle de Badinter qui avait toutefois causé dans les postes pour prendre sa part, à distance, à l’hagiographie collective. A mourir de rire, si j’ose dire en pareil cas ! Badinter rend en effet hommage à l’immense talent politique du grand homme, sans même rappeler, par modestie et discrétion, ses talents sportifs inexploités qui auraient pu le conduire sur les podiums mondiaux des courses de haies ou du 3000 mètres steeple, à voir la façon dont il franchissait les obstacles mis sur sa route dans les jardins de l’Observatoire !

C’est pourtant en politique internationale qu’il était le meilleur, même si Badinter néglige, par hasard, de mentionner son refus obstiné de voir l’Allemagne réunifiée ou son comportement significatif dans le putsch avorté contre Gorbatchev, où il fut le premier et, d’ailleurs, le seul chef d’Etat à envoyer des félicitations immédiates aux mutins !

Le mieux est toutefois quand la journaliste qui l’interviewe évoque, insolemment et contre toute attente, l’amitié de Tonton pour Bousquet habitué de Latche (entre anciens de Vichy !). Badinter, dont la diction est toujours impeccable de précision et de rigueur, se met soudain à bredouiller pour expliquer que Bousquet, entre la rafle du Vel d’Hiv et l’organisation des expéditions de Juifs dans les camps de la mort, a été un grand résistant (là encore comme Tonton...après Stalingrad !). On sent quand même, malgrè ou à cause des explications confuses, que le coeur n’y est pas tout à fait.

Toutefois, force est de reconnaître que Tonton était un homme prévoyant puisque, dans cette année 2011 où le PS se déchire autour de sa succession, il avait prévu de programmer à la fois le quinzième anniversaire de sa mort et, en mai 2011, le trentième anniversaire de son accession à la présidence de la République grâce à Chira. On repartira alors pour un tour... comme au Vel d'Hiv!).

Quel homme ! Seule ombre au tableau ; le candidat socialiste à sa succession risque d’être un juif ! Son ami Bousquet va sûrement s’en retourner dans sa tombe !

mardi 4 janvier 2011

Mélenchon ou Melanchthon ?

Le malin génie qui doit habiter mon ordinateur fait que toutes les fois que je m'assieds devant lui avec l'intention d'écrire un post sur un sujet quelconque, j'en écris, en fait, un autre qui n'a rien à voir avec celui que je projetais.
Un exemple du jour ! Ce matin, je voulais pouvoir enfin déverser ma bile sur la publicité et les publicitaires, qui, contenue depuis des lustres, nuit à ma santé, mais voilà que j'ai écouté Jean-Luc Mélenchon et que ses propos acides sur le PS en général et Manuel Valls en particulier m’ont orienté vers un tout autre sujet.

Un mot sur Mélenchon d'abord, en particulier pour expliquer ce titre que d'aucuns jugeront sans doute quelque peu sibyllin ou, en tout cas, inattendu. Je ne sais pas quelle est l'origine du patronyme Mélenchon, mais il m’a toujours fait irrésistiblement penser, à celui du grand théologien allemand du protestantisme Melanchthon, grand érudit qui avait hellénisé son nom allemand tout en lui conservant son sens de « terre noire ». Il faut dire que l'évolution actuelle de notre Jean-Luc n'est pas faite pour écarter ce rapprochement un peu douteux.

En effet, de même que Melanchthon (1497-1560), auteur de la Convention d’Augsbourg (1530) se considérait comme le dépositaire de la pensée théologique luthérienne, de même notre Mélenchon est devenu l’augure et l'utilisateur exclusif de la pensée de gauche française. Il faut dire que le bougre a de la verve et que son succès médiatique fait qu'il en use de plus en plus, non sans quelque talent.

Il faut reconnaître aussi qu'il a fait des progrès sur le plan de l’information et que ses propos ne sont pas toujours dépourvus de fondements politiques et économiques depuis qu'il a abandonné la pure et simple vocifération qui fondait ses premiers succès et dont la pauvre Lolo Ferrari a fait les frais.

Je ne prendrai que l'exemple de la dernière déclaration de Manuel Vals sur le « déverrouillage » des 35 heures qui l’inspirait ce matin.

Une vacherie que vous avez oubliée, cher Jean-Luc (les conseils d’Usbek, pour judicieux qu’ils soient - je me garderai ici d’un incongru imparfait du subjonctif dont notre président est depuis peu tombé amoureux - sont toujours gratuits) c’est que notre "petit Manuel" (comme vous dites, mais avec une minuscule) est d’autant plus qualifié pour parler du travail qu’il n’a, lui-même, jamais travaillé de sa vie, comme nombre de nos hommes politiques, dont notre Premier ministre.

L'ennui est que, comme ses ennemis de droite, Mélenchon ne retient de tout cela que l'aspect politicien (je ne dis pas « politique » pour ne pas salir ce beau mot !) ; il faut bien reconnaître que les commentaires que l'on entend ou lit vont tous dans ce sens. On dénonce la dérive à droite d'une partie du parti socialiste et Mélenchon met dans le même sac Strauss-Kahn et Vals.

Je dois dire que ma lumière dans ce domaine est toute récente et que je n'ai été informé de cet aspect des choses qu'au cours de l'émission d'hier (3 janvier 2011) « C est plus clair » de Calvi au cours de laquelle, comme toujours, la plupart des protagonistes n'étaient là que pour faire une figuration aussi quotidienne qu’insipide (ils ne doivent pas avoir grand-chose d'autre à faire, ces « invités » qui ne viennent, en fait, que faire la promotion de leur journal ou de leur ouvrage du moment, ou les deux comme C. Barbier). L'un des rares invités intéressants est un professeur d'économie, Jean-Marie Daniel, qui a le rare mérite de ne rien vendre, de ne pas ramener sans cesse sa fraise et surtout d’avoir des interventions toujours fort instructives et particulièrement bien informées.

Hier, à la différence des trois autres « invités » permanents, égaux à eux-mêmes (la seule originalité était que Pascal Perrineau, s'il avait comme toujours soigné son brushing, n'avait pas mis de rouge à lèvres) et qui tenaient les mêmes discours que tout le monde, J.M. Daniel a fait observer que Manuel Valls cherche peut-être , avant les autres candidats potentiels du PS, à anticiper et à s'inscrire dans une logique européenne que défendra probablement la présidence hongroise, avec l'appui de l'Allemagne et de la Grande-Bretagne et qui consistera à supprimer, dans l'UE, toute réglementation de la durée du travail. Si cette analyse est exacte (et, en général, les analyses de J.M. Daniel le sont), Manuel Vals (qui lui a un nom d’eau minérale ardéchoise, juste retour des choses pour "le petit Manuel" que R. Chapuis, député de l'Ardèche, a fait entrer en politique comme attaché parlementaire), le moment venu, apparaîtra comme le plus lucide des prétendants socialistes dans des analyses économiques qui sont, en général, sont totalement débiles rue de Solférino.

Autre flèche que vous fournit gratuitement Usbek, cher Jean-Luc : si la mère porteuse des 35 heures a bien été Martine Aubry, le géniteur qui a fourni le sperme (dont, dit-on, il n’est pas avare) était Dominique Strauss-Kahn !

Àffaire à suivre.

lundi 1 novembre 2010

Piétinage ou AMX?

Vous m'accorderez que dans ce blog je ne m'occupe guère de politique, du moins au sens de politique « politicienne », puisque depuis quelques années, nos hommes politiques et, sur leurs brisées, nos journalistes ont découvert enfin que le mot « politicien » et pire encore l’adjectif avaient, en français, un sens péjoratif.

Quelques propos des « politiques », surtout de gauche (car les autres se bornent à répéter, à l’envi, la doctrine élyséenne), au cours de la semaine écoulée, m’ont fait un peu sortir de ma réserve et parfois de mes gonds. Toutefois, ce qui me paraît encore plus stupéfiant, est que de tels propos n'ont guère attiré de commentaires de la presse, ce qui montre une fois de plus son inculture politique. On constate par là, une fois de plus, s'il y a en France 3 millions de chômeurs, existent, en revanche, d'immenses réserves d'emplois, dans le domaine du journalisme par exemple.

Je vous la fais courte et dans le désordre.

Hier soir, samedi 29 octobre 2010, j'ai regardé, faute de mieux et par paresse, l’émission d'Ardisson « Salut les terriens ». Pas terrible car il faut bien constater que Thierry Ardisson ne cesse de dégringoler dans les dernières décennies, avec ses « vannes » besogneuses, soigneusement rédigées à l’avance sur ses grotesques petits cartons. Il a, en outre, désormais un côté putassier (en particulier pour ses invités de 20 heures) que je n'apprécie guère, ne trouvant plus guère de plaisir que dans « la semaine de Guillon » ; pour le reste, entre la fantomatique Gisèle Halimi et le baveux Bénichou, on ne faisait guère que sacrifier à l’anti-sarkozysme du moment. Ardisson, quant à lui avec son royalisme rentré et son poignet de force, il est assurément tout prêt à changer de cap, lof pour lof, le moment venu, dans l'hypothèse où Nicolas reprendrait du service à l'Élysée en 2012.

Ce qui était, en revanche, tout à fait insupportable dans cette émission, était le numéro d'Olivier Besancenot, dont, naguère encore, la fougue et l’enthousiasme révolutionnaires m’apparaissaient aussi désuèts que sympathiques. Je crois que ses quelques succès d’antan dans les sondages lui ont plus tourné la tête que ses cuisantes défaites électorales ne la lui ont remise sur les épaules. Avec des mines de vieux briscard du PAF et ses clins d’oeil aux caméras, il nous joue maintenant les Fouquier-Tinville, tenant des propos qui n'ont guère de sens. Il paraît, souvent en effet, ignorer la signification même des termes les plus simples de notre langue. Il fait ainsi reproche à notre Nicolas d'avoir fait une réforme des retraites pour laquelle il n'avait pas de « MANDAT». Je sais bien que, pour un facteur, le mot peut sembler familier puisqu’il en porterait de nombreux à leurs destinataires, s’il lui arrivair de travailler, mais, au plan politique, ce mot a un sens précis et tout autre qui n'est pas du tout celui qu’il a dans la pratique professionnelle quotidienne d’un facteur. Un Président de la République n'a évidemment pas de « mandat » et un tel propos, même énoncé avec force et en roulant des yeux est parfaitement inepte. Il en est de même pour l’adjectif « légitime » dont il ignore manifestement le sens.

Cette remarque m’amène à une seconde observation qui est, que, pour une fois, Olivier Besancenot et Martine Aubry se rejoignent...mais dans la sottise. J'ai en effet cru tomber de ma chaise, une fois de plus, lorsque, il y a une semaine environ, Mme Aubry a tempêté que le candidat Nicolas Sarkozy, non seulement ne s'était pas « engagé » à faire une réforme des retraites, mais qu'il avait même dit qu'il ne toucherait pas à la retraite à 60 ans. On nous a repassé alors, à satiété, le film de ces propos du candidat et il est parfaitement exact qu'il les avait tenus, comme ces rediffusions nous en ont apporté la preuve. Dans le contexte où il tenait ce discours, Sarkozy n'avait pas eu la prudence ou la duplicité qui est celle de Mme Aubry qui, elle, s'est engagée à rétablir la retraite à 60 ans « si le contexte économique le permet ». Elle a retenu de sa très catholique éducation aux Oiseaux (authentique !) la restriction (ici pas même mentale) chère aux Jésuites !

Son propos revient à dire, et tout monde l’a bien compris, que s'il revient aux affaires le parti socialiste ne tiendra pas ce qui est, en revanche, un engagement solennel et essentiel et non pas un simple propos énoncé au hasard et dans le cadre d'une campagne électorale.

Toutefois me paraissent encore plus stupéfiants les propos et les écrits de cette même Mme Aubry quand elle déclare et écrit : « Nicolas Sarkozy "piétine la démocratie" », ajoutant même, après l'adoption par le Parlement du projet de loi de réforme des retraites. « Plus que jamais, M. Sarkozy et son gouvernement piétinent l’esprit et la lettre de la démocratie. Ils ont méprisé les syndicats, en refusant de négocier avec eux comme l’exige le respect de la démocratie sociale »

Plus que le contenu et la forme, ce qui me paraît essentiel dans de tels propos est l’immense mépris de la presse dont ils témoignent, tant leur auteur est sûre de l’inculture et de la servilité des journalistes français!

En effet je n'ai pas constaté que les commentateurs politiques ait jugé bon de rappeler, devant de telles affirmations, que cette même Mme Aubry, qui constate, avec tant de force, de douleur et d’émotion, que le président Sarkozy piétine la démocratie est la ministre du travail de M. Bérégovoy qui, en 1993, a envoyé les chars d'assaut contre les routiers en grève !

C'est tout de même autre chose que de « piétiner la démocratie » en faisant voter une loi « légitime » par une assemblée « légalement élue » (même si les Lillois n’ont pas voulu alors de Madame Aubry comme réprésentante) et mettant simplement un terme, après des jours de débat, au blocage, scandaleux mais courant hélas, des délibérations de l'assemblée nationale par le jeu de milliers d’amendements sans objets. En d’autres temps, on aurait pu imaginer, de la part du gouvernement actuel, une procédure très simple et que les Socialistes ont largement utilisée... celle du 40-3. Certes François Fillon n'avait pas besoin d'une telle procédure, puisqu'il est largement majoritaire à l'assemblée, mais le 49-3 aurait permis de liquider le vote de la réforme en quelques heures, puisqu’il était tout à fait impossible à la gauche de réunir une majorité sur une motion de censure.

Mme Aubry devrait pourtant se souvenir de cette période mémorable où, comme ministre du travail et des affaires sociales, elle avait elle-même lancé les tanks de l’arméee contre les grévistes et où, en outre, elle avait la chance insigne de siéger au banc des ministres, aux côtés de Bernard Tapie (du moins entre deux allers-retours entre les tribunaux et le gouvernement et avant de tâter de la prison) !

mercredi 1 septembre 2010

Le Grand prix de l'hypocrisie

L'épreuve qu’on pourrait aussi nommer « Les Tartuffes d’or » n’est pas facile et la concurrence est rude. Ce matin 1er septembre 2010, grande rentrée pour les nominés.

Sur RMC, l'ineffable Bourdin interroge Maître Leborgne, lavocat d'Éric Woerth. Leborgne n’est pas muet ! Bel organe de basse chantante. Voilà un homme que tout désigne pour le rôle de Bartolo. Bourdin, comme à son habitude, se comporte en faux cul, tout en ayant l'air de jouer les justiciers médiatiques (à RMC on dit TOUT). Toutefois, il ne pose pas la bonne question, celle que je n'ai d’ailleurs jamais entendue posée par personne dans les médias, ce qui fait que j'ignore toujours la réponse à cette question pourtant centrale et même primordiales au sens étymologique du mot. Quel organisme officiel a proposé M. Xavier de Maistre pour la Légion d'honneur ? Dans une promotion de la Légion d'honneur, on précise toujours cet organisme, ce qui donne une indication (très vague il est vrai) sur la raison pour laquelle cette décoration a été accordée. Les plus gros pourvoyeurs en médailles sont naturellement les ministères qui ont chacun leur contingent. Quel est donc le ministre qui a proposé d'accorder la Légion d'honneur à M. Xavier de Maistre ? Je ne sais pas d'ailleurs quelles étaient exactement les fonctions de M. Éric Woerth lorsque le conseiller fiscal de Mme Liliane Bettencourt s'est vu décorer. Il est à peu près sûr qu'il n'était pas encore ministre du travail, ce qui aurait pourtant pu le conduire à proposer M. de Maistre pour la Légion d'honneur puisqu'il procurait du travail à son épouse.

La discussion entre l'avocat et le journaliste a été du plus haut comique, le second insistant sur la chronologie des faits qu'on avait essayé, dans un premier temps, de dissimuler, mais sans oser dire pourquoi il le faisait ; le premier s'efforçait de convaincre que cette chronologie ne relevait que du pur hasard et que, par conséquent, décoration, lettre de recommandation et embauche de Madame Woerth se succédaient sans que ces faits aient entre eux le moindre rapport. « Cur opium facit dormire ? Quia virtutem dormitivam habet !" Joli concours d'hypocrisie où l’on du mal à distinguer le vainqueur. Bourdin qui n’avait pas eu le courage de poser la VRAIE question à l'avocat s'est efforcé, contre toutes ses habitudes, de dire, après la fin de l'interview ce qu'il n'avait pas osé dire pendant !

Par un heureux hasard, dans le cadre du Grand Prix de l'hypocrisie que j'évoque ici, Bourdin recevait à 8 heures 35 Ségolène Royal. Autre beau morceau dans un genre différent (je parle de l'entretien naturellement et non de sa principale protagoniste). Ségolène a attaqué sur la faillite de la politique de Sarkozy qui se voit lâcher par plusieurs de ses ministres et non des moindres : Morin, Kouchner, Fadela Amara. Ségo ne voit dans leurs attitudes que les signes évidents de la ruine prochaine de la politique présidentielle. Il me faut donc éclairer un peu la lanterne de cette pauvre Ségolène. Sa candeur et sa grandeur d'âme l'empêchent en effet d’imaginer ce qui conduit ces ministres à prendre pareille position. Il est portant clair aux yeux de tous, sauf au regard limpide de Ségolène, que ces ministres qui vont probablement quitter la scène au prochain remaniement ministériel tentent là d'ultimes manoeuvres, soit pour négocier leur maintien contre un ralliement, soit pour ne pas trop perdre la face puisque, après tout, leurs déclarations actuelles montrent, à l'évidence, qu'ils ne tiennent pas plus que cela à leur maroquin.

Sur la question de la candidature 2012, on aura du mal à départager pour le Tartuffe d’or, Martine et Ségolène puisque, de toute évidence, ni l’une ni l’autre n’y pense. La preuve c’est qu’elles le disent!

Ségolène a toutefois un peu paniqué devant les sottises qu'il lui falalit énoncer et elle a lâché, à propos des pauvres Français que Sarko met sur la paille, cette phrése sublime, en annonçant les mesures qu’il mitonne : « Le patrimoine de ceux qui n’en ont pas est durement frappé ». Voilà qui est mieux que le sabre de Joseph Prudhomme !

Je me demande toutefois si le Grand prix ne risque pas d’aller au patron des sports de France2, Daniel Bilalian qui nous a fait un émouvant numéro de composition à propos du décès de Laurent Fignon. Tous ceux qui avait pu entendre la voix quasiment d'outre-tombe de l'ancien vainqueur du tour qui commentait l'épreuve 2010 s’étaient demandé, comme moi, quelle ultime forte somme avait pu conduire Fignon a accepter une telle épreuve et qui avait bien pu avoir une aussi sinistre idée, car ce dernier effort a dû probablement précipiter sa mort.

Daniel Bilalian nous a expliqué, tout au contraire, que c'était LUI qui avait sollicité cette collaboration de Laurent Fignon ! C'est tout à fait possible. Ce qui est, en revanche, hautement improbable, c’est le motif qu'il a invoqué. Il a affirmé, en effet, qu'il avait voulu cette collaboration pour montrer qu'au fond, on pouvait tout à fait continuer à travailler en ayant un cancer en phase ultime ! Quoi que les circonstances ne s'y prêtent pas, Daniel Bilalian ne manque pas d'humour (noir dans le cas qui nous occupe) car il a dit ça sans rire !. Le pire est que j'ai entendu, dans la suite, reprendre cet argument, comme si le cas de Fignon pouvait être exemplaire et donc encourager, voire susciter, l'embauche de cancéreux à l'article de la mort. Car, bien entendu, ce qui vaut pour Laurent Fignon, dont la mort occupe tous les titres des médias depuis 24 heures, vaut pour quiconque et n'a rien de singulier. Pôle Emploi va se reconvertir dans l’oncologie et probablement si Bilalian a l'embauché, c’est qu'il n'avait pas, à portée de main, un autre obscur journaliste sportif en fin de vie. Il est fort ce Bil !