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mardi 8 avril 2014

Du génocide rwandais.


Je ne suis en rien spécialiste du Rwanda comme je l’ai dit et je n'ai aucune intention d'apporter sur cette question, ni des éléments nouveaux (sauf peut-être un, de toute façon bien antérieur à 1994), ni une vision tout à fait originale. Il ne manque pas actuellement de textes intéressants sur la question et chacun peut donc se faire une à travers eux une idée des situations fort compliquées qu’on trouve dans cet Etat et qui sont souvent biaisées par les considérations idéologiques des uns et les intérêts des autres. Je me bornerai à quelques remarques personnelles un peu décousues, car je n'ai ni le temps ni le goût d’organiser vraiment ce que j'ai à dire et qui n'est pas suffisamment important pour que je perde trop de temps à le faire.

Monsieur Paul Kagamé est actuellement l'objet d'une révérence et d’une estime qui étonnent quand on regarde d’un peu près quel fut son parcours jusqu’à la présidence de la République du Rwanda. Je ne prends pas parti sur la question de l'attentat contre l'avion présidentiel en 1994, mais j'observe simplement que le premier gouvernement après l'attentat, dit «  gouvernement de transition à base élargie » mis en place le 10 juillet 1994, inclut déjà d’emblée comme « ministre de la défense et vice-président », un tout nouveau venu, le major-général Paul Kagamé, FPR, « commandant en chef de l’armée ». Je n'en tire aucune conséquence et me borne au constat de cette arrivée si rapide et de cette présentation un peu étonnante, tout en observant que, pour la première fois, ne figure pas dans la liste, pour chacun des ministres de ce gouvernement, la mention « hutu » ou « tutsi ».

Le Rwanda était souvent désigné, autrefois, comme la « Suisse de l'Afrique », essentiellement à cause de ses activités rurales et de ses paysages de collines, devenues sinistrement connues dans la suite. Si on juge par les descriptions actuelles de Kigali, la Suisse est plutôt devenue Singapour ou Hong Kong et ce soudain enrichissement du pays me paraît tenir moins à un véritable développement qu’au pillage systématique des ressources minières de la République  Démocratique du Congo, le pou s’acharnant à manger le lion, fort mal en point il est vrai. J'observe aussi qu'on ne parle guère de cet aspect des choses.

On ne nous informe guère non plus, à propos du clivage Hutu-Tutsi, sur la place de cette question dans l’anthropologie générale de l’Afrique. Edwy Plenel y fait une brève allusion par l’usage, en passant, de l’adjectif « hamitique », mais sans s’y attarder et comme si les choses allaient de soi dans la pensée africaine contemporaine comme on va « l’entrevoir » dans la suite.

« Hamitique » (« chamitique » serait plus clair pour les ignorants comme moi, car comme nom du fils de Noé, Cham est plus courant que Ham pour celui de ses enfants qui serait, selon la catégorisation des peuples selon l’Ancien Testament, l’ancêtre des Noirs, tandis que descendent  de Sem, les Sémites et de Japhet les Japhétiques.

Au XIX siècle, certaines théories ont considéré que la « race hamitique » était un sous-groupe de la race caucasienne, qui regroupait, en complément des populations sémites, les populations non sémitiques d'Afrique, ainsi que les Égyptiens anciens La « théorie hamitique » suggérait aussi que la race hamitique était supérieure aux populations noires d'Afrique subsaharienne. Selon ces théories, les Tutsis seraient donc de « race hamitique » (comme les Peuls ou les Masaïs), et les Hutus de « race bantoue ».

En prenant en compte l'histoire, assez récente tout compte fait, de ce clivage "ethnique", on constate qu’il a été repris et conforté, en fait, par la première colonisation européenne qui a été allemande et à laquelle met fin la Guerre de 14-18. Ce clivage qui, auparavant, ne distinguait que des populations d’éleveurs (Tutsis) et de cultivateurs (Hutus) va conduire à une sorte d'apartheid social et éducatif que la colonisation belge a aussi utilisé au Congo. Comme souvent dans les colonisations, le colonisateur privilégie et favorise une minorité dans son occupation d’un pays (comme la France l’avait fait avec les Merinas au détriment des autres à Madagascar par exemple). Il peut ainsi tout en divisant, s’appuyer sur cette minorité pour former, grâce à la scolarisation, les cadres de l'administration coloniale dont il a besoin, ce qui contribue bien entendu à développer des relations d'hostilité entre les deux communautés.

Les Tutsis ayant été les auxiliaires de la colonisation belge, au moment de l'indépendance, la majorité hutue a tout naturellement cherché à s'attribuer une place et un pouvoir qui correspondent à sa supériorité numérique ; elle a donc développé des sentiments d'hostilité et d'agressivité à l'égard de la minorité tutsie qui s'était faite l'agent de la colonisation belge. Cela dit, comme j'ai pu le montrer dans mon précédent billet d'hier et comme me l’ont confirmé des commentaires, on ne peut guère distinguer, en réalité, par des caractères physiques réels les Tutsis des Hutus.
L’indépendance fait émerger le désir de libérer le « petit peuple » hutu de la tutelle des « féodaux » tutsis. Une certaine violence commence à viser ces derniers ; elle conduira même daux massacres, déjà de grande ampleur, commis fin 1963 et début 1964. Jean-Pierre Chrétien note ainsi qu’au début des années 90 : « Sous l'influence d'une faction dirigeante extrémiste hutue, on va clarifier le débat sur un mode exclusivement racial. Autrement dit, on nie l'existence d'un jeu politique complexe entre la rébellion du Front patriotique rwandais (FPR) [largement composée de Tutsis contraints à l'exil], l'opposition intérieure - essentiellement hutue - et le gouvernement du président Habyarimana. Le message devient : "C'est une lutte entre les Hutus et les Tutsis." On voit alors refleurir l'allusion aux "féodaux" venus de l'extérieur ».
Toutefois, quand on resitue cette position spécifique dans une pensée africaine plus générale, on retrouve ici l’idée qui fonde l'idéologie hamitique, comme quoi une partie des populations de l'Afrique ne serait pas la même origine que la majorité. On reconnaît ici la théorie de Cheikh Anta Diop, dont la « pensée » a eu et continue d’avoir une grande influence en Afrique occidentale. En témoignent à la fois le nom actuel de l'université nationale du Sénégal (université Cheikh Anta Diop) et la réputation comme l’influence en Afrique centrale d’un Théophile Obenga, recruté à prix d’or par le Gabon ; ce dernier fut durant plusieurs années le directeur du CICIBA (Centre international des cultures et civilisations bantoues de Libreville) et s'opposa avec constance et vigueur au point de vue de l'historien Jean-Pierre Chrétien, cité ci-dessus. Ces théories, que Cheikh Anta Diop prétendait fonder aussi sur des preuves linguistiques sont des fariboles, comme on le reconnaît aujourd'hui, sur la base d'autres critères scientifiques. Il n'empêche que ces idées ont tenu, dans toutes ces affaires, un rôle qu'on peut pas négliger ou écarter.

Même si on doit reconnaître l'action positive de Paul Kagamé dans divers domaines sociaux, force est de reconnaître que, surtout jusqu'à son arrivée au pouvoir de 1994 (et même bien au delà !), ses méthodes et ses actions ont toujours été largement discutables et fondées sur des pratiques qui relèvent souvent plus des agents de renseignements, voire des terroristes, que des hommes politiques classiques. Quant à la responsabilité partielle de la France, elle est incontestable et, en même temps, explicable, en partie du moins.

Les indépendances des anciennes colonies belges se sont souvent déroulées dans un climat beaucoup moins œcuménique que dans les colonies françaises ; la Belgique a refusé toute politique d'assistance et de coopération dans certains cas, une telle situation n’ayant été, pour la France, que celle de la Guinée de Sékou Touré. La France s’est évidemment engouffrée dans cette brèche politique et a signé des accords de coopération bilatérale avec les nouveaux Etats indépendants, anciennes colonies belges. Il en résulte que la France était tenue, par ces accords, d'apporter,  à ces nouveaux Etats, une aide financière, technique, de coopération militaire ou policière et et qu'elle l’a fait sans trop de problème ni d'excès jusqu'au début des années 80.

C'est avec l'élection de François Mitterrand que les choses ont pris un tour plus discutable, semble-t-il en particulier du fait de la présence et de l'action de Jean-Christophe Mitterrand (« Papa m'a dit ») ; il a eu une influence certaine et pas forcément bonne, du fait de ses relations privilégiées avec le fils du président rwandais Jean-Pierre Habyarimana. Comme souvent s'est développée, dès lors, en marge de la coopération française officielle, une coopération discrète, pour ne pas dire secrète, dont Jean-Christophe Mitterrand était l'artisan et le maître d’oeuvre.

Thérèse Pujolle, de convictions socialistes, nommée en 1981 chef de la mission de coopération civile à Kigali, « témoigne des violations des droits de l’homme commises par le régime Habyarimana et constate l’accueil particulier réservé à Jean-Christophe Mitterrand lorsqu’il vient en visite privée au Rwanda ». Son administration la somme alors, contre toute attente, de se taire, (dans ses notes et non en public bien entendu), même alors que  Juvénal Habyarimana se voit réélu avec 99,8 % des suffrages! La coopération et l’assistance militaire se renforcent sans cesse, très au-delà de l’accord de 1975, en dépit des conseils de prudence que prodigue Th. Pujolle, à qui on enjoint à nouveau de « se taire ». « Les droits de l' homme ne vous regardent pas. Faites du
 développement », lui ordonne-t-on sans détour.

Cette même année 1983, Jean-Christophe Mitterrand se rend en visite privée au
 Rwanda. Thérèse Pujolle raconte : « C'était incroyable, il avait un
 hélicoptère à sa disposition pour aller en safari photo. Le gendarme de la
coopération a protesté, il a perdu. Chaque fois que Jean-Christophe
Mitterrand débarquait, quinze Mercedes l'attendaient. » On devine que Thérèse Pujolle verra vite son séjour prendre fin bientôt. En 1984, elle quitte Kigali après avoir rédigé un rapport au titre prémonitoire « La nuit rwandaise s’épaissit »  Ce texte restera inconnu !

L'intervention dans ces domaines du capitaine Barril marque une nouvelle étape supplémentaire dans le développement de cette diplomatie que marquent  des actions de coopération plus ou moins secrètes mais effectives, qui contribuent naturellement à fonder l'accusation faite aujourd'hui à la France d'avoir coopéré à la préparation d'une cible atteinte beaucoup plus tard, au terme de cette période. Si l’on ajoute à ces incertitudes et à ses mystères, l'opposition qui s'est développée récemment entre les magistrats français chargés d'enquêter sur cette affaireet leur prédécesseur, on comprend que les choses ne sont pas simples. On vient d'ailleurs d'avoir, pour la première fois, le jugement d'un « génocidaire » rwandais ; une cellule spécialisée de plusieurs magistrats été mise en place en France, ce qui est un peu étonnant pour le contribuable de base que je suis et qui a souvent eu à souffrir des lenteurs extravagantes de notre justice, attribuées toujours au manque de personnel et de moyens ! Il me semble que si un génocidaire rwandais avéré est arrêté sur le territoire national français, la solution raisonnable est de le remettre aux autorités rwandaises, sans avoir à se préoccuper du sort qui lui est réservé et sans faire venir à grands frais des témoins non francophones pour les entendre sur des faits vieux de vingt ans !

J'écoutais l'autre jour un de nos archéo-journaliste (Serge July en la circonstance 75 balais aux fraises qu’il semble quelque peu sucrer) faire un "édito" sur cette question du Rwanda, à laquelle il ne paraît pas entendre grand-chose, mais en limitant son propos, par prudence, à l'usage du terme « génocide » qui a été fixé dans des limites très précises par l'organisation des Nations unies en 1948. Selon  cette définition, il n’y a eu, dans notre histoire récente, en tout et pour tout que quatre génocides : les Arméniens, les Juifs, le Rwanda et Sebrenica (de 6000 à 8000 morts !!!!). Serge July, qui n'avait manifestement pas grand-chose à dire sur le fond de l'affaire, s'est borné à un énoncé un peu pesant de ces détails, sans poser la vraie question qui est celle de l'absence notoire du meilleur « génocidaire » du siècle qui est évidemment Staline. Comment a-t-on pu l’oublier ?

Vous aurez compris que le droit de veto dont on disposait et dispose encore  l'Union soviétique, puis la Russie, dans les instances de l'ONU, a évidemment suffi à faire exclure de la notion de génocide les « koulaks », les Baltes, les Polonais, les Ukrainiens, les Tatars et tous les autres !

Circulez, y a rien à voir!

mercredi 5 juin 2013

Affaires Tapie : y'al'feu au Crédit Lyonnais

Comme le disait le Général : « Les Français ont la mémoire courte !"… et moi comme les autres. Un des commentateurs de mon blog d'hier me rappelle, fort opportunément, la fameuse affaire des incendies du Crédit Lyonnais, aujourd'hui oubliée et qui a, somme toute, tourné court, sans qu'on se soit interrogé davantage sur les auteurs de ces incendies dont les experts ont admis, unanimement, qu'ils étaient criminels et, moins encore, sur leurs finalités réelles.

Je n'ai pas sur ces affaires l'extraordinaire érudition et la fiabilité totale de l'information de Laurent Mauduit, et je ne rappellerai ici que quelques points qui m'ont frappé en tant que modeste et lointain observateur.

Tout commence en juillet 1990 ; le groupe Bernard Tapie achète la société Adidas, propriété des héritières des fondateurs de la marque ; la firme, atteinte alors par la redoutable concurrence de Nike et de Reebok, est vieillissante et mal gérée, car elle ne fait pas appel à la main-d'œuvre asiatique qui est celle à laquelle ont recours ses concurrents. Le prix, de fait, est jugé raisonnable (1,6 milliards de francs) et le groupe Tapie finance totalement cet achat par un prêt auprès d'un pool bancaire à majorité étrangère (banques allemandes et japonaises) où intervient, comme créancier minoritaire, la SDBO, filiale du Crédit Lyonnais dont le groupe Tapie est client depuis longtemps. Vu ses méthodes et le nombre comme la nature de ses activités, on s'interroge, dans les milieux spécialisés, sur la capacité réelle de Bernard Tapie à mener à bien pareille affaire dans la mesure où celles qu'il a conduites auparavant, selon ses méthodes, ne sont pas de la même taille et n'avaient pas les mêmes objectifs. J'ai personnellement pu voir, de près, comment il a réglé les affaires de sociétés qu'il avait rachetées pour les "sauver" à Annemasse d'abord, à Annecy ensuite. Comme souvent, on y a liquidé les actifs et viré l'essentiel du personnel.

B. Tapie entreprend néanmoins de redresser les comptes d'Adidas, mais un événement va changer sa vie et ses projets ca,r en 1992, il entre dans le gouvernement de Pierre Bérégovoy comme ministre de de la ville. Curieusement, et on ne le signale pas toujours, c'est Bérégovoy lui-même qui propose à Mitterrand le nom de Tapie comme ministre, suscitant par là une certaine réserve du Président de la République qui exige que Tapie abandonne ses affaires pour éviter tout problème. Or, dans la suite, les enquêtes du juge Thierry Jean-Pierre sur le Crédit Lyonnais et ses filiales feront apparaître que la SDBO, banque de Bernard Tapie, est également celle de toute la famille Bérégovoy dont certains membres ont bénéficié de prêts et de découverts jugés "faramineux", en particulier entre 1986 et 1988. Il est donc possible que la relation entre ces deux hommes, en apparence du moins si dissemblables, que sont Bérégovoy et Bernard Tapie ait passé par la SDBO !

Il faut dire que le début des années 90 n'est pas très favorable au Crédit Lyonnais qui perd alors plus de 130 milliards de francs et qui se trouve, en 1993, en état de quasi-faillite à cause d'investissements, massifs et aberrants, dont ceux faits dans la Metro Goldwyn Mayer qui entraîneront des pertes énormes. Les études et les rapports (Commission bancaire, Rapport parlementaire, etc.) se succèdent et, en 1996, le ministre des finances de l'époque Jean Arthuis dépose plainte contre Jean-Yves Haberer, président du Crédit Lyonnais.

C'est précisément alors que survient, le 5 mai 1996, un incendie du siège central parisien du Crédit Lyonnais, boulevard des Italiens, qui fera l'objet de multiples expertises. Toutes concluent au caractère criminel de l'incendie qui a connu des départs de feu indépendants et une extension fulgurante des flammes. Le Crédit Lyonnais n'a décidément pas de chance ! A cet incendie de départ s'ajoutent, par hasard bien entendu, des événements curieux comme, par exemple, l'incendie de trois vastes hangars au Havre où brûlent 30 000 m³ d'archives ! La conclusion de l'enquête est que là aussi, l'incendie est volontaire ; iront dans le même sens de la destruction ou de la disparition de pièces d'archives, divers cambriolages dans des filiales de la banque et d'autres dépôts d'archives ou dans le cabinet d'un avocat qu'on soupçonnera même d'avoir organisé son propre cambriolage.

Entre les affaires Tapie et ces événements le lien est assurément ténu, mais tout cela témoigne d'un climat des plus délétères. Sa nomination comme ministre oblige Bernard Tapie à vendre Adidas et il s'adresse une fois de plus, en 1993, au Crédit Lyonnais alors en pleine tourmente juridico-financière comme on l'a vu. Il se charge de l'opération au prix de 315 millions (soit 2,15 milliards de francs) que fixe Bernard Tapie lui-même et qui offre tout de même, par rapport au prix qu'il avait payé aux soeurs Dassler, une plus value de 515 millions de francs en trois ans, ce qui n'est pas si mal !

Le problème vient ce que le Crédit Lyonnais revendra Adidas en 1994 à Robert Louis-Dreyfus pour 701 millions d'euros soit plus du double, en avançant, pour sa défense, que finalement l'achat à Bernard Tapie a été fait au prix qu'il avait lui-même fixé et que, s'il le jugeait insuffisant, il n'avait qu'à ne pas faire intervenir le Crédit Lyonnais dans cette vente. Faire du bénéfice en revendant ce qu'on a acheté est le principe même de tout commerce et Tapie ne s'était pas privé de le mettre en oeuvre dans ses précédentes opérations.

L'affaire des multiples incendies et cambriolages du Crédit Lyonnais n'a jamais été résolue, en dépit du caractère manifestement volontaire et organisé des incendies qui ont évidemment compromis voire arrêté l'avancée des enquêtes qui avaient été ouvertes à cette époque. Quant au Crédit Lyonnais, dont l'image avait été écornée par ces événements, il a choisi en 2005 la solution simple et radicale de changer de nom pour s'appeler désormais LCL.

Chères lectrices, chers lecteurs

Je me vois contraint de préparer mon retrait de ce blog, dont je suis par ailleurs tout à fait satisfait car, depuis quelque temps, je suis littéralement envahi par des "spams" venant des Etats Unis et issus de blogs américains.

Chaque jour, en effet je reçois désormais au moins une vingtaine de messages en forme de pseudo-commentaires et qui, en réalité, émanent de gens qui, de toute évidence, n'ont pas lu le texte sur lequel ils prétendent pourtant s'exprimer. L'explication que j'ai de ce phénomène est qu'il s'agit de messages envoyés automatiquement et qui n'ont pas d'autre but que de solliciter, de ma part, la consultation du blog ou du site de ceux qui les envoient.

Je suppose que les auteurs de ces envois présentent de la publicité dans leur blog ou site et que les bénéfices de cette publicité sont d'autant plus importants que le nombre des visites qu'ils reçoivent est lui-même plus grand.

Ce phénomène qui au début été discret (quatre à cinq messages par jour) devient de plus en plus insupportable ; il m'arrive d'en avoir une trentaine qu'il faut non seulement que je détruise immédiatement mais que je dois supprimer aussi dans la liste des commentaires où ils s'accumulent je ne sais trop comment.

Je me suis ouvert de ce problème auprès de correspondants plus éclairés que moi sur ces questions, mais il faudrait que je fasse (comme le fait Marius par exemple) une sorte de signature pour chaque message reçu que l'envoyeur doit reproduire pour que son message soit accepté dans la boîte où il arrive. C'est une procédure extrêmement contraignante et qui a pour but, tout simplement, d'écarter les messages envoyés automatiquement.

Je m'oriente donc vers une autre solution qui est celle de publier mes textes dans mediapart auquel je suis, par ailleurs, abonné et qui a un système de blogs très commode et je dirais même intéressant pour les échanges avec les lecteurs puisque, sur la vingtaine de textes que j'ai publiés chez cet hébergeur, plusieurs ont même été publiés en première page du Journal ou du Club qui sont les deux voies de publication à mediapart (la voie normale et courante étant le Club).

J'avais hésité à adopter cette solution, car je craignais que ne puissent lire mes blogs dans mediapart que des gens qui étaient eux-mêmes abonnés à mediapart. Fort heureusement, il n'en est rien ; si la lecture du "journal" est réservée dans la partie gauche de la page d'accueil, l'accès est libre pour la partie droite qui est intitulée le "club" et dans lequel sont présentés les textes des blogueurs.

Je vais donc continuer, pendant un certain temps, la double publication (ici et dans mediapart). Pour vous permettre de vous y habituer si vous le souhaitez, je vous explique en deux mots l'accès à mon blog de mediapart qui est extrêmement simple.

Voici la marche à suivre.

Vous tapez dans Google ou ailleurs mediapart.fr (sans accent sur e)

Vous arrivez alors sur la page d'accueil .

Vous avez une case "recherche" sous le titre où il vous suffit de taper mon nom chaudenson (j'ai renoncé, d'ailleurs par oubli, au pseudo).

Vous avez accès alors à la liste de mes blogs et à leurs textes sans aucune nécessité d'être abonné à quoi que ce soit.

Je n'ai pas fait l'exercice moi-même mais il y a, dans mon espace personnel, une rubrique "contacts" qui doit, je pense, permettre à celles et ceux qui s'y inscrivent de recevoir automatiquement par courrier électronique le blog du jour, un peu comme dans le blog actuel de Google. Je vais m'informer sur ce détail et je vous donnerai le résultat de mes investigations.

Je ne saurais que vous conseillez d'aller faire un tour sur mediapart.fr ne serait-ce que pour voir si ce procédé vous convient, même si ce n'est pas très compliqué pour moi de publier mon texte quotidien sur ces deux supports comme je le fais. Vous allez sur l'un ou l'autre des mes posts en cliquant simplement sur le titre dans la liste.

Bonne lecture et amitiés à toutes et tous

samedi 1 juin 2013

Affaires Tapie : Nanar et les Présidents

Marie Anne Kraft, dans un commentaire à mon post "Affaire Tapie : une coïncidence de plus", pose une question que je me suis posée comme beaucoup (et pas seulement les journalistes qui, en dehors de mediapart et surtout dans notre PAF, ne s'en posent guère et en posent moins encore). La voici dans la forme qu'elle lui a donnée :

"Les journalistes posent tous la question : "Mais qu'est-ce qui aurait motivé l'Elysée et les autres personnes impliquées dans une escroquerie en bande organisée pour faire une telle faveur à Bernard Tapie ?"

Sûrement pas un simple remerciement pour soutien de Bernard Tapie à Sarkozy en 2007, ni une relation d'amitié, mais plutôt un moyen de pression sur une chose très grave. Tapie a véritablement harcelé l'Elysée (Claude Guéant et Stéphane Richard en ont parlé d'ailleurs), il a rencontré 18 fois N.Sarkozy, il paraît que Tapie désignait N. Sarkozy par le pseudo "le petit", ce qui est quelque peu condescendant ... C'est le mystère".


Si Nanar surnomme Sarkozy "le petit" (comme le Chirac des "Guignols de l'Info" ne le nomme que "le nain"), tout porte à croire qu'il n'a pas dû le faire au cours de leurs dix-huit rencontres ! En fait le point de départ de mon interrogation sur Bernard Tapie n'est pas Sarkozy ... mais Mitterrand.

Lors de l'idylle Mitterrand-Tapie qui avait amené ce dernier au ministère de la ville, il y avait eu, sur ce thème, un excellent épisode des "Guignols de l'Info". C'était, il faut le préciser, à l'époque de Bruno Gaccio et la qualité de cette émission était bien meilleure pour ce qui touche à l'analyse politique. On y voyait François Mitterrand, dans son bureau de l'Élysée, recevant, en tête à tête, Bernard Tapie. L'amusant de la scène était que, si je me souviens bien, rien du dialogue supposé des personnages n'y figurait, mais on y entendait, en revanche, les réflexions qu'ils se faisaient, in petto, l'un sur l'autre. Je dois dire que j'en ai oublié le détail, le temps ayant passé, mais il y avait clairement une forme de fascination réciproque des deux personnages, celle de Mitterrand pour Nanar se mêlant, de toute évidence, à un profond mépris, tandis que l'attention de Tapie, si je me souviens bien, se fixait surtout sur les chaussures de Mitterrand (peut-être des Berlutti comme celles de son ami Dumas).

Ce souvenir, je dois le dire, est assez confus mais ce qui me paraît juste et bien vu, dans une si étrange relation, est qu'un Bernard Tapie, manifeste chevalier d'industrie, au passé douteux, sans culture ni talent et dont les prétendus succès économiques ont été ce que le Président de la République d'alors ne pouvait ignorer puisse exercer néanmoins une forme de fascination sur le petit bourgeois d'une droite catholique et provinciale qu'était resté au fond de lui François Mitterrand, en dépit de ses palinodies.

Je pense qu'il en est un peu de même chez Nicolas Sarkozy ; il est, au fond, resté ce qu'il était et ne change que "tel qu'en lui-même enfin…" : un petit bourgeois qui culmine à 1,59 mètre, se juche sur des talonnettes qui lui donnent cette démarche ridicule, fils d'un immigré hongrois de Neuilly qui n'a guère réussi dans ses études mais plutôt comme batteur d'estrade et politicien ; il ne peut donc qu'être fasciné par un Nanar dont l'aura et la gouaille populiste lui font défaut quand il s'y essaye. Le petit Nicolas ne devait pas régner sur les cours de récréation des écoles primaires et quand il défie un robuste travailleur de descendre l'affronter (lui-même étant "hardiment posté derrière ses gardes du corps" pour parodier Voltaire), il ne fait que susciter le sourire !

Le parallèle entre Mitterrand et Sarkozy me frappe, même si le second a, somme toute, avancé vers l'Élysée à force de successives trahisons dessin de ses protecteurs, les voiles de son esquif parisien gonflées par les soupirs de vieilles dames. Les temps ayant changé, à la différence du premier, il n'a pas eu à inventer des fables et à sauter les buissons dans les jardins de l'Observatoire.

Au fond, on peut se demander si ces hommes politiques n'admirent pas surtout ceux chez lesquels ils découvrent encore plus de culot et d'outrecuidance qu'en eux-mêmes, c'est-à-dire des individus du genre d'un Bernard Tapie, aussi à l'aise à pousser la chansonnette (Bernard Tapy) que derrière un bureau ministériel Louis XV !

Bien entendu, cela n'empêche en rien les hommes politiques de chercher à tirer profit, fût-ce aux frais de l'Etat, de ces histrions dans la conduite de leurs propres stratégies politique, comme Mitterrand vers 1993-1994 ou Sarkozy en 2007-2008.

Une anecdote aussi éclairante qu'authentique pour finir. Il se trouve qu'un de mes parents, séjournant un jour dans un hôtel voué à la thalassothérapie eut l'occasion, tout à fait imprévue, d'y rencontrer par hasard Bernard Tapie. Ce cousin, grand amateur de Ferrari, étant descendu au garage pour voir si sa voiture y était toujours et n'avait pas subi quelque dommage, s'est vu aborder alors qu'il la bichonnait, par Bernard Tapie qui séjournait également là. La conclusion de leur rencontre fortuite fut philosophiquement formulée par Nanar qui l'énonça en ces termes choisis : « Au fond, dans la vie, il n'y a que deux choses, les caisses et les gonzesses !".

samedi 20 avril 2013

Ah quel malheur de ne plus être président !


On se souvient des malheurs de ce pauvre Président de la République Jules Grévy, après que son gendre se soit établi marchand de décorations à son insu. On le brocardait par les chansonnettes sur le thème « Ah quel malheur d'avoir un gendre ! ». Je n'ose suggérer à Carla de faire une chansonnette du même genre sur le thème : « Ah quel malheur de ne plus être Président de la République !».

Il faut dire que ça n'a pas traîné et que comme disait le Père Hugo "Ces choses là sont rudes", même quand on a fait des études. Mitterrand lui a eu le bon goût de mourir et Chirac d'opter pour la sénilité. Pour ne pas être taxé de sectarisme politique, je rappellerai quand même, sur ce point, la scène inénarrable, fort heureusement fixée à jamais dans les images, de Tonton, dans son bureau présidentiel, interviewé par la télévision belge. L'un de ces journalistes malotrus d'Outre-Quiévrain (ce n'est pas Mourousi qui aurait fait ça !) ayant eu l'outrecuidance de l'interroger sur les écoutes téléphoniques, Mitterrand nous avait joué la grande scène de l'acte 2, avec la légitime et irrépressible colère d'un président qui n'entendait point que ce genre de questions lui fût posé ! Pour cette seule scène, François Mitterrand aurait assurément mérité, sinon un Oscar du moins un César, ce qui lui aurait sans doute davantage plu, ne serait-ce que pour le nom de la récompense, l'empire romain lui convenant mieux que Louis de Funés.

Notre Nicolas, une fois effacé le traumatisme de l'échec électoral, espérait (il ne s'en est pas caché) une retraite paisible et surtout dorée, ne serait-ce que par les conférences internationales qui lui seraient rémunérées à un tarif meilleur que celui d'une année de séjour à l'Élysée. Je me demande d'ailleurs, en passant, en quelle langue, il fait de telles conférences "internationales", en espérant, pour son auditoire, que ce n'est pas en anglais, depuis que je l'ai entendu, sur le perron de l'Élysée, pour une fois ensoleillé, faire remarquer à Angela Merkel "the good time" dont l'honorait le ciel parisien ! Cette anecdote m'en rappelle une autre, qui ne fut narrée par un collègue angliciste qui avait enseigné à West Point où Paul Claudel était venu faire une conférence. Claudel avait fait sa conférence en anglais mais les collègues américains de mon ami lui avaient fait remarquer qu'il était vraiment dommage que le conférencier n'ait pas choisi de parler leur langue plutôt que la sienne !

Poor little thing ! À peine a-t-on fini de l'accuser d'abus de faiblesse sur une vieille milliardaire, qu'on lui reproche d'avoir fait fricoté pour le financement de sa campagne avec feu l'infâme Kadhafi (au moins, sage précaution, les services ont clos le bec à ce Kadhafi, dont on avait laisser s'installer la tente bédouine au coeur de Paris mais qui ne pourra confirmer ces ragots) avant qu'éclate (et cela ne saurait tarder à en croire Mediapart) le scandale de l'affaire Tapie, dont Madame Lagarde risque fort d'être le fusible, même s'il n'échappe à personne qu'on a fait acheter par l'Etat le coûteux passage de Nanard d'un socialisme mollasson à un uèmpisme qui ne valait guère mieux. En fait, vous le noterez, dans tout ça, notre Nicola est victime de son bon fonds et de ses mauvaises fréquentations. Ses avocats sauront le souligner, j'en suis sûr !

Là encore la couverture photographique universelle du moindre incident est redoutable pour les mensonges des hommes politiques qui sont fixés désormais pour l'éternité. Ce cas a été celui de Cahuzac qu'on a revu cent fois jurer ses grands dieux devant l'Assemblée nationale qu'il n'avait pas de compte à l'étranger ; on verra sans doute autant de fois Nicolas Sarkozy envoyer, avec hauteur, dans les balustrades la pauvre Laurence Ferrari qui se permettait une question sur l'un de ses probables sujets futurs de mise en examen.

On serait tenté de parodier Ravachol, en changeant sa formule, et de conseiller aux hommes politiques; non pas "N'avouez jamais !", mais "Ne mentez jamais !", si naturellement la chose leur était  possible.

lundi 18 juin 2012

François II

François Hollande, qu'on a vu multiplier les références à François Ier ( Tonton) et qui l'imite en bien des points, y compris dans sa vie conjugale, vient, pour son malheur, d'obtenir, dans la nouvelle assemblée, que le parti socialiste y dispose de la majorité absolue.

Voilà qui le met exactement dans les mêmes conditions que Tonton Premier en 1981 et l'on peut craindre que ce soit pour suivre, dans l'exercice du pouvoir, une course parallèle à celle qui avait conduit Tonton à faire succéder à l'euphorie du temps de Pierre Mauroy, la rigueur qui fut celle de l'exercice du pouvoir par Laurent Fabius. L'histoire bégaierait-elle ?

La chance de tout le microcosme politique aurait été, en somme, que la droite garde la majorité à l'assemblée nationale, ce qui aurait permis à l'UMP comme au PS de passer un quinquennat inerte et paisible et surtout, à son terme, de se ménager la sortie la plus honorable. Quels qu'aient été, alors, à ce moment, les bilans de François Hollande et du parti socialiste, ils auraient pu invoquer le blocage des institutions par la majorité parlementaire de droite. De son côté, cette majorité parlementaire aurait pu excuser son inertie par les blocages opérés par le président dans le cadre de la cohabitation. Parfait pour tout le monde !

Désormais, il va en être tout autrement ; on peut donc imaginer que les mois du Premier Ministre seront probablement comptés, car il faudra, tôt ou tard, réellement et concrètement, changer de politique comme Tonton avait dû le faire en remplaçant Gros Quinquin, le Père Noël des débuts, par un Fabius chargé de serrer les boulons.

Nous n'aurons pas tout perdu puisque ces élections ont toutefois eu le mérite de nous débarrasser de quelques figures encombrantes de notre paysage politique comme Claude Guéant, Nadine Morano ou Jack Lang (vous voyez par là que je ne suis pas raciste!).

Autres moments pittoresques de cette fin de campagne et qui nous fait, nous réjouir, a posteriori, que Madame Royale n'ait pas été élue Présidente de la République : les bévues, successives et consternantes, de Ségolène, toutes pires les unes que les autres.

Non seulement elle avait été assez sotte pour annoncer urbi et orbi qu'elle allait briguer, voire exiger, la présidence de l'assemblée nationale (avant même d'être élue et alors que tout indiquait déjà qu'elle n'avait aucune chance de l'être), suscitant ainsi la fureur jalouse de quelques hiérarques du parti socialiste qui convoitaient évidemment ce même poste (suivez mon regard) et qui ont sans doute, en sous main, favorisé sa non-élection.

Toujours mieux, ensuite, pour essayer de les calmer, elle a prétendu alors, mais trop tard, renoncer à l'Hôtel de Lassays. Une fois sa défaite consommée, la voilà qui déclare cette fois se poser en candidate à la succession de Martine Aubry ! On ne saurait, en si peu de temps, accumuler autant de bourdes et on peut penser que, comme pour la présidence de l'assemblée nationale, elle s'emploie à réunir toutes les conditions de son futur et nouvel échec (N'est-ce pas Monsieur Désir?).

S'ajouteront peut-être à ce brillant bilan, des sanctions du CSA puisqu'avant même les 20 heures fatidiques de l'annonce des résultats, Ségolène a fait, devant micros et caméras, état de sa défaite donc d'un résultat interdit d'annonce, surtout dans la crainte que ses larmes retenues et la dénonciation violente de la traîtrise de son adversaire n'aient pas la place qu'elles méritaient dans les médias.

Comment peut-on prétendre à de hautes fonctions politiques en accumulant ainsi les maladresses et les erreurs.

Bref pour François II, on pouvait, jusqu'à présent, nourrir l'espoir, sinon d'une cohabitation, du moins d'une coalition ! Il n'en sera rien et il va falloir tout assumer, non sans risques ; fort heureusement, il lui reste les conseils avisés de Valérie !

mardi 25 janvier 2011

Pour une Société Protectrice des Présidents.

Après la SPA, ne devrait-on pas songer à instaurer la SPP, Société Protectrice des Présidents ? À vrai dire, j’avais songé pour être plus clair d’emblée à l'appeler plutôt la Société Protectrice des Dictateurs , la SPD, mais il m’a semblé que ce sigle donnerait trop lieu à des jeux de mots faciles que ne justifient pas toujours les moeurs des intéressés.

Vous aurez donc déjà compris que ceux dont je veux parler ici sont les présidents qui ont une certaine tendance à être, aussi et souvent d’abord, des dictateurs. Ce ne sont donc pas des pauvres présidents comme le nôtre, obligé qu'il est, comme lundi 24 janvier 2011 au matin, de se taper une heure et demie de conférence de presse , de faire la danse du ventre à propos des problèmes internationaux et de devoir causer G20 et G8, alors qu'il sait mieux que quiconque, qu’il ne pèse guère au sein de ces augustes assemblées qui ne sont guère que des théâtres d’ombres. En réalité, l’un comme l’autre n'ont pas voie au chapitre de l’économie spéculative du monde, pas plus d'ailleurs que les collègues présidents de notre Nicolas, fussent-ils (comme il aime désormais à le dire, s’étant pris de passion pour le subjonctif, récemment découvert) américain ou chinois. Les vrais centres de décision sont bien entendu ailleurs et ce ne sont pas les pitoyables rodomontades de Barrack Obama ou les clignements d’yeux du Chinois de service qui pourront changer les choses.

Non, je veux parler ici des vrais présidents, à vie ou non, qui restent dix, vingt ou trente ans en fonction, peuvent transmettre à leurs enfants leurs présidences, après les avoir parfois laissé exercer par leurs femmes. Ces présidents exotiques peuvent même, pour certains d’entre eux, particulièrement loufoques, se faire empereur ou se bâtir, dans le village de leur enfance, érigé parfois en capitale nationale, une cathédrale plus grande que celle de Saint-Pierre de Rome.
Bien entendu, c'est plutôt dans le Sud qu'on trouve ce genre de présidents, mais l’espèce est loin d’être éteinte et les situations actuelles nous en montrent quelques specimens qui illustrent bien toutefois la vieille formule des Romains, selon laquelle « la Roche Tarpéienne est près du Capitole ».

Comment résister ici à l'envie de faire figurer dans ce texte la phrase que mon éditeur Dragon, dont j’use pour dicter à mon ordinateur, a écrite, en lieu et place de la formule précédente, et qui est « la roche pénienne est près du capital » ! C’est tellement vrai, dans le cas de quelques-uns de nos infortunés dictateurs, comme vous allez pouvoir le constater.

Regardez ce pauvre M. Ben Ali et voyez à quel point il illustre cette jolie et si involontaire formule de mon Dragon. Après avoir épousé sa coiffeuse (qui, vous l'aurez remarqué à la tignasse de son mari, devait être spécialisée dans les teintures), Zin instaure en Tunisie une dictature de fer, toutefois si discrète que notre cher président, que la cinquantaine a rendu presbyte, n’a pas vue, ce « pays frère » étant « trop près » comme il nous l’a annoncé hier.

La Tunisie a été mise en coupe réglée au profit de la coiffeuse et de sa famille qui sont les bénéficiaires exclusifs des magouilles, des trafics et des bakchichs qui sont les principales industries locales avec l’harissa et la boukha. La révolution du jasmin arrivant un beau matin, voilà que Leïla embarque le magot de la réserve de l’Etat (une tonne et demie d'or en lingots), sans qu'on sache si elle a véritablement l'idée de partager le butin, dans la suite, avec son dictateur de mari.

S'il y a une chose dont les dictateurs doivent se méfier (« la roche pénienne est près du capital ») ce sont bien leurs épouses, lorsqu'ils sont obligés de changer de fonction.

Regardez ce pauvre M. Duvalier, dit « Baby Doc », à peine, en 1986, avait-il filé d’Haïti avec une petite centaine de millions de dollars que sa chère épouse le plaquait, sans oublier bien sûr, de s'emparer, semble-t-il, de la plus grande partie du magot. C'est à peine s'il lui reste aujourd’hui 6 ou 7 millions de dollars. En outre, comme il a eu l'imprudence de les mettre dans des banques suisses, voilà que les perfides Helvètes, au prétexte d'aider le peuple haïtien (ils ont pris le temps de la réflexion !) lui refusent l'accès aux maigres restes de sa fortune. Par là, on l'oblige à revenir en Haïti, sans même avoir une raison de le faire autre que celle, lamentable, de prétendre venir faire don à la population du pays de cet argent qui désormais n’est plus le sien, tout en ne l’ayant, en fait, jamais été.

Le malheur de ces pauvres dictateurs me fait penser à une loi économique que, dans mon innocence, j’avais découverte à propos du maréchal Mobutu, à l'époque où il régnait encore sur le Zaïre. La fortune d'un dictateur, naturellement toujours dissimulée hors du lieu où il exerce son industrie, est, en général, égale à la dette extérieure du pays en cause. J'avais alors fait cette observation pour le Zaïre qui devait à l'époque 11 milliards de dollars, ce qui était la fortune qu'on supposait à Mobutu. J’ai pu, à diverses reprises, dans la suite, vérifier ce point pour d’autres dictateurs. Bien longtemps après, j’ai vu cette loi scientifiquement énoncée et prouvée par un économiste américain dont j’ai oublié le nom.

Certes, je reconnais que tous ces dictateurs, une fois déchus et exilés, n’inspirent guère la pitié et moins encore la sympathie. Rares sont pourtant les gens qui tombent si bas de si haut et si vite ! Regardez ce pauvre Ben Ali ! Même Fredo-la-culture, qui, trouvant la Thaïlande trop lointaine et devenue dangereuse,avait pris ses quartiers en Tunisie et à qui son ami Zin avait même accordé la nationalité tunisienne, lui fait la gueule et lui tourne le dos, du jour au lendemain, après l’avoir soutenu ! Pauvre Ben Ali ! On accueillait à bras ouverts ses « investissements », de la France au Canada, et voilà qu’on veut le spolier des quelques placements qu’il avait prévus, ici et là, pour des vieux jours qu'il pressentait incertains.

Au fait j’y pense, Idi Amine Dada, Bokassa, Duvalier, Aristide, Ben Ali, et les autres, ils n’étaient, en gros, pas trop blancs. Ne seraient-ils pas victimes de discrimination et de racisme ? La LICRA et le CRAN devraient y songer.

dimanche 9 janvier 2011

Tonton dix ans après (redif. du 17/01/2006)

Déjà dix ans que François Mitterrand est mort. Comment ne pas le savoir?

C’est bête, au fond, qu’il soit mort juste après la fin de son mandat présidentiel. Lui qui passait pour tout prévoir aurait dû régler un peu mieux le programme. Les petits enfants de France auraient eu un jour de congé ; on lui aurait fait des vraies funérailles nationales avec la prolonge d’artillerie pour le cercueil, les drapeaux en berne, les sinistres roulements de tambours, les sabres au clair étincelants, les coups de canon, et tout, et tout...

Remarquez, oui et non ! Si l’on avait mis en branle la pompe tricolore, on n’aurait tout de même pas pu l’enterrer comme Louis XIV. Finalement, peut-être qu’il a eu raison d’attendre un peu ; il faut quand même choisir entre les funérailles nationales, donc inévitablement républicaines, et la sépulture royale. Il a réussi, à sa façon, à avoir les deux en même temps, comme souvent.

Si vous me permettez une remarque générale : c’est là qu’a toujours été la principale force de François Mitterrand. Il était l’incarnation des valeurs françaises, donc du radical-socialisme. Il réunissait les bonnes vieilles formules de cette France profonde qu’il avait choisie pour son affiche de campagne (le petit village avec son clocher blotti au coeur du vallon...). Il veillait toujours à la fois à « ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier », à se trouver près de « l’assiette au beurre » et à tenter d’avoir en même temps « le beurre et l’argent du beurre » (sans oublier la crémière...)."

Vichyste et résistant, partisan de l’Algérie française et de la décolonisation, ministre guillotineur et père de l’abolition de la peine de mort, farouche adversaire de la Constitution gaullienne et bénéficiaire principal de cette même constitution, ennemi de l’argent suspect et ami de Pelat et de Tapie, faisant dîner ensemble Bousquet et Badinter, il a toujours été tout et son contraire. Comment mieux finir un tel parcours qu’en faisant enterrer comme un monarque du XVIIème siècle l’ancien Président de la Cinquième République? Lui qui disait ne pas croire en Dieu n’aurait-t-il écrit, dans ses dernières volontés, « Peut-être qu’une messe »? Toujours le principe des oeufs, des deux paniers, du beurre et de la crémière..

Il lui fallait donc à son enterrement la vieille République laïque et la messe à Notre Dame, sa femme et sa maîtresse, ses fils légitimes et sa fille illégitime, ses amis socialistes et ses ennemis de droite, tout ce beau monde faisant assaut de larmes et d’éloges. Les thuriféraires de la droite (du grec « thur » encens) le disputant aux hagiographes de la gauche (du grec « hagios » saint) ; on a envie de crier « Halte au feu! » (mais ici du latin « fatutus » décédé).

On dit toujours que les Français ignorent la géographie, mais ils ne sont pas très forts en histoire non plus. Ca doit être pour ça qu’en France, et nulle part ailleurs au monde, on associe toujours à l’école, l’histoire et la géographie (« l’histoire-géo » ou même « listégé » comme on disait à l’époque où l’on était encore forcé de faire semblant de l’apprendre un peu).

L’enterrement de Louis XIV ... de Mitterrand, pardon ...ça a tout de même été « quelque chose », même si « la presse » ne l’a guère noté...Sans doute que les journalistes, comme les autres Français... ignorent l’histoire.

Donc petit rappel en forme de dyptique ; à ma droite, Louis, Quatorzième du nom ; à ma gauche (forcément), Tonton Premier.

D’abord le coup des deux enterrements, un grand classique des sépultures royales. Au temps des rois, on était encore un peu barbare ; on n’hésitait pas à vous charcuter la royale dépouille pour ensevelir le coeur ici et le reste là ; aujourd’hui, on sait mieux vivre ; le cercueil de Notre-Dame était sans doute vide, à moins qu’on n’y ait quand même mis son chapeau et sa cape pour donner quelque légitimité supplémentaire aux larmes furtives de militants sentimentaux, parqués à distance respectueuse par le service d’ordre, avec leur rose et leur mouchoir.

En fait, cette partition du corps royal préfigure une dispersion ultérieure des reliques ; là encore, nous sommes moins sauvages que nos ancêtres ; on ne mettra pas le gros orteil de Tonton Premier à Latche, une oreille à Château-Chinon et un fémur à Solutré ; c’est Jarnac qui a, si j’ose dire, enlevé le gros morceau ; les autres hauts-lieux de la mitterrandolâtrie devront se contenter de bricoles (j’allais dire « de bas-morceaux » !): on conservera pieusement, ici sa canne, là son feutre, abandonnant à des lieux de culte moins fréquentés des reliques d’importance mineure comme la laisse de son chien Baltique ou quelques plumes arrachées en douce aux canards de l’Elysée.

Mais la nature royale était aussi dans la fin de cette présidence ; on ne sait pas s’il faut dire « royale » ou « impériale » car Tonton Premier était à la fois Louis XIV et Caligula.

Encore un peu d’histoire, romaine cette fois.

Cet empereur romain, Caius Cesar Auguste Germanicus, dont on pourrait traduire par « sandalette » le nom que l’histoire lui a conservé, « combla de largesses sa famille » comme disent les livres; il finit par se proclamer Dieu (un point commun de plus avec Tonton Premier)

Un des faits qu’on signale toujours à propos de Caligula-Sandalette est qu’il donna à son cheval le titre de consul, ce qui constituait, chez nos ancêtres romains la plus haute magistrature.

François Mitterrand, qui préférait, paraît-il, les ânes, s’est vu offrir un jour un cheval et on a pu alors craindre le pire. Fort heureusement ce cheval, donné par quelque chef d’Etat asiatique, n’avait pas la nationalité française; il n’a donc pas été possible de le nommer Conseiller d’Etat au tour extérieur ; cette circonstance a fait le bonheur de Régis Debray pour qui cette faveur est devenue disponible. Fâché de cette déconvenue, Tonton Premier a dû se contenter de nommer ambassadeur de France son dentiste , et Inspecteurs Généraux son médecin et sa secrétaire.

Aux funérailles du Président-Roi voisinaient ses deux femmes, la légitime et l’autre, et ses deux lignées. Les mauvaises langues disent qu’à ce spectacle, Jacques Chirac, après avoir répété si souvent « Putain, deux ans! », grommelait avec envie « Putain, deux femmes! ». Bernadette, frappée elle aussi par ce spectacle funèbre, s’est immédiatement commandé aux Trois Suisses, qui ne sont nullement comme les anticléricaux primaires le prétendent le centre de ventes par correspondance du Vatican, une panoplie complète de veuve noire (avec chapeau à mantille incorporée) ; lors de la visite rendue au Pape, elle a pu tester cette tenue qui, de toute évidence, a fait sur Sa Sainteté la plus vive impression.

Mais revenons à notre propos.

Non content d’avoir installé dans les palais de la République sa maîtresse et sa bâtarde (je n’y peux rien, c’est le nom qu’on donnait aux enfants illégitimes des souverains), Tonton Premier a sans doute voulu que leur existence se trouve effectivement révélée avant sa mort, pour qu’elles puissent être officiellement présentes à sa royale sépulture. C’est sans doute ce qui explique qu’après avoir fait mettre toute la presse sur écoutes pour empêcher la divulgation de son secret d’alcôve, il s’en lui-même expliqué dans le cadre de la préparation de ses funérailles.

Le prénom de Mazarine donné à sa fille illégitime est, à lui seul, tout un programme et marque un hommage discret rendu à une grande figure de la monarchie française, le Cardinal Jules Mazarin par un homme qu’on a souvent qualifié lui-même de Florentin.

François Mazarin et Tonton Premier sont morts! Vive Mazarine!


Histoire brève

A propos de François Mitterrand

La scène se passe en enfer où François Mitterrand est accueilli par René Bousquet qui lui demande ce qui s’est passé depuis sa propre mort. Mitterrand lui résume l’essentiel et ajoute : « Tiens au fait j’ai posé une plaque pour le cinquantième anniversaire de la Rafle du Vel d’Hiv. ». Bousquet hoche la tête et répond : « C’est vraiment dommage que je n’aie pas pu être là. N’empêche que tu en as mis du temps à reconnaître que cette rafle a été la plus belle opération de police conduite en France! ».

Tonton quinze ans après ou les coups de Jarnac.

Ferai-je un blog tous les cinq ans pour l’anniversaire de la mort de Tonton 1er ? Je crains de ne pas tenir la distance et, par ailleurs, je ne vois guère à ajouter à celui que j’ai publié il y a cinq ans (17/01/2006) et que je reproduis ci-dessous , mais, à part, pour éviter à Olivier, mon plus ancien et plus fidèle lecteur, le pensum d‘une redif. !

Quelques remarques sur la cérémonie touchante de Jarnac, ce 8 janvier 2011, aussi remarquable par celles et ceux qui y assistaient que par celles et ceux dont l’absence était notable.

Et « les coups de Jarnac » me direz-vous, impatient(e) lecteur(e) ?

Si le premier « coup de Jarnac » fut la botte portée, en 1547, dans un duel contre un adversaire a priori plus fort, par Guy Chabot, en ce qui concerne Tonton, les "coups de Jarnac" furent, à la fois, le premier (né à Jarnac, la suite de sa vie donne à penser qu’il y fut aussi conçu, mais on va me dire que je cause comme Sarko) et le dernier dont je parle dans mon post de 2006.

Le vrai coup de Jarnac du samedi 8 janvier 2011 était porté au spectateur par Mazarine, au centre de toutes les images. Une fois de plus, je suis frappé par l’image qu'elle donne d’un travelo de Mitterrand, avec une tête de vieillard sardonique qui ne correspond guère aux photos officielles d’elle-même qu’elle met partout (dont celle du blog du Néo-obs où elle sévit). Pour faire peuple, elle portait un manteau qu’elle avait dû récupérer au Secours populaire car, dit-on, comme papa, elle n’attache pas les chiens avec des saucisses !

En revanche, je n’ai pas vu Tatie Danielle qui officiait, en maîtresse de cérémonie accomplie en 1996, et qui alors avait bien voulu faire place à la seconde famille de feu son époux.

Echanges de coups de Jarnac, à fleurets mouchetés toutefois, entre Ségolène et Martine qui, à la même table mais sous elle, ont dû échanger, en douce, quelques coups de pieds aussi subreptices que vigoureux.

Pas grand chose à dire sur les autres, sauf sur Jack Lang qui s’arrange toujours pour passer, par le plus grand hasard, du côté des caméras. L’expert mondial en matière de piraterie (sujet qu’il connaît bien pour avoir, des années durant, mis en coupe réglée ministères et services de l’Etat) n’a pas évoqué son ami Gbagbo (peu en cour auprès de l’ONU qui commandite grassement la mission "pirates"). En revanche, il était revenu à la cravate, moins pour cet ornement désormais désuet chez nos politiques, que pour la chemise à col très montant et de plus serré par une épingle, un peu à la Karl Lagersfeld. Un tel arrangement, comme le tour de cou en velours des douairières, permet de maintenir et de masquer les inévitables chairs pendantes du cou qui la foutent mal chez un chasseur de pirates.

Pas vu non plus Roland Dumas qui devait se remettre de son voyage à Abidjan et qui ne supporte guère la station debout. Il a depuis très longtemps les pieds fragiles (d’où, on s’en souvient la nécessité des Berlutti de milliardaire qui hélas ne sont pas remboursées par la sécu) et il doit même s’appuyer sur une canne (fort élégante et luxueuse au demeurant). En outre comme il le confiait récemment à une chaîne de télé qui l’interrogeait sur le million d’euros promis, dit-on, par Gbagbo pour ses services, il n’avait pas encore rédigé et envoyé sa note d’honoraires. Il a dû profiter de ce samedi pour le faire, ce qui me paraît prudent quand on a affaire à Laurent, surnommé « le boulanger » pour sa fâcheuse habitude de rouler les autres dans la farine. Je doute fort toutefois que Dumas ait quitté Abidjan sana avoir en poche le chèque de banque.

Autre absence éclatante sans réelle excuse, celle de Badinter qui avait toutefois causé dans les postes pour prendre sa part, à distance, à l’hagiographie collective. A mourir de rire, si j’ose dire en pareil cas ! Badinter rend en effet hommage à l’immense talent politique du grand homme, sans même rappeler, par modestie et discrétion, ses talents sportifs inexploités qui auraient pu le conduire sur les podiums mondiaux des courses de haies ou du 3000 mètres steeple, à voir la façon dont il franchissait les obstacles mis sur sa route dans les jardins de l’Observatoire !

C’est pourtant en politique internationale qu’il était le meilleur, même si Badinter néglige, par hasard, de mentionner son refus obstiné de voir l’Allemagne réunifiée ou son comportement significatif dans le putsch avorté contre Gorbatchev, où il fut le premier et, d’ailleurs, le seul chef d’Etat à envoyer des félicitations immédiates aux mutins !

Le mieux est toutefois quand la journaliste qui l’interviewe évoque, insolemment et contre toute attente, l’amitié de Tonton pour Bousquet habitué de Latche (entre anciens de Vichy !). Badinter, dont la diction est toujours impeccable de précision et de rigueur, se met soudain à bredouiller pour expliquer que Bousquet, entre la rafle du Vel d’Hiv et l’organisation des expéditions de Juifs dans les camps de la mort, a été un grand résistant (là encore comme Tonton...après Stalingrad !). On sent quand même, malgrè ou à cause des explications confuses, que le coeur n’y est pas tout à fait.

Toutefois, force est de reconnaître que Tonton était un homme prévoyant puisque, dans cette année 2011 où le PS se déchire autour de sa succession, il avait prévu de programmer à la fois le quinzième anniversaire de sa mort et, en mai 2011, le trentième anniversaire de son accession à la présidence de la République grâce à Chira. On repartira alors pour un tour... comme au Vel d'Hiv!).

Quel homme ! Seule ombre au tableau ; le candidat socialiste à sa succession risque d’être un juif ! Son ami Bousquet va sûrement s’en retourner dans sa tombe !

mercredi 3 novembre 2010

De Gaulle et Mitterrand.

Dans « l'Edition spéciale » de Canal+ , verc13 heures 30, ce mardi 2 novembre 2010, je viens d'entendre cette pauvre Anne-Elizabeth Lemoine, « chronniqueuse »de son état, se hasarder, pour une fois, hors des sujets futiles ou légers qui lui sont familiers. Toute réjouie, elle croyait, tenir l'intervention du siècle puisqu'elle annonçait, pour le soir et le lendemain, me semble-t-il, deux documentaires sensationnels, l'un sur De Gaulle, l'autre sur Mitterrand. Dans son enthousiasme, elle avait même interrogé à leur propos Dominique de Villepin et Roland Dumas, qui, s’ils ne sont jamais hostile à une passage à la télé, ne constitue nt pas, pour l'un de l'autre cas, le meilleur des choix. On a donc eu ce qu'on devait avoir ; un éloge assez nul du premier et une défense pleine de mauvaise foi du second.

Ce qui a justifié que je me précipite ainsi, contre toutes mes hanitudes, sur mon ordinateur, est que je crains que, d’ici à demain, ne s'affaiblisse ma légitime indignation devant, une fois de plus, la nullité de gens ( Lemoine, mais aussi Colmant, Toussaint, Domenach et Wiezman) qui se prétendent « journalistes » et qui, non seulement sont ignorants, mais ne font même pas l'effort minimal, temporaire et occasionnel, de s'informer un peu sur les sujets de leur émission du jour..
Le document sur De Gaulle est l'oeuvre du retraité mais toujours omniprésent Serge Moati (ce qui est tout dire mais qui nous a évité l’hagiographies supplémentaire de Mitterrand). On y révèle le « vrai visage » de De Gaulle selon Mme Lemoine, mais les révélations sensationnelles qu’elle évoque sont de la plus totale banalité. En gros, on démontre dans ce film que De Gaulle est venu au pouvoir grâce aux partisans de l'Algérie française et qu’il les a « trahis » dans la suite en accordant l'indépendance à l'Algérie. La chose avait toujours été dans ses idées, sans qu'il en parle bien entendu et ce choix se situe naturellement dans le droit fil du discours de Brazzaville. Tout le monde sait ça, y compris et surtout les « pieds-noirs » (comme Moati) et je pense que ces « révélations » ne surprendront personne, n’est-ce pas, cher Marius ! Tout le monde se souvient aussi qu'il imposa ce point de vue à Michel Debré, détail qu'on nous présente comme une révélation exceptionnelle, ce qui ne fait que révéler naturellement l'ignorance encyclopédique de l'histoire chez Mme Lemoine,, ce qui serait, après tout, pardonnable, vu son âge, si elle n'exerçait pas la profession qu'elle prétend être sienne.

Je sais, par hasard mais de source sûre, que De Gaulle dès son arrivée aux affaires en 1959 a commandé à un haut fonctionnaire, dont j’ai connu le fils dans la suite, un rapport sur les mesures qui paraissaient nécessaires à prendre pour garder l'Algérie. Le rapport fait, son auteur vint le remettrer au général qui l’en remercia mais lui dit, en réponse à la question sur l’avenir des mesures préconisées : « Nous ne ferons rien de tout cela, car nous ne garderons pas l'Algérie ! »

Il en est à peu près de même pour le documentaire sur Mitterrand. La grande révélation y tient au comportement de Mitterrand, Garde des sceaux dans le gouvernement de Guy Mollet et au rappel des condamnations à mort en faveur desquelles il se prononça dans les délibérations en conseil des miiustres (Mendès France votant contre) comme à ses refus constants des grâces en faveur des condamnés. Seuls ceux qui ne connaissent ni l’histoire ni le vrai et double visage de Mitterrand peuvent s’étonner des choix du futur grand propagandiste de l'abolition de la peine capitale.

Là encore l’ignorance d'A.E. Lemoine est pardonnable mais on est stupéfait de celle de Nicolas Domenach, journaliste en principe et spécialisé également en politique et en principe, alors que cet éditorialiste (qui est, par ailleuis,le fils de Jean-Marie Domenach !) Il devrait tout de même savoir que, pendant des décennies, l'Humanité et la presse communiste n'ont jamais désigné François Mitterrand autrement que par la formule : « Le dernier ministre qui a fait guillotiner des communistes. »

Comment un journaliste spécialisé peut-il ignorer, ne serait-ce que l'affaire Fernand Yveston, sans doute plus connue que les autres dans la mesure où ce fut, à ma connaissance, le seul non-Algérien guillotiné parmi les dizaines de condamnés qui le furent alors. Ce militant communiste, exécuté en février 1957n’avait au fond que voulu commettre un attentat à l’usine à gaz d’Alger. En réalité, l’attentat fut déjoué. Condamné à mort, il vit son recours en grâce rejeté par René Coty qui suivit sur ce point l’avis du Garde dés sceaux, François Mitterrand. Les derniers mots de F. Yveton qui fut regardé comme un martyr par l’Algérie indépendante, furent, dit-on, « Ma vie compte peu : ce qui compte, c’est l’Algérie, son avenir, et l’Algérie sera libre demain ».

Tout cela est connu de tous ceux qui se sont un peu intéressés à la guerre d'Algérie. Non seulement Mitterrand a été parmi les ministres qui ont voté pour la peine de mort pour les terroristes (Mendès-France avait voté contre lui), mais, en outre, il a rejeté à peu près toutes les demandes en grâce qui lui ont été présentées dans la suite.Question peine de mort, il savait donc de quoi il parlait !

Je n'aurais sans doute pas la possibilité de regarder ces émissions,mais vu la description qui en a été faite par A-E Lemoine, je ne vois pas ce qu’on peut bien y apprendre !En revanche, bonne pub pour le livre de Staura qui, par hasard, sort au même moment !