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samedi 20 avril 2013

Ah quel malheur de ne plus être président !


On se souvient des malheurs de ce pauvre Président de la République Jules Grévy, après que son gendre se soit établi marchand de décorations à son insu. On le brocardait par les chansonnettes sur le thème « Ah quel malheur d'avoir un gendre ! ». Je n'ose suggérer à Carla de faire une chansonnette du même genre sur le thème : « Ah quel malheur de ne plus être Président de la République !».

Il faut dire que ça n'a pas traîné et que comme disait le Père Hugo "Ces choses là sont rudes", même quand on a fait des études. Mitterrand lui a eu le bon goût de mourir et Chirac d'opter pour la sénilité. Pour ne pas être taxé de sectarisme politique, je rappellerai quand même, sur ce point, la scène inénarrable, fort heureusement fixée à jamais dans les images, de Tonton, dans son bureau présidentiel, interviewé par la télévision belge. L'un de ces journalistes malotrus d'Outre-Quiévrain (ce n'est pas Mourousi qui aurait fait ça !) ayant eu l'outrecuidance de l'interroger sur les écoutes téléphoniques, Mitterrand nous avait joué la grande scène de l'acte 2, avec la légitime et irrépressible colère d'un président qui n'entendait point que ce genre de questions lui fût posé ! Pour cette seule scène, François Mitterrand aurait assurément mérité, sinon un Oscar du moins un César, ce qui lui aurait sans doute davantage plu, ne serait-ce que pour le nom de la récompense, l'empire romain lui convenant mieux que Louis de Funés.

Notre Nicolas, une fois effacé le traumatisme de l'échec électoral, espérait (il ne s'en est pas caché) une retraite paisible et surtout dorée, ne serait-ce que par les conférences internationales qui lui seraient rémunérées à un tarif meilleur que celui d'une année de séjour à l'Élysée. Je me demande d'ailleurs, en passant, en quelle langue, il fait de telles conférences "internationales", en espérant, pour son auditoire, que ce n'est pas en anglais, depuis que je l'ai entendu, sur le perron de l'Élysée, pour une fois ensoleillé, faire remarquer à Angela Merkel "the good time" dont l'honorait le ciel parisien ! Cette anecdote m'en rappelle une autre, qui ne fut narrée par un collègue angliciste qui avait enseigné à West Point où Paul Claudel était venu faire une conférence. Claudel avait fait sa conférence en anglais mais les collègues américains de mon ami lui avaient fait remarquer qu'il était vraiment dommage que le conférencier n'ait pas choisi de parler leur langue plutôt que la sienne !

Poor little thing ! À peine a-t-on fini de l'accuser d'abus de faiblesse sur une vieille milliardaire, qu'on lui reproche d'avoir fait fricoté pour le financement de sa campagne avec feu l'infâme Kadhafi (au moins, sage précaution, les services ont clos le bec à ce Kadhafi, dont on avait laisser s'installer la tente bédouine au coeur de Paris mais qui ne pourra confirmer ces ragots) avant qu'éclate (et cela ne saurait tarder à en croire Mediapart) le scandale de l'affaire Tapie, dont Madame Lagarde risque fort d'être le fusible, même s'il n'échappe à personne qu'on a fait acheter par l'Etat le coûteux passage de Nanard d'un socialisme mollasson à un uèmpisme qui ne valait guère mieux. En fait, vous le noterez, dans tout ça, notre Nicola est victime de son bon fonds et de ses mauvaises fréquentations. Ses avocats sauront le souligner, j'en suis sûr !

Là encore la couverture photographique universelle du moindre incident est redoutable pour les mensonges des hommes politiques qui sont fixés désormais pour l'éternité. Ce cas a été celui de Cahuzac qu'on a revu cent fois jurer ses grands dieux devant l'Assemblée nationale qu'il n'avait pas de compte à l'étranger ; on verra sans doute autant de fois Nicolas Sarkozy envoyer, avec hauteur, dans les balustrades la pauvre Laurence Ferrari qui se permettait une question sur l'un de ses probables sujets futurs de mise en examen.

On serait tenté de parodier Ravachol, en changeant sa formule, et de conseiller aux hommes politiques; non pas "N'avouez jamais !", mais "Ne mentez jamais !", si naturellement la chose leur était  possible.

mercredi 23 février 2011

Boillon de cultures


Boris Boillon. Voilà un homme qui a su, pour partie involontairement sans doute, faire le buzz.

Comme Cronin dans Les clés du royaume, que j’ai lu quand j’étais petit, j’aborderai le sujet par « Le commencement de la fin ».

Sans que j’ai bien su si c’était par « Facebook » ou par « Copains d’avant », notre héros, Boris Boillon (BB2 pour faire plus court mais le situer par rapport à la première), a conquis, en un instant ou presque, la gloire médiatique grâce à une photo de lui placée dans l’un ou l’autre de ces réseaux. Je dois à la vérité de dire que, peu familier de tels lieux de la toile, je n’ai pas eu le courage d’aller vérifier ce détail, me satisfaisant d’abord, dans un premier temps, avant investigation plus précise, de la photo de BB2 brandie avec indignation par Marine Le Pen, qui la jugeait attentatoire à la dignité du corps diplomatique français, pourtant ainsi mis en valeur.

Il est vrai qu’après examen, plus approfondi mais facile, car tous les sites de videos l’ont reproduite à l’envi, je dois dire que la photo de son Excellence Boris Boillon n’est pas piquée des vers ni même des hannetons. Je pense qu’elle a été faite, par ses soins, pour participer au concours de la meilleure photo de couverture pour le magazine Têtu ! Elle a sans doute été jugée trop peu originale, car on en avait déjà vu une bonne douzaine du genre, même si les modèles, dans ces cas, n’étaient pas des ambassadeurs de France. Peut-être ce cliché aurait-il été plus apprécié si son Excellence y avait été saisi dans cet appareil à un moment spécifique de sa vie professionnelle, une remise de lettres de créance par exemple. En revanche, cette photo le montre en maillot de bain moulant (style Jean-Marie Bigard ou, mieux encore, Franck Dubost), le torse épilé et huilé mettant en valeur des abdominaux, soigneusement travaillés avant et en vue de la prise de vue.





En tout cas, après avoir posé quasi nu, voilà BB2 « habillé pour l’hiver » ; les émissions satiriques, des « Guignols de l’info » (en baisse ! Au secours Gaccio !) au « Petit Journal » de Yann Barthès (en hausse) vont s’en donner à coeur joie durant une bonne quinzaine (et plus si affinités !).

« Tout le monde n'a pas eu la chance d'avoir des parents communistes » était le titre d’un film de Josiane Balasko. Boris Boillon l’a eue, lui, cette chance ; il en a hérité un prénom russe et une initiation à l’arabe qui a été à l’origine de sa fortune diplomatique. En effet, ses parents (des enseignants « pieds rouges ») sont partis en Algérie pour aider à la décolonisation du nouvel Etat. BB2 y a donc, été, inévitablement et sans mérite particulier, initié à cette langue jusqu’à son retour en France.

Etudes parisiennes modestes (IEP et INALCO) ; n’étant pas énarque, il ne pouvait guère espérer mieux qu’un poste de consul en fin de carrière. En fait, il sera nommé ambassadeur à 40 ans après de fructueux passages dans la mouvance de Nicolas Sarkozy, au ministère de l’intérieur d’abord, puis à l’Elysée. C’est sa connaissance de l’arabe qui est à la base de ses promotions. Cette circonstance amène d’ailleurs à s’interroger sur l’usage, plus intelligent, que pourrait faire la France, dans sa politique extérieure, des Français issus de l’immigration dont les savoirs culturels et linguistiques seraient sans doute utiles dans divers lieux du monde.

« Le commencement de la fin ». J’ai vu BB2 pour la première fois, comme tout le monde, chez Denisot, à un « Grand journal » de Canal +, fin novembre 2010. Il y a fait un numéro assez insupportable de suffisance et de satisfaction de soi, agrémenté de rodomontades ridicules sur ce qu’on allait voir, grâce à lui, en Irak, pays qu’il a quitté quelques semaines plus tard ! Il a parlé, en particulier lors de cette émission, de son amitié avec Kadhafi, faisant un éloge ému de ce dernier et confiant, non sans satisfaction, que Mouammar l’appelle « son fils ». J’ai appris, dans la suite, que sa fortune auprès du président de la république tient au rôle, obscur mais majeur, que BB2 a joué dans la libération des infirmières bulgares, dont le succès a été attribué, ensuite, urbi et orbi, à Cécilia, pour les raisons que l’on sait !

Passons sur les détails. Vu cette première prestation à Canal +, la suite ne m’a guère étonné et en particulier son comportement, inouï de morgue, d’arrogance et surtout de sottise, à l’égard de la journaliste tunisienne (une femme donc !) qui interviewait le tout nouvel ambassadeur de France, à peine débarqué. Sans vouloit tirer sur une ambulance, deux remarques pour conclure sur le personnage. Obligé de faire amende honorable, il l’a fait en arabe, en ânonnant laborieusement un texte qu’il lisait manifestement mot à mot. D’autre part et surtout, un ambassadeur de France, qui a dû aller un peu à l’école, devrait savoir qu’on « présente des excuses » et qu’on ne « s’excuse pas », car si l’on peut « s’excuser » soi-même, à quoi bon faire une telle démarche ?