Après la SPA, ne devrait-on pas songer à instaurer la SPP, Société Protectrice des Présidents ? À vrai dire, j’avais songé pour être plus clair d’emblée à l'appeler plutôt la Société Protectrice des Dictateurs , la SPD, mais il m’a semblé que ce sigle donnerait trop lieu à des jeux de mots faciles que ne justifient pas toujours les moeurs des intéressés.
Vous aurez donc déjà compris que ceux dont je veux parler ici sont les présidents qui ont une certaine tendance à être, aussi et souvent d’abord, des dictateurs. Ce ne sont donc pas des pauvres présidents comme le nôtre, obligé qu'il est, comme lundi 24 janvier 2011 au matin, de se taper une heure et demie de conférence de presse , de faire la danse du ventre à propos des problèmes internationaux et de devoir causer G20 et G8, alors qu'il sait mieux que quiconque, qu’il ne pèse guère au sein de ces augustes assemblées qui ne sont guère que des théâtres d’ombres. En réalité, l’un comme l’autre n'ont pas voie au chapitre de l’économie spéculative du monde, pas plus d'ailleurs que les collègues présidents de notre Nicolas, fussent-ils (comme il aime désormais à le dire, s’étant pris de passion pour le subjonctif, récemment découvert) américain ou chinois. Les vrais centres de décision sont bien entendu ailleurs et ce ne sont pas les pitoyables rodomontades de Barrack Obama ou les clignements d’yeux du Chinois de service qui pourront changer les choses.
Non, je veux parler ici des vrais présidents, à vie ou non, qui restent dix, vingt ou trente ans en fonction, peuvent transmettre à leurs enfants leurs présidences, après les avoir parfois laissé exercer par leurs femmes. Ces présidents exotiques peuvent même, pour certains d’entre eux, particulièrement loufoques, se faire empereur ou se bâtir, dans le village de leur enfance, érigé parfois en capitale nationale, une cathédrale plus grande que celle de Saint-Pierre de Rome.
Bien entendu, c'est plutôt dans le Sud qu'on trouve ce genre de présidents, mais l’espèce est loin d’être éteinte et les situations actuelles nous en montrent quelques specimens qui illustrent bien toutefois la vieille formule des Romains, selon laquelle « la Roche Tarpéienne est près du Capitole ».
Comment résister ici à l'envie de faire figurer dans ce texte la phrase que mon éditeur Dragon, dont j’use pour dicter à mon ordinateur, a écrite, en lieu et place de la formule précédente, et qui est « la roche pénienne est près du capital » ! C’est tellement vrai, dans le cas de quelques-uns de nos infortunés dictateurs, comme vous allez pouvoir le constater.
Regardez ce pauvre M. Ben Ali et voyez à quel point il illustre cette jolie et si involontaire formule de mon Dragon. Après avoir épousé sa coiffeuse (qui, vous l'aurez remarqué à la tignasse de son mari, devait être spécialisée dans les teintures), Zin instaure en Tunisie une dictature de fer, toutefois si discrète que notre cher président, que la cinquantaine a rendu presbyte, n’a pas vue, ce « pays frère » étant « trop près » comme il nous l’a annoncé hier.
La Tunisie a été mise en coupe réglée au profit de la coiffeuse et de sa famille qui sont les bénéficiaires exclusifs des magouilles, des trafics et des bakchichs qui sont les principales industries locales avec l’harissa et la boukha. La révolution du jasmin arrivant un beau matin, voilà que Leïla embarque le magot de la réserve de l’Etat (une tonne et demie d'or en lingots), sans qu'on sache si elle a véritablement l'idée de partager le butin, dans la suite, avec son dictateur de mari.
S'il y a une chose dont les dictateurs doivent se méfier (« la roche pénienne est près du capital ») ce sont bien leurs épouses, lorsqu'ils sont obligés de changer de fonction.
Regardez ce pauvre M. Duvalier, dit « Baby Doc », à peine, en 1986, avait-il filé d’Haïti avec une petite centaine de millions de dollars que sa chère épouse le plaquait, sans oublier bien sûr, de s'emparer, semble-t-il, de la plus grande partie du magot. C'est à peine s'il lui reste aujourd’hui 6 ou 7 millions de dollars. En outre, comme il a eu l'imprudence de les mettre dans des banques suisses, voilà que les perfides Helvètes, au prétexte d'aider le peuple haïtien (ils ont pris le temps de la réflexion !) lui refusent l'accès aux maigres restes de sa fortune. Par là, on l'oblige à revenir en Haïti, sans même avoir une raison de le faire autre que celle, lamentable, de prétendre venir faire don à la population du pays de cet argent qui désormais n’est plus le sien, tout en ne l’ayant, en fait, jamais été.
Le malheur de ces pauvres dictateurs me fait penser à une loi économique que, dans mon innocence, j’avais découverte à propos du maréchal Mobutu, à l'époque où il régnait encore sur le Zaïre. La fortune d'un dictateur, naturellement toujours dissimulée hors du lieu où il exerce son industrie, est, en général, égale à la dette extérieure du pays en cause. J'avais alors fait cette observation pour le Zaïre qui devait à l'époque 11 milliards de dollars, ce qui était la fortune qu'on supposait à Mobutu. J’ai pu, à diverses reprises, dans la suite, vérifier ce point pour d’autres dictateurs. Bien longtemps après, j’ai vu cette loi scientifiquement énoncée et prouvée par un économiste américain dont j’ai oublié le nom.
Certes, je reconnais que tous ces dictateurs, une fois déchus et exilés, n’inspirent guère la pitié et moins encore la sympathie. Rares sont pourtant les gens qui tombent si bas de si haut et si vite ! Regardez ce pauvre Ben Ali ! Même Fredo-la-culture, qui, trouvant la Thaïlande trop lointaine et devenue dangereuse,avait pris ses quartiers en Tunisie et à qui son ami Zin avait même accordé la nationalité tunisienne, lui fait la gueule et lui tourne le dos, du jour au lendemain, après l’avoir soutenu ! Pauvre Ben Ali ! On accueillait à bras ouverts ses « investissements », de la France au Canada, et voilà qu’on veut le spolier des quelques placements qu’il avait prévus, ici et là, pour des vieux jours qu'il pressentait incertains.
Au fait j’y pense, Idi Amine Dada, Bokassa, Duvalier, Aristide, Ben Ali, et les autres, ils n’étaient, en gros, pas trop blancs. Ne seraient-ils pas victimes de discrimination et de racisme ? La LICRA et le CRAN devraient y songer.
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mardi 25 janvier 2011
mardi 18 janvier 2011
Le bal des présidents.
L'Organisation Internationale de la Francophonie ne va pas tarder à devoir ouvrir une nouvelle direction chargée du suivi des élections présidentielles dans les Etats-membres de l’OIF.
La Tunisie est venue, en effet, s'ajouter à la Côte d'Ivoire et à Haïti dans la série des crises présidentielles.
Un mot cependant sur les conditions précises du départ du président Ben Ali. Il se trouve en effet que j’ai suivi, avec beaucoup de vigilance et dans leur détail, les dernières heures de Ben Ali. Trois faits se sont succédés dans les 90 minutes qui ont précédé sa décision de départ.
Vers 17:00, en effet, le président Ben Ali a annoncé le limogeage de son gouvernement et une heure après il a donné l'ordre de tirer à nouveau sur les manifestants, ce qui était pour le moins inattendu après une telle annonce. À 18:30, Ben Ali décidait de prendre la fuite. Que s'était-il donc passé ?
Mon hypothèse, qui n'a rien de très original, est que le président s'est rendu compte, après avoir donné l’ordre de tirer, que l'armée, sur laquelle il comptait en dernière analyse, ne lui obéirait pas. Comme l'avaient fait, en 1907, les hommes du 17ème régiment d'infanterie de Béziers, a qui l'on avait donné l'ordre de tirer sur les vignerons qui manifestaient, les soldats tunisiens ont « mis la crosse en l'air ». Les auteurs tunisiens, qui ne manquent pas, n’ont plus qu’à se mettre au travail, comme l'avait fait Montehus, pour écrire le texte qui deviendra le premier chant révolutionnaire du futur État démocratique tunisien. Ce sera le « Salut à vous, braves soldats de Tunis », sur le modèle classique du chant qu’ont appris, dans leur jeunesse, tous les enfants de la gauche française, à l'époque où il y en avait encore une « Salut à vous, braves soldats du 17ème... Vous auriez, en tirant sur nous, assassiné la République ».
En Côte d'Ivoire se prolonge depuis bientôt deux mois le pas de deux des présidents Gbagbo et Ouattara, sans qu’on perçoive de signe annonçant la fin de leur ballet politique. Il en est un peu de même en Haïti, même si la disposition protocolaire des candidats sur le podium tend à être modifiée par la Commission d'experts internationaux, le chanteur Martelly se voyant offrir la deuxième marche d'où l’on voudrait faire descendre le candidat du président qui, sans être son vrai gendre, serait, selon certains, le père de son petit-fils.
Il semble bien que le jeu du président René Préval soit de faire traîner les choses pour prolonger jusqu'à mi-mai 2011 le mandat qu'il exerce. Il n'en avait pas fait mystère au départ, mais l'opposition unanime à cette idée l'avait conduit à feindre d'y renoncer. Dans sa recherche de procédés dilatoires, Préval a imaginé de demander la nomination d'une commission d'experts internationaux dont il conteste désormais les résultats.
Sont-ce les figures chorégraphiques prolongées de l’élection présidentielle haïtienne qui ont conduit Jean-Claude Duvalier, « Baby Doc », a imaginer de revenir dans le pays qui l’avait chassé du pouvoir (« déchouqué ») il y a 25 ans ? Il a dû se souvenir soudain qu'après tout, il était « président à vie de la république d’Haïti » et que l'article 41 de la constitution de 1987 interdit l'exil des citoyens haïtiens. Comme nulle poursuite n'était engagée contre lui, ni au plan national et au plan international, et que maintenant, de nouveau, Air France assure un vol direct entre Paris et Port-au-Prince, il a décidé de revenir au pays, sans éclairer quiconque sur ses intentions.
Il faudrait clairement, dans tout cela, une autorité supérieure qui mette fin à
une situation qui s'apparente, à la fois, au jeu des chaises musicales et au bal
des débutantes.
Les uns, comme Gbagbo et Ouattara à Abidjan, se disputent la même chaise présidentielle ; d'autres, qui n'en sont pas encore là, faute de deuxième tour, essayent d'obtenir le ticket donnant le droit d'entrer dans la danse ; le dernier venu, Jean-Claude Duvalier, fait, pour le moment, tapisserie, en attendant son tour, mais, sans trop d'angoisse, puisque, nous dit-on, il a déjà en poche son billet de retour (j’espère qu’il a pensé aussi au visa de retour en France !).
Ne faudrait-il pas, comme l’a déjà suggéré « Usbek Consulting and Co », qu'une autorité supérieure mette un peu d'ordre dans tout cela, quelles que soient les procédures envisagées. Elles peuvent soit relever du bon sens et la raison (Ouattara qui est un économiste (distingué) et musulman (très modéré) ferait un président tout à fait convenable pour la Tunisie, de même que Gbagbo, refaisant, quelques siècles plus tard, le voyage des « bossales » guinéens pourrait être un président fort présentable pour Haïti, souvent regardé comme un morceau d'Afrique), soit faire appel au pur et simple hasard, si, comme pour l’organisation des épreuves sportives internationales, on choisit de mettre dans des boîtes différentes les noms des postes à pourvoir et ceux des candidats potentiels, en laissant le sort décider des appariements ultérieurs.
Affaire à méditer et à suivre
La Tunisie est venue, en effet, s'ajouter à la Côte d'Ivoire et à Haïti dans la série des crises présidentielles.
Un mot cependant sur les conditions précises du départ du président Ben Ali. Il se trouve en effet que j’ai suivi, avec beaucoup de vigilance et dans leur détail, les dernières heures de Ben Ali. Trois faits se sont succédés dans les 90 minutes qui ont précédé sa décision de départ.
Vers 17:00, en effet, le président Ben Ali a annoncé le limogeage de son gouvernement et une heure après il a donné l'ordre de tirer à nouveau sur les manifestants, ce qui était pour le moins inattendu après une telle annonce. À 18:30, Ben Ali décidait de prendre la fuite. Que s'était-il donc passé ?
Mon hypothèse, qui n'a rien de très original, est que le président s'est rendu compte, après avoir donné l’ordre de tirer, que l'armée, sur laquelle il comptait en dernière analyse, ne lui obéirait pas. Comme l'avaient fait, en 1907, les hommes du 17ème régiment d'infanterie de Béziers, a qui l'on avait donné l'ordre de tirer sur les vignerons qui manifestaient, les soldats tunisiens ont « mis la crosse en l'air ». Les auteurs tunisiens, qui ne manquent pas, n’ont plus qu’à se mettre au travail, comme l'avait fait Montehus, pour écrire le texte qui deviendra le premier chant révolutionnaire du futur État démocratique tunisien. Ce sera le « Salut à vous, braves soldats de Tunis », sur le modèle classique du chant qu’ont appris, dans leur jeunesse, tous les enfants de la gauche française, à l'époque où il y en avait encore une « Salut à vous, braves soldats du 17ème... Vous auriez, en tirant sur nous, assassiné la République ».
En Côte d'Ivoire se prolonge depuis bientôt deux mois le pas de deux des présidents Gbagbo et Ouattara, sans qu’on perçoive de signe annonçant la fin de leur ballet politique. Il en est un peu de même en Haïti, même si la disposition protocolaire des candidats sur le podium tend à être modifiée par la Commission d'experts internationaux, le chanteur Martelly se voyant offrir la deuxième marche d'où l’on voudrait faire descendre le candidat du président qui, sans être son vrai gendre, serait, selon certains, le père de son petit-fils.
Il semble bien que le jeu du président René Préval soit de faire traîner les choses pour prolonger jusqu'à mi-mai 2011 le mandat qu'il exerce. Il n'en avait pas fait mystère au départ, mais l'opposition unanime à cette idée l'avait conduit à feindre d'y renoncer. Dans sa recherche de procédés dilatoires, Préval a imaginé de demander la nomination d'une commission d'experts internationaux dont il conteste désormais les résultats.
Sont-ce les figures chorégraphiques prolongées de l’élection présidentielle haïtienne qui ont conduit Jean-Claude Duvalier, « Baby Doc », a imaginer de revenir dans le pays qui l’avait chassé du pouvoir (« déchouqué ») il y a 25 ans ? Il a dû se souvenir soudain qu'après tout, il était « président à vie de la république d’Haïti » et que l'article 41 de la constitution de 1987 interdit l'exil des citoyens haïtiens. Comme nulle poursuite n'était engagée contre lui, ni au plan national et au plan international, et que maintenant, de nouveau, Air France assure un vol direct entre Paris et Port-au-Prince, il a décidé de revenir au pays, sans éclairer quiconque sur ses intentions.
Il faudrait clairement, dans tout cela, une autorité supérieure qui mette fin à
une situation qui s'apparente, à la fois, au jeu des chaises musicales et au bal
des débutantes.
Les uns, comme Gbagbo et Ouattara à Abidjan, se disputent la même chaise présidentielle ; d'autres, qui n'en sont pas encore là, faute de deuxième tour, essayent d'obtenir le ticket donnant le droit d'entrer dans la danse ; le dernier venu, Jean-Claude Duvalier, fait, pour le moment, tapisserie, en attendant son tour, mais, sans trop d'angoisse, puisque, nous dit-on, il a déjà en poche son billet de retour (j’espère qu’il a pensé aussi au visa de retour en France !).
Ne faudrait-il pas, comme l’a déjà suggéré « Usbek Consulting and Co », qu'une autorité supérieure mette un peu d'ordre dans tout cela, quelles que soient les procédures envisagées. Elles peuvent soit relever du bon sens et la raison (Ouattara qui est un économiste (distingué) et musulman (très modéré) ferait un président tout à fait convenable pour la Tunisie, de même que Gbagbo, refaisant, quelques siècles plus tard, le voyage des « bossales » guinéens pourrait être un président fort présentable pour Haïti, souvent regardé comme un morceau d'Afrique), soit faire appel au pur et simple hasard, si, comme pour l’organisation des épreuves sportives internationales, on choisit de mettre dans des boîtes différentes les noms des postes à pourvoir et ceux des candidats potentiels, en laissant le sort décider des appariements ultérieurs.
Affaire à méditer et à suivre
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