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jeudi 26 décembre 2013

Les "experts" ?!?


Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais les experts, tous parisiens et toujours les mêmes, commencent à me fatiguer !

Ainsi, alors que j'étais relativement familier de l’émission d’Yves Calvi « C’est plus clair » (en principe sur le Cinq à 17h45, mais toujours retardée par des publicités, intempestives et illégales mais une mine d’or que le CSA se garde bien de chronométrer à des fins de vérification) , l’ai-je à peu près abandonnée désormais car on y voit toujours les mêmes têtes d’ « experts », à commencer celle de l'ineffable Christophe Barbier, qui vient nous faire la pub de son Express avec son écharpe rouge et qui, semble-t-il, vu son insuccès journalistique et ses présumés talents de bateleur, envisage une carrière dans le showbiz ; je lui recommande vivement ce choix, ne serait-ce que pour nous débarrasser de son piteux spectacle et de ses filandreuses analyses.

Il en est de même pour tous les autres, en particulier dans le genre « expert économiste », où nous sont invariablement proposés le bellâtre à la mouche cardinalice (de l'OCDE ou de quelque organisme de semblable farine) et, son compère antagonique, le marchand florentin d'espoirs et d’escroqueries boursières, qui vient faire la pub de son officine, sans oser pourtant ne pas avancer masqué.

 Je pense qu'une des raisons de ces choix permanents est que ces gens-là sont à la fois parisiens et largement oisifs (même s’ils sont censés avoir un emploi) mais justifient sans doute leur salaire par cette présence médiatique ; leur « expertise » ne relève en fait que la paresse intellectuelle et physique des producteurs de telles émissions.

 Il en est de même pour l'Afrique ; entre le Mali et désormais la RCA, en pimentant de temps en temps son quatuor d'invités caucasiens par quelques blacks plus ou moins journalistes, Calvi nous inflige de prétendus spécialistes à la fois de l'Afrique et de la géopolitique dont le sinistre et inévitable Boniface (pape de la géopolitique et du football), dont on peut pas dire que la carrière universitaire à laquelle il a aspiré ait été  aussi brillante qu'il pouvait le souhaiter. Fort heureusement pour ce domaine, il y a de temps en temps l'ancien directeur de la Lettre du continent, Antoine Glaser, qui lui est, pour le coup, lui un connaisseur et un vrai spécialiste de l'Afrique. Fine mouche et courtois, il se borne malheureusement souvent à des propos limités (les autres ont toujours la gueule ouverte sans avoir rien à dire), tout en souriant discrètement et poliment aux sottises qu'il peut entendre, sans jamais les relever comme telles.

Il est toutefois un « expert », qui m'insupporte tout particulièrement et qui se donne pour le spécialiste de la géopolitique, de la stratégie et de l'armée, le colonel de réserve Pierre Servent ;  il doit être, en fait, lieutenant-colonel mais a bénéficié de cette promotion en partant à la retraite, comme on promeut les vice-amiraux pour qu'il puisse bénéficier durant une retraite, longue et oisive, du quart-de-place à la SNCF.

Je ne m'attarderai pas sur le cas de Pierre Servent qui est fort occupé, en ces temps de conflits divers, à passer des plateaux de télévision aux studios des diverses radios bignoles où il officie car j'ai découvert que le 4 avril 2011 il avait été habillé pour l'hiver par Nicolas Gaudreau dans un article intitulé « Média et Libye - Des experts militarisés déguisés en civil : le cas de Pierre Servent », texte très informé que vous retrouverez sans problème, comme moi-même, grâce à Google. L'auteur de cet article confirme ce que j'avais moi-même constaté depuis longtemps et montre que les liens, nombreux et multiples, avec les institutions militaires et le ministère de la défense expliquent la faveur dont jouit ce VRP multicartes de notre armée, ce que souligne avec humour l'auteur de cet article en le baptisant : « Pierre Servent spécialiste de l'expertise ou expert en spécialité ? ».

Bien entendu ses liens avec le ministère de la défense sont soigneusement dissimulés, de façon à lui donner toute l'apparence d’un journaliste (don je vois mal comment il pourrait avoir la carte) et d’un expert objectif, vêtu de probité candide et de lin blanc. Tu parles. C’est en tout la voix de son maître !
Je me limite donc ici à quelques remarques personnelles qui tiennent d’abord à ce que un lieutenant-colonel, fut-il promu colonel dans la réserve, ne peut guère passer pour un expert en « stratégie militaire », car on peut espérer que ce n’est à ce niveau de responsabilité et de commandement que se définit la « stratégie » de la France, encore que nos insuccès militaires successifs puissent donner à penser que les choses se passent ainsi.

Pierre Servent est-il expert en stratégie militaire, j’en doute fort ? Il est en revanche expert en « ménages » de toutes sortes et en stratégie commerciale à en juger par la multiplicité et la diversité de ses interventions comme des lieux où elles s'opèrent ; tout cela donne à penser qu'il est en fait plutôt chargé de communication au ministère de la défense où il  a pour fonction essentielle de faire passer, subliminalement, les messages officiels sous couvert d’information.

Les opérations militaires sont, d’abord et surtout, de bonnes affaires pour les militaires eux-mêmes, tant sur le plan de la rémunération (les soldes doublent ou triplent) que sur celui des états de service et de la retraite (il en est de même pour les années dans leurs calcul). Tous se les disputent d’ailleurs !
Dès le début de l'opération malienne, j'avais pensé et écrit dans mes blogs que François Hollande avait été totalement manipulé par les militaires de façon à lui donner à penser qu'il avait redorer son blason en Afrique. C'est ainsi que les choses se sont passées au début et, comme Joseph Prudhomme, il a déclaré que son séjour triomphal à Bamako était le plus beau jour de sa vie, comme le sabre du précédent. Les choses se sont un peu moins bien passées à Bangui et de toute façon nous ne sommes pas encore sortis, loin de là, de l'auberge sahélienne.

Il est certain que l’Etat-Major a mis le pain noir des accusations anticolonialistes et les problèmes de la suite de la suite sous les croissants et les pains au chocolat de l'accueil triomphal du départ. Mais Monsieur Pierre Servent et les militaires s'en foutent pas mal car les présidents de la République passent, tandis que la Grande Muette et ses intérêts demeurent et prospère, même sous la Gauche ; les « experts » pourront donc tranquillement continuer à faire « des ménages » et à en vivre largement !

vendredi 13 décembre 2013

Ecole, statistiques et immigration

J'espère que cette accumulation initiale de 13 ne conduira pas à faire à ce livre, dont j'écris aujourd'hui les dernières pages, un sort trop malheureux. Il me faut néanmoins, un jour ou l'autre, mettre un terme à cette divagation sur notre école, mais j’aurais pu mieux choisir la date.
Je suis d'autant plus contraint à conclure que j'ai vu, il y a deux jours, sur France 5, une émission que j'ai déjà évoquée dans un billet précédent à propos de Madame Moisan, directrice, au ministère de l'éducation nationale, de la prévision et de la prospective (Vaste programme – du moins en ce moment -comme avait dit autrefois le Général, certes  sur un autre sujet mais, au fond, pas si éloigné que ça, comme on le verra dans la suite). Elle voisinait dans cette émission avec une rectrice en retraite, le président de quelque association parisienne de parents d'élèves, et un jeune homme qui, au bout de huit années de galère, avait rendu son tablier de professeur de ZEP. Comme souvent dans ce genre d'émission, les propos étaient très parisiens (Calvi veut éviter les frais de déplacement) et, en outre, le pauvre professeur de collège qui connaissait assurément le terrain mieux que les autres, en était réduit, le plus souvent, à faire de la figuration, en particulier du fait de la faconde de Madame Moisan.
Celle-ci, de formation mathématique comme on pouvait le supposer, nous a beaucoup parlé statistique, ce qu'imposait à la fois sa fonction et l'occasion qui avait conduit à réunir ces quatre personnes et qui était évidemment les résultats du PISA. Comme souvent les propos échangés (en dépit de l’absence de l’inévitable Christophe Barbier qui me fait fuir à tout coup) étaient sans grand intérêt. Le seul point qui ait véritablement retenu mon attention, même si ce ne fut guère le cas pour les autres participants, fut une remarque adjacente de Madame Moisan, signalant, au passage et sans s’y attacher, que la chute brutale des résultats scolaires français, du moins en croire les statistiques, se situait vers 1995.
Je ne suis en rien spécialiste de l'histoire de l'éducation et moins encore statisticien et je livre telle quelle une hypothèse en laissant le soin à des spécialistes le soin de la confirmer ou de la réfuter
J’ai en effet été frappé moins par le fait que le début de la chute des résultats scolaires français se situe en 1995 que par l’observation que 1995 se situe en gros une vingtaine d'années après la mise en œuvre de la politique dite du « regroupement familial » par Giscard d'Estaing durant sa présidence. Je me borne ici à quelques remarques sommaires.
Jusqu’à 1960, le taux de natalité de la population immigrée est inférieur à celui des Français, parfois largement. L'immigration féminine est alors rare et la population immigrée est surtout formée, en grande partie, de travailleurs qui sont des hommes isolés dont les familles restent au pays. La situation commence à changer en 1970. Dès 1971, on note 71.000 naissances de mère étrangère pour moins de 3,2 millions d'étrangers.
À partir de 1974, les choses changent radicalement avec la fin de l'immigration de travailleurs masculins isolés ; ce sont surtout dès lors des femmes (et des enfants) qui immigrent au titre du regroupement familial qu’organise le décret d’avril 1976. Ce changement amène un rythme soutenu de naissances au sein de l'immigration, malgré la stagnation et même parfois le recul du nombre des étrangers, surtout dû désormais aux naturalisations.
Pour résumer, depuis les années 1990, on observe une augmentation continuelle de l'immigration familiale en France et l’incidence de ce changement démographique a des incidences majeures sur l’école. Revenons un peu en arrière sur une remarque j'ai fait à plusieurs reprises dans mes blogs
La raison majeure de la dégradation des résultats de notre système éducatif me paraît tenir à deux facteurs essentiels.
D'une part, le changement considérable du public scolaire à la fois sous l'effet de la massification antérieure et sous celui de la nouvelle politique d'immigration à partir de 1975 00dont la principale caractéristique était le regroupement familial.
D'autre part, l'absence de modification des programmes et des objectifs de l'école, alors que le public scolaire a été radicalement modifié, ce qui aurait dû amener une réflexion sur l'adaptation des objectifs scolaires à cette nouvelle population, au moins durant les premières périodes de sa scolarisation.
Même si c'est un point de détail, j'ai tout de même été stupéfait d'entendre l'une de ces spécialistes (je ne sais plus si c'est l'ex rectrice ou la directrice des statistiques) qu'il y a 30 ans, donc vers 1995, les enfants français n'étaient pas tous scolarisés. ! Je vous jure qu’elle a dit ça ! Dans la bouche d’une si haute autorité éducative, une telle affirmation me paraît tout de même relever d’une stupéfiante ignorance ou d’une nullité crasse en calcul mental, les deux pouvant bien sûr coexister 
En tout cas, je n'ai nulle part entendu dire par aucun expert, ni en éducation ni en démographie ou en statistique, que la politique de regroupement familial avait été un facteur très important dans la dégradation de l’état de notre système scolaire et donc qu’il fallait, de toute évidence, en tenir compte et en tirer les conséquences. C'est en effet le regroupement familial qui a fait que, même si les migrants adultes continuent à former dans la population générale un pourcentage relativement modeste et qui se réduit du fait des naturalisations, il en a été tout autrement dans les populations scolarisables et ou scolarisées, en particulier pour ce qui est de l’intégration culturelle et linguistique des nouveaux arrivants ou des enfants nés dans des familles non francophones (mixtes ou non)..
Pour un témoin comme moi qui a habité Marseille durant plusieurs années, cette remarque est évidente, puisque j'y ai vu, durant toute cette période, des mères de famille maghrébines, comoriennes (Marseille est sans doute la ville comorienne la plus importante) ou africaines, tenant par la main ou traînant dans leur jupes ou leurs boubous, une demi-douzaine de marmots, ce qui n'est guère le cas des mères de famille « françaises de souche » comme dit l'autre. De ce fait, assez logiquement l'incidence majeure de ce facteur n'a cessé de croître entre (pour fixer les dates d'une façon arbitraire) 1975 et 1995, les faits majeurs apparaissant dans les statistiques de la réussite scolaire à partir de cette dernière date, selon Madame Moisan, témoin des plus autorisés par sa fonction de DEPP).
Je ne reviens pas sur les problèmes que pose la scolarisation d'enfants qui ne parlent pas le français dans un système scolaire qui n'est pas fait pour eux et où l’on persiste à croire, dur comme fer, (naïvement ou sottement comme vous voudrez) qu'enseigner enfrançais équivaut à enseigner le français ! 
Qu'on n’aille pas m’objecter que les CLIN ; les ZEP ou, ici ou là, les pitreries de cet acabit, poursuivent cet objectif et répondent de façon efficace à ces besoins évidents. Il s'agit là, comme autrefois dans les CEFISEM, de dispositifs qui ont toutes les allures de paysages à la Potemkine ! Il suffit de voir ce qui se passe dans les pays qui ont fait vraiment le choix de mettre en place des dispositifs spécifiques pour les enfants de la migration qui ne parlent pas la langue du pays, pour constater que c'est évidemment la seule solution, mais que c'est précisément celle qu'on se refuse, en France, à mettre en œuvre et même à envisager.
Je suis d'autant plus convaincu de la pertinence de ce point de vue que j'ai vécu de nombreuses années à la Réunion, où le problème a été longtemps le même, du fait que la plupart des enfants qui entraient à l'école parlaient le créole réunionnais et non le français. Je m’y suis heurté, durant toutes ces années, à la résistance farouche des autorités administratives éducatives locales comme à celle de la plupart des enseignants, de français surtout. Les choses ne sont pas réglées actuellement et il suffit pour s'en convaincre de regarder les statistiques de l'échec scolaire qui doivent  être familières à Madame Moisan  et devraient lui donner à réfléchir! 
Je me garderai, au terme de ce parcours, de formuler des conclusions et de suggérer des propositions dont on peut espérer que la plupart des responsables sont parfaitement conscients, même s'ils se refusent tous farouchement à les mettre en œuvre. Il en sera de même sans doute de la « Refondation du système éducatif » par la majorité de gauche actuellement au pouvoir. La ferait-elle d’ailleurs, contre la volonté de ses électeurs et de la plupart des enseignants, que le gouvernement de droite qui lui succédera vraisemblablement s'emploierait aussitôt à remettre en place les bonnes vieilles structures de notre système éducatif qui ont si sûrement et si heureusement fait leurs preuves avec Jules Ferry !

samedi 16 février 2013

Honni soit qui Mali pense (N°5)


Fin de l'euphorie et de l'unanimité autour du Mali.

Premier acte, franco-français celui-ci, vendredi 15 février 2013 au soir, dans l'émission de Calvi où après la belle unanimité nationale du début, on a vu se séparer les hagiographes inconditionnels de l'action de la France (Pierre Servent, qui en avait tombé la cravate pour se vêtir d'une tenue camouflée couleur de muraille et François Clémenceau, l'un et l'autre du coté tricolore de la table) et les intervenants critiques et/ou réalistes, de l'autre côté, comme Antoine Glaser et Mathieu Guidère. Faut-il préciser que le discours des seconds est plus convaincant et mieux informé que celui des premiers dont le seul objectif est le service de la France (du moins ce qu'ils croient l'être) et de son armée.

Second acte, plus important ce matin même où l'on apprend soudain que se tient à N'Djamena une réunion d'urgence des Etats de la CEDEAO. On s'y bornera probablement, comme toujours, à des déclarations de principe, mais le fait témoigne néanmoins de l'inquiétude actuelle après le triomphalisme du début.

La France, quant à elle, reste remarquablement muette comme son armée (c'est sa stratégie à en croire P. Servent!) et s'empresse d'évacuer les journalistes français (tandis que les autres restent sur place) ; on a vu nos soldats les fourrer, en toute hâte, dans des hélicoptères de peur que les djihadistes pensent à en enlever un ou une, ce qui leur donnerait le meilleur moyen de pression sur nos médias nationaux, car, on le sait et ils le savent aussi, une dizaine d'otages de tous poils n'ont guère d'importance, alors que l'enlèvement d'un seul journaliste prend l'allure d'une catastrophe nationale.

Non seulement, on ne nous informe pas, mais tout semble indiquer qu'on nous cache bien des choses ; ainsi la presse canadienne a fait-elle état de la mort d'une vingtaine de soldats maliens tombés dans une embuscade. Il faut d'ailleurs reconnaître que les quelques vues que l'on a de l'intervention des troupes maliennes à Gao relève plus du cinéma comique que d'autres chose ; quand on connaît un tant soit peu l'Afrique, on est frappé par le fait que tout cela est, sinon soigneusement du moins laborieusement, mis en scène avant les prises de vue. C'est la 7ème Compagnie au patronage !

En fait rien, dans une émission comme celle-ci, Calvi aurait dû sortir, pour une fois, de son schéma habituel (Merci de nous avoir épargné Barbier et Perrineau) et il aurait été préférable de limiter le nombre d'interventions à celles des gens qui entendent quelque chose à la question et qui font preuve d'un peu de sincérité et bon sens, c'est-à-dire Guidère et Glaser que je me suis réjoui de voir revenir sur le devant de la scène, même s'il s'y cantonne un peu trop souvent à l'ironie de son sourire.

Il est clair que personne, ni en Europe ni en Afrique, n'est très désireux, pour toutes sortes de raisons, à court ou à long terme, de se joindre à nous pour une intervention militaire sur le terrain. Comme l'ont souligné Guidère et Glaser, le Tchad, qui a envoyé un contingent commandé par le fils d'Idriss Deby, compte clairement sur un renvoi d'ascenseur pour ses actions et prend ainsi une hypothèque sur l'avenir de son propre pays dans la mesure où les choses sont fort loin d'y être réglées. Il y a, en revanche, quelque chose de sinistrement comique à voir l'un de nos principaux ministres évoquer le retour de nos troupes à partir du mois de mars.

Dans cette affaire, Servent a même naïvement confessé la satisfaction des troupes françaises à revenir "sur le terrain", après leur désengagement de l'Afghanistan. Belle raison pour intervenir ! Il s'est évidemment abstenu de parler de l'augmentation massive des soldes et des grands avantages d'ancienneté liés à cette condition d'intervention extérieure.

Bref, et l'on peut pour vérifier, se référer, si l'on veut, à mes posts antérieurs, mais j'y ai dit bien des choses qui ont été enfin dites hier par Guidère et Glaser ; comme je l'ai dit depuis le début, nous sommes très loin d'être sortis de l'auberge malienne où le séjour sera de moins en moins agréable. J'ai tout de même eu la satisfaction d'entendre les deux intervenants compétents dire des choses que j'avais moi-même dites mais que personne, dans la presse nationale, ne se risquait à souligner comme par exemple l'évidence de l'organisation de l'accueil triomphal à Gao et à Tombouctou.

Vous me direz qu'il y avait là des évidences mais, comme disait l'autre, ce qui va sans dire va encore mieux en disant.

 

mardi 5 février 2013

Fana (Mali) ou "mili fana"


Quelques explications liminaires de ce titre, sans doute indispensables, pour mon lectorat étranger (Et vive la Pologne!).

Fana : ville du Mali, dans la région de Koulikoro (ce détail est sans importance !).

"Mili fana" (par abréviation de "militaire fanatique") : individu passionné par le métier militaire (j'ai autrefois appris cette expression de la bouche des "Cyrards" dont la salle de classe, au Lycée du Parc à Lyon, était voisine de celle de la "khâgne).

Grande décision de ma part, hier à 17h50, en regardant l'émission d'Yves Calvi (qui pas fou, s'était mis en vacances pour la circonstance) consacrée au Mali : dès qu'apparaîtront dans une émission les binettes de Christophe Barbier et de Pierre Servent, j'éteindrai aussitôt la télévision et passerai à une autre activité. Ces deux individus, dont les discours sont aussi insipides l'un que l'autre, sont là essentiellement pour faire des "piges" et tenter de vendre leurs salades.

Le premier essaye de fourguer son Express qui n'est plus ce qu'il était depuis bien longtemps (comme le Nouvel Observateur d'ailleurs, ce qui pose et illustre, de façon évidente et dramatique, le problème de la dégringolade de notre presse écrite française). Barbier, qui n'est point sot mais chlorotique et malingre, ne me paraît pas avoir une grande expérience et pratique de la chose militaire, ce qui évidemment ne l'empêche pas d'en parler. Je serais curieux de l'interroger, à brûle pourpoint et sans préparation, sur la FCB et la CFCB qui sont le B A-BA du bidasse, mais doivent lui être des notions tout à fait étrangères ! Ne parlons pas non plus de la géographie du Sahel et même simplement du Mali qui ne semblent pas lui être extrêmement familières.

Avec Servent, dont il partage d'ailleurs plus ou moins les idées politiques et les points de vue, ils se repassent la balle, Barbier, par prudence, rendant hommage de façon discrète aux compétences militaires prétendues de Pierre Servent. Celui-ci, vérification faite, a un CV un peu déconcertant. Il se donne pour "journaliste", ce qui est un peu curieux pour quelqu'un qui par ailleurs se présente comme "lieutenant-colonel (de réserve" ("Chic à Cyr, chic à la tradi..."), ce qui tend à prouver qu'il a fait sous l'uniforme, sa formation de journaliste.

Cela explique, en tout cas, que, dans chacune des émissions où il se trouve, il ne manque jamais de faire la publicité de l'armée ("mili fana") et de souligner l'absolue nécessité de lui donner sans cesse plus de moyens, surtout au moment où l'on rédige le Livre blanc de la défense. Cela ne paraît pas gêner les organisateurs de débats qui le laissent tranquillement faire cette publicité qu'on peut juger discutable. Cela dit, à lire le récit de sa carrière et à voir la litanie des diverses consultations qu'il donne comme les sinécures où il se faufile, on devrait le nommer ministre de la défense car son lobbying serait sans doute plus efficace que celui de Monsieur Le Driant.

Toujours est-il que ces intervenants ont occupé plus de la moitié de cette émission de leur verbiage et en particulier les trente premières minutes. La troisième intervenante, régulière désormais quand il s'agit du Mali, est une charmante jeune femme qui arbore, à chaque passage, des tenues différentes ; comme à Canal+, on finira par nous préciser qu'Aminata Konaté Doune (puisque c'est d'elle qu'il s'agit) est habillée par Machin et coiffée par truc ; Calvi se change en Bellemarre ! Aminata est le témoin principal pour tout ce qui concerne le Mali alors qu'il est bien évident qu'elle est une Malienne d'Évry ou de Montreuil et que lui demander des détails sur le Nord Mali a quelque chose de pittoresque et même de touchant, car de telles questions provoquent chez elle une forme d'embarras et l'obligent à une prudence plus que serpentine.

Reste le quatrième intervenant car c'est lui qui m'a fait demeurer devant mon téléviseur : Antoine Glaser ; comme toujours, il a arboré cet air lointain et distrait, ce qui ne l'a pas empêché pas de faire les réflexions les plus pertinentes, ce qui est bien normal, puisqu'il seul à connaître véritablement les situations africaines et à avoir des idées comme des jugements sur elles. Je ne comprends d'ailleurs pas bien ce qui pousse Antoine Glaser de participer à des émissions de cette nature où ses propos ne rencontrent qu'une indifférence à peine polie, quand ils ne sont pas contredits par l'une ou l'autre des parties qui hésitent d'autant moins à le faire que Glaser est toujours d'une parfaite courtoisie, même face aux pires des sottises, se bornant à son éternel demi-sourire.

Ce fut le cas hier d'ailleurs lorsque "l'expert" Servent, prenant la parole après Antoine Glaser, qui avait souligné l'extrême difficulté de surveiller les frontières dans cette zone (1500 km de désert entre l'Algérie et le Mali, sans parler de celles de la Mauritanie et du Niger), se risqua, pour garder la main et le crachoir, à contester ce point de vue. P. Servent nous a alors ressorti qu'en fait, il n'y a qu'un nombre limité de passes, passages obligés pour les véhicules lourds. Lui, le lieutenant-colonel de réserve, expert en stratégie militaire (Dieu seul sait pourquoi car les lieutenants-colonels sont peu sollicités dans les vraies affaires de stratégie militaire) paraît ne pas connaître la différence entre un véhicule dit lourd et les 4 x 4 Toyota.

Le meilleur moment fut toutefois celui où "l'expert Servent" (le "mili fana"), après nous avoir expliqué, dans le détail et avec émotion, ce qu'étaient les "forces spéciales" nous a infligé un long développement laudatif sur le fait que, au-delà de leurs actions proprement militaires, ces "commandos" avaient à remplir des tâches subtiles de renseignement et d'information ("ces Rambos ont des cerveaux" comme il a précisé en une formule longtemps méditée et que vérifie toutes les occasions qu'on a de voir leurs tronches!) ; dans les zones où ils se trouvent, ils recueillent, en effet, auprès des populations locales, de précieuses informations de toute nature qu'ils transmettent ensuite à la hiérarchie.

De telles réflexions témoignent surtout de la totale ignorance des réalités qu'on évoque, car j'aimerais bien savoir comment, dans un campement tamasheq de la région de Kidal, un commando des forces spéciales, quelque soit l'élévation de son QI, peut bien recueillir quelque information que ce soit auprès de populations, dont il ignore totalement la langue, alors que ces mêmes populations ne parlent pas davantage la sienne.

Mais ce sont là des détails mesquins auxquels ne s'arrête pas un spécialiste éminent de la stratégie militaire.

 

mardi 6 novembre 2012

CNRS et TVA : le rapport Gallois


Mon post d'hier, par ailleurs relativement peu fréquenté, n'a recueilli aucun écho. Je n'ai eu aucun des commentaires que je sollicitais sur l'avenir que je pouvais réserver au sujet abordé, en l'occurrence, le CNRS.
 
Le  problème est pourtant d'actualité et il aurait même dû attirer l'attention de Monsieur Louis Gallois. On voit en effet, dans le développement de la recherche, une solution aux problèmes de notre activité industrielle, alors que nous avons en France HUIT EPST qui ont la charge de ce domaine, dont un CNRS qui emploie 35.000 personnes!
 
Même si vous n'en voulez clairement pas, je vais quand même vous fourguer quelques lignes de mon livre qui ne sont pas les moins intéressantes et les moins importantes :

" Je note sur ces points, non sans stupeur, qu'un établissement comme le CNRS qui regroupe plus de 34.000 chercheurs, techniciens et administratifs et qui, à l'en croire, "exerce son activité dans tous les champs de la connaissance" ne fait état, pour les revenus des "licences et brevets"  que de 16,48 millions d'euros soit 0,5% de ses "ressources propres", ce qui est déjà proprement ridicule.

Toutefois, cette somme est encore beaucoup plus dérisoire lorsque, comme on doit le faire en bonne logique si l'on veut savoir ce que rapporte à la France cet organisme en terme de "licences et de brevets", on met en relation ces 16,48 millions d'euros de profits, non pas avec les seules "ressources propres" mais avec le budget hors ressources propres (même si une bonne partie de ces prétendues ressources propres viennent aussi de l'Etat français).

On constate alors que ces revenus liés aux "licences et brevets" représentent moins de 0,0007 pour cent de la subvention de l'Etat, ce qui n'est même pas dérisoire mais simplement nul!

Le résultat n'est guère meilleur pour les "contrats de recherche". Si l'on ne prend en compte que les contrats avec le privé, on constate qu'avec 43 millions d'euros, ils ne constituent que 10% des ressources du CNRS sur contrats de recherches. Ce pourcentage est lui-même trompeur (non sans calcul) car dans ces contrats, la quasi-totalité vient de contrats avec l'Etat, les collectivités publique ou l'Europe ! Selon le même mode de calcul que ci-dessus, le seul logique, les vrais contrats, avec des partenaires privés ou, en tout cas, non institutionnels ne correspondent donc, en réalité, qu'à moins de 0,002 pour cent de la subvention annuelle que reçoit le CNRS.

Cela met donc hors de prix pour l'Etat le moindre brevet ou le moindre contrat de recherche avec le privé! En d'autres termes sur ce plan, le CNRS, qui coûte si cher à la France, ne lui rapporte rigoureusement RIEN."

Il serait sans doute bon de signaler à Monsieur Louis Gallois ces détails qui, faut-il le préciser, sont extraits des documents budgétaires de CNRS les plus officiels.

Il est vrai que la concurrence de l'actualité est redoutable entre les élections américaines et chinoises, le rapport Gallois et le mariage homosexuel. Je remettrai donc, mon texte sur le CNRS dans le tiroir qu'il n'aurait jamais dû quitter et je reviendrai à mes posts habituels « à sauts et gambades » comme disait le bon Montaigne.

Comme j'attendais les résultats de mon sondage avant d'entreprendre quelque rédaction ce soit, je n'ai pas du tout réfléchi à ce qui pourrait être le sujet de mon post du jour. L'actualité ne manque pas de m'en fournir et j'en vois au moins deux ou trois pour ma livraison d'aujourd'hui.Je n'en garderai qu'un..

Le sujet du jour est évidemment le rapport Gallois, dont on nous bassine depuis des semaines et qui rejoindra, à n'en pas douter, l'armée de l'ombre, innombrable et secrète, des rapports définitivement ensevelis dans nos barathres administratifs. Je dois dire que la mine de Monsieur Gallois n'incite guère à lire sa prose. Qu'est-il venu faire dans cette galère ? Un homme de 68 ans, retraité à la fois des directions de la SNCF et d'EADS, ne doit pas être dans le besoin ; il n'appartient sans doute pas à cette catégorie de "rapporteurs", commissionnés pour des tâches qui ne sont destinées, en réalité, qu'à leur assurer une rémunération occasionnelle supplémentaire, une secrétaire et un véhicule de fonction, sans qu'on se sente obligé, de ce fait même, à une quelconque prise en compte de leur production.

Je ne dirai rien de ce rapport que je n'ai pas lu et que je n'ai aucune intention de lire, à la fois en raison de son contenu et de l'avenir qui lui semble promis. Toutefois les débats qu'il a entraînés m'ont amené à reprendre en considération les doutes que j'ai concernant la compétence et le bon sens de nos économistes.

S'est produit, lundi 5 novembre, dans l'émission de Calvi "C'est plus clair" (ou "dans l'air" ; je ne sais jamais) qui était naturellement consacrée à ce rapport, un incident assez amusant que je vous rapporte brièvement.

Il a opposé Élie Cohen à Mathilde Lemoine, l'un et l'autre étant des économistes distingué(e)s (Je dois faire observer que cette formulation "l'un et l'autre" pose l'un de ces amusants problèmes grammaticaux et orthographiques que les revendications des féministes ont suscités et qui se posent en particulier au Québec, où ces règles sont très strictement appliquées. En effet, la discussion elle-même, qui a démarré avec un propos d'Elie Cohen et l'ordre alphabétique m'amènent à évoquer, dans cet ordre, Élie Cohen et Mathilde Lemoine; la courtoisie conduit toutefois à écrire, dans la suite, non pas "l'un et l'autre" mais " l'une et l'autre", ce qui risque de jeter une ombre sur les mœurs de Monsieur Élie Cohen, dont l'apparence parfaitement virile ne laisse pourtant pas le moindre doute à ce propos). Bref, laissons ce détail et revenons à notre propos.

Parmi les solutions à nos problèmes financiers a été évoquée au cours du débat une augmentation massive des produits de luxe, notre spécialité industrielle, pour lesquels les acheteurs, en général, ne porte pas une attention excessive aux prix. Un amateur de Ferraris ne va pas renoncer à sa marque favorite au seuk prétexte qu'on aura augmenté le prix du modèle qu'il convoite de 5000 € !

Élie Cohen a fait alors observer sur ce point que les directives européennes ne permettent pas d'augmenter la TVA à sa guise et de la porter, par exemple, pour les produits de luxe à 30 %.

Avec beaucoup de délicatesse, Mathilde Lemoine lui a fait observer alors que, sans toucher à la TVA, il est possible, avec le même effet, d'appliquer une taxe spécifique comme l'ont fait les Grecs pour un certain nombre de produits. On a glissé alors pour ne pas faire perdre la face à Elie Cohen! Il est un peu fâcheux, toutefois, que, pour des débats de cette nature réunissant des spécialistes de cette qualité, on constate publiquement pareilles ignorances de la législation en cause.

Espérons que Monsieur Gallois aura regardé cette émission, ou mieux encore, lu ce post!

dimanche 12 juin 2011

La route de l’aspirine est coupée

Effrayante émission « C dans l'air » d'Yves Calvi sur France5, ce vendredi 10 juin 2011, consacrée aux médicaments. Le sujet était apparemment assez anodin, en tout cas pour quelqu'un d'aussi mal informé que moi sur cette question. En revanche excellent plateau d’invités, une fois n’est pas coutume, avec Philippe Even, Marc Girard et François Chast ; Calvi y avait adjoint une dame qui devait passer dans le couloir en cherchant son chemin car on n'a jamais bien su ce qu'elle venait faire là et surtout qui elle était car son nom ne figure même pas dans la liste des invités que j'ai pris la peine de rechercher sur Internet. Un ami m'informe que la dame en cause était de l'Agence française du médicament. Tout s'explique et en particulier son silence gêné!

Je dois dire que cela nous change un peu des sempiternelles émissions politiques sur les candidats à la présidentielle dont Calvi nous réserve à peu près 300 resucées d’ici l'élection proprement dite, avec les éternels Christophe Barbier, Roland Cayrol et Pascal Perrineau. Leur absence, à elle seule, créait chez le téléspectateur des dispositions favorables à l'écoute car, pour une fois, on avait affaire à des gens qui de toute évidence savaient de quoi ils parlaient et, d'autre part, n'avaient pas totalement leur langue dans leur poche.

Je vous la fais courte comme toujours, le bilan est effrayant. Je savais, comme tout le monde, que nous ne fabriquons à peu près plus rien, des téléviseurs au presse-purées en passant par les jouets et les autos, mais je croyais au moins que nous fabriquions encore nos médicaments et les principes actifs qui entrent dans leur composition. Eh bien non ! Tout nous vient désormais de Chine comme les ordinateurs et les tee-shirts. La chose est un peu effrayante au plan industriel mais elle l'est plus encore au plan pharmacologique et même médical.

En effet non contents de produire leurs principes actifs (ceux des médocs, pas des Asiates qui certes n’en manquent pas !), les Chinois fabriquent aussi les médicaments eux-mêmes et cela dans des conditions qui ne sont pas tout à fait les nôtres puisque leurs normes de sécurité et de contrôle de ces fabrications ne sont pas du tout celles de l'Europe. Autant dire qu'une partie, mal appréciable mais certaine, des médicaments que nous consommons n'est pas en conformité avec les règles de composition et de fabrication qui devraient être en vigueur.

Si j'ai bien suivi, le plus bel exemple de la chose est l'héparine. Un simple coup d’œil dans Wikipédia me permet de faire le savant ce qui est, un instant, nécessaire. L’héparine est une substance ayant des propriétés anticoagulantes extrêmement puissantes, ce qui la fait utiliser contre la thrombose. Elle est administrée par voie intraveineuse ou sous-cutanée, selon la dose à administrer. Elle active une protéine plasmatique : l'antithrombine. « L'héparine est extraite industriellement d'intestin de porc (Europe) ou de poumon de bœuf. Les abats d'autres mammifères d'élevage peuvent être utilisés comme sources secondaires ».

Cet article est assez inexact, dans sa partie finale du moins car, à en croire les spécialistes présents, ce médicament doit être désormais fabriqué exclusivement à partir du porc et c’est là tout le problème. Pour vous résumer les choses, pour faire une dose d'héparine injectable, il faut un cochon. Comme le faisait remarquer avec humour l’un des participants « dans le cochon tout est bon » surtout et avant tout pour l'héparine ! Je me demande, en passant, mais en passant seulement, si l'héparine est utilisée dans les pays musulmans. Peut-être est-ce compatible avec les exigences du Coran dans la mesure où ceux qui reçoivent ce traitement ne savent pas qu'on leur injecte du porc ! Pour en revenir à l'héparine et aux cochons, la Chine élève à environ 1 milliard de porcs ; toutefois, il peut arriver que les énormes besoins en héparine et en cochons fassent que l'on n’ait pas assez de cochons pour fabriquer les quantités nécessaires de ce médicament. Les industriels, chinois et peu scrupuleux, usent alors d'os d'autres animaux, comme les moutons ou les vaches qui contiennent un principe dont la formule chimique est très voisine de celle de l'héparine, ce qui fait qu'à l'analyse on ne peut pas aisément faire la différence.

Le drame potentiel est qu’on sait désormais (et Wikipédia est fautif sur ce point précis et essentiel) que l'héparine doit être fabriquée exclusivement à partir de porcs car si on la fabrique à partir d'autres animaux, comme le mouton ou la vache, on peut transmettre des maladies (tremblade du mouton ou vache folle) qui risquent de donner, à terme, à ceux qui reçoivent le traitement, la maladie de Kreutzfeld Jacob. Le problème est qu'on ne le saura que dans de nombreuses années et que ces industriels criminels peuvent, en attendant, continuer leur coupable industrie qui fait peser des menaces fatales sur une foule de malades.

Ce cas est certes un peu limite, mais rien ne prouve que les médicaments que nous achetons ont été préparés selon les règles et qu'un pourcentage d'entre eux, si faible soit-il, n'a peut-être pas l'efficacité qu'on leur suppose, sans parler de risques éventuels liés à ces défauts de fabrication.

Le pire de tous et que si la fabrication en Chine des chemises et des T-shirts a sans doute contribué, au moins dans certains circuits « low cost », à faire baisser le prix de ces articles, il n'en est rien pour les médicaments et l'exportation de la fabrication des médicaments en Chine n'a en rien entraîné la baisse de leurs prix. J'espère que vous est bien installé pour entendre la suite. Selon l'avis unanime des experts présents dans l'émission, en France le prix de vente d'un médicament fabriqué en Chine dans les conditions décrites ci-dessus est, par rapport à son coût de fabrication, dans un rapport qui va de 10 ou 20 à 100 voire, pour certains d'entre eux, à 500. Autant dire que l'industrie pharmaceutique peut vivre sur le grand pied que nous constatons chaque jour. Je laisse de côté le problème du coût de la recherche pour la mise au point de ces médicaments. Selon un propos que Philip Even répète souvent, d’une part la France, depuis 10 ou 15 ans, ne fait plus de recherche sur la mise au point de médicaments nouveaux, se contentant de ceux qui existent déjà ou de médicaments de seconde zone qui ne nécessitent pas d'études approfondies. Quant aux tests et aux expériences, on va les faire en général, à moindres coûts et sans grands risques, en Europe centrale ou de l'Est ou en Afrique. Quant à la mise au point et à la recherche sur les médicaments nouveaux, elle est infiniment moins coûteuse que l’industrie pharmaceutique veut nous le faire croire ; on parle volontiers en centaines de millions de dollars alors qu'il ne s'agit, dans la plupart des cas, que de dizaines !

Le problème est que, dans le système social qui est le nôtre, les gigantesques profits de l'industrie pharmaceutique (je devrais plutôt dire le COMMERCE industriel pharmaceutique puisque cette prétendue industrie ne fabrique plus rien en réalité) qui, après tout, pourraient être regardés comme faisant marcher un commerce privé, sont en réalité des IMPOTS puisque une partie très importante des médicaments achetés est remboursée par la sécurité sociale, donc payée, en fait, par l’Etat et donc par nos contributions. Nous n’enrichissons donc par là que ce commerce pseudo-industriel pharmaceutique qui, en plus, est souvent suisse ou allemand !

Au sortir d'une telle émission, on est un peu partagé, pour ce qui me concerne du moins. Certes l’heure passée avec ces spécialistes est moralement un peu éprouvante mais, d'un autre côté, on a échappé, un moment, à la logorrhée insipide et répétitive sur les futures élections présidentielles car nous n’aurons sans doute pas la chance d'avoir, tous les mois, une affaire Strauss-Kahn pour mettre un peu de piment dans la sauce politique.

La route de l’aspirine est coupée puisque nous n’en fabriquons plus un seul cachet en Europe et que les Chinois peuvent donc nous condamner, du jour au lendemain, au mal de tête. En revanche, la route vers les comptes en banque des commerçants industriels pharmaceutiques est largement ouverte et des plus fréquentées !

dimanche 20 février 2011

Zoroastre, Mahomet et Ali

Les émissions de Calvi, sur la Cinq à 17 heures 48 (je ne sais jamais si c’est « C plus clair » ou « C dans l’air » mais la chose est sans importance) sont souvent intéressantes dans une télévision qui ne donne plus guère que dans la Pernauterie style TF1 et s’apparente désormais aux magazines populaires d’antan, Détective ou Qui Police?, qui ne faisaient que dans le fait-divers, de préférence sanglant et éventuelllement salace. Ces émissions sont surtout intéressantes quand Calvi s'abstient d'y inviter Odon Vallet (hélas toujours libre et qui vient, la teinture encore toute fraiche, nous réciter des citations laborieusement apprises le matin même) ou les « journalistes » parisiens habitués des lieux, qui sont là pour promouvoir leur feuille de chou et/ou leur dernier livre ; leurs propos se réduisent, le plus souvent, à des conversations de bistrot germano-pratin, sans avoir le charme des brèves de comptoir. En revanche, certains des invités ont à dire des choses qui ne traînent pas partout, comme l’économiste Jean-Marie Daniel, Adler, Benjamin Stora ou Antoine Sfeir, tous hélas trop rares en ces lieux.

Il y a deux ou trois jours, A. Sfeir a eu deux interventions intéressantes.

La première, la moins riche sur le plan général mais la plus drôle sur le plan personnel pour le Libanais qu’il est, a concerné la Syrie. Il nous a confié, quoiqu’il lui en coûtât (de son propre aveu, a peine murmuré il est vrai) que Bachar El Hassad était populaire en Syrie, la population locale ne portant sa détestation que sur son entourage.

Seconde remarque d’une toute autre portée, à propos des événements qui agitent le Maghreb et le Machrek. A. Sfeir, le seul à le faire, a placé, dans une vue originale mais qui mérite sans doute des éclairages, tous ces événements dans le cadre d'un vieux conflit entre la Perse et le monde arabe, commencé il y a quatorze siècles. On a pu en trouver le symbole dans les récents échanges aigres-doux entre l'Iran et l'Égypte.

Certes poser le problème en ces termes constitue une hypothèse brillante et séduisante mais dont les fondements sont quand même un peu trop lointains pour être réellement pertinents. Je ne pense pas que ni un Ahmadinejad, dont les études sont un mystère et qui se passionne plus pour le football que pour Zoroastre, ni un Moubarak (ou le général qui ne tardera pas à lui succéder) n’aient la moindre idée sur de tels sujets.

Nous avons sans doute en occident, une vue un peu plus exacte et présente de la Perse, à travers les Achéménides, Darius, Xerxès puis Alexandre, que celle qu’on doit avoir dans les campagnes iraniennes d’où est issu notre Mahmood. Ce n’est qu’au VIIè siècle que la conquête musulmane fera de la Perse, devenue sous les Sassanides l’Iran, une terre d’islam. Cette terre reprendra le nom de Perse jusqu’en 1934 ou le Shah lui fera retrouver son nom vernaculaire d’Iran, seuls les étrangers ayant, en fait repris, le vieux nom de Perse hérité de la dénomination grecque.

Arabisé et islamisé, l’Iran gardera sa langue ( du groupe indo-iranien de la famille indo-européenne, sans aucun rapport avec l’arabe, même si une écriture du persan est apparentée à celle de l’arabe) et des élémnts de sa culture (en particulier à travers le zoroastrisme).

C'est là une idée, brillante mais fondée et qui mérite d'être exposée dans le contexte géo-stratégique actuel, même si je ne suis pas totalement convaincu pour ma part. En revanche, comme j'ai déjà eu l'occasion de le dire, je trouve que, dans toutes ces affaires, on a une tendance fâcheuse à sous-estimer le conflit entre Musulmans chiites et sunnites, qui est probablement la cause de la mort du plus grand nombre de Musulmans dans la dernière décennie, sans même prendre en compte dans cette affaire la guerre Iran-Irak qui avait, pour une part limitée, l'aspect d'un conflit de cette nature, même si 60% des Irakiens sont chiites (contre 90% des Iraniens).

Je suis très loin d'être un spécialiste de l'islam, mais j'ai toujours été frappé par la violence des conflits entre Chiites et Sunnites, surtout quand on songe à ce qui sépare réellement, sur le plan théologique, ces deux courants. Les Chiites considèrent qu’Ali, cousin et gendre du Prophète et le premier homme à accepter l'islam, est le successeur immédiat de Mahomet. Why not ?

Cette affaire me fait toujours penser à Gulliver et à la guerre entre Lilliput et Blefuscu, suite aux conflits entre les « Petit boutiens » et « Gros boutiens » qui se divisaient et s’affrontaient sur la façon d'entamer les oeufs à la coque, par le gros ou le petit bout ! Il est vrai, toutefois, que nos propres guerres de religion ne sont guère plus défendables, vues de l’extérieur, et que leurs conséquences ont été, à l’époque, tout aussi catastrophiques.

Force est de constater que si minoritaires que soient les Chiites dans l’ensemble des Musulmans du monde (ils ne sont pas sans doute plus de 15%), ils jouent un rôle qu’on aurait sans doute tort de négliger, au Moyen-Orient surtout, qu’ils le tiennent soit de l’extérieur (par les prises de position et les probables actions en sous-main de l’Iran, tant au Liban qu’à Gaza), soit de l’intérieur (à Bahrein où ils sont très majoritaires ou au Yemen ).

Un pays exemplaire à cet égard que je connaisse est l’Ile Maurice dont la population compte 20% de Musulmans. Ils vivent en bonne intelligence, même s’ils célèbrent de façon différente, l’achoura. Les Sunnites jeûnent, suivant ainsi l'exemple du Prophète. Pour les Chiites, très minoritaires, c’est un jour de deuil important qui marque la mort de l'imam Hussein, petit-fils de Mahomet, tué lors de la bataille de Kerbala en Irak (sa tombe s’y trouve). Tout au long de la journée qu’on nomme le « goun », les hommes marchent dans les rues en se frappant la poitrine et la tête ou même en se flagellant pour exprimer leur douleur au souvenir de la mort d’Hussein. La sagesse locale créole conseille de ne s’en point mêler. « Si to per tig, to pa get gun” (= si tu as peur du tigre, ne vas pas voir le Goon”).

Pour conclure sur ce point et dans l’attente des commentaires de plus savants que moi en la matière, je dois dire que je crains moins les affrontements de Zoroastre et de Mahomet que ceux qui, à propos d’Ali, peuvent survenir entre Chiites et Sunnites.

samedi 8 janvier 2011

Deux heures de télé : vendredi 7 janvier 2011 17:45-19:45

Un peu de loisir en fin de semaine et deux heures de télévision ainsi composées une heure pour voir « C'dans l’air » de Calvi, consacré ce jour à la crise ivoirienne en relation avec la Françafrique (du moins le titre annoncé permet-il de le supposer), puis le reste pour le « Grand journal » de Denisot où, le vendredi, on fait une place plus importante à la politique qu’aux niaiseries racoleuses et/ou jeunistes.
« C dans l’air ». Les invités ne sont pas terribles à première vue.

L'inévitable Pascal Boniface qui, fort heureusement, ne sortira pas à nouveau son numéro de « Drogba for President » qu'il a déjà fait en ce même lieu et dont je vous ai parlé naguère ici-même.

Un Black, obligatoire en pareil cas comme l’unique joueur de tennis de couleur parmi les membres blancs d'un club sportif postcolonial sur ce continent. Le pauvre n’a rien à dire et se borne à des sourires approbateurs.

Une figure inconnue et inattendue en revanche, Dominique Pin, que je n'ai pas identifié d'abord, faute d'avoir assisté aux premières minutes de l'émission et auquel j'ai consacré un post hier « Dominique le(vil)Pin et Dominique de Villepin »). Cette présence aurait pu être pittoresque si Calvi, qui prétend pourtant avoir préparé son émission, avait évoqué réellement dans son émission la Françafrique. En effet, tous les bons annuaires font mention de ce D. Pin qui, durant sa carrière est passé de Kinshasa à Abidjan via le MAE (chez Bruno Delaye) et la cellule africaine de l’Elysée. Un beau parcours pour parler de la Françafrique, d’autant qu’il a été aussi, contre toute attente, au Niger, en 2006-7, comme directeur régional d’AREVA, ce qui est pour le moins insolite pour un modeste fonctionnaire du Quai. Ses propos seront chez Calvi sans le moins d'intérêt, sa contribution se limitant, pour lui aussi, aux sourires entendus de celui qui sait le fond des choses.

En revanche excellente prestation d'un journaliste spécialisé, Vincent Hugeux, qui manifestement connaît parfaitement la Côte d'Ivoire, mais surtout parle clair et franc. Ses propos ont été à la fois informés, intéressants et sincères, ce qui n'est pas souvent le cas dans ce genre d'émission. En tout cas bravo pour Vincent Hugeux et le choix de Calvi.

Alléché par cette émission, j'ai embrayé directement avec les infos et le « Grand journal » de Denisot, car le vendredi est le jour où il invite les « analystes politiques ». La présence de Luc Ferry était pour moi un élément favorable, car cet homme, manifestement intelligent , a la rare particularité de la sincérité et de l'honnêteté. Les deux autres étaient des invités habituels Thomas Legrand et l'inénarrable Joseph Macé Scarron dans son accoutrement et ses propos habituels.

Petits faits de société significatifs et plus intéressants que le fond.

On s’est d'emblée moqué, je ne sais trop pourquoi, de la veste en velours de Luc Ferry qui n'avait, à mon sens, rien de très remarquable et moins encore de comique. Ce qui est à remarquer dans ce genre d'affaire, c’est que, si l’on brocarde la tenue, somme toute des plus banales, de Luc Ferry, personne, en revanche, ne se hasarde à dire quoi que ce soit de l’accoutrement insolite de Joseph Macé-Scarron. Ce dernier en effet ne manque jamais de se présenter, ici comme partout, en T-shirt moulant (trop petit de deux tailles) pour mettre en valeur ce qu'il juge être son charme majeur, c'est-à-dire ses biceps musculeux et tatoués. Le bougre a l'air de se croire dans le back-room d’un bar gay du Marais, mais nul ne s'aviserait de rire d'une tenue aussi grotesque que déplacée, crainte de se voir taxer d'homophobie

Sur le fond de l’émission pas grand-chose à dire sinon que Luc Ferry a remis à sa place Ali Baddou, qui interromp, sans cesse et sans rime ni raison, les invités. Là aussi, silence général et habituel face à ce comportement constant (le seul à l’avoir allumé sur ce point est Michel Rocard) car chacun craint de passer pour un raciste anti-arabe. Quant au patron, Denisot, dont ce serait pourtant le rôle, n’étant jamais allé à l’école, il est transi d’admiration devant un Marocain agrégé qui parcourt vaguement trois livres dans la semaine !

Luc Ferry s'est aussi séparé de l'admiration générale qui entourait la référence obligée au livre de Stéphane Hessel sur le devoir de l'indignation. Son propos a été, comme toujours, fort raisonnable même s'il s'est écarté délibérément de l'opinion commune.

Le moment le plus drôle a été celui où l’on a demandé aux trois protagonistes pour qui ils envisageaient de voter en 2012. Luc Ferry, à la stupeur générale, a annoncé que, pour la première fois de sa vie, il envisageait de voter à gauche, mais que, s'il devait le faire, il souhaitait que ce puisse être pour François Hollande. Ce choix me paraît un peu discutable et l’hypothèse peu probable, car les chances de Flamby aux primaires du PS sont des plus minces. J’ai trouvé néanmoins la prise de position franche, les deux autres loustics assis à ses côtés se gardant bien d'affirmer aussi simplement leur préférence. Mais, au fond, en ont-ils même une ?

mardi 4 janvier 2011

Mélenchon ou Melanchthon ?

Le malin génie qui doit habiter mon ordinateur fait que toutes les fois que je m'assieds devant lui avec l'intention d'écrire un post sur un sujet quelconque, j'en écris, en fait, un autre qui n'a rien à voir avec celui que je projetais.
Un exemple du jour ! Ce matin, je voulais pouvoir enfin déverser ma bile sur la publicité et les publicitaires, qui, contenue depuis des lustres, nuit à ma santé, mais voilà que j'ai écouté Jean-Luc Mélenchon et que ses propos acides sur le PS en général et Manuel Valls en particulier m’ont orienté vers un tout autre sujet.

Un mot sur Mélenchon d'abord, en particulier pour expliquer ce titre que d'aucuns jugeront sans doute quelque peu sibyllin ou, en tout cas, inattendu. Je ne sais pas quelle est l'origine du patronyme Mélenchon, mais il m’a toujours fait irrésistiblement penser, à celui du grand théologien allemand du protestantisme Melanchthon, grand érudit qui avait hellénisé son nom allemand tout en lui conservant son sens de « terre noire ». Il faut dire que l'évolution actuelle de notre Jean-Luc n'est pas faite pour écarter ce rapprochement un peu douteux.

En effet, de même que Melanchthon (1497-1560), auteur de la Convention d’Augsbourg (1530) se considérait comme le dépositaire de la pensée théologique luthérienne, de même notre Mélenchon est devenu l’augure et l'utilisateur exclusif de la pensée de gauche française. Il faut dire que le bougre a de la verve et que son succès médiatique fait qu'il en use de plus en plus, non sans quelque talent.

Il faut reconnaître aussi qu'il a fait des progrès sur le plan de l’information et que ses propos ne sont pas toujours dépourvus de fondements politiques et économiques depuis qu'il a abandonné la pure et simple vocifération qui fondait ses premiers succès et dont la pauvre Lolo Ferrari a fait les frais.

Je ne prendrai que l'exemple de la dernière déclaration de Manuel Vals sur le « déverrouillage » des 35 heures qui l’inspirait ce matin.

Une vacherie que vous avez oubliée, cher Jean-Luc (les conseils d’Usbek, pour judicieux qu’ils soient - je me garderai ici d’un incongru imparfait du subjonctif dont notre président est depuis peu tombé amoureux - sont toujours gratuits) c’est que notre "petit Manuel" (comme vous dites, mais avec une minuscule) est d’autant plus qualifié pour parler du travail qu’il n’a, lui-même, jamais travaillé de sa vie, comme nombre de nos hommes politiques, dont notre Premier ministre.

L'ennui est que, comme ses ennemis de droite, Mélenchon ne retient de tout cela que l'aspect politicien (je ne dis pas « politique » pour ne pas salir ce beau mot !) ; il faut bien reconnaître que les commentaires que l'on entend ou lit vont tous dans ce sens. On dénonce la dérive à droite d'une partie du parti socialiste et Mélenchon met dans le même sac Strauss-Kahn et Vals.

Je dois dire que ma lumière dans ce domaine est toute récente et que je n'ai été informé de cet aspect des choses qu'au cours de l'émission d'hier (3 janvier 2011) « C est plus clair » de Calvi au cours de laquelle, comme toujours, la plupart des protagonistes n'étaient là que pour faire une figuration aussi quotidienne qu’insipide (ils ne doivent pas avoir grand-chose d'autre à faire, ces « invités » qui ne viennent, en fait, que faire la promotion de leur journal ou de leur ouvrage du moment, ou les deux comme C. Barbier). L'un des rares invités intéressants est un professeur d'économie, Jean-Marie Daniel, qui a le rare mérite de ne rien vendre, de ne pas ramener sans cesse sa fraise et surtout d’avoir des interventions toujours fort instructives et particulièrement bien informées.

Hier, à la différence des trois autres « invités » permanents, égaux à eux-mêmes (la seule originalité était que Pascal Perrineau, s'il avait comme toujours soigné son brushing, n'avait pas mis de rouge à lèvres) et qui tenaient les mêmes discours que tout le monde, J.M. Daniel a fait observer que Manuel Valls cherche peut-être , avant les autres candidats potentiels du PS, à anticiper et à s'inscrire dans une logique européenne que défendra probablement la présidence hongroise, avec l'appui de l'Allemagne et de la Grande-Bretagne et qui consistera à supprimer, dans l'UE, toute réglementation de la durée du travail. Si cette analyse est exacte (et, en général, les analyses de J.M. Daniel le sont), Manuel Vals (qui lui a un nom d’eau minérale ardéchoise, juste retour des choses pour "le petit Manuel" que R. Chapuis, député de l'Ardèche, a fait entrer en politique comme attaché parlementaire), le moment venu, apparaîtra comme le plus lucide des prétendants socialistes dans des analyses économiques qui sont, en général, sont totalement débiles rue de Solférino.

Autre flèche que vous fournit gratuitement Usbek, cher Jean-Luc : si la mère porteuse des 35 heures a bien été Martine Aubry, le géniteur qui a fourni le sperme (dont, dit-on, il n’est pas avare) était Dominique Strauss-Kahn !

Àffaire à suivre.

mardi 28 décembre 2010

Abidjan : Drogba for President !

Comme toujours les conseils d’Usbek (Usbek Consulting Corp.), si pertinents qu’ils soient (et en outre gratuits, ce qui est plus rare et ne gâte rien) n’ont pas été suivis.

Du fond des vallées autrichiennes, j’avais pourtant fait une suggestion, au mépris de ma santé mentale, que menaçait gravement le recours obligé au clavier teuton. Je rappelle les termes de ma proposition de solution au problème ivoirien.

« Bref je vais faire court. Après des élections qui ont eu lieu dimanche dernier en Côte d’Ivoire et en Haïti, les Haitiens n’ont toujours pas de président de la republique, tandis que les Ivoiriens en ont deux ! Nous sommes tous des francophonoes que diable et nous devons donc nous entraider. Que Thabo Mbeki reste donc chez lui puisque j ai une solution simple et radicale.

On organise à Abidjan une épreuve qualificative (bras de fer, lutte sénégalaise, 421, morpion, etc..., au choix...) entre Gbagbo et Ouattara ; le vaincu sera expédié aussitôt en Haïti pour y faire president. Apres tout, ce ne sera qu un juste retour de choses , restent à déterminer les modalités concrètes du voyage : En premièe classe aérienne ou à fond de cale ? ». Je penche, à titre personnel, en faveur de la seconde solution, pour des raisons diverses !

Si j’avais voulu plaisanter, étant à l’époque en Autriche, j’aurais pu invoquer, en la circonstance, la devise des Habsbourg. Elle souligne en effet leur stratégie d’accroissement de leur puissance politique par les mariages : "Bella gerant alii, tu felix Austria nube" . Benoît ne me commentant plus , je vais donc devoir traduire « Les autres ont recours à la guerre, toi, heureuse Autriche, au mariage ! »). « Maman Simone » n’étant, dit-on, plus seule en piste, pourquoi ne pas faire de Ouattara la troisième épouse de Laurent. Vous allez me dire que, dans cette affaire, le musulman c’est Ouattara, mais ce pourrait être là justement une raison de plus en faveur de ma suggestion ! Gai ! Gai ! Marions-les !

Une contribution, nouvelle mais majeure, à ce concours d’inventions de solutions au conflit ivoirien a été apportée hier, contre toute attente, par Pascal Boniface, l’un des piliers de « C dans l'air », l’émission de Calvi. Ce dernier qui était naturellement en vacances, comme tout l’audiovisuel français, se serait sans doute esclaffé devant une telle proposition qui a laissé de marbre son remplaçant.

Boniface, expert en géopolitique et en football (il se partage équitablement entre ces deux passions), les a enfin réunies hier.

N’avait-il pas éliminé d’excessives libations festives ou bu un coup de trop pour lutter contre le froid polaire? Je ne sais. Toujours est-il qu’après avoir longuement souligné l’impossibilité de régler ce conflit vu l’inflexibilité de Gbagbo (tous ses propos étant un tissu d’évidences et de banalités, sous le regard doucement ironique d’un Glaser peu loquace), Boniface a sorti, pour finir, son arme secrète propre à résoudre miraculeusement le conflit : le footballeur ivoirien de Chelsea Didier Drogba. L’idée lumineuse de Boniface est que si Drogba demande gentiment à Gbagbo de retirer, ce dernier ne pourra le refuser à l’idole des tiffosi ivoiriens !

Infirmiers emmenez-le !

On ne sait pas si, comme Jules César selon Suétone, Boniface (n’oubliez pas que c’est là un nom de pape !) est « trop audacieux ou trop prudent ». Sa proposition, pour inattendue qu’elle soit, est, en effet, trop timorée. Allons plus loin que le trop prudent Boniface!

Drogba for President !

mardi 23 novembre 2010

« La France ! Ton français fout le camp ! »

On connaît l'apostrophe de la Du Barry à Louis XV qu'elle appelait, dans l’intimité, « la France ! » Un jour où le café que se préparait le roi était en train de bouillir, elle lui aurait crié. « La France ! Ton café fout le camp ! ». Voilà qui établit que déjà sous Louis XV, était en vogue l'aphorisme bien connu « Café bouillu ! Café foutu ! ».

« Où veut-il en venir ? » vous interrogez-vous dejà, pétulante lectrice ou impatient lecteur.

Peut-être ne l’avez-vous pas noté, mais il n'y a plus dans notre gouvernement de secrétariat d'État ou de ministère à la francophonie, ce qui avait été, en 1986, je crois, une des plus belles conquêtes du chiraquisme et cela d’autant qu’il avait confié ce poste à la bouillante Lucette Michaux-Chevry. Omission ou choix délibéré ? Force est de constater que notre langue ne se porte pas des mieux.

Dans l'émission d’Yves Calvi « C plus clair », à la contemplation ennuyée de laquelle je me suis arraché sans trop de peine à 18 heures 05 pour venir ici cracher mon venin, Denis Olivennes pérorait longuement, comme à son habitude, avec cette manifeste jubilation qu’il est bien le seul à éprouver à l’écoute extatique de ses propos. Olivennes est désormais une figure obligéeet sans doute gratuite de cette émission où, à la différence des autres, il n’a généralement rien à vendre, à part le Nouvel Obs.

J'ai donc entendu, ce mardi 23 novembre 2010 à 18 heures, cet agrégé de lettres modernes, qui, non sans quelque raison et bon sens, préfère la quiétude et la salaire de la direction du Nouvel Observateur aux tumultueuses et peu rémunératrices activités pédagogiques auxquelles on pouvait le croire promis, énoncer, non sans quelque cuistrerie, que les luttes syndicales, lors de la dernière période, s'étaient « encalaminées ».

Non, Monsieur le directeur-agrégé à moins que ce ne soit Monsieur l’agrégé-directeur, vous avez,sans le moindre doute, voulu dire « encalminées » ! Votre « encalaminé » en effet n’existe pas en français et il n’y avait pas plus de « calamine » au temps de la marine à voiles que de beurre en broche. « Encalminé », en revanche, est un joli mot de cette époque dont on use pour un navire qui se trouve immobilisé dans les calmes ! Quand on veut être élégant et faire le savant dans son expression ou se montrer précis dans ses formulations, mieux vaut ne pas se tromper.

Ce défaut est hélas de plus en plus courant. Ainsi, certains de nos beaux esprits jugent-ils plus élégant de dire « errements » qu' « erreurs », même si le mot « errements », le plus souvent pluriel, n'a nullement le sens que ces ignorants lui attribuent, en voulant par là se distinguer du bon peuple.

Certaines fausses élégances de langage qui, le plus souvent, sont fautives, m'exaspèrent. J'évoquais précédemment « errements » mais j'aurais pu tout aussi bien citer le verbe « initier » qu'on emploie désormais, de la façon la plus courante, au sens de « commencer » ou « créer », alors que ces deux braves bons vieux verbes remplissent encore parfaitement leur fonction. On dit partout « initier un projet », ce qui est un emploi contre nature de ce verbe qui ne peut guère avoir qu'un complément d'objet animé, comme au bon vieux temps où les dames mûres initiaient les jeunes gens aux délices de l'amour.

Une autre de mes exaspérations, hélas pire et plus fréquente encore, a désormais conquis aussi bien les documents administratifs que les sites Internet, elle tient à un usage totalement absurde du verbe « renseigner ». On vous demande désormais très souvent de bien vouloir, non pas "remplir" mais « renseigner » un questionnaire ou un formulaire qui, les pauvres, sont en fait bien empêchés d'être « renseignés » puisque le verbe « renseigner » ne peut qu'avoir qu'un complément animé et que seule une personne (et non pas un questionnaire) peut être renseignée !

Le malheur est que, désormais si vous vous exprimez en français d'une façon à peu près correcte, on a tendance à vous regarder comme un précieux qui cherche des petites bêtes là où il n'y en a pas. Regardez donc notre pauvre Nicolas Sarkozy qui, dans son interview de l'Élysée, a eu le malheur, de la façon la plus légitime et pour établir la concordance des temps, d’user d'un imparfait du subjonctif. Il a, en effet, dit, à propos de Jean-Louis Borloo : « J'aurais aimé qu'il restât dans le gouvernement ». Les humoristes de service qui, dans le présent contexte, sont peu portés au sarkozysme, s'en sont donnés à coeur joie pendant près d'une semaine, à coups de subjonctifs tous plus fantaisistes les uns que les autres, alors que celui du président avait été parfaitement correct.

J’ai entendu dire, mais je ne saurais vous garantir l'authenticité de l'anecdote, qu'après une intervention sur les problèmes financiers de l'Irlande au parlement européen, Rachida Dati s'était défendue d'une ignorance technique sur un chiffre qui aurait entaché son propos, en disant : « Encore aurait-il fallu que je le susse! ».

samedi 26 juin 2010

Du bénévolat sportif

La brillante prestation de l’équipe de France de football, au-delà de l’aspect proprement sportif où nous avons pu voir à l’oeuvre les plus talentueux de nos footballeurs, dont les grand clubs allemands, anglais, italiens et espagnols se disputent les faveux (les has beens allant, eux, se faire voir chez les Grecs !) nous a aussi permis de juger de l’état moral et intellectuel de ces mêmes sportifs.

J’ai encore entrevu hier Evra, qui, se laissant à aller à baisser un instant la vitre arrière fumée de sa Mercedes dernier modèle (moins bien toutefois que celle de Gallas à 500.000 euros !), confiait au monde sa souffrance en termes choisis ...par son conseiller en communication. Titi-la-paluche, avec Denisot, n'était pas mauvais non plus assurant, dans le même mouvement, à trente secondes d'intervalle, que Nico n'avait pas tenu les propos que lui avait prêtés l'Esquipe, mais affirmant aussi qu'il n'avait pas entendu, dans le brouhaha du verstiaire, ce qu'avait dit Anelka! Et Denisot, ravi de son escapade à Barcelone et de son déjeûner sur la Rambla, de sourire niaisement, comme à son habitude!

On a beaucoup glosé sur toutes ces affaires et on même pu entendre à ce sujet le très sérieux Pascal Boniface, fondateur (en 1991) et patron de l’IRIS (non pas la superbe fleur bulbeuse de nos jardins, mais l’Institut de Recherches Internationales et Stratégiques). Je l’ai vu chez Calvi, dans « C plus clair » il y a quelques jours, nous faire des révélations sur ce thème. qu’on peut, de loin, juger inattendu.

Il faut toutefois dire que la polyvalence polygraphique de Boniface l’installe en quasi-permanence chez Calvi, de la géopolitique au foot en passant par Gaza (une autre de ses spécialités où il ne réussit pas toujours !), ce qui est déjà peut-être de sa part, du moins je le suppose, une forme de bénévolat.

En effet, si l’on en croit un récent rapport de la Cour des comptes, Calvi est fort habile à gérer ses propres affaires avec France Télévision, où, lit-on, il serait payé deux fois ...à temps plein. Parvient-il aussi à ne pas rémunèrer ses invités autrement que par la publicité gratuite qu’il leur fait pour leurs ouvrages ? Je ne sais pas. Ce sont sans doute ces divers profits qui lui ont permis de mettre un terme artificiel à sa précoce calvitie (Calvi-tie ! Hi ! Hi ! Hi !), en se faisant faire sur le crâne ces implantations capillaires moins réussies, il faut en convenir, que celles de PPDA, mais sans doute tout aussi coûteuses vu leur densité que rend indispensable la coiffure du dit Calvi! Mais revenons au bénévolat !

Les commentateurs, mais surtout les intéressés (hiérarques de tous poils de la Fédération Française de Football), nous ont répété à l’envi qu’ils étaient tous BENEVOLES et, de ce fait même, tous/tout prêts à renoncer à des fonctions fédérales, presidentielles, vice-présidentielles ou plus subalternes encore qu’ils s’imposent sans la moindre rémunération. A ce jour, un seul a démissionné, en Afrique du Sud d’ailleurs, dans un mouvement d’humeur qu’il a dû aussitôt regretter.

Il y a, dans le sport français, un principe que j’hésite, s’agissant du bénévolat , à qualifier de « règle d’or ». En effet, en France, dans toute délégation sportive officielle se rendant à l’étranger, il y a toujours au moins autant de dirigeants que de sportifs ! Si l’on prend le cas de l’Afrique du Sud, il ne manquait, semble-t-il, là-bas que Noël Le Graët, vice-président, que ses obligations professionnelles et politiques, ont sans doute retenu en France à ce moment, à moins que, fine mouche, il n’ait jugé préférable de ne pas être en RSA pour se tenir en réserve de la république du ballon rond, dans le réduit breton.

En revanche, on a vu, revu, entendu et réentendu, à vrai dire de moins en moins au fur et à mesure que le désastre se confirmait, le président L’esquelette, le Papy Mougeot du foot français (75 ans aux prunes !). Voilà un homme qui est le parfait prototype du bénévole des hautes sphères du sport français. Cet ancien prof d’anglais (l’anglais parlé avec l’accent de Béziers ça doit être réjouissant, putain con!) hante, depuis un quart de siècle, les hauteurs de la « Fédé ». 25 ans de haut bénévolat, vous vous rendez compte! J’espère qu’on lui a donné toutes les médailles.

On a suivi, dans la chronique non pas sportive mais judiciaire, les problèmes qu’a connus, naguère, Christian Bimes, bénévole président de la Fédération française de tennis durant une bonne quinzaine d’années et que la justice a fini par contraindre à rendre son tablier de bénévole. Bimes, en plus, lui, plus jeune, avait sacrifié sa carrière professionnelle de pharmacien, ses multiples obligations et déplacements bénévoles ne lui laissant guère le temps d’être dans dans son officine toulousaine ! Putain con encore ! Décidément, le Sud-Ouest, fief des « rad-soc », toujours proches de l’assiette au beurre, est aussi celui des présidents de Fédé ou de Ligues (Blanco, Gachassin, etc.) !

Comme on a pu le voir, le bénévolat d’un bénévole de la Fédé de foot comporte de vrais risques, en particulier sanitaires, liés surtout aux obligatoires avantages en nature. Comme à l’armée, le haut bénévole est logé, nourri et vêtu, même à SOS Racisme, comme l’a montré en son temps un Harlem Désir ! Ses 75 balais n’empêchent pas le président L’esquelette de posséder toute l’impressionnate garde-robe des joueurs et du coach, depuis les luxueux survêtements multicolores jusqu’aux chaussures et aux parkas et doudounes qu’imposaient les frimas alpins d’abord, sud-africaines ensuite.

Les risques majeurs du bénévole de haute volée sont toutefois surtout au plan alimentaire ou, plus précisément, gastronomique! Il suffit de voir l’état d’un Serge Blanco après quelques années de bénévolat rugbystique et ving kilos de plus ! Contraints par leur statut, de ne fréquenter que les meilleures tables, ce ne sont, pour ces « gros pardessus », que restaurants de luxe, ripailles, grands crus, cigares voire escort-girls ; les vieux dirigeants ont plus que les jeunes sportifs le droit à de jeunes beautés exotiques, aptes à réveiller leurs sens alanguis par des décennies d'austère bénévolat.

Quant au gite, il est digne du couvert, avec ces suites à 600 euros que dénonçait Rama Yade, juste avant de s’en laisser réserver de plus coûteuses encore qu’elle n’a même pas occupées. Les fauteuils profonds et les lits moëlleux sont autant de menaces pour les corps, naguère aguerris, de ces anciens sportifs désormais bénévoles sans être pour autant ascétiques.

Ajoutons que, dans ces grands compétitions, où il n’est pas inutile de se gagner la faveur ou la cécité providentielles d’un arbitre par quelques enveloppes bien garnies et judicieusement glissées sous la table, doivent bien circuler quelques petites valises dont le contenu en cash n'est pas très précis et surtout n’appelle pas de reçu ni même de traçabilité!

Allez, je vais vous faire ça à la louche , mais "avec modération" comme pour le tabac, le pinard, les graisses, les sucreries et désormais les paris sportifs ! Disons que le bénévole de quelque importance se fait( en voyages, avantages en nature et/ou notes de frais) mille à mille cinq cents euros par jour.

Qui ne voudrait pas, à ce tarif, être bénévole et qui l’étant, pourrait être assez fou pour abandonner ce fructueux sacerdoce ignoré du fisc ? Pauvre L’esquelette qui en est réduit à nous faire le coup du capitaine courageux qui se refuse à quitter le bord pour ne pas abandonner dans la tempète un navire dont il a depuis longtemps perdu le contrôle.

Au fait vous savez,je pense,que cette attitude courageuse ne tient, en réalité,qu’au fait qu’un navire abandonné par son capitaine devient une épave ; cet héroïsme n’est donc en fait qu’une exigence mercantile des assurances maritimes !

mercredi 16 juin 2010

Retraites ; C pas plus clair!

Emission de Calvi ...sur la question des retraites comme vous l’aurez déjà deviné, avec comme invités Michel Godet (un peu bourru mais informé et lucide dans son appui à la majorité) et un économiste dont le nom m’échappe, mais qui sait, en général de quoi il parle. En face deux représentants syndicaux, l’un de l’UNSA, l’autre de la CGT ; ce dernier ce doit être un enfant naturel de Georges Séguy, dont il a le teint couperosé ; comme disait Coluche, encore un de ces types qui se lavent la figure avec un gant de crin !.

Rien de très neuf ; pour ceux qui n’étaient pas encore levés ou déjà partis à huit heures et demie, ce 16 juin 2010, Calvi nous repasse, en tranches fines et avec des sous-titres, le discours de Dalton Woerth. De la part de tous les participants, le discours plus ou moins prévisible, sauf de la part de l’économiste sans nom qui se montre fort sceptique sur l’effet et la portée des mesures annoncées.

Il est clair qu’augmenter de 1% la tranche la plus élevée de l’impôt sur le revenu ne va pas rapporter grand chose, si le bouclier fiscal demeure inchangé ( ce qui n’est pas très logique d’ailleurs !). Il en est de même pour les taxations du « capîtal » mais le petit (les assurances-vies, le livret A et le CODEVI je suppose) car, comme on le sait, les fortunes de France, même petites ou moyennes, ne se placent pas sur de tels supports. On nous prend vraiment pour des billes, mais il est vrai que, comme il y a bien plus de pauvres que de riches, il vaut mieux tondre les premiers que les seconds et cela d’autant que ces deniers ne sont pas assez stupides pour laisser leurs sous dans nos banques.

Bref rien que de banal sauf deux petites nouvelles intéressantes.

La première est donnée par l’économiste anonyme. Il évoque les régimes spéciaux qui, dans l’esprit de leurs concepteurs (en 1945), devaient tous être appelés à disparaître au profit d’un régime unique. De ce fait, à cause de Zola, de la Lison et de la Bête humaine, les cheminots roulants continuent à partir en retraite à 50 ans, sans avoir vu un morceau de charbon de toute leur carrière et conduisant leurs TGV en costume-cravate.

Il y a toutefois mieux encore. Un des régimes spéciaux était celui des mineurs. Il n’y a plus de mineurs depuis belle lurette (sauf peut-être quelques-uns, oubliés ou planqués dans des coins sombres, recrutés sur l’un ou l’autre des dizaines de milliers de postes créés par Gros Quinquin en 1981 pour ses chers électeurs du Nord), mais il y a encore actuellement 13.000 employés bénéficiaires de ce régime qui sont uniquement occupés à en assurer la gestion ! Savoureux si c’est vrai, mais l’économiste anonyme, que j’ai déjà vu chez Calvi, sait toujours de quoi il parle.

Deuxième moment plus drôle. Michel Godet, déjà titillé par le rappel ému fait par les syndicalistes des 100.000 postes de fonctionnaires que la RGPP va faire disparaître, rappelle perfidement que, depuis 1980, la France, qui pourtant n’était pas vraiment sous-encadrée au plan administratif, a créé un million de postes dans la fonction publique ! Il continue dans la même voie des dépenses inutiles et place une nouvelle banderille à propos de 120 milliards qui ne serviraient à rien, selon lui, sinon à maintenir des organismes dont l’une des finalités majeures est, en réalité, de subvenir aux besoins des appareils des syndicats. Ces derniers, en bonne logique, devraient vivre des seules cotisations de leurs adhérents, ou alors, comme, autrefois, le Parti Communiste Français, selon les immortels propos de l’inénarrable Robert Hue, de la vente du muguet au Premier Mai.

Les deux syndicalistes s’agitent nerveusement sur leur chaise, mais ne soufflent mot jugeant le terrain peu sûr ; le representant de la CGT rougirait de colère s’il n’était pas déjà rubicond, tandis que Calvi, selon son habitude, se marre en douce, mais passe à autre chose car, au fond, il ne veut pas perdre des acteurs confirmés et gratuits, toujours prêts à venir se montrer chez lui.

J’annonçais hier le déferlement des pubs pour les paris en ligne ; ça commence fort et les messages courriel de Betlic (Courbit et les Bains de mer (de) Monaco) envahissent déjà nos boites !