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vendredi 7 mars 2014

La cour de Babel

« Ils viennent d’arriver en France. Ils sont Irlandais, Serbes, Brésiliens, Tunisiens, Chinois ou Sénégalais... Pendant un an, Julie Bertuccelli a filmé les échanges, les conflits et les joies de ce groupe de collégiens âgés de 11 à 15 ans, réunis dans une même « classe d’accueil » pour apprendre le français. Dans ce petit théâtre du monde s’expriment l’innocence, l’énergie et les contradictions de ces adolescents qui, animés par le même désir de changer de vie, remettent en cause beaucoup d’idées reçues sur la jeunesse et l’intégration et nous font espérer en l’avenir... » . Ne cherchez pas à en savoir plus, toutes les notices de promotion du film sont reprises, mot à mot, par toutes les annonces dans Google car J. Bertuccelli n’est pas Polanski !

Dans la présentation de ce film, sur Canal+ en ce jeudi 6 mars 2014, dans son « Grand Journal », il est clair que le plus mauvais a été, alors qu’il  était pourtant chargé d'ouvrir la séance, le ministre de l'éducation nationale Vincent Peillon. Il faut dire qu'à la différence de toutes les autres protagonistes, il n'avait pas répété sa prestation. Pour les autres, en effet, la séance du Grand journal comportait à peu près toutes les mimiques, répliques et situations qu'on trouve dans la brève présentation promotionnelle du film. Lui semble ne pas avoir répété sa modeste intervention !

Toutefois le mérite dans l'affaire revient peut-être plutôt à Freud qu'à Monsieur Peillon lui-même. Il nous a, en effet, sorti, un superbe et des plus opportuns lapsus, en disant « l'écueil » au lieu de « l'école » et, en se corrigeant aussitôt, ce qui était la meilleure façon d'attirer l'attention sur la chose. Quoi qu'il ait assez peu parlé, il nous en a sorti aussi une autre bien bonne, pour nous inviter à admirer l'école française, si scrupuleuse, si vigilante et si efficace dans l'accueil des étrangers non francophones, en disant (la citation est parfaitement exacte et vous pourrez vérifier) : « Regardez ce que fait la République là où elle est encore debout ! ». Je continue à ne pas en croire mes oreilles et je comprends tout à fait qu'avec des idées comme celle-ci, Monsieur Vincent Peillon envisage de quitter le 110 de la rue de Grenelle pour Strasbourg et le Parlement européen, qui sont des havres plus sûrs.

Cette petite séance du « Grand Journal » m'en a rappelé une autre sur laquelle j'avais même fait un billet que je pourrais peut-être retrouver. C'était au sujet du film « Entre les murs », car, comme vous le savez et c’est notre malheur, notre télévision sert essentiellement à faire la promotion des films dans lesquels les chaînes mettent des sous, ce qui est le cas de la plupart de nos nombreuses productions. Cofinancer un film revient en effet moins cher que d'acheter les droits d'un match de foot de notre misérable Première Ligue !

Cette émission a été, comme toujours, une simple forme de promotion pour je ne sais quel produit ou personnage ! Antoine de Caunes, qui hélas n'est plus ce qu'il était, et ne compte plus que sur les charmes  de sa Miss Météo (Daphné devrait se méfier !), s'est borné, en gros, à étirer comme du chewing-gum la présentation du film qu'on trouve à tous les étages de Google, avec les mêmes personnages, les mêmes répliques, les mêmes situations ce qui, offrait évidemment à ses yeux, la garantie que les trois minettes (pas de garçon bien sûr) nous donneraient ainsi une image assez flatteuse de leurs compétences en français grâce à des propos cent fois répétés.

Naturellement, il fallait aussi  jouer sur la séduction en prenant trois grâces (cachons les boudins !), un parfait échantillonnage de jeunes beautés exotiques, une Libyenne (bien blanche) pour l'Islam, une Guinéenne pour l'Afrique profonde et une Ukrainienne, qui, en outre, nous en a poussé une à la fin car elle chante, dans le film comme dans la présentation et comme dans le Grand Journal. C'est à la fois utiliser les physiques et les compétences, sans prendre de risques. Elles en ont d'autant moins pris pour la circonstance que, comme je l'ai déjà dit, elles avaient répété cent fois des phrases qui sont non seulement dans le film lui-même, mais également dans la présentation qu'on peut en trouver dans Google ; vous pouvez consulter, ce qui vous dispensera d'aller voir le film.

Le vrai drame est que ce type de produit est à la fois mensonger et stupide ! La non-pratique de la langue française est évidemment la cause majeure de l'échec scolaire des enfants de l'immigration qui parlent de moins en moins et de plus en plus mal le français. Sur ce plan, ce film est une vraie fiction ; il m'arrive souvent d’entendre des jeunes parler entre eux, ici ou là, à Paris comme à Marseille ; je puis vous dire que leur langue véritable (la variation du français est un des thèmes de ma recherche et j'ai beaucoup écrit sur ce point) n'a pas grand-chose à voir avec les énoncés que nous ont produits, pour la télévision, ces trois jeunes filles, au demeurant ravissantes mais dont le témoignage n'a pas l'ombre de la moindre pertinence. Tout cela ne ser à rien sionon à écarter les vrais problèmes !
Il est évident qu'enseigner le français, de façon urgente et prioritaire mais surtout efficace, est une nécessité pédagogique absolue mais que le faire, comme dans ce film, à des élèves qui ont entre 11 et 15 ans est évidemment beaucoup trop tard. On  se demande ce qu'ils (les vrais enfants et non ces figurantes de luxe dans un quartier bobo !) ont pu faire à l'école pendant la dizaine d'années précédentes, puisqu'ils recevaient un enseignement dans une langue qu'ils ne comprenaient pas et surtout qu’on ne s’était jamais réellement préoccupé de leur enseigner, puisqu'on les traitait exactement comme des enfants dont le français était la langue maternelle.

Bref je ne veux pas m'attarder trop sur cette question car j'ai sous presse un livre dont je ne donnerai ici que le titre, tout à fait significatif : L’école française : refondation, rénovation ou replâtrage ? Il est évident qu’à mes yeux c'est la troisième dénomination qui est la bonne et ce film en apporte une illustration de plus ! Cerise sur le gâteau s’il en est besoin. Ce film a été tourné dans un collège de rue de la Grange-aux-Belles, dans le Xe arrondissement de Paris, tout près du Canal Saint Martin et de l’Hôtel du Nord, sans doute dans ce qui fut le siège du « Laboratoire de pédagogie expérimentale » ! Comment trouver un lieu plus propice ? On n’allait tout de même pas aller s’encanailler dans le 93 !

L'apport personnel d'Antoine de Caunes a été d'administrer la preuve du succès de l'entreprise en demandant à ces trois jeunes filles les sens de trois mots quasi inconnus de la langue française, qu'elles ont évidemment donnés sans coup férir ! Elles avaient bien entendu été prévenues et avaient longuement répété l'épisode auparavant, alors que 999 Français sur 1000 auraient été bien empêchés de répondre.

Cher Antoine de Caunes, comme disait ma bonne grand mère, « Il ne faut pas mettre du sucre sur le miel » ; c’est ce que vous avez fait et j’en ai la preuve, même si je suis sans doute un des seuls spectateurs à l’avoir noté et pire encore à le prouver.

Vous avez en effet demandé à la jeune Libyenne le sens du mot « matabiche » qu’elle a donné sans la moindre hésitation. Cher Antoine, vous avez par là doublement signé votre crime. Il est bien évidemment impossible que cette minette ait connu ce mot qui est ignoré de tous et figure à peine dans mon cher TLFI où ne l’ont amené d’ailleurs que les citations de Gide. Mais surtout ce terme, ancien et oublié, est un terme de l’Afrique Centrale (Congo), à des milliers de kilomètres de la Libye, ce qui démontre à la fois la stupidité de la question et l'évidence du trucage de cette interrogation. La chose a toutefois permis à Monsieur le ministre de faire assaut de modestie avec le public (les trois minettes allogènes non comprises, car elles, elles étaient bien sûr, dans le coup !) en confessant une ignorance qui n'a rien de scandaleux.

Cher Antoine de Caunes , vous ne devriez pas nous prendre ainsi pour des imbéciles ! Comme preuve de ce que j’avance, voici l’article sur « matabiche » dans le TLFI que vous me copierez dix fois pour lundi !
« Matabiche : subst. masculin. Région. (Afrique noire). Pourboire, pot de vin. Synon. bac(c)hich, bak(s)chich.Le vieux (...) ne s'attendait évidemment à rien recevoir, car, lorsque je lui glisse un matabiche dans la main, son visage (...) se détend (Gide, Voy. Congo, 1927, p.832). J'écris à Coppet également à ce sujet, afin que ces pauvres gens ne soient point frustrés; de plus, quelques matabiches récompenseront les bons vouloirs (Gide, Retour Tchad, 1928, p.920).Prononc.: [matabiʃ]. Étymol. et Hist. 1927 (Gide, Voy. Congo, p.744). Mot du Congo Belge et d'Afrique Équatoriale Française, empr., par l'intermédiaire du bantou [d'Angola] matabicho «pourboire», au port. matabicho «gorgée de boisson alcoolique», lui-même issu de l'expr. matar o bicho «tuer le ver, en buvant à jeun un verre de vin ou d'alcool» littéralement «tuer (matar, v. matador) la bête (bicho, v. bête et biche)»; v. Boletim de filologia, t. 18, 1959, pp.301-307. Fréq. abs. littér.: 15. ».

mercredi 8 mai 2013

Grenouilles ou Météo France ?



 


L'avantage, avec Météo France, c'est que comme pour la pousse et la chute des feuilles, on peut reprendre, aux mêmes dates ou presque, des posts antérieurs, ce qui pour un jour férié est, vous en conviendrez, bien commode. Voici donc, en reprise, sans en changer un mot, mon texte du 6 juin 2011.

"Depuis quelques semaines, les météorologues (ou apparentés) régnaient en maîtres sur nos écrans de télévision. Ils venaient gravement nous expliquer la sécheresse et les maux qu'elle allait entraîner pendant dans les semaines à venir, sans oser toutefois nous prédire de façon sûre une canicule meurtrière. À la veille du viaduc de l'Ascension [ c'était déjà le cas et je ne change pas une virgule en ce 8 mai 2013, ni le "viaduc", ni la pluie], des millions de Français se sont donc rués sur les routes (ce qui était prévu) pour recevoir à leur arrivée sur leur lieu de villégiature des cataractes de pluie ou des tombereaux de grêlons dont nul n’avait entendu parler par nos experts dans les prévisions météorologiques de la période en cause. A peine ici ou là avait-on évoqué la possibilité de quelques orages…

Le plus drôle est qu’avec ce sens aigu de l’opportunité qui caractérise souvent notre administration, Météo France a lancé, ces jours-ci, une campagne de publicité auprès des PME en faveur du recours par elles à ses services. Belle illustration de ses capacités de prévision !

Je suggérais donc volontiers, dans le cadre de la RGPP, de réduire, très sensiblement et au plus vite, les effectifs des services de la météorologie nationale (3500 salariés) et de revenir au bon vieux temps des grenouilles dont les prédictions n'étaient, somme toute, pas plus mauvaises.

Les lamentations de nos paysans devant leurs champs grillés par le soleil ou leurs prairies asséchées, dont on nous avait abreuvé des semaines durant, se sont soudain éteintes (mais pas les demandes de subventions !). Il est vrai que la Communauté Européenne, émue par les plaintes paysannes et les meuglements des vaches affamées, a permis, dans sa grandeur bruxelloise, que l'on fauchât, pour nourrir les animaux, les 700.000 hectares de jachère qu’elle avait imposées auparavant. Il est vrai que pareille décision a nécessité, de sa part, de longues réflexions ; nous ne pouvons donc que savoir gré aux technocrates européens de ne pas avoir laissé les vaches crever de faim auprès de champs en jachère qu'elles n'auraient pu goûter qu'au prix de la violation insupportable d'une règlementation communautaire.

Voilà que nos braves paysans qui se lamentaient de la sécheresse sont désormais poussés à un désespoir égal par la pluie, les inondations voire la grêle qui a saccagé plantations de melons et vergers ! Je ne parle même pas des zones qui ont été inondées et qui ont reçu sournoisement (Dame Nature avait omis de prévenir nos météorologues patentés) en deux ou trois jours les quantités de pluie qui tombent habituellement en six mois.

Peut-être le modèle météorologique de l'avenir est-il celui qu’a adopté le « Grand Journal » de Denisot sur Canal+, par de savants et progressifs  glissements. On y est passé de la classique carte météo du lendemain, présenté par une aguichante potiche, (toutes se sont orientées dans la suite vers le cinéma) à des bulletins météo sans contenu mais qui se veulent facétieux, voire égrillards. Y officie actuellement une jeune Québécoise à la bouche en cul de poule, dont les bouffonneries laborieuses ne font guère rire que Michel Denisot, à qui le regretté Bruno Gaccio (quand il officiait aux "Guignols de l’info") faisait toujours énoncer un piteux « Désolé ! », après lui avoir fait raconter une blague parfaitement stupide. J’ignore la nature exacte des services que rend cette jeune Québécoise dans cette émission et qui en bénéficie, mais il faudra la remplacer car il paraît qu’elle est déjà sollicitée par le cinéma français.

Je dois dire que je suis un peu agacé par un tic de langue des bulletins météo [ ce tic dure toujours ; il est décidément "pérenne" - autre tic !]; une formule consacrée s’y s'est répandue avec la vitesse de propagation de la maladie du concombre espagnol ou du colza allemand. Elle consiste à prévoir toute température selon la formule : "Les thermomètres afficheront une température de X. degrés». Or les thermomètres n'affichent rien du tout ; ils se bornent à indiquer la température, sans avoir ni le besoin ni le désir de l'afficher.

Au risque de passer pour un vieux con (ce qui m’arrive assez fréquemment) et suite à une conversation téléphonique que je viens d’avoir, je soulignerai que, dans beaucoup de cas, une pratique simplement correcte de la langue française facilite beaucoup la communication.

Je me suis ainsi battu, il y a une demi-heure, avec le numéro d’appel téléphonique d'une carte de crédit que je ne citerai pas ; on m’y demandait, pour m’identifier de façon sûre, la date de naissance de ma mère. Soit. Multiples échecs car en donnant cette date, je coupais automatiquement la communication !   En désespoir de cause j'ai fini par me demander si ce que l'on me demandait en fait n'était pas plutôt la date de son anniversaire (soit quatre chiffres et non pas huit !). Cette hypothèse s'est révélée bonne et comme j'avais échoué une bonne demi-douzaine de fois dans cette entreprise, j'ai pris la liberté de tenter d'expliquer à mon interlocutrice avec qui j'ai enfin eu la liaison, qu’en français, « date de naissance » n'est pas synonyme de « date d'anniversaire » puisque, dans ce second cas, on ne mentionne pas l'année. Je ne suis pas totalement sûr d'avoir été compris par la « conseillère », mais comme j'avais néanmoins réussi dans mon entreprise, je me suis montré plein de mansuétude, à défaut d'être capable de faire comprendre la différence à quelqu'un qui était fermement résolu à ne rien entendre ou totalement inapte à saisir la différence.

Nous voilà bien loin de la météo ! Si les écluses du ciel largement ouvertes ces derniers jours sur toute la France nous épargnent l'impôt sécheresse, nous devrons peut-être nous préparer à subir l'impôt pluviosité.

dimanche 18 novembre 2012

Ali, Mamadou ou Marcel ? Vers un CDPC ?


Quand va-t-on enfin se décider à créer un CDPC ? Ques aco ? Mais voyons c’est  le Comité de  Défense des Présentateurs Caucasiens, qui n’attend plus que son CRAN (blanc) !

Prenez les principales chaînes de télévision ,TF1, France 2, Canal Plus, auxquelles s'ajoute désormais  la resucée (si j'ose dire  Mesdames de la 8!) de cette dernière D8. On y trouve sur dix présentateur(e)s majeur(e)s (je veux dire, par cette formule qui ménage si opportunément les dames au prix de quelque violence faite au sentiment de l'Académie française, ceux et celles qu’on voit régulièrement sur les écrans et non pas celles et ceux qui ont plus de dix-huit ans) au moins trois présentateurs(e)s « de couleur », soit un tiers environ, ce qui est très au-delà de qu’on peut estimer être, en dépit de l’absence de statistiques ethniques, le pourcentage de ces mêmes « non-caucasiens » dans la population française totale.

La France, qui passe pour le pays du bon sens, qui y serait la chose du monde la mieux partagée (mais c'est un Français qui l'a dit), s’est vue reprocher, surtout par des associations spécialisées, une discrimination positive en faveur de ses populations « caucasiennes », ce que l'on peut aussi nommer "discrimination" négative envers les autres. Par le recours à ce terme "causasien", j’use à dessein de la terminologie étatsunienne, car on peut bien entendu être, par exemple, beur et blanc (le beurre blanc étant même l'une des plus nobles spécialités de notre belle gastronomie que l'UNESCO a inscrite au patrimoine de l'humanité !). En cette période où règne le politiquement correct, la réaction à un tel grief a été rapide et, comme souvent, chez nous, excessive ! Nous filons donc à bonne allure vers le modèle dominant dans le feuilleton policier américain où le chef est toujours désormais un noir ou une femme, ou, mieux encore, une femme noire.

Notre Président-Magicien avait fait entrer dans le gouvernement Fillon trois femmes non caucasiennes. Joli coup double, car les femmes sont aussi une catégorie victime de discrimination. En plus deux d’entre elles au moins (par courtoisie, je ne les nomme pas) sont devenues des top-models de l’élégance politique, même si l'une a, dans la suite défrayé la chronique pipolo-judiciaire.

Il en est de même pour les élections où, même quand on fait place aux femmes comme au PS, on les envoie volontiers au casse-pipe électoral plutôt que les orienter vers les sentiers de la gloire démocratique. Souvenons-nous de l’élection de Badinter au Sénat, déjà ancienne mais acquise par l’éviction forcée de la précédente élue) ; on peut désormais juger la chose compensée par l'élection du si charismatique nouveau Premier Secrétaire.

Le plus drôle et le plus significatif a été l’évolution observée à France-Culture. Désormais, sauf si vous faites partie des meubles (anciens!), pour faire votre place dans l’institution, mieux vaut vous prénommer Fatima, Rachida ou Ali que Marcel ou Josiane

Tiens, au fait, regardez Ali que j'ai entrevu cette semaine sur Canal + assis (temporairement sans doute) à la place de Denisot qui ferait bien de se méfier du Maure, car il est lui-même natif de Chateauroux et non de Poitiers et il s'appelle en plus Michel et non Charles ! Ali...Vous ne voyez pas de qui il s'agit ? Mais si Ali Baba, l'ex-doudou de Zaza ! Que de chemin parcouru : de passeur de plats matinal sur France Cu à "l'animation" du prime time, au Grand Journal de Canal ! Enfin, animation, animation, c'est beaucoup dire...avec Ali, point trop n'en faut, ce n'est tout de même pas De Caunes et la déconne!

PS (Pas Parti Socialiste mais Post Scriptum).
Ne vous privez surtout pas de me traiter de raciste. Je l’ai déjà été souvent ; cette qualification me laisse d’autant plus de marbre que je ne verrais aucun inconvénient à ce que tout le gouvernement soit black et/ou beur. Nous pourrions alors mettre sur le compte de son racisme "anti-blanc" tous les mauvais coups qu’on nous porte !

 

jeudi 19 avril 2012

Règlement de comptes à Canal Plus


Le 13 avril 2012 a eu lieu au "Grand journal" de Canal+ un incident amusant que m'a raconté un ami et que j'ai pu revoir aujourd'hui grâce aux merveilles de la technologie. Il s'agissait de l'algarade qui a opposé Nicolas Dupont-Aignan à Michel Denisot et à Jean-Michel Aphatie à propos de leur rémunération.

Le fait est rare pour ne pas dire unique, car, à part Jean-Luc Mélenchon qui rue volontiers dans les brancards et entre les clous des interviews (il aurait même traité un journaliste britannique de "connard"), les hommes politiques sont curieusement à genoux devant les journalistes qui les interviewent alors que ces derniers seraient fort embarrassés s'ils refusaient de venir causer dans leurs micros ou devant leurs caméras. Il y a là une curieuse inversion des situations sur laquelle je me suis toujours interrogé car en fait journalistes et politiques se tiennent par la barbichette.

Durant l'émission, de fil en aiguille, le candidat à la présidentielle en est venu à parler, avec une certaine émotion, des difficultés matérielles voire de la misère de bon nombre de Français, mettant en cause, en particulier, les bobos parisiens qui nous gouvernent et en particulier les éditorialistes parisiens peu au fait de la misère de la France d'en bas et qui font l'opinion à raison de dix minutes de bla-bla-bla par jour qu'ils fourguent quotidiennement à deux ou trois organes de presse auprès desquels ils émargent.

Naturellement Messieurs Denisot et Aphatie affichaient des sourires goguenards, sûrs qu'ils étaient que, comme à l'accoutumée, l'homme politique n'oserait pas les mettre eux-mêmes en cause.

Que nenni! Tout à trac, Dupont Aignan demande soudain à Denisot combien il gagne. Celui-ci, interloqué et paniqué, refuse de répondre, bredouillant sottement : « C'est moi qui me paye avec mes impôts (textuel)". J'en suis encore mort de rire et stupéfait que NDA n'ait pas foncé dans la brèche et piétiné Denisot sur le sens d'un tel propos car, à ma connaissance, Canal+ ne fait pas partie de France-Télévision et Michel Denisot ne se paye sûrement pas avec ses impôts!

Nicolas Dupont Aignan a singulièrement manqué de réflexes car il aurait évidemment dû plonger et demander à Denisot ce que cette formule pouvait bien signifier, ce qui l'aurait sans doute mis dans le plus grand embarras.

Voyant que Denisot paniquait quelque peu et se jugeant capable de le sortir d'embarras, Jean-Michel Aphatie est venu à sa rescousse, s'attirant lui aussi avec la même question les foudres du candidat.

Même refus de répondre de sa part. Aphatie aurait-il voulu répondre qu'il aurait été fort embarrassé vu le nombre d'emplois qu'il occupe, de Canal+ à Luxembourg, si je suis bien informé, ce qui n'est sans doute pas le cas. En effet, la particularité de beaucoup de journalistes est d'avoir plusieurs emplois, ce qui leur est assez facile car, au fond, les cinq minutes de causerie d'Aphatie chaque soir au "Grand journal" ne l'occupe pas outre mesure, d'autant que c'est à peu près la même chose qu'il ressert sur les autres antennes. Dupont Aignan (qui n'est pas Dupont Teigneux!) a d'ailleurs été assez gentil dans cette affaire, alors qu'il aurait pu rappeler aux journalistes qu'ils sont souvent fort curieux, quand ils interviewent des personnalités extérieures, de connaître leurs salaires.

Même en l'absence de réponse, il aurait pu au moins pousser une botte assassine en direction de ces mêmes journalistes, en leur rappelant que non seulement ils perçoivent généralement des salaires extrêmement élevés eu égard aux prestations qu'ils fournissent et au travail que cela leur demande, mais, en outre, ils bénéficient de privilèges fiscaux que le pauvre Alain Juppé, quand il était Premier Ministre, avait eu l'imprudence de menacer de supprimer. Ce projet n'a pas manqué d'entraîner sa chute, toute la presse française, de l'extrême gauche à l'extrême droite, s'étant coalisée contre lui en la circonstance.

Certes l'algarade a été intéressante mais il dommage que Dupont Aignan n'ait pas montré assez de combativité et se soit laissé un peu endormir. Ariane Massenet (qui, dit-on, ne gagne que 25 000 € par mois) a eu la sagesse de ne point moufter et de laisser les autres causer entre hommes!

lundi 28 novembre 2011

Sois belle et tais-toi !

Je n'ai pas eu le temps de rédiger le blog que m'a inspiré Anne-Sophie Lapix qui, sur Canal+ recevait hier Valérie Pécresse qui se donne pour ministre du budget. Bel exemple de la nullité de notre presse, en particulier télévisuelle.

À la suite du fameux incident de la correction sournoise par le parti socialiste de l'accord passé avec les écolos, j'ai écrit un blog sur cette question en soulignant que cet accord qui visait à faire coïncider avec le sort de l'EPR l'arrêt de la fabrication de mox me paraissait parfaitement stupide. SI AREVA avait prévenu le PS de l'imbécillité de cette démarche, AREVA avait été parfaitement dans son rôle.

J'ai eu la satisfaction d'être approuvé sur ce point par Olivier qui est un grand expert en la matière et dont j'ai publié le commentaire. Ce qui est évident est que les dirigeants socialistes comme les dirigeants écologistes n'y entendent rien. Il est en effet parfaitement stupide et même absurde de prévoir l'arrêt de la fabrication du mox et de vouloir, en même temps, garder en fonction vingt quatre centrales qui, étant parmi les plus récentes, exigent absolument pour leur fonctionnement l'utilisation de ce mox. Il est donc clair que ni les écologistes ni les socialistes n'ont rien compris au problème et qu'ils n'ont même pas à leurs côtés d'experts en mesure de les éclairer (si j'ose dire).

Le pire de tout est toutefois que les journalistes, innombrables, qui ont rendu compte de cette affaire étaient tout aussi ignorants et que personne parmi eux n'a été en mesure d'expliquer les choses de la seule façon possible, c'est-à-dire en disant qu'on ne pouvait, en aucun cas, arrêter la fabrication du mox et maintenir en fonction de vingt quatre centrales qui toutes exigent son usage pour leur fonctionnement.

Le problème est que les journalistes français, pour la plupart, rivalisent d'ignorance. On pourrait le dire aussi à propos du fameux AAA dont se gargarise toute notre presse, sans prendre en considération que le seul véritable indice sur la confiance que les financiers accordent aux divers Etats est le taux auquel ils leur prêtent. Un journaliste digne de ce nom devrait savoir, par exemple, que si l'Allemagne et la France ont toutes les deux AAA, le taux d'intérêt consenti à l'Allemagne est la moitié de celui qu'on impose à la France. Le Japon, qui a une dette colossale et pas de AAA, bénéficie un taux d'intérêt qui est à peine supérieur à 1 %, dans la mesure où sa puissante production industrielle et l'énormité de son épargne nationale font que les prêteurs ont une totale confiance en lui.

Naturellement la presse audiovisuelle est celle où se trouvent les plus ignorants de toutes ces questions.

Anne-Sophie Lapix était certes très en beauté, mais elle a été consternante de nullité dans son interview de Valérie Pécresse. Non qu'elle ne posât pas les bonnes questions (voilà que je cause Sarko) car quelques-unes auraient pu l'être, mais, comme toujours, elle s'est satisfaite de réponses complètement à côté de la plaque. Parlait-elle de la politique de Sarkozy que Pécresse lui répondait Hollande! J'apprécie infiniment à cet égard Mélenchon, qui est le seul homme politique français à traiter les journalistes comme il convient de faire, c'est-à-dire de la façon la plus rude et la plus brutale, en leur demandant carrément de ne pas le prendre pour un imbécile et en essayant de savoir de quoi ils parlent, car il est très clair que Pécresse prend Anne-Sophie pour une demeurée et que celle-ci se prête tout à fait à ce jeu.

Il est à cet égard ahurissant de voir Pécresse traitée comme un dieu de la politique dans la mesure où elle aurait réussi la loi LRU sur l'autonomie des universités. D'une part, cette loi est sans grande conséquence car, tant que les universités reçoivent 95 % de leur financement de l'État, on voit mal où peut se situer leur autonomie, sauf dans les marges ! La seule chose intelligente faite par Pécresse dans cette affaire a été de reprendre dans sa loi LRU la plupart des voeux de la conférence des présidents d'universités (en particulier la possibilité de deux mandats qui leur permettra de rester au pouvoir et la maîtrise totale sur les recrutements par la suppression des commissions de spécialités qui étaient une instance démocratique). Naturellement, à la suite de cette loi, des présidents d'université se sont tous couchés, y compris les présidents de gauche!) et tous sont venus lui manger dans la main, allant même jusqu'à faire intervenir les forces de l'ordre pour briser les mouvements de grève à l'intérieur des universités.

Pauvre France !

vendredi 25 novembre 2011

Canal + : Denisot nous prend pour des cons !

Il m'arrive de temps en temps, en fin de journée, de regarder le Grand Journal de Michel Denisot sur Canal+, qui n’a de « grand » que le nom. Titulaire d'un abonnement sur cette chaîne, il faut bien que je la regarde, de toute façon, de temps en temps par flemme de le supprimer et par fidélité aux Guignols du temps de Gaccio.

Je trouve, en effet, que globalement, les émissions d'information de Canal+, qu'il s'agisse de la nouvelle édition de midi ou du journal du soir sont de plus en plus médiocres, sacrifiant en particulier au jeunisme (il faut soigner la clientèle qu'on pense être celle de la chaîne, mais il faudrait virer l’antique Denisot) et à la diversité ethnique, avec un bon lot de Beurs ou de Blacks qui, comme les Blancs, peuvent être soit bons ou mauvais, soit tantôt bons, tantôt mauvais. La nouvelle Black du Grand Journal est, en particulier, tout à fait charmante dans sa fonction qui est de sourire de ses 46 dents et Ali Baddou, en passeur de plats dans l'édition du milieu de journée, est tout à fait dans son rôle.

Ce que je reproche à Denisot, qui est égal à lui-même c'est-à-dire paradoxalement d'une médiocrité et d'une nullité également rassurantes, est de nous prendre pour des imbéciles. La seule chose qu'il ait comprise au cours d'une carrière déjà longue est que la publicité télévisée casse les pieds des téléspectateurs. Il a donc beaucoup réfléchi et choisi une tactique qu'il a jugé subtile et qui n'est que stupide et malhonnête. Elle consiste à nous mentir pour nous faire patienter. Ainsi, avant les interruptions publicitaires, qui interrompent la première partie de son journal du soir (deux ou trois je crois car je n'ai jamais vraiment compté), Denisot nous annonce-t-il, d'un air qu'il veut gourmand,que nous allons retrouver son Journal et je cite exactement : « Dans DEUX minutes ».

Trouvant ses DEUX minutes un peu longuettes, j’ai pris la peine hier de chronométrer ces interruptions publicitaires de deux minutes. Elles en font en fait cinq et comprennent à la fois des messages publicitaires payants et des messages publicitaires de la chaîne sur les prochaines émissions dont nous pourrons nous régaler sur cette antenne. Si l’on met, à la louche, à 100.000 euros la minute de publicité, ça fait au moins 500.000 euros d’escamotés au passage.

Quand je dis que Denisot nous prend pour des cons, je me trompe. Ce n'est pas nous en fait qu'il traite ainsi mais le CSA et M. Michel Boyon, car je suppose que la publicité obéit à des règles qui ne paraissent pas très rigoureusement observées à Canal + en la circonstance puisque la chaîne elle-même nous ment effrontément sur la durée de sa publicité.

Personnellement que M. Michel Denisot, dont je connais parfaitement la carrière et les talents, me prenne pour un con me laisse tout à fait de marbre. Je ne sais pas, en revanche, si, vu sa position et sa fonction, il en est de même pour M. Michel Boyon président du CSA.

À bon entendeur salut !

lundi 1 août 2011

Canal+ au rabais !

Je suggérerais volontiers à la direction de Canal+ de consentir à ses abonnés un rabais de 30 % ou 50% durant les mois de juillet et août puisque, au fond, on ne nous sert, dans ces périodes, que des plats réchauffés ( "Le petit journal" de Yann Barthes, ce qui est loin d'être le pire), ou des fonds de tiroirs confiés à des deuxièmes ou troisièmes couteaux de la production habituelle. Certes, durant ces mêmes mois nous échappons, en revanche, aux insipides voire grotesques matchs de foot de la "Ligue 1", mais ce n'est qu'une mince compensation, purement négative par ailleurs.

L'exemple est donné par le "créneau" de l'émission populaire du samedi soir occupé durant l'année par Thierry Ardisson et "Son salut les terriens" qui, entre nous, a déjà beaucoup baissé, en dépit de présence de Stéphane Guillon, avec en particulier "l'invité de 20 heures" qui est, en général, désormais, une naine hermaphrodite ou une transsexuelle du même métal. Ardisson, qui doit faire écrire ses "vannes" par Baffie et qui jouit enfin d'un repos bien mérité, est remplacé par l'ambitieux "Grand Mag" d'Ali Baddou qui ne paraît pourtant pas avoir "rencontré son public", comme on dit dans le jargon du PAF. On est, en effet, tombé, semble-t-il, du petit million de téléspectateurs de Thierry Ardisson (c'est déjà bien payé pour de la promo !) à 300 000 pour Ali Baddou. Pourtant ce dernier a fait d'incontestables efforts ; il présente en effet cette émission, dont il paraît être le patron et le Monsieur Loyal, lavé, tondu, rasé de frais et parfois même cravaté. Cela n'a apparemment pas suffi à attirer le public, mais il est vrai que l'intendance ne suit pas.

La chose ne tient pas tant à Baddou lui-même qui, au fond ne fait et ne dit pas grand-chose. Accordons-lui que des années de fréquentation de Michel Denisot et de Mouloud Achour entraîne, inévitablement, chez quiconque, une régression intellectuelle, voire mentale. Les deux acolytes qu'il s'est donnés dans cette émission sont des plus étranges.

L'un est Nicolas Rey qu'autrefois Pascale Clarke, dans le cadre de ses bonnes oeuvres ou pour des raisons moins avouables, avait recueilli dans son émission "Un café! L'addition" (assez bonne au demeurant - pas Pascale Clarke mais l'émission), pour lui faire faire une chronique aussi nulle que le reste des productions de cet auteur. Le terme "auteur" paraît sans doute ici exagéré voire impropre pour qui a entendu ou lu Nicolas Rey, mais, comme il affiche des ambitions littéraires, je me risque à l'utiliser. Quant au verbe "il affiche", il est parfaitement approprié, car le bougre a, de toute évidence, une très haute opinion de son physique comme en témoignent les centaines de portraits de lui dont il inonde l'internet (beaucoup datent de vingt ans, période de ce qu'il juge être celle de sa splendeur juvénile)

Sa chronique du "Grand Mag" s'ouvre naturellement sur un portrait de lui, avec une barbe de quatre jours comme il convient à un intellectuel parisien et où il offre toutes les apparences du noctambule alcoolique qui sort d'une poubelle !

Ses chroniques sont aussi médiocres que ses productions antérieures, tant pour la forme que pour les sujets ; la dernière fois, le choix d'une publicité rédactionnelle (si l'on peut dire!) pour le Fouquet's devrait toutefois lui assurer le gîte et couvert pour une semaine au moins.

Le second chroniqueur, dont le visage demeure inconnu (il doit moins se plaire à lui même que N. Rey ; vérification faite dans Google, c'est en effet un binoclard prognathe et lui aussi mal rasé qui se nomme Loïc Prigent et est, dit-on, "réalisateur". Je ne sais pas s'il a quelque chose à voir avec Loïk le Floch-Prigent qui tint naguère le haut du pavé parisien et de la chronique financière avant de faire un séjour prolongé à la Santé. Ce réalisateur/chroniqueur a opté, lui, pour le style mitraillette (699 mots-minute), sans doute en hommage à Delarue désormais banni de nos petits écrans. Ce dernier toutefois, à côté de Prigent, s'exprimait avec une désespérante lenteur. Rien donc de bien nouveau à cela ; la seule originalité de cette production est que les prises de vue des reportages qu'il commente sont filmées de la même façon et dans un montage avec un permanent effet de sautillement des plus désagréables mais que L. Prigent doit juger puissamment novateur et artistique.

Bref tout cela est de la plus grande médiocrité et ne peut guère convenir qu'à une période estivale où toutes les chaînes meublent avec n'importe quoi. On passera à autre chose dès la fin du mois d'août.

À survécu également aux vacances du "Grand journal", Ariane Massenet qui, semble-t-il, opère aussi ailleurs en compagnie de sa soeur. Sur Canal, elle "anime" une émission de variétés et d'actualité vers 19 heures semble-t-il, qui n'est guère que la 25ème resucée du même principe qui consiste à réunir en deux équipes des personnalités en mal de publicité ou de promo. Une des fois où j'ai vu cette émission, l'une de ces deux équipes était constituée de Frantz-Olivier Giesbert et de Christine Boutin (couple des plus improbables comme aurait dit Frédéric Mitterrand). D'autres protagonistes sont de quasi permanents, étant disponibles à tout propos, comme Fabrice Eboué (qui vient faire sa pub) ou d'illustres inconnus qui doivent sortir tout droit de "VIP" ou de la "Ferme célébrités".

Tout cela repose sur de puissantes innovations ludiques, du style du jeu du "ni oui ni non" ou de l'identification, parmi quatre phrases proposées, de celle qui a été réellement prononcée par la personne en cause. Le "concept", vous le voyez, est extrêmement nouveau et permet de meubler l'antenne sans trop de frais et d'efforts jusqu'à la fin du mois d'août.

Je pense que les abonnés de Canal+ apprécieraient de se voir privés de ces plates niaiseries, si la chaîne voulait bien, comme je suggérais, leur ristourner la moitié ou même le tiers du prix de leur abonnement.

dimanche 23 janvier 2011

Ardisson, provocateur conformiste ou conformiste provocateur ?

Il y a bien des années, je regardais sans déplaisir les émissions d’Ardisson. Je m'en suis peu à peu lassé ; j'ai dit, dans ce blog, ou dans un précédent, tout le mal que je pensais désormais cet olibrius.

Ma détestation a atteint son comble hier, 22 janvier 2011,
où j’ai eu la faiblesse, en attendant un coup de fil, de regarder quelques passages de son émission sur Canal+ « Salut les terriens ». Cette émission est de plus en plus inepte et sans intérêt ; ma seule raison de lui porter encore attention est la présence de Stéphane Guillon, dont on se demande ce qu'il vient faire dans cette galère, sinon continuer à faire la promotion de ses spectacles à travers une ouverture dans le paysage audiovisuel français.

Il faut toutefois dire quelques mots en commençant à propos d'Ardisson lui-même car il est clair que ces aspects, souvent cachés, de l’individu apportent quelques lumières sur la nature de ses productions.

Si j'avais à définir Ardisson, je dirais volontiers que c'est le plus conformiste de ceux qui font profession de se vouloir provocateurs. La vraie provocation exige en fait un certain talent et surtout de l'imagination, caractéristiques qui font largement défaut à Thierry Ardisson qui demeure après tout que ce qu'il est, c'est-à-dire « un fils de pub » (je dis cela avec tout le mépris dont je suis capable !). Il a commencé par là et il finit par là. A 60 passés, en dépit des ravalements de façade et de l’art odontologique, on pourrait espérer de sa part une retraite rapide, même si ce n'est pas, évidemment, la caractéristique la plus répandue chez les figures les plus antiques et les plus permanentes de notre télévision.

J'ai toujours pensé le personnage totalement inculte et dépourvu de la moindre capacité d'improvisation. La preuve en est, sans cesse donnée par les fiches, dont il se sépare jamais et sur lesquelles il y a, à la fois, ce qu'il doit feindre de savoir de ses interlocuteurs mais surtout les « vannes » laborieuses qui, de toute évidence, ont été élaborées par d'obscurs tâcherons qui n'ont guère plus de talent que lui d'ailleurs. Je soupçonne que l’un de ces nègres est Laurent Baffie, aussi médiocre que son employeur, et dont on ne peut penser qu’il puisse « vivre de son art », sans le strapontin médiatique que lui conserve Ardisson.

Dans l'émission d’hier, il a réussi à donner à la fois de nouvelles preuves de sa maîtrise incertaine du français (il a ainsi qualifié, contre tout usage, de « maline » une tumeur cancéreuse – hélas « maligne »- de la fille de la mère de famille qu'il interviewait) et, par ailleurs, à propos de cette même jeune fille qui était une brillante élève, il a cru bon de préciser, s’éloignant pour son malheur de sa fiche : « Elle accumulait les prix d'excellence à chaque trimestre. » On ne peut reprocher à Ardisson pareille sottise car, dans sa scolarité secondaire, conduite chez les curés annéciens, il n’a sans doute jamais eu de tels prix et on ne peut donc lui faire grief de ne pas savoir ce que c’est. Pour la suite de ses études (s’il y en a une), il est extrêmement discret, ce qui fait même douter de leur existence car il expose, avec un extrême détail et une complaisance rare le moindre des incidents de son existence.

Le bougre a même mis en ligne un site personnel et surtout OFFICIEL, au demeurant fort bien fait au plan technique, mais qu’il a dû faire payer, en manifeste abus de biens sociaux, par l'une ou l'autre de ses sociétés. Il expose le moindre détail de sa vie privée et personnnelle, y compris les plus passionnants comme la photographie de la cravate qu'il portait le jour il a rencontré Béatrice qu'il devait épouser dans la suite et avec laquelle il a vécu 22 ans en lui faisant trois enfants. Il y a là de sa part une imprudence, car si ce provocateur affectait, jusqu'à présent, une morale familiale sourcilleuse, sa femme Béatrice a déclaré, durant l’été, qu'ils avaient engagé une procédure de divorce Thierry ayant, comme on dit, fait la monnaie. Ce n'est là qu'un détail sans grand intérêt, mais volià que ce pauvre Thierry Ardisson va devoir reprendre totalement la structure et surtout les illustrations si emouvantes de son site officiel.

On sait donc tout de la vie de Thierry Ardisson, y compris son catholicisme vigoureux (cultivé dans les écoles religieuses savoyardes) et ses convictions royalistes (Le duc d’Anjou, prétendant au trône de France, est par ailleurs parrain de l’une de ses filles ce qui rend malade Stéphane Bern), mais on apprend rien de ses études (pour la simple raison qu'il n'en a guère faites, ce qu'il empêcherait assurément pas d'en parler, si le besoin s'en faisait sentir) ni de ses multiples plagiats.

Il y a pourtant là une de ses spécialités sur laquelle de nombreuses affaires nous ont depuis longtemps éclairé et que Jean Robin a retracé dans leur tout leur sordide détail, de Pondichéry (1994) aux Confessions d'un baby-boomer ou à Louis XX. Forcé par l’évidence des rapprochements de reconnaître ses « emprunts », il est resté pourtant longtemps fidèle à cette méthode d'écriture, sans oser toutefois (mais il le pensait assurément) les justifier par son génie propre car on sait, par les témoignages de nombre de ses anciens collaborateurs (ou plutôt « employés ») dans quelle haute estime il se tient lui-même.

Son dernier livre, dont il est venu faire la pub chez Denisot, un joint au bec (sans avoir le courage d’une vraie provocation puisque ce n’était pas du « vrai » mais seul le « buzz » comptait), est écrit en collaboration (Thierry Ardisson, Cyril Drouhet, Joseph Vebret) ce qui donne à penser que les « nègres » ont fini par sortir de l’ombre !


Ardisson fait partie de ces innombrables vedettes « pipole » de notre paysage médiatique et politique qui ont le prurit de l'écriture, mais qui veulent pas se donner eux-mêmes la peine d'écrire et moins encore de faire les recherches pour des ouvrages d'information qui paraisse être l’une de leurs spécialités (suivez mon regard).Que ne font-ils dans la poésie comme Galopin ("Nascuntur poetae..."!

En ce samedi 22 janvier 2011 « Salut les terriens » était plus ridicule qu'à l'accoutumée. Habituellement, Ardisson cultive le genre polémique et cherche le « clash », espérant que ses invités vont animer par leurs querelles, leurs affrontements voire leurs injures une émission devenue singulièrement languissante.

Ce samedi Ardisson avait fait dans le soft avec Bernadette Chirac, François Baroin et un chanteur qui se bornait à rire de toutes ses dents, sans qu'on sache trop pourquoi. Il y avait là clairement chez Ardisson un renvoi de catholicisme et le rôle central était tenu par Bernadette. Fait essentiel celle-ci qui était venue sans son sac à main (pour éviter les quolibets lubriques des Guignols), nous a confié s'être séparée, pour une fois, du chapelet offert par le pape et qui ne la quitte jamais (le chapelet pas le pape !). François Baroin, fils d’un grand maître maçonnique et par là même « petit-fils de la veuve », ne me paraît pas d'un catholicisme très orthodoxe, mais, avec sa tête de premier communiant, il complétait fort bien le triptyque religieux dont l'élément central était naturellement la dame patronnesse, naguère première dame de France. On mesure par là même combien ce titre a évolué en changeant de propriétaire.

Comme toujours, l'émission n'avait pas d'autre finalité que publicitaire, mais il ne s'agissait pas là, fort heureusement, de la pub du dernier best-seller de Bernie, mais du lancement de son opération "pièces jaunes" que, notons-le au passage, l’euro a rendue bien plus rentable puisque la valeur des pièces jaunes d’antan (devenues rouges !) a été multipliée par 6,5 !

Madame Chirac n'a pas renoncé à la chose, en dépit des jugements sévères qui ont pu être portés, l'année dernière, sur la gestion de cette affaire. Thierry Ardisson, anticonformiste mais fayot au possible, n'a évidemment pas rappelé ce détail, soulignant au contraire que, cette année, la Cour des Comptes avait félicité Mme Chirac, qui, sans doute, suite aux critiques de l'an dernier, avait mis un peu d'ordre dans la comptabilité et restreint les dépenses somptuaires qui caractérisaient cette opération. Elle a aussi viré Douillet au profit de Karambeu, ce qui permet de traiter de racistes tous les critiques éventuels. La pauvre femme, peu sportive, ne sait sans doute pas que Karambeu, farouche indépendantiste canaque, non seulement ne chantait jamais la Marseillaise dans les matchs internationaux, mais affichait alors clairement sa désapprobation en faisant la gueule, ce qu’à mon avis, il sait mieux faire que jouer au football !

On aurait pu s'attendre à ce que le provocateur en chef évoquât (comme dirait notre président), outre le chapelet papal, les cornes, cadeaux multiples et successifs de de son époux, que Bernadette a longtemps et publiquement portées. Ardisson a été des plus discrets sur le sujet comme vous le devinez aisément.

Tout a donc été conduit dans le conformisme le plus total et le plus plat, ce qui est désormais la tonalité globale de cette émission, quand il n'y a pas au programme des incartades de participants, dont nous savons depuis longtemps (mais la chose a été confirmée par Laurent Gerra qui a qualifié gentiment Ardisson de « pelle à merde ») que le provocateur conformiste manie avec efficacité les ciseaux de la censure dans le montage de ses émissions. Je n’ai regardé en fait la « chose » que pour voir la tête de Bernie pendant la « semaine de Guillon » mais bien sûr Anastasie Ardisson a coupé tout cela au montage et les cadreurs avaient sans doute d'emblée, sur ce point, des consignes du boss.

Celui ou celle qui ne risque pas les foudres d’Anastasie Ardisson est assurément « l'invité de 20 heures » qui est toujours désormais une « victime » qui n’est là que pour faire sortir les mouchoirs et finir sur une note pathétique tout en permettant, à peu de frais, des accents émus au patron. Là c'était une mère de famille dont la fille adolescente avait eu un cancer. Elle succédait, dans cet emploi hebdomadaire, à une bonne demi-douzaine d'invités aussi pitoyables, en général des femmes qui avaient pour caractéristique d'avoir subi un malheur particulièrement déplorable (inceste, emprisonnement, viol, maladie gravissime... l’un n’excluant naturellement pas l’autre, bien au contraire).

C'est vous dire la nature de ce point d'orgue, désormais inévitable dans « Salut les terriens ». Vous aurez déjà deviné que cette circonstance suffit désormais à m’éloigner du lieu, sauf le jour (encore un conseil gratuit d’Usbek) où les invités d’Ardisson seront, outre Carla Bruni, Raphaël Enthoven et Bernard-Henri Lévy, avec en « invitée de 20 heures » et en figure sanctifiée ultime, cette pauvre Arielle Dombasle qui, dit-on, est larguée par BHL et qui pourrait même venir nous chanter le grand air de Tosca « Vissi d’arte » à s’en faire péter les coutures.

Là, juré, Thierry, je reviens !

vendredi 14 janvier 2011

L'imposture de Denisot ou Denisot l'escroc

Vendredi 19 heures 5 ; l'imposture de Denisot avec son "Grand Journal" est démasquée.
Denisot et ses trois acolytes, en un prétendu direct, causent sur la Tunisie sans même savoir que Ben Ali a quitté le pouvoir et même la Tunisie depuis plus d'une heure. Bande d'escrocs!

Suite un peu plus tard

Michel Denisot avait déjà réussi à se faire payer une semaine de mission en Afrique, en prétendant s’y rendre pour interviewer, en parallèle, les deux présidents ivoiriens. Il n’en a, en fait, interviewé qu'un seul, Laurent Gbagbo puisque Denisot, courageux mais pas téméraire, n’a pas osé aller à l’hôtel du Golf en hélicoptère, comme l’ont pourtant fait, dans les semaines précédentes, des dizaines de journalistes.

Pour le second, Ouattara, Denisot s’est borné à un entretien depuis Paris, laissant aux techniciens de Canal plus, le risque, très minime, d’une promenade en hélico sur la lagune.

Déjà mis sur orbite journalistique, pensait-il, par sa misérable causerie avec notre président de la république (ce qui avait dû faire plaisir assurément à tous les journalistes de Canal+, je veux dire les vrais ou réputés tels), Denisot pensait préparer sa candidature au Prix Pulitzer ou, en tout cas, l’obtention laborieusee d’une carte de presse (qu'il n'a pas, je crois, comme lui manque aussi le certificat d'études primaires) avec cette mission bidon en Côte d'Ivoire digne d’un moderne Albert Londres.

L'échec a été patent sur toute la ligne et il n'a évidemment rien obtenu ni de l'un ni l'autre. En la circonstance Laurent Gbagbo a été un peu meilleur que Ouattara (carrément nul en se posant, sottement, comme soutenu par les étrangers et la finance internationale), mais sans être véritablement bon. Ainsi Laurent Gbagbo aurait-il pu envoyer dans les cordes pour le compte le sportif Michel Denisot, en lui faisant faire observer qu'à cinq minutes d'intervalle au cours de leur entretien, Denisot lui reprochait d'abord d’être un dictateur avec du sang sur les mains puis de se comporter en boulanger qui roule tout le monde dans la farine. Ces deux attitudes ne sont guère compatibles mais Gbagbo n'a pas eu l'esprit de le lui faire remarquer.

Après ce four, mauvaise journée pour Denisot que ce vendredi 14 janvier 2010 car s'est révélée, de façon éclatante, l'imposture de son "Grand Journal" qu’on présente toujours comme une émission en direct, avec, en particulier, les tours du magicien de service, les musiciens du jour « en live », les réactions "spontanées" du public et désormais les facéties québécoises de la présentatrice météo que ses pitreries laborieuses détournent même de remplir la fonction météorologique qui justifie sa présence.

En effet, ce vendredi, Michel Denisot s'était, contrairement à son habitude, privé de la présence du musculeux Joseph Macé-Scarron au profit d'une charmante journaliste tunisienne puisque la Tunisie devait être à l'ordre du jour.

Manque de pot ! À 19 heures 05, on commence, comme toujours, avec Duhamel et Barbier auxquels s'ajoute, pour une fois, la piquante rouquine tunisienne et l’on cause tranquillement de la situation en Tunisie. De toute évidence, personne ni sur le plateau ni en régie ne sait que, depuis une heure, le président Ben Ali a quitté ses fonctions et même fui la Tunisie.

Tout cela indique donc que l'émission a été réalisée, non pas en direct, comme on nous le donne toujours à penser par le comportement des participants comme de la salle, mais en un très large différé puisque la nouvelle est connue officiellement depuis dix-huit heures trente !

Le pire de tout est que, non seulement tous ces braves gens causent de la Tunisie sans connaître le fait essentiel qui rend vains tous leurs bavardages (le départ de Ben Ali) mais que, à la différence de ce qui se passerait sur n’importe quelle chaîne de télévision digne de ce nom, personne n'a songé à Canal+, nulle part, à faire passer un bandeau prévenant que cette émission réputée d'information n’est pas en direct, mais a été enregistrée, quatre heures plus tôt, à 15 heures! On ne le fera qu'à 19 heures trente-cinq, d'ailleurs sans changer quoi que ce soit, à croire qu'à Canal +, personne ne regarde Canal + !

Ce sont les inconvénients de ce genre d'imposture et surtout du faux direct que l’on veut faire passer pour du direct.

Les amis des deux otages tués au Niger ou au Mali demandent la démission du ministre de la défense, on peut espérer qu'à la suite de cette affaire, Denisot va, à son tour, présenter la sienne, mais sans la bidonner!

samedi 8 janvier 2011

Deux heures de télé : vendredi 7 janvier 2011 17:45-19:45

Un peu de loisir en fin de semaine et deux heures de télévision ainsi composées une heure pour voir « C'dans l’air » de Calvi, consacré ce jour à la crise ivoirienne en relation avec la Françafrique (du moins le titre annoncé permet-il de le supposer), puis le reste pour le « Grand journal » de Denisot où, le vendredi, on fait une place plus importante à la politique qu’aux niaiseries racoleuses et/ou jeunistes.
« C dans l’air ». Les invités ne sont pas terribles à première vue.

L'inévitable Pascal Boniface qui, fort heureusement, ne sortira pas à nouveau son numéro de « Drogba for President » qu'il a déjà fait en ce même lieu et dont je vous ai parlé naguère ici-même.

Un Black, obligatoire en pareil cas comme l’unique joueur de tennis de couleur parmi les membres blancs d'un club sportif postcolonial sur ce continent. Le pauvre n’a rien à dire et se borne à des sourires approbateurs.

Une figure inconnue et inattendue en revanche, Dominique Pin, que je n'ai pas identifié d'abord, faute d'avoir assisté aux premières minutes de l'émission et auquel j'ai consacré un post hier « Dominique le(vil)Pin et Dominique de Villepin »). Cette présence aurait pu être pittoresque si Calvi, qui prétend pourtant avoir préparé son émission, avait évoqué réellement dans son émission la Françafrique. En effet, tous les bons annuaires font mention de ce D. Pin qui, durant sa carrière est passé de Kinshasa à Abidjan via le MAE (chez Bruno Delaye) et la cellule africaine de l’Elysée. Un beau parcours pour parler de la Françafrique, d’autant qu’il a été aussi, contre toute attente, au Niger, en 2006-7, comme directeur régional d’AREVA, ce qui est pour le moins insolite pour un modeste fonctionnaire du Quai. Ses propos seront chez Calvi sans le moins d'intérêt, sa contribution se limitant, pour lui aussi, aux sourires entendus de celui qui sait le fond des choses.

En revanche excellente prestation d'un journaliste spécialisé, Vincent Hugeux, qui manifestement connaît parfaitement la Côte d'Ivoire, mais surtout parle clair et franc. Ses propos ont été à la fois informés, intéressants et sincères, ce qui n'est pas souvent le cas dans ce genre d'émission. En tout cas bravo pour Vincent Hugeux et le choix de Calvi.

Alléché par cette émission, j'ai embrayé directement avec les infos et le « Grand journal » de Denisot, car le vendredi est le jour où il invite les « analystes politiques ». La présence de Luc Ferry était pour moi un élément favorable, car cet homme, manifestement intelligent , a la rare particularité de la sincérité et de l'honnêteté. Les deux autres étaient des invités habituels Thomas Legrand et l'inénarrable Joseph Macé Scarron dans son accoutrement et ses propos habituels.

Petits faits de société significatifs et plus intéressants que le fond.

On s’est d'emblée moqué, je ne sais trop pourquoi, de la veste en velours de Luc Ferry qui n'avait, à mon sens, rien de très remarquable et moins encore de comique. Ce qui est à remarquer dans ce genre d'affaire, c’est que, si l’on brocarde la tenue, somme toute des plus banales, de Luc Ferry, personne, en revanche, ne se hasarde à dire quoi que ce soit de l’accoutrement insolite de Joseph Macé-Scarron. Ce dernier en effet ne manque jamais de se présenter, ici comme partout, en T-shirt moulant (trop petit de deux tailles) pour mettre en valeur ce qu'il juge être son charme majeur, c'est-à-dire ses biceps musculeux et tatoués. Le bougre a l'air de se croire dans le back-room d’un bar gay du Marais, mais nul ne s'aviserait de rire d'une tenue aussi grotesque que déplacée, crainte de se voir taxer d'homophobie

Sur le fond de l’émission pas grand-chose à dire sinon que Luc Ferry a remis à sa place Ali Baddou, qui interromp, sans cesse et sans rime ni raison, les invités. Là aussi, silence général et habituel face à ce comportement constant (le seul à l’avoir allumé sur ce point est Michel Rocard) car chacun craint de passer pour un raciste anti-arabe. Quant au patron, Denisot, dont ce serait pourtant le rôle, n’étant jamais allé à l’école, il est transi d’admiration devant un Marocain agrégé qui parcourt vaguement trois livres dans la semaine !

Luc Ferry s'est aussi séparé de l'admiration générale qui entourait la référence obligée au livre de Stéphane Hessel sur le devoir de l'indignation. Son propos a été, comme toujours, fort raisonnable même s'il s'est écarté délibérément de l'opinion commune.

Le moment le plus drôle a été celui où l’on a demandé aux trois protagonistes pour qui ils envisageaient de voter en 2012. Luc Ferry, à la stupeur générale, a annoncé que, pour la première fois de sa vie, il envisageait de voter à gauche, mais que, s'il devait le faire, il souhaitait que ce puisse être pour François Hollande. Ce choix me paraît un peu discutable et l’hypothèse peu probable, car les chances de Flamby aux primaires du PS sont des plus minces. J’ai trouvé néanmoins la prise de position franche, les deux autres loustics assis à ses côtés se gardant bien d'affirmer aussi simplement leur préférence. Mais, au fond, en ont-ils même une ?

mercredi 17 novembre 2010

Sarko Dé-Batman

Quel homme que notre président magicien !

Au cours d'un aller-retour Paris-Séoul (à peine le temps de descendre de l'avion pendant qu'on faisait le plein !), il conçoit un plan diabolique à triple détente (et frein dans le moyeu comme aurait dit le regretté Pierre Dac !) pour opérer le remaniement promis. De retour le samedi matin, il charge Claude Guéant, que la rumeur mettait déjà Place Bauvau, de donner la liste des nouveaux ministres dès le dimanche soir, sans plus de précision. Joli coup de billard à triple bande : Guéant chargé de l'annonce ne sera donc pas ministre ; les Européens-Ecologistes-Verts qui se sont réunis durant le week-end et qui ont phosphoré dur pendant deux jours pour imaginer un tel nom pour leur « formation-réseau-coopérative » ne pourront donc avoir qu'une place, incertaine et subalterne, aux JT de 20 heures du samedi comme du dimanche ; en effet, à peine entreverra-t-on Dany, Eva et José agiter de conserve leurs bedaines dans une bourrée rustique ; en outre, de cette façon, non seulement on passe en toute certitude aux 20 heures, mais surtout on les occupe dans leur ensemble puisque le choix subtil de 20 heures 15 pour l’annonce mobilise l'antenne avant et après la déclaration de l'Élysée. Des professionnels je vous dis !

Mais il fallait aussi jouer fin sur le calendrier, pour la suite. Le lundi 15 était trop tôt, en coupant prématurément l’effet d’annonce du dimanche. L'idéal pour Sarko était le mercredi jour du premier conseil des ministres du nouveau gouvernement, mais hélas, le soir, était programmé Angleterre-France à Wembley et entre 90 minutes de Sarko et 90 minutes de foot, nombre de mauvais Français risquaient de ne pas faire "le bon choix". Ce fut donc pour mardi 16. Au total samedi, dimanche, lundi, mardi : Carton plein ! Bingo !

Match inégal : Sarko « DéBatman » contre Pujadas-Chazal-Denisot. « Combien faut-il de poux pour manger un lion ?/ Cent maravedis valent-ils une piastre ? » Le score, connu d'avance, fut sans appel : 3-0 ! Débat mais, « à dire le vrai », comme disait la regrettée M’ame Ruggieri, « A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire ».

Certes, Claire trônait, très en beauté, entre les deux magots comme ces dames espagnoles qui se plaisaient, pour mettre en valeur leur beauté, à se promener avec une guenon sur l’épaule ; Claire en avait même deux ! Elle avait assurtément bien travaillé son look, mais un peu moins sa dialectique.

Pujadas avec sa tête de Playmobil, comme le dit si justement Patrick Timsit, avait mis son casque-perruque de jais sur son crâne si curieusement aplati qu'on se demande ce qu'il peut y avoir dedans, tant il est bas de plafond. Maman Pujadas a dû avoir un accouchement difficile et il a fallu, en catastrophe, prendre la ventouse des toilettes pour tirer d'affaire le minot.

Quant à Denisot, égal à lui-même, il avait comme toujours, son air de chien battu et son demi-sourire niais. On s'attend toujours à l'entendre dire « Désolé !», comme sa marionnette des Guignols.

Le vrai moment drôle a été, en fait avant, sur Canal+, lors de la présentation de l'interview. Denisot, forcément absent, s’est fait filmer seul à 20 heures à l’Elysée à l’intention de son pépé de Chateauroux; il avait confié les manettes du Grand Journal à Ali Baddou qui, pour cette circonstance exceptionnelle, s'était rasé. Afati était chargé de préparer le terrain. D'une façon étrange, il insista lourdement sur le fait que les trois intervieweurs étaient (je vous jure que c'est vrai !) des « journalistes assermentés » ! Il a même répété cette étonnante formule trois fois au moins sinon quatre en quelques phrases, à croire qu'il ne sait pas ce que le mot « assermenté » veut dire, à moins qu'il ne s'agisse, vu l'échantillon journalistique retenu, du « serment d'hypocrite ! ». À la réflexion, je me demande s'il ne sortait pas d'un apéro avec son ami Borloo car, dans la suite, voulant illustrer le propos qu'il jugeait central pour la circonstance, la dette globale de la France , il a choisi d'en illustrer le montant en faisant apparaître à l'écran le chiffre même de cette dette qu'il a lui-même lu (je vous jure que c'est vrai et vous pouvez aisément vérifier) en précisant qu'elle était de « un milliard, six cent cinquante millions», alors même que s'affichait évidemment le vrai chiffre soit 1.650 milliards! L'écart n'était que de un à 1000, nul n’a soufflé mot sur le plateau, ni Ali ni Ariane qui, de toute évidence n’en savent rien non plus ! Non seulement Afati ignore ce montant que tout le monde connaît, mais il est même incapable d'en lire le chiffre. Avec notre président de la Cour des Comptes, qui ne sait pas combien font 7 fois 9 et Afati qui confond les millions et les milliards, on est bien parti ! On se croirait revenu au bon vieux temps de feu Krasucki !

Pour les 90 minutes de Débat-man rien à dire. Le service de communication de l'Élysée a bien travaillé mais ce n’était poas trop dur ! On attendait les « journalistes assermentés » sur tous les sujets qu'on pouvait prévoir, sans s’occuper de ceux qui fâchent dont on était bien bien sûr qu'on ne parlerait pas (genre Compiègne- Chantilly, mensonges Woerth, Galop ou rétrocommissions Balladur). DéBatman a donc pu balancer dans les gencives des « assermentés » comme de la Gauche, à propos des retraites, le Rocard 1981 (consternation générale quand Mitterrand annonce le passage à 60 ans !) comme le Rocard 91 (le rapport sur les retraites) ; les écoutes mitterrandiennes ont été opportunément et efficacement évoquées pour les « fadettes » et les ordinateurs volés, mais le mieux a été l’épisode des Roms. DéBatman a pu démontrer, dates et références multiples à l'appui, que tout cela avait été mis en avant et monté en épingle par les journalistes présents qui, dans la suite, après avoir glosé à l’infini sur les critiques de la méchante Commissaire européenne, se sont en effet gardés d'annoncer qu'elle avait été désavouée, de facto, par la Commission elle-même.

Je dis ici de facto pour causer comme DéBatman qui nous a sorti, vieux souvenirs de ses études de droit ou traces de révisions, récentes mais vaines, avec le fiston, un « expressis verbis» qui a laissé pantois ses trois adversaires. Je me garderai bien de lui dire que c'est du latin de cuisine juridique, dont je ne suis pas sûr qu'on aurait pu le trouver sous la plume de Cicéron ! Denisot qu’on nous avait montré discrètement se marrant pendant l’épisode sur les Roms car il n’avait pas de JT d’époque sur la conscience (en plus il était alors en vacances chez son pépé de Chateauroux) est resté comme deux ronds de flan devant la citation latine, sans savoir si c’était du lard ou du cochon ! Les deux autres et surtout la pauvre Claire sur laquelle DéBatman s’est acharné ont été KO debout pendant de longues minutes !

Bref ! Score final sans appel : 3-0. De toute façon, ce genre de match est d’avance truqué puisque, sur chaque question, DéBatman est toujours le seul à avoir le sifflet qui lui permet de marquer la fin de la reprise, une fois qu'il a tirée la flèche du Parthe qu'il avait préparée pour chacune de ces si prévisibles questions.

vendredi 29 octobre 2010

Les scoops de Pécresse sur RMC

Mercredi 27 octobre 2010 sur RMC à 8:30 Christophe Jakubyszin interviewe Pécresse.

Nouvelle remarque de ma part (et c'est très loin d'être la première fois que je la fais) nos vedettes de la radio et de la télévision ont désormais le régime intégral de vacances des petits écoliers aussi bien pour la Toussaint que pour Noël, Paques ou la Saint Glinglin, sans que cela frappe quiconque. Sur RMC, le petit Bourdin va en vacances chez son pépé d’Alès tandis que Michou Denisot va voir sa mémé Joséphine à Châteauroux. Michou cède dons les rênes (mais les ânes ont-ils des rênes ?), dans un pas de géant vers l’intégration, à Ali Baddou, aussi médiocre dans ce rôle, pourtant des plus simples, que dans son emploi habituel.

Mais revenons à Mme Pécresse.
Christophe Jakubyszin (on doit se préparer à lui pardonner beaucoup avec un patronyme pareil !) remplace donc Jean-Jacques Bourdin parti se ressourcer au bon air gardois. Il interroge donc ce matin-là Mme Pécresse. Dès l'introduction on sent qu'il va y avoir là de grands moments de radio « solidaire, sincère, et citoyenne » (auto-définition de RMC). Le « journaliste » du jour, dans son introduction, évoque, de façon inattendue, « l'école de Luc Ferry » ! C'est vrai bien entendu, je vous le jure, sinon ce serait pas drôle. Un pauvre Polonais comme lui peut bien confondre Jules et Luc et on ne va pas en faire un fromage ! En tout cas c'est bien parti et la suite va être à la hauteur, le « post » étant hélas est un genre trop bref pour une recension complète de toutes les sottises ou approximations de cet entretien. Je ne vous donne donc ici qu’un ou deux exemples qui ne sont pas forcément les meilleurs car en 48 heures j’ai un peu oublié.

S'agissant donc de « l'école de Luc Ferry », on nous sert bien entendu l'inévitable couplet sur les « fondamentaux », en précisant que tout enfant qui entre en sixième doit savoir lire et écrire. Interrogée sur le rétablissement de l'examen d'entrée en sixième (une idée de Copé donc a priori nulle pour tout sarkoziste pur sucre), Pécresse se déclare défavorable. Elle omet bien entendu de préciser que, dans les universités dont elle la charge,on doit désormais créer, pour les bacheliers, un enseignement liminaire de l'orthographe du français. On peut donc penser qu’il serait plus raisonnable que ce genre de formation soit créé dans l'enseignement secondaire, voire à son début, plutôt qu'après le baccalauréat !

Mais le moment le plus délicieux de cette trop brève émission a été le couplet sur la création dans nos universités d’« e-learning centers ». L'observation liminaire du « journaliste » sur le caractère peu francophone d’une telle dénomination est balayée d'un revers de main parValérie Pécresse par ailleurs, de toute évidence, bien incapable de trouver l'équivalent français pourtant tout à fait évident. Elle nous explique alors savamment que dans ces « e-learning centers », les étudiants auront un accès direct aux livres en rayons, sans demandes ni intermédiaires ; ils y disposeront de tables, de sièges pour pouvoir travailler tranquillement sur place. N’est-ce pas là ce que nous-autres pauvres francophones appelons une « bibliothèque » en accès direct, comme celle de Beaubourg pour prendre un exemple très connu.

Apparemment, Mme Pécresse n'a pas la moindre idée de l'institution qu'elle envisage de créer. Elle qui l'an dernier, à visité des universités américaines, aurait dû visiter aussi, plus près d’elle, des universités françaises. Elle aurait pu constater que, dans les campus des États-Unis, on voit, sans cesse et partout, des étudiants occupés à travailler et à lire comme à fréquenter des bibliothèques qui, là-bas, souvent sont ouvertes 24 heures sur 24 et sept jours sur sept. Si Madame Pécresse était un peu plus familière des universités françaises, elle saurait qu’il en est tout autrement en France, où l'on voit rarement des étudiants occupés à travailler (où le ferait-il d'ailleurs si l’idée leur en venait ?) et surtout où les bibliothèques, comme les installations sportives, sont, en général, FERMEES au moment où les étudiants pourraient s'y rendre.

Par ailleurs, pour l’information du ministre comme du « journaliste », et comme son nom l'indique, un « e-learning center » n'est pas une bibliothèque d'ailleurs comme le souligne clairement la traduction même de ce terme.
Tout cela n'était d'ailleurs qu'une simple opération de communication, destinée à préparer la visite que le président de la République (le cahier des charges ministérielles impose de toute évidence, l'évocation du nom toutes les trois phrases !) devait donner le lendemain, dans je ne sais quel lieu où étaient concentrés et présentés les plans et maquettes des principales futures installations universitaires.

En tout cas, pour ce qui concerne ces futurs cyber-centres documentaires, le problème n'est pas tant dresser les plans et même de les construire (ça fait toujours marcher le commerce et le BTP) que de disposer réellement d’un personnel qui accepterait d'y être présent au moment où les étudiants sont eux-mêmes susceptibles d’y être aussi !

dimanche 12 septembre 2010

Rentré à Canal Plus

Vendredi 10 septembre 2010, j'ai vu pour la première fois depuis la rentrée le « Grand journal » de Canal+ nouvelle formule. Comme tous les vendredis y figurent encore toutefois les trois journalistes de rigueur.

Au milieu, selon la coutume, l’ineffable Duhamel, lisse et égal à lui-même, à la cravate près. Ce n'est pas le genre à arriver comme un Bruce Toussaint ou un Laurent Delahousse avec une barbe, certes estivale mais fâcheusement négligée ; le bougre est, comme à son habitude, rasé de près et de frais, le cheveu soigneusement peigné et calamistré. Bref, rien à dire.

En revanche il est flanqué sur sa droite de Sylvie Pierre Brossolette qui, sans doute, n'a pas véritablement changé durant l’été à moins que...(on verra pourquoi dans la suite), mais qui est tout de même un peu étonnante, pour ne pas dire effrayante, pour qui a été privée de sa vue pendant deux mois. À force de liftings, de fils d’or et de botox, elle a fini, sans le vouloir sans doute, par se faire la tête d'un Frantz Olivier Giesbert qui, au lieu de se déplumer, comme il le fait depuis quelques années, se serait pourvu d'une perruque. C’est un peu comme Mazarine Pingeot que je continue à prendre pour un travcesti de son père. On s'habitue peu à peu à la chose mais, au départ, le choc est rude.

La vraie surprise du jour est toutefois située à gauche de Duhamel où siège, comme souvent, l'inénarrable Joseph Macé Scarron dont l’apparence est plus intéressante que les propos.

Pour l'accoutrement, rien de très nouveau pour le roi du Marais ; comme toujours le T-shirt de rigueur a été choisi deux tailles au-dessous, de façon à mettre en valeur les formes sculpturales du porteur. Il est clair que, s’il n’a plus fréquenté les studios, Joseph n'a pas cessé la muscu. pendant les vacances car il entendait bien jouir de sa belle apparence sur les plages qu'il a dû fréquenter.A-t-il seulement songé à orner son torse musculeux de l’alléchant auto-collant « Vu à la télé » ?
Les maches ultra courtes permettent d’exhiber des biceps rebondis qui doivent faire pâlir de jalousie toute la meute des gringalets directeurs –adjoints de Marianne.
Sur le bras droit, rien de nouveau puisque le superbe tatouage, qu'il arbore depuis longtemps, descend pratiquement jusqu'au coude. Seul le bras gauche est donc intéressant dans cette affaire. Sur ce biceps auparavant vierge de tout tatouage et donc iconographiquement disponible, je lui avais naguère suggéré de se faire tatouer Marianne terrassant Sarkozy. De toute évidence il n'a pas suivi ce judicieux conseil, se bornant à orner le haut de son bras gauche d’un tatouage nouveau dont il nous a, pour le moment, presque dissimulé la vue. Nous n'avons pu qu’à peine entrevoir le bas de la décoration qui semble s'apparenter à ces cercles dont les amateurs éclairés aiment à orner leurs bras.

Affaire à suivre mais nous devrons sans doute attendre que Joseph vienne à Canal+ en marcel pour nous révéler dans son entier cette décoration nouvelle. J'avoue brûler d'impatience dans cette attente mais je crains que la décoration du bras gauche, vu sa taille, ne soit pas à la hauteur de celle du droit.

La dernière nouveauté du grand journal est le recrutement d'une présentatrice météo québécoise qui, comme celle qu'elle remplace, cultive la fantaisie et l'inattendu, mais en les pimentant de la rusticité de son accent de la Belle Province. En fait, la nouveauté principale est que, au lieu de prendre place entre Ali et Ariane, comme dans la météo d'antan, elle s'assied aux côtés de Michel Denisot lui-même. Il a l'air de beaucoup l'apprécier et on peut imaginer qu'il s’est chargé lui-même personnellement du casting.

Le changement de place de Miss Météo a entraîné l'apparition, dans le trio vedette de l'obèse Mouloup Achour qui encore pris quelques kilos pendant les vacances mais surtout du galon, puisque maintenant il est jugé digne de besogne un peu moins subalternes que celles qu'on lui assignait autrefois. Il semble même qu'il ait pris quelques leçons d'anglais car il paraît en mesure de s'exprimer désormais dans cette langue.

En somme, pas terrible la rentrée télé à Canal+.

jeudi 3 juin 2010

Martin for President!

Réapparition de Martin Hirsch ce mercredi 2 juin 2010, au « Grand Journal » de Denisot. Depuis qu’il a quitté, assez discrètement son son Secrétariat d’Etat, à sa demande, pour se charger du service civique, on ne voyait plus guère Martin Hirsch dans les médias !

En passant, une petite remarque sur une tradition bien française. Elle consiste à réinventer, au bout d’une dizaine d’années, ce que l’on a supprimé une décennie auparavant, avec les meilleures raisons du monde. C’est le cas du service civique qui, en douce, rétablit un service militaire, adapté et à la demande, qui existait déjà (cela se nommait même ainsi dans les années 60 (SMA et plus tard VAT « volontaire de l’assistance technique), tout cela ayant été mis en place après la guerre d’Algérie, au moment où l’on ne savait plus quoi faire des bidasses dont on avait perdu l’emploi ! Il aurait suffi de rendre la chose facultative au lieu d’obligatoire, mais passons !

Martin Hirsch est donc invité, non pas pour parler de son cher service civique, dont chacun se fout en dépit des efforts de l’intéressé pour aborder le sujet, mais pour du livre qi’il publie (où il balance un peu, sur Madame Boutin, entre autres, qui avait eu des mots avec lui, ou plutôt sur lui) et surtout de l’appartement de fonction squatté par le frère de Fadela Amara !

Cet homme est l’un de nos rares dirigeants qui inspire confiance, car il donne l’impression (j’espère qu’elle est fondée) d’être à la fois honnête, sincère et intelligent. Martin for président ! Avec un Villepin (plus excité que jamais) ou un DSK (excité lui aussi, mais dans un autre genre et fourbissime de surcroit), comme on dit « ya pas photo ! ».

Le premier principe de nos politiques à la télé est de fuir toutes les questions qui peuvent en quoi que ce soit les gêner ou les forcer à prendre une position. Hirsch non seulement ne les fuit pas mais semble même les rechercher ! Sur Fadela Amara, il dit tout net que les ministres et autres personnages de même acabit n’ont qu’à se louer un pppartement « coimme tout le monde » et qu’il faut supprimer tous les logements de fonction ! Rappelons au passage que, quoiqu’il ne l’ait jamais dit lui même, quand il a été nommé Secrétaire d’Etat, il a refusé le traitement attaché à la fonction, ne sollicitant que le simple maintien de sa précédente remunération chez Emmaus. Une vertu romaine, je vous dis, ce Martin !

Apathie, plus antisarko que jamais (il est pote avec Fillon !) nous fait le numéro siur les inévitables hausses d’impôts, repassant la video, déjà vue cent fois, où Sarkozy proclame dans non style inimitable « J’ai pas été élu pour augmenter les impôts ». Sur le revenu doit-il penser avec une de ces restrictions mentales si commodes pour les politiques ; on va, en revanche, de toute évidence, nous bastonner sur la CSG (7,5% du salaire brut ; « créée par Rocard », rappele malicieusement et justement au passage, Martrin Hirsch) et la CRDS (0,5% du même salaire brut). On ne va pas aumenter les impôts, mais la fiscalité ! Nuance ! La TVA sera bien sûr aussi de la fête). Pas d’impôts en plus mais des revenus en moins. Vous saisissez ?

Hirsch souligne avec à propos que, sans toucher aux 7,5% de la CSG qui ne concerne que les salaires et les retraites, on pourrait l’étendre aux revenus du capital qui en sont exempts. Du coup Apathie se tait pour ne pas se faire gronder par son ami Fillon.

Autre remarque de Martin Hirsch sur le partage des profits ; vous savez la fameuse règle de trois tiers (un tiers pour les salaires, un pour le capital, un pour l’investissment). Selon un rapport passé inaperçu (il dit même être le seul a l’avoir lu), en fait, contrairement à ce que disent Beancenot et Buffet qui ne cessent de glapir sur ce thème (Hirsch ne les a pas évoqués, cette remarque est de mon cru) la proportion n’a pas varié dans la répartition globale entre les salaires et le capital, mais ce qui a change, ce sont les pourcentages de ventilation au sein même de la masse salariale ; les trois-quarts de augmentations se sont portées, en effet, sur les 10% des plus hauts salaires ! Intéressant non ?

Aveu final : interogé sur son vote aux dernières présidentielles (il dit dans son livre ne pas avoir voté pour Sarkozy), il confesse avoir voté pour Ségolène. Nobody’s perfect ! Pas même vous, cher Martin Hirsch !

samedi 8 mai 2010

Un tabou linguistique : la rigueur

Un beau morceau de rhétorique, ce jeudi 6 mai 2010 ,au "Grand Journal" de Canal Plus (je n’ai pas vu l’émission elle-même mais le bref extrait qui en a été rediffusé, le lendemain, dans le cadre de l’émission « politique » du vendredi).

Madame Lagarde, compensant la sinistrose de son propos par le rose de son tailleur, nous a explique comment, pour faire des économies, rendues indispensables par la situation, elle allait se lancer dans la chasse au gaspi, ses premières cibles étant les « niches fiscales », où elle entend « raboter » à hauteur de cinq milliards. Cette métaphore menuisière prenait tout son sel, vu l’allure et la vêture de Madame Lagarde qui aurait plutôt dû, pour de tels propos, se parer d’un bourgeron prolétaire !

Le comique de l’affaire n’est pas, dans cette affaire, qu’on va entrer dans la rigueur sans oser le dire et même en frappant ce terme d’un véritable tabou linguistique ; ce sera, pour nos ministres, une forme nouvelle du petit jeu du ni oui ni non. Tout le monde le voit bien et la chose n’a rien de drôle. En revanche, entendre Madame Lagarde, ministre des finances depuis trois ans, découvrir soudain l’existence de « niches ficscales », dont la suppression va non seulement dans le sens de l’égalité des citoyens devant la loi, mais aussi dans celui de l’économie globale, est des plus drôlatiques, pour user d’un adjectif qui reste dans la couleur optimiste que nous imposent les circonstanceset notre gouvernement.

Mais la situation était encore plus comique le lendemain, quand Michel Denisot, pour sa session politique de la semaine, a repassé cet épisode à l’intention de ses trois journalistes invités (Raphaële Baquée du Monde n’opère pas tout à fait dans ce registre, mais elle n’était là que pour la promotion de son dernier livre, dont ses deux collègues ont fait un éloge échevelé, à charge de revanche ultérieure bien entendu). Il y avait donc là cinq « journalistes » (les trois invités plus Patati et naturellement Denisot, qui a dû garder sa carte de presse sportive !), sans compter Ali Baddou et Ariane Massenet, qui sont sans doute catalogués comme tels, ne serait-ce que pour le fisc.

Le statut fiscal privilégié des journalistes avait déjà été mis en cause par Alain Juppé, alors Premier Ministre, qui avait sans doute, par là, précipité lui-même sa chute, en dressant contre lui toute la profession, la presse de droite ne lui étant pas la moins hostile. Le résultat avait été le remplacement final de la réduction exceptionnelle pour frais professionnels, de 30% je crois, (acquise sans justification particulière) par une « allocation pour frais d’emploi » qui, pour les revenus 2009, permet de déduire, indépendammant des 10% de tous les salariés, 7.650 euros ! Les 10% forfaitaires ouverts à tous peuvent en outre être remplacés par des déductions de frais réels, au sein desquels on ne distingue sans doute pas facilement les frais effectivement supportés par le journaliste contribuable de ceux qui font l’objet de notes de frais prises en charge, a posteriori, par l’employeur.

Naturellement aucun des sept « journalistes » ou réputés tels n’a songé, un instant, à évoquer, à propos des niches fiscales, le cas des professions de presse. On est vite passé à autre chose, en fonction du principe majeur de la réforme en France : « Toute réforme est excellente dans la mesure où elle ne s’applique pas à soi » !

Le « journaliste » Ali Baddou, spécialiste de la littérature et des choses de l’esprit au Grand Journal, avait du pain sur la planche ce vendredi 7 mai 2010; on recevait en effet, deux grands auteurs, Prouteau, ex-patron du GIGN et garde du corps patenté de Mazarine Pingeot durant sa jeunesse, et Christophe Rocancourt, arnaqueur de profession, désormais reconverti dans la littérature et qui publie, s’il vous plaît, chez Flammarion, ce qui suffit à donner une idée de ce qu’est devenue l’édition française ! Du grain à moudre pour Ali Baddou qui s’est toutefois montré très discret sur ces deux loustics.

En revanche, il a été disert à propos d'un petit livre sur les « gestes » les plus fameux du football, des « mains » de Maradona ou d’Henry au « coup de boule » de Zidane. Dans son exaltation sportive et voulant mettre un grain de sel personnel dans un domaine qui lui est peu familier, Ali a ajouté, en commentant ces trois « gestes » fameux que leur seul point commun était que tout le monde les avait vus… sauf l’arbitre. C’est doublement faux ! Les deux « mains » n’ont guère été rendues visibles et en tout cas évidentes qu’après coup, par la télévision et la répétition quasi infinie de ces images. En revanche, dire que le geste de Zidane n’a pas été vu par l’arbitre, dans son altercation avec Materrazi, est proprement inouï, dans la mesure où le joueur français a reçu un carton rouge et a été immédiatemetn exclu. Denisot, grand spécialiste du football, a sans doute un peu fait la gueule, sans oser pourtant corriger les ignorances d'Ali Baddou, l’intello de service !