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lundi 17 mars 2014

Poor little thing ! La pension de Monsieur de Villepin !


Pauvre monsieur de Villepin ! Voilà un homme à qui rien n’aura été épargné ! On le compromet odieusement dans les combines de l'affaire Clearstream, la justice mettant fort heureusement un terme heureux à ces calomnies. Marie-Laure, son épouse depuis des décennies, le plaque pour aller sculpter les « cocos fesses » seychellois devenus (depuis et de ce fait ?) hors de prix ! Le parti qu'il avait créé pour conquérir la Présidence de la République qui lui était clairement due, échoue piteusement et ce ne sont pas les chèques du Qatar, en récompense de ses précieuses consultations, qui vont le consoler de ce revers. Comble de malheur, voilà que la perfide Albion, par le biais du Telegraph, l’accuse d'avoir touché 100 000 euros du Quai d'Orsay pour une journée de travail  qui d’ailleurs, s’agissant d’un tel homme n’a, en réalité, pas de prix !

Ce ne sont que des menteries et fariboles et le Quai d'Orsay n’a manqué de le faire savoir, de la bouche même son porte-parole, qui a précisé que la somme était moindre et qu'en outre la procédure était parfaitement régulière. Il faut donc apporter ici quelques précisions et corriger l'effet pour éviter que ne soit injustement ternies les images de notre diplomatie et de son plus pétulant représentant qui l’a si souvent incarnée, et avec tant de talent, dans les instances internationales. Commençons par le plus simple et nous verrons le reste ensuite.

Dominique Galouzeau de Villepin (que mon étourderie naturelle et une pointe de sénilité m’ont souvent fait nommer, par erreur, Galopin de Villouzeau) né en 1953, devait encore, pour atteindre le terme d’une carrière exemplaire, une demi-douzaine d'années de travail au Quai d'Orsay, dont il est où est censé être un fonctionnaire. Deux formules s'offraient donc à lui pour parvenir à une retraite bien méritée, comme vous le verrez.

Première hypothèse : il pouvait, d'une part, accomplir quelques années de service ; encore fallait-il, en pareil cas, trouver un bureau et un travail à un homme qui fut le ministre des affaires étrangères ! Par ailleurs encore fallait-il aussi aussi qu'il désirât lui-même travailler dans de modestes fonctions qu'il a délaissées depuis fort longtemps.

Autre hypothèse ! Bon sang mais c'est bien sûr ! Puis s'il désirait lui-même travailler dans le privé, dans la société de consultation qu'il a lui-même créée sous le nom flatteur et riche de promesses de Villepin International qui a réalisé 1,7 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2013 et 162 200 € de bénéfices pour la même année (voilà qui inclinait évidemment à faire peu de cas de la modeste rémunération qu'il aurait pu percevoir au Quai , même avec le titre de « ministre plénipotentiaire hors classe), le mieux était donc de lui ouvrir le bénéfice d'une mesure dont on a hélas peu parlé dans les médias français, mais qui se révèle en pareil cas fort opportune. En effet, comme le gouvernement œuvre sans cesse, modestement et dans l'ombre, au bien-être et à l'avenir de ses plus hauts fonctionnaires un décret du 8 juin 2011 (signé par le Premier Ministre François Fillon, Alain Juppé (Quai d'Orsay) et François Baroin (Bercy ; mon facétieux Dragon avait suggéré ici « Merci » au lieu de « Bercy !) a prévu un dispositif d'anticipation de la fin d'activité qui permet aux cadres supérieurs de cette administration (Ne mélangeons pas les torchons et les serviettes) de quitter définitivement les cadres de l'administration entre 58 et 62 ans.

Comme le dit (assez improprement d'ailleurs, mais le Quai d'Orsay n'est pas le ministère de la francophonie), ils peuvent le faire « en contrepartie » d'une somme correspondant à un mois de rémunération par année d'anticipation de leur départ à la retraite. Comment on mégote pas à ce niveau, Monsieur de Villepin pouvait donc prétendre, au titre de l’anticipation de son départ, au maximum de six à huit mois, à un an de salaire soit environ 70 000 € et non pas 100 000, comme le prétendait la perfide presse anglaise, mais, comme on dit chez nous « quand on aime on ne compte pas » !

Un esprit simple ne peut manquer, à ce stade, de faire quelques  remarques et d’abord de se poser le problème des annuités ouvrant le droit, non pas à « retraite » mais à « pension », car dans la fonction publique française, il n'existe pas de retraite, mais seulement des pensions, pour lesquelles est établie une inscription sur le Grand livre de la dette publique de la France.

Par ailleurs, la carrière d’un haut fonctionnaire de ce calibre est évidemment un mystère ; on ne peut s'empêcher de calculer que Monsieur de Villepin, entré au Quai d'Orsay en 1980, a été mise en disponibilité dès 1993 (après avoir occupé des postes de conseillers aux États-Unis et en Inde), la poursuite de sa brillante carrière dans la fonction publique restant quelque peu mystérieuse. Certes, grâce à l'action et à la prévoyance conjointes de Messieurs Fillon, Juppé et Baroin, il peut négocier un départ prématuré à la retraite, ce qui est, en outre, une anomalie pour ce qui concerne la fonction publique où n’existe nulle indemnité de ce type mais ne rétablit pas pour autant les annuités manquantes.

Quant à la carrière même de Dominique de Villepin dans la fonction publique entre 1993 et 2013, elle est assez mal connue même si l'on découvre maintenant qu'il aurait exercé (depuis une date mal établie et pour une durée assez mal connue également) la « présidence du conseil d'administration de l'Office national des forêts », fonction qui paraît assez éloignée de ses intérêts comme de ses compétences, si diverses qu’elles soient.

Passons sur ces détails mesquins ! Non seulement Monsieur de Villepin a bénéficié de façon assez floue du décret du 8 juin 2011, mais il a en outre eu la chance de ne pas oublier de demander, en septembre 2013, à bénéficier de ce régime et a reçu l'agrément de son administration, le ministre actuel Laurent Fabius n'ayant pas eu à connaître de cette démarche demeurée purement administrative selon le Quai. Comme ce dispositif a cessé d'être applicable au 31 décembre 2013, Dominique a dû sentir le vent du boulet de la forclusion !

Reste la question de la journée de travail pour 70 000 € qui a suscité des commentaires de la presse anglo-saxonne d'abord, française ensuite. Bien entendu comme toujours cette présentation des faits est inexacte, sinon malveillante. Il est probable que le Quai (comme disent Monsieur de Norpois et les vrais initiés !) a fait bénéficier Monsieur de Villepin d'une mesure qui est souvent appliquée (dans l'éducation nationale en particulier), mais tout autrement et dans un esprit très différent,  à des fonctionnaires qui, étant arrivés au terme de leur droit à congé pour une maladie de longue durée, passerait dans un système impliquant une forte réduction de salaire. Dans ces cas-là, ces fonctionnaires, en reprenant leur service normal, fût-ce pour une seule journée et  de façon tout à fait théorique, se voient ouvrir de nouveaux droits à congés pour un autre congé de longue durée.


Il en a sans doute été de même pour Monsieur de Villepin qui est en parfaite santé et ne manque pas de ressources ! Cette prétendue journée de travail (bien entendu factice) n'a sans doute été qu'une forme de trucage du compteur de ses annuités de retraite, pour lui permette de valider ses longues absences antérieures (en fait depuis 1993) et de bénéficier par anticipation de la pension à laquelle il aspire. Il est donc tout à fait évident qu'il n'a pas eu à passer une journée au Quai d'Orsay ou, pire, au 244 du boulevard Saint-Germain, à faire des cocottes en papier, l'œil sur la pendule, en attendant de pouvoir bénéficier de cette mesure !

mardi 23 avril 2013

Compatissons, que diable !


La chose vous a peut-être échappé, mais, fort heureusement, Usbek veille. C'est en effet aujourd'hui la journée de la compassion qu'il faut naturellement se garder, comme vous allez le voir, de confondre avec la pitié.

Dans la situation où se trouve notre pauvre et malheureux pays, le problème est de choisir, parmi les innombrables cas qui pourraient être l'objet de notre compassion, ceux ou celui qui la mérite le plus. Face à cette immense difficulté, j'ai donc fait le choix d'exprimer ma compassion pour ceux qui le méritent le moins, ce qui, sans résoudre le problème précédent que j'ai jugé insoluble, permet au moins de l'éviter.

Il ne vous a, en revanche, pas échappé qu'en avril 2012, juste avant l'élection présidentielle que d'aucuns redoutaient sans le dire, le gouvernement Fillon avait prit la décision de permettre aux parlementaires et anciens ministres de devenir avocats, sans formation ni examen spécifiques. Il leur suffisait d'être titulaires d'une maîtrise en droit (même acquise trente ans avant!) et de prouver huit années d'exercice de "responsabilités publiques", sans que celles-ci soient d'ailleurs nécessairement liées à une élection ni à une activité juridique. Point n'était donc besoin du fameux CAPA (Certificat d'Aptitude à la Profession d'Avocat) qui constituait le vrai mode d'accès à cette profession. Inutile de vous dire que les avocats, qui sont fort légitimement attachés au CAPA, ont protesté de toutes leurs forces, sans le moindre résultat bien entendu.

Certains ont donc profité de cette facilité dont Monsieur de Villepin qui, en outre, ne s'est pas trompé dans le choix de ses clients, en se faisant avocat du Qatar. Le nouveau gouvernement n'a pas tardé à revenir sur cette décision et, dès janvier 2013, la Garde des Sceaux a fait l'annonce de la future mesure d'abrogation de ce décret qui est intervenue le 17 avril de cette même année. Coïncidence du calendrier, cette mesure a été prise au moment même où l'on envisageait des dispositions sur les conflits d'intérêts et la "transparence" des activités des élus ; une des professions mises en cause et visées est précisément celle d'avocat (d'affaires, même s'il n'y a pas là une catégorie spécifique dans la profession).

C'est sans doute ce qui a conduit le président de l'UMP, Jean-François Copé a annoncer, dès le lundi 22 avril 2013 qu'il mettait un terme à sa fonction d'avocat dans une déclaration qui vaut son pesant de plaidoiries :

"A titre personnel, j'ai pris la décision de me consacrer maintenant exclusivement à ma famille politique et à mon pays, je vais donc cesser mes fonctions d'avocat. Je vais les cesser maintenant, parce que je considère que la situation de la France est tellement grave qu'il faut nous mobiliser."
Je me dis que je suis peut-être le seul à trouver drolatique une telle déclaration, car j'ai entendu plusieurs journalistes en donner lecture en gardant le plus grand sérieux.

Compatissons donc aujourd'hui au moins avec ces anciens élus ou ministres qui vont peut-être, dans la suite, être conduits à interrompre ou à limiter des activités fort rémunératrices, en se disant toutefois qu'ils auront eu la chance de profiter de l'année d'existence du décret Fillon pour accéder définitivement à une profession à laquelle rien ne les avait ni préparés, ni qualifiés. C'est toujours ça de pris et cela devrait d'ailleurs quelque peu tempérer la compassion que j'éprouve à leur endroit.

Monsieur Copé peut toutefois susciter la compassion. Après avoir été égratigné par Martin Hirsch dans son livre, et étant, ces derniers temps, déjà fort bas dans l'opinion, il a même été l'objet, dans son propre parti, de critiques discrètes sur sa "transparence". Ainsi, Laurent Wauquiez, son propre vice-président de l'UMP, a-t-il suggéré (suivez mon regard !) que tout parlementaire exerçant, par exemple, la profession d'avocat communique le nom de ses clients et ses honoraires.

Or les honoraires de J.F. Copé avaient déjà fait débat, il y a trois ans. En effet, en 2007, M. Copé était entré dans le grand cabinet d'affaires parisien Gide-Loyrette-Nouel, comme collaborateur à temps partiel. Cela avait fait jaser à gauche bien entendu, mais aussi chez certains UMP, qui jugeaient une telle activité incompatible avec la fonction de président de groupe à l'Assemblée Nationale. Sa rémunération au sein de ce cabinet (qui bien entendu restait, sur ce point, aussi muet que l'intéressé) avait été évoquée, dans Rue89 comme dans Mediapart, 200.000 euros annuels étant le montant le plus souvent avancé, sans qu'il soit confirmé. Devenu Secrétaire Général de l'UMP en novembre 2010,J.-F. Copé avait abandonné son activité d'avocat dans ce cabinet, mais décidé de poursuivre cette activité à titre individuel, en tant qu'avocat indépendant.
Il vient de se résoudre à y renoncer, pour assurer le salut national... Dont acte !

 

dimanche 2 octobre 2011

Les malices du hasard.

Une fois de plus je constate que si j'avais à définir le hasard par un adjectif, je le dirais assurément "malicieux". Je m'explique.

Mon silence d'une huitaine sur ce blog s'explique par le fait que j'ai passé la semaine en cause à Rio de Janeiro. Je vous en reparlerai car j'y ai fait quelques observations sans doute mineures mais qui m'ont intéressé.

Durant le long vol entre Paris et Rio (onze bonnes heures), j'ai passé mon temps à regarder des films dans la mesure où le vol étant de jour, je n'avais pas à essayer en vain de dormir.

J'y ai vu, par hasard, parmi quelques niaiseries, le film « La conquête » dont j'avais beaucoup entendu parler sans le voir car je ne vais que rarement au cinéma et surtout pas pour y voir des films français qui en général, en dépit d'une production qui se classe immédiatement, pour l'abondance du moins, derrière l'Inde et les États-Unis, sont des plus médiocres. J'avais même oublié, tête de linotte et pisseur de copie impénitent que je suis, que j'avais déjà fait un blog sur ce film. Ce n'est que par hasard et parce que mon ordinateur a plus de mémoire que moi, que je m'en suis rendu compte, sans prendre toutefois la peine de le relire, puisque je n'avais écrit ce premier texte qu'à partir des quelques extraits du film que les télés en avaient donnés.

Venons-en au hasard et à ses malices. Un des personnages de ce film qui, vous le savez sans doute, retrace la conquête du pouvoir par Nicolas Sarkozy, est Dominique de Villepin. Dans ce film, il est à ce point ressemblant que je me suis demandé, un instant, si le vrai n'avait pas lui-même joué son propre rôle. Pour ce qui me concerne, le sommet du film est atteint lorsque on voit Galouzeau de Villepin (que je ne nomme plus Galopin de Villouzeau par crainte d'un procès pour diffamation!) apprendre la nouvelle du départ de Cécilia Sarkozy qui va rejoindre son amant. Villepin s'exclame alors (car nous sommes dans la phase qui prépare l'élection présidentielle) : « Il n'est pas capable de garder sa femme comment voulez-vous qu'il garde la France ! ». Si vous avez lu mon dernier blog, juste avant mon départ pour Rio, vous pouvez mesurer à quel point le hasard est malicieux, pour moi surtout. Si vous voulez vous en convaincre revenez en arrière pour lire un peu dans mon blog, juste avant les considérations sur les « cocos fesse », le récit du départ du domicile conjugal de Marie-Laure de Villepin qui n'a assurément pas dû voir "la conquête", à moins, au contraire que l'ayant vu, elle y ait trouvé des raisons de plus à une telle décision.

Pour poursuivre avec ce film que j'ai regardé sans déplaisir, surtout, comme tout le monde, pour voir qui avait été choisi pour représenter tel ou tel personnage, Podalydes, est hallucinant de vérité en Sarkozy, phrasé, perruque et mouvements d'épaules compris.

Un autre grand moment du film tient toutefois au choix inattendu pour jouer Pierre Charon de Dominique Besnehard. Certes ils ont en commun l'adiposité, mais, à mon sens, la raison du choix n'est pas tellement dans le physique, mais dans le fait qu'à un moment du film, on demande à Besnehard d'imiter Ségolène Royal dans une séance de répétition de débats, puisque, dans la suite, les deux candidats doivent s'affronter à la télévision. J'ai donc peine à croire que le choix de l'acteur et de cette scène relève du pur hasard, même malicieux, si l'on se souvient que, dans cette campagne de 2007, Besnehard a été le coach et le "conseiller image" de Ségolène. La scène est du film est donc , de ce fait, du plus haut comique à la fois politique et situationnel, même si l'imitation de Ségolène n'est, à vrai dire, pas très bonne !

Pour le reste pas grand-chose à dire de ce film, sinon qu'il a apporté un élément de plus à la campagne du "tous pourris" qui, avec ce qui a suivi, amènera Marine Le Pen au premier rang des résultats de l'élection présidentielle. Au fond n'est-ce pas ce que souhaitent TOUS les candidats, de la gauche comme de la droite, assuré qu'est celui qui sera derrière, d'une élection de maréchal au second tour.

Finalement, dans ce film, le seul personnage qui soit représenté comme humain et donc relativement sympathique est Cécilia Sarkozy sur les images de laquelle il s'achève, du moins dans la version fournie par Air France.

mercredi 21 septembre 2011

Madame et Monsieur de Villepin : « République solitaire » et "coco de mer"





Ecouté le mardi 20 septembre à 8:35 Dominique de Villepin interrogé par Jean-Jacques Bourdin sur RMC-BFM TV.
C'est un peu un chaud et froid politique, entre l'absolution définitive dans l'affaire Clearstream (largement prévisible il est vrai) et les valises de billets que Me Bourgi prétend avoir livrées à Mamadouminique. Monsieur de Villepin qui aime les solutions simples s'abstient de se réjouir trop bruyamment de son succès dans l'affaire Clearstream et repousse d'un pied offensé et catégorique les valoches de fric qu'il prétend n'avoir jamais vues et moins encore touchées . Bourdin peu au fait de tout cela, car il se doit se lever très tôt chaque jour, n'a pas entendu parler des tam-tams et n'a donc pas songé à en causer.

La grande nouvelle du matin est que Dominique de Villepin, si j'ai bien compris, quitte « République solidaire» pour « République solitaire ». J'espère qu'en partant, il aura bien pensé à éteindre l'électricité et à fermer le gaz ; il ne doit pas rester beaucoup de militants dans sa formation pour s’en charger car le chargé de communication y a récemment rendu son tablier.

Ce premier échec et cette solitude ne sont pas des événements propres à décourager Dominique de Villepin. Il semble contraire trouver dans l'adversité des forces nouvelles et à défaut de se situer au milieu, il est fermement décidé à s'installer au-dessus. "Et s'il en reste dix, je serai le dixième...". Voilà un homme qui croit décidément à sa destinée, même si, de toute évidence, il est, de plus en plus, le seul à y croire.

Un malheur ne vient jamais seul ; j'ai appris, il y a quelque temps, que son épouse Marie-Laure avait décidé de vivre sa vie loin de Dominique, sans doute un peu lasse de ces combats don quichotesques. Tout à fait par hasard, je suis tombé sur une vidéo où elle s'explique, avec beaucoup de délicatesse et de dignité, sur cette circonstance conjugale, tout en parlant de la sculpture sur bois, art auquel elle a décidé de se consacrer désormais toute entière.

Elle a tenu à préciser d'emblée dans cette vidéo qu'elle ne divorçait pas mais que leurs routes se séparaient, pour un moment peut-être. Ce sont là des affaires privées et je n'ai rien à en dire, mais en revanche je puis lui confier quelques petites choses sur la matière même de son nouvel art.

Elle s'est choisi un nom d'artiste qui pourrait bien être tout un programme puisqu'il s'agit de Marie-Laure (son véritable prénom) Viébel (la vie est belle?) ; ce patronyme n'est pas son nom de jeune fille, comme on pourrait le penser (la consultation du Who's Who, ma Bible, m'a appris que ce nom est Le Guay). Le détail est intéressant, car le choix de Viébel n'est probablement pas dû au hasard mais me paraît refléter l'espoir d'une nouvelle existence consacrée désormais à l'art qu'elle affectionne.

L'étonnant de la chose est que la sculpture sur bois, qui est la spécialité de Marie-Laure Viébel, s'exerce sur un matériau aussi rare que bizarre, le fruit du loïdoicea maldivica, énorme et étrange noix de coco (c'est la plus grosse graine du monde végétal et les trois fruits que, contient une enveloppe, peuvent peser 25 kilos!). Ces fruits étonnants sont ceux d’un cocotier qui ne pousse que dans la Vallée de Mai, sur Praslin, une des îles des Seychelles.

Quoique je doute fort que Marie-Laure Viébel lise un jour ce blog, c'est un peu pour elle que je l'écris et il sera comme une bouteille à la mer ou l'un de ces étranges cocos que l'on a trouvés il y a des siècles, portés par les flots et les courants, sur les rivages de l'Inde, bien avant que l'on découvre les Seychelles d'où ils venaient pourtant.

Le fait que les premiers de ces fruits ont été trouvés sur les rivages de l'océan Indien et l'étrangeté de leur forme comme de leur taille ont fait supposer, autrefois, que l'arbre qui les portait poussait au fond de la mer. Le journaliste qui interviewait Marie-Laure de Villepin (puisqu'elle se nomme toujours ainsi aux yeux de l'état-civil) a eu irrévérence de glisser dans la conversation que ce fruit s'appellerait « coco fesse ». Ce n'est que très partiellement vrai, car ce nom irrévérencieux (quoique parfaitement évocateur comme vous pouvez en juger) lui est donné, par plaisanterie, en concurrence avec le vrai nom seychellois qui, en créole comme dans le français de cet archipel, est "koko d mer/coco de mer".

Ce végétal est tout à fait extraordinaire, par sa taille d'abord (il atteint souvent 30 mètres voire 40 mètres de haut) mais surtout par sa fleur et son fruit ‘voir ci-dessus). Comme vous pouvez en juger (ne regardez pas Marie-Laure!), la fleur du cocotier de mer mâle ressemble étrangement à un énorme sexe masculin flaccide, tandis que le fruit (là vous pouvez rouvrir les yeux!) a tout à fait l'apparence d'une paire de fesses noires (pour la partie arrière si l’on peut dire) et d'un bas-ventre et d'un pubis féminins pour l'avant, ce pubis étant pourvu, en bonne place, d'une pilosité tout à fait ressemblante. Ces évocations sexuelles et le fait que ces arbres ne poussaient, à l'origine, que dans la seule Vallée de Mai ont conduit à imaginer que ce lieu avait abrité, dans les débuts de l'humanité, le paradis terrestre!

Cet arbre n'existait, semble-t-il, qu'aux Seychelles et même dans la seule île de Praslin et encore, là, dans la seule Vallée de Mai. Son fruit est devenu une rareté coûteuse, mille euros pièce dit-on, car, en fait, le commerce et l'exportation en sont désormais interdits. Lorsque j'y songe, je regrette de ne pas avoir rapporté plus des Seychelles, la première fois où j'y suis allé ... en bateau depuis Maurice, car à cette époque il n'y avait pas d'aéroport. J'en avais acheté cinq chez le boutiquier chinois de Grande Anse qui en stockait des dizaines, en vrac, sur le sol, dans une cabane. On pouvait y faire son choix (une roupie les petits et deux euros les gros) ! C'était le bon temps ! Je n'ai gardé que le plus gros que j'ai toujours, donnant les autres à des amis.

Je ne sais pas trop ce qui a pu fasciner à ce point Marie-Laure de Villepin dans cet étrange fruit. Il faut reconnaître qu'il des plus curieux mais j'en garde, en revanche, un souvenir médiocre sur le plan alimentaire. Je dois dire que je m'en suis lassé lors de mes premiers aux séjours aux Seychelles dans la mesure où le "coco de mer" fournissait à l'époque, aux rares restaurants de l'archipel, un dessert peu coûteux et abondant, mais à la longue monotone. Le coco de mer a été d'ailleurs pour moi à l'origine d'une déconvenue que je vous aurais bien racontée, chère Marie-Laure, si je n'avais pas déjà été si long.

dimanche 23 janvier 2011

Ardisson, provocateur conformiste ou conformiste provocateur ?

Il y a bien des années, je regardais sans déplaisir les émissions d’Ardisson. Je m'en suis peu à peu lassé ; j'ai dit, dans ce blog, ou dans un précédent, tout le mal que je pensais désormais cet olibrius.

Ma détestation a atteint son comble hier, 22 janvier 2011,
où j’ai eu la faiblesse, en attendant un coup de fil, de regarder quelques passages de son émission sur Canal+ « Salut les terriens ». Cette émission est de plus en plus inepte et sans intérêt ; ma seule raison de lui porter encore attention est la présence de Stéphane Guillon, dont on se demande ce qu'il vient faire dans cette galère, sinon continuer à faire la promotion de ses spectacles à travers une ouverture dans le paysage audiovisuel français.

Il faut toutefois dire quelques mots en commençant à propos d'Ardisson lui-même car il est clair que ces aspects, souvent cachés, de l’individu apportent quelques lumières sur la nature de ses productions.

Si j'avais à définir Ardisson, je dirais volontiers que c'est le plus conformiste de ceux qui font profession de se vouloir provocateurs. La vraie provocation exige en fait un certain talent et surtout de l'imagination, caractéristiques qui font largement défaut à Thierry Ardisson qui demeure après tout que ce qu'il est, c'est-à-dire « un fils de pub » (je dis cela avec tout le mépris dont je suis capable !). Il a commencé par là et il finit par là. A 60 passés, en dépit des ravalements de façade et de l’art odontologique, on pourrait espérer de sa part une retraite rapide, même si ce n'est pas, évidemment, la caractéristique la plus répandue chez les figures les plus antiques et les plus permanentes de notre télévision.

J'ai toujours pensé le personnage totalement inculte et dépourvu de la moindre capacité d'improvisation. La preuve en est, sans cesse donnée par les fiches, dont il se sépare jamais et sur lesquelles il y a, à la fois, ce qu'il doit feindre de savoir de ses interlocuteurs mais surtout les « vannes » laborieuses qui, de toute évidence, ont été élaborées par d'obscurs tâcherons qui n'ont guère plus de talent que lui d'ailleurs. Je soupçonne que l’un de ces nègres est Laurent Baffie, aussi médiocre que son employeur, et dont on ne peut penser qu’il puisse « vivre de son art », sans le strapontin médiatique que lui conserve Ardisson.

Dans l'émission d’hier, il a réussi à donner à la fois de nouvelles preuves de sa maîtrise incertaine du français (il a ainsi qualifié, contre tout usage, de « maline » une tumeur cancéreuse – hélas « maligne »- de la fille de la mère de famille qu'il interviewait) et, par ailleurs, à propos de cette même jeune fille qui était une brillante élève, il a cru bon de préciser, s’éloignant pour son malheur de sa fiche : « Elle accumulait les prix d'excellence à chaque trimestre. » On ne peut reprocher à Ardisson pareille sottise car, dans sa scolarité secondaire, conduite chez les curés annéciens, il n’a sans doute jamais eu de tels prix et on ne peut donc lui faire grief de ne pas savoir ce que c’est. Pour la suite de ses études (s’il y en a une), il est extrêmement discret, ce qui fait même douter de leur existence car il expose, avec un extrême détail et une complaisance rare le moindre des incidents de son existence.

Le bougre a même mis en ligne un site personnel et surtout OFFICIEL, au demeurant fort bien fait au plan technique, mais qu’il a dû faire payer, en manifeste abus de biens sociaux, par l'une ou l'autre de ses sociétés. Il expose le moindre détail de sa vie privée et personnnelle, y compris les plus passionnants comme la photographie de la cravate qu'il portait le jour il a rencontré Béatrice qu'il devait épouser dans la suite et avec laquelle il a vécu 22 ans en lui faisant trois enfants. Il y a là de sa part une imprudence, car si ce provocateur affectait, jusqu'à présent, une morale familiale sourcilleuse, sa femme Béatrice a déclaré, durant l’été, qu'ils avaient engagé une procédure de divorce Thierry ayant, comme on dit, fait la monnaie. Ce n'est là qu'un détail sans grand intérêt, mais volià que ce pauvre Thierry Ardisson va devoir reprendre totalement la structure et surtout les illustrations si emouvantes de son site officiel.

On sait donc tout de la vie de Thierry Ardisson, y compris son catholicisme vigoureux (cultivé dans les écoles religieuses savoyardes) et ses convictions royalistes (Le duc d’Anjou, prétendant au trône de France, est par ailleurs parrain de l’une de ses filles ce qui rend malade Stéphane Bern), mais on apprend rien de ses études (pour la simple raison qu'il n'en a guère faites, ce qu'il empêcherait assurément pas d'en parler, si le besoin s'en faisait sentir) ni de ses multiples plagiats.

Il y a pourtant là une de ses spécialités sur laquelle de nombreuses affaires nous ont depuis longtemps éclairé et que Jean Robin a retracé dans leur tout leur sordide détail, de Pondichéry (1994) aux Confessions d'un baby-boomer ou à Louis XX. Forcé par l’évidence des rapprochements de reconnaître ses « emprunts », il est resté pourtant longtemps fidèle à cette méthode d'écriture, sans oser toutefois (mais il le pensait assurément) les justifier par son génie propre car on sait, par les témoignages de nombre de ses anciens collaborateurs (ou plutôt « employés ») dans quelle haute estime il se tient lui-même.

Son dernier livre, dont il est venu faire la pub chez Denisot, un joint au bec (sans avoir le courage d’une vraie provocation puisque ce n’était pas du « vrai » mais seul le « buzz » comptait), est écrit en collaboration (Thierry Ardisson, Cyril Drouhet, Joseph Vebret) ce qui donne à penser que les « nègres » ont fini par sortir de l’ombre !


Ardisson fait partie de ces innombrables vedettes « pipole » de notre paysage médiatique et politique qui ont le prurit de l'écriture, mais qui veulent pas se donner eux-mêmes la peine d'écrire et moins encore de faire les recherches pour des ouvrages d'information qui paraisse être l’une de leurs spécialités (suivez mon regard).Que ne font-ils dans la poésie comme Galopin ("Nascuntur poetae..."!

En ce samedi 22 janvier 2011 « Salut les terriens » était plus ridicule qu'à l'accoutumée. Habituellement, Ardisson cultive le genre polémique et cherche le « clash », espérant que ses invités vont animer par leurs querelles, leurs affrontements voire leurs injures une émission devenue singulièrement languissante.

Ce samedi Ardisson avait fait dans le soft avec Bernadette Chirac, François Baroin et un chanteur qui se bornait à rire de toutes ses dents, sans qu'on sache trop pourquoi. Il y avait là clairement chez Ardisson un renvoi de catholicisme et le rôle central était tenu par Bernadette. Fait essentiel celle-ci qui était venue sans son sac à main (pour éviter les quolibets lubriques des Guignols), nous a confié s'être séparée, pour une fois, du chapelet offert par le pape et qui ne la quitte jamais (le chapelet pas le pape !). François Baroin, fils d’un grand maître maçonnique et par là même « petit-fils de la veuve », ne me paraît pas d'un catholicisme très orthodoxe, mais, avec sa tête de premier communiant, il complétait fort bien le triptyque religieux dont l'élément central était naturellement la dame patronnesse, naguère première dame de France. On mesure par là même combien ce titre a évolué en changeant de propriétaire.

Comme toujours, l'émission n'avait pas d'autre finalité que publicitaire, mais il ne s'agissait pas là, fort heureusement, de la pub du dernier best-seller de Bernie, mais du lancement de son opération "pièces jaunes" que, notons-le au passage, l’euro a rendue bien plus rentable puisque la valeur des pièces jaunes d’antan (devenues rouges !) a été multipliée par 6,5 !

Madame Chirac n'a pas renoncé à la chose, en dépit des jugements sévères qui ont pu être portés, l'année dernière, sur la gestion de cette affaire. Thierry Ardisson, anticonformiste mais fayot au possible, n'a évidemment pas rappelé ce détail, soulignant au contraire que, cette année, la Cour des Comptes avait félicité Mme Chirac, qui, sans doute, suite aux critiques de l'an dernier, avait mis un peu d'ordre dans la comptabilité et restreint les dépenses somptuaires qui caractérisaient cette opération. Elle a aussi viré Douillet au profit de Karambeu, ce qui permet de traiter de racistes tous les critiques éventuels. La pauvre femme, peu sportive, ne sait sans doute pas que Karambeu, farouche indépendantiste canaque, non seulement ne chantait jamais la Marseillaise dans les matchs internationaux, mais affichait alors clairement sa désapprobation en faisant la gueule, ce qu’à mon avis, il sait mieux faire que jouer au football !

On aurait pu s'attendre à ce que le provocateur en chef évoquât (comme dirait notre président), outre le chapelet papal, les cornes, cadeaux multiples et successifs de de son époux, que Bernadette a longtemps et publiquement portées. Ardisson a été des plus discrets sur le sujet comme vous le devinez aisément.

Tout a donc été conduit dans le conformisme le plus total et le plus plat, ce qui est désormais la tonalité globale de cette émission, quand il n'y a pas au programme des incartades de participants, dont nous savons depuis longtemps (mais la chose a été confirmée par Laurent Gerra qui a qualifié gentiment Ardisson de « pelle à merde ») que le provocateur conformiste manie avec efficacité les ciseaux de la censure dans le montage de ses émissions. Je n’ai regardé en fait la « chose » que pour voir la tête de Bernie pendant la « semaine de Guillon » mais bien sûr Anastasie Ardisson a coupé tout cela au montage et les cadreurs avaient sans doute d'emblée, sur ce point, des consignes du boss.

Celui ou celle qui ne risque pas les foudres d’Anastasie Ardisson est assurément « l'invité de 20 heures » qui est toujours désormais une « victime » qui n’est là que pour faire sortir les mouchoirs et finir sur une note pathétique tout en permettant, à peu de frais, des accents émus au patron. Là c'était une mère de famille dont la fille adolescente avait eu un cancer. Elle succédait, dans cet emploi hebdomadaire, à une bonne demi-douzaine d'invités aussi pitoyables, en général des femmes qui avaient pour caractéristique d'avoir subi un malheur particulièrement déplorable (inceste, emprisonnement, viol, maladie gravissime... l’un n’excluant naturellement pas l’autre, bien au contraire).

C'est vous dire la nature de ce point d'orgue, désormais inévitable dans « Salut les terriens ». Vous aurez déjà deviné que cette circonstance suffit désormais à m’éloigner du lieu, sauf le jour (encore un conseil gratuit d’Usbek) où les invités d’Ardisson seront, outre Carla Bruni, Raphaël Enthoven et Bernard-Henri Lévy, avec en « invitée de 20 heures » et en figure sanctifiée ultime, cette pauvre Arielle Dombasle qui, dit-on, est larguée par BHL et qui pourrait même venir nous chanter le grand air de Tosca « Vissi d’arte » à s’en faire péter les coutures.

Là, juré, Thierry, je reviens !

jeudi 6 janvier 2011

Dominique (vil)Pin et Dominique de Villepin (N° 2).

Le Moloch de l’information est insatiable ! En fait, je ne sais pas trop si notre paysage audiovisuel est un Moloch (auquel les Cananéens sacrifiaient leurs premiers nés) ou un Chronos (qui lui se bornait à dévorer ses propres enfants)

Il faut chaque jour aux medias de nouvelles idoles, aussitôt changées en victimes. Hier, mercredi 5 janvier 2011, Libération et France-Infos pensaient avoir le jack-pot du scoop (tout relatif d’ailleurs) . Pour ranimer l’affaire ivoirienne, quelque peu languissante après cinq semaines de sur-place, à peine agitée par deux ou trois missions, sans objet ni effet, de l’UA et de la CEAO, ils avaient déniché un certain Dominique Pin, ex-premier conseiller de l’ambassade de France à Abidjan de 2000 à 2002. Celui, clairement aux ordres dans l’offensive officielle française anti-Gbagbo (avec un effet de billard à trois bandes contre Dominique de Villepin, comme on va le voir), se posait en sauveur de Ouattara, en 2001-2002, ce dernier étant alors menacé de mort par les sbires de Gbagbo ! Il était, comme l’ambassadeur Renaud Vignal (arrivé à Abidjan en 2001), partisan de la fermeté envers Gbagbo. Ils voulaient, selon le joli lapsus de Dominique Pin, ramener Gbagbo « à la maison » (qu’il corrige vite en « à la raison »!) tandis que Villepin, à l’Elysée, imposait, en sa faveur, une « politique de postures ».

On comprend aisément que lorsqu’en 2002, Chirac fait de Dominique de Villepin son ministre des affaires étrangères, les jours du premier conseiller de l’ambassade en Côte d’Ivoire, en outre son quasi parfait homonyme, Dominique le « vil » Pin, sont comptés. L’équipe Renaud Vignal-Dominique (vil) Pin fait aussitôt sa valise ! Début 2003, Laurent Gbagbo tirera tous les profits de tout cela, comme on l’a vu dans un précédent post. En 2003, Gbagbo humilie alors, du même coup, un Galopin terrorisé par les manifestants qui le bloquent, ravi de lui sauver la mise tout en lui faisant perdre la face.

Notre presse nationale, toujours si merveilleusement informée, commence, à partir de là, à pédaler dans la semoule. Le (vil) Pin, mis sur la touche, occupe divers postes diplomatiques ou consulaires (Séville, Madrid), avant un retour en Afrique un peu insolite pour un « diplomate », puisqu’il entre alors dans l’industrie, comme directeur régional d’Areva-Niger ! Le noble Villepin lui n’est plus dans la course, loin de là ! En juillet 2007, Pin est viré par le gouvernement nigérien qui le soupçonner de fricoter avec la rébellion touareg, sans doute à raison, car AREVA doit payer pour tenter de protéger ses employés contre les attaques ou les enlèvements par les rebelles!

Y-a-t-il un double Pin, à moins que la DGSE n’ait, en Afrique, un agent double bien engagé dans la Françafrique?

Le (vil) Pin d’Abidjan est pour l’état-civil ( à en croire un annuaire diplomatique d’époque et de style) PIN Dominique, Louis, Joseph, né le 7 mai 1948, alors que PIN Dominique, Guy, Jean Yves est né, lui, le 16 juin 1947, selon sa propre notice du Who’s Who. Ingénieur de formation, ce Pin-là est le spécialiste français du traitement des déchets. Il a longtemps dirigé la SITA, (spécialisée dans ce domaine), avant d’être, depuis 2003, directeur général délégué de Suez-Environnement, ce qu confirme le site de cette société. Or ce dernier titre de DG de Suez-Environnement est le plus souvent attribué au premier Pin comme vous pouvez aisément le vérifier un peu partout!

Volontairement ou non, on confond donc allègrement les deux PIN, mais il faut bien dire que les choses ne sont pas claires, loin de là, et cela d’autant plus que l’un et l’autre sont ignorés de Wikipedia, quand ils ne sont pas purement et simplement confondus, ce que favorisent encore les proximités industrielles et commerciales (fortuites aussi ?) entre AREVA et SUEZ.

Elémentaire mon cher Watson !

lundi 20 décembre 2010

Galopin Ivoirien ou « Galopin i voit rien ? ».

Entendu ce matin sur RMC à huit heures trente Galopin de Villouzeau faire son numéro à propos des événements de Côte d'Ivoire.

Au fait, petite digression comme je les aime ; avez-vous remarqué, ce que je n'avais encore jamais fait auparavant à ma courte honte, que Galopin a pour prénoms « Dominique, Marie, François, René » c'est-à-dire qu'il partage ses deux derniers prénoms avec le Vicomte François René de Chateaubriand qui comme lui fut, un moment, ministre des affaires étrangères ? Vous en restez baba ! Ces détails ne sont pourtant pas sans jeter quelques lumières sur la carrière, le caractère, les comportements et les ambitions littéraires de Galopin de Villouzeau. Il doit être furieux toutefois que le Père Hugo ait dit bien avant lui cette ânerie :« Je serai Chateaubriand ou rien ! ») et devrait, en revanche, me remercier de ce rapprochement flatteur. Mais revenons au sujet du jour.

Sans doute ébloui par la prestance, la coiffure et, en gros, le numéro de François René Galopin, Bourdin qui, en outre, est, comme toujours, d'une confondante ignorance de ce dont il parle, n'a pas songé un instant à évoquer, à propos de la Côte d’Ivoire, le brillant voyage fait à Abidjan en 2003 par Galopin alors ministre des affaires étrangères dont nous constatons aujourd’hui les conséquences lointaines.

Pour votre information (s'il en est besoin), mais surtout pour celle de Bourdin, rappelons ici l'essentiel de la mission effectuée par Galopin en 2003.

Au départ, toujours modeste, il avait commencé par affirmer que sa mission n'était pas « une mission diplomatique comme les autres ». Ben voyons ! Forcément puisque accomplie par Galopin lui-même. Arrivé en avion spécial naturellement, il était vêtu, nous dit-on, d'une chemise bleue mais surtout d'une cravate « à motifs léopard ». Vu la situation, il avait fort heureusement renoncé à la tenue du même métal, mais la cravate devait être, à ses yeux, un élément symboliquement fort pour les Ivoiriens qu'il venait mettre à la raison.

Peu avant l'arrivée au palais où se tenait Bagbo que François-René venait tancer l'importance, le cortège du ministre français est déjà pris à partie par des manifestants qui, sans doute, n’avaient pas vu la cravate. Ayant fini par passer et par rencontrer Bagbo, il lui fait les remontrances prévues et tente de lui dicter ce qu'il doit faire, sans qu'on sache bien quel est réellement le résultat de cet entretien. Vu les circonstances, Galopin est pressé de sortir et de quitter des lieux qui, à son arrivée, lui sont apparus hostiles et peu sûrs ; il se trouve alors bloqué par des manifestants qui ne se sont nullement dispersés et qui, plus nombreux, se montrent au contraire de plus en plus aggressifs ou, en tout cas,vociférants .

Galopin commence donc à paniquer ; se croyant Quai d'Orsay, il s'énerve et braille, impérial, en direction du service d’ordre local :« Tout ça est parfaitement ridicule... J'en ai marre. Vous me réglez ce problème et vite ». Les militaires ivoiriens, qui contiennent sans trop de zèle ni d'enthousiasme les manifestants, n'accordent guère d'importance aux vociférations du blanc. Ggagbo, de l’intérieur, n’en perd évidemment pas une miette, se marre et se lèche les babines devant la manifeste panique de Galopin !

Ce dernier, terrorisé, ne devra son salut qu'à l'arrivée de Gbagbo qui, après s'être fait laver la tête dans l'intimité, s'offre le luxe inestimable de condescendre à finir par venir sauver, en public, la face au ministre français paniqué. Sous la protection de Gbagbo (narquois mais ravi) et les vivats de la foule qui s'ouvre devant Gbagbo comme la Mer Rouge devant Moïse, Galopin reprend quelques couleurs. Gbagbo clame, en direction des manifestants, mais sans rire : « La France est à vos côtés ». Tu parles!

Ayant changé de pantalon, Galopin affirmera plus tard sans rire :« C'est un incident aussi léger que rapidement oublié ». Ben voyons !

Il est bien vrai que cet incident a été rapidement oublié puisque Bourdin ne s'en souvient même pas et que les rodomontades de Galopin donnent à penser que, s'il n’a certainement pas oublié, il parvient aisément à faire comme si.

On peut se demander d'ailleurs à l'entendre, si l'approbation, tout à fait inattendue, qu'il apporte au comportement présidentiel dont on peut pourtant se demander si, à Bruxelles, il n'a pas été quelque peu irresponsable (voir mon précédent post), n’est pas un appel du pied vers le président. La suggestion que fait Galopin d'une « mission de terrain » n'est-elle pas une ouverture en direction de Nicolas Sarkozy. Tandis que la candidature de Galopin à la présidentielle semble de plus en plus mal barrée (interdit aux UMP de lui donner leurs signatures), Nicolas paraît dans une phase d'indulgence et de pardon, quand on voit qu'il nomme Rama Yade ambassadeur à l'Unesco et qu'il refile à Estrosi, hors procédure, une Légion d'honneur dont on se demande ce qu’il a bien pu faire pour ne pas l'avoir encore eue dans sa position.

Pour « prendre langue » avec les protagonistes » comme dit si élégamment Galopin, quel meilleur ambassadeur de terrain que François-René lui-même ? Il n’a autrefois dû son salut qu'à la protection de Gbgbo (ce qui crée des liens) et il avait négocié alors avec Ouattara les accords dont on voit aujourdhui le brillant résultat !

Galopin Ivoirien ou « i voit rien » ?
De toute façon ça ne peut pas être pire que la première fois.

jeudi 25 novembre 2010

Black Blanc Beur(re)

En commençant à écrire ce post, je suis partagé ( tel l’âne de Buridan ou l’Héraclès de Prodicos – vous verrez dans la suite pourquoi je vous propose ces deux registres métaphoriques) entre deux sujets. D'une part celui que je voulais traiter au départ et auquel je ne viendrai pour finir, que par la suite, et, d’autre part, des considérations, plus permanentes et plus générales, sur le triste état présent de l'édition française.

Commençons donc par le second, car il sera plus rapidement traité et surtout car je l'ai déjà abordé. Demain sort un livre dont le titre est tout un programme. Confessions d'un Sarkozyste repenti , chez Jean-Claude Gawsevitch. Cet éditeur, aussi récent qu’obscur, n’a guère d’activité et semble vouloir se spécialiser dans le micro-scandale. Bref, après les bébés congelés voilà le sarkozyste refroidi. C'est tout dire ! La seule question qu'on doit s’être posée est celle de savoir si, dans le titre, on écrivait « sarkozyste » ou « sarkoziste ». La lueur d'espoir qu’on peut avoir est que le Tout Paris éditorial semble avoir refusé le projet de R. Domenech qui aurait pourtant fait une tournée générale de propositions!

Pour le sarkozyste congelé, la promotion est d’ores et déjà assurée, après avoir modestement commencé dans les « Grandes gueulese de RMC qui ont brûlé la politesse à tout le monde. Je l'y ai entendu (j'y viendrai dans la suite immédiate), mais on va nous le fourguer dans toutes les émissions dites populaires et sa place est sans doute retenue chez Denisot ce soir et chez Ardisson pour samedi prochain comme invité de 20 heures.

J'ai donc écouté ce midi ce jeune maghrébino-luso-auvergnat, Amine Bénalia-Brouch, puisqu’il faut l’appeler par son nom, déjà pittoresque en soi. C’est lui qui avait suscité la polémique autour des propos racistes prêtés à Brice Hortefeux sur les Arabes et les Auvergnats mais qui, dans la suite, avait un peu sauvé la mise au ministre en les démentant, sous leur forme initiale du moins. Je ne vous parle donc pas des faits que vous allez entendre répétés cent fois dans les jours qui viennent.

Comme je devine que vous vous interrogez déjà sur le titre de ce post, je ne vais pas vous faire languir avec le coup du coïtus reservatus car ce titre aurait dû, en fait, être ma chute.

Pourquoi « black, blanc, beur(re) » ?

Le black ? J'emploie ici le terme « black », pour ne pas user du mot « nègre », même s'il est, en fait, le seul possible quand il s'agit de l'auteur anonyme et caché d'un ouvrage qui paraît sous le nom d’un autre. Même un beur peut donc avoir un nègre, ce qui, au fond ne fait que renouer avec une très ancienne tradition de l’esclavage arabe en Afrique ! Pour avoir entendu ce jeune homme causer dans le poste sur RMC, je doute fort qu'il soit en mesure d'écrire un livre et cela surtout dans les délais très brefs qui ont été accordés pour cette opération. Qu’il y ait un nègre dans cette affaire ne fait donc pas le moindre doute.

Et le blanc ? Il y en a pas trop, car je ne veux pas mêler le ministre de l'intérieur à cette affaire. En l'occurrence, il s'agit donc plutôt d'une blanche puisque le second patronyme de ce brave Amine est, semble-t-il, celui de sa maman portugaise.

Quant au beur(re) ? La double orthographe possible pour ce terme est ici parfaitement commode et même très adaptée à la circonstance puisqu'Amine Ben Alia est manifestement un « beur » mais qu'en même temps, il est de toute évidence assez habile pour faire son beurre (et son beur) de cette affaire grâce à son nègre.

Je ne sais pas exactement de quoi le « sarkozyste » se repent car le titre est évidemment ambigu. On ne sait pas s'il se repent d'avoir été sarkozyste ou d'avoir menti, en la circonstance, pour ne pas nuire à ce courant poltique en la personne du ministre de l'intérieur qu’on sait alter ego du Président. Il serait alors un "repenti", comme ces mafiosi qui balancent leurs complices pour s'assurer l'impunité.

J'ai été frappé par le caractère très contradictoire des propos de ce jeune homme que j'ai entendu, tour à tour, dire que cet événement l'avait fait mettre à la porte de son travail et tomber dans la plus difficile des conditions, mais aussi répondre à Sophie de Menthon, qui le soupçonnait de vouloir gagner de l’argent avec ce livre, qu'il n'avait pas nul besoin d'argent dans la situation qui était la sienne. Tout cela ne me paraît pas très clair et toutes les explications qu'il donne, d'abondance, me paraissent aussi embrouillées qu'obscures et, par là, peu convaincantes.

Après l’avoir vu rebondir si vite et si loin grâce à une notoriété dont il prétend avoir tant souffert, on peut prédire qu’il n’en restera pas là.

La cerise sur le gâteau. Son repentir d'avoir été sarkozyste et d'avoir cédé aux pressions de ce parti (qu'il dénonce désormais si joyeusement) lui a cependant fait de nouveaux amis et l'a aussitôt conduit à adhérer au parti de Galopin de Vilouzeau qui est peut-être, qui sait après tout, un ami de Jean-Claude Gawsevitch.

C'est ce qu'on appelle, dans quelques îles créoles que je connais, « Sauter du poêlon pour tomber dans le feu » ou, dans le style noble du français auquel Amine devra désormais s’initier, puisque le voilà entré dans le monde de la littérature : « Tomber de Charybde en Scylla ».

mardi 14 septembre 2010

Galopin de Villouzeau : le retour !

Ça sent bon la campagne présidentielle.

Comme dans la chanson, « Ils sont venus ! Ils sont tous là », il ne manque que la mamma ! Même Jean-Louis Bianco est descendu de ses alpages hauts-alpins pour nous expliquer que, sans trahir Ségolène, il luin faut bien se mettre sur les rangs pour 2012 afin de sauver la France. Tous se bousculent d'ailleurs pour la sauver (la France par Ségolène) ! Flamby-Hollande, plus Madrange que jamais, court de télé en radio. Machiavel Moscovici (sous réserve bien sûre que DSK ne soit pas candidat) est aussi prêt à se sacrifier pour nous. Merci, sans façon ! Sans parler de Martine, Valls, Montebourg, Melanchton et les autres ! Restait Galopin qu'on ne voyait plus guère et que les sondages ont soudain remis en selle.

Ce retour en force inattendu dans les sondages l'a conduit à abandonner les foires aux bestiaux et les marchés de campagne qui l'obligeaient (sans dout à la suggestion de Jacquou le croquant) à se photographier avec des agneaux et des porcelets dans les bras (au risque de souiller sa veste), sans parler du bon peuple rural qu'il lui fallait bien congratuler voire cajoler. Vous devinez que ce n'est pas la son truc.

Aux dernières nouvelles et dans les milieux généralement bien informés, on murmure même qu’Edwy Plenel roulerait pour Galopin. La chose paraît étrange mais la haine du Sarkozy peut conduire aux alliances les plus insolites.

Le fait central dans la nouvelle campagne de notre Galopin ne tient ni au soutien discret du moustachu ex-trotskyste devenu crieur de journaux à la sauvette, ni aux sondages mirifiques qu'on attribue désormais à Galopin (on avait vu la même chose en 2007 pour le regretté Chevènement, plus chanceux dans les résurectioins médicales que politiques) mais à un détail plus menu mais sans doute plus important.

Je ne sais pas si vous l'avez noté mais il y a eu récemment un changement très sensible chez Galopin. Il ne concerne pas ses costumes ; ils sortent toujours de chez les meilleurs faiseurs et il a vite compris qu'il serait dommage de les gâter en portant, fût-ce le temps d’une photo, des animaux plus ou moins propres ; il ne concerne pas davantage son discours qui demeure toujours à mi-chemin entre l’imprécation et la vaticination.

Le seul changement profond et significatif a été opéré par son coiffeur. Galopin qui, dans sa période politico-prophétique, avait la coiffure du poète, « échevelé, livide, au milieu des tempêtes » a désormais demandé à son Figaro de lui faire une coupe sagement présidentielle.Finie la crinière blanche, dressée de tous côtés par un brushing discret et indestructiblement laqué, (une telle mise en plis ne convient pas à un futur président de la République), mais une coupe assagie et apaisée qui donne à la France la certitude que son destin sera désormais entre de bonnes mains.

Une chose est sûre en tout cas. Si Galopin echoue dans son entreprise de conquête de l'Élysée et ne parvient pas dans la suite à négocier ses voix contre une place à sa mesure, il pourra assurément se faire camelot. Avec son physique, son sourire ravageur et ses discours enflammé, il ne manquera pas de faire, sur tous les marchés de France, un vrai malheur dans la vente des appareils ménagers. Comment les ménagères de plus de 50 ans pourrait-elle espérer lui résister. Comme disait ma bonne grand-mère, c’est là un homme qui vendrait des guêtres à un serpent !

jeudi 24 juin 2010

La France zone inondable?

La marée de la connerie déferle décidémment sur notre pauvre pays.

La semaine dernière, il nous a fallu subir Galopin de Villouzeau qui envisage une carrière politique pour laquelle il est aussi doué que moi-même pour l’archiépiscopat !

Le pauvre homme. Parce qu’il prend des porcelets dans ses bras (en lieu et place de Marie-Laure que cette concurrence re réjouit guère sans doute) et se rend dans les « quartiers », quitte à aller se faire désinfecter au centre de décontamination anti-plébéien de Neuilly sur Seine, le pauvre homme croit qu’il va rallier les suffrages du bon peuple de France.

Il est vrai que c’est ce qu’il nous done à croire, alors que tout porte à penser que, le moment venu, il sera tout disposé à se réconcilier avec Sarkozy et à négocier avec lui, pour les lentilles d’un poste, les maigres pourcentages de voix que quelques égarés d’un autre âge auront eu la sottise de lui apporter au premier tour !

Le foklore footballistique sud-africain était à peine terminé que les sponsors, qui avaient été assez stupides pour mettre leurs millions sur cette bande de bras cassés analphabètes, commençaient à battre en retraite et à retirer des écrans les ruineuses publicités où les Anelka, Henry et consorts faisaient de la figuration (la seule chose qu’ilsarrivent à faire, non sans de multiples répétitions). De toute façon, pub ou pas, c’est nous qui payons et ça fait marcher le commerce de la pub !

Si nous y avons gagné, dans l’immédiat, en n’ayant plus à voir et revoir ces spots débiles, nous avons dû en revanche subir les incohérentes, ineptes et lamentables excuses des Ribery ou des Evra. Leurs agents et conseillers en com’.les ont en effet sommés de venir s’agenouiller et battre leur coulpe devant le bon peuple de France, dans le but de sauvegarder leur précieuse « image », ce qui, dans le cas de ces deux lousticet du premier surtout,s est une formule particulièrement adéquate et dont j’espère que vous apprécierez tout le sel.

Non seulement nous avons eu droit aux pleurnicheries et aux roulements d’yeux
de la Sarah Bernhardt de la santé sportive, mais voilà que notre président-magicien organise à l’Elysée, omnibus rebus relictis, une réunion de crise sur le ballon rond et reçoit, le lendemain , dans les mêmes conditons, le jour de la grève générale contre le nouveau régiume des retraites, un Thierry Henry revenu de RSA par avion spécial (avec Roselyne ?).

Petit couac dans la com’ officielle pourtant méditée ; si l’on avait dit, dans un premier temps que cette entrevue avait lieu à la demande de l’Elysée et que « Titi-la paluche » était « convoqué », on ne sait plus trop désormais qui a voulu voir qui et moins encore pourquoi!

Pauvre France !

lundi 21 juin 2010

Football et politique

On n’y échappe décidément pas ; en plus des insipides commentaires d’insipides rencontres dont les plus insipides parmi les insipidissimes sont assurément celles de l’équipe de France, il faut désormais, en plus, se taper les reflexions stipendiées de commentateurs clairement payés par les onze officines de paris, pour glisser, dans leurs impétueuses logorrhées, des remarques aguicheuses sur les cotes, afin de pousser au crime les innocents amateurs de ballon rond qu’épargnait jusqu’à présent le démon du jeu !

C’est autre chose avec quelques hommes politiques qui mettent à profit l’épidémie de la Coupe du monde pour revenir derrière les micros et sur les écrans.

C’est le cas de Dany le rouge qui exploite, au sein des Verts, l’avantage que lui donne sa culture footballistique. Nul ne songe à demander de parler foot. à la pauvre Cécile Duflot et moins encore au coréen vert, n° 2 de la bande. Vous savez, c’est lui a traité de « vieille étique » ou de « vieille éthique », la pauvre Eva Joly ! Je n’ai pas bien su pourquoi Dany avait, pour s’en indigner, opté en faveur de la seconde orthographe plutôt que pour la première. On peut bien pardonner un certain flou orthographique à cet homme d’origine coréenne adopté à sept ans dans une famille normande et qui se nomme si opportunément « Placé » ! Il est passé déjà des radicaux de gauche (mais si ça existe !) à Europe-Ecologie où, quoique son physique ne le justifie guère, on le surnomme déjà « Placé-bo ».

Même Bayrou qu’on croyait porté exclusivement sur la race chevaline qu’il encourage, s’y met à son tour ; il voit dans la France, non pas « une mère affligée » comme Agrippa d’Aubigné, mais plutôt une sorte d’équipe de France actuelle, sans qu’on sache bien pourquoi, sinon pour s’inscrire lui aussi dans le registre actuel de la métaphore sportive.

Le plus drôle de tous est toutefois, sans le moindre conteste, Galopin de Villouzeau qui, pour le coup, mérite assurément cette contrepèterie un peu gamine. Il a affirmé, sur France 3 me semble-t-il, car la « République solidaire », fâcheusement concurrencés par Anelka (encore un coup de Sarko !), n’avait pu décrocher mieux, que ce qui manquait à la France était un grand « numéro dix ». Suivez mon regard ! Galopin en Platini ou en Zidane, ça ne doit pas être triste !

En fait, me voici un peu réconcilié avec le foot et la Coupe du Monde depuis que cet après-midi, lundi 21 juin 2010, j’ai machinalement allumé la télé pour me reposer un moment sur le coup de 14 heures 30. C’était le début de Portugal-Corée du Nord ; à ce moment, 1-0 pour le Portugal que je juge d’ailleurs, sans avoir la compétence de Monsieur de Villepin, l’une des trois meilleures équipes avec l’Argentine et le Brésil ( à mon sens, mais ne le répétéz pas, c’est la meileure des trois).

M’accordant une petite demi-heure, j’ai finalement regardé toute la deuxième mi-temps durant laquelle les Portugais, qui, pour le coup, non seulement étaient « gais » comme le prétendait feu Desproges, mais ont été carrément inspirés et euphoriques, passant six buts aux Coréens. Les pauvres sont bons pour le camp de rééducation sitôt rentrés au pays, s'ils y rentrent.

Grand moment de football sur lequel a plané Christiano Ronaldo, qui est souvent une tête à claques, mais qui a été, ces quarante-cinq minutes durant, éblouissant de beauté, de technique et de talent. Certes il n’a marqué qu’un seul but, (le sixième), que je ne vous décris même pas, car vous allez le voir et le revoir des dizaines de fois dans tous les zappings de la quinzaine comme le beau sourire d’enfant qui a alors illuminé son visage !

« Felix Lusitania », cher Benoît, tandis que notre pauvre France doit se contenter de Frankenstein Ribery et de Crazy Anelka, alors que nous avons tout de même, mais sur le banc, un Gourcuff, que ces olibrius, sans doute par jalousie, de son talent, de son intelligence et de sa beauté (sans parler de leur probable association islamique !) parviennent à faire écarter par un sélectionneur, de toute évidence, de plus en plus promis à la camisole.

Bien incapable d’attirer les commentaires par son jeu, l’équipe de France donne en revanche d’excellents spectacles de farce, ou le duo déjà cité reçoit le soutien de deux ou trois autres joueurs du même acabit, dont le « capitaine » Pat' Evra, l’homme qui se déplace en « raclette » dans les forêts alpines ! C’est lui qui était porteur de la feuille de papier où, sous la dictée téléphonique d’un de leurs conseillers juridiques, l’un de ceux qui, dans la bande, savent écrire, avait trace, d’une main maladroite, les quelques lignes qui marquaient leur position face à l’affaire Anelka et dénonçaient le traitre qui ne peut guère être qu’un des rares Français de souche !

La présence dans cette déclaration de deux ou trois mots tout à fait étrangers à leur vocabulaire et dont ils ignorent même sûrement jusqu’à l’existence suffit à rendre évident le mode d’élaboration de ce texte. Domenech, après avoir considére l’objet comme un étron fumant, l’a finalement pris en main, du bout des doigts, pour en donner lecture, ne sachant manifestement pas quoi en faire après et donnant, un instant, l’impression qu’il allait le laisser tomber dans la boue !

Il ne reste plus qu’à espérer, mais comment y croire vu le niveau des Bafana-Bafana
qui ne sont là qu’en tant qu'équipe nationale du pays-hôte, que la France reçoive, dans le dernier match, la correction qu’elle mérite.