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dimanche 17 juillet 2011

Eva Gro ou Eva jolie?

Nous voilà pourvus, pour la prochaine présidentielle et contre toute attente, d'une candidate « à sauts et gambades » comme disait Montaigne. Mon "contre toute attente" fait allusion d'abord à la victoire, contre toutes les prédictions et les sondages, face à Nicolas Hulot qu'elle a mis en vacances beaucoup plus vite que ne le pensaient les sondages et les augures qui, après coup, nous ont comme toujours expliqué que, sans toutefois le dire, ils avaient bien prévu la chose. Air connu !

Je pense aussi et plutôt à la déclaration inattendue et même insolite, sur le défilé du 14 juillet et la proposition de suppression de la revue militaire au bénéfice d'un défilé « citoyen ». De la part d'une non-francophone native, je ne reviens pas sur l'horreur que m'inspire cet emploi adjectival, impropre et inutile, du beau substantif "citoyen" ; il s'est malheureusement répandu à la vitesse qui est celle de toutes les impropriétés que nos ignorants de journalistes et d'hommes politiques mettent à la mode via les médias qui seront le tombeau de notre langue. Je ne sais pas, en outre, ce que pourrait être un défilé « citoyen», car cette formule donne à penser que nos militaires et nos pompiers ne sont pas eux-mêmes, des citoyens ! "Civil" serait donc, chère Madame, infiniment préférable en la circonstance, si je comprends bien votre intention.

En tout cas, volontairement ou non, Mme Joly a non seulement réussi à faire parler d'elle mais elle a créé contre son propos et sa personne une unanimité rare ; il a fallu l'insigne maladresse de notre Premier Ministre pour la faire cesser en permettant de le taxer de racisme anti-norvégien.

Cette circonstance m'a toutefois conduit à étudier dans Wikipédia la vie et la carrière de Mme Joly que je ne connaissais guère ; j'avoue y avoir trouvé non seulement des circonstances pittoresques mais quelques explications du personnage qu'elle se donne.

Je trouvais étrange ses lunettes rouges mais je n'en suis plus étonné maintenant que je sais que la lignée de ses ancêtres maternels était producteurs de framboise. Voilà qui explique aisément le choix, singulier mais assurément atavique, de la couleur de ses lunettes.

On peut aussi s'interroger aussi sur son rapport, semble-t-il, un peu étrange avec l'armée qu'elle entend désormais exclure des Champs-Élysées. La chose tient sans doute à ce que son père a été, durant sa vie, employé comme tailleur dans une usine de fabrication d'uniformes ce qui explique une forme de haine ancestrale pour la vêture militaire. Mais, comme souvent la haine et l'attirance font assez bon ménage, s'explique ainsi qu'en 1996, Eva ait été auditrice à l'Institut des hautes études de défense nationale ! Y aurait-elle été harcelée par quelques galonnés libidineux? Cet ultime fréquentation des militaires l'aurait alors confortée dans sa rancoeur.

Il est plus étrange d'apprendre, de sa bouche même semble-t-il, qu'à 18 ans, elle s'est présentée au concours de Miss Norvège et qu'elle y a fini troisième, ce qui n'est pas si mal après tout pour une demoiselle qui se prénomme "Gro" !

La vie et sa carrière en France sont aussi, pour le moins, « à sauts et gambades » (Mon logiciel Dragon qui a repéré le mot "norvégien" me suggère dès lors "saumon" en lieu et place de "sauts"). Gro Eva, fut ainsi et tour à tour, fille au pair (elle épousera le fils de la maison!), dactylo, couturière, décoratrice d'intérieur, elle a fini par trouver sa voie en se lançant dans des études de droit (j'ai omis dans son curriculum vitae, la pièce la plus singulière puisqu'elle fut un moment secrétaire d'Eddy Barclay, sans aller toutefois comme d'autres jusqu'à l'épouser !).

Devenue magistrate, elle s'illustrera surtout par ses interventions dans des affaires médiatiques (Bernard Tapie, affaire Elf, frégates de Taïwan et affaire Dumas-Deviers-Joncours, etc.) ; en plus, et elle s'en flatte, elle mettra à son tableau de chasse des pièces aussi illustres que Loïc Le Floch-Prigent, Roland Dumas et même DSK. Ce dernier lui vaudra, même, bien plus tard, le prix du club de l'humour de la presse politique pour sa formule : "DSK je le connais bien. Je l'ai mis en examen!"

Elle répond volontiers aux mises en doute de sa francité par le fait qu'elle est en France depuis 50 ans, ce qui est exact puisqu'elle y est venue à 18 ans (après le concours de Miss Norvège), sans toujours préciser qu'elle a tout de même quitté la France, pour quelques années, en 2001 après le suicide de son mari.

Si bien des aspects de la vie d'Eva Joly sont assez inattendus, on ne peut guère mettre en doute l'indépendance et la force de son caractère, même si on ne manque pas de souligner perfidement, ici ou là, qu'elle ne s'est retrouvée à la tête des Verts que parce que François Bayrou ne lui a pas laissé au MoDem la place qu'elle jugeait bon d'y revendiquer. Volià qui rappelle l'histoire de Fabius qui finit rue de Solférino faute d'avoir été reçu rue de Lille!

Les choses ne seront sans doute guère plus simples chez les Verts et on pourrait sans doute, d'ores et déjà, lui conseiller de faire sien le mot célèbre de Voltaire: « Mon Dieu, gardez-moi de mes amis, mes ennemis je m'en charge!" ».

lundi 21 juin 2010

Football et politique

On n’y échappe décidément pas ; en plus des insipides commentaires d’insipides rencontres dont les plus insipides parmi les insipidissimes sont assurément celles de l’équipe de France, il faut désormais, en plus, se taper les reflexions stipendiées de commentateurs clairement payés par les onze officines de paris, pour glisser, dans leurs impétueuses logorrhées, des remarques aguicheuses sur les cotes, afin de pousser au crime les innocents amateurs de ballon rond qu’épargnait jusqu’à présent le démon du jeu !

C’est autre chose avec quelques hommes politiques qui mettent à profit l’épidémie de la Coupe du monde pour revenir derrière les micros et sur les écrans.

C’est le cas de Dany le rouge qui exploite, au sein des Verts, l’avantage que lui donne sa culture footballistique. Nul ne songe à demander de parler foot. à la pauvre Cécile Duflot et moins encore au coréen vert, n° 2 de la bande. Vous savez, c’est lui a traité de « vieille étique » ou de « vieille éthique », la pauvre Eva Joly ! Je n’ai pas bien su pourquoi Dany avait, pour s’en indigner, opté en faveur de la seconde orthographe plutôt que pour la première. On peut bien pardonner un certain flou orthographique à cet homme d’origine coréenne adopté à sept ans dans une famille normande et qui se nomme si opportunément « Placé » ! Il est passé déjà des radicaux de gauche (mais si ça existe !) à Europe-Ecologie où, quoique son physique ne le justifie guère, on le surnomme déjà « Placé-bo ».

Même Bayrou qu’on croyait porté exclusivement sur la race chevaline qu’il encourage, s’y met à son tour ; il voit dans la France, non pas « une mère affligée » comme Agrippa d’Aubigné, mais plutôt une sorte d’équipe de France actuelle, sans qu’on sache bien pourquoi, sinon pour s’inscrire lui aussi dans le registre actuel de la métaphore sportive.

Le plus drôle de tous est toutefois, sans le moindre conteste, Galopin de Villouzeau qui, pour le coup, mérite assurément cette contrepèterie un peu gamine. Il a affirmé, sur France 3 me semble-t-il, car la « République solidaire », fâcheusement concurrencés par Anelka (encore un coup de Sarko !), n’avait pu décrocher mieux, que ce qui manquait à la France était un grand « numéro dix ». Suivez mon regard ! Galopin en Platini ou en Zidane, ça ne doit pas être triste !

En fait, me voici un peu réconcilié avec le foot et la Coupe du Monde depuis que cet après-midi, lundi 21 juin 2010, j’ai machinalement allumé la télé pour me reposer un moment sur le coup de 14 heures 30. C’était le début de Portugal-Corée du Nord ; à ce moment, 1-0 pour le Portugal que je juge d’ailleurs, sans avoir la compétence de Monsieur de Villepin, l’une des trois meilleures équipes avec l’Argentine et le Brésil ( à mon sens, mais ne le répétéz pas, c’est la meileure des trois).

M’accordant une petite demi-heure, j’ai finalement regardé toute la deuxième mi-temps durant laquelle les Portugais, qui, pour le coup, non seulement étaient « gais » comme le prétendait feu Desproges, mais ont été carrément inspirés et euphoriques, passant six buts aux Coréens. Les pauvres sont bons pour le camp de rééducation sitôt rentrés au pays, s'ils y rentrent.

Grand moment de football sur lequel a plané Christiano Ronaldo, qui est souvent une tête à claques, mais qui a été, ces quarante-cinq minutes durant, éblouissant de beauté, de technique et de talent. Certes il n’a marqué qu’un seul but, (le sixième), que je ne vous décris même pas, car vous allez le voir et le revoir des dizaines de fois dans tous les zappings de la quinzaine comme le beau sourire d’enfant qui a alors illuminé son visage !

« Felix Lusitania », cher Benoît, tandis que notre pauvre France doit se contenter de Frankenstein Ribery et de Crazy Anelka, alors que nous avons tout de même, mais sur le banc, un Gourcuff, que ces olibrius, sans doute par jalousie, de son talent, de son intelligence et de sa beauté (sans parler de leur probable association islamique !) parviennent à faire écarter par un sélectionneur, de toute évidence, de plus en plus promis à la camisole.

Bien incapable d’attirer les commentaires par son jeu, l’équipe de France donne en revanche d’excellents spectacles de farce, ou le duo déjà cité reçoit le soutien de deux ou trois autres joueurs du même acabit, dont le « capitaine » Pat' Evra, l’homme qui se déplace en « raclette » dans les forêts alpines ! C’est lui qui était porteur de la feuille de papier où, sous la dictée téléphonique d’un de leurs conseillers juridiques, l’un de ceux qui, dans la bande, savent écrire, avait trace, d’une main maladroite, les quelques lignes qui marquaient leur position face à l’affaire Anelka et dénonçaient le traitre qui ne peut guère être qu’un des rares Français de souche !

La présence dans cette déclaration de deux ou trois mots tout à fait étrangers à leur vocabulaire et dont ils ignorent même sûrement jusqu’à l’existence suffit à rendre évident le mode d’élaboration de ce texte. Domenech, après avoir considére l’objet comme un étron fumant, l’a finalement pris en main, du bout des doigts, pour en donner lecture, ne sachant manifestement pas quoi en faire après et donnant, un instant, l’impression qu’il allait le laisser tomber dans la boue !

Il ne reste plus qu’à espérer, mais comment y croire vu le niveau des Bafana-Bafana
qui ne sont là qu’en tant qu'équipe nationale du pays-hôte, que la France reçoive, dans le dernier match, la correction qu’elle mérite.