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dimanche 21 août 2011

Cécile il faut arrêter la fumette !




À Clermont-Ferrand, Cécile Duflot, pour faire oublier définitivement son escapade maldivienne et estivale de l'an dernier, nous a joué les Martin Luther King !

I have a dream ! Je cite ici de mémoire faute d'avoir pu enregistrer ce moment historique dont on se souviendra longtemps ; elle a attaqué d'emblée : "Fermez les yeux. Faisons un rêve. En mai 2012, Eva Joly a été élue présidente de la république...».

Cécile Duflot a un DEA de géographie et non d'histoire (et surtout pas d'histoire des Etats-Unis) car, s'il en était ainsi, elle aurait peut-être mieux su le lieu, le contenu et les circonstances du discours de Martin Luther King dont la fameuse formule (dont elle ignore manifestement la suite) n'était pas le début mais le sommet de son discours solennel.

Peut-être après tout n'était-ce de sa part qu'une facétie car on ne doit pas perdre de vue que notre Cécile est née un premier avril !

Rêve ou cauchemar ? Allez savoir!

Peut-être aussi, faute de marijuana, de gandia ou de zamal, et en mal d'inspiration, la pauvre Cécile en a-t-elle été réduite à fumer du michelin avant de prendre la parole lors de l'assemblée générale de EE-LV. Au fait que doit-on écrire? Une rapide enquête sur ce point délicat m'a mis en présence de quatre graphies différentes du sigle que je reproduis ici dans un ordre de majesté décroissante : EE-LV (en majuscules et avec un trait d'union plein de grâce graphique et d'ambiguïté politique) ; EELV (fait un peu trop LVMH à l'envers) ; ee-lv (plus modeste que le premier) ; eelv (fait un peu trop faute de frappe). Je vous laisse le choix en fonction de l'idée que vous en avez et des ciconstances.

On a dû faire tirer aussi quelques bouffées de michelin à Evacholy qui dans son apparence, peu flatteuse pour le coup, avait choisi d'évoquer discrètement le célèbre Bibendum clermontois, en portant la si seyante marinière qu'on avait un moment songé à infliger à notre pauvre équipe de France de football. Pensait-elle ainsi faire oublier sa norvégianitude (les "Marins d'Iroise" qu'on ne cesse de nous infliger ne sont-ils pas quelque peu Vikings?) en arborant un signe ostentatoire de sa francité?

En tout cas, chargée à bloc, Eva s'est inscrite cette fois-ci, de façon claire et forte, dans la position antinucléaire et même antimilitariste, au probable grand dam de Flamby, maire de Tulle, ville qui ne fait pas dans la dentelle comme on pourrait le croire, mais dans l'armement ! N'a-t-elle pas même précisé, à l'attention de la rue de Solférino, qu'il n'était pas question d'alliance avec quelque parti que ce soit qui n'aurait pas cette position (Oyez Martine, François, Bertrand et les autres !).

Elle a même lancé un appel, aussi vibrant qu'inattendu, en direction de Nicolas Hulot, en faisant applaudir et scander son nom; elle a par là viré lof pour lof, sans doute inspirée par sa tenue de marin, car, depuis le vote fatal, elle n'avait cessé de placer des banderilles sur son malheureux rival et de lui glisser des peaux de banane sous les pieds. A EE-lv on a l'esprit large et on présume toujours l'innocence.

Je m'étais déjà inquiété dans un blog précédent d'avoir entendu la candidate envisager, sans rire, la perspective de son élection à la magistrature suprême. Je m'étais dit alors que cela devait faire parti des règles du jeu et du cahier des charges que s'impose à lui-même tout candidat, de façon à montrer qu'il n'est pas, a priori, persuadé de sa défaite. Même Dupont-Aignan et Mélenchon se prêtent de temps en temps à cette mascarade!

Entendre Cécile Duflot s'exprimer, en ces termes et dans ce contexte, a sans doute fait se retourner, une fois de plus, dans sa tombe, le pauvre Martin Luther King ! En revanche, une telle sortie a dû faire sourire et même peut-être rire aux éclats Dany le rouge. Au même moment en effet, il se plaît à rappeler que Voynet, qui était pourtant, enfin en apparence, une écologiste bon teint, n'avait même pas atteint 1 % à la présidentielle et, connaissant eelv (souvenons-nous des aventures et des engagements de Lipietz, Mamère et Cie), il ne désespère pas de voir Eva d'Iroise renvoyée à ses chers saumons avant la fin de l'année.

Pour ce qui me concerne, mais je l'ai déjà dit, je préfèrerais entendre EE-LV prendre position, de façon nette et sérieuse, sur le VRAI problème de la croissance (et non pas exclusivement celle du PIB) pour dénoncer enfin les rêves absurdes voire criminels d'une aspiration commune, pour le siècle qui vient, à avoir chacun trois téléphones portables, deux tablettes électroniques et deux bagnoles, sans compter les multiples gadgets dont on ne manquera pas de nous pourvoir dans les décennies qui viennent.

Je fais un rêve....

vendredi 19 août 2011

Eva Choly : « Chus à la Chuisse ! »

J'écoutais ce matin sur Europe 1 Eva Joly interviewée par Thierry Guerrier depuis Clermont-Ferrand où se tient je ne sais quel raout d'Europe-Ecologie-les Verts (formation dont le nom même en dit long sur la capacité d’unité et de synthèse !).

Deux remarques liminaires.

L'une que les moins de 30 ans ne peuvent pas comprendre ! Dans le contexte séculaire des relations entre la France et l'Allemagne et surtout à la lumière des films innombrables où figurent les Allemands parlant français (les uns, plaisants comme le regretté Francis Blanche, les autres beaucoup moins en général en tenues militaires ou gestapistes), l'accent norvégien d’Eva Choly évoque fâcheusement, pour certains au moins, une prononciation teutonne du français qui ne rappelle pas toujours des situations et des événements dont on a plaisir à se souvenir.

Cela dit, Eva Joly, en dehors de quelques perspectives intéressantes mais totalement utopiques (le désarmement général en particulier dans lequel elle s'imagine, non sans candeur, avoir comme soutien direct le président Obama qui pour le moment n'a pas montré beaucoup de signes dans cette perspective au cours de ses trois années de présidence) a trouvé la solution que j'ai résumée par le titre de ce blog.

« Chus à la Chuiche ! »

Aux yeux d’Eva Choly, il suffit en effet, pour résoudre les problèmes de la Grèce et de son endettement, de récupérer en Suisse les milliards que, des décennies durant, les gros fraudeurs hellènes ont déposés, riche butin de leurs profits illicites, dans les banques helvètes. L'idée est en effet excellente ; on pourrait en prendre de la graine pour récupérer du même coup tous les dépôts mirifiques qu'ont pu faire à Berne Zurich ou Genève tous les fraudeurs du monde ainsi que tous les dictateurs qui, dans la même période, ont pillé les finances de leur pays.

Le seul problème est avec les Suisses eux-mêmes, qui, dans le passé, n'ont jamais montré le moindre enthousiasme pour des mesures infiniment plus modestes et plus réduites que la récupération que prône Mme Joly !

Il nous faudra donc probablement envahir la Suisse et, de préférence, de tous les côtés à la fois pour tourner leurs défenses ; les Européens ont en effet cet avantage stratégique de cerner complètement ce pauvre petit pays. Comme les Suisses, qui ont tous leurs fusils et leur paquetage dans l'armoire de la chambre à coucher, vendront sans doute chèrement leur peau, il faut se préparer à quelques difficultés dans ce domaine.

Ce qu'il y a d'amusant chez Eva Choly est que coexistent en elle deux éléments contradictoires.

D’un côté, une forme de lucidité dans les solutions qu'elle envisage et qui consistent aussi bien à éviter les dépenses inutiles (comme les dépenses militaires et en particulier l'entretien d'une force nucléaire désuète et dont on ne se servira évidemment jamais) qu'à prendre les mesures contre la fraude fiscale (qu'elle soit personnelle et spontanée ou organisée par l'État lui-même dans le cadre de ses fameuses mesures fiscales qui sont plutôt des chenils que des niches).

Le curieux de l’affaire est que cette clairvoyance s'accompagne d'une totale cécité politique lorsqu'elle parle avec conviction du moment où Europe-Ecologie-les Verts sera à la tête de la France.

Voilà des formes de raisonnement qui m'inquiètent davantage encore que l'accent norvégien ou teuton de Mme Eva Joly.

jeudi 21 juillet 2011

Au loup !



Le retour des loups désole les éleveurs et réjouit les écologistes, même si Gro Eva Joly ne s'est pas fait entendre sur la question, préférant diriger ses traits sur le défilé militaire du 14 juillet. Sans doute était-elle secrètement satisfaite mais moins toutefois qu'une corporation qui non seulement est oubliée mais dont l'existence même est probablement ignorée de beaucoup. Je ne mettrai pas ici au concours (avec pour premier prix la traditionnelle tringle à rideaux chère à Coluche) la réponse à cette énigme. Cher lecteur, chère lectrice, donnez-vous votre langue au chat, à défaut de la donner au loup (c'est tout de même moins dangereux!) ?

Ce sont les lieutenants de louveterie! Ne levez-pas un sourcil dubitatif qui ne m'a pas échappé. Je le tiens, ce matin même, de la bouche du ministre compétent Madame NKM. Elle nous appris, en effet, et c'était sur RMC le scoop du jour (avec le remplaçant de Bourdin qui, entre nous, est bien meilleur que le titulaire, sans espoir toutefois de lui succéder puisque ce dernier, par prudence, a donné son nom à l'émission elle-même). Les méchants loups, si leur condamnation à mort est prononcée (et ce ne sera pas simple, quels que soient leurs ravages), ne pourront être abattus que par les gardes-chasse ou, mieux encore, par les "lieutenants de louveterie"!

Voilà qui devrait ravir Gro Eva Joly!

Comme notre école, la louveterie a été créée, chez nous,en 804, par Charlemagne avec ses "luparii" ; le terme de "louvetier" n'apparaît que bien plus tard (1308) et les louvetiers peuvent alors percevoir un impôt dans les lieux qu'ils débarrassent d'un loup! La fonction sera supprimée, par souci d'économie, peu avant la révolution. Le service sera rétabli par Napoléon et, comme bien d'autres institutions, nous l'avons toujours, quoique les loups aient disparu en France vers 1930 alors qu'un siècle auparavant on en tuait chaque année des milliers!

En 1992, des loups, protégés désormais par la convention de Berne, ont réapparu, dans le parc du Mercantour, venant d'Italie par la montagne. Fort heureusement, le corps des lieutenants de louveterie, lui, existe toujours, même si ses missions ont été modifiées en 1971 par le législateur français "dans sa grande sagesse". Faute de loups, les lieutenants de louveterie (le titre lui n'a pas changé!) sont aujourd’hui chargés des "battues administratives par arrêté préfectoral et des battues municipales", de la "police de la chasse" et de "missions spéciales : reprise de daim" (????)"

Ouf, on respire! Au cas où vous aspireriez à entrer dans ce noble corps, quelques détails :
"Les lieutenants de louveterie sont des agents de l'État bénévoles assermentés, nommés par le préfet sur proposition du Directeur départemental de l'agriculture et de la forêt et sur avis du président de la Fédération départementale des chasseurs pour une durée de cinq années renouvelable.
Ils doivent être de nationalité française et jouir de leurs droits civiques, être âgés de 75 ans au plus, avoir un permis de chasse depuis au moins cinq ans, posséder la compétence cynégétique nécessaire pour remplir correctement leurs fonctions, résider dans le département où ils sont nommés (ou un canton limitrophe), ne pas avoir fait l'objet de condamnation pénale en matière de chasse, de pêche et de protection de la nature".

Dans l'exercice de leurs fonctions, les louvetiers doivent être porteurs d'un insigne (voir ci-dessus) représentant "une tête de loup dorée avec en exergue une courroie de chasse émaillée bleue portant l'inscription « lieutenant de louveterie » en doré". Ils s'engagent par écrit à entretenir, à leurs frais, soit un minimum de quatre chiens courants réservés exclusivement à la chasse du sanglier ou du renard soit au moins deux "chiens de déterrage".

Mesdames, ne soyez pas désespérées, la fonction vous est ouverte et en 2005, il y avait douze femmes lieutenants de louveterie en France.

mardi 19 juillet 2011

En revenant de la revue..



"Je suis l'chef d'une joyeuse famille,
Depuis longtemps j'avais fait l'projet
D'emmener ma femme, ma soeur, ma fille
Voir la revue du quatorze juillet.
Après avoir cassé la croûte,
En choeur nous nous sommes mis en route
Les femmes avaient pris le devant,
Moi j'donnais le bras à belle-maman.
Chacun devait emporter
De quoi pouvoir boulotter,
D'abord moi je portais les pruneaux,
Ma femme portait deux jambonneaux,
Ma belle-mère comme fricot,
Avait une tête de veau,
Ma fille son chocolat,
Et ma soeur deux oeufs sur le plat."

La célèbre chanson de Paulus ( 1886, et, comme on le verra, la date a son importance) illustre plus notre patrimoine culinaire, désormais reconnu par l'UNESCO, que notre goût prétendument atavique pour les défilés militaires. Le refrain prouve d'ailleurs que le lieu même de notre revue, que d'aucuns voient se perdre dans la nuit des temps, date de moins d'un siècle :

" Gais et contents, nous marchions triomphants,
En allant à Longchamp, le coeur à l'aise,
Sans hésiter, car nous allions fêter,
Voir et complimenter l'armée française"

Il est vrai qu'on pourrait facilement et à peu de frais actualiser le refrain :" En allant sur les Champs...".

Quoiqu'elle ne descende pas de son drakkar, Gro Eva Joly comme la plupart des commentateurs, ignore l'histoire de France, ce qui, malice du destin, la prive de son argument le plus solide. A défaut d'avoir été "citoyen" (car à cette époque on parlait encore français), le premier défilé du 14 juillet célébrant la prise de la Bastille était en tout cas "populaire" ("civil" donc) et non militaire, ne le devenant que sous le Directoire avant de disparaître sous l'Empire.

Ce n'est qu'en 1880 que le 14 juillet devient fête nationale, un défilé militaire y étant peu après associé. La date n'est pas indifférente bien entendu (la défaite de 1870 est passée par là et on ne rêve que d'Alsace et de Lorraine!). Dès lors le défilé du 14 juillet a lieu dans le cadre champêtre de l'hippodrome de Longchamp et comme le souligne la chanson, on en profite pour pique-niquer au grand air.

"Je grimpe sur un marronnier en fleur,
Et ma femme sur le dos d'un facteur
Ma soeur qu'aime les pompiers
Acclame ces fiers troupiers,
Ma tendre épouse bat des mains
Quand défilent les saint-cyriens,
Ma belle-mère pousse des cris,
En reluquant les spahis,
Moi, je faisais qu'admirer
Notre brave général Boulanger."

Le vers final montre que l'exploitation politique du défilé n'est pas non plus très nouvelle! Passons, le premier défilé sur les Champs n'aura lieu qu'en 1919 avec en tête du cortège, caracolant à cheval, les vainqueurs de la Grande Guerre, Foch, Joffre et...Pétain. Ces brillants généraux passent alors SOUS l'Arc de Triomphe où (et c'est tout un symbole), le soldat inconnu, qui n'est pas encore là, n'y sera fort heureusement enterré que deux ans plus tard!

dimanche 17 juillet 2011

Eva Gro ou Eva jolie?

Nous voilà pourvus, pour la prochaine présidentielle et contre toute attente, d'une candidate « à sauts et gambades » comme disait Montaigne. Mon "contre toute attente" fait allusion d'abord à la victoire, contre toutes les prédictions et les sondages, face à Nicolas Hulot qu'elle a mis en vacances beaucoup plus vite que ne le pensaient les sondages et les augures qui, après coup, nous ont comme toujours expliqué que, sans toutefois le dire, ils avaient bien prévu la chose. Air connu !

Je pense aussi et plutôt à la déclaration inattendue et même insolite, sur le défilé du 14 juillet et la proposition de suppression de la revue militaire au bénéfice d'un défilé « citoyen ». De la part d'une non-francophone native, je ne reviens pas sur l'horreur que m'inspire cet emploi adjectival, impropre et inutile, du beau substantif "citoyen" ; il s'est malheureusement répandu à la vitesse qui est celle de toutes les impropriétés que nos ignorants de journalistes et d'hommes politiques mettent à la mode via les médias qui seront le tombeau de notre langue. Je ne sais pas, en outre, ce que pourrait être un défilé « citoyen», car cette formule donne à penser que nos militaires et nos pompiers ne sont pas eux-mêmes, des citoyens ! "Civil" serait donc, chère Madame, infiniment préférable en la circonstance, si je comprends bien votre intention.

En tout cas, volontairement ou non, Mme Joly a non seulement réussi à faire parler d'elle mais elle a créé contre son propos et sa personne une unanimité rare ; il a fallu l'insigne maladresse de notre Premier Ministre pour la faire cesser en permettant de le taxer de racisme anti-norvégien.

Cette circonstance m'a toutefois conduit à étudier dans Wikipédia la vie et la carrière de Mme Joly que je ne connaissais guère ; j'avoue y avoir trouvé non seulement des circonstances pittoresques mais quelques explications du personnage qu'elle se donne.

Je trouvais étrange ses lunettes rouges mais je n'en suis plus étonné maintenant que je sais que la lignée de ses ancêtres maternels était producteurs de framboise. Voilà qui explique aisément le choix, singulier mais assurément atavique, de la couleur de ses lunettes.

On peut aussi s'interroger aussi sur son rapport, semble-t-il, un peu étrange avec l'armée qu'elle entend désormais exclure des Champs-Élysées. La chose tient sans doute à ce que son père a été, durant sa vie, employé comme tailleur dans une usine de fabrication d'uniformes ce qui explique une forme de haine ancestrale pour la vêture militaire. Mais, comme souvent la haine et l'attirance font assez bon ménage, s'explique ainsi qu'en 1996, Eva ait été auditrice à l'Institut des hautes études de défense nationale ! Y aurait-elle été harcelée par quelques galonnés libidineux? Cet ultime fréquentation des militaires l'aurait alors confortée dans sa rancoeur.

Il est plus étrange d'apprendre, de sa bouche même semble-t-il, qu'à 18 ans, elle s'est présentée au concours de Miss Norvège et qu'elle y a fini troisième, ce qui n'est pas si mal après tout pour une demoiselle qui se prénomme "Gro" !

La vie et sa carrière en France sont aussi, pour le moins, « à sauts et gambades » (Mon logiciel Dragon qui a repéré le mot "norvégien" me suggère dès lors "saumon" en lieu et place de "sauts"). Gro Eva, fut ainsi et tour à tour, fille au pair (elle épousera le fils de la maison!), dactylo, couturière, décoratrice d'intérieur, elle a fini par trouver sa voie en se lançant dans des études de droit (j'ai omis dans son curriculum vitae, la pièce la plus singulière puisqu'elle fut un moment secrétaire d'Eddy Barclay, sans aller toutefois comme d'autres jusqu'à l'épouser !).

Devenue magistrate, elle s'illustrera surtout par ses interventions dans des affaires médiatiques (Bernard Tapie, affaire Elf, frégates de Taïwan et affaire Dumas-Deviers-Joncours, etc.) ; en plus, et elle s'en flatte, elle mettra à son tableau de chasse des pièces aussi illustres que Loïc Le Floch-Prigent, Roland Dumas et même DSK. Ce dernier lui vaudra, même, bien plus tard, le prix du club de l'humour de la presse politique pour sa formule : "DSK je le connais bien. Je l'ai mis en examen!"

Elle répond volontiers aux mises en doute de sa francité par le fait qu'elle est en France depuis 50 ans, ce qui est exact puisqu'elle y est venue à 18 ans (après le concours de Miss Norvège), sans toujours préciser qu'elle a tout de même quitté la France, pour quelques années, en 2001 après le suicide de son mari.

Si bien des aspects de la vie d'Eva Joly sont assez inattendus, on ne peut guère mettre en doute l'indépendance et la force de son caractère, même si on ne manque pas de souligner perfidement, ici ou là, qu'elle ne s'est retrouvée à la tête des Verts que parce que François Bayrou ne lui a pas laissé au MoDem la place qu'elle jugeait bon d'y revendiquer. Volià qui rappelle l'histoire de Fabius qui finit rue de Solférino faute d'avoir été reçu rue de Lille!

Les choses ne seront sans doute guère plus simples chez les Verts et on pourrait sans doute, d'ores et déjà, lui conseiller de faire sien le mot célèbre de Voltaire: « Mon Dieu, gardez-moi de mes amis, mes ennemis je m'en charge!" ».