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lundi 21 avril 2014

Madame Royale ! A quand les écrouelles ?

Madame Royale ! A quand les écrouelles ?

Depuis le 2 avril 2014, Marie-Ségolène Royal, dans son nouveau ministère, a multiplié les annonces sur une foule de problèmes qu’elle déclare vouloir régler, « sans impôt ni taxe » « --ajoute-t-elle, non sans quelque imprudence  ; je n’essayerai même pas de les citer tous, en voici quelques uns, sans attention à l’ordre chronologique :  prix de l’électricité annoncé comme inévitablement en hausse (pour l’instant suspendue), écotaxe, transition énergétique et place du nucléaire, train de vie des grands groupes énergétiques comme EDF, Suez ou Areva et même maîtrise du réchauffement climatique !

 Cette pente de Ségolène Royal à user ainsi de la presse et plus généralement encore de la communication n’est pas nouvelle ; ces annonces m’ont fait me souvenir que j’avais écrit, il y a plus de cinq ans, un blog dont je reprends ci-dessus le titre, à l’époque largement prémonitoire. Je le reproduis, en le raccourcissant un peu par le retrait de détails inutiles.
 « Je vais encore avoir des reproches de mes amis socialistes, mais, comme disait ce brave Oscar Wilde, qui en connaissait un bout (si j’ose dire) « On résiste à tout... sauf à la tentation ». Pour mon futur malheur, j’écoutais France Infos, ce mardi matin 24 février 2009, à 8 heures 15, quand Ségolène y fut interrogée, par téléphone, depuis la Guadeloupe, pour une interview à la fois nocturne et exclusive.

 A ce propos, cette recherche permanente de l’exclusivité et du scoop par nos médias devient fatigante. Dans les cas les plus fâcheux, elle conduit à des affaires comme l’annonce anticipée de la mort de Pascal Sevran sur une radio que je ne nommerai pas (pas de pub, même mauvaise !) ou la présentation sur France2 de vieilles images « exclusives » et pour cause, de Gaza, faute d’en avoir d’actuelles ! Vous entendez, sans cesse, ici ou là, tel reporter vous diffuser LA déclaration exclusive de Machin Truc et quand, à la télé, ensuite, vous voyez la scène réelle, vous constatez que le dit Machin Truc parle devant une forêt de micros, chacun recueillant sa déclaration « exclusive ». C’était ma minute sur les journalistes. Je n’y reviendrai plus.

Pour mon malheur, disais-je, j’ai entendu Ségolène et, par prudence, avant d’écrire ce post, j’ai réécouté, à onze heures, son interview. Si mes probables contradicteurs le veulent, je tiens même à leur disposition l’enregistrement de sa déclaration.

Elle était en Guadeloupe, nous a-t-elle précisé, pour les obsèques du syndicaliste tué à Pointe-à-Pitre. Elle a fait observer que nul ministre (elle n’a pas osé dire Sarkozy !) n’y assistait. Fillon y serait-il venu qu’on aurait aussitôt laissé entendre qu’il n’avait pas grand chose à faire, puisque, somme toute, pour le moment, ce meurtre ou cet assassinat (je ne sais comment le qualifier) relève du simple droit commun.

J’ai résisté, en revanche, victorieusement à la tentation de téléphoner à Jean-Jacques Bourdin, sur RMC, pour lui donner l’information « exclusive » que je détiens. Cet assassinat est, en fait, une opération du Mossad qui, en liaison avec les services secrets français, a envoyé en Guadeloupe l’un de ses meilleurs agents opérationnels dont l’action a toute chance de demeurer indétectable, vu la perverse prudence de ces sionistes. Le Mossad, en effet, a dépêché un agent falasha (juif immigré venu d’Ethiopie), ce qui fait que, coiffé d’une casquette à l’envers et d’un survêtement trop grand, ce Juif noir s’est fondu, sans problème, dans le groupe de ceux qui occupaient le barrage, d’où est parti le coup de fusil. Jean -Marie Bigard que j’ai aussitôt consulté m’a confirmé la réalité de ce stratagème.

Revenons à Ségolène. Elle ne nous a pas caché, d’entrée de jeu, que c’est elle qui a permis « la reprise des discussions », grâce à ses contacts avec les organisations et les élus locaux et surtout avec Jacques Bangou, le maire de Pointe à Pitre. Même Ségolène doit, de temps en temps, faire un peu de « name-droping ». Elle a continué, un peu plus tard, dans la même voie avec un petit cirage de pompes pour Taubira et Karam ! A moins, après tout, que le coup soit encore plus tordu que je ne l’imagine et que tout ça soit destiné d’abord à faire porter un peu d’attention sur la grande nouvelle au PS : Ségolène se rabiboche avec Martine et ses « amis » (c’est Ségolène qui le dit) Peillon (ah ?) et Vals (Tiens ?) entrent dans les instances dirigeantes de Solférino. 

Dans un cas comme ça, peu importe ce que l’on dit , le seul problème est d’une part de se faire un peu mousser (et comme on l’a vu, Ségolène n’a pas lésiné), mais surtout de lâcher une « petite phrase » propre à attirer l’attention des médias, même si ce propos n’a qu’un rapport lointain avec le problème central.
 Ségolène a trouvé le truc et ça a marché.
 Belle cérémonie au demeurant ! Portrait de Che Guevara en tête d’un cortège hérissé d’innombrables drapeaux rouges de la CGT-Guadeloupe, grande organisatrice des manifestations et de la pompe funèbre, le LKP n’étant qu’un faux-nez occasionnel. Sans trop entrer dans les détails pour ne pas effrayer le bon peuple (surtout au PS) et avoir l’air de faire le jeu du NPA, car le petit télégraphiste était là aussi (il y a, coup de pot, grève des postes à Neuilly !), Ségo a reproché avec vigueur aux ministres français de ne pas être aux funérailles de ce pauvre Jacques Bino. A son propos, je n’avais pas osé intituler le post que j’ai consacré à ces faits, « Ségo, Jégo, Bino », ne gardant que les deux premiers noms, ce qui  prouve que je sais, de temps à autre, résister à la tentation.
 Le secret du coup de l’interview exclusive est d’ajouter alors, à propos des ministres et de leur si fâcheuse absence « Alors qu’ils sont payés pour ça ...et GRASSEMENT payés » « puisque depuis l’arrivée de Sarkozy au pouvoir, leur salaire a été augmenté de 150% ». Vous vous rendez compte , Madame Michu, une paye de ministre juste pour aller aux enterrements … et en plus aux Antilles. Quel scandale !
Ça me rappelle ce poème de Victor Hugo, « Souvenir de la nuit du 4 » dans les Châtiments. Vous remplacez simplement le « Il » du début par Sarkozy (ainsi Sarko prend la place de Napoleon le petit) et « l’enfant de sept ans » par le postier du LKP :
 « Il veut avoir Saint-Cloud plein de roses l'été,
Où viendront l'adorer les préfets et les maires ;
C'est pour cela qu'il faut que les vieilles grand'mères,
De leurs pauvres doigts gris que fait trembler le temps,
Cousent dans le linceul des enfants de sept ans. »

En tout cas, ça marche et tous les médias ont mordu à l’hameçon. A quand les écrouelles Majesté ?"

NDLR : Les écrouelles étaient une maladie scrofuleuse et tuberculeuse, qui atteignait surtout le cou. Les rois de France passaient pour avoir le pouvoir de la guérir en touchant simplement la partie malade.


lundi 27 août 2012

La comédie du pouvoir. Pièce en trois actes.

Depuis l'élection présidentielle, et déjà à l'occasion de la campagne électorale, la majorité écolo-verdo-socialiste a une épine dans le pied ou en tout cas un gros caillou pointu dans sa chaussure. Il s'agit, vous l'aurez compris, du nucléaire sur lequel les positions des deux composantes étaient pour le moins différentes.

On avait cru régler un moment les problèmes en envoyant Mme Eva cultiver son jardin pendant que se tenait la réunion au sommet entre Martine et Cécile ; on avait alors, vite fait bien fait, réglé les accords électoraux (qui devaient ouvrir sur un groupe parlementaire et deux ministères) au bénéfice exclusif d'Europe-Ecologie-Les Verts, en glissant sous le tapis, avec la poussière, le problème nucléaire. Cela faisait assurément l'affaire de la future ministre comme de la Première Secrétaire du PS, l'une et l'autre refilant le bébé au futur Président de la République.

Ce dernier, au prix de quelques déclarations ambiguës, lénifiantes et dilatoires, a réussi à maintenir le problème éloigné des débats publics, d'autant qu'il y avait bien d'autres questions à régler et que le sort de l'industrie nucléaire française ne pouvait être sérieusement traité au cours des cent jours qui marquaient, Dieu sait pourquoi, la première étape de la présidence de François Hollande.

Comme on ne pouvait pas laisser indéfiniment le problème en suspens, du moins dans le débat, on a, sans doute après réflexion, essayé de définir une stratégie politique qui sauve la mise à tout le monde et qu'on a mise en place sous la forme d'une petite comédie qui a déjà commencé et qui n'est sans doute pas finie.

Comme tous ces gens sont prudents et aiment les sondages, on aura sans doute discrètement interrogé les Français sur leurs positions à ce propos. Il est évident, sauf pour quelques excités comme Mme Eva et sans doute Mr. Noël (oublieux des piges qu'il a autrefois faites pour la publicité de cette même industrie nucléaire), qu'une large majorité de Français (les deux tiers au moins) n'envisage pas sérieusement la disparition de l'industrie nucléaire. Comment pourrait d'ailleurs concilier une perspective écologique réelle et sérieuse avec les remises en route, comme en Allemagne des centrales nucléaires au charbon, qui sont encore plus polluantes, et à très court terme, que les centrales nucléaires elles-mêmes ?

Le premier acte de cette petite comédie politique a été la pantomime très réussie de la ministre Cécile Duflot avec son "licol" et sa "muselière". Je pense que vous avez, comme moi, vu son numéro, où elle mimait l'activité du Secrétaire général d'E-L-V, tenu en bride courte par un licol et ne pouvant guère aller bien loin, ni à droite ni à gauche, avant de mimer ensuite celle du ministre qui, en plus du licol, doit porter une muselière. Autant dire qu'elle préparait par cette séance de mime le silence qu'elle devra observer dans la suite immédiate, sauf à démissionner. Le muselière de Madame la ministre est l'équivalent bucolique de la "gueule fermée" évoquée autrefois par Jean-Pierre Chevènement.

Deuxième acte deux jours plus tard quand notre ministre du redressement productif, le bouillant Montebourg évoque, sans crier gare, la nécessité et même l'avenir de l'industrie nucléaire, "une filière d'avenir" pour la France. Le choix de Montebourg paraît dicté par des considérations diverses qui vont de la rhétorique quelque peu verbeuse qu'on lui connaît aux exigences de sa fonction ministérielle puisque notre industrie est, sans le moindre doute, le client le plus constant, le plus exigeant et le plus vorace de notre industrie nucléaire, puisque le l'activité industrielle absorbe 70 % de notre électricité.

Et le Président de la République, me direz-vous ? Il sera, à n'en pas douter, au centre du troisième acte. Il y apparaîtra comme le pacificateur (ce qui est le rôle qu'il affectionne le plus) en apportant la solution de bon sens qui visera à concilier les nécessités absolues de renouveau industriel (le "redressement productif") et le vert maintien de notre belle nature française. Il trouvera une solution de compromis que tout le monde souhaite au fond (et pourquoi ne pas créer une commission ?) qui permette de sortir d'une impasse dans laquelle les politiques se trouvent fort embarrassés... et nous avec !

dimanche 21 août 2011

Cécile il faut arrêter la fumette !




À Clermont-Ferrand, Cécile Duflot, pour faire oublier définitivement son escapade maldivienne et estivale de l'an dernier, nous a joué les Martin Luther King !

I have a dream ! Je cite ici de mémoire faute d'avoir pu enregistrer ce moment historique dont on se souviendra longtemps ; elle a attaqué d'emblée : "Fermez les yeux. Faisons un rêve. En mai 2012, Eva Joly a été élue présidente de la république...».

Cécile Duflot a un DEA de géographie et non d'histoire (et surtout pas d'histoire des Etats-Unis) car, s'il en était ainsi, elle aurait peut-être mieux su le lieu, le contenu et les circonstances du discours de Martin Luther King dont la fameuse formule (dont elle ignore manifestement la suite) n'était pas le début mais le sommet de son discours solennel.

Peut-être après tout n'était-ce de sa part qu'une facétie car on ne doit pas perdre de vue que notre Cécile est née un premier avril !

Rêve ou cauchemar ? Allez savoir!

Peut-être aussi, faute de marijuana, de gandia ou de zamal, et en mal d'inspiration, la pauvre Cécile en a-t-elle été réduite à fumer du michelin avant de prendre la parole lors de l'assemblée générale de EE-LV. Au fait que doit-on écrire? Une rapide enquête sur ce point délicat m'a mis en présence de quatre graphies différentes du sigle que je reproduis ici dans un ordre de majesté décroissante : EE-LV (en majuscules et avec un trait d'union plein de grâce graphique et d'ambiguïté politique) ; EELV (fait un peu trop LVMH à l'envers) ; ee-lv (plus modeste que le premier) ; eelv (fait un peu trop faute de frappe). Je vous laisse le choix en fonction de l'idée que vous en avez et des ciconstances.

On a dû faire tirer aussi quelques bouffées de michelin à Evacholy qui dans son apparence, peu flatteuse pour le coup, avait choisi d'évoquer discrètement le célèbre Bibendum clermontois, en portant la si seyante marinière qu'on avait un moment songé à infliger à notre pauvre équipe de France de football. Pensait-elle ainsi faire oublier sa norvégianitude (les "Marins d'Iroise" qu'on ne cesse de nous infliger ne sont-ils pas quelque peu Vikings?) en arborant un signe ostentatoire de sa francité?

En tout cas, chargée à bloc, Eva s'est inscrite cette fois-ci, de façon claire et forte, dans la position antinucléaire et même antimilitariste, au probable grand dam de Flamby, maire de Tulle, ville qui ne fait pas dans la dentelle comme on pourrait le croire, mais dans l'armement ! N'a-t-elle pas même précisé, à l'attention de la rue de Solférino, qu'il n'était pas question d'alliance avec quelque parti que ce soit qui n'aurait pas cette position (Oyez Martine, François, Bertrand et les autres !).

Elle a même lancé un appel, aussi vibrant qu'inattendu, en direction de Nicolas Hulot, en faisant applaudir et scander son nom; elle a par là viré lof pour lof, sans doute inspirée par sa tenue de marin, car, depuis le vote fatal, elle n'avait cessé de placer des banderilles sur son malheureux rival et de lui glisser des peaux de banane sous les pieds. A EE-lv on a l'esprit large et on présume toujours l'innocence.

Je m'étais déjà inquiété dans un blog précédent d'avoir entendu la candidate envisager, sans rire, la perspective de son élection à la magistrature suprême. Je m'étais dit alors que cela devait faire parti des règles du jeu et du cahier des charges que s'impose à lui-même tout candidat, de façon à montrer qu'il n'est pas, a priori, persuadé de sa défaite. Même Dupont-Aignan et Mélenchon se prêtent de temps en temps à cette mascarade!

Entendre Cécile Duflot s'exprimer, en ces termes et dans ce contexte, a sans doute fait se retourner, une fois de plus, dans sa tombe, le pauvre Martin Luther King ! En revanche, une telle sortie a dû faire sourire et même peut-être rire aux éclats Dany le rouge. Au même moment en effet, il se plaît à rappeler que Voynet, qui était pourtant, enfin en apparence, une écologiste bon teint, n'avait même pas atteint 1 % à la présidentielle et, connaissant eelv (souvenons-nous des aventures et des engagements de Lipietz, Mamère et Cie), il ne désespère pas de voir Eva d'Iroise renvoyée à ses chers saumons avant la fin de l'année.

Pour ce qui me concerne, mais je l'ai déjà dit, je préfèrerais entendre EE-LV prendre position, de façon nette et sérieuse, sur le VRAI problème de la croissance (et non pas exclusivement celle du PIB) pour dénoncer enfin les rêves absurdes voire criminels d'une aspiration commune, pour le siècle qui vient, à avoir chacun trois téléphones portables, deux tablettes électroniques et deux bagnoles, sans compter les multiples gadgets dont on ne manquera pas de nous pourvoir dans les décennies qui viennent.

Je fais un rêve....

jeudi 17 mars 2011

« Nous sommes tous des Japonais »

« Nous sommes tous des Japonais ».

Bernard Kouchner, hier chez Elkabach sur Europe 1 à 8 heures et quart, n’était pas peu fier de sa formule, même s’il ne peut pas ignorer qu’elle a déjà beaucoup servi et que, dans l’année précédente, un clou chassant l’autre, nous étions déjà tous des Haïtiens après les 230.000 morts du séisme de Port-au-Prince, en janvier 2012, car si les Haïiens n’ont pas eu de menaces nucléaires, un ou deux cyclones sans compter une épidémie de choléra ne les ont pas empêchés de sombrer dans l’oubli. Sur le registre plus personnel mais dans le même esprit, J.F. Kennedy avait déjà manifesté sa solidarité avec les Berlinois lors du blocus soviétique de la ville par son fameux « Ich bin ein Berliner !).

A ma connaissance, le plus ancien usage d’une telle formule se trouve dans la tradition orale française, reprise dans le monde créole. Dans l’océan Indien, dans la série des contes de « Petit Jean » (localement « Ti zan ») se trouve un récit qui illustre déjà cette formule. Le récit est quelque peu mâtiné de Petit Poucet, puisque Petit Jean y a huit frères, de telles osmoses étant courantes dans les récits oraux créoles. Poursuivi par un méchant ogre qui veut le dévorer, ce dernier persuade leur hôtesse de faire porter à Petit Jean un « langouti » (vêtement indien) rouge pour qu’il puisse le distinguer des autres avant de le manger. Petit Jean, le « trickster » rusé et méfiant, coupe en dix le langouti rouge et en donne un morceau à chacun des frères. L’ogre venant le lendemain dévorer sa victime désignée et cherchant « Ti zan langouti rouz » voit tous les enfants porteurs du même langouti rouge et s’entend alors répondre, « Nou tous Ti Zan langouti rouz ! » (= nous sommes tous Petit Jean au langouti rouge).

Impatiente lectrice et impétueux lecteur, je vous entends déjà maugréer en vous demandant où je veux en venir en sautant ainsi de Bernard Kouchner à Petit Jean (sans faire, je le jure, la moindre allusion à la taille de ces deux héros).

Je veux simplement en venir au sujet du jour, l’état de la centrale nucléaire japonaise et les conséquences imprévisibles du séisme et du tsunami.

Comme toujours, on nous abreuve d’images repassées en boucle et souvent données comme originales après une bonne demi-douzaine de (re-)diffusions. J’entendais récemment regretter par un/une de nos journalistes, l’absence de vues des cadavres (je vous jure que c’est vrai !). Ce sont des images que s’interdisent, paraît-il, (hélas pour nous) les Japonais. Nous ne sommes donc pas tout à fait des Japonais, car nos télés, en revanche, sont très friandes de tels spectacles, même si elles nous préviennent toujours de leur horreur, avant de les diffuser, comme toutes les publicités, obsédantes et racoleuses, pour les aliments gras ou sucrés, l’alcool et les jeux, ne manquent jamais de nous prévenir des graves dangers de la consommation de ces produits dont elles font néanmoins, sans états d’âme ni remords, la « réclame » !

Le plus clair est que l’on entend guère, dans nos médias, que des journalistes, totalement ignorants des questions en cause, ou des responsables administratifs ou commerciaux (secrètement ravis, en fait, d’une catastrophe lointaine qui devrait gravement compromettre la production japonaise sur le marché très concurrentiel du nucléaire), mais très rarement de vrais spécialistes qui pourraient nous apporter des informations intéressantes qui souvent d’ailleurs ne sont pas communiquées par les autorités japonaises.

Je me limiterai donc à un seul point, indéfiniment ressassé et qui est la comparaison entre Tchernobyl et Fukushima, comparaison à propos de laquelle je serai ravi d’ouvrir mon espace éditorial à Olivier s’il veut bien faire ici un effort.

A propos du fameux « nuage », dont on nous menace pour la suite, et qui avait circulé, après Tchernobyl au-dessus de l’Europe (en évitant toutefois la France grâce à la vigilance de nos autorités de l’époque et à l’anticyclone des Açores) j’ai entendu un vrai savant dire que les deux catastophes était très différentes, ce qui rendait leurs conséquences très différentes aussi à cet égard.

Dans le cas de Tchernobyl (26 avril 1986), le programme soviétique mis en place là-bas relevait de la filière de réacteurs RBMK-1000, réacteurs à eau ordinaire modérés par du graphite ; ce modèle, dont l’usage remontait aux années 70, était utilisé exclusivement dans les républiques de l'ex-URSS (Tchernobyl, rappelons-le, est en Ukraine, au Nord de Kiev). Le fameux « nuage » de Tchernobyl, si j’ai bien compris (mais l’avis d’Olivier serait précieux), était formé surtout de particules de graphite radioactives, suceptibles d’une durée de vie et d’action très supérieures à celle des particules d’eau qui forment les « nuages » de Fukushima.

On parle de « nuages » dans tous les cas, mais on doit sans doute distinguer ceux qui sont formés d’eau de ceux qui, comme dans le cas de Tchernobyl, sont constitués de particules solides, du graphite dans ce cas ou de particules volcaniques (sans danger pour le coup même si ces nuages sont fort gênants) dans le cas de l’éruption du volcan islandais qui a mis en émoi naguère le ciel européen.

Ne pourrait-on nous traiter comme des adultes au lieu de ne nous offrir que de scoops éculés et des interviews insipides de voyageurs qui n’ont rien d’autre à nous dire que leurs préoccupations personnelles ?