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lundi 21 avril 2014

Madame Royale ! A quand les écrouelles ?

Madame Royale ! A quand les écrouelles ?

Depuis le 2 avril 2014, Marie-Ségolène Royal, dans son nouveau ministère, a multiplié les annonces sur une foule de problèmes qu’elle déclare vouloir régler, « sans impôt ni taxe » « --ajoute-t-elle, non sans quelque imprudence  ; je n’essayerai même pas de les citer tous, en voici quelques uns, sans attention à l’ordre chronologique :  prix de l’électricité annoncé comme inévitablement en hausse (pour l’instant suspendue), écotaxe, transition énergétique et place du nucléaire, train de vie des grands groupes énergétiques comme EDF, Suez ou Areva et même maîtrise du réchauffement climatique !

 Cette pente de Ségolène Royal à user ainsi de la presse et plus généralement encore de la communication n’est pas nouvelle ; ces annonces m’ont fait me souvenir que j’avais écrit, il y a plus de cinq ans, un blog dont je reprends ci-dessus le titre, à l’époque largement prémonitoire. Je le reproduis, en le raccourcissant un peu par le retrait de détails inutiles.
 « Je vais encore avoir des reproches de mes amis socialistes, mais, comme disait ce brave Oscar Wilde, qui en connaissait un bout (si j’ose dire) « On résiste à tout... sauf à la tentation ». Pour mon futur malheur, j’écoutais France Infos, ce mardi matin 24 février 2009, à 8 heures 15, quand Ségolène y fut interrogée, par téléphone, depuis la Guadeloupe, pour une interview à la fois nocturne et exclusive.

 A ce propos, cette recherche permanente de l’exclusivité et du scoop par nos médias devient fatigante. Dans les cas les plus fâcheux, elle conduit à des affaires comme l’annonce anticipée de la mort de Pascal Sevran sur une radio que je ne nommerai pas (pas de pub, même mauvaise !) ou la présentation sur France2 de vieilles images « exclusives » et pour cause, de Gaza, faute d’en avoir d’actuelles ! Vous entendez, sans cesse, ici ou là, tel reporter vous diffuser LA déclaration exclusive de Machin Truc et quand, à la télé, ensuite, vous voyez la scène réelle, vous constatez que le dit Machin Truc parle devant une forêt de micros, chacun recueillant sa déclaration « exclusive ». C’était ma minute sur les journalistes. Je n’y reviendrai plus.

Pour mon malheur, disais-je, j’ai entendu Ségolène et, par prudence, avant d’écrire ce post, j’ai réécouté, à onze heures, son interview. Si mes probables contradicteurs le veulent, je tiens même à leur disposition l’enregistrement de sa déclaration.

Elle était en Guadeloupe, nous a-t-elle précisé, pour les obsèques du syndicaliste tué à Pointe-à-Pitre. Elle a fait observer que nul ministre (elle n’a pas osé dire Sarkozy !) n’y assistait. Fillon y serait-il venu qu’on aurait aussitôt laissé entendre qu’il n’avait pas grand chose à faire, puisque, somme toute, pour le moment, ce meurtre ou cet assassinat (je ne sais comment le qualifier) relève du simple droit commun.

J’ai résisté, en revanche, victorieusement à la tentation de téléphoner à Jean-Jacques Bourdin, sur RMC, pour lui donner l’information « exclusive » que je détiens. Cet assassinat est, en fait, une opération du Mossad qui, en liaison avec les services secrets français, a envoyé en Guadeloupe l’un de ses meilleurs agents opérationnels dont l’action a toute chance de demeurer indétectable, vu la perverse prudence de ces sionistes. Le Mossad, en effet, a dépêché un agent falasha (juif immigré venu d’Ethiopie), ce qui fait que, coiffé d’une casquette à l’envers et d’un survêtement trop grand, ce Juif noir s’est fondu, sans problème, dans le groupe de ceux qui occupaient le barrage, d’où est parti le coup de fusil. Jean -Marie Bigard que j’ai aussitôt consulté m’a confirmé la réalité de ce stratagème.

Revenons à Ségolène. Elle ne nous a pas caché, d’entrée de jeu, que c’est elle qui a permis « la reprise des discussions », grâce à ses contacts avec les organisations et les élus locaux et surtout avec Jacques Bangou, le maire de Pointe à Pitre. Même Ségolène doit, de temps en temps, faire un peu de « name-droping ». Elle a continué, un peu plus tard, dans la même voie avec un petit cirage de pompes pour Taubira et Karam ! A moins, après tout, que le coup soit encore plus tordu que je ne l’imagine et que tout ça soit destiné d’abord à faire porter un peu d’attention sur la grande nouvelle au PS : Ségolène se rabiboche avec Martine et ses « amis » (c’est Ségolène qui le dit) Peillon (ah ?) et Vals (Tiens ?) entrent dans les instances dirigeantes de Solférino. 

Dans un cas comme ça, peu importe ce que l’on dit , le seul problème est d’une part de se faire un peu mousser (et comme on l’a vu, Ségolène n’a pas lésiné), mais surtout de lâcher une « petite phrase » propre à attirer l’attention des médias, même si ce propos n’a qu’un rapport lointain avec le problème central.
 Ségolène a trouvé le truc et ça a marché.
 Belle cérémonie au demeurant ! Portrait de Che Guevara en tête d’un cortège hérissé d’innombrables drapeaux rouges de la CGT-Guadeloupe, grande organisatrice des manifestations et de la pompe funèbre, le LKP n’étant qu’un faux-nez occasionnel. Sans trop entrer dans les détails pour ne pas effrayer le bon peuple (surtout au PS) et avoir l’air de faire le jeu du NPA, car le petit télégraphiste était là aussi (il y a, coup de pot, grève des postes à Neuilly !), Ségo a reproché avec vigueur aux ministres français de ne pas être aux funérailles de ce pauvre Jacques Bino. A son propos, je n’avais pas osé intituler le post que j’ai consacré à ces faits, « Ségo, Jégo, Bino », ne gardant que les deux premiers noms, ce qui  prouve que je sais, de temps à autre, résister à la tentation.
 Le secret du coup de l’interview exclusive est d’ajouter alors, à propos des ministres et de leur si fâcheuse absence « Alors qu’ils sont payés pour ça ...et GRASSEMENT payés » « puisque depuis l’arrivée de Sarkozy au pouvoir, leur salaire a été augmenté de 150% ». Vous vous rendez compte , Madame Michu, une paye de ministre juste pour aller aux enterrements … et en plus aux Antilles. Quel scandale !
Ça me rappelle ce poème de Victor Hugo, « Souvenir de la nuit du 4 » dans les Châtiments. Vous remplacez simplement le « Il » du début par Sarkozy (ainsi Sarko prend la place de Napoleon le petit) et « l’enfant de sept ans » par le postier du LKP :
 « Il veut avoir Saint-Cloud plein de roses l'été,
Où viendront l'adorer les préfets et les maires ;
C'est pour cela qu'il faut que les vieilles grand'mères,
De leurs pauvres doigts gris que fait trembler le temps,
Cousent dans le linceul des enfants de sept ans. »

En tout cas, ça marche et tous les médias ont mordu à l’hameçon. A quand les écrouelles Majesté ?"

NDLR : Les écrouelles étaient une maladie scrofuleuse et tuberculeuse, qui atteignait surtout le cou. Les rois de France passaient pour avoir le pouvoir de la guérir en touchant simplement la partie malade.


mercredi 9 novembre 2011

Que fait la police?



À mon retour en France, après les délices climatiques de la Louisiane, j'ai trouvé une Provence noyée sous les eaux. La chose n'est pas pour étonner véritablement quand on connaît, un tant soit peu, le climat provençal et surtout quand on prend en compte les aberrations de l’urbanisation et de la gestion du territoire méridional avec ses constructions en zone inondable et surtout, en outre, le bétonnage universel comme l'absence à peu près totale d'entretien des cours d'eau.

Je suis, en revanche, stupéfait des propos que, peu après mon retour, j'ai entendus de la bouche d'un maire d'une commune inondée (dans le Var) et qui ont été réitérés, ce matin encore, sur je ne sais quelle radio d'informations.

Au-delà de l'aspect climatique (il est tombé 30 à 40 cm d'eau ce qui est sans doute considérable dans nos régions où l'on ne cesse de déplorer la sécheresse, mais qui serait considéré comme sans intérêt notable dans nombre d'autres territoires), le plus surprenant de la chose est que l'absence d'entretien des cours d'eau, la cause majeure des crues violentes, ne tient pas, comme dans bien d'autres cas, à l'absence de moyens destinés à cette fin.

J'ai appris en effet en la circonstance l'existence d'une mystérieuse « police de l'eau », toute-puissante en la matière car sa loi d’airain s’impose même aux maires des communes inondées; elle a, parmi ses dispositions principales, l’interdiction de toucher aux arbres déracinés, qui, emportés par les rivières et les fleuves, s'accumulent sur leurs cours et dans leurs embouchures, pour y constituer des barrages naturels, en faisant par là même gonfler les cours d'eau. Ladite « police de l'eau » interdit de les supprimer au prétexte que des oiseaux y font leurs nids et que ces barrages sont des abris appréciés de la faune aquatique.

On croit rêver !

Cinq ou six personnes au moins sont mortes dans ces inondations récentes (on les abandonnera sans doute à leur triste sort, car il y a là, à n’en pas douter, une nourriture de choix pour cette faune aquatique) ; bon nombre de véhicules ont été emportés par les eaux (je pense qu'on les y laissera car, comme les épaves en mer, il y aura très probablement là d'excellents refuges et abris pour les poissons et crustacés de ces rivières) ; quant aux centaines de millions de dégâts(entre 5 et 9 selon les dernières estimations), tant dans les habitations que dans les zones industrielles ou commerciales (qu'on établit volontiers dans les zones inondables ou les terrains sont moins chers), quelle importance ? Osera-t-on mettre en balance ces sommes, si importantes qu'elles puissent paraître, avec la béatitude des volatiles qui peuvent établir leurs nids dans les arbres qui encombrent ou obturent le lit et l'embouchure de ces rivières ou avec la félicité des poissons qui s’installent dans ces barrages naturels ?

Des esprits chagrins et peu écologiques objecteront sans doute que ces oiseaux peuvent aller faire leur nid ailleurs, comme ils le faisaient sans doute quand ces arbres déracinés ne leur fournissaient pas de refuge. L’eau suffisant elle au bonheur des poissons, selon une formule bien connue, sans doute peuvent-ils le trouver en amont comme en aval, sans que pour autant les riverains de ces mêmes cours d'eau ne trouvent là que leur malheur.

Merdre! Notre cher Père Ubu administratif est devenu aussi vert que sa chandelle !

jeudi 21 juillet 2011

Au loup !



Le retour des loups désole les éleveurs et réjouit les écologistes, même si Gro Eva Joly ne s'est pas fait entendre sur la question, préférant diriger ses traits sur le défilé militaire du 14 juillet. Sans doute était-elle secrètement satisfaite mais moins toutefois qu'une corporation qui non seulement est oubliée mais dont l'existence même est probablement ignorée de beaucoup. Je ne mettrai pas ici au concours (avec pour premier prix la traditionnelle tringle à rideaux chère à Coluche) la réponse à cette énigme. Cher lecteur, chère lectrice, donnez-vous votre langue au chat, à défaut de la donner au loup (c'est tout de même moins dangereux!) ?

Ce sont les lieutenants de louveterie! Ne levez-pas un sourcil dubitatif qui ne m'a pas échappé. Je le tiens, ce matin même, de la bouche du ministre compétent Madame NKM. Elle nous appris, en effet, et c'était sur RMC le scoop du jour (avec le remplaçant de Bourdin qui, entre nous, est bien meilleur que le titulaire, sans espoir toutefois de lui succéder puisque ce dernier, par prudence, a donné son nom à l'émission elle-même). Les méchants loups, si leur condamnation à mort est prononcée (et ce ne sera pas simple, quels que soient leurs ravages), ne pourront être abattus que par les gardes-chasse ou, mieux encore, par les "lieutenants de louveterie"!

Voilà qui devrait ravir Gro Eva Joly!

Comme notre école, la louveterie a été créée, chez nous,en 804, par Charlemagne avec ses "luparii" ; le terme de "louvetier" n'apparaît que bien plus tard (1308) et les louvetiers peuvent alors percevoir un impôt dans les lieux qu'ils débarrassent d'un loup! La fonction sera supprimée, par souci d'économie, peu avant la révolution. Le service sera rétabli par Napoléon et, comme bien d'autres institutions, nous l'avons toujours, quoique les loups aient disparu en France vers 1930 alors qu'un siècle auparavant on en tuait chaque année des milliers!

En 1992, des loups, protégés désormais par la convention de Berne, ont réapparu, dans le parc du Mercantour, venant d'Italie par la montagne. Fort heureusement, le corps des lieutenants de louveterie, lui, existe toujours, même si ses missions ont été modifiées en 1971 par le législateur français "dans sa grande sagesse". Faute de loups, les lieutenants de louveterie (le titre lui n'a pas changé!) sont aujourd’hui chargés des "battues administratives par arrêté préfectoral et des battues municipales", de la "police de la chasse" et de "missions spéciales : reprise de daim" (????)"

Ouf, on respire! Au cas où vous aspireriez à entrer dans ce noble corps, quelques détails :
"Les lieutenants de louveterie sont des agents de l'État bénévoles assermentés, nommés par le préfet sur proposition du Directeur départemental de l'agriculture et de la forêt et sur avis du président de la Fédération départementale des chasseurs pour une durée de cinq années renouvelable.
Ils doivent être de nationalité française et jouir de leurs droits civiques, être âgés de 75 ans au plus, avoir un permis de chasse depuis au moins cinq ans, posséder la compétence cynégétique nécessaire pour remplir correctement leurs fonctions, résider dans le département où ils sont nommés (ou un canton limitrophe), ne pas avoir fait l'objet de condamnation pénale en matière de chasse, de pêche et de protection de la nature".

Dans l'exercice de leurs fonctions, les louvetiers doivent être porteurs d'un insigne (voir ci-dessus) représentant "une tête de loup dorée avec en exergue une courroie de chasse émaillée bleue portant l'inscription « lieutenant de louveterie » en doré". Ils s'engagent par écrit à entretenir, à leurs frais, soit un minimum de quatre chiens courants réservés exclusivement à la chasse du sanglier ou du renard soit au moins deux "chiens de déterrage".

Mesdames, ne soyez pas désespérées, la fonction vous est ouverte et en 2005, il y avait douze femmes lieutenants de louveterie en France.

mardi 31 mai 2011

Déchets, pollution, écologie 2

Le problème est de toute évidence ailleurs et très en amont de toutes les affaires que j’ai évoquées dans mon précédent blog. C'est précisément la question que j'évoquais brièvement et en passant hier. Je m'étonne que nos écologistes patentés, si préoccupés du réchauffement climatique, du CO2 et du nucléaire (tous ces problèmes étant insolubles, du moins à court terme), ne dénoncent pas, plus généralement et plus sérieusement, cette frénésie mercantile et consumériste qui conduit à produire de plus en plus de produits de toute nature à durée de vie scientifiquement calculée pour être sans cesse plus courte.

On peut illustrer ce point de vue par un exemple simple et commode : le téléphone.
Il y a cinquante ans encore, le téléphone était une relative rareté, surtout en France où son installation, monopole de nos archaïques PTT, s’apparentait à la fois à la loterie nationale (le loto n’existait pas encore !) et au parcours du combattant, puisque le nombre limité de lignes faisait que seuls quelques pistonnés ou privilégiés pouvaient en bénéficier et avoir le privilège de pouvoir téléphoner.
Je ne veux pas m'attarder sur ce point qui est tout à fait trivial et que chacun connaît parfaitement.

Non seulement nous sommes passés, quelques décennies plus tard, par une phase où chaque foyer avait, chez soi, au minimum une ligne de téléphone et parfois deux. Sautons cette étape ; l'arrivée, un peu plus tardive encore, du téléphone portable ou mobile a fait qu'il n'y a pas désormais souvent deux mais parfois trois ou quatre téléphones par foyer. Les postes fixes de téléphone, aujourd’hui obsolètes, vont bientôt rejoindre les débris d'ordinateurs sur les plages de Somalie ou du Ghana. Passons là-dessus aussi.

Où en sommes-nous désormais ? Mis à part quelques olibrius dans mon genre qui ont le même téléphone portable depuis six ou sept ans, chacun met désormais un point d'honneur à disposer avant son voisin du tout nouveau modèle, sans qu'on sache trop ce que deviennent les milliards de téléphones ou d’objets du même acabit, que mettent au rebut de façon incessante toutes les téléphoniques Fashion Victimes du monde. Nous ne nous inquiétons pas trop toutefois, car il y a, dans le monde, une bonne centaine d'États, sans compter les îles, où nous pourrons continuer à nous débarrasser de nos ordures électroniques.

Cependant le cas de ces appareils est assez exemplaire car non seulement leur nombre augmente de façon exponentielle à une vitesse prodigieuse mais leur durée d’utilisation diminue sans cesse, au fur et à mesure que leur vogue va croissant. A quand le télémachin ou le e-truc jetables ? Horrible détail ! Il en est de même que dans le cas des nouvelles ampoules électriques si chères à nos écologistes (mais surtout à ceux qui les fabriquent et/ou qui les commercialisent) qu’on nous vend à prix d’or ! Certains des composants utilisés dans ces nouveaux objets sont des plus toxiques (cadmium, plomb, mercure) et, en outre, on ne sait comment s’en défaire, sauf à les envoyer dans le vaste Sud où ils contaminent tout, l’air, l’eau, le sol et bien sûr les habitants !

Pour en revenir aux téléphones, le pire de tout, dans l'infinie multiplication de ces engins, est que, dans les jeunes générations, l'acquisition du téléphone est non seulement généralisée et paraît indispensable, mais elle se fait de plus en plus tôt ; il a déjà envahi nos collèges et il est certain qu'il est désormais déjà entré dans nos écoles primaires.

Des gamins de dix ans s'entre-tuent volontiers désormais pour la possession d'un portable ; je connais mal la question, mais je pense que, dans le domaine téléphonique, doit régner aussi la fureur tyrannique des « marques ». Un gamin de CM1 doit donc être rouge de confusion, voire au bord du suicide ou du meurtre, selon son tempérament, s'il découvre que son voisin de pupitre à un iPod-nano ou un ipad3, alors que son propre appareil date déjà de trois mois. Heureusement, à défaut du recours à une assistance psychologique d’urgence, il reste à ce cher bambin la solution de plus en plus courante, celle d’attendre la sortie de l’école pour planter un couteau dans le ventre de l’heureux possesseur de la dernière version de l’e-machin afin de s'emparer de son appareil ou de venir en classe le lendemain avec une batte de base-ball pour lui fracasser le crâne en prenant toutefois bien soin de ne pas abîmer le précieux objet convoité. Nous n'en sommes plus, hélas, à l’époque de « T’ar ta gueule à la récré… » comme chantait Alain Souchon dans « J’ai dix ans »!

Je ne veux pas tomber dans le délire qui consisterait à exposer plus longuement le problème et à tenter d’en esquisser des solutions, même si j’en vois quelques-unes, pas suffisantes sans doute mais, en tout cas, indispensables. Nous avons pour ça des spécialistes reconnus, de Dany (le rouge-vert), à Nicolas (qui apparaît trop tôt comme un bras-cassé !), sans compter Eva-la-blonde, le Père Noël de Bègles(frappé par l’amnésie et qui ne se souvient plus du temps où il faisait des ménages dans la pub pour le nucléaire), et les autres ... Je voudrais simplement leur signaler l'existence du problème qui me paraît extrêmement loin de leurs préoccupations, même si je ne suis pas assez insolent pour déclarer que leur seul vrai souci est de savoir qui portera la casaque et les couleurs de l’écurie Europe-Ecologie-Les Verts lors du prochain steeple-chase présidentiel.

Déchets, pollution et piraterie.

Curieusement, par hasard, nos télévisions ont diffusé deux documentaires concernant un même sujet ; le premier portait sur la Somalie (Planète, le 18 mai 2011), le second sur le Ghana (TF1 dimanche 29 mai 2011). L'un et l'autre évoquaient, de façon et sous des angles très différents, le problème que j'ai abordé moi-même dans un blog précédent, l'envoi systématique de toutes sortes de nos déchets dans les pays du Sud (en l'occurrence en Afrique, de l’Est et de l’Ouest). On y constate, sous deux formes, les réalités cachées de la scandaleuse politique du Nord pour tout ce qui touche au prétendu recyclage de ses déchets industriels ou technologiques, mais surtout on y voit la claire indifférence des courants écologiques patentés à ces funestes activités, la prolifération de ces déchets de toute nature et par là de dangerosités diverses, étant naturellement engendrée par le productivisme et le consumérisme frénétiques qui caractérisent nos sociétés « développées ».

Je n'ai pas vu le premier de ces deux documentaires qui portait sur la Somalie mais l’une de mes amis qui l'a vu m’en a parlé en détail et j’ai toute confiance dans son témoignage ; je n’ai donc pas pris la peine d'aller voir le film sur internet, d’autant qu’il s’agit d’un documentaire de P. Forestier qui ne doit pas beaucoup différer du livre de ce même auteur Pirateries et commandos , paru en 2010. Il y retraçait son enquête au « Puntland » somalien, mais tout était plutôt centré, comme le titre le souligne, sur les aspects pittoresques de la lutte contre les pirates somaliens dans l’océan Indien. Cet aspect est à mes yeux secondaire car ce qui m’intéresse en cette affaire est moins la lutte armée des commandos contre ces pirates que les raisons qui ont conduit des pêcheurs somaliens à abandonner leur activité traditionnelle pour se livrer à la piraterie.

Le sujet avait déjà été abordé, de façon plus proche de mon point de vue, par P. Moreira qui avait déjà évoqué, dans « 90 minutes » je crois, à propos de la Somalie, les trafics d’armes et les dépôts, illicites et clandestins, de déchets toxiques sur sddees côtes. Il avait été rappelé qu’une journaliste italienne, Ilaria Alpi, qui enquêtait sur ces affaires dans ce pays y avait été assassinée. Moreira avait montré comment échouent sur les plages somaliennes des fûts de provenance inconnue contenant des produits gravement toxiques dont les industries du Nord veulent se défaire à bon compte. A l’hôpital de Mogadiscio, on accueille des enfants atteints de maladies ou de malformations dues à une exposition prolongée de leurs mères à ces substances ou à la consommation d’aliments contaminés par elles. Pour les Somaliens, les véritables pirates sont ceux se débarrassent de ces déchets chimiques sans le moindre souci des conséquences pour la population. Les dégazages sauvages de pétroliers paraissent bien innocents à côté de ce genre de largages criminels.

La Somalie est toute désignée, vu son état politique et économique, pour servir de décharge aux déchets industriels du Nord et en particulier à des déchets hautement toxiques dont les fûts métalliques sont largués au large sans grand risque et que vents et courants portent à la côte. La pollution des eaux a donc peu à peu conduit à la ruine des activités de pêche traditionnelle, les poissons étant devenus inconsommables. C'est ce qui a conduit, au départ, les pêcheurs somaliens, privés qu'ils étaient de leurs ressources, à se tourner vers la piraterie dans les conditions et avec les conséquences que chacun sait et qu'il est inutile de décrire ici.

Le second de ces documentaires, diffusé sur TF1 dimanche 30 mai à 19:30 (dans le cadre de l'émission « Sept à huit » d’Harry Roselmack) portait sur le Ghana. On y présentait, dans des conditions et avec des résultats un peu différents, le même phénomène de décharge illicite de déchets venus du Nord. La principale différence est qu’il ne s’agit nullement dans ce cas d’opérations clandestines. En effet y arrivent, par porte-containers entiers, des appareils de toutes sortes (en particulier, semble-t-il, dans le domaine de l'informatique) qui sont censés être en état de marche et sont donc exportés comme tels alors qu’en fait, ces appareils sont hors d’usage et destinés à la destruction. On a observé des pratiques un peu du même ordre en Côte d'Ivoire, mettant en cause, après enquête une société italienne, mais, comme en Somalie, ces déchets, des résidus chimiques toxiques, avaient provoqué des dizaines de morts dans les populations ivoiriennes voisines. L'affaire avait fait scandale et la destination ivoirienne avait donc dû être abandonnée par ceux qui se livraient à ces sinistres trafics.

Le Ghana a donc été choisi comme poubelle informatique ; on y voit désormais, dans la zone portuaire, des kilomètres carrés couverts de débris d’appareils de toutes sortes, dans lesquels de malheureux Ghanéens, souvent des enfants, s'efforcent de récupérer des débris métalliques (du cuivre en particulier), pour survivre en gagnant ainsi un ou deux euros par jour. Comme ces métaux sont souvent sous plastique (autre calamité !), on doit les brûler pour mettre à nu le métal (dans les conditions et avec les fumées que vous imaginez facilement) pour les revendre à des intermédiaires nigérians, sans qu'on sache exactement quels chemins prennent ensuite les métaux ainsi récupérés. Comme les choses se passent en Afrique, c'est probablement en direction de la Chine ou de Taïwan que les métaux repartent, même si les intermédiaires se refusent à donner la destination finale de ces produits. Naturellement les montagnes de déchets qui restent sont, pour la plupart, précipitées dans les cours d’eau ou dans la mer, la première des deux voies aboutissant inévitablement à la seconde.

On ne peut pas dire que le problème ne soit pas posé puisqu’il a fait l’objet non seulement de multiples réunions, mais qu’elles ont conduit à un solennel accord mondial. Créée en 1989 à grand bruit, sous l’autorité des Nations unies, la Convention de Bâle est chargée de contrôler et de réglementer la production ainsi que tous les mouvements transfrontaliers des déchets. Toutefois, une trentaine de pays (dont les Etats-Unis naturellement) ont refusé de ratifier la convention et, de ce fait, ne transmettent pas de statistiques. Parmi les Etats signataires, 110 (sur 165 – soit environ 70 % des pays membres –) ne communiquent pas ces données, y compris la vertueuse Norvège dont la politique environnementale se veut pourtant très affirmée. Les données ainsi recueillies, pour lacunaires qu’elles soient, permettent de constater que le volume de déchets traités a quadruplé en cinq ans, étant entendu que ne sont pas pris en compte les déchets des trois-quarts des Etats du monde, sans même parler de toutes les exportations illicites et clandestines du type de celles qui ont été évoquées ci-dessus.

Naturellement on peut s'étonner que l'accord international qui a été signé sur les déchets soit si peu appliqué par les Etats qui pourtant l’ont signé. Les déchets ainsi abandonnés n’ont bien entendu guère d’indices de traçabilité sans enquêtes approfondies, mais il semble, par exemple, qu’au Ghana, une partie des déchets vienne des États-Unis. La chose d'ailleurs sans grande importance puisqu'il est clair que même les pays qui l’ont signé se gardent de l'appliquer. En revanche, comme vous le savez sans doute si vous avez fait quelques acquisitions dans ce domaine, on ne manque pas de nous faire payer, pour chaque achat, une sorte de taxe qui est en principe destinée à couvrir les frais de recyclage de ces déchets mais dont l'utilisation est naturellement tout autre que celle qu'on invoque pour nous la faire payer. Il est vrai que les profits sont immenses puisque, dit-on, acheminer, de façon illicite, une tonne de déchets clandestins en Afrique ne revient qu’à 2,50 $ !

Les scandales successifs, en Somalie d'abord, en Côte d'Ivoire ensuite, au Ghana maintenant ne conduisent en fait qu'à changer de pays et de destination ; le procédé reste toujours le même, le Sud servant de poubelle au Nord. Il en est de même en Asie et on prétend que certaines îles y sont devenues des dépôts d'ordures et ne servent plus qu’à cette fin mais cette zone étant fort riche en îles, il n'est pas difficile d'en trouver sans cesse de nouvelles pour en faire des dépotoirs.

jeudi 26 mai 2011

Technique, mercantilisme, et écologie

Divers événements récents de la vie quotidienne m’ont conduit à prendre conscience de ce problème qui, je l'avoue, ne m’avait pas frappé jusqu'à présent, en dépit du grand nombre d'occasions où j'aurais pu faire ce type d’observations et de réflexion.

Nous savons tous que des appareils, dont nous usons quotidiennement (des machines à laver et des réfrigérateurs aux téléviseurs) qui, dans un passé récent, avaient toujours une durée de vie de quelques décennies, ont désormais une durée d’utilisation de cinq ans au mieux. On sait même que leurs fabricants font subir à leurs produits des tests de durabilité pour en limiter la durée d’usage. On fait ainsi en sorte que les portes des réfrigérateurs tombent au terme de ce délai, après 1283 fermetures et que les téléviseurs, comme les présidents de la république ne dépassent pas le quinquennat, mais, pour eux, sans possibilité de second mandat. Tout cela est bien connu ; c’est même là l’une des causes majeures de la gigantesque prolifération des déchets industriels dont on sait plus que faire et qui nous embarrasseront beaucoup quand les Indiens ou les Africains se seront lassés de nous permettre de nous en débarrasser chez eux et qu’ils en produiront eux-mêmes encore plus que nous.

La cause immédiate (comme disent les historiens) de ce blog tient à ce que j'ai récemment changé mon ordinateur qui, au terme de son quinquennat réglementaire, commençait à donner les signes de fatigue programmés par son constructeur.

Ma première sottise a été de vouloir « acheter français » (Buy French !).
Cet accès stupide de nationalisme commercial m'a conduit à commander par téléphone à Montpellier un Dell « haut de gamme » (2 giga de mémoire vive pour mon Dragon!) en croyant que cette marque dite française produisait en France, pour partie au moins, ses matériels. Je passe sur les détails de ma commande téléphonique, dont je me demande, après coup, si elle n'a pas été traitée par une plate-forme d'achat de Tunis ou de Marrakech ; je glisse aussi sur les divers inconvénients qui ont accompagné ou suivi cet achat.

Au reçu du matériel commandé, je me suis aperçu (mais j'aurais pu m’en douter) que tout avait été fabriqué en Chine, y compris les cartons d'emballage dudit matériel !
Je passe sur quelques améliorations de détail qu’on m’avait proposées et auxquelles, comme un imbécile que je suis, je me suis laissé prendre, du genre, par exemple, de la souris et du clavier sans fil. Je n'y avais pas songé mais mon vendeur maghrébin s'est bien entendu gardé de m’avertir, ce qui était l'évidence, que les dits objets fonctionnaient naturellement avec des piles jetables, ce qui offre l’avantage d’un motif supplémentaire de pannes et d'inconvénients.

Le pire de tout est toutefois le clavier. On en a sans doute confié l'élaboration à l’un de ces « designers » qui règnent désormais en maîtres sur tous nos produits ; il avait exercé là tous ses talents. Maudit clavier ! Il en a, à la fois, réduit la taille (la partie clavier est diminuée de 20%, ce qui fait que je tape toujours sur la touche voisine de celle que je crois solliciter) et surtout il a eu l'ingénieuse idée, sans doute pour l’esthétique, de mettre des touches noires sur lesquelles les lettres sont marquées en gris et cela dans un format qui est à peu près la moitié de celui des lettres de mon précédent clavier. Tout cela est fort élégant mais quasi inutilisable . Autant dire qu'on ne voit à peu près rien, mais, après tout, ce n'est pas très grave puisqu'on appuie à tout coup sur des touches qui ne sont pas celles que l'on voulait utiliser.

Je ne vous parle pas du nouveau logiciel qui mériterait des pages et des pages de commentaires ! Je suis passé de Windows XP à Windows 10 et tout a été changé (même mon Outlook devenu inutilisable comme, du même coup, mon carnet d’adresse et mes dossiers), dans des perspectives et avec des intentions qui demeurent mystérieuses pour l'infortuné utilisateur de base que je suis.

Je vais sans doute choquer quelques-uns de mes lecteurs en citant une de mes comparaisons favorites qui est la suivante : «Con comme un ingénieur !». Je pense qu'elle s'applique dans bon nombre de cas ; pas tous sans doute et j’ai quelques bons amis ingénieurs qui n'entrent pas du tout dans ce paradigme. Il me semble toutefois que certains ingénieurs en informatique, pour le coup, illustrent parfaitement la formule. Après tout, on ne se refait pas et le fait de ne pas savoir expliquer les choses n'est pas forcément un défaut majeur, sauf quand votre tâche est précisément de le faire. Je ne vais pas réitérer ici le coup de la sémiotique industrielle que j'ai déjà fait dans un ancien blog. L'incapacité de la plupart des techniciens à expliquer le fonctionnement des produits qu'ils ont pourtant eux-mêmes conçus et mis au point est assez remarquable. Ils sont comme ces vieux paysans qui, pour vous expliquer un chemin qu’ils prennent eux-mêmes, tous les jours, depuis soixante ans, font précéder leurs explications, aussi confuses que contradictoires, par un péremptoire « Vous pouvez pas vous tromper ! ».

En la circonstance, je crois, toutefois, que l'incapacité congénitale des techniciens à expliquer le mode d’usage de ce qu'ils ont produit, est moins important et décisif que le mercantilisme forcené et la cupidité sans limites des industriels qui les emploient. En effet, il est évident que l'acharnement à produire sans cesse de nouveaux outils ou à modifier le fonctionnement de ceux qui demeurent sur le marché ne tient nullement à la recherche d'une plus grande efficacité, mais tout simplement à la volonté de forcer à acheter de nouveaux produits des clients qui, pour la plupart, sont parfaitement satisfaits des anciens modèles dont ils usent.

Cette stratégie est si générale et si constante qu'il est inutile d'y insister. En revanche, je comprends mal (ou trop bien) que les écologistes, qui se livrent à des combats vains contre l'industrie nucléaire ou la prolifération automobile, ne songent pas un instant à combattre ce mercantilisme forcené qui produit sans cesse, sans le moindre intérêt réel, des appareils nouveaux qui deviennent aussitôt obsolètes, dont ne sait ensuite que faire et qui polluent le monde, de façon plus intense et plus générale encore, que les déchets nucléaires ou le CO2.

Le plus bel exemple, mais j'en ai déjà traité ici me semble-t-il, est celui de l’invention du siècle, les nouvelles ampoules électriques (six ou huit fois plus chères) pour lesquelles on organise une publicité parfaitement mensongère puisque, ni sur le plan de la production de lumière ni sur celui de la durée de vie, leurs caractéristiques réelles ne sont celles qu'on nous promet. Le pire de tout – et chacun le sait, même si nul ne le dit – est que ces ampoules sont une menace environnementale majeures car elles contiennent des produits (dont le mercure) dont tout le monde connaît la nocivité, mais dont nul ne sait comment se défaire. Bien sûr, il nous reste l'Asie et l'Afrique, mais il n'est pas sûr que leurs populations veuillent continuer à être les poubelles de notre monde occidental.

jeudi 14 avril 2011

La fin des vacances de Monsieur Hulot ou le « visiteur du mercredi »

Explication de titre, sinon de texte

On ne le dit guère, faute de le savoir sans doute, mais Jacques Tati aurait créé son fameux personnage de « Monsieur Hulot » (« Les vacances de Monsieur Hulot », 1953) à partir du modèle que lui avait offert le grand-père paternel de notre Nicolas Hulot, architecte de son état, qui habitait le même immeuble que le cinéaste.

Nicolas Hulot, quant à lui, a-t-il choisi le mercredi (13 avril 2011) pour faire son entrée sur la scène de l’élection présidentielle de 2012, en souvenir de ses débuts à la télévision, en 1980, dans une émission pour enfants qui s’intitulait « Les visiteurs du mercredi » ?

Cela valait sans doute mieux, de toute façon, que de s’inspirer du titre de sa deuxième intervention dans les médias car, à France-Inter, la chronique sur la moto qui avait fait suite à sa première expérience, avait pour titre « La poignée dans le coin » !

Son premier succès à la télé, plus tardif (en 1987), fut sur TF1, « Ushuaïa, le magazine de l’extrême », titre qui n’était pas prémonitoire puisqu’il se cantonna plutôt, dans la suite, au centre.

Belle opération en tout cas pour TF1 et pour Hulot, en dépit du coût très élevé d’« Ushuaïa Nature » (un million d’euros en moyenne par émission), puisque les seuls revenus de la marque Ushuaïa, vendu de tous côtés (de l’Oréal à Atol) pour des produits dérivés de toutes sortes (des gels-douches au jeu de société en passant par les lunettes de soleil, les draps de bain et les sacs à dos ) s’élèvent, dit-on, très au delà des coûts de réalisation de l’émission. Disons-le tout net car c’est tout à son honneur, Nicolas Hulot n’est pas impliqué dans ce bizness ; toutefois, il assume et, en s’efforçant de garder sa liberté, il donne, le cas échéant et de temps en temps, son avis. Il est vrai que 33.000 euros mensuels l’aident un peu à se faire une raison !

Comme l’un des futurs rivaux (suivez mon regard), Monsieur Hulot « n’aime pas les riches ». L’aisance matérielle n’empêche pas d’avoir une « sensiblité sociale », désormais quasi épidémique, comme le montre la floraison actuelle des mesures soudain proposées de toutes parts, en faveur de la garantie de primes annuelles et de minima sociaux. On se croirait dans une salle des ventes au moment des enchères : « 850 euros » de Monsieur à ma droite ; « 1000 euros sur ma gauche » ! Qui dit mieux ! Le Monsieur au fond ?

Le cap choisi par Monsieur Hulot est clair : « Je n’ai pas d’autre ambition que de contribuer à ouvrir la voie d’une société nouvelle, écologique et sociale ». « Vaste programme » comme disait l’autre ! Il est vrai que dans son cas, comme dans tous les autres, par miracle, la perspective de l’élection dessillent soudain les yeux : « En France aussi les conditions de vie se dégradent. Les difficultés s'accumulent. La précarité devient un sentiment prégnant. C'est, pour beaucoup de nos compatriotes, la peur quotidienne du chômage, du déclassement, de l'exclusion, c'est l'angoisse des factures et des fins de mois difficiles, le piège de l'endettement, le stress de la compétition, le mal être récurrent, la perte des repères, la dissolution du lien collectif et des solidarités. » Ce n’est pas du Mélanchon mais du pur Hulot !

L’émotion n’empêche pas toutefois la lucité et la détemination, bien au contraire : « Des moyens existent pour faire décroître l’empreinte écologique, protéger la santé, soustraire les biens communs à la spéculation, remettre la finance à sa place, tisser les solidarités ici et avec les pays du Sud, fortifier la démocratie. ». Que n’y a –t-on pas songé avant ? Au fond pourquoi ne pas construire les villes à la campagne ?

« Aux peurs et aux pulsions identitaires qui désagrègent les liens du vivre ensemble, il faut opposer un projet de société constructif et partagé ». Et de conclure : « J’ai donc décidé d’être candidat à l’élection présidentielle et de mettre au service du changement le capital de confiance que j’ai pu accumuler auprès des Françaises et des Français. ».

Une seule chose est sûre en tout cas : les adversaires ne lui manqueront pas, au moins dans la mouvance écologique qui est censée être la sienne. Eva Joly, dès ce matin, s’est employée à le dézinguer sur RMC, en particulier à propos de son silence sur le nucléaire dans sa déclaration de candidature. Pour les autres partis, ce sera sans doute moins net, la Gauche comme la Droite espérant récupérer au second tour ses éventuels électeurs, si toutefois il va jusqu’au bout de son projet.

Vous allez vite regretter vos belles vacances Monsieur Hulot !