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mercredi 4 juin 2014

Sissi imperator ou le printemps des dictateurs


Ils sont forts ces dictateurs et en plus ils sont organisés ! De l'Occident à l’Orient, ils n'en ratent pas une.

À l'Ouest, nous n'avons hélas perdu les derniers représentants de cette espèce qui tinrent longtemps la péninsule Ibérique et même le roitelet fabriqué par Franco branle dans le manche. Il tente de refiler en douce sa couronne à son fiston Felipe qui pourrait monter sur le trône (s’il existe encore), sous le nom de Philippe VI. Ça ne vous rappelle pas des choses ? Le grand Philippe V, devenu, en 1700, roi de toutes les Espagnes ( et autres lieux dont la Corse) était l'un des petits-fils de Louis XIV, Philippe de France, duc d'Anjou, deuxième fils du Grand Dauphin, et frère des ducs de Bourgogne et de Berry.

Notre François, de plus en plus en panne de sondages, ne pourrait-il revendiquer le trône d’Espagne devenu vacant par l’abdication de Juan-Carlos ? Un roi socialiste ne serait-il pas un heureux compromis entre la monarchie et la république qui entrent en lice ?

Nos gouvernants sont certes bien loin d'être des dictateurs ; ils changent leurs plans (ou, en la circonstance, leur carte) au moindre froncement de sourcils de quelques élus ou amis, même quand ils s’essayent à des activités plus modestes. Tout au plus, ont-ils profité d' un week-end printanier pour changer la carte de France, en s'imaginant naïvement que les choses allaient en rester en là et que la France, qui allait autrefois « de Dunkerque à Tamanrasset » pouvait aller désormais, sans problème, des Ardennes à la mer du Nord grâce à la région picardo-ardennaise. La boite de Pandore régionaliste est désormais ouverte, mais peut-être était-ce là le vrai but de l’opération ? Pour une fois, en tout cas, mon titre est parfaitement clair et intelligible à la première lecture.

« Sissi imperator »…

Un tel titre aurait pu faire se retourner dans sa tombe Romy Schneider, immortelle « Sissi impératrice », si elle pouvait suivre les événements d’Egypte et voir la tronche sinistre du général Abdel Fatah Al Sissi, plus familièrement dit Sissi, par lequel les Egyptiens ont remplacé Moubarak, dont il est, en pire, le clone !

On ne peut en effet être que stupéfait quand, en se remémorant les événements survenus lors des printemps arabes et l'émotion comme la joie et l’espoir qui les avaient accompagnés. On ne plus guère regarder que du côté de  la Tunisie pour en retrouver quelques vagues traces et encore à condition de ne pas être trop attentif.

Le subclaquant Bouteflika tire ou se fait tirer ses ultimes ficelles ; en l'évoquant ainsi, je pense à la dernière apparition de Mao Tsé Toung dont les gestes, aussi minuscules que saccadés, donnaient à penser que le Chinois qui était derrière lui était chargé de la manipulation de la marionnette qu’il accompagnait. Notons néanmoins que Mao Tsé Toung tenait encore à peu près debout (mais avec les Chinois…peut-être était ce l’effet d’une subtile et invisible machinerie), alors que le président Bouteflika a dû venir en fauteuil roulant participer à son élection triomphale. Ne parlons pas de la Libye où la situation est telle qu'on ne peut même pas faire mine d’y élire une marionnette galonnée.

La seule compétition entre ces dictateurs est celle des pourcentages électoraux et pour le moment, nul n’a fait mieux que Sissi avec ses 96,9 % de votes positifs. Dans l'entourage de Bachar, on doit être en train déjà de réfléchir à la question, le problème majeur étant moins celui du pourcentage, manipulable à l’infini, hélas dans la limite des 100%, que celui de la participation puisqu'il est un peu difficile de placer la barre trop haut dans la mesure où cette élection-bidon ne concerne que la moitié de la Syrie !

Je ne sais pas si l'on a noté dans notre presse, toujours si vigilante, que ces élections dictatoriales (Ukraine, Egypte, Syrie, etc.) ont été discrètement placées pour la célébration du 10e anniversaire du massacre de la place Tian’anmen à Pékin. Voilà qui annonce des lendemains qui chantent.

mardi 3 juin 2014

De la Catalogne à la Bretagne : le Monopoly régional

On ne peut qu'être frappé de la coïncidence entre l'abdication du Roi d'Espagne, qui amène à poser la question du choix éventuel entre la république et la monarchie et fait resurgir la question du fédéralisme, traditionnel en Espagne, et que ranime, périodiquement, la politique de l’UE qui voit, assez sottement dans le régionalisme un affaiblissement des Etats-nations et le débat (si on peut appeler cela un débat) sur le nouveau découpage de la France en régions qu’on précipite soudain, sans réflexion, pour faire oublier un peu les déculottées électorales successives du PS.
Il faut pourtant toujours, dans les cas difficiles, faire appel à des spécialistes compétents mais plus encore objectifs, ce qui n’est en rien le cas, loin de là !

Quand la Grèce, lors de son entrée dans la Communauté européenne, a eu besoin de truquer ses comptes publics pour donner à croire qu’elle était dans les clous européens, elle n’a pas chargé de cette opération des popes et des armateurs, même s’ils devaient être, dans la suite, les principaux bénéficiaires de ce changement. Elle a demandé, moyennant finance (coût : 600 millions d’euros !), à Goldman-Sachs de s'occuper de cette affaire. Les banquiers américains l’ont fait à la grande satisfaction des dirigeants de l’Europe (en particulier de ce cher Jacques Delors) qui, de toute façon, ne demandaient qu'à être trompés, dans des vues purement politiciennes, tout en étant parfaitement informés de la situation et de l’état réels de la Grèce.

Au moment d'élaborer soudain, en 48 heures, une carte des futures régions dont on ne sait même pas le nombre prévu réellement (11, 14, va savoir ?), la chose s’est discutée pour l’essentiel, semble-t-il, entre le Président de la République, le Premier Ministre, l'antépénultième des « ex » du premier, Madame Royal (Julie n’a pas été consultée, le scooter étant à la révision !) et quelques éléphants solfériniens et présidents de conseils régionaux ou généraux en sursis.

Tous ces gens-là sont naturellement bien placés pour prendre de telles décisions, à cela près qu’ils entendent surtout servir leurs propres intérêts et réaliser, au choix du lecteur, leurs perspectives ou leurs fantasmes, comme celles et ceux de leurs amis ou protégés! On aurait dû bien plutôt mettre en place une commission internationale d'experts, assurément pas du style des nôtres. En effet, tous sont du style des militaires ou des fonctionnaires en retraite qui font des piges en passant d'une station de radio à une chaîne de télé pour parler de tout et n'importe quoi. Tous, pour se faire quatre sous , ont ouvert des sociétés d'expertise bidon dans leur garage de banlieue, aussitôt  leur retraite acquise, encore que, vous le savez sans doute, nos généraux n'ont pas de retraite et continuent à percevoir leur solde entière de la fin de leurs jours, aucun ,hélas, n’étant mort à la guerre depuis des siècles.

Pour cette affaire, il aurait fallu choisir de préférence des Brésiliens ou des Russes pour que les propositions émanent de gens aussi éloignés que possible des pressions nationales qui se manifestent dans tous les sens, même si elles ne se fondaient que sur une connaissance, pourquoi pas uniquement livresque, de la situation de notre beau pays où, faut-il le rappeler, il y eut autrefois des provinces avant les régions. Sans avoir de près étudié la question ni même y avoir réfléchi, quand je vois qu'on envisage de réunir la Picardie et la Champagne ou l'Auvergne et Rhône-Alpes, je ne peux m'empêcher de me tapoter le menton.

Même sans le moindre examen, des faits exemplaires me sautent aux yeux.

Par exemple, le problème de la Bretagne. Dans le projet, cette région est réduite à la portion congrue ; on a pris soin de la séparer de toute sa partie orientale et continentale, en envisageant peut-être, sans le dire pour le moment, la construction d'un mur qui l’isolerait totalement. Cela réglerait le problème de l'écotaxe et permettrait aux Bretons de régler entre eux leurs problèmes, en particulier linguistiques que je me permets d'évoquer au souvenir des discussions infinies que j'ai entendues à propos du breton (je devrais dire des bretons car il y en a au moins trois) à l’époque où je siégeais (comme membre nommé je précise !) au Conseil national des universités (CNU) dans la section des langues régionales ! Je crois aussi me souvenir, suite à mes rares visites à Nantes, charmante ville au demeurant, que c'est là que se trouve pourtant le château des Ducs de Bretagne !

La prise en compte de ce choix amène d'ailleurs à considérer l’une des questions les plus débattues qui est celle de savoir ce qu'on fait des Pays de Loire dont on ne sait pas trop si on cherche à les annexer ou à s’en défaire ! L'hypothèse de les rapprocher de la Bretagne est écartée, semble-t-il, sous l'influence décisive de Ségolène Royal, alors que la plupart des grosses nuques socialistes seraient d'avis de les unir logiquement  avec la Bretagne ce que conteste, contre toute attente, le bretonnant Jean-Yves Le Driant. Ségolène, qui lorgne sur les Pays de la Loire pour son cher Poitou-Charentes, est du même avis, mais pour des raisons totalement différentes et veut donc au premier chef éviter que cette région ne rejoigne la Bretagne. On voit déjà sur quelles bases et pour quelles causes  s'opèrent de tels choix dans ce grotesque Monopoly régionaliste, dont les bénéfices (le but est en principe de faire des économies !) n’ont même pas été sérieusement évalués ( à la louche entre deux et vingt deux milliards !)
En réalité, la véritable leçon qu'il faut tirer est que, comme la plupart du temps,  personne ne veut réellement de cette réforme. Pas un seul politique qui prenne en compte, dans les propositions qu'il avance ou dans les décisions qu'il suggère, autre chose qu’un intérêt personnel et des perspectives qui sont propres à lui-même et/ou à sa mouvance.

C'est d'ailleurs là toute la différence entre la France et l’Espagne où existe un véritable régionalisme qui peut prendre des aspects extrêmes comme en Catalogne et au Pays Basque, mais qui s'accompagne de formes diverses de vraies régionalisations y compris sur le plan fiscal et économique. La chose est  démontrée par le fait que toutes les fois que le gouvernement central a besoin de l'appui des régions pour prendre des décisions, constitutionnelles par exemple, il est obligé de négocier leur accord par l'octroi de quelques avantages particuliers. Le jacobinisme français, fondamental et radical, pas forcément mauvais d’ailleurs s’il était mis en pratique de façon intelligente par exemple hors du principe absurde de la folle « compétence générale », avait déjà triomphé  de la prétendue décentralisation des années 1982-1983. Nul doute qu'il en sera de même cette fois puisque qu’alors que le vrai problème n’est en rien le nombre des régions, on n’a même pas réussi à savoir combien de nouvelles super régions seront substituées aux vingt-deux actuelles pas plus, de ce fait même, que la nature et donc le montant des économies qu’on voudrait faire !

lundi 2 juin 2014

Réalité « augmentée » et la réalité arrangée.


N'allez pas confondre la réalité « augmentée » qui nécessite un matériel pesant (des lunettes et autres appareils) avec la réalité arrangée qui n'est qu'une affaire de discours et d'imagination. Un court exemple, des plus récents, valant mieux qu'un long discours, j’illustrerai cette différence par l'affaire de l'arrestation de Mehdi Nemmouche, le meurtrier « présumé » du musée juif de Bruxelles.

Une petite remarque sur les guillemets dont j’ai pourvu le terme « présumé », d'usage obligatoire tant que le présumé coupable n'a pas été jugé et condamné ; ils me paraissent ici un peu superflus, puisque non seulement on a retrouvé dans ses bagages ou sur lui  les armes du crime, mais qu'il avait pris soin de prendre des photos,  faute d'avoir pu filmer la scène elle-même et qu'il y a même ajouté semble-t-il des documents revendiquant cette attentat.

Mais revenons à notre réalité augmentée ou arrangée ?

Dimanche notre Président de la République, en voyage en Normandie, a fait, sur le terrain, une déclaration fracassante pour annoncer  "l'arrestation du tireur présumé" et surtout souligner qu'il avait été interpellé et arrêté  "dès qu'il a mis le premier pied en France".  

Mehdi Nemmouche a été arrêté à la gare Saint-Charles à Marseille, dans la mesure où les véhicules venant de Hollande (Pardon – pas de mauvais jeux de mots -  … des Pays-Bas puisqu'il s'agissait d'une liaison Rotterdam-Marseille), sont  systématiquement fouillés et contrôlés, en raison de l'important trafic de cannabis et plus généralement de drogue avec les Pays-Bas.

La déclaration très rapide du Président sur cette affaire visait bien entendu à souligner la vigilance et l’efficacité de nos services de police et de lutte antiterroriste ; elle donnait à penser que nos services étaient déjà sur la piste de l'assassin et qu'ils s'étaient postés, au terme d’une filature de l'autocar Bruxelles-Marseille pour cueillir le suspect à sa descente du véhicule. Il n’y donc pas là une petite erreur de détail comme le lapsus présidentiel de sa conférence de presse précédente, au lendemain des élections (usage de l'adjectif « européen » en lieu et place de son contraire « antieuropéen » sur lequel notre presse, sans doute distraite, ne s'est pas attardée !). Il s'agissait, en la circonstance, de faire flèche de tout bois et d'essayer de remonter, si peu que ce soit, la pente des sondages, en démontrant fût-ce à tort, l'efficacité d'un service.

Depuis, sans que l'on revienne beaucoup sur la déclaration liminaire de notre président, la presse a donné le détail de l'affaire pour souligner le caractère, en réalité  purement fortuit, de l'arrestation de Mohamed Nemmouche. Je n'avais moi-même nullement l'intention de revenir sur ce détail, mais comme toujours l'occasion a fait le larron ; le déclencheur a été deux  déclarations que j'ai entendues ce matin même sur une de nos « radios bignoles », faites l’une par le ministre de l’intérieur, l’autre par un voyageur du car, témoin oculaire du voyage et de l'arrestation qu'il a narrés dans le détail.
Monsieur Cazeneuve, notre ministre de l'intérieur, a repris dans leur détail les termes de F. Hollande, déclarant que l'assassin, pardon le « présumé » assassin, avait été arrêté "dès qu'il a mis le premier pied en France". À moins que les limites de la France aient été brutalement transportées jusqu'à Marseille, le « présumé » coupable a été arrêté une bonne douzaine d'heures après son entrée sur le territoire français, puisque le témoin du voyage et de l'arrestation a précisé ce matin que la durée du voyage avait été d'une quinzaine d'heures (ce qui n'a rien d'étonnant pour le trajet Bruxelles-Marseille en car). Il a surtout confirmé que le témoin avait été arrêté tout à fait par hasard, puisqu'en fait c'est le sac qu'il avait avec lui et dont il ne s'était pas séparé durant tout le voyage (y compris pendant les arrêts et les descentes du bus indispensables) qui a attiré l'attention des policiers dans la mesure ce sac de sport contenait … une kalashnikov. C’est ce menu détail  qui a attiré l'attention sur un voyageur dont la police ne se préoccupait en aucune façon. Les policiers ayant demandé à qui était ce sac ; M. Nemmouche s’est signalé et comme il portait aussi sur lui un revolver, il a été alors arrêté. Auparavant, il n'était donc lui-même, en aucune façon, victime de surveillance ni très clairement l’objet du moindre signalement.

La réalité n'est donc aucunement « augmentée » dans cette affaire, mais elle a été très clairement « arrangée », à la fois pour confirmer la déclaration liminaire, quelque peu inexacte, de François Hollande et pour la plus grande gloire des services que dirige notre ministre de l'intérieur, qui a fait ce matin un récit de l’arrestation, hélas bien différent de celui qu’a fait le témoin oculaire de cet événement.

dimanche 18 mai 2014

Deux centième ! De Kerviel au Qatar !


Pour mon deux centième billet dans ce blog, j’espérais un sujet un peu plus brillant et intéressant ! Hélas il faut faire avec la maigreur de l’information en ce dimanche de printemps.
Bien sûr, je pourrais, une fois de plus, me moquer de nos médias qui se sont encore surpassés en cette matinée où j'ai entendu, sur France Info, à huit heures quarante cinq, une speakerine mal réveillée nous informer que la prochaine finale du Championnat de France de rugby se déroulera dimanche prochain à Cardiff. On nous a ensuite précisé que les « côtes » de je ne sais quoi (qui étaient, en fait, bien entendu, des « cotes » !) étaient en hausse (ou en baisse je ne sais plus). Bref la concentration des âneries et des fautes de français est telle dans nos médias que j'ai depuis longtemps renoncé à les relever.

La grande nouvelle du jour est que Monsieur Kerviel (dont le prénom n’est pourtant pas Léonardo), après avoir rencontré le Pape veut être reçu par le Président (qui serait prêt à le grâcier ce que refuse Leonardo Kerviel ! ). Prétendant regagner Paris à pied par Fréjus depuis Rome (nouvelle mode de revendication !) ; il s'est par prudence arrêté à la frontière de peur de se retrouver sur la paille humide (même à Fréjus!) des cachots. A-t-il enfin trouvé un avocat rusé où s'est-il enfin adjoint un spécialiste de la communication ?  Toujours est-il qu'il arrive à prendre la main sur son affaire qui s'est pourtant déjà bien arrangée puisqu'on a passé l'éponge sur les 5 milliards d'amende qui lui avait été infligés. Il s'est même trouvé un curé poitevin assez naïf pour se déclarer tout prêt à reprendre sa marche depuis Fréjus au cas où il serait incarcéré. Qui cherche donc à faire le « buzz », de Kerviel ou du curé ? Je n'en sais rien et à vrai dire cela ne me préoccupe guère.

Reste en cette période d'étiage informationnel, la réunion de Paris sur l'affaire de Boko Haram dont on ne sait même pas établir l’origine exacte de la dénomonation. Là encore les informations comme leur traitement sont, si j’ose je dire à mourir de rire comme le prouve  l'affaire des 200 écolières nigérianes. Cette nouvelle est restée près d’un mois sous le boisseau, sans que personne n'en parle. Il a fallu que Michele Obama pour relancer une popularité en  berne (suivie chez nous par V. Trierweiler pour des raisons analogues) et rallumer un peu aux USA la flamme de la lutte anti-terroriste) reprenne l’initiative d’une autre, en brandissant sa pancarte « Bring back our girls » pour que les médias américains et les nôtres, à la suite comme toujours, se saisissent de l’affaire.

En revanche, l'assassinat dans leur dortoir d'une cinquantaine de lycéens nigérians en février 2014 n'avait guère fait de bruit. Il est vrai que dans un pays, où depuis la dictature de Sani Abacha, dont le président Jonathan Goodluck est un admirateur, les assassinats collectifs et les atrocités les plus folles ont été le quotidien du Nord du Nigéria. En Afrique, Lagos est, depuis longtemps, la seule grande ville où l’on vous recommandait, lorsque vous étiez en voiture, de ne surtout pas vous arrêter quel que soit le nombre de cadavres que vous croisiez dans la rue durant votre parcours !

La dernière blague sur cette affaire est la réunion de Paris par laquelle notre président, à la demande de Goodluck paraît-il,  essaye de regagner quelques points dans les sondages sans trop se mouiller. Il est bien clair que les intentions manifestées par les chefs d'Etats africains réunis pour cette session ne seront en rien suivies d'effet. Comme dit, en créole de l’océan Indien, la sagesse populaire locale : « Paroles de noir, coup de pète ( « pet ») de chien  » (Je précise pour le CRAN que c'est là un proverbe bien connu dans cette région et nullement une affirmation dont je prendrai la responsabilité !).
Il y a eu au Nigéria, dans le nord essentiellement bien sûr où règne plus ou moins la charia, entre les massacres de Boko Haram et les représailles gouvernementales par bombardements, des dizaines de milliers sinon des centaines de milliers de victimes.

On ne doit toutefois pas oublier, dans une perspective plus large, comme je ne cesse de répéter depuis 20 ans, que l'erreur majeure a été de ne pas soutenir l'activité et l'enseignement des medersas africaines caractérisés par un Islam spécifique modéré et de laisser, peu à peu, les Emirats et le wahabisme prendre le relais de l’école islamique locale à coups de milliards pour former, dans leurs propres écoles puis dans leurs propres universités, les nouvelles élites musulmanes de l'Afrique !
Il suffit d'ailleurs de se souvenir sur ce point que le fondateur de Bolo Haram est Mohamed Yousouf qui avait été lui-même formé en Arabie Saoudite. On serait tenté de faire la même hypothèse  à propos de Boubacar Shekau, qu’on nous a montré à la télévision, si un tel individu était susceptible de recevoir où que ce soit quelque enseignement que ce soit. Il n'empêche que l'Islam réellement africain, tout différent, n’a et ne cesse cessé de reculer et que nous payons et nous continuerons à payer toutes les conséquences de notre erreur.

Pour finir sur une note plus optimiste (quoique … !) j'ai entendu ce matin que le patron qatari du PSG déclarait se foutre comme de son premier keffieh de l'amende de 60 millions que prétend lui infliger la Fédération internationale de football pour non respect des règles ; il continuera à dépenser ce qu'il veut pour acheter autant de joueurs qu'il veut au prix qu’il veut pour gagner enfin la coupe d'Europe des clubs ! Je suis très étonné qu’il n’ait pas songé à l’acheter. Ce serait tellement plus simple !

dimanche 20 avril 2014

Comme les routiers, les djihadistes sont sympas !

Comme les routiers, les djihadistes sont sympas !

Non seulement ils sont sympas, ces djihadistes, mais du fin fond de la Syrie déchirée par la guerre, ils demeurent attentifs aux moindres évolutions de la situation politique intérieure de la France et aux soucis de notre Président ! Il est vrai qu'ils savent qu'ils peuvent y compter sur la coopération immédiate et vigilante des médias français qui ne prennent feu et flammes, on le voit une fois de plus à la floraison soudaine de leurs « éditions spéciales », que lorsqu'on a enlevé ou libéré l'un ou l'autre des leurs.

La chose est d'ailleurs étonnante puisque, dans les dernières années, le meilleur moyen de promotion immédiate et forte, dans la corporation des journalistes, du plus obscur plumitif, a toujours été de se faire enlever. Non seulement, on bénéficie alors, dès son retour, d'une promotion immédiate au sein des organes de la presse écrite ou audiovisuelle,  mais on peut publier illico, sans problème, un bouquin sur sa captivité ou son enlèvement qu’on a eu tout le temps de préparer et pour lequel vous sont offerts immédiatement tous les micros et tous les écrans. Outre les promotions internes, vous êtes même en mesure de fonder des associations d’anciens otages qui vous permettent de rester dans la course et sur les plateaux comme d’être invité à Villacoublay ! À cet égard, se faire libérer à quatre en même temps est fâcheux pour la campagne de publicité des ouvrages qu'on a probablement eu le temps de rédiger déjà durant sa captivité. Bref, tout cela est bien connu mais c'est un autre problème que pose le titre de ce billet.

Ils sont tout de même sympas ces braves Syriens d'avoir pensé à libérer les quatre journalistes enlevés juste au moment où notre Président et son gouvernement se trouvent dans la plus fâcheuse situation avec la prise la main dans le sac de Monsieur Aquilino Morelle et la démission qui s'en est suivie, devant l’évidence de ses mensonges. Il ne fallait pas moins d'un événement de cette importance pour détourner l'attention du public qui commençait à s'indigner fort des mœurs gouvernementales ! Quatre « d'un coup », comme le petit tailleur du conte et, en outre, quatre journalistes, voilà qui était susceptible, plus que toute autre chose, de focaliser toute l'attention publique ; en outre, on ne peut guère imaginer, en la circonstance, que la manœuvre ait été machiavéliquement  conçue par l'ex-responsable de la communication présidentielle !

Sympas le djihadistes mais en outre prévenants, délicats et efficaces car le temps pressait ! Livraison gratuite et immédiate des quatre journalistes, pourtant enlevés indépendamment les uns des autres, et qu'on nous remet, gratis pro deo, « saucissonnés » si j'ose dire en pareil cas et avec des djihadistes, à la frontière turque, juste à temps et à portée, pour qu'ils puissent être le lendemain à Villacoublay pour la petite cérémonie qu'on n'a pas manqué d'y organiser.

Les journalistes français (ceux de France), toujours aussi mauvais en calcul que peu regardants sur les détails, nous annonçaient hier soir que tous les otages libérés étaient déjà dans l'avion, ce qui faisait un voyage d'une durée considérable depuis la Turquie pour être le lendemain matin à Paris ! Mais seuls les mauvais esprits comme moi  peuvent s'attacher à de si menues circonstances ! L'essentiel était de traîner un peu en route pour ne pas arriver dans la nuit à Paris et se débrouiller afin de tomber pile-poil pour les journaux télévisés dominicaux de treize heures. Sinon à quoi bon que ces djihadistes si sympas ils se décarcassent !

lundi 31 mars 2014

Table présidentielle : menus de remaniement

e choix du titre de ce billet se révèle bien hasardeux depuis que des micros indiscrets ont enregistré les remarques postprandiales d’une invitée. Nous avons ainsi, entendu, sur le perron de l'Élysée, Madame N. Bricq (Ministre du commerce extérieur, ce qui aggrave singulièrement son cas) déclarer que la bouffe (poularde et foie gras) était « dégueulasse ». Il est vrai que lorsqu'on se nomme Bricq, quoique née à la Rochefoucauld, on peut préférer  la cuisine maghrébine et ses « briks », à moins qu'à défaut de pavé, on ne choisisse de manier la brique de l'ours. En tout cas, cette déclaration publique, n'a pas été du goût de  tout le monde et elle a dû présenter au chef des excuses qu’il a d’ailleurs refusées ! Bref ça barde en cuisine et les prochains convives, futurs commensaux de François Hollande, feront bien de tenir leur langue. Prudence et silence seront de rigueur, quel que soit le menu, d’où l’importance de ce billet.  Je suis toutefois bien imprudent de me risquer sur le sujet, alors que nous n'en sommes qu'aux bruits, moins de couloirs que d’office, car le choix des menus comme des convives est ici capital et significatif.
La seule chose qu'on sache de source sûre est que le Président de la République a annulé le  déjeuner de lundi qu'il avait prévu avec le Premier Ministre. Il a sans doute jugé inutile de devoir «  in presentia » remplacer la bouffe que Madame Bricq jugeait « dégueulasse » par une « soupe à la grimace » d’un effet identique, mais plus pénible encore à avaler. Le Président et le Premier Ministre se sont, semble-t-il, rencontrés néanmoins et le second a assuré le premier de sa « loyauté ». On le croit volontiers car, pour se vendre à autrui, encore faut-il trouver quelqu'un qui veuillez bien vous acheter !
Il y aura sans doute moins de problèmes en cuisine ; si, ayant pris sa décision et fait son choix, le Président de la République se décide à inviter à déjeuner son futur Premier Ministre, il pourrait marquer l'événementet honorer le précédent , in memoriam,  par une préparation gastronomique dite « à la nantaise ». Il en existe de multiples variétés qui toutes se caractérisent par la coexistence du beurre et d’un vin blanc, du muscadet de préférence.
Reste bien entendu le casting de la viande ou du poisson qui subiront cette préparation « à la nantaise » ;  le plus classique est sans doute le cabillaud, mais un cuisinier facétieux pourrait imaginer de le remplacer, en la circonstance, comme cela se fait parfois, par la morue. Si Manuel est retenu par le Président, il pourrait apprêtre dans cette recette une ministre devenu oisive et, en outre, peu susceptible de convenir, sous une autre forme, au futur Premier Ministre ; ce pourrait être Madame Cécile Duflot qui présenterait en outre l'avantage certain de ne pas avoir à être dessalée !
On pourrait songer aussi (et je vous jure que la recette est authentique car je l’ai prise dans un ouvrage réputé en la matière intitulée Salines en cuisines, « le cul de lapin à la nantaise ».
Je ne me risquerais pas à choisir une victime par les multiples ministres qui feront sans doute les frais du remaniement. Quel que soit le choix, resteront sur le carreau (des Halles ?) bon nombre de celles et de ceux qui composent feu le gouvernement. Les choix seront sans doute difficiles à faire, car ils dépendent à la fois de la recette retenue et des convives invités. Toutefois, on ne risquera pas grand-chose à prévoir, pour les invités sobres, de l'eau de Vals, un cru d’eau minérale ardéchoise, qui mériterait bien cette promotion aussi opportune que discrète.
Aux dernières nouvelles, je lisais, sous une ou plusieurs plumes parisiennes, que Manuel tenait la corde, mais nul ne nous dit qui est attaché(e) au bout ! Je crains pour elles que ce soit Christiane Taubira et/ou Cécile Dufflot, même si de telles cordes passent toujours pour des porte-bonheurs !


Lendemain d'élections :

Je suis un peu étonné de constater que les Quatari et les innombrables margoulins des jeux de hasard du « Paysage Audiovisuel Français » qui nous inondent de leurs publicités, aussi racoleuses que mensongères, sur les paris et autres entreprises de brigandage audiovisuel avec la complicité cupide de nos ex-vedettes sportives, n'aient pas songé à ajouter au poker et aux matches de foot les élections. Pensez à la fin de ce billet, où je me sens un peu à court d'inspiration vu le caractère répétitif de nos élections, à me faire vous raconter la blague de Monsieur Littré sur cette distinction oubliée entre  « étonné » et « surpris » que ne fait pas, à l’instant même sur RMC, Monsieur O. Truchot, à moins que ce ne soit son alter ego dont je ne le distingue pas vu la vacuité des leurs communs propos.

Nous n’en manquons pas d’élections en France et on en aura au moins trois ou quatre cette année j'ai bien compté. On pourrait même, avec une grande mauvaise foi (mais nous n’en manquons pas non plus !), ajouter que la création de tels paris seraient un moyen efficace de lutter contre l’abstention. À la glorieuse incertitude du sport, qui est le fondement même de ce genre d'activité, s’ajouteraient, outre le civisme comme on vient de le voir, l'incertitude et l’illogisme qui sont susceptibles de procurer les plus gros profits. Qui en effet aurait risqué, à Marseille, le moindre sou sur la déculottée de Monsieur Menucci qui fanfaronnait depuis des semaines ou sur le tsunami bleu évoqué, ce matin, par Monsieur Jean-François Copé lui-même, réélu maire de Meaux au premier tour, alors qu'il est perdu de réputation et au plus bas dans tous les sondages ?

Bref il y a là une belle occasion se remplir les poches, non pas tant pour les organisateurs de ces paris, dont c’est la pratique courante, mais pour quelques heureux et rares mortels de base qui auraient prévu des résultats imprévisibles.

La chose est d'autant plus intéressante qu'on peut ne pas se limiter aux élections, mais ouvrir également aux paris leur suite et leurs conséquences souvent tout aussi imprévisibles. Ainsi le peut-on sur le choix final de François Hollande, toujours porté à différer et à hésiter, parmi les candidats au poste de Premier Ministre, si toutefois il s’y résout ! Le pauvre doit naviguer entre les diktats de Madame Duflot, les ambitions secrètes d’un Delanoë au chômage et le retour d’âge ministériel de son ex.

Belle occasion de lancer des paris, sans compter qu'on pourrait les étendre aisément à la courbe du chômage qui prend toutes les allures d'un mirage pour la ceux qui distinguent sans cesse sans la voir jamais ou au déficit public toujours hésitant entre les exigences de Bruxelles et les réalité de nos finances. Bref je fais court, car il n'y a pas grand chose de plus à dire et surtout je vous ai promis une jolie anecdote sur ce brave Monsieur Émile Littré. Elle est aujourd'hui d'autant plus nécessaire que le résultat même de ce scrutin fait, on l’a vu, dans le discours des commentateurs, l'objet d'une regrettable mais permanente confusion entre les participes passés « étonnés » et « surpris ».

Adonc Monsieur Littré, le génial auteur du dictionnaire qui continue à faire référence pour notre belle langue, était un jour au lit avec la bonne durant une absence prévue de Madame Littré. Cette dernière, revenue plus tôt que convenu, pénètre de façon inopinée dans la chambre du couple et découvre Monsieur Littré et la bonne fort occupés dans le lit conjugal. Madame Littré de s'indigner : « Monsieur, je suis surprise… ». Monsieur Littré, s'interrompant alors sans perdre pour autant sa conscience lexicographique, interrompt également le propos réprobateur de son épouse par cette remarque de bon sens et fort opportune : « Non, Madame, vous n'est pas surprise, vous êtes étonnée ! En revanche, c’est nous qui sommes surpris ! ».

samedi 22 mars 2014

L'islam russe (n° 1)


L'islam ne tient qu’une place modeste dans l’affaire de Crimée et l’on ignore que le khanat de Crimée appartint, en droit et/ou en fait, durant trois siècles à l’Empire ottoman. Il n’en est pas tout à fait de même, si l’on resitue les problèmes actuels dans l'ensemble disparate que constitue la Russie qui est plus un empire qu’un Etat.
En Crimée même, les Musulmans représentent peu de chose puisque les Tatars ne constituent que 12 % de la population totale et ne sont, de toute façon, descendants des Tatars d’origine. Cette population tatare n’est revenue en Crimée que, après la mort de Staline, longtemps après la Seconde Guerre Mondiale, dont le souvenir est loin d’être oublié ; en effet, Staline, leur faisant grief de leur complicité avec Hitler lors de l'invasion allemande, avait totalement vidé la Crimée de ses Tatars, cet exil entraînant la mort de la majorité de ses victimes. Si l’on oublie les liens de la Crimée avec l'empire ottoman (nous y reviendrons car la question est d’importance), l'islam russe pose bien des questions originales qu'il faudra bien poser et se résoudre à examiner à un moment ou à un autre.
Les problèmes sont si complexes et les données si incertaines qu'on ne peut envisager de ne leur consacrer qu’un seul de ces modestes billets ; dans celui-ci, le premier,  il me paraît logique de s'attaquer surtout aux problèmes de population et de démographie ; ils sont essentiels et sont d'autant plus difficiles à considérer que les chiffres, pourtant décisifs sont incertains et que leur variations ne sont pas, en général, sans visées idéologiques et politiques latentes.
Pour ce qui concerne l'ensemble de la population russe  (Crimée non comprise !), la CIA, comme toujours, est extrêmement précise ; elle estime pour juillet 2013 la population russe à 142.500.482 (on ne saurait être plus précis) ! Quoiqu'on l'ignore souvent, sauf pour des zones précises identifiées comme telles ( les sept Républiques musulmanes) car les Musulmans y sont plus ou moins majoritaires (en République d’Adygué toutefois, les Russes sont majoritaires), comme l'Asie Centrale et le Caucase, les Musulmans forment une portion importante de la population russe. La CIA compte 10 à 15% de Musulmans, tandis que d’autres sources, un peu plus précises, en mentionnent de 13 à 14 % soit 19 à 22 millions d’individus. D'autres sources actuelles indiquent des chiffres plus élevés, certains allant jusqu'à 25 % de la population russe totale, ce qui conduirait à y compter de 30 à 40 millions de Musulmans. Ces décomptes, fondés sur des déclarations d’appartenance religieuse sont donc peu fiables, ceux de la CIA se prononçant, à cet égard, sur moins de 60 % de la population totale dans un pays où la religion a été regardée et traitée des décennies durant comme l’opium du peuple.
Si l'on se réfère aux données des recensements, celui de 2002 indique la présence de 16,64 millions de Musulmans en Russie, soit un peu moins de 10 % de la population du pays à cette date.
Pour l’avenir, selon le Pew Research Center, un « think tank » américain, en 2030, on devrait arriver à 18,6 millions de Musulmans, soit 12% d’une population totale de 150 millions. Toutefois ces calculs reposent sur une base, elle-même incertaine, qui est évidemment le taux de croissance de cette partie de la  population.
Jusque dans les années 80, on estimait que les femmes musulmanes ayant beaucoup plus d'enfants que les orthodoxes ; la population musulmane devait donc croître dans des proportions très fortes ; on estimait, de ce fait, que, d'une certaine façon, l'avenir appartenait aux Musulmans. Il en est toutefois autrement dans les dernières décennies, en raison à la fois de l'élévation d'une partie de la communauté musulmane dans l'échelle sociale, grâce à des formations universitaires et des parcours professionnels réussis comme du fait de la dispersion géographique d'une partie de ces populations qui émigre vers les grandes villes comme Moscou et Saint-Pétersbourg et, enfin, de la tendance naturelle dans les communautés musulmanes à une forme de limitation des naissances.
En dépit de la variation du détail des données démographiques, il est clair que cette communauté musulmane ne pourra que jouer un rôle important, sinon déterminant, dans l'évolution de la Russie. Il en résulte que la situation actuelle et les évolutions qu’elle engendre comme celles qu’elle pourra susciter est particulièrement importante pour l'avenir de cet Etat. Comme l’écrit Daniel Pipes : « Ce que les Musulmans font a une importance primordiale pour l'URSS car, en collaboration avec les Russes et les Ukrainiens, ils sont l'un des trois seuls peuples qui détermineront l'avenir de ce pays. S'ils suivent leur propre chemin, un pilier majeur de la puissance soviétique s'effondrera ».
On comprend donc l'importance capitale pour l'avenir de la Russie de la crise actuelle ; si elle ne semble concerner, dans l’immédiat, que la seule Ukraine, elle risque d’avoir des répercussions très fortes, loin de là, dans les républiques musulmanes russes qui sont, comme le dit D. Pipes, le troisième pilier de la puissance de la Russie ; même si on nous parle déjà des Etats baltes (Hollande veut y envoyer des avions !), les Républiques musulmanes seront le prochain chapitre de l’histoire russe que devra écrire Poutine, qu’il le veuille ou non, et ce n’est pas celle de la Crimée ni de la Transnistrie !

La situation actuelle devrait ans doute donner des inquiétudes, voire des craintes et des insomnies à B. Obama, car s'il est évident que, dans le passé, la politique américaine, toute simple, a été de contribuer à affaiblir l'Union soviétique puis la Russie, en encourageant, plus ou moins discrètement, les mouvements d'autonomie musulmane, avec des résultats divers et variés (de la promotion d’un Ben Laden aux émissions en ouzbek de la Voix de l’Amérique).

La montée de l'islamisme et le 11 septembre ont fait que cette arme politique est clairement devenue à double (voir à triple) tranchant et que voir une partie de la Russie se changer en califat n'arrangerait sans doute pas les affaires des États-Unis et le succès de la lutte antiterroriste.

mercredi 26 février 2014

Stages en RCA

J'ai toujours pensé que tout  gouvernement devrait prendre en compte davantage, comme le faisaient les Anciens, les signes discrets que le hasard nous accorde pour orienter nos choix et nos décisions et parfois pour nous en faire prendre certaines que nous n’avions pas envisagées. 

Ainsi, les Grecs ou les Latins prenaient-ils une décision selon qu'ils avaient vu tel ou tel oiseau à droite et à gauche ou que les entrailles d’un animal sacrifié à cette fin avaient une apparence ou une autre. Plus près de nous, nos aïeux passaient une journée d’inquiétude s‘ils avait vu un chat noir le matin sur leur gauche ou, pire encore, redoutaient sept ans de malheur pour avoir cassé un miroir !
Sans aller jusque-là, on pourrait toutefois tirer un meilleur profit des signes discrets que nous adresse le hasard. Ainsi notre Assemblée nationale a-t-elle délibéré en 24 heures à la fois, sur la rémunération des stagiaires (lundi 21février) et sur le contingent français en RCA (mardi 22). Comment ne pas voir en cette curieuse conjonction un signe discret du destin ? « Quel rapport entre la RCA et la rémunération des stages ? », vous impatientez-vous déjà, suspicieux lecteur et impétueuse  lectrice ? La relation me paraît pourtant évidente !

Quelques mots d'introduction sur l’un et l’autre de ces sujets vont assurément vous éclairer et je l'espère vous convaincre!

Les stages sont devenus une spécialité française en matière d'éducation et de formation, comme les fromages et les grenouilles le sont en matière gastronomique. Le stage a de gros et multiples avantages : soulager les enseignants (les cours disparaissent parfois pendant les périodes de stage en particulier pour les étudiants dans les universités) ; fournir la matière d'un vague travail final personnel pompeusement et fallacieusement baptisé rapport de stage ; mais surtout le stage a l'immense avantage de donner à penser que, par là, les jeunes (car maintenant on est en stage à partir de la troisième) sont, par cette voie concrète, initiés à la vie professionnelle et bénéficient d'éléments de formation qu'ils pourront faire figurer dans leur curriculum vitae. Chacun sait bien que, le plus souvent, tout cela n'est que de la foutaise et que la plupart des stagiaires n’acquièrent guère une réelle expérience professionnelle que dans la photocopie et le café. Les seuls à recevoir quelque formation que ce soit sont les malheureux enseignants quand ils ont la conscience étrange de vouloir trouver des stages pour leurs élèves ou leurs étudiants qui en ont besoin, mais dont nul ne veut.

00Ce point de vue date un peu bien sûr, puisque depuis que notre assemblée nationale s'est penchée, lundi 21 février 2013, sur ce problème. Le rapporteur Chaynesse Khirouni (les Chinois sont décidément partout) est, en fait, une rapporteuse qui a découvert, non sans mérite, la vraie vérité sur les stages à l'occasion des nombreuses auditions auxquelles elle s'est livrée, même s'il n'était guère besoin d'en faire tant pour se rendre compte de ce qu’il en est.

Madame Chaynesse a rendu la gratification obligatoire pour tous les stages à partir de deux mois ; elle sera due, dès le premier jour, grâce à un amendement à la proposition de loi socialiste sur les stages. Le PS n'a pas condescendu à laisser passer le modeste amendement du Front de gauche qui voulait étendre cette généreuse initiative au premier jour de tout  stage ; il en a été de même pour l'amendement écologiste visant à d'abaisser le seuil minimal de la rémunération. Voilà qui ne va pas améliorer les relations du gouvernement avec son aile écologique qui profite odieusement de son avantage stratégique avant les élections.

 On aurait pu aisément traiter dans la foulée de la réforme des stages, en ce lundi 21 février 2013, les modifications de la durée du séjour et de l'importance du contingent français en République Centrafricaine qui sont, au fond, une espèce de stage pour nos bidasses mais dont on a traité que le mardi !

 Il est vrai que, dans ce cas des militaires, le problème des rémunérations ne se pose guère ! Les soldes sont très largement augmentées pendant ces périodes de stage baptisées "opérations", sans compter les bonifications d'ancienneté. On constate, depuis décembre 2013, que ces stages sur le terrain devraient être faits bien plutôt par les responsables de notre armée et du ministère de la défense, avant qu’ils conçoivent et décident eux mêmes des stages destinés à nos soldats dans les pays en cause, dont nos décideurs semblent tout ignorer.

On se souvient, en effet, qu'au moment de l'envoi des 400 premiers soldats français en RCA, nos plus hautes autorités gouvernementale et militaires nous avait assuré, le torse bombé, que ce stage centrafricain serait de courte durée, ne nécessiterait la présence que de faibles contingents de stagiaires et qu'au fond, il serait dans un genre différent, sur le modèle classique « photocopies café »), la seule présence de nos beaux militaires suffisant à terrifier les fauteurs de troubles, d’un bout à l’autre de la RCA, grande comme la France et sans frontières bien sûres !

Le nombre de nos stagiaires militaires a déjà pratiquement doublé ou triplé, comme la durée de leur stage qui devait être compté, au départ en mois, et semble devoir désormais être évaluée en années. Je pense que si l’on avait eu la prudence d'envoyer en stage à Bangui Messieurs Hollande, Le Driant, Fabius et quelques généraux dont l'amiral qui commandait à ce moment-là nos forces armées, ils auraient pu, à condition toutefois, de sortir du Salon VIP de l’aéroport de Bangui, de l’ambassade de France comme du Hilton et du Hyatt, prendre une connaissance un peu plus précise et étendue du terrain centrafricain.

 Dans un pays sans gouvernement réel depuis des décennies et qui accueillait sans contrôle ni autorité tous les traîneurs de kalachnikovs des Etats limitrophes, les conflits interethniques traditionnels ont pris désormais l’allure d'une insolite guerre de religions. Cette particularité est d’autant plus étrange qu’elle est en fait plus sociale que religieuse et qu’elle oppose des croyances minoritaires (les animistes ou réputés représentent 35 % de la population - en fait bien plus - et les protestants 25 %, les catholiques n'étant que 25 % et les musulmans 15 %.  (Ces données viennent du site de la CIA, dont je recommande la lecture à nos gouvernants comme à nos militaires plutôt que celle des rapports de nos postes diplomatiques). Tout cela  n'a d'ailleurs pas grand sens dans le contexte africain, car les problèmes de la RCA sont venus pour une bonne part de l'extérieur, lointain (Emirats) ou proche. À partir du moment où les conflits soudanais puis libyen et enfin malien ont rendus disponibles et oisifs des milliers de mercenaires fortement armés, il leur fallait bien de nouveaux terrains pour leurs exactions et leurs pillages !

Le Mali a tourné la tête à nos gouvernants qui ont, de plus, en ligne de mire les imminents chiffres du chômage 2013, alors que l’Ukraine commence à se régler pour leur malheur et  sans doute aussi plus encore pour le nôtre car nous allons, si j'ose dire, "casquer" ! Quant aux généraux, ils ne pensent qu’au budget de la défense au plan collectif, et aux intérêts immédiats les leur et  de l’armée  (supplément de soldes et de retraite en opération). 

A quoi bon avoir une armée si coûteuse si l’on ne s’en sert pas, scrongneugneu !

lundi 17 février 2014

République Centrafricaine : Sangaris ou « Où t’est Papa ? Où t’est ?


Décidément l'Afrique demeurera toujours mystérieuse ! Ce n'est pas l'opération « Sangaris » qui va faire changer cette vérité permanente ne serait-ce que sur le plan des sciences naturelles, de la géographie et de l’arithmétique !
Liquidons d’emblée ces trois points mineurs.
Les SVT d’abord. Le choix du nom de l’opération dite « Sangaris » n’est pas forcément des meilleurs même si on peut le préférer au choix américain de « Opération Geronimo » pour l’exécution de Ben Laden ! L’initial « sang- » du nom de ce papillon africain rouge sang (Cymothoe sangaris) risque d’évoquer les massacres, passés ou à venir, mais il est vrai que vu la nature religieuse du conflit, le vert et le violet étaient sans doute aussi à éviter ! L’armée qui pleurniche sans cesse sur les réductions de crédits devrait, comme la météo, vendre le droit de baptiser les opérations militaires comme on le fait pour les cyclones !
La géopolitique ensuite. Vous aurez remarqué qu'on ne dit plus, comme autrefois, la RCA (République Centrafricaine, le nom officiel) car personne ne saurait où c’est mais la ou le Centrafrique.  J'entendais, l'autre jour, pourtant dans « 28 minutes », l’expert, militaire et télévisuel patenté, Pierre Servant nous parler d'un « dialecte » de la RCA, le « sango » dans lequel était en mesure de s’exprimer la nouvelle Présidente ! Cet « expert » ne sait pas, de toute évidence, que le « sango » est la langue nationale et officielle de cet Etat et qu’il est parlé, comme vernaculaire ou véhiculaire par la quasi totalité de la population. On peut pas tout savoir, même si on est payé pour ça (en plus de sa retraite !) et si on n’hésite en rien à ramener sa fraise sur tous les terrains d'opérations du monde !
L’arithmétique est, en revanche mise à mal dans Sangaris, mais on ne saurait tout dire au bon peuple de France ! Le 5 décembre 2013, on annonçait le passage en Centrafrique via Douala ((peur des missiles sol-air !) de 350 à 400 hommes qui dès le 6 et le 7 décembre 2013 étaient devenus 1600 (« Nous partîmes cinq cents, mais par un prompt renfort… ») ; dans les derniers jours, en voilà encore 400 de plus ; cette intervention, que notre ministre de la défense qualifiait au départ de « brève » ( sans oser ajouter « glorieuse ») est envisagée sur un plus long terme. Il est vrai que les choses ont bien changé, puisque la marine a désormais cédé la place à la « biffe » (voire au « riz, pain, sel ») dans le commandement de notre armée, un général de l'armée de terre ayant succédé à un amiral, l'amiral Guillaud, étant sans doute peu à l'aise dans les sables du désert, même si on s'efforçait, à son propos, de filer la métaphore !
 La presse française se montre fort discrète aussi bien sur les renforts apparemment indispensables, quoique manifestement insuffisants, vu la taille du pays et la complexité de la situation que sur la durée de l'intervention que Monsieur le Driant (un Breton !), qui la prévoyait courte et brillante, on l’a vu, commence à juger longue et difficile.
 À vrai dire ce n'est pas l'aspect militaire qui m'intéresse ici, quoique je voie mal comment pourront intervenir dans ce guêpier des soldats français (même si leur nombre est désormais porté à 2000) qui, en outre, ont la sagesse de ne pas trop se montrer sauf pour la télé et se gardent d’intervenir dans des conflits qui, contre toute attente en RCA, sont devenus religieux.
Quant à la force africaine, étant donné qu'elle n'a aucun moyen de se déplacer (a-t-on songé à amener des chameaux ?) ; elle reste à Bangui où fort heureusement se trouvent aussi les bars et les bordels dans lequel elle doit s'employer à intervenir de façon quasi exclusive.
Reste le dernier point, lui comique, qui tient à l'intervention des forces européennes car si longue que soit l'opération Sangaris, elle risque de l’être moins encore que les discussions à Bruxelles sur la question de cette intervention, au demeurant des plus symboliques.
En fait ce qui m'amuse dans cette affaire est ce dont nul ne parle : la concomitance remarquable entre ce voyage si réussi de notre Président des États-Unis et l'adjonction de forces nouvelles de la part de la France dans l'opération Sangaris.
Le rusé Obama n'aurait-il pas usé de sa Michele, tous charmes dehors, fois connus et avérés  les « défauts de l'armure » de François, pour le séduire et le rouler dans la farine (ou si vous préférez procéder à la vente à la mode du moment pour "l'empapaouter") afin de le faire craquer sur l'intervention française en RCA sur laquelle notre président se voulait pourtant de la plus grande fermeté.
Le président américain, outre ses deux prénoms, Barrak et Hussein, ne se prénommerait-il pas aussi « Marius » comme chez Pagnol ? Cela le rendrait parfaitement apte à ce recevoir le conseil que donne le bon César, en recommandant à son fils Marius, occupé à des recherches océanographiques sur les profondeurs : « Et quand ce sera trop profond [ comme en RCA ], laisse donc un peu mesurer les autres » ! Après tout nos armées étant alors en RCA sous les ordres d’un amiral, la comparaison ne manque pas de pertinence. J’aurais dû intituler ce billet « Barrack-César » et « François-Marius » !

mercredi 22 janvier 2014

Les conférences de presse ne se suivent pas mais se ressemblent !


L'avantage de la polygraphie et de la production intensive de blogs est que le hasard ou la nécessité vous amènent fatalement, un jour ou l’autre, à retrouver, dans le stock de vos milliers de blogs, un texte dont la nécessité de le reprendre éclate soudain à vos yeux.

 Dans le présent cas, c'est un pur hasard qui m'a conduit, dans la préparation de mon cinquième recueil de blogs (une « cronique » placée sous le signe de Rabelais de l’ « horrifique » présidence de Nicolas Sarkozy), à retrouver un texte que j'avais écrit, six ans plus tôt, juste après la conférence de presse de Nicolas Sarkozy en janvier 2007.

 Le hasard avait prévu le moindre détail. En effet, si je n’avais pas été un peu paresseux (mais il était tard), j’aurais pu reprendre le premier texte, publié dans le blog du Nouvelobs le 20 janvier 2008, dans mon blog de Mediapart du même jour de 2014. Vous ne me direz pas que tout cela n’était pas écrit ! La chose est d’autant plus éclatante d’évidence que dans un cas comme dans l’autre, la première et seule question était celle des amours présidentielles. La complaisance ou la servilité de nos journalistes est la même  et, comme on le verra, la seule différence a tenu à la mise en scène et à la distribution des rôles mais je n’en dis pas plus et vous livre dans son état initial mon texte du 20 janvier 2008. 

« France 24 : Roselyne et Christine sont dans un bateau

Dans un précédent post, sur la conférence de presse élyséenne, je m’étais étonné de voir que nul commentateur ne semblait avoir pris en compte ni la manoeuvre qui a conduit à poser à Nicolas Sarkozy la question de son mariage, ni surtout la personnalité de la journaliste chargée de la poser. Tout cela était, bien entendu, cousu de fil blanc, ce que nul n’ose dire, du moins dans les nombreux commentaires que j’ai pu consulter.



Dans une assemblée de plusieurs centaines de journalistes, où les micros ne sont pas distribués au hasard, nul ne s’est apparemment étonné de voir une certaine Roselyne Febvre recevoir un micro dès le début de la conférence de presse.Ce n’est pourtant ni Arlette Chabot, ni Christine Ockrent, ni Christine Clerc, ni Michèle Cotta, etc.. Obscure bouche-trou de France 3, naguère encore doublure dominicale ou estivale de Marie Drucker dans Soir 3, elle est passée à France 24, ce qui n’est guère mieux. Ses loisirs, sans doute nombreux, vu ses fonctions, lui ont laissé le temps d’écrire un livre, « Le cœur des femmes », sous-titré « Les cinquante femmes du vingtième siècle ». Tous les grands éditeurs de Paris ont dû se le disputer, mais elle a choisi de le donner à Timée-Edition. Ce Timée n’est pas celui de Platon, mais un éditeur dont la collection-phare, « Les Plus Belles Histoires », se veut « divertissante et pédagogique » et offre « une invitation à découvrir d'une manière originale un domaine spécifique de la connaissance ».


 Autant dire que les commentaires de Roselyne Febvre, après la conférence de presse, ne m’ont pas convaincu. Il ne s’agissait pas seulement de « se jeter à l’eau », selon ses termes (ou à peu près), mais de se voir opportunément offrir un micro par l’un des gardes républicains chargés de les distribuer, avec autant de parcimonie que de discernement. Tout cela ne pouvait relever du hasard !

La question devait être posée par une femme, et, en la circonstance, la position de R. Febvre vis-à-vis de l’Etat ne pouvait que la rendre des plus dociles aux consignes qu’on n’a pas manqué de lui donner. Espérons pour elle que cela lui sera compté !



 Les choses étaient d’autant plus simples que rares sont, sans doute, ceux qui savent ce qu’est France 24 et plus rares encore ceux qui ont déjà regardé les émissions de cette chaîne récente qui n’émet que depuis décembre 2006. France 24 est l’avorton médiatique né des rêveries de Jacques Chirac, qui, vers 1987, s’était pris à rêver d’un CNN à la française, ce qui, ainsi formulé, vous avait une autre gueule que ce France 24, tiré d’un chapeau parmi cinq ou six noms possibles, par la main, forcement innocente d’un Patrick de Carolis, quelques années plus tard.



 L’audiovisuel international français est l’un des plus beaux spécimens de nos serpents de mer nationaux ; ce monstre effrayant habite, non le Loch Ness, mais le Quai d’Orsay et nous coûte, à la louche, 300 millions d’euros par an (mais France Télévision revient dix fois plus cher !). Si vous êtes sages, je vous raconterai un jour cette belle histoire, mais tous les petits enfants de France seront endormis bien avant que j’en atteigne la fin.



Toujours est-il que voici que France 24 se voit cité, non à cause de la question posée par Roselyne Febvre, qui a battu tout le monde sur le fil, mais de Christine Ockrent. Le Point a révélé, en effet, qu’elle aurait signe un contrat avec France 24 pour assurer une chronique hebdomadaire de six minutes en deux versions, français et anglais, moyennant une rémunération annuelle de 120.000 euros. Il y aurait en plus, en ouverture, une pub pour la « Closerie des lilas », mais elle est peut-être payée en nature, par une table ouverte..

Que nos journalistes se fassent tous des petits suppléments par des « ménages », tout le monde le sait et la plupart en font. Comme les autres, C. Ockrent en a fait (au MEDEF et ailleurs) et elle continue à en faire, à des tarifs souvent, en proportion, plus rémunérateurs encore que les piges à France 24 (Si vous saviez combien je touche pour ce misérable blog ! C’est indécent comme dirait notre Président). 



 Ces détails, un peu sordides, expliquent, pour une part, les infinies prudences des journalistes français à l’égard de toutes les formes de pouvoir et, au premier chef, du pouvoir politique. Imaginez que Laurent Joffrin, ne cédant pas aux injonctions du Président-Magicien, ait refusé publiquement de revenir lui serrer la main, son avenir d’enquêteur-historien sur la Cinq, chaîne d’Etat, (avec une émission, assez faiblarde d’ailleurs, « Détective de l’histoire », le dimanche) ne serait-il pas compromis ? Je ne connais pas le tarif, mais prudence ! Mieux vaut avaler une petite couleuvre, vite digérée et oubliée, que de se faire étouffer, pour des bêtises d’amour-propre de ce genre, par un gros boa ! 



 Pour la pigiste Christine (au fait est-ce un CDD ? ), le plus gênant, peut-être, est que France 24, qui dépend actuellement, de Matignon, risque de passer sous la tutelle du Quai d’Orsay, ce qui conduirait Madame Kouchner à travailler pour son mari . La chose est encore compliquée par le fait que les piges de Christine sont bilingues (français et anglais), alors que le vent souffle plutôt, du côté élyséen, en faveur d’une refrancisation de France 24. 

Tout cela n’est-il pas capital pour le sort de notre planète ?
 Comme dirait notre Marquis [message personnel à une des figures du « blog des internautes »  ] : Quand on a déniché Roselyne. On voit arriver Christine. ».