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lundi 31 mars 2014

Lendemain d'élections :

Je suis un peu étonné de constater que les Quatari et les innombrables margoulins des jeux de hasard du « Paysage Audiovisuel Français » qui nous inondent de leurs publicités, aussi racoleuses que mensongères, sur les paris et autres entreprises de brigandage audiovisuel avec la complicité cupide de nos ex-vedettes sportives, n'aient pas songé à ajouter au poker et aux matches de foot les élections. Pensez à la fin de ce billet, où je me sens un peu à court d'inspiration vu le caractère répétitif de nos élections, à me faire vous raconter la blague de Monsieur Littré sur cette distinction oubliée entre  « étonné » et « surpris » que ne fait pas, à l’instant même sur RMC, Monsieur O. Truchot, à moins que ce ne soit son alter ego dont je ne le distingue pas vu la vacuité des leurs communs propos.

Nous n’en manquons pas d’élections en France et on en aura au moins trois ou quatre cette année j'ai bien compté. On pourrait même, avec une grande mauvaise foi (mais nous n’en manquons pas non plus !), ajouter que la création de tels paris seraient un moyen efficace de lutter contre l’abstention. À la glorieuse incertitude du sport, qui est le fondement même de ce genre d'activité, s’ajouteraient, outre le civisme comme on vient de le voir, l'incertitude et l’illogisme qui sont susceptibles de procurer les plus gros profits. Qui en effet aurait risqué, à Marseille, le moindre sou sur la déculottée de Monsieur Menucci qui fanfaronnait depuis des semaines ou sur le tsunami bleu évoqué, ce matin, par Monsieur Jean-François Copé lui-même, réélu maire de Meaux au premier tour, alors qu'il est perdu de réputation et au plus bas dans tous les sondages ?

Bref il y a là une belle occasion se remplir les poches, non pas tant pour les organisateurs de ces paris, dont c’est la pratique courante, mais pour quelques heureux et rares mortels de base qui auraient prévu des résultats imprévisibles.

La chose est d'autant plus intéressante qu'on peut ne pas se limiter aux élections, mais ouvrir également aux paris leur suite et leurs conséquences souvent tout aussi imprévisibles. Ainsi le peut-on sur le choix final de François Hollande, toujours porté à différer et à hésiter, parmi les candidats au poste de Premier Ministre, si toutefois il s’y résout ! Le pauvre doit naviguer entre les diktats de Madame Duflot, les ambitions secrètes d’un Delanoë au chômage et le retour d’âge ministériel de son ex.

Belle occasion de lancer des paris, sans compter qu'on pourrait les étendre aisément à la courbe du chômage qui prend toutes les allures d'un mirage pour la ceux qui distinguent sans cesse sans la voir jamais ou au déficit public toujours hésitant entre les exigences de Bruxelles et les réalité de nos finances. Bref je fais court, car il n'y a pas grand chose de plus à dire et surtout je vous ai promis une jolie anecdote sur ce brave Monsieur Émile Littré. Elle est aujourd'hui d'autant plus nécessaire que le résultat même de ce scrutin fait, on l’a vu, dans le discours des commentateurs, l'objet d'une regrettable mais permanente confusion entre les participes passés « étonnés » et « surpris ».

Adonc Monsieur Littré, le génial auteur du dictionnaire qui continue à faire référence pour notre belle langue, était un jour au lit avec la bonne durant une absence prévue de Madame Littré. Cette dernière, revenue plus tôt que convenu, pénètre de façon inopinée dans la chambre du couple et découvre Monsieur Littré et la bonne fort occupés dans le lit conjugal. Madame Littré de s'indigner : « Monsieur, je suis surprise… ». Monsieur Littré, s'interrompant alors sans perdre pour autant sa conscience lexicographique, interrompt également le propos réprobateur de son épouse par cette remarque de bon sens et fort opportune : « Non, Madame, vous n'est pas surprise, vous êtes étonnée ! En revanche, c’est nous qui sommes surpris ! ».

mardi 13 août 2013

Sport : dopage, paris et blanchiment

Vous m'accorderez que je parle rarement de sport, quoique je porte pas mal d'intérêt à ces activités, essentiellement en raison de mon passé dans ce domaine. Je m'amuse, en revanche, beaucoup de la façon dont les problèmes sportifs sont abordés par notre presse, écrite ou audiovisuelle. Dans une période difficile pour elle (à son avis du moins), elle vit en effet largement des sports, soit par le biais des sujets qu'ils lui offrent, soit par les publicités multiples qui y sont liées et qui la financent (pour la presse audiovisuelle, je pense surtout au système des paris).

Le Tour de France et les multiples épreuves sportives de l'été ont fait reparaître le "marronnier" du dopage dont on ne parle guère en dehors de ces périodes, qu'on évoque surtout pour le passé et auquel s'intéressent fort peu, en réalité, les premiers intéressés que devraient être les fédérations sportives. En fait, comme tout le monde le sait, le dopage règne en maître depuis plus d'un demi-siècle, sous des formes qui ont toujours évolué selon le même principe. Il consiste à mettre au point des techniques qui permettent d'échapper au mode de contrôle en cours ou qui masquent la prise de produits. Au fond, comme tout le monde se dope, tous les sportifs sont logés à la même enseigne et seules les performances sont faussées ; les classements des sportifs eux-mêmes resteraient sans doute à peu près identiques avec ou sans dopage.

Ces techniques ont souvent plus de conséquences, à long terme, sur la santé des sportifs, mais on s'en moque ; on connaît quelque cas célèbres, même si on en ignore une foule d'autres, plus obscurs ou inconnus, qui ont eu les mêmes conséquences funestes. Un des cas les plus drôles et les plus communs que je connaisse est la découverte soudaine du rôle d'une forme particulière de dopage qui règne, partout, dans toutes les salles de musculation (la "gonflette" !) qui sont devenus aujourd'hui de "fitness" ; l'auto élevage, à coup de super-protéines, d'anabolisants, de stéroïdes, etc., y a toujours été de règle. Dans les magazines spécialisés, on trouve d'ailleurs toutes les publicités qu'on veut pour des produits qui vous permettront de prendre 1 kilo de viande par mois, même si cela doit, à terme, vous ruiner la santé ou même vous tuer. Les packs de rugby ont ainsi pris 100 kilos de poids de corps en deux décennies ! Il y a quelques années, une vedette des publicités dans ce domaine, le fameux Momo Benaziza (à la louche 120 kilos pour 1.60 mètre) est mort à trente ans ! Les publicités en faveur des produits que Momo prenait et y vantait sont restées en place, dans les magazines spécialisés, durant quelques semaines après sa mort, ce qui était drôle mais un peu inquiétant !

Donc rien de particulier à dire sur le dopage, sinon que le renouvellement constant des produits dopants entraîne une course sans fin entre ce qui est fabriqué et vendu par les industriels et les quelques pauvres laboratoires chargés des contrôles et qui, entre les fraudes et les trucages, s'essoufflent à tenter de suivre le mouvement. De ce fait les révélations fracassantes (style Amstrong ou Ben Johnson) arrivent avec dix ans de retard !

Sport et paris ? Le rapport est évident, et cela justifie mon titre ;  le développement exponentiel des paris sportifs (autrefois, on se bornait à doper ou à endormir les canassons) a aujourd'hui gagné les sports collectifs et en particulier le football et même le handball, ce que montre l'affaire en cours avec les paris des joueurs de Montpellier. Le gardien de but de Montpellier n'avait d'ailleurs pas lieu, dans cette affaire, de se doper lui, bien au contraire, puisqu'il lui suffisait, en fait, d'encaisser quelques buts adverses pour toucher la mise !

Pour le football, je ne reparlerai pas ici de la fameuse affaire de Bernard Tapie et du match Valenciennes-OM (1993) sur lesquels on a tout dit ; en revanche, je me souviens parfaitement, mais nul n'en parle, des déclarations de Bernard Tapie, après la première défaite en finale de coupe d'Europe et avant que l'OM gagne lui-même cette coupe en 1993 (la même année et le même protagoniste ! Comme c'est bizarre !). Il avait, en effet, déclaré alors qu'il avait compris comment on gagnait la coupe d'Europe. Sa déclaration montrait clairement qu'il avait changé de stratégie et qu'il pensait désormais qu'il était plus simple et plus efficace d'acheter les arbitres que les joueurs. Si le trucage des matchs de foot vous intéresse, consultez donc le gros livre (413 pages) que D. Hill a consacré à la question et publié en 2008, Comment truquer un match de foot ?.

Pas grand-chose à dire sur les paris, désormais non seulement autorisés, multipliés et promus au rang de grande industrie nationale et même mondiale ; le développement de l'Internet comme la mondialisation du marché( avec en prime les décalages horaires) font qu'il est, en effet, devenu impossible de contrôler la régularité des paris, même si naturellement, et surtout en France, nous avons quelques organismes ou agences (GAFI, SCPC, etc.) chargées de ce contrôle, ce qui, après tout crée des emplois et donne une apparence de contrôle à l'État, qui est, lui-même, organisateur ou "parrain" de diverses formes de paris à travers la Française des jeux, les autorisations d'officines diverses et les casinos.

Le pire est que l'Etat tolère une publicité folle autour de ces paris dont la clientèle se recrute naturellement dans les franges les plus modestes voire les plus misérables de la population, exception faite, bien entendu, de ceux qui bénéficient des gains, licites ou illicites, de ces paris et/ou de ces fraudes et trucages.

Le rapport du sport avec le blanchiment d'argent, d'où qu'il vienne, est moins évident; encore qu'il puisse déjà s'établir (et chacun le sait) à travers le système des paris eux-mêmes qui permet de blanchir de l'argent illicite, comme on le fait aussi à travers les casinos. Noël Pons a traité de la question dans Cols blancs et mains sales. Economie criminelle, mode d'emploi (O. Jacob, 2006), avant et après la série des rapports parlementaires sur la question : voilà une autre de nos belles spécialités française qui commence, dès 1958, avec le rapport 3741 de Dominique Juillot et se poursuit en 2008 avec le rapport 693, sans parler du Rapport Bauer. On sait donc tout de ces magouilles. N. Pons résume une partie de ce système dans un article intitulé « Paris truqués, football et corruption », dont vous aurez facilement le texte dans par Internet.

Je n'insiste donc pas sur ces points, mais rappellerai plutôt ici un point d'histoire, peu connu, des rapports entre le football et le blanchiment d'argent. Quitte à être corrigé par des spécialistes plus avertis, je soulignerai le rôle qu'a joué dans tout cela le fameux Pablo Escobar, le milliardaire de la drogue et du football en Colombie, dont la fortune, avant les problèmes qui ont marqué la fin de sa vie, était, en 1989, évaluée par le magazine Forbes à 25 milliards de dollars. Honni par les États-Unis et, d'une façon générale, hors de la Colombie (sauf au Mexique), Pablo Escobar était adoré de la population colombienne à la fois pour ses œuvres sociales (il construisit 500 maisons pour les pauvres), mais plus encore pour son rôle dans le football. En effet, une petite partie de la fortune que lui procurait la drogue, était consacrée au paiement des joueurs de football colombiens. L'équipe nationale de Colombie, dont la vedette était le fameux Valderama, devint alors une des meilleures du monde, infligeant entre autres un mémorable 5-0 à l'Argentine! Le football permettait ainsi à la fois à Escobar d'asseoir sa popularité pour empêcher toute extradition et de blanchir une partie de l'argent de la drogue.

Pablo Escobar a été tué en 1993 et en 1994, un joueur de l'équipe nationale colombienne, Andrès Escobar, a fait les frais à la fois de la passion des Colombiens pour le football et des paris sur ce sport ; un narcotrafiquant perdit alors beaucoup d'argent avec le match Colombie-États-Unis, dont on pensait qu'il serait facilement gagné par la Colombie. Il fut en fait perdu par cette équipe. Le pauvre Andrès Escobar, qui avait marqué contre son camp le premier but américain et entraîné la défaite de son équipe, fut, dès son retour à Bogota, assassiné sur l'ordre du parieur mécontent !

Nous ne connaissons pas actuellement, ou, en tout cas pas encore, de faits semblables en France, même s'il est fait état de menaces contre des joueurs ou leurs familles visant à influer sur les résultats. Sur un autre plan, le curieux commerce des joueurs de football (et qui sait de rugby ?) est un secteur éminemment propice au blanchiment d'argent. Ce n'est assurément pas le curriculum vitae de certains des agents de joueurs (ou assimilés) qui est susceptible d'infirmer ce point de vue !

Les faits sont apparus d'abord en Italie surtout, mais vous avez sans doute observé les mouvements commerciaux au sein de certains clubs français, en particulier du PSG (ou règne une forte odeur de gaz et pétrole), mais surtout désormais de l'AS. Monaco (club sans public mais à fiscalité spéciale, où le parfum est plutôt celui de la mafia russe, qui a désormais traversé la Manche et préfère, semble-t-il, le climat de notre Côte d'Azur à celui de Manchester). Il est évident que le "mercato" des joueurs, qui échappe à tout contrôle, puisque la plupart des transactions s'opèrent, en fait, offshore et dans des montages extrêmement compliqués, est une occasion non seulement respectable (du moins en apparence), mais totalement occulte et insondable de blanchir des sommes énormes dont l'origine n'est généralement pas connue et de toute façon inavouable.

Je vous renvoie sur ce point aux œuvres de Monsieur Noël Pons qui a exposé tout cela dans son détail. Je me contente ici de persister à m'étonner que l'État français laisse s'opérer de telles manipulations et, pire encore, les encourage, directement et indirectement, à travers les officines de paris sportifs, dont on sait que la majorité de la clientèle est pour l'essentiel misérable et souvent surendettée.La publicité éhontée des officines de crédit- derrière lesquelles se cachent, les banques, est tout aussi scandaleuse !

Une telle dérive s'inscrit d'ailleurs dans la schizophrénie publicitaire française : la "réclame", lorsque on vous vante et qu'on vous vend un produit nocif à quelque degré et sous quelque forme que ce soit, fait toujours suivre cette publicité racoleuse d'une réserve légale qui est le comble de l'hypocrisie juridico-mercantile. On vous y invite, en effet, à vous méfier ou même à ne pas consommer (sinon peut-être "avec modération", notion éminemment relative et variable) le produit qu'on vient de vous pousser à acheter ! Va comprendre Charles !

lundi 1 octobre 2012

Le vrai sens des mots!

Revenons à notre minuscule hexagone après ces quatre incursions dans les immensités subsahariennes pour y constater que, comme souvent, le sens des mots finit par l'emporter.

J'en veux pour preuve l'affaire qui secoue depuis quatre jours la France sportive dans son ensemble et même la France tout entière. Il s'agit bien entendu de la fraude dans les pronostics sportifs de Montpellier et du handball.

Je n'évoquerai ici que pour mémoire et très rapidement le scandale permanent d'encouragement immoral, dans une France qu'on dit tellement appauvrie, des paris sportifs et de toutes les formes de jeux de hasard qui servent de miroir aux alouettes à tous les fauchés qui hantent nos bistrots et nos bureaux de tabac. On sait bien, me dira-t-on, que c'est toujours dans les pays les plus pauvres que ce type de divertissement connaît le plus grand succès ; il fut un temps (peut-être l'est-il encore) où, à la Réunion avec un chômage record, le chiffre d'affaires de la Française des jeux était équivalent à celui du RMI, ce dernier constituant une sorte de record de France en la matière avec 10% du RMI français pour 1,2% de la population de notre pays. Dans un Etat, où il existe un bureau de vérification de la publicité (sans doute l'une de nos 1244 Agences!), il est tout de même curieux de laisser diffuser sur nos ondes et nos écrans des publicités du type "Nous parions que vous allez gagner!". Nos vedettes handballeuses s'en sont sans doute inspirées, selon une formulation inverse : "Nous parions que nous allons perdre!". C'est le conseil, gratuit comme toujours, d'Usbek Consulting &amp. Co à une défense qui, comme on va le voir, semble en avoir singulièrement besoin.

On ne peut même pas dire que les joueurs en cause ont été grisés par l'ovation nationale qu'on leur a faite, suite à leur victoire aux Jeux Olympiques, puisque les faits incriminés se sont déroulés bien avant. Suite à cette victoire et à ce triomphe, à leur retour, ils se sont bornés (ronds comme des queues de pelles) à mettre à sac le studio d'enregistrement où ils avaient été invités par un journal qui, à leur gré, n'avait pas été suffisamment louangeur à leur propos. Le fait est sans rapport mais il n'en est pas moins assez significatif sur une mentalité.

Bref rappel des faits pour ceux qui auraient réussi à échapper à leur narration depuis quatre jours. L'équipe de handball de Montpellier, qui devait disputer un match sans enjeu devant une formation parisienne (ils avaient déjà en poche le titre de champion de France) a été battue dans des conditions qui n'avaient rien d'exceptionnel, car je crois que quelques-unes de leurs vedettes n'ont pas pris part au match. Jusque-là rien d'anormal. Le seul problème, mais il est majeur, est que l'organisateur des paris a constaté que, dans trois régions de France et en particulier à Montpellier, le montant des paris avait été des dizaines de fois supérieur à ce qu'il était habituellement et que, pour 60 000 euros de mise, quelques joueurs en avaient ramassé 200 000.

On pourrait dire que, vu des salaires de la plupart des joueurs de l'équipe nationale en particulier et de ceux de quelques-uns des joueurs incriminés (quoique présumés innocents bien entendu) dans cette affaire ces gains sont relativement modestes ; gagner ainsi 10 ou 15 000 € ne devraient pas être pour eux une motivation suffisante pour prendre de tels risques, puisque les paris leur sont évidemment interdits dans leur spécialité sportive, même si de telles pratiques, surtout dans le football, sont assez courantes.

Ce qui est plus étrange c'est que les parieurs fraudeurs (ou leurs compagnes puisque certaines dames semblent impliquées dans cette affaire) n'ont pas eu l'idée, pourtant simple, de parier ailleurs que dans leur ville d'origine car le faire était, d'une certaine façon, quelque peu signer leur crime. Cela semble déjà indiquer des capacités intellectuelles assez modestes car il y a là un subterfuge que n'importe qui d'un peu raisonnable semble en mesure de concevoir.

Mais le plus drôle est dans la suite ; soupçonnés depuis quelques jours, les joueurs en cause ont obstinément refusé de parler, attendant sans doute que leurs futurs avocats (qui leur conseillaient, bien entendu, le silence vu leurs errements antérieurs) imaginent, pour leur défense, quelque argument imparable mais insoupçonné. On l'a entendu énoncer hier de la façon suivante : ils reconnaissent qu'ils ont parié mais ils n'ont pas triché ! Fermez le ban !

On peut d'observer que, si leur équipe a effectivement perdu et que si ils et elles ont effectivement gagné 200 000 € dans cette affaire, ils avaient très vraisemblablement parié sur la défaite de Montpellier, dans laquelle ils sont inévitablement eux-mêmes pour quelque chose, soit faute d'avoir joué (et en sachant à l'avance qu'ils ne joueraient pas), soit pour avoir assez mal joué pour perdre devant une équipe contre laquelle ils auraient dû aisément gagner.

On voit que la faiblesse de l'argument confine au ridicule mais, après tout, les choses peuvent peut-être s'expliquer par le simple examen des surnoms qu'on leur a successivement donnés.

Si lors des Jeux Olympiques, on appelait cette équipe de France de handball les "experts", on les avait, dans des compétitions précédentes, surnommées les "barjots". Ce surnom m'avait toujours personnellement étonné (mais j'étais sans doute le seul) car, en argot français, "barjot" signifie tout simplement « fou » et rien d'autre. Ce surnom était donc, à mon sens, tout à fait impropre à l'époque mais il s'avère maintenant qu'il ne l'était pas autant que je pouvais alors le penser.

jeudi 11 novembre 2010

Un métier rémunérateur et plein de promesses : chômeur !

Tout le monde s'accorde à reconnaître que Raymond Domenech, dit « Raymond la science », a été complètement nul comme sélectionneur de l'équipe de France de football. Rien à dire sur le sujet et peut donc ne pas y revenir mais évoquer quelques aspects moins connus du personnage que ses derniers exploits remettent dans l’actualité.

Domenech a toujours été très discret sur ses origines et ses débuts dans la vie, ne donnant guère à connaître que l'origine catalane de sa famille qui avait dû quitter l'Espagne au début de la guerre civile. Il y a là une grande banalité et nombre d’Espagnols sont venus s'installer en France dans les mêmes conditions. Le petit Raymond a débuté au football à Lyon, sa ville d'origine et il y a assez bien réussi puisqu'il a pu, devenir professionnel à l’OL, il est vrai bien avant la récente période de succès de cette équipe. Il a même connu quelques sélections en équipe de France, sans jamais être un joueur de premier plan.Sa carrière fait penser à celle de son protecteur Aimé Jacquet (l’accent en moins) qui, après une carrière de joueur aussi médiocre, a été, avant lui sélectionneur de l'équipe de France, le premier favorisant même sottement la carrière du second dont il partage la médiocrité (« asinus asinum fricat »). Le seul titre de gloire sportif de Domenech a été sa brutalié comme défenseur, qui lui a valu le surnom du « boucher », suite à quelques fractures de tibias et de peronnées..

Ce qui caractérise Domenech est, d’abord et surtout, la haute opinion qu’il a de lui-même comme de son intelligence qu’il juge de toute évidence supérieure ( la fréquentation de Mémé Jacquet et de la plupart des footballeurs le confortant dans ce jugement) et le fait qu'il s'est toujours considéré comme très au-dessus de sa condition, aussi bien comme joueur de football que comme sélectionneur et dans tout autre emploi.

En fait, il s'est toujours et d’abord pris pour une sorte d’Alain Delon quoiqu'il n'en ait pas le physique, même s'il juge manifestement très satisfaisant son physique ténébreux.S’il en est besoin, on en a la preuve dans les rêves de carrière artistique qui n'a jamais cessé de nourrir ; il s'est essayé, avec un égal insuccès, tant au théâtre (comme acteur) qu’au cinéma où il a joué son propre jouer un rôle dans un film de Marc Esposito où sa prestation fut si réussie que la scène fut coupée au montage. Faute de mieux, il a joué à la télévision, sur M6 il est vrai, la grande scène de la demande en mariage à sa compagne Estelle Denis, en direct et à la stupéfaction générale, à 22 heures 45 le 17 juin 2008. Etant en direct, la scène n'a pas pu être coupée cette fois et elle a connu un succès incontestable dans la mesure où elle succédait immédiatement à la défaite éliminatoire de l'équipe de France face à l'Italie dans l'Euro 2008.

Rien de ce qui lui arrive ne devrait l’étonner car il a les informations les plus sûres quant à ses futurs succès ; en grand amateur d'astrologie, il ne doit jamais manquer d'interroger les astres sur la suite de sa carrière.

Pour le moment, après avoir touché, pendant plus de 15 ans, de la Fédération Française de Football, un salaire mensuel de disaines de milliers d’euros, il a pu, après son licenciement pour faute grave, s'inscrire légitimement au Pôle Emploi (Paris XVe) pour y toucher une indemnité de chômage qui s'établirait, dit-on, entre 5600 et 5900 € par mois. Comme il demande, par ailleurs, près de 3 millions d'euros à la FFF via les prud'hommes, surtout pour le préjudice moral, il n’a assurément pas de raison réelle de se plaindre.

Ce curieux personnage ne dédaigne pas non plus les petits profits ; faute de pouvoir jouer les mauvais garçons au cinéma ou à la télévision, il s'emploie à le faire dans la vie et se trouve par là engagé dans de curieuses affaires. En 1994, à Boston, lors de Coup du monde de foot, il aurait été surpris, en train de revendre, au marché noir, des billets pour le match Corée du Sud-Bolivie, Après avoir payé une amende, il a finalement été libéré par la police américaine. Il a été mêlé aussi à une affaire aussi louche que minable sur les pronostics à propos des sélections de joueurs dont il était lui-même chargé. Là encore, il a arrêté les frais et les choses se sont perdues dans les sables.

Il faut espérer que les services de Pôle Emploi du 15e arrondissement sont occupés par les grèves et/ou ne lisent pas les journaux, car leur allocataire de luxe semble s'engager dans une carrière publicitaire en faveur des jeux en ligne à la télévision. Sans se laisser abattre par ses échecs précédents, Domenech se lance dans l’imitation de Jean-Claude Vandamme, dans un remake, façon poker, du film Kickboxer. Domenech s ‘y entraîne, non pas au kick-boxing mais au poker ! Si les entraînements sont fastidieux, il peut au moins les faire en famille car sa compagne Estelle Denis est une grande spécialiste de la question et fait dans ce même bizness. Reste à savoir si "Bwin", site autrichien de poker en ligne, son employeur, a bien veillé à déclarer les activités et surtout les rémunérations du chômeur Domenech aux services fiscaux français et au Pôle Emploi parisien.

En tout cas un bel exemple pour les millions de chômeurs français !

mercredi 16 juin 2010

Retraites ; C pas plus clair!

Emission de Calvi ...sur la question des retraites comme vous l’aurez déjà deviné, avec comme invités Michel Godet (un peu bourru mais informé et lucide dans son appui à la majorité) et un économiste dont le nom m’échappe, mais qui sait, en général de quoi il parle. En face deux représentants syndicaux, l’un de l’UNSA, l’autre de la CGT ; ce dernier ce doit être un enfant naturel de Georges Séguy, dont il a le teint couperosé ; comme disait Coluche, encore un de ces types qui se lavent la figure avec un gant de crin !.

Rien de très neuf ; pour ceux qui n’étaient pas encore levés ou déjà partis à huit heures et demie, ce 16 juin 2010, Calvi nous repasse, en tranches fines et avec des sous-titres, le discours de Dalton Woerth. De la part de tous les participants, le discours plus ou moins prévisible, sauf de la part de l’économiste sans nom qui se montre fort sceptique sur l’effet et la portée des mesures annoncées.

Il est clair qu’augmenter de 1% la tranche la plus élevée de l’impôt sur le revenu ne va pas rapporter grand chose, si le bouclier fiscal demeure inchangé ( ce qui n’est pas très logique d’ailleurs !). Il en est de même pour les taxations du « capîtal » mais le petit (les assurances-vies, le livret A et le CODEVI je suppose) car, comme on le sait, les fortunes de France, même petites ou moyennes, ne se placent pas sur de tels supports. On nous prend vraiment pour des billes, mais il est vrai que, comme il y a bien plus de pauvres que de riches, il vaut mieux tondre les premiers que les seconds et cela d’autant que ces deniers ne sont pas assez stupides pour laisser leurs sous dans nos banques.

Bref rien que de banal sauf deux petites nouvelles intéressantes.

La première est donnée par l’économiste anonyme. Il évoque les régimes spéciaux qui, dans l’esprit de leurs concepteurs (en 1945), devaient tous être appelés à disparaître au profit d’un régime unique. De ce fait, à cause de Zola, de la Lison et de la Bête humaine, les cheminots roulants continuent à partir en retraite à 50 ans, sans avoir vu un morceau de charbon de toute leur carrière et conduisant leurs TGV en costume-cravate.

Il y a toutefois mieux encore. Un des régimes spéciaux était celui des mineurs. Il n’y a plus de mineurs depuis belle lurette (sauf peut-être quelques-uns, oubliés ou planqués dans des coins sombres, recrutés sur l’un ou l’autre des dizaines de milliers de postes créés par Gros Quinquin en 1981 pour ses chers électeurs du Nord), mais il y a encore actuellement 13.000 employés bénéficiaires de ce régime qui sont uniquement occupés à en assurer la gestion ! Savoureux si c’est vrai, mais l’économiste anonyme, que j’ai déjà vu chez Calvi, sait toujours de quoi il parle.

Deuxième moment plus drôle. Michel Godet, déjà titillé par le rappel ému fait par les syndicalistes des 100.000 postes de fonctionnaires que la RGPP va faire disparaître, rappelle perfidement que, depuis 1980, la France, qui pourtant n’était pas vraiment sous-encadrée au plan administratif, a créé un million de postes dans la fonction publique ! Il continue dans la même voie des dépenses inutiles et place une nouvelle banderille à propos de 120 milliards qui ne serviraient à rien, selon lui, sinon à maintenir des organismes dont l’une des finalités majeures est, en réalité, de subvenir aux besoins des appareils des syndicats. Ces derniers, en bonne logique, devraient vivre des seules cotisations de leurs adhérents, ou alors, comme, autrefois, le Parti Communiste Français, selon les immortels propos de l’inénarrable Robert Hue, de la vente du muguet au Premier Mai.

Les deux syndicalistes s’agitent nerveusement sur leur chaise, mais ne soufflent mot jugeant le terrain peu sûr ; le representant de la CGT rougirait de colère s’il n’était pas déjà rubicond, tandis que Calvi, selon son habitude, se marre en douce, mais passe à autre chose car, au fond, il ne veut pas perdre des acteurs confirmés et gratuits, toujours prêts à venir se montrer chez lui.

J’annonçais hier le déferlement des pubs pour les paris en ligne ; ça commence fort et les messages courriel de Betlic (Courbit et les Bains de mer (de) Monaco) envahissent déjà nos boites !

mardi 15 juin 2010

Gai ! Gai ! Parions sur les retraites!

Le début de la Coupe du monde de football a fort heureusement coïncidé avec le début des paris en ligne. Tout le monde s’est aussitôt mis à parier sur tout , du foot au poker en passant par les chevaux. il n’y manque que les paris sur les solutions que Dalton Woerth va proposer demain matin pour nos retraites !

En tout cas ceux qui ont décidé de plumer encore un peu plus par ce biais les pauvres Français, grossissant ainsi la cohorte déjà abondante des organismes qui proposent à tout venant des prêts à des taux tous plus réduits les uns que les autres ou qui vous rachètent pour rien vos créances, au risque de faire eux-mêmes faillite, tant leurs propositions de rachat sont alléchantes, avaient préparé leur coup de longue main.

Les campagnes de pub étaient prêtes et les spots dans les boites depuis longtemps. Certains, comme RMC, avaient même pris de l’avance et confié la pub de leurs paris encore illégaux, tant sur le foot que les canassons, à une fine équipe composée de Luis Fernandez et de Brahim Asloum, le premier ayant même appris à écrire pour l’occasion afin de pouvoir signer la préface du livre de conseils aux parieurs dont on entend désormais tous les jours la publicité.

Nous allons être désormais gavés de ces spots scandaleux et ineptes que le CSA juge tout à fait convenables et dont nous avons pu voir les premiers passages ces jours-ci. Pas de danger, dès lors, de voir la pub exclue de la télévison nationale, comme je ne sais plus qui nous l’avait promis ! Il suffit pour s’en convaincre de considérer les noms et les amitiés de ceux qui sont derrière ce fructueux racket (prévisions 3 milliards d’euros annuels !) et ce n’est pas de la Française des Jeux et du PMU que je veux parler en ces termes !

Comme toujours, après des rapports dont le seul que j’ai parcouru, celui du Sénat, ferait pleurer un seau à charbon, comme disait ma bonne grand’mère (la morale et l’honnêteté y sont invoquées toutes les cinq lignes !), on a d’abord créé une « Autorité » qui, pour une fois, n’est pas « Haute » ! Jean-François Vilotte (natif de Neuilly-sur Seine !), ex-sous-préfet, qui avait été au cabinet de Jean-François Lamour et en avait rapporté comme souvenir une « médaille d’or de la jeunesse ét des sports », était tout désigné pour être à la tête de cette ARJEL qui se veut sportive.

Selon la liste publiée le 8 juin 2010 au Journal officiel, on a attribué à onze heureux élus, pas tout à fait inattendus, 17 licences de jeux, pour l’essentiel sur le football (8) et les courses de chevaux (2) mais aussi pour le poker (7) qui, pour le moment du moins, ne figure pas encore parmi les disciplines olympiques ni même dans la liste des quinze sports prévus et qui sont l’athlétisme, les sports automobiles, l’aviron, le basket-ball, le cyclisme, l’équitation, le football, le golf, le hand-ball, le judo, le motocyclisme, le rugby, le tennis, le tennis de table et le volley-ball. Donc pas de trace du poker !

L’ARJEL prévoit tout, mais néanmoins n’avait pas prévu qu’elle pouvait se faire piquer sa propre dénomination de site, selon une procédure qu’affectionnent depuis longtemps certains petits malins ou gros farceurs qui s’amusent à prendre soin de déposer des tas de noms auprès de l’Institut National de la Propriété Industrielle (INPI) ou plus précisément, en pareil cas, de l’AFNIC (Association française pour le nommage Internet en coopération) ; ça ne coûte pas cher et ça peut rapporter gros!

Je ne sais pas si c’est une blague, mais je vous narre la chose comme je l’ai lue en divers lieux, ce qui ne prouve plus rien désormais car les gens se recopient les uns les autres, le plus souvent sans référence (pour le coup ECO89). En tout cas, le jour même de la présentation du projet de loi annonçant l'ouverture du marché des jeux et la création de l'ARJEL, on a constaté qu’Arjel.fr existait déjà ! Le nom avait été déposé le 5 mars 2009 à l'AFNIC (AF Nique ?) où « Arjel» signifie « Association des rédacteurs des jeux d'argent en ligne». Le déposant a choisi de ne pas rendre publics son nom et ses coordonnées, mais le créateur du site de jeux, Arjel.org, signe « Maximilien de Thunes », ce qui, pour les amis, donne un très joli « Max de Thunes » ! Tout un programme !

Comme l’entarteur, Max de Thunes serait Belge. Déjà refuge de nos riches Français qui veulent fuir le fisc, la Belgique sera-t-elle, après les mésaventures d’un Stéphane Guillon viré de France Inter, le dernier havre de salut de nos humoristes ?