Vous m'accorderez que je parle rarement de sport, quoique je porte pas mal d'intérêt à ces activités, essentiellement en raison de mon passé dans ce domaine. Je m'amuse, en revanche, beaucoup de la façon dont les problèmes sportifs sont abordés par notre presse, écrite ou audiovisuelle. Dans une période difficile pour elle (à son avis du moins), elle vit en effet largement des sports, soit par le biais des sujets qu'ils lui offrent, soit par les publicités multiples qui y sont liées et qui la financent (pour la presse audiovisuelle, je pense surtout au système des paris).
Le Tour de France et les multiples épreuves sportives de l'été ont fait reparaître le "marronnier" du dopage dont on ne parle guère en dehors de ces périodes, qu'on évoque surtout pour le passé et auquel s'intéressent fort peu, en réalité, les premiers intéressés que devraient être les fédérations sportives. En fait, comme tout le monde le sait, le dopage règne en maître depuis plus d'un demi-siècle, sous des formes qui ont toujours évolué selon le même principe. Il consiste à mettre au point des techniques qui permettent d'échapper au mode de contrôle en cours ou qui masquent la prise de produits. Au fond, comme tout le monde se dope, tous les sportifs sont logés à la même enseigne et seules les performances sont faussées ; les classements des sportifs eux-mêmes resteraient sans doute à peu près identiques avec ou sans dopage.
Ces techniques ont souvent plus de conséquences, à long terme, sur la santé des sportifs, mais on s'en moque ; on connaît quelque cas célèbres, même si on en ignore une foule d'autres, plus obscurs ou inconnus, qui ont eu les mêmes conséquences funestes. Un des cas les plus drôles et les plus communs que je connaisse est la découverte soudaine du rôle d'une forme particulière de dopage qui règne, partout, dans toutes les salles de musculation (la "gonflette" !) qui sont devenus aujourd'hui de "fitness" ; l'auto élevage, à coup de super-protéines, d'anabolisants, de stéroïdes, etc., y a toujours été de règle. Dans les magazines spécialisés, on trouve d'ailleurs toutes les publicités qu'on veut pour des produits qui vous permettront de prendre 1 kilo de viande par mois, même si cela doit, à terme, vous ruiner la santé ou même vous tuer. Les packs de rugby ont ainsi pris 100 kilos de poids de corps en deux décennies ! Il y a quelques années, une vedette des publicités dans ce domaine, le fameux Momo Benaziza (à la louche 120 kilos pour 1.60 mètre) est mort à trente ans ! Les publicités en faveur des produits que Momo prenait et y vantait sont restées en place, dans les magazines spécialisés, durant quelques semaines après sa mort, ce qui était drôle mais un peu inquiétant !
Donc rien de particulier à dire sur le dopage, sinon que le renouvellement constant des produits dopants entraîne une course sans fin entre ce qui est fabriqué et vendu par les industriels et les quelques pauvres laboratoires chargés des contrôles et qui, entre les fraudes et les trucages, s'essoufflent à tenter de suivre le mouvement. De ce fait les révélations fracassantes (style Amstrong ou Ben Johnson) arrivent avec dix ans de retard !
Sport et paris ? Le rapport est évident, et cela justifie mon titre ; le développement exponentiel des paris sportifs (autrefois, on se bornait à doper ou à endormir les canassons) a aujourd'hui gagné les sports collectifs et en particulier le football et même le handball, ce que montre l'affaire en cours avec les paris des joueurs de Montpellier. Le gardien de but de Montpellier n'avait d'ailleurs pas lieu, dans cette affaire, de se doper lui, bien au contraire, puisqu'il lui suffisait, en fait, d'encaisser quelques buts adverses pour toucher la mise !
Pour le football, je ne reparlerai pas ici de la fameuse affaire de Bernard Tapie et du match Valenciennes-OM (1993) sur lesquels on a tout dit ; en revanche, je me souviens parfaitement, mais nul n'en parle, des déclarations de Bernard Tapie, après la première défaite en finale de coupe d'Europe et avant que l'OM gagne lui-même cette coupe en 1993 (la même année et le même protagoniste ! Comme c'est bizarre !). Il avait, en effet, déclaré alors qu'il avait compris comment on gagnait la coupe d'Europe. Sa déclaration montrait clairement qu'il avait changé de stratégie et qu'il pensait désormais qu'il était plus simple et plus efficace d'acheter les arbitres que les joueurs. Si le trucage des matchs de foot vous intéresse, consultez donc le gros livre (413 pages) que D. Hill a consacré à la question et publié en 2008, Comment truquer un match de foot ?.
Pas grand-chose à dire sur les paris, désormais non seulement autorisés, multipliés et promus au rang de grande industrie nationale et même mondiale ; le développement de l'Internet comme la mondialisation du marché( avec en prime les décalages horaires) font qu'il est, en effet, devenu impossible de contrôler la régularité des paris, même si naturellement, et surtout en France, nous avons quelques organismes ou agences (GAFI, SCPC, etc.) chargées de ce contrôle, ce qui, après tout crée des emplois et donne une apparence de contrôle à l'État, qui est, lui-même, organisateur ou "parrain" de diverses formes de paris à travers la Française des jeux, les autorisations d'officines diverses et les casinos.
Le pire est que l'Etat tolère une publicité folle autour de ces paris dont la clientèle se recrute naturellement dans les franges les plus modestes voire les plus misérables de la population, exception faite, bien entendu, de ceux qui bénéficient des gains, licites ou illicites, de ces paris et/ou de ces fraudes et trucages.
Le rapport du sport avec le blanchiment d'argent, d'où qu'il vienne, est moins évident; encore qu'il puisse déjà s'établir (et chacun le sait) à travers le système des paris eux-mêmes qui permet de blanchir de l'argent illicite, comme on le fait aussi à travers les casinos. Noël Pons a traité de la question dans Cols blancs et mains sales. Economie criminelle, mode d'emploi (O. Jacob, 2006), avant et après la série des rapports parlementaires sur la question : voilà une autre de nos belles spécialités française qui commence, dès 1958, avec le rapport 3741 de Dominique Juillot et se poursuit en 2008 avec le rapport 693, sans parler du Rapport Bauer. On sait donc tout de ces magouilles. N. Pons résume une partie de ce système dans un article intitulé « Paris truqués, football et corruption », dont vous aurez facilement le texte dans par Internet.
Je n'insiste donc pas sur ces points, mais rappellerai plutôt ici un point d'histoire, peu connu, des rapports entre le football et le blanchiment d'argent. Quitte à être corrigé par des spécialistes plus avertis, je soulignerai le rôle qu'a joué dans tout cela le fameux Pablo Escobar, le milliardaire de la drogue et du football en Colombie, dont la fortune, avant les problèmes qui ont marqué la fin de sa vie, était, en 1989, évaluée par le magazine Forbes à 25 milliards de dollars. Honni par les États-Unis et, d'une façon générale, hors de la Colombie (sauf au Mexique), Pablo Escobar était adoré de la population colombienne à la fois pour ses œuvres sociales (il construisit 500 maisons pour les pauvres), mais plus encore pour son rôle dans le football. En effet, une petite partie de la fortune que lui procurait la drogue, était consacrée au paiement des joueurs de football colombiens. L'équipe nationale de Colombie, dont la vedette était le fameux Valderama, devint alors une des meilleures du monde, infligeant entre autres un mémorable 5-0 à l'Argentine! Le football permettait ainsi à la fois à Escobar d'asseoir sa popularité pour empêcher toute extradition et de blanchir une partie de l'argent de la drogue.
Pablo Escobar a été tué en 1993 et en 1994, un joueur de l'équipe nationale colombienne, Andrès Escobar, a fait les frais à la fois de la passion des Colombiens pour le football et des paris sur ce sport ; un narcotrafiquant perdit alors beaucoup d'argent avec le match Colombie-États-Unis, dont on pensait qu'il serait facilement gagné par la Colombie. Il fut en fait perdu par cette équipe. Le pauvre Andrès Escobar, qui avait marqué contre son camp le premier but américain et entraîné la défaite de son équipe, fut, dès son retour à Bogota, assassiné sur l'ordre du parieur mécontent !
Nous ne connaissons pas actuellement, ou, en tout cas pas encore, de faits semblables en France, même s'il est fait état de menaces contre des joueurs ou leurs familles visant à influer sur les résultats. Sur un autre plan, le curieux commerce des joueurs de football (et qui sait de rugby ?) est un secteur éminemment propice au blanchiment d'argent. Ce n'est assurément pas le curriculum vitae de certains des agents de joueurs (ou assimilés) qui est susceptible d'infirmer ce point de vue !
Les faits sont apparus d'abord en Italie surtout, mais vous avez sans doute observé les mouvements commerciaux au sein de certains clubs français, en particulier du PSG (ou règne une forte odeur de gaz et pétrole), mais surtout désormais de l'AS. Monaco (club sans public mais à fiscalité spéciale, où le parfum est plutôt celui de la mafia russe, qui a désormais traversé la Manche et préfère, semble-t-il, le climat de notre Côte d'Azur à celui de Manchester). Il est évident que le "mercato" des joueurs, qui échappe à tout contrôle, puisque la plupart des transactions s'opèrent, en fait, offshore et dans des montages extrêmement compliqués, est une occasion non seulement respectable (du moins en apparence), mais totalement occulte et insondable de blanchir des sommes énormes dont l'origine n'est généralement pas connue et de toute façon inavouable.
Je vous renvoie sur ce point aux œuvres de Monsieur Noël Pons qui a exposé tout cela dans son détail. Je me contente ici de persister à m'étonner que l'État français laisse s'opérer de telles manipulations et, pire encore, les encourage, directement et indirectement, à travers les officines de paris sportifs, dont on sait que la majorité de la clientèle est pour l'essentiel misérable et souvent surendettée.La publicité éhontée des officines de crédit- derrière lesquelles se cachent, les banques, est tout aussi scandaleuse !
Une telle dérive s'inscrit d'ailleurs dans la schizophrénie publicitaire française : la "réclame", lorsque on vous vante et qu'on vous vend un produit nocif à quelque degré et sous quelque forme que ce soit, fait toujours suivre cette publicité racoleuse d'une réserve légale qui est le comble de l'hypocrisie juridico-mercantile. On vous y invite, en effet, à vous méfier ou même à ne pas consommer (sinon peut-être "avec modération", notion éminemment relative et variable) le produit qu'on vient de vous pousser à acheter ! Va comprendre Charles !
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mardi 13 août 2013
Sport : dopage, paris et blanchiment
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lundi 31 décembre 2012
Epidémies hivernales
Après la gastro-entérite et la
grippe, voici que la France tout entière est gagnée par l'épidémie du "retoquage".
Elle a été, il faut bien le dire, foudroyante et on ne dispose pas d'antidote.
A peine la décision du Conseil constitutionnel connue, « retoquer » inconnu la
veille, à juste titre, est devenue le maître-mot de toute la presse
audiovisuelle et de tous les commentateurs politiques de France.
Peut-être l'avez-vous remarqué,
mais le vocabulaire politique française se restreint de jour en jour ; on marche
tout droit vers une sorte d'économie minimale du lexique, le tout à coup de
métaphores bancales et de notoires impropriétés. Si vous connaissez la douzaine
de termes à la mode (d'impacter à retoquer en
passant par décliner, paradigme, logiciel, régalien, errements et
pérenne), vous pouvez figurer honorablement dans tous les débats du PAF et des
dîners en ville.
Mais le plus drôle est le numéro
des ténors de l'UMP qui, avec un total manque de mémoire, se gausse de
l'amateurisme du gouvernement actuel, comme si les propositions de loi étaient
rédigées par les ministres et non par les scribes professionnels des ministères
qui, pour la plupart, n'ont sans doute pas changé car nous n'en sommes pas
encore tout à fait au "spoil system" des États-Unis. Nos braves gugusses
de l'UMP qui dénoncent cet "amateurisme" ont sans doute
oublié à la fois leur propre bilan (toutes les solutions miracles à nos problèmes
leur apparaissent soudain!) et l'identité de la mesure, que le même Conseil constitutionnel
(à Sarkozy près) avait pris à l'égard de la taxe carbone, ne les frappe pas.
On se demande pourquoi d'ailleurs
notre paysage audiovisuel, qui, du 20 décembre au 3 janvier, met en vacances,
comme les écoliers, toutes ses fines lames (étonnez-vous que France-Télévision
emploie 11.000 personnes !) et ne nous régale que de seconds ou même troisièmes
rôles, de best off et de bêtisiers, ne ferme pas carrément boutique pendant 15
jours, avec la mire voire un écran noir, ce qui serait tellement reposant.
Depuis deux jours le "retoquage"
ne suffisant pas, on nous régale de la pseudo-aventure des deux donzelles du
Puy-en-Velay qui, ayant renoncé à leurs lentilles et à leurs dentelles, sont
allées faire de l'altermondialiste du côté de Nantes. En fait, on nous a pris pour
des imbéciles ; alors qu'on feignait de s'interroger sur le sort de ces
deux créatures prétendument disparues, on savait parfaitement et depuis
longtemps où elles étaient. L'une d'entre elles, bonne fille, avait téléphoné à
sa maman pour la mettre au courant de sa situation. On a alors jeté un voile, non pas pudique mais mercantile,
sur ce détail pour avoir un sujet propre à émouvoir les masses téléphages et
à faire pleurer Margot. En fait cela a surtout permis aux deux familles qui, au
fond, n'étaient pas plus inquiètes que ça d'être interviewées à la radio et de
passer à la télé, privilèges qui valent bien de petits mensonges et une feinte émotion.
Les deux donzelles sont saines et
sauves et on a meublé les JT ; dès lors qu'importent le chômage, la crise, la
Syrie, le Mali et désormais la République Centrafricaine ! Ce ne sont que des
pauvres, des Arabes et des nègres après tout !
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jeudi 20 septembre 2012
Heureux comme un journaliste en France...
Je reçois (d'un expéditeur inconnu) ce courriel qui, si je n'en partage pas tous les points de vue, me semble à bien des égards fort pertinent, surtout quand on prend en compte l'extravagante médiocrité de la profession, dans l'audio-visuel surtout. Je mets quelques commentaires de mon cru, en italiques et entre crochets, comme c'est l'usage, bien que nos journalistes l'ignorent pour la plupart!
"Audrey Pulvar et David Pujadas gagnent respectivement environ 145 000€ /an et 240 000€ /anLaurence Ferrari gagne plus de 500 000€ annuels, Jean-Michel Apathie (langue de pute) près de 500 000€ par an.
Alain Duhamel 650 000€ par an...
[On oublie souvent que beaucoup occupent plusieurs emplois et cumulent donc les salaires, comme "Afati-Patati" et Duhamel qui courent radios et télés pour y débiter, sans doute à grand prix, leurs platitudes]
Claire Chazal est hors concours comme son prédécesseur Poivre d'Arvor.
Comme quoi tous ces journalistes qui crachent sur les riches, et qui n'ont pas de mots assez forts pour dénoncer le Sarko bling bling se gardent bien de parler de leurs avantages fiscaux [ce point est, on va le voir, essentiel]
Qui se rappelle que Valérie Trierweiler est petite-fille et arrière petite fille de Banquier?
Elle n'est nullement issue d'un milieu modeste comme elle tente de le faire croire.
Elle possède un patrimoine immobilier conséquent, comme François Hollande avec sa SCI « La Sapinière » et son agence à Londres...
Au-delà de trois mois de présence, les journalistes ont droit à la totalité de la rémunération mensuelle pendant 3 mois, ils ont demandé à François hollande de porter la durée à 6 mois.
Et au-delà au 2/3 de la rémunération mensuelle plus le supplément familial dans son intégralité.
Les journalistes voient la prise en charge intégrale de leur cure thermale par la sécurité sociale et ouvrent droit aux mêmes conditions d'indemnisation que celles prévues pour la maladie simple et sont prises en compte dans la durée de celle-ci.
Les journalistes en service, victimes d'accidents du travail [ ça existe ? Chute de vélosolex pour Duhamel ?], de trajet ou atteints de maladie professionnelle contractée à l'occasion de leur travail [fatigue cérébrale ?], conservent pour tous les arrêts reconnus par la sécurité sociale comme directement liés à l'accident du travail ou à la maladie professionnelle, l'intégralité de leur rémunération dans la limite de deux ans. Ils ont demandé à François Hollande de passer cette durée à 4 ans.
En cas d'incapacité permanente partielle telle qu'elle est reconnue par la sécurité sociale, le journaliste a droit à une priorité de reclassement dans une fonction compatible avec son état physique, avec maintien de tous ses droits (y compris la déduction fiscale), notamment en matière de salaire.
A compter de la date de leur engagement, les journalistes atteints d'une affection de longue durée reconnue par la sécurité sociale entraînant momentanément une incapacité totale d'exercer leur fonction, conservent pendant les trois premières années l'intégralité de leur salaire et les avantages fiscaux.
Ils ont demandé à François Hollande que la durée soit portée à 5 ans.
Ils ont obtenu la promesse que cela serait fait en Septembre.
Pour mémoire:
La Femme de Montebourg = journaliste,
Celle de Hollande = journaliste,
Celle de Borloo= journaliste...mais la liste est longue !
85% des journalistes sont de gauche :
Au cours de la dernière présidentielle ils ont fait une propagande pro-Hollande et une propagande scandaleuse anti Sarkozyste. Voici la raison [Nous y voilà]:
En France, tous les salariés sont exonérés de 10% de leur revenu au nom de frais professionnels.
Les journalistes eux bénéficiaient depuis 1934 d'une déduction supplémentaire de 30%.
En 1996 le gouvernement Juppé tire un trait sur toutes ces niches fiscales, «devenues sans rapport avec la réalité des frais professionnels supportés par les intéressés et qui ont donc perdu toute justification».[Très vrai et très juste ; la presse n'en parla pas bien sûr mais ce fut une levée unanime de boucliers dans les médias, y compris à droite; ce fut pour le pauvre Juppé le commencement de la fin, la dissolution faisant le reste]
Une profession va particulièrement se plaindre, les journalistes.
On découvre à cette occasion que les journalistes ont nettement plus de moyens de pression que les autres.
«Le souvenir que j'en conserve est moins la hargne des journalistes que la trouille des politiques», raconte Alain Lambert, ex-rapporteur du budget au Sénat.
Juppé avait tenu bon face à la fronde, mais avait offert une première concession à la profession: la création d'un fonds budgétaire pour compenser la hausse d'impôt que subiront les journalistes [les pôvres!].
Parallèlement, des négociations étaient engagées avec les syndicats .
Elles aboutiront sous Jospin. Il est alors décidé de rétablir l'avantage fiscal, mais sous une forme un peu plus juste.
Au lieu des 30%, les journalistes pourront dorénavant retirer soit 7.650€ (50 000 Frs à l'origine) de leurs revenus. Il n'empêche que les journalistes sont les seuls à bénéficier de la mesure. [notre auteur oublie ici de parler ici des notes de frais qui rendent amusante et même pittoresque la notion même de frais professionnels]
Avant les primaires les syndicats de journalistes notamment de l'Humanité ont demandé à Mr Hollande de rétablir l'abattement de 30% pour les journalistes, de plus, chose étrange une certaine Valérie Massonneau (plus connue sous le nom de Valérie Trierweiler) fut la porte-parole des journalistes accompagnée bien sûr d'Audrey Pulvar.
En 2008 cette demande de rétablir les 30% fut demandée par les journalistes à Nicolas Sarkozy qui refusa, ce qui lui attira les foudres du monde médiatique, depuis ce jour la campagne anti-Sarkozy commença [élément fort intéressant, que j'ignorais et dont, curieusement, la presse n'a pas parlé. "Bizarre! Bizarre ! Vous avez dit bizarre ? Bizarre!].
42500 journalistes bénéficieront de cet avantage , mais on peut aussi se déclarer journaliste fiscalement sans carte de presse.
Et des proches de journalistes, qui ne sont pas journalistes se déclarent journalistes sans carte de presse, sport très prisé chez les amis de l’Humanité et du Canard Enchaîné.
De plus les journalistes de l'audiovisuel ont demandé à Hollande un abattement supplémentaire de 10% pour les frais dits: « frais esthétiques » du fait qu'ils doivent en permanence faire des soins esthétiques pour être présentables devant les caméras !
Hollande leur a promis qu'il leur rétablirai ce droit dès septembre 2012 si il est élu. [septembre 2012 dites-vous ? On piaffe d'impatience!]
N'en doutons pas, cette loi sera votée, et vous pouvez être sûrs, que cela ne fera pas la une du journal de 20h00 ni la première page du journal l'Humanité, ou du Canard Enchaîné.
Sans commentaires !"
jeudi 7 juin 2012
Politique et oeufs à la coque.
On se souvient que dans les Voyages de Gulliver les habitants de Lilliput se séparaient en deux groupes sociaux, les "Gros Boutiens" et les "Petits Boutiens", selon qu'ils mangeaient les oeufs à la coque en commençant par le gros bout (pour les premiers) ou par le petit (pour les seconds). La question est d'importance en effet et l'on comprend qu'elle ait conduit à un clivage social définitif dans la population.
On peut penser que nous sommes en train de glisser sur cette même pente évolutive quand on voit que, dans la situation où nous nous trouvons, les deux grandes questions dont débat notre presse nationale sont celles de la légalisation du cannabis et de la vitesse de la voiture du Président de la République sur le trajet Paris-Caen.
Non seulement ces deux questions ne me paraissent pas de la plus haute importance mais elles sont, en outre, posées d'une façon totalement stupide voire malhonnête (sur un plan qui n'est hélas pas politique mais simplement mercantile) par les médias.
La recherche, permanente voire obsessionnelle, du "buzz" et de "l'exclu" (pour user de leur vocabulaire) par les radios et les télés a conduit à déformer volontairement les propos de Cécile Duflot qu'il se trouve que j'ai, par hasard, entendus dans l'interview qu'elle a donnée à RMC. Il n'y avait, en effet, aucune raison de la mettre en cause dans cette affaire puisqu'elle a été parfaitement claire dans son propos, en disant, de la façon la plus nette, que la légalisation du cannabis était une position du parti "Europe Ecologie Les Verts", mais que ce n'était, en aucune façon, celle du parti socialiste qui, sauf erreur de ma part, est celui auquel appartiennent le Président de la République, le Premier Ministre et le ministre de l'intérieur de qui relève une telle décision. On a donc clairement déformé ses propos afin de créer, de toutes pièces, un prétendu incident au sein de la majorité. Bien entendu l'opposition a marché à fond dans la combine, mais il est clair que la responsabilité de ce mensonge incombe, directement et d'abord, aux journalistes.
Le second grand événement qui occupe la presse du jour est la vitesse à laquelle a roulé la voiture du Président de la République dans le voyage qu'il a fait en direction de la Normandie pour la célébration de l'anniversaire du débarquement. Le procédé est exactement le même ; on a fait une exploitation politique d'un événement qui a été retracé d'une façon mensongère et, pourrait-on dire, même stupide.
Fallait-il aller en Normandie en voiture ou en avion ? Je n'en sais rien et je m'en moque! Je ne suis pas sûr que l'avion soit un moyen plus rapide, si l'on prend en compte le temps qu'il faut prendre, à deux reprises, pour aller aux aérodromes et en revenir. Les services de communication de la Présidence de la République voulaient-il en faire une preuve de la "normalité" (ou de la "normalitude" comme disent nos crétins, aussi pédants qu'ignorants) de François Hollande, je n'en sais rien et cela n'a, en la circonstance, aucune importance ?
Ce qui est clair, en revanche, est que le cortège présidentiel, que précédaient des motards et des voitures de sécurité, sur une route par ailleurs surveillée, est naturellement, en toute légalité, prioritaire et a donc, comme les pompiers par exemple, parfaitement le droit de rouler à des vitesses excessives par rapport à celles qui sont imposées aux autres conducteurs. On peut même ajouter qu'il y a là un élément majeur de la sécurité du véhicule présidentiel.
Tout ce débat n'a donc rigoureusement aucun sens et voir la presse s'occuper de façon exclusive de telles questions (sans parler du "dépeceur de Montréal" qui est le troisième sujet du jour et qui ne vaut pas mieux) est absolument consternant pour la démocratie française en un temps où, de l'Espagne à la Syrie, la situation est des plus préoccupantes.
Mais, après tout, un pays n'a que la presse qu'il mérite !
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vendredi 27 avril 2012
La presse française : complaisance ou servilité?
Complaisance et servilité sont les maîtres-mots de la presse française .
Cette situation, si différente de celle de la presse anglo-saxonne, mériterait sans doute une étude plus étendue et plus sérieuse, car les causes sont vraisemblablement multiples. L'une d'entre elles tient sans doute à sa structure financière et à l'importance de la publicité qui fait que aucun des clients de quelque organe de presse que ce soit ne saurait être l'objet de la moindre critique. La publicité est véritablement, à cet égard, le cancer de la presse, tant écrite qu'audiovisuelle et, là aussi, des études sérieuses seraient à conduire car il me semble que le coût global de la publicité est très supérieur à ce qu'elle peut apporter sur le plan de l'activité commerciale. Sans compter, parmi communicateurs et publicitaires, le nombre de crétins pompeux, le pif bourré à la cocaïne, qu'elle conduit entretenir et qui, pour certains, encombrent, en outre, les antennes et écrans.
Ce n'est toutefois pas mon propos ; il tient plutôt à des faits précis et récents qui démontrent, une fois de plus, la complaisance et même la servilité de la plupart de nos journalistes.
Le premier est la fameuse affaire du "vrai travail". Depuis que Nicolas Sarkozy a publiquement et solennellement déclaré n'avoir jamais prononcé ces termes, tous les écrans ont été soudain encombrés, en boucle, de films qui nous présentaient, sous forme d'un pittoresque diptyque par justaposition des images, d'une part la déclaration de Nicolas Sarkozy elle-même où il évoquait le 1er mai et le "vrai travail" et d'autre part, dans la seconde partie du diptyque, l'affirmation selon laquelle il osait prétendre qu'il n'avait jamais prononcé cette expression.
Aujourd'hui on pourrait remplacer ce diptyque par un triptyque, en ajoutant à ses dénégations sur la véracité de cette information, ses plus récentes déclarations selon lesquelles il reconnaît que cette formulation était inopportune. Comment une déclaration qui n'a jamais été faite pourrait-elle être inopportune?
Naturellement personne, dans une interview sur cette question, n'a signalé ni son mensonge ni sa contradiction. Je suppose, en revanche, que, dès sa défaite consommée, les journalistes en cause vont retrouver toute leur alacrité !
Deuxième lâcheté et complaisance sur la question du chômage qui continue, chez nous, son bonhomme de chemin puisque, pour les jeunes et les seniors, il augmente régulièrement, depuis un an, d'un pour cent par an.
Les stratèges en communication de l'Élysée continuent, à cet égard, à recommander un pauvre argument, déjà répété cent fois, qui consiste dans la comparaison avec l'Espagne où le chômage aurait augmenté de 150 ou 200 % (peu importe ici le pourcentage).
Cet argument est répété à l'infini, mais naturellement aucun des journalistes auxquels il est opposé ne souligne une évidence. Si le chômage a augmenté dans de telles proportions en Espagne, de façon certes bien supérieure à son accroissement en France, mais également en Italie ou au Royaume-Uni (on évite naturellement de parler de l'Allemagne), c'est aussi tout simplement et surtout en raison de la structure très particulière de l'emploi espagnol.
Jusqu'à une date récente les travailleurs espagnols se refusaient absolument à travailler dans les champs et les vergers de l'Andalousie où il fallait faire venir des ouvriers maghrébins. Les Espagnols étaient employés, essentiellement et de la façon la plus massive, dans la construction. L'effondrement brutal du total du marché immobilier espagnol a évidemment mis au chômage un énorme pourcentage de travailleurs nationaux. La différence de pourcentage de chômeurs entre la France et l'Espagne ne tient donc en rien, comme tentent nous en persuader les "experts" élyséens, à l'excellente qualité de la politique de l'emploi en France (j'entendais encore ce matin cette sottise), mais tout simplement à l'énorme différence entre la structure et la nature du marché du travail dans les deux pays. Si lamentable que soit la situation de l'emploi en France, elle n'a toutefois pas connu le désastre, soudain et total, qui a frappé l'Espagne où le marché immobilier et par conséquent l'activité de construction ont disparu avec la plus grande brutalité.
Nos journalistes sont-ils ignorants ou serviles ? Je pense assez volontiers qu'ils sont les deux en même temps. Ils se comportent, assez sottement, vis-à-vis de ceux qu'ils ont pour fonction d'interviewer, sans même se rendre compte que leurs interlocuteurs sont précisément en position inférieure de demandeurs, soit pour faire leur propre publicité ou celle de leur parti s'il s'agit d'hommes politiques, soit pour vendre leurs livres, ce qui est le cas de la plupart des prétendus "experts" qu'on présente dans nos radios ou dans nos télévisions.
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samedi 24 mars 2012
"A propos des donneurs d'ordres"
Je ne sais pas trop pourquoi mais j'aime bien l'expression "donneur d'ordre(s)". Elle a une sorte de noblesse (avec aussi une petite connotation financière quand odre est au singulier) et souffre aisément, pour le complément, l'usage du pluriel comme du singulier ce qui en augmente le charme ambigu.
La définition est simple et claire : est "donneur d'ordre(s)" toute personne physique ou morale qui commande à des sous-traitants l’exécution d’une tâche suivant un cahier des charges.
Je pensais à cette expression "donneurs d'ordres" en jetant un coup d'oeil à l'ensemble des sondages qui ont été réalisés par les multiples instituts, à l'occasion de l'élection présidentielle prochaine. Plutôt que d'user de l'expression banale : "commanditaires" mieux vaut en pareille circonstance parler de "donneurs d'ordre".
Tout semble indiquer, en effet, à lire les résultats, que les journaux ou les organismes qui commanditent ces sondages doivent accompagner leurs commandes d'un discret petit cahier des charges à propos des résultats, à moins que leurs relations avec les instituts qui réalisent les dits sondages, soient suffisamment étroites pour que ces derniers sachent parfaitement à quoi s'en tenir quant aux résultats sinon attendus du moins souhaités.
J'ai déjà montré, dans un précédent blog, comment on peut, grâce à "l'empan de variabilité" de 4 % réaliser, sans encombre, toutes les figures statistiques possibles que peuvent souhaiter les divers « donneurs d'ordres ». L'évolution de la situation et les données produites le confirment chaque jour.
Une autre catégorie de donneurs d'ordres est constituée par les conseillers ou experts en communication qui, de plus loin et par des voies plus subtiles, "influencent" la plupart des journalistes ou des organes de presse.
J'ai écrit aussi, dans un précédent blog, qu'en France beaucoup de nos journalistes sont tellement aux ordres qu'il n'y a même plus besoin de leur en donner ! Leur plume ou leur micro précède les voeux des "donneurs d'ordres". Toutefois et je crois l'avoir dit aussi, plus les choses avancent vers l'échéance électorale, plus les journalistes, à défaut de jeter le masque, se font explicites dans leurs prises de position.
Il faut reconnaître que, dans notre pauvre pays, bien à tort réputé des droits de l'homme, la liberté de pensée et de s'exprimer, pourtant garantie par la Constitution (mais, sans que nous ayons, comme les États-Unis, un VRAI, premier amendement explicite) est de plus en plus menacée et on ne peut dire quoi que ce soit sur qui que ce soit sans se voir aussitôt menacé de procès en diffamation.
Je ne comprends d'ailleurs pas que les propos de certains candidats sur d'autres ne fassent pas l'objet de procédures de ce genre. C'est sans doute par pure stratégie et prudence politique qu'on voit si peu d'actions en justice dans ce domaine alors qu'il y en a tant ailleurs!
Quant à nos journalistes, déjà tellement soucieux de deviner les intentions secrètes des donneurs d'ordres qui ne s'expriment pas, s'ils se mettent, eux aussi, à être prudents, c'est véritablement, comme disait ma bonne grand-mère, "mettre du sucre sur le miel"!
mardi 20 mars 2012
La presse, ton français fout le camp!
On connaît la célèbre phrase adressée par la Du Barry à Louis XV, que, dans l'intimité, elle appelait « la France », un jour où le café qu'il était en train de préparer, commencer à bouillir. En femme avisée, elle connaissait la vieille formule "Café bouillu, café foutu !".
"La presse, ton français fout le camp !".
A dire le vrai, il y a même beau temps qu'il s'est fait la malle le français de notre presse ; en général, cela n'a pas beaucoup d'importance et cela peut même être amusant quant nos journalistes financiers, comme ils le font souvent, confondent allègrement la "cote" et la "côte" !
Parfois cette ignorance de notre langue peut avoir des conséquences plus fâcheuses. Pour prendre les malheureuses affaires de Montauban et de Toulouse, on nous rebat les oreilles depuis 24 heures à propos du 11,43 (le fameux Colt 45 ou 45) qu'a utilisé l'assassin des militaires comme des enfants.
On nous déclare savamment qu'il y a eu qu'un seul et même agresseur, en dépit de la différence de couleur des scooters (qui est parfois une moto!), noir dans le premier cas, clair dans le second, car, dans les deux cas c'est, nous dit-on," la même arme" qui était utilisée.
La chose est possible mais, pour ce qui me concerne, j'ai le sentiment que les journalistes, comme un certain nombre d'autres intervenants, ne font pas la différence essentielle que permet notre belle langue entre "le même type d'arme" (un 11,43 ...comme il y en a des milliers) et "la même arme" (seule et unique), ce qui est tout différent et, bien sûr, essentiel
On ne peut savoir, en effet, qu'il s'agit réellement de la même arme que par l'analyse et la comparaison balistiques des projectiles (balles et douilles) qui permettront d'affirmer avec certitude s'il s'agit bien de la même arme.
En revanche, l'usage d'un même type d'arme ne prouve rien et n'a évidemment rigoureusement aucune importance, dans la mesure le 11,43 est très courant, même s'il caractérise plutôt les professionnels que les amateurs.
Des analyses balistiques ont-elles déjà permis de savoir s'il s'agit, dans les deux cas, de la même arme, je n'en sais rien; mais je constate que l'on use allègrement et indifféremment du même mot "arme" pour désigner le "type d'arme" et "l'arme", ce qui, dans d'autres contextes, serait sans importance, mais qui est capital ici. Pourtant, ce détail ne semble guère préoccuper les journalistes qui sont censés nous informer avec un peu plus d'exactitude et qui, depuis vingt-quatre heures, ne nous parlent guère que de cette affaire
mercredi 1 juin 2011
Le bal des "présumés" faux-culs.
Grand bruit dans le landernau médiatique : Luc Ferry, sur Canal +, chez Denisot, a mis les pieds dans le plat de l'omerta de la presse sur tous les petits ou gros scandales, dont nos journalistes s'abstiennent soigneusement de faire état, alors qu'ils s'en régalent quotidiennement dans leurs entretiens professionnels ou privés.
Le plus bel exemple, qu'on ne cesse aujourd'hui de rappeler (mais un quart de siècle après!), est celui de la deuxième famille (je dis deuxième et non la seconde par prudence, au cas où il y en aurait une troisième) de François Mitterrand, que la République a entretenue, dans le secret mais à grands frais (une escouade de douze gendarmes à temps plein, ne serait-ce que pour la garde du logis, républicain aussi, de Madame Pingeot et de sa fille).
Tout le monde le savait et nul n'en a jamais parlé, dans une servile obéissance aux ordres et aux menaces de l'Elysée que seul le pauvre Jean-Edern Hallier a eu le courage de prétendre braver. Qu'on ne vienne pas parler ici de vie privée car il s'agissait là d'un pur et simple détournement de fonds publics!
Luc Ferry, en fait, s'est borné à dire tout haut ce que beaucoup savent et il n'a pas manqué de le souligner ; le plus comique a tenu dans les protestations de chacun, feignant un étonnement de bon aloi mais peu crédible! Le seul problème est de savoir en fait quel ministre visait au juste Luc Ferry car nous n'en sommes plus au temps ou les "ballets roses" de ce pauvre Le Troquer faisaient les gros titres de la presse.
Luc Ferry, l'un de nos rares hommes politiques présentables, n'a pas manqué de souligner que, s'il disait à l'antenne, le nom du "PRESUME" coupable de ce "PRESUME" épisode "PRESUME" pédophilique, il serait ASSUREMENT poursuivi et condamné. Parfaitement exact ; la meilleure protection que se sont donnée nos politiques tient dans les lois qui permettent de poursuivre n'importe qui pour diffamation, cette notion, parfaitement étrangère à celle que définissent nos dictionnaires, étant des plus floues et des plus élastiques, et par là même des plus commodes.
Le plus drôle est que désormais chacun met en demeure Luc Ferry de donner le nom du PRESUME coupable et va même jusqu'à le menacer de poursuites s'il ne dénonce pas (mais sur quelles bases) auprès de la justice l'auteur PRESUME des faits PRESUMES. Ne doit-on pas d'abord et surtout adresser la même menace au Premier Ministre (de droite ou de gauche?) qui a fait la confidence à Luc Ferry? Chacun sait bien entendu de qui il s'agit ( "Moi je le sais et je crois que je ne suis pas le seul" a dit Luc Ferry à Canal Plus) ; s'il en est autrement et s'ils ignorent vraiment qui est visé par de tels bruits, il faut que, d'urgence, ces "journalistes-sic" (comme disait le Canard!) changent de métier.
Le plus bel exemple, qu'on ne cesse aujourd'hui de rappeler (mais un quart de siècle après!), est celui de la deuxième famille (je dis deuxième et non la seconde par prudence, au cas où il y en aurait une troisième) de François Mitterrand, que la République a entretenue, dans le secret mais à grands frais (une escouade de douze gendarmes à temps plein, ne serait-ce que pour la garde du logis, républicain aussi, de Madame Pingeot et de sa fille).
Tout le monde le savait et nul n'en a jamais parlé, dans une servile obéissance aux ordres et aux menaces de l'Elysée que seul le pauvre Jean-Edern Hallier a eu le courage de prétendre braver. Qu'on ne vienne pas parler ici de vie privée car il s'agissait là d'un pur et simple détournement de fonds publics!
Luc Ferry, en fait, s'est borné à dire tout haut ce que beaucoup savent et il n'a pas manqué de le souligner ; le plus comique a tenu dans les protestations de chacun, feignant un étonnement de bon aloi mais peu crédible! Le seul problème est de savoir en fait quel ministre visait au juste Luc Ferry car nous n'en sommes plus au temps ou les "ballets roses" de ce pauvre Le Troquer faisaient les gros titres de la presse.
Luc Ferry, l'un de nos rares hommes politiques présentables, n'a pas manqué de souligner que, s'il disait à l'antenne, le nom du "PRESUME" coupable de ce "PRESUME" épisode "PRESUME" pédophilique, il serait ASSUREMENT poursuivi et condamné. Parfaitement exact ; la meilleure protection que se sont donnée nos politiques tient dans les lois qui permettent de poursuivre n'importe qui pour diffamation, cette notion, parfaitement étrangère à celle que définissent nos dictionnaires, étant des plus floues et des plus élastiques, et par là même des plus commodes.
Le plus drôle est que désormais chacun met en demeure Luc Ferry de donner le nom du PRESUME coupable et va même jusqu'à le menacer de poursuites s'il ne dénonce pas (mais sur quelles bases) auprès de la justice l'auteur PRESUME des faits PRESUMES. Ne doit-on pas d'abord et surtout adresser la même menace au Premier Ministre (de droite ou de gauche?) qui a fait la confidence à Luc Ferry? Chacun sait bien entendu de qui il s'agit ( "Moi je le sais et je crois que je ne suis pas le seul" a dit Luc Ferry à Canal Plus) ; s'il en est autrement et s'ils ignorent vraiment qui est visé par de tels bruits, il faut que, d'urgence, ces "journalistes-sic" (comme disait le Canard!) changent de métier.
vendredi 25 juin 2010
Manifs : le comptage des manifestants
Avec la grève (et l’une ne va pas sans l’autre), le comptage des manifestants est un sport national français. L’un et l’autre sont pourtant parfaitement évitables et, oserai-je le dire, inutiles. La disparition de la première, au profit de l’inévitable négociation qui finit toujours par lui succéder pour y mettre fin, rend évidemment inutile le second.
Si l’on prend le cas des manifestations du 23 juin 2010, les indications sur le nombre total des manifestants varient de un (797.000 selon le pouvoir ; on est tenté de dire, après Rabelais, « sans compter les femmes et les petits enfants) à trois (plus de deux millions selon Ken Thibault, le flou du nombre visant à donner à rêver !).
Bref ! On peut pourtant, assez facilement évaluer, à Paris ou ailleurs, le nombre de manifestants par la simple prise de vue aérienne ou simplement d’un point élevé du cortège des manifestants à un moment T (même quand on fait redéfiler les mêmes personne, ce qui est une ruse aussi commune que grossière).
Ce qui me paraît plus intéressant dans cette affaire est le changement dans le style des « manifs ».
Il me fait penser à une évolution un peu analogue de notre presse écrite. Autrefois, les titres, pour les « unes » en particulier, s’efforçaient de rendre compte, de façon claire et brève, du contenu des articles auxquels ils faisaient référence. A la fin des années 60 me semble-t-il (mais je laisse le détail aux spécialistes du journalisme qui, dans leurs « écoles », forment de façon si efficace et si heureuses nos plumitifs actuels), la mode est lancée d’abord par Charlie Hebdo (souvenons-nous du fameux « Bal tragique à Colombey : un mort ») puis, à son imitation, par Libération. Désormais, seul compte le titre de la « une », de préférence accrocheur et drôle, si l’on y arrive. Le cupide chèvre-pied Laurent Joffrin vient même de faire un livre des unes de Libé !
« Quel rapport avec les manifs ? » vous interrogez-vous déjà , impatient(e) lecteur(e) ! J’y viens.
Si vous regardez de vieilles photos de manifestations (celles de 1958 ou de 1968 par exemple), vous y verrez des rangées serrées de manifestants ‘« au coude à coude » disait-on même alors, les lignes de manifestants étant surmontées de banderoles porteuses de revendications sérieuses voire vengeresses.
Plus rien de tel ! On recherche clairement désormais un style tout différent : deux ou trois manifestants seulement sur une ligne, causant gentiment entre eux, l’air détendu, avec un mêtre ou un mètre et demi entre eux et la rangée suivante. En somme, on vise à mettre dans un défilé le moins de manifestants possible au mètre carré, puisque les évaluations vont se fonder pour l’essentiel, sinon uniquement, sur la longueur du cortège. Un peu simple et grossier mais relativement efficace, au moins avec des méthodes de calcul parfaitement inadéquates!
Dans le même sens, on observe que les banderoles d’autrefois sont souvent remplacées par des pancartes individuelles. Une banderole barrant toute la rue mais tenue aux deux bouts par deux manifestants avec personne dessous, entre les deux porteurs, fait mauvais genre. Mieux vaut donc des pancartes artisanales, le plus souvent une simple feuille de carton couverte de formules peintes d’une écriture maladroite, au lieu des beaux calicots d’autrefois ! Elles sont plus nombreuses et couvrent mieux le terrain, même avec une moindre densité de manifestants. Comme le titre ést devenu essentiel dans la presse, depuis 68, le slogan percutant est aujourd'hui la précoccupation majeure des organisateurs et, avant les « manifs », on organise même des concours de slogans !
Là non plus, on n’arrête décidément pas le progrès :
Si l’on prend le cas des manifestations du 23 juin 2010, les indications sur le nombre total des manifestants varient de un (797.000 selon le pouvoir ; on est tenté de dire, après Rabelais, « sans compter les femmes et les petits enfants) à trois (plus de deux millions selon Ken Thibault, le flou du nombre visant à donner à rêver !).
Bref ! On peut pourtant, assez facilement évaluer, à Paris ou ailleurs, le nombre de manifestants par la simple prise de vue aérienne ou simplement d’un point élevé du cortège des manifestants à un moment T (même quand on fait redéfiler les mêmes personne, ce qui est une ruse aussi commune que grossière).
Ce qui me paraît plus intéressant dans cette affaire est le changement dans le style des « manifs ».
Il me fait penser à une évolution un peu analogue de notre presse écrite. Autrefois, les titres, pour les « unes » en particulier, s’efforçaient de rendre compte, de façon claire et brève, du contenu des articles auxquels ils faisaient référence. A la fin des années 60 me semble-t-il (mais je laisse le détail aux spécialistes du journalisme qui, dans leurs « écoles », forment de façon si efficace et si heureuses nos plumitifs actuels), la mode est lancée d’abord par Charlie Hebdo (souvenons-nous du fameux « Bal tragique à Colombey : un mort ») puis, à son imitation, par Libération. Désormais, seul compte le titre de la « une », de préférence accrocheur et drôle, si l’on y arrive. Le cupide chèvre-pied Laurent Joffrin vient même de faire un livre des unes de Libé !
« Quel rapport avec les manifs ? » vous interrogez-vous déjà , impatient(e) lecteur(e) ! J’y viens.
Si vous regardez de vieilles photos de manifestations (celles de 1958 ou de 1968 par exemple), vous y verrez des rangées serrées de manifestants ‘« au coude à coude » disait-on même alors, les lignes de manifestants étant surmontées de banderoles porteuses de revendications sérieuses voire vengeresses.
Plus rien de tel ! On recherche clairement désormais un style tout différent : deux ou trois manifestants seulement sur une ligne, causant gentiment entre eux, l’air détendu, avec un mêtre ou un mètre et demi entre eux et la rangée suivante. En somme, on vise à mettre dans un défilé le moins de manifestants possible au mètre carré, puisque les évaluations vont se fonder pour l’essentiel, sinon uniquement, sur la longueur du cortège. Un peu simple et grossier mais relativement efficace, au moins avec des méthodes de calcul parfaitement inadéquates!
Dans le même sens, on observe que les banderoles d’autrefois sont souvent remplacées par des pancartes individuelles. Une banderole barrant toute la rue mais tenue aux deux bouts par deux manifestants avec personne dessous, entre les deux porteurs, fait mauvais genre. Mieux vaut donc des pancartes artisanales, le plus souvent une simple feuille de carton couverte de formules peintes d’une écriture maladroite, au lieu des beaux calicots d’autrefois ! Elles sont plus nombreuses et couvrent mieux le terrain, même avec une moindre densité de manifestants. Comme le titre ést devenu essentiel dans la presse, depuis 68, le slogan percutant est aujourd'hui la précoccupation majeure des organisateurs et, avant les « manifs », on organise même des concours de slogans !
Là non plus, on n’arrête décidément pas le progrès :
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