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samedi 23 novembre 2013
Les mystères du Stade de France. Merci, JFK !
Le 50e anniversaire de l'assassinat de J.F. Kennedy nous a opportunément débarrassés des interminables considérations filandreuses sur le football, l'équipe de France et la qualification inattendue de notre équipe nationale pour la Coupe du monde de l'année prochaine. Il faut dire que l'on n'entendait pas grand-chose d'autre que les remarques oiseuses qui laissaient de côté les points les plus intéressants ou les plus curieux. Les médias, qui étaient aussi pessimistes que lucides la veille de la rencontre contre l'Ukraine, sont devenus frénétiquement enthousiastes le lendemain, sans qu'on distingue clairement , au vu du match, les raisons de cette extase nationale. L'explication cependant est relativement simple : nos commentateurs sportifs de radio comme de télévision, se caractérisent tous par un chauvinisme qui l'emporte sur toute autre considération.
On s'est extasié sur la qualification des Français pour la Coupe du monde du Brésil suite à leur victoire trois buts à zéro contre les Ukrainiens qui les avaient ridiculisés lors du match aller du match, en se limitant alors, par chance pour nous, à un 2-0, alors qu'ils auraient parfaitement pu, sans scandale, doubler la mise. On peut repenser ici à la fameuse finale de la Coupe du monde à Paris en 1998, où l'attaquant vedette du Brésil, Ronaldo, dut être hospitalisé quelques heures avant cette finale ; à en croire la presse italienne qui a repris le dossier médical, les médecins français, sous prétexte qu'il avait une crise d'épilepsie (alors que c'était un malaise cardiaque), lui administrèrent un très puissant sédatif peu avant le match. Ces détails expliquent sans doute la nullité de sa prestation durant la finale, mais la presse française en fit d'autant moins état que si l'affaire fit briller le foot français, elle n'était guère à l'honneur de sa médecine et, moins encore, de son éthique !
Toutefois, si l'on regarde un peu près le match retour lui-même, on s'aperçoit qu'en fait il y a eu que deux à zéro, puisque le but de Benzema n'était pas valable (ça ne vous rappelle pas la main si bienvenue de Thierry Henry ?) car il était hors-jeu de deux mètres, circonstance qui n'a échappé à personne ... sauf à l'arbitre. Cela ne faisait donc déjà plus que 2-0 (donc des prolongations) ; on devrait aussi prendre en compte que le troisième but français n'a tenu qu'à une maladresse des Ukrainiens qui ont marqué contre leur camp ! Dans les faits, le score était donc, entre les deux matchs, de 2-0 pour chaque camp.
Il a été clair, dès le début de la rencontre, que les Français avaient pour consigne de se jeter à l'attaque de toutes leurs forces, mais, de ce fait, ils s'exposaient à des contre-attaques rapides qui constituent la principale arme de l'équipe ukrainienne. La stratégie française supposait donc une forme de complicité ou de complaisance de l'arbitre. En effet, pour empêcher ces contre-attaques, on devait les arrêter en abattant systématiquement, dès le départ de leurs actions, les Ukrainiens qui étaient à l'origine de ces mouvements. On a donc nécessairement dû opérer, du côté français, par des tacles par derrière qui, normalement, entraînent, en cas de récidive, la pénalisation des coupables par des cartons jaunes. Or, il n'en a rien été, l'arbitre ne voyant pas plus tous ces tacles irréguliers que le hors-jeu de Benzema.
de seconde mi-temps quand il a expulsé un joueur ukrainien, victime des simagrées ridicules de Franck Ribéry, expert en la matière, alors que le ralenti démontrait que ses contorsions au sol étaient feintes car il n'avait pas été l'objet de la moindre attaque irrégulière. Il faut reconnaître que, dans cette rencontre comme dans bien d'autres, l'art dramatique footbalistique français s'exerce maintenant sous la forme de simulations de chutes qui devraient être elles-mêmes normalement pénalisées. Ces pratiques constitue désormais une des spécialités de certains joueurs français et en particulier de Ribéry et plus encore du nain Valbuena. Le coup était bien monté et ce n'est seulement qu'après l'expulsion du joueur ukrainien que l'arbitre, pour ne pas rendre sa partialité éclatante aux yeux de tous, a commencé à sortir pour les Français quelques cartons jaunes qu'il aurait dû distribuer bien plus tôt.
On a eu là une fois de plus, une illustration de "l'axiome de Nanard", selon lequel il est bien plus simple et bien plus efficace d'acheter l'arbitre plutôt que les joueurs car ces derniers gagnent trop d'argent pour se laisser facilement corrompre et ils sont en outre beaucoup plus nombreux.
L'équipe de France et plus généralement le football français font l'objet d'infinis commentaires, alors qu'on veut ignorer l' un des aspects majeurs, pour ce qui concerne notre équipe nationale, alors qu'il devrait attirer prioritairement l'attention. Il s'agit du fonctionnement, pour le moins très particulier, de notre équipe nationale; il tient à l'étrange relation entre le choix des joueurs qui entrent dans cette formation et les agents de ces mêmes joueurs, ce qui conduit aussi à poser le problème du blanchiment d'argent à travers le football et sans doute de quelques autres sports.
Comment ne pas s'étonner que les deux sélectionneurs successifs de l'équipe de France de football aient le même agent (car même nos sélectionneurs, payés par la Fédération française de football, ont des agents comme les artistes!) qui se trouve aussi, mais par le plus grand des hasards, être en même temps l'agent d'une bonne partie des joueurs de l'équipe de France. Dans d'autres contextes et dans d'autres pays, on ne manquerait pas de le remarquer et aussi d'évoquer, dans de tels cas, les "conflits d'intérêts" dont on parle si volontiers ailleurs. Il est en effet évident qu'une sélection nationale augmente, de facto, la rémunération et la valeur vénale d'un joueur !
Plus généralement encore, et en dehors du football, serait intéressant de savoir exactement d'où viennent les flots d'argent qui coulent sans cesse dans ces milieux et offrent, de ce fait même, de multiples facilités de blanchiment, puisque toutes ces opérations se passent sans grand contrôle (alors que si vous achetez un studio à 30.000 euros, le fisc vous demande d'où vous vient cet argent !) et, pour une bonne part, hors de nos frontières dans des paradis fiscaux.
Il serait bon, à cet égard, de se souvenir que l'initiateur et le promoteur de ces liens entre l'argent sale et le sport (et particulièrement le football) a été le grand Pablo Escobar ; certes, il a mal fini sa carrière mais par ces méthodes, il a failli faire gagner la Coupe du monde de football par l'équipe de Colombie sur laquelle coulait à flots l'argent de la drogue provenant du cartel de Medellín.
Il est vrai qu'ici comme ailleurs, nos journalistes ont la mémoire aussi courte que sélective.
Libellés :
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mardi 13 août 2013
Sport : dopage, paris et blanchiment
Vous m'accorderez que je parle rarement de sport, quoique je porte pas mal d'intérêt à ces activités, essentiellement en raison de mon passé dans ce domaine. Je m'amuse, en revanche, beaucoup de la façon dont les problèmes sportifs sont abordés par notre presse, écrite ou audiovisuelle. Dans une période difficile pour elle (à son avis du moins), elle vit en effet largement des sports, soit par le biais des sujets qu'ils lui offrent, soit par les publicités multiples qui y sont liées et qui la financent (pour la presse audiovisuelle, je pense surtout au système des paris).
Le Tour de France et les multiples épreuves sportives de l'été ont fait reparaître le "marronnier" du dopage dont on ne parle guère en dehors de ces périodes, qu'on évoque surtout pour le passé et auquel s'intéressent fort peu, en réalité, les premiers intéressés que devraient être les fédérations sportives. En fait, comme tout le monde le sait, le dopage règne en maître depuis plus d'un demi-siècle, sous des formes qui ont toujours évolué selon le même principe. Il consiste à mettre au point des techniques qui permettent d'échapper au mode de contrôle en cours ou qui masquent la prise de produits. Au fond, comme tout le monde se dope, tous les sportifs sont logés à la même enseigne et seules les performances sont faussées ; les classements des sportifs eux-mêmes resteraient sans doute à peu près identiques avec ou sans dopage.
Ces techniques ont souvent plus de conséquences, à long terme, sur la santé des sportifs, mais on s'en moque ; on connaît quelque cas célèbres, même si on en ignore une foule d'autres, plus obscurs ou inconnus, qui ont eu les mêmes conséquences funestes. Un des cas les plus drôles et les plus communs que je connaisse est la découverte soudaine du rôle d'une forme particulière de dopage qui règne, partout, dans toutes les salles de musculation (la "gonflette" !) qui sont devenus aujourd'hui de "fitness" ; l'auto élevage, à coup de super-protéines, d'anabolisants, de stéroïdes, etc., y a toujours été de règle. Dans les magazines spécialisés, on trouve d'ailleurs toutes les publicités qu'on veut pour des produits qui vous permettront de prendre 1 kilo de viande par mois, même si cela doit, à terme, vous ruiner la santé ou même vous tuer. Les packs de rugby ont ainsi pris 100 kilos de poids de corps en deux décennies ! Il y a quelques années, une vedette des publicités dans ce domaine, le fameux Momo Benaziza (à la louche 120 kilos pour 1.60 mètre) est mort à trente ans ! Les publicités en faveur des produits que Momo prenait et y vantait sont restées en place, dans les magazines spécialisés, durant quelques semaines après sa mort, ce qui était drôle mais un peu inquiétant !
Donc rien de particulier à dire sur le dopage, sinon que le renouvellement constant des produits dopants entraîne une course sans fin entre ce qui est fabriqué et vendu par les industriels et les quelques pauvres laboratoires chargés des contrôles et qui, entre les fraudes et les trucages, s'essoufflent à tenter de suivre le mouvement. De ce fait les révélations fracassantes (style Amstrong ou Ben Johnson) arrivent avec dix ans de retard !
Sport et paris ? Le rapport est évident, et cela justifie mon titre ; le développement exponentiel des paris sportifs (autrefois, on se bornait à doper ou à endormir les canassons) a aujourd'hui gagné les sports collectifs et en particulier le football et même le handball, ce que montre l'affaire en cours avec les paris des joueurs de Montpellier. Le gardien de but de Montpellier n'avait d'ailleurs pas lieu, dans cette affaire, de se doper lui, bien au contraire, puisqu'il lui suffisait, en fait, d'encaisser quelques buts adverses pour toucher la mise !
Pour le football, je ne reparlerai pas ici de la fameuse affaire de Bernard Tapie et du match Valenciennes-OM (1993) sur lesquels on a tout dit ; en revanche, je me souviens parfaitement, mais nul n'en parle, des déclarations de Bernard Tapie, après la première défaite en finale de coupe d'Europe et avant que l'OM gagne lui-même cette coupe en 1993 (la même année et le même protagoniste ! Comme c'est bizarre !). Il avait, en effet, déclaré alors qu'il avait compris comment on gagnait la coupe d'Europe. Sa déclaration montrait clairement qu'il avait changé de stratégie et qu'il pensait désormais qu'il était plus simple et plus efficace d'acheter les arbitres que les joueurs. Si le trucage des matchs de foot vous intéresse, consultez donc le gros livre (413 pages) que D. Hill a consacré à la question et publié en 2008, Comment truquer un match de foot ?.
Pas grand-chose à dire sur les paris, désormais non seulement autorisés, multipliés et promus au rang de grande industrie nationale et même mondiale ; le développement de l'Internet comme la mondialisation du marché( avec en prime les décalages horaires) font qu'il est, en effet, devenu impossible de contrôler la régularité des paris, même si naturellement, et surtout en France, nous avons quelques organismes ou agences (GAFI, SCPC, etc.) chargées de ce contrôle, ce qui, après tout crée des emplois et donne une apparence de contrôle à l'État, qui est, lui-même, organisateur ou "parrain" de diverses formes de paris à travers la Française des jeux, les autorisations d'officines diverses et les casinos.
Le pire est que l'Etat tolère une publicité folle autour de ces paris dont la clientèle se recrute naturellement dans les franges les plus modestes voire les plus misérables de la population, exception faite, bien entendu, de ceux qui bénéficient des gains, licites ou illicites, de ces paris et/ou de ces fraudes et trucages.
Le rapport du sport avec le blanchiment d'argent, d'où qu'il vienne, est moins évident; encore qu'il puisse déjà s'établir (et chacun le sait) à travers le système des paris eux-mêmes qui permet de blanchir de l'argent illicite, comme on le fait aussi à travers les casinos. Noël Pons a traité de la question dans Cols blancs et mains sales. Economie criminelle, mode d'emploi (O. Jacob, 2006), avant et après la série des rapports parlementaires sur la question : voilà une autre de nos belles spécialités française qui commence, dès 1958, avec le rapport 3741 de Dominique Juillot et se poursuit en 2008 avec le rapport 693, sans parler du Rapport Bauer. On sait donc tout de ces magouilles. N. Pons résume une partie de ce système dans un article intitulé « Paris truqués, football et corruption », dont vous aurez facilement le texte dans par Internet.
Je n'insiste donc pas sur ces points, mais rappellerai plutôt ici un point d'histoire, peu connu, des rapports entre le football et le blanchiment d'argent. Quitte à être corrigé par des spécialistes plus avertis, je soulignerai le rôle qu'a joué dans tout cela le fameux Pablo Escobar, le milliardaire de la drogue et du football en Colombie, dont la fortune, avant les problèmes qui ont marqué la fin de sa vie, était, en 1989, évaluée par le magazine Forbes à 25 milliards de dollars. Honni par les États-Unis et, d'une façon générale, hors de la Colombie (sauf au Mexique), Pablo Escobar était adoré de la population colombienne à la fois pour ses œuvres sociales (il construisit 500 maisons pour les pauvres), mais plus encore pour son rôle dans le football. En effet, une petite partie de la fortune que lui procurait la drogue, était consacrée au paiement des joueurs de football colombiens. L'équipe nationale de Colombie, dont la vedette était le fameux Valderama, devint alors une des meilleures du monde, infligeant entre autres un mémorable 5-0 à l'Argentine! Le football permettait ainsi à la fois à Escobar d'asseoir sa popularité pour empêcher toute extradition et de blanchir une partie de l'argent de la drogue.
Pablo Escobar a été tué en 1993 et en 1994, un joueur de l'équipe nationale colombienne, Andrès Escobar, a fait les frais à la fois de la passion des Colombiens pour le football et des paris sur ce sport ; un narcotrafiquant perdit alors beaucoup d'argent avec le match Colombie-États-Unis, dont on pensait qu'il serait facilement gagné par la Colombie. Il fut en fait perdu par cette équipe. Le pauvre Andrès Escobar, qui avait marqué contre son camp le premier but américain et entraîné la défaite de son équipe, fut, dès son retour à Bogota, assassiné sur l'ordre du parieur mécontent !
Nous ne connaissons pas actuellement, ou, en tout cas pas encore, de faits semblables en France, même s'il est fait état de menaces contre des joueurs ou leurs familles visant à influer sur les résultats. Sur un autre plan, le curieux commerce des joueurs de football (et qui sait de rugby ?) est un secteur éminemment propice au blanchiment d'argent. Ce n'est assurément pas le curriculum vitae de certains des agents de joueurs (ou assimilés) qui est susceptible d'infirmer ce point de vue !
Les faits sont apparus d'abord en Italie surtout, mais vous avez sans doute observé les mouvements commerciaux au sein de certains clubs français, en particulier du PSG (ou règne une forte odeur de gaz et pétrole), mais surtout désormais de l'AS. Monaco (club sans public mais à fiscalité spéciale, où le parfum est plutôt celui de la mafia russe, qui a désormais traversé la Manche et préfère, semble-t-il, le climat de notre Côte d'Azur à celui de Manchester). Il est évident que le "mercato" des joueurs, qui échappe à tout contrôle, puisque la plupart des transactions s'opèrent, en fait, offshore et dans des montages extrêmement compliqués, est une occasion non seulement respectable (du moins en apparence), mais totalement occulte et insondable de blanchir des sommes énormes dont l'origine n'est généralement pas connue et de toute façon inavouable.
Je vous renvoie sur ce point aux œuvres de Monsieur Noël Pons qui a exposé tout cela dans son détail. Je me contente ici de persister à m'étonner que l'État français laisse s'opérer de telles manipulations et, pire encore, les encourage, directement et indirectement, à travers les officines de paris sportifs, dont on sait que la majorité de la clientèle est pour l'essentiel misérable et souvent surendettée.La publicité éhontée des officines de crédit- derrière lesquelles se cachent, les banques, est tout aussi scandaleuse !
Une telle dérive s'inscrit d'ailleurs dans la schizophrénie publicitaire française : la "réclame", lorsque on vous vante et qu'on vous vend un produit nocif à quelque degré et sous quelque forme que ce soit, fait toujours suivre cette publicité racoleuse d'une réserve légale qui est le comble de l'hypocrisie juridico-mercantile. On vous y invite, en effet, à vous méfier ou même à ne pas consommer (sinon peut-être "avec modération", notion éminemment relative et variable) le produit qu'on vient de vous pousser à acheter ! Va comprendre Charles !
Le Tour de France et les multiples épreuves sportives de l'été ont fait reparaître le "marronnier" du dopage dont on ne parle guère en dehors de ces périodes, qu'on évoque surtout pour le passé et auquel s'intéressent fort peu, en réalité, les premiers intéressés que devraient être les fédérations sportives. En fait, comme tout le monde le sait, le dopage règne en maître depuis plus d'un demi-siècle, sous des formes qui ont toujours évolué selon le même principe. Il consiste à mettre au point des techniques qui permettent d'échapper au mode de contrôle en cours ou qui masquent la prise de produits. Au fond, comme tout le monde se dope, tous les sportifs sont logés à la même enseigne et seules les performances sont faussées ; les classements des sportifs eux-mêmes resteraient sans doute à peu près identiques avec ou sans dopage.
Ces techniques ont souvent plus de conséquences, à long terme, sur la santé des sportifs, mais on s'en moque ; on connaît quelque cas célèbres, même si on en ignore une foule d'autres, plus obscurs ou inconnus, qui ont eu les mêmes conséquences funestes. Un des cas les plus drôles et les plus communs que je connaisse est la découverte soudaine du rôle d'une forme particulière de dopage qui règne, partout, dans toutes les salles de musculation (la "gonflette" !) qui sont devenus aujourd'hui de "fitness" ; l'auto élevage, à coup de super-protéines, d'anabolisants, de stéroïdes, etc., y a toujours été de règle. Dans les magazines spécialisés, on trouve d'ailleurs toutes les publicités qu'on veut pour des produits qui vous permettront de prendre 1 kilo de viande par mois, même si cela doit, à terme, vous ruiner la santé ou même vous tuer. Les packs de rugby ont ainsi pris 100 kilos de poids de corps en deux décennies ! Il y a quelques années, une vedette des publicités dans ce domaine, le fameux Momo Benaziza (à la louche 120 kilos pour 1.60 mètre) est mort à trente ans ! Les publicités en faveur des produits que Momo prenait et y vantait sont restées en place, dans les magazines spécialisés, durant quelques semaines après sa mort, ce qui était drôle mais un peu inquiétant !
Donc rien de particulier à dire sur le dopage, sinon que le renouvellement constant des produits dopants entraîne une course sans fin entre ce qui est fabriqué et vendu par les industriels et les quelques pauvres laboratoires chargés des contrôles et qui, entre les fraudes et les trucages, s'essoufflent à tenter de suivre le mouvement. De ce fait les révélations fracassantes (style Amstrong ou Ben Johnson) arrivent avec dix ans de retard !
Sport et paris ? Le rapport est évident, et cela justifie mon titre ; le développement exponentiel des paris sportifs (autrefois, on se bornait à doper ou à endormir les canassons) a aujourd'hui gagné les sports collectifs et en particulier le football et même le handball, ce que montre l'affaire en cours avec les paris des joueurs de Montpellier. Le gardien de but de Montpellier n'avait d'ailleurs pas lieu, dans cette affaire, de se doper lui, bien au contraire, puisqu'il lui suffisait, en fait, d'encaisser quelques buts adverses pour toucher la mise !
Pour le football, je ne reparlerai pas ici de la fameuse affaire de Bernard Tapie et du match Valenciennes-OM (1993) sur lesquels on a tout dit ; en revanche, je me souviens parfaitement, mais nul n'en parle, des déclarations de Bernard Tapie, après la première défaite en finale de coupe d'Europe et avant que l'OM gagne lui-même cette coupe en 1993 (la même année et le même protagoniste ! Comme c'est bizarre !). Il avait, en effet, déclaré alors qu'il avait compris comment on gagnait la coupe d'Europe. Sa déclaration montrait clairement qu'il avait changé de stratégie et qu'il pensait désormais qu'il était plus simple et plus efficace d'acheter les arbitres que les joueurs. Si le trucage des matchs de foot vous intéresse, consultez donc le gros livre (413 pages) que D. Hill a consacré à la question et publié en 2008, Comment truquer un match de foot ?.
Pas grand-chose à dire sur les paris, désormais non seulement autorisés, multipliés et promus au rang de grande industrie nationale et même mondiale ; le développement de l'Internet comme la mondialisation du marché( avec en prime les décalages horaires) font qu'il est, en effet, devenu impossible de contrôler la régularité des paris, même si naturellement, et surtout en France, nous avons quelques organismes ou agences (GAFI, SCPC, etc.) chargées de ce contrôle, ce qui, après tout crée des emplois et donne une apparence de contrôle à l'État, qui est, lui-même, organisateur ou "parrain" de diverses formes de paris à travers la Française des jeux, les autorisations d'officines diverses et les casinos.
Le pire est que l'Etat tolère une publicité folle autour de ces paris dont la clientèle se recrute naturellement dans les franges les plus modestes voire les plus misérables de la population, exception faite, bien entendu, de ceux qui bénéficient des gains, licites ou illicites, de ces paris et/ou de ces fraudes et trucages.
Le rapport du sport avec le blanchiment d'argent, d'où qu'il vienne, est moins évident; encore qu'il puisse déjà s'établir (et chacun le sait) à travers le système des paris eux-mêmes qui permet de blanchir de l'argent illicite, comme on le fait aussi à travers les casinos. Noël Pons a traité de la question dans Cols blancs et mains sales. Economie criminelle, mode d'emploi (O. Jacob, 2006), avant et après la série des rapports parlementaires sur la question : voilà une autre de nos belles spécialités française qui commence, dès 1958, avec le rapport 3741 de Dominique Juillot et se poursuit en 2008 avec le rapport 693, sans parler du Rapport Bauer. On sait donc tout de ces magouilles. N. Pons résume une partie de ce système dans un article intitulé « Paris truqués, football et corruption », dont vous aurez facilement le texte dans par Internet.
Je n'insiste donc pas sur ces points, mais rappellerai plutôt ici un point d'histoire, peu connu, des rapports entre le football et le blanchiment d'argent. Quitte à être corrigé par des spécialistes plus avertis, je soulignerai le rôle qu'a joué dans tout cela le fameux Pablo Escobar, le milliardaire de la drogue et du football en Colombie, dont la fortune, avant les problèmes qui ont marqué la fin de sa vie, était, en 1989, évaluée par le magazine Forbes à 25 milliards de dollars. Honni par les États-Unis et, d'une façon générale, hors de la Colombie (sauf au Mexique), Pablo Escobar était adoré de la population colombienne à la fois pour ses œuvres sociales (il construisit 500 maisons pour les pauvres), mais plus encore pour son rôle dans le football. En effet, une petite partie de la fortune que lui procurait la drogue, était consacrée au paiement des joueurs de football colombiens. L'équipe nationale de Colombie, dont la vedette était le fameux Valderama, devint alors une des meilleures du monde, infligeant entre autres un mémorable 5-0 à l'Argentine! Le football permettait ainsi à la fois à Escobar d'asseoir sa popularité pour empêcher toute extradition et de blanchir une partie de l'argent de la drogue.
Pablo Escobar a été tué en 1993 et en 1994, un joueur de l'équipe nationale colombienne, Andrès Escobar, a fait les frais à la fois de la passion des Colombiens pour le football et des paris sur ce sport ; un narcotrafiquant perdit alors beaucoup d'argent avec le match Colombie-États-Unis, dont on pensait qu'il serait facilement gagné par la Colombie. Il fut en fait perdu par cette équipe. Le pauvre Andrès Escobar, qui avait marqué contre son camp le premier but américain et entraîné la défaite de son équipe, fut, dès son retour à Bogota, assassiné sur l'ordre du parieur mécontent !
Nous ne connaissons pas actuellement, ou, en tout cas pas encore, de faits semblables en France, même s'il est fait état de menaces contre des joueurs ou leurs familles visant à influer sur les résultats. Sur un autre plan, le curieux commerce des joueurs de football (et qui sait de rugby ?) est un secteur éminemment propice au blanchiment d'argent. Ce n'est assurément pas le curriculum vitae de certains des agents de joueurs (ou assimilés) qui est susceptible d'infirmer ce point de vue !
Les faits sont apparus d'abord en Italie surtout, mais vous avez sans doute observé les mouvements commerciaux au sein de certains clubs français, en particulier du PSG (ou règne une forte odeur de gaz et pétrole), mais surtout désormais de l'AS. Monaco (club sans public mais à fiscalité spéciale, où le parfum est plutôt celui de la mafia russe, qui a désormais traversé la Manche et préfère, semble-t-il, le climat de notre Côte d'Azur à celui de Manchester). Il est évident que le "mercato" des joueurs, qui échappe à tout contrôle, puisque la plupart des transactions s'opèrent, en fait, offshore et dans des montages extrêmement compliqués, est une occasion non seulement respectable (du moins en apparence), mais totalement occulte et insondable de blanchir des sommes énormes dont l'origine n'est généralement pas connue et de toute façon inavouable.
Je vous renvoie sur ce point aux œuvres de Monsieur Noël Pons qui a exposé tout cela dans son détail. Je me contente ici de persister à m'étonner que l'État français laisse s'opérer de telles manipulations et, pire encore, les encourage, directement et indirectement, à travers les officines de paris sportifs, dont on sait que la majorité de la clientèle est pour l'essentiel misérable et souvent surendettée.La publicité éhontée des officines de crédit- derrière lesquelles se cachent, les banques, est tout aussi scandaleuse !
Une telle dérive s'inscrit d'ailleurs dans la schizophrénie publicitaire française : la "réclame", lorsque on vous vante et qu'on vous vend un produit nocif à quelque degré et sous quelque forme que ce soit, fait toujours suivre cette publicité racoleuse d'une réserve légale qui est le comble de l'hypocrisie juridico-mercantile. On vous y invite, en effet, à vous méfier ou même à ne pas consommer (sinon peut-être "avec modération", notion éminemment relative et variable) le produit qu'on vient de vous pousser à acheter ! Va comprendre Charles !
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dimanche 7 août 2011
Placement en temps de crise : achetez-vous un footballeur argentin!

Vu la conjoncture économique et financière actuelle, on ne sait plus où trouver des placements sûrs et fructueux.
L'or a atteint une limite ; l'immobilier reste certes une piste exploitable, mais si l'on doit passer par les banques, les taux d'intérêt ont monté et le feront encore. Il reste toutefois la voie royale : le footballeur argentin.
Si vous songez que Palerme à acheté Javier Pastore il y a deux ans pour 8 millions d'euros et vient de le vendre au PSG pour 42 millions, dites-moi un peu où vous pouvez trouver un placement qui vous rapporte, par an, 200 % (laissons tomber, s'il vous plaît, les miettes et les intérêts composés !).
Il faut tout de même vous méfier, car Dieu sait que, dans le milieu du football, les aigrefins, voire les repris de justice, sont légion, à commencer par ceux que l'on appelle joliment les "agents" (sans doute par référence à la police mais par antiphrase) qui, souvent, passent directement de la paille humide des cachots aux fauteuils de leurs jets privés ou aux positions les plus officielles dans nos médias. Je ne vise naturellement personne!
Certes, tout le monde n'a pas la chance de tomber sur un émir du Qatar qui, à peine descendu de son chameau, investit 100 millions dans une équipe bidon qui se permet d'en claquer 42 pour acheter un danseur de tango maigrelet, venu de Cordoba.
Javier Pastore est un charmant jeune homme, grand et svelte. Ses biographes s'accordent à lui accorder une taille d'un 1,87 mètre mais le font peser tantôt 75, tantôt 78 kilos, ce qui, pour un prix total de 42 millions d'euros, met tout de même le kilo de Javier aux alentours de 500.000 à 600.000 euros. Son poids est un peu imprécis mais ses états de service footballistiques sont encore nettement plus flous.
Ayant dû quitter l'Argentine suite à la quasi-faillite du club Huracan où il venait de signer un an avant, il aurait fait un séjour de test de recrutement à l'AS Saint-Étienne qui finalement n'en a pas voulu. C'est assurément une grosse bêtise sur le plan commercial quand on voit la suite, quels que soient les talents de footballeur de Pastore.
On nous le présente également comme l'une des gloires du football argentin ( le nouveau Messie, nous assène-t-on, mais on doit se souvenir que Barcelone a recruté le vrai Messi à 13 ans, le faisant venir en Catalogne avec toute sa famille pour un traitement médical !) et surtout de son équipe nationale. En fait, vus de plus près, ses états de service comme international ne sont pas des meilleurs.
En fait, il ne l'a guère été vraiment. Il a joué dans une sélection non officielle (à Barcelone contre une sélection de Catalogne où il est entré en deuxième mi-temps le 22 décembre 2009) ; il a été sélectionné contre l'Allemagne mais sans jouer. Le premier match international où il a joué est celui contre le Canada, le 25 mai 2010, dans une rencontre de préparation du Mondial sans trop d'histoire puisque l'Argentine a gagné cinq à zéro. En fait, son seul vrai match officiel et non amical, en Afrique du Sud, a été, le 22 juin 2010, contre la Grèce, où il a joué, en tout et pour tout, 13 minutes en seconde mi-temps. Pour le nouveau Messie qu'on veut nous vendre c'est tout de même un peu léger face au vrai Messi qui, à l'âge de Pastore (il a exactement 2 ans de plus) comptait déjà 14 sélections internationales.
Ajoutons qu'à Palerme, en deux saisons, Pastore n'a marqué que 17 buts (4 la première année et 13 la seconde), alors que Messi, certes dans un autre emploi, en a inscrit, pour le Barça 108 durant la même période.
En tout cas les Palermitains ont fait, dans cette affaire Pastore, une excellente opération. Il n'est pas sûr qu'il en soit de même pour le PSG.
Il est fort à craindre que le prince du Qatar soit le dindon de la farce, ce qui n'est pas véritablement fait pour me chagriner, d'autant que, dans un tel cas, on peut penser que les transferts sportifs ne servent pas, pour une fois, à blanchir de l'argent sale!
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