Comme je le disais dans mon commentaire de son billet sur "l'hilarité obligatoire" dans Mediapart, Vingtras m'a coupé l'herbe sous le pied ; je dis le pied et non pas les pieds, car mes pieds sont fort grands et son billet assez court. Je méditais depuis longtemps un post sur ce sujet auquel j'avais déjà fait allusion et le billet qu'il a publié me donne l'occasion de m'y attaquer enfin.
Je ne crois guère ni à son explication sociologique sur le rire obligatoire comme remède à la morosité endémique ni à sa vue, optimiste aussi, selon laquelle les médias ont l'obligation de détendre l'atmosphère. Je les crois exclusivement préoccupés de faire monter par là leur audience et les prétendues nouveautés de la rentrée audiovisuelle actuelle ne me donnent assurément pas tort. Radios et Télés se livrent une lutte farouche et dérisoire à la fois, non dans des intentions si nobles, mais tout simplement pour augmenter leurs tarifs de publicité, donc leurs recettes et les salaires de leurs "employés" que je ne sais trop comment qualifier.
Je n'en veux pour preuve que la concurrence, férocement sordide, que se font les radios bignoles que j'écoute distraitement, en fonds sonore, le matin (Luxembourg, Europe et RMC). Leur concurrence est d'autant plus ridicule que ce qui s'y passe est strictement identique pour ces trois stations. Il s'agit de prétendre donner la parole à des auditeurs lointains, qu'on a fait droguer au standard en leur imposant, en retour de l'honneur qui leur est fait de "causer dans le poste", de faire l'éloge de la station et de ses glorieux "animateurs" qui sont eux-mêmes parfaitement interchangeables. On feint de s'intéresser aux propos de ces naïfs pedzouilles, qu'on appelle par leur prénom, dont on s'est préalablement enquis, en citant le nom de leur bled, avant de leur couper sans vergogne la parole pour "faire" un auditeur de plus. Bourdin, Truchot, Machin ou Chose, c'est du pareil au même, mais il leur faut faire du chiffre pour garder leurs 15.000 euros mensuels, tout en ayant la larme à l'oeil dès qu'un smicard apparaît dans le paysage.
L'ambiance est nécessairement joyeuse et le rire obligatoire. La pire figurante de toutes est, sur Europe, le matin, une certaine J. (65 balais au compteur) dont la fonction essentielle est de rire en permanence à gorge déployée et à tout propos. Je n'ai d'ailleurs jamais pas compris pourquoi on ne la remplace pas tout simplement par des enregistrements qu'on déclencherait ad nutum ; ce serait naturel et même humain car, à son âge et après tant d'heures passées à rire, on sent chez elle une certaine fatigue des zygomatiques. A RMC, dans une émission dite "les grandes gueules", on a eu la chance de recruter récemment un prétendu sociologue que son rire, agricole et tonitruant pour le coup, fait plutôt imaginer au cul des vaches que dans une chaire universitaire ! M'enfin !
Le pire, je crois est une émission (mais je vous entends déjà murmurer perfidement "Pourquoi diable l'écoute-t-il ?) qui passe l'après-midi, de 16 à 18 heures, sur Europe et dont le titre faubourien doit être « On va s'gêner !» et qui est produite par Laurent Ruquier. En fait je l'écoute assez souvent non par goût et perversité mais parce que, étant en voiture à ce moment-là, je n'ai guère le choix qu'entre les insupportables pédanteries de France Culture à ces heures creuses, les niaiseries de Luis qui, à ce moment-là, sur RMC, "attaque la planète foot" (< "Luis attaque < "Louise attaque : merci pour eux de bien vouloir rire !) dont l'accent lyonnais (ou plus précisément des Minguettes), est exaspérant de vulgarité, son propos lui-même étant en général d'une rhétorique incertaine mais toujours fondée sur le rythme ternaire gaullien, qui ne fait qu'accroître la longueur du discours sans en augmenter l'intérêt et Ruquier lui même que j'ai connu meilleur, à ses débuts, autrefois.
C'est, en fait, lui qui fait l'essentiel du travail dans cette affaire et il consiste à faire causer ses « chroniqueurs », de pitoyables has beens, dont j'ai appris qu'ils sont fort bien payés pour de lamentables prestations. Comme disait le Jugnot du "Bébète Show" d'autrefois "Et dire qu'on les paye pour faire ça!").
L'ornement principal de l'équipe est Claude, qui doit aller sur ses 90 ans si elle ne les a pas déjà dépassés et dont la lubricité sénile s'accorde assez bien avec le propos général de l'émission où la grivoiserie voire l'obcénité sont de règle avec, en tête de gondole, l'ex-giton de Laurent Ruquier dont il a fait la carrière par reconnaissance de je ne sais quoi ! Il s'agit d'une ex-vedette de je ne sais quel téléréalité dont le QI est, de toute évidence négatif et dont l'ignorance abyssale peut toujours être sollicitée, en cas de disette de rire, car la connerie monumentale est garantie pour toute sollicitation à son endroit (si j'ose dire !).
S'ajoutent à ce duo une sinistre ex-institutrice en rupture de ban, preuve vivante que le niveau du recrutement éducatif a plutôt monté car on se demande comment elle a pu réussir le concours d'une école normale et l'ex-adjoint de l'adjoint de l'adjoint du rédacteur en chef du Nouvel Observateur Pierrot le baveur, surnom qui se passe de commentaire quand on l'a examiné de près, ne serait-ce qu'une fois.
Tous ces gens-là s'efforcent d'être plaisants, laborieusement il faut en convenir mais sans jamais y parvenir naturellement. Cela ne les empêche nullement de rire, entre eux bien sûr, des plates sottises qu'ils peuvent parvenir à éructer ! On prétend que le rire est communicatif, principe dont ils démontrent chaque jour à quel point il est faux. Je ne connais en effet rien de plus triste qu'un amateur de facéties qui est le seul à rire de ses propres blagues. C'est la règle dans cette émission de Ruquier qui essaye, lui-même, de sauver les meubles à coups de "vannes", comme on dit si improprement aujourd'hui dans ce milieu, soigneusement préparées à la lumière du cheminement de l'émission qu'il a lui même défini mais qui, comme disaient les Grecs, "sentent l'huile". Le tout est fort heureusement agrémenté de musiques et surtout de "pauses" (car on n'ose pas, ici comme ailleurs, prononcer le mot tabou "publicité"), qui permettent de suspendre, au moins pour un moment, les rires forcés et stupides de cette fine équipe.
Une question que je me suis souvent posée est la suivante : comment arrive-t-on à faire rire l'auditoire (car il semble y en avoir un) avec des propos si insipides et des plaisanteries si consternantes ? Mais pourquoi avoir un public (d'autant que l'émission n'est pas en direct et qu'on la rediffuse indéfiniment!), alors qu'il serait tellement plus simple d'avoir un technicien préposé à cette tâche et des enregistrements de rires, comme cela se fait couramment dans les télévisions nord-américaines.
J'en suis venu donc à penser que l'on doit diffuser, subrepticement dans les studios de radio et de télévision où sont enregistrées de telles émissions, un gaz hilarant. Cette méthode aurait toutefois un avantage, si l'on parvenait, en se glissant dans l'un ou l'autre de ces studios, à substituer au gaz hilarant qu'on utilise du gaz sarin qu' on pourrait désormais se procurer, à bon compte et en quantité, auprès d'un honnête commerçant moyen oriental, Monsieur Bachar al Assad qui dispose de stocks devenus inutiles ou, en tout cas, excessifs et serait sans doute de ce fait disposé à faire des prix sur ce produit. Cette méthode aurait l'avantage de débarrasser d'un seul coup à la fois d'un public imbécile mais, aussi et surtout, de ces sinistres chroniqueurs à visée prétendument drolatiques.
Je ne vous servirai pas, car Vingtras l'a déjà fait, le fameux propos de Molière selon lequel "C'est une étrange entreprise que celle de faire rire les honnêtes gens " ; je m'en garderai d'autant plus que, moins optimiste que lui, je doute fort qu'il y ait beaucoup d'"honnêtes gens" qui suivent de telles émissions et la seule mention d'Eric et Ramzy m'a permis d'éviter la rencontre fâcheuse du "Platane" dont Canal Plus a jugé bon d'orner la route de sa rentrée.
Post Scriptum : Dois-je préciser que je plaisante MOI !
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mercredi 18 septembre 2013
samedi 14 septembre 2013
Schizophrénie française.
J'ai déjà écrit sur ce thème, dans une autre perspective toutefois, un post dont je ne sais plus la référence que je n'ai pas le courage ni le goût de rechercher. J'y avais attiré l'attention sur la schizophrénie manifeste qu'engendre une foule de messages publicitaires qui nous recommandent un usage, un produit ou une attitude, tout en nous invitant, suite à une obligation légale, dans le même message, à nous en écarter de notre mieux.
Les messages de publicité pour les aliments ... gras, sucrés, salés… (rares sont ceux qui ne le sont pas et souvent ils ont même deux de ces caractères !) sont toujours immédiatement suivis d'un appendice que la loi rend obligatoire et qui nous invite à les consommer avec modération, voire à nous en abstenir. Il en est de même pour les alcools, ce qui n'empêche pas qu'on en fasse la "réclame", ce qui me semble contraire à la loi Evin (drôle nom pour cette loi !). Désormais, on peut ajouter à cette longue liste, tous les jeux et les paris dont la publicité nous accable à tout moment, surtout dans les émissions sportives et avec la complicité scandaleusement racoleuse de vedettes du sport déjà millionnaires ! Là aussi la modération nous est antagoniquement conseillée, le cas échéant par le recours à d'autres officines, probablement mises en place par ceux qui font cette publicité elle-même et qui doublent ainsi leurs profits.
La schizophrénie est également provoquée, mais, cette fois-ci de façon fortuite et plus rare, par des télescopages d'informations dont j'ai entendu de jolis exemples, ce vendredi 13 septembre 2013 au matin. Que de 13, alors que nos escrocs des jeux de hasard sont tellement le nez dans le guidon qu'ils ne semblent même pas avoir pris garde à la chose ! Je ne donne cette précision que pour vous permettre de vérifier la véracité et l'exactitude de mon propos.
Sur une des radios bignoles que j'écoute distraitement le matin, j'ai ainsi entendu une publicité en faveur de la mise en chantier de travaux de toutes sortes pour l'aménagement de nos maisons (publicité sans le moindre doute par les artisans du BTP) ; vers 9 heures, elle précédait immédiatement l'information qui nous avisait de la colère des artisans du bâtiment, tous au bord de la faillite, situation qui les amenait à faire grève dans la journée et surtout à organiser des défilés et des "opérations escargots". Ce choc de ces deux annonces m'a fait penser à cette fameuse campagne de publicité de la SNCF qui, il y a quelques années, avait été si opportunément lancée au moment même où les cheminots entamaient une grève. Cela dit les ramener sur les chantiers éviterait qu'ils ne bloquent nos routes !
Comme s'il fallait ajouter à la chose, un autre joli télescopage communicationnel s'est produit aussitôt peu après. Après le déferlement quotidien des publicités automobiles (comme chacun le sait, le parc automobile français fonctionne pour les deux tiers au diesel), on a entendu, à propos de l'abandon de l'idée de surtaxer le gaz-oil, une déclaration indignée de Cécile Duflot qui attirait notre attention sur le drame que cause la circulation des modèles diesel qui engendrent, chaque année, 46 000 décès et coûtent, de ce fait, une fortune à la Sécurité Sociale (on est tenté d'ajouter mais fait des économies sur les retraites !).
Dans une société pareille, comment ne pas devenir schizophrène quand l'omniprésente et obsédante publicité nous pousse, à chaque instant, à faire des choses ou à consommer des produits dont on nous dissuade par ailleurs, dans le même mouvement, de faire usage. Je constate d'ailleurs que cette publicité, qui nous submerge aux heures de grande écoute est de plus en plus honteuse et se dissimule tant bien que mal. Notez qu'à ces heures, sur dix minutes de temps d'antenne, la moitié est occupée par la publicité dont on n'ose même plus prononcer le nom ! On ne sait plus d'ailleurs si on a affaire à des émissions qu'on entrecoupe de messages publicitaires ou à une succession des messages publicitaires qui font place, par moments, à un discours radiophonique autre. Fait significatif, le mot "publicité" lui même est totalement proscrit dans les médias audiovisuels, radio ou télé. L'officiant, qui est au micro ou devant les caméras, prenant un air dégagé, s'arrête de parler, d'interroger ou de faire causer ses chroniqueurs (belle expression pour des gens dans le rôle le rôle se borne à glousser et à rire pour entretenir une ambiance prétendument joyeuse) et nous annonce alors, non pas les minutes interminables de pub que nous allons devoir subir, mais une COURTE PAUSE (tu parles !). Soyez sûrs que ça n'est pas pour que le principal intéressé aille aux toilettes ou pour que puissiez boire vous-même votre pastis ou votre café ; c'est toujours l'annonce , hypocrite et mensongère, d'une avalanche de messages publicitaires. Il n'y a là en rien une "pause" qui, par définition même, doit toujours être plus brève que l'activité majeure.
Mais on ne va tout de même demander aux demeurés, qui meublent nos antennes et occupent nos écrans, d'être honnêtes et, en plus, de connaître la langue française !
mardi 13 août 2013
Sport : dopage, paris et blanchiment
Vous m'accorderez que je parle rarement de sport, quoique je porte pas mal d'intérêt à ces activités, essentiellement en raison de mon passé dans ce domaine. Je m'amuse, en revanche, beaucoup de la façon dont les problèmes sportifs sont abordés par notre presse, écrite ou audiovisuelle. Dans une période difficile pour elle (à son avis du moins), elle vit en effet largement des sports, soit par le biais des sujets qu'ils lui offrent, soit par les publicités multiples qui y sont liées et qui la financent (pour la presse audiovisuelle, je pense surtout au système des paris).
Le Tour de France et les multiples épreuves sportives de l'été ont fait reparaître le "marronnier" du dopage dont on ne parle guère en dehors de ces périodes, qu'on évoque surtout pour le passé et auquel s'intéressent fort peu, en réalité, les premiers intéressés que devraient être les fédérations sportives. En fait, comme tout le monde le sait, le dopage règne en maître depuis plus d'un demi-siècle, sous des formes qui ont toujours évolué selon le même principe. Il consiste à mettre au point des techniques qui permettent d'échapper au mode de contrôle en cours ou qui masquent la prise de produits. Au fond, comme tout le monde se dope, tous les sportifs sont logés à la même enseigne et seules les performances sont faussées ; les classements des sportifs eux-mêmes resteraient sans doute à peu près identiques avec ou sans dopage.
Ces techniques ont souvent plus de conséquences, à long terme, sur la santé des sportifs, mais on s'en moque ; on connaît quelque cas célèbres, même si on en ignore une foule d'autres, plus obscurs ou inconnus, qui ont eu les mêmes conséquences funestes. Un des cas les plus drôles et les plus communs que je connaisse est la découverte soudaine du rôle d'une forme particulière de dopage qui règne, partout, dans toutes les salles de musculation (la "gonflette" !) qui sont devenus aujourd'hui de "fitness" ; l'auto élevage, à coup de super-protéines, d'anabolisants, de stéroïdes, etc., y a toujours été de règle. Dans les magazines spécialisés, on trouve d'ailleurs toutes les publicités qu'on veut pour des produits qui vous permettront de prendre 1 kilo de viande par mois, même si cela doit, à terme, vous ruiner la santé ou même vous tuer. Les packs de rugby ont ainsi pris 100 kilos de poids de corps en deux décennies ! Il y a quelques années, une vedette des publicités dans ce domaine, le fameux Momo Benaziza (à la louche 120 kilos pour 1.60 mètre) est mort à trente ans ! Les publicités en faveur des produits que Momo prenait et y vantait sont restées en place, dans les magazines spécialisés, durant quelques semaines après sa mort, ce qui était drôle mais un peu inquiétant !
Donc rien de particulier à dire sur le dopage, sinon que le renouvellement constant des produits dopants entraîne une course sans fin entre ce qui est fabriqué et vendu par les industriels et les quelques pauvres laboratoires chargés des contrôles et qui, entre les fraudes et les trucages, s'essoufflent à tenter de suivre le mouvement. De ce fait les révélations fracassantes (style Amstrong ou Ben Johnson) arrivent avec dix ans de retard !
Sport et paris ? Le rapport est évident, et cela justifie mon titre ; le développement exponentiel des paris sportifs (autrefois, on se bornait à doper ou à endormir les canassons) a aujourd'hui gagné les sports collectifs et en particulier le football et même le handball, ce que montre l'affaire en cours avec les paris des joueurs de Montpellier. Le gardien de but de Montpellier n'avait d'ailleurs pas lieu, dans cette affaire, de se doper lui, bien au contraire, puisqu'il lui suffisait, en fait, d'encaisser quelques buts adverses pour toucher la mise !
Pour le football, je ne reparlerai pas ici de la fameuse affaire de Bernard Tapie et du match Valenciennes-OM (1993) sur lesquels on a tout dit ; en revanche, je me souviens parfaitement, mais nul n'en parle, des déclarations de Bernard Tapie, après la première défaite en finale de coupe d'Europe et avant que l'OM gagne lui-même cette coupe en 1993 (la même année et le même protagoniste ! Comme c'est bizarre !). Il avait, en effet, déclaré alors qu'il avait compris comment on gagnait la coupe d'Europe. Sa déclaration montrait clairement qu'il avait changé de stratégie et qu'il pensait désormais qu'il était plus simple et plus efficace d'acheter les arbitres que les joueurs. Si le trucage des matchs de foot vous intéresse, consultez donc le gros livre (413 pages) que D. Hill a consacré à la question et publié en 2008, Comment truquer un match de foot ?.
Pas grand-chose à dire sur les paris, désormais non seulement autorisés, multipliés et promus au rang de grande industrie nationale et même mondiale ; le développement de l'Internet comme la mondialisation du marché( avec en prime les décalages horaires) font qu'il est, en effet, devenu impossible de contrôler la régularité des paris, même si naturellement, et surtout en France, nous avons quelques organismes ou agences (GAFI, SCPC, etc.) chargées de ce contrôle, ce qui, après tout crée des emplois et donne une apparence de contrôle à l'État, qui est, lui-même, organisateur ou "parrain" de diverses formes de paris à travers la Française des jeux, les autorisations d'officines diverses et les casinos.
Le pire est que l'Etat tolère une publicité folle autour de ces paris dont la clientèle se recrute naturellement dans les franges les plus modestes voire les plus misérables de la population, exception faite, bien entendu, de ceux qui bénéficient des gains, licites ou illicites, de ces paris et/ou de ces fraudes et trucages.
Le rapport du sport avec le blanchiment d'argent, d'où qu'il vienne, est moins évident; encore qu'il puisse déjà s'établir (et chacun le sait) à travers le système des paris eux-mêmes qui permet de blanchir de l'argent illicite, comme on le fait aussi à travers les casinos. Noël Pons a traité de la question dans Cols blancs et mains sales. Economie criminelle, mode d'emploi (O. Jacob, 2006), avant et après la série des rapports parlementaires sur la question : voilà une autre de nos belles spécialités française qui commence, dès 1958, avec le rapport 3741 de Dominique Juillot et se poursuit en 2008 avec le rapport 693, sans parler du Rapport Bauer. On sait donc tout de ces magouilles. N. Pons résume une partie de ce système dans un article intitulé « Paris truqués, football et corruption », dont vous aurez facilement le texte dans par Internet.
Je n'insiste donc pas sur ces points, mais rappellerai plutôt ici un point d'histoire, peu connu, des rapports entre le football et le blanchiment d'argent. Quitte à être corrigé par des spécialistes plus avertis, je soulignerai le rôle qu'a joué dans tout cela le fameux Pablo Escobar, le milliardaire de la drogue et du football en Colombie, dont la fortune, avant les problèmes qui ont marqué la fin de sa vie, était, en 1989, évaluée par le magazine Forbes à 25 milliards de dollars. Honni par les États-Unis et, d'une façon générale, hors de la Colombie (sauf au Mexique), Pablo Escobar était adoré de la population colombienne à la fois pour ses œuvres sociales (il construisit 500 maisons pour les pauvres), mais plus encore pour son rôle dans le football. En effet, une petite partie de la fortune que lui procurait la drogue, était consacrée au paiement des joueurs de football colombiens. L'équipe nationale de Colombie, dont la vedette était le fameux Valderama, devint alors une des meilleures du monde, infligeant entre autres un mémorable 5-0 à l'Argentine! Le football permettait ainsi à la fois à Escobar d'asseoir sa popularité pour empêcher toute extradition et de blanchir une partie de l'argent de la drogue.
Pablo Escobar a été tué en 1993 et en 1994, un joueur de l'équipe nationale colombienne, Andrès Escobar, a fait les frais à la fois de la passion des Colombiens pour le football et des paris sur ce sport ; un narcotrafiquant perdit alors beaucoup d'argent avec le match Colombie-États-Unis, dont on pensait qu'il serait facilement gagné par la Colombie. Il fut en fait perdu par cette équipe. Le pauvre Andrès Escobar, qui avait marqué contre son camp le premier but américain et entraîné la défaite de son équipe, fut, dès son retour à Bogota, assassiné sur l'ordre du parieur mécontent !
Nous ne connaissons pas actuellement, ou, en tout cas pas encore, de faits semblables en France, même s'il est fait état de menaces contre des joueurs ou leurs familles visant à influer sur les résultats. Sur un autre plan, le curieux commerce des joueurs de football (et qui sait de rugby ?) est un secteur éminemment propice au blanchiment d'argent. Ce n'est assurément pas le curriculum vitae de certains des agents de joueurs (ou assimilés) qui est susceptible d'infirmer ce point de vue !
Les faits sont apparus d'abord en Italie surtout, mais vous avez sans doute observé les mouvements commerciaux au sein de certains clubs français, en particulier du PSG (ou règne une forte odeur de gaz et pétrole), mais surtout désormais de l'AS. Monaco (club sans public mais à fiscalité spéciale, où le parfum est plutôt celui de la mafia russe, qui a désormais traversé la Manche et préfère, semble-t-il, le climat de notre Côte d'Azur à celui de Manchester). Il est évident que le "mercato" des joueurs, qui échappe à tout contrôle, puisque la plupart des transactions s'opèrent, en fait, offshore et dans des montages extrêmement compliqués, est une occasion non seulement respectable (du moins en apparence), mais totalement occulte et insondable de blanchir des sommes énormes dont l'origine n'est généralement pas connue et de toute façon inavouable.
Je vous renvoie sur ce point aux œuvres de Monsieur Noël Pons qui a exposé tout cela dans son détail. Je me contente ici de persister à m'étonner que l'État français laisse s'opérer de telles manipulations et, pire encore, les encourage, directement et indirectement, à travers les officines de paris sportifs, dont on sait que la majorité de la clientèle est pour l'essentiel misérable et souvent surendettée.La publicité éhontée des officines de crédit- derrière lesquelles se cachent, les banques, est tout aussi scandaleuse !
Une telle dérive s'inscrit d'ailleurs dans la schizophrénie publicitaire française : la "réclame", lorsque on vous vante et qu'on vous vend un produit nocif à quelque degré et sous quelque forme que ce soit, fait toujours suivre cette publicité racoleuse d'une réserve légale qui est le comble de l'hypocrisie juridico-mercantile. On vous y invite, en effet, à vous méfier ou même à ne pas consommer (sinon peut-être "avec modération", notion éminemment relative et variable) le produit qu'on vient de vous pousser à acheter ! Va comprendre Charles !
Le Tour de France et les multiples épreuves sportives de l'été ont fait reparaître le "marronnier" du dopage dont on ne parle guère en dehors de ces périodes, qu'on évoque surtout pour le passé et auquel s'intéressent fort peu, en réalité, les premiers intéressés que devraient être les fédérations sportives. En fait, comme tout le monde le sait, le dopage règne en maître depuis plus d'un demi-siècle, sous des formes qui ont toujours évolué selon le même principe. Il consiste à mettre au point des techniques qui permettent d'échapper au mode de contrôle en cours ou qui masquent la prise de produits. Au fond, comme tout le monde se dope, tous les sportifs sont logés à la même enseigne et seules les performances sont faussées ; les classements des sportifs eux-mêmes resteraient sans doute à peu près identiques avec ou sans dopage.
Ces techniques ont souvent plus de conséquences, à long terme, sur la santé des sportifs, mais on s'en moque ; on connaît quelque cas célèbres, même si on en ignore une foule d'autres, plus obscurs ou inconnus, qui ont eu les mêmes conséquences funestes. Un des cas les plus drôles et les plus communs que je connaisse est la découverte soudaine du rôle d'une forme particulière de dopage qui règne, partout, dans toutes les salles de musculation (la "gonflette" !) qui sont devenus aujourd'hui de "fitness" ; l'auto élevage, à coup de super-protéines, d'anabolisants, de stéroïdes, etc., y a toujours été de règle. Dans les magazines spécialisés, on trouve d'ailleurs toutes les publicités qu'on veut pour des produits qui vous permettront de prendre 1 kilo de viande par mois, même si cela doit, à terme, vous ruiner la santé ou même vous tuer. Les packs de rugby ont ainsi pris 100 kilos de poids de corps en deux décennies ! Il y a quelques années, une vedette des publicités dans ce domaine, le fameux Momo Benaziza (à la louche 120 kilos pour 1.60 mètre) est mort à trente ans ! Les publicités en faveur des produits que Momo prenait et y vantait sont restées en place, dans les magazines spécialisés, durant quelques semaines après sa mort, ce qui était drôle mais un peu inquiétant !
Donc rien de particulier à dire sur le dopage, sinon que le renouvellement constant des produits dopants entraîne une course sans fin entre ce qui est fabriqué et vendu par les industriels et les quelques pauvres laboratoires chargés des contrôles et qui, entre les fraudes et les trucages, s'essoufflent à tenter de suivre le mouvement. De ce fait les révélations fracassantes (style Amstrong ou Ben Johnson) arrivent avec dix ans de retard !
Sport et paris ? Le rapport est évident, et cela justifie mon titre ; le développement exponentiel des paris sportifs (autrefois, on se bornait à doper ou à endormir les canassons) a aujourd'hui gagné les sports collectifs et en particulier le football et même le handball, ce que montre l'affaire en cours avec les paris des joueurs de Montpellier. Le gardien de but de Montpellier n'avait d'ailleurs pas lieu, dans cette affaire, de se doper lui, bien au contraire, puisqu'il lui suffisait, en fait, d'encaisser quelques buts adverses pour toucher la mise !
Pour le football, je ne reparlerai pas ici de la fameuse affaire de Bernard Tapie et du match Valenciennes-OM (1993) sur lesquels on a tout dit ; en revanche, je me souviens parfaitement, mais nul n'en parle, des déclarations de Bernard Tapie, après la première défaite en finale de coupe d'Europe et avant que l'OM gagne lui-même cette coupe en 1993 (la même année et le même protagoniste ! Comme c'est bizarre !). Il avait, en effet, déclaré alors qu'il avait compris comment on gagnait la coupe d'Europe. Sa déclaration montrait clairement qu'il avait changé de stratégie et qu'il pensait désormais qu'il était plus simple et plus efficace d'acheter les arbitres que les joueurs. Si le trucage des matchs de foot vous intéresse, consultez donc le gros livre (413 pages) que D. Hill a consacré à la question et publié en 2008, Comment truquer un match de foot ?.
Pas grand-chose à dire sur les paris, désormais non seulement autorisés, multipliés et promus au rang de grande industrie nationale et même mondiale ; le développement de l'Internet comme la mondialisation du marché( avec en prime les décalages horaires) font qu'il est, en effet, devenu impossible de contrôler la régularité des paris, même si naturellement, et surtout en France, nous avons quelques organismes ou agences (GAFI, SCPC, etc.) chargées de ce contrôle, ce qui, après tout crée des emplois et donne une apparence de contrôle à l'État, qui est, lui-même, organisateur ou "parrain" de diverses formes de paris à travers la Française des jeux, les autorisations d'officines diverses et les casinos.
Le pire est que l'Etat tolère une publicité folle autour de ces paris dont la clientèle se recrute naturellement dans les franges les plus modestes voire les plus misérables de la population, exception faite, bien entendu, de ceux qui bénéficient des gains, licites ou illicites, de ces paris et/ou de ces fraudes et trucages.
Le rapport du sport avec le blanchiment d'argent, d'où qu'il vienne, est moins évident; encore qu'il puisse déjà s'établir (et chacun le sait) à travers le système des paris eux-mêmes qui permet de blanchir de l'argent illicite, comme on le fait aussi à travers les casinos. Noël Pons a traité de la question dans Cols blancs et mains sales. Economie criminelle, mode d'emploi (O. Jacob, 2006), avant et après la série des rapports parlementaires sur la question : voilà une autre de nos belles spécialités française qui commence, dès 1958, avec le rapport 3741 de Dominique Juillot et se poursuit en 2008 avec le rapport 693, sans parler du Rapport Bauer. On sait donc tout de ces magouilles. N. Pons résume une partie de ce système dans un article intitulé « Paris truqués, football et corruption », dont vous aurez facilement le texte dans par Internet.
Je n'insiste donc pas sur ces points, mais rappellerai plutôt ici un point d'histoire, peu connu, des rapports entre le football et le blanchiment d'argent. Quitte à être corrigé par des spécialistes plus avertis, je soulignerai le rôle qu'a joué dans tout cela le fameux Pablo Escobar, le milliardaire de la drogue et du football en Colombie, dont la fortune, avant les problèmes qui ont marqué la fin de sa vie, était, en 1989, évaluée par le magazine Forbes à 25 milliards de dollars. Honni par les États-Unis et, d'une façon générale, hors de la Colombie (sauf au Mexique), Pablo Escobar était adoré de la population colombienne à la fois pour ses œuvres sociales (il construisit 500 maisons pour les pauvres), mais plus encore pour son rôle dans le football. En effet, une petite partie de la fortune que lui procurait la drogue, était consacrée au paiement des joueurs de football colombiens. L'équipe nationale de Colombie, dont la vedette était le fameux Valderama, devint alors une des meilleures du monde, infligeant entre autres un mémorable 5-0 à l'Argentine! Le football permettait ainsi à la fois à Escobar d'asseoir sa popularité pour empêcher toute extradition et de blanchir une partie de l'argent de la drogue.
Pablo Escobar a été tué en 1993 et en 1994, un joueur de l'équipe nationale colombienne, Andrès Escobar, a fait les frais à la fois de la passion des Colombiens pour le football et des paris sur ce sport ; un narcotrafiquant perdit alors beaucoup d'argent avec le match Colombie-États-Unis, dont on pensait qu'il serait facilement gagné par la Colombie. Il fut en fait perdu par cette équipe. Le pauvre Andrès Escobar, qui avait marqué contre son camp le premier but américain et entraîné la défaite de son équipe, fut, dès son retour à Bogota, assassiné sur l'ordre du parieur mécontent !
Nous ne connaissons pas actuellement, ou, en tout cas pas encore, de faits semblables en France, même s'il est fait état de menaces contre des joueurs ou leurs familles visant à influer sur les résultats. Sur un autre plan, le curieux commerce des joueurs de football (et qui sait de rugby ?) est un secteur éminemment propice au blanchiment d'argent. Ce n'est assurément pas le curriculum vitae de certains des agents de joueurs (ou assimilés) qui est susceptible d'infirmer ce point de vue !
Les faits sont apparus d'abord en Italie surtout, mais vous avez sans doute observé les mouvements commerciaux au sein de certains clubs français, en particulier du PSG (ou règne une forte odeur de gaz et pétrole), mais surtout désormais de l'AS. Monaco (club sans public mais à fiscalité spéciale, où le parfum est plutôt celui de la mafia russe, qui a désormais traversé la Manche et préfère, semble-t-il, le climat de notre Côte d'Azur à celui de Manchester). Il est évident que le "mercato" des joueurs, qui échappe à tout contrôle, puisque la plupart des transactions s'opèrent, en fait, offshore et dans des montages extrêmement compliqués, est une occasion non seulement respectable (du moins en apparence), mais totalement occulte et insondable de blanchir des sommes énormes dont l'origine n'est généralement pas connue et de toute façon inavouable.
Je vous renvoie sur ce point aux œuvres de Monsieur Noël Pons qui a exposé tout cela dans son détail. Je me contente ici de persister à m'étonner que l'État français laisse s'opérer de telles manipulations et, pire encore, les encourage, directement et indirectement, à travers les officines de paris sportifs, dont on sait que la majorité de la clientèle est pour l'essentiel misérable et souvent surendettée.La publicité éhontée des officines de crédit- derrière lesquelles se cachent, les banques, est tout aussi scandaleuse !
Une telle dérive s'inscrit d'ailleurs dans la schizophrénie publicitaire française : la "réclame", lorsque on vous vante et qu'on vous vend un produit nocif à quelque degré et sous quelque forme que ce soit, fait toujours suivre cette publicité racoleuse d'une réserve légale qui est le comble de l'hypocrisie juridico-mercantile. On vous y invite, en effet, à vous méfier ou même à ne pas consommer (sinon peut-être "avec modération", notion éminemment relative et variable) le produit qu'on vient de vous pousser à acheter ! Va comprendre Charles !
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samedi 8 juin 2013
De la publicité et de son contrôle : ARPP ou "Areu Pépé!" ?
En cherchant un vieux post
sur la pub suite à mon blog d'hier, j’en ai trouvé un autre, que j’avais totalement oublié mais
qui n’a pas pris une ride et montre, en outre, que comme naguère Julio
« Je n’ai pas changé ! ». Je le reproduis ici; comme c'est
samedi et que je n'ai rien à dire de plus que les autres sur les morts de
Clément et de "Gros Quinquin".
La fameuse affiche de la prétendue campagne anti-tabac, qui, naguère, visait à assimiler le fait de fumer à la fellation, avec une cigarette à la bouche de deux adolescents (la clope étant censée évoquer le sexe d’un monsieur qu'on ne voyait que de trois-quarts arrière), était surtout assez nulle. Personnellement, sans le battage préalable fait autour de cette image, je n’aurais pas un instant songé à assimiler cette cigarette maigrelette à un sexe, surtout au moment où la même presse nous apprenait que, nous autres Français, avons les plus longs pénis (donc les plus beaux sexes) de toute l’Europe !
En fait, toute la suite a indiqué que ce n'était là qu'un coup de pub à double détente (et frein dans le moyeu, comme aurait dit le bon Pierre Dac). L’association « Droits des non-fumeurs » (DNF), qui avait soi-disant fait réaliser ce projet d’affiche, qui en réalité ne consistait qu’à réaliser 15.000 cartes postales avec cette image, voulait, en fait, créer le buzz autour de sa lutte anti-tabac. Elle voulait surtout lancer par là son vrai projet; qui consistait en un film d’Yvan Attal sur le thème « fumer revient à servir de décharge pour les produits toxiques les pires que sont l'acétone, l'arsenic, le DDT, l'amoniaque, le goudron, le polonium, etc". Ce film paraît toutefois plus intelligent que l’affiche en cause.
Le drôle de la chose est que l’association Droits des non-fumeurs (DNF) aurait décidé de suspendre sa prétendue campagne d’affiches contre le tabagisme des jeunes à la demande de l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité, l'ARPP.
Vous ne savez sans doute pas ce qu’est l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité ou ARPP. Nul ne vous en tiendra rigueur, car cette ARPP est toute jeune ; c’est même un bébé, puisqu’elle est née le 25 juin 2008 et avait donc moins de deux ans au moment des faits.
C’est sans doute pour cela qu’elle ne semble pas exercer la moindre "autorité" et que nos médias et, en particulier, les radios et les télés sont inondées des publicités les plus scandaleuses et les plus mensongères. Je pense ici surtout à la foule des pubs sur les incessantes propositions de prêter à des populations pauvres, déjà surendettées à mort, comme à toutes les publicités sur les jeux de hasard, depuis les paris sportifs jusqu’au loto national, en passant par tous les attrape-couillons de la Française des jeux et les casinos sur internet.
Que voulez vous que fasse la pauvre petite ARPP ? Mais je dois vous en dire un peu plus, car le récit en vaut la peine.
L’idée de « contrôler » la publicité est quasi aussi vieille que la « réclame » elle-même, inventée par le cher papa de Madame Badinter (elle-même philosophe de son état et actionnaire majoritaire de Publicis), Marcel Bleustein-Blanchet, qui fonde Publicis en 1926. L’« Office de Contrôle des Annonces » (OCA) est créé, probablement par lui ou à son instigation, en 1935. Ce n’est nullement, comme le nom pourrait le donner à penser, un organisme indépendant, étatique par exemple, qui "surveillerait" la publicité. L’OCA regroupe, en effet, dès cette époque, les « acteurs du secteur publicitaire » ! Comme son nom est censé l’indiquer et selon ses propres termes, cet office assurait la « sincérité » (le mot est joli !) des « réclames », renseignait sur les « annonces trompeuses » (comme s’il y en avait d’autres !) et donnait des avis sur « la moralité et la légalité des publicités » (Fichtre !). Si vous avez jamais vu quoi que ce soit de tel, vous avez, une fois encore, gagné une tringle à rideaux !
Les contrôlés étaient déjà les contrôleurs et ils le demeurent !
En 1953, l’OCA change de nom mais non de mode de fonctionnement et devient Bureau de Vérification de la Publicité (BVP). Il reste, comme il l’a toujours été une façade, elle-même contrôlée par ceux-là même qu’elle prétend contrôler ! En 2005, comble de l’hypocrisie le BVP se dote d’une « consultation déontologique » !
Laurent, serrez ma déontologie avec mon autodiscipline !
En 2008, suite au Grenelle de l’environnement, le BVP décide de se doter d’une nouvelle organisation. Révolutionnaire ! Il se composera désormais d’un conseil paritaire de la publicité et d’un jury de « déontologie publicitaire » (quelle alliance de mots hardie ! C’est ce que la rhétorique classique appelle, en termes savants, un « par’uponoian »). Le 25 juin 2008, le BVP devient l'Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité, persistant dans sa constante politique d’autorégulation. La définition que se donne lui-même ce bel organisme ferait pleurer un seau à charbon (comme disait ma grand mère). Oyez bonne gens !
Cette association de type loi 1901 (comme l’Amicale des boulistes de Petachat), a, en effet, pour mission de « mener une action en faveur d'une publicité loyale, véridique et saine dans l'intérêt des professionnels de la publicité, des consommateurs et du public ». On croit rêver !
Présidée alors par Jean-Pierre Teyssier, (73 ans aux cerises), cheval de retour du giscardisme, l’ARPP (dont le sigle ne s’interprète bien, en fait, qu’à la lueur du langage bébé "Areu Pépé !") veillera jusqu'à son retrait, en 2010 (il sera remplacé en 2011 par F. d'Aubert 70 ans), avec la vigilance que nous avons pu constater chaque jour, aux messages comme aux destinées de la publicité sous toutes ses formes ! Nul doute que l'Areu Pépé ne maintienne cette tradition !
AVIS
Chères lectrices, chers lecteurs
Je me vois contraint de préparer mon retrait de ce blog, dont je suis par ailleurs tout à fait satisfait car, depuis quelque temps, je suis littéralement envahi par des "spams" venant des Etats Unis et issus de blogs américains.
Chaque jour, en effet je reçois désormais au moins une vingtaine de messages en forme de pseudo-commentaires et qui, en réalité, émanent de gens qui, de toute évidence, n'ont pas lu le texte sur lequel ils prétendent pourtant s'exprimer. L'explication que j'ai de ce phénomène est qu'il s'agit de messages envoyés automatiquement et qui n'ont pas d'autre but que de solliciter, de ma part, la consultation du blog ou du site de ceux qui les envoient.
Je suppose que les auteurs de ces envois présentent de la publicité dans leur blog ou site et que les bénéfices de cette publicité sont d'autant plus importants que le nombre des visites qu'ils reçoivent est lui-même plus grand.
Ce phénomène qui au début été discret (quatre à cinq messages par jour) devient de plus en plus insupportable ; il m'arrive d'en avoir une trentaine qu'il faut non seulement que je détruise immédiatement mais que je dois supprimer aussi dans la liste des commentaires où ils s'accumulent je ne sais trop comment.
Je me suis ouvert de ce problème auprès de correspondants plus éclairés que moi sur ces questions, mais il faudrait que je fasse (comme le fait Marius par exemple) une sorte de signature pour chaque message reçu que l'envoyeur doit reproduire pour que son message soit accepté dans la boîte où il arrive. C'est une procédure extrêmement contraignante et qui a pour but, tout simplement, d'écarter les messages envoyés automatiquement.
Je m'oriente donc vers une autre solution qui est celle de publier mes textes dans mediapart auquel je suis, par ailleurs, abonné et qui a un système de blogs très commode et je dirais même intéressant pour les échanges avec les lecteurs puisque, sur la vingtaine de textes que j'ai publiés chez cet hébergeur, plusieurs ont même été publiés en première page du Journal ou du Club qui sont les deux voies de publication à mediapart (la voie normale et courante étant le Club).
J'avais hésité à adopter cette solution, car je craignais que ne puissent lire mes blogs dans mediapart que des gens qui étaient eux-mêmes abonnés à mediapart. Fort heureusement, il n'en est rien ; si la lecture du "journal" est réservée dans la partie gauche de la page d'accueil, l'accès est libre pour la partie droite qui est intitulée le "club" et dans lequel sont présentés les textes des blogueurs.
Je vais donc continuer, pendant un certain temps, la double publication (ici et dans mediapart). Pour vous permettre de vous y habituer si vous le souhaitez, je vous explique en deux mots l'accès à mon blog de mediapart qui est extrêmement simple.
Voici la marche à suivre.
Vous tapez dans Google ou ailleurs mediapart.fr (sans accent sur e)
Vous arrivez alors sur la page d'accueil .
Vous avez une case "recherche" sous le titre où il vous suffit de taper mon nom chaudenson (j'ai renoncé, d'ailleurs par oubli, au pseudo).
Vous avez accès alors à la liste de mes blogs et à leurs textes sans aucune nécessité d'être abonné à quoi que ce soit.
Je n'ai pas fait l'exercice moi-même mais il y a, dans mon espace personnel, une rubrique "contacts" qui doit, je pense, permettre à celles et ceux qui s'y inscrivent de recevoir automatiquement par courrier électronique le blog du jour, un peu comme dans le blog actuel de Google. Je vais m'informer sur ce détail et je vous donnerai le résultat de mes investigations.
Je ne saurais que vous conseillez d'aller faire un tour sur mediapart.fr ne serait-ce que pour voir si ce procédé vous convient, même si ce n'est pas très compliqué pour moi de publier mon texte quotidien sur ces deux supports comme je le fais. Vous allez sur l'un ou l'autre des mes posts en cliquant simplement sur le titre dans la liste.
Bonne lecture et amitiés à toutes et tous
vendredi 7 juin 2013
De la shizophrénie publicitaire
A entendre, jeudi 6 juin 2013, Monsieur Pfimlin -"Petite prune", nous
confier que la grande misère de France-Télévision le pousse à songer à réintroduire
après 20 heures la publicité qu'on en avait bannie m'a détourné des affaires du
jour pour pester, une fois de plus, contre ce fléau insupportable de notre PAF
et de mos médias qu'est la publicité.
Toute la
presse semble négliger un détail que je juge assez significatif. Le meurtre,
infiniment regrettable, du jeune Clément n'a pas eu lieu au sortir d'un meeting
ou d'une réunion politiques, mais, au pied d'un immeuble de la rue de Caumartin
(Paris IXè), à la sortie d'une "vente privée" de "vêtements
sportifs de haute qualité" de la marque Fred Perry qu'apprécient,
semble-t-il, aussi bien les anti-fascistes que les néo-nazis ! Peut-être les
protagonistes s'étaient-ils disputé un même sweat-shirt ?
Mais là n'est
pas mon propos ! La publicité a désormais conquis un nouveau domaine avec l'intrusion des
organismes de paris qui ont envahi, à toute vitesse et en masse (et on le sait
désormais avec le concours, peut-être inconscient et suite à un abus de faiblesse,
de Mamie Zinzin, mais l'aide bien actuelle de footballeurs millionnaires sans
vergogne!), nos médias audiovisuels ; cette réclame illustre, une fois de plus,
l’hypocritissime modèle dominant.
On vous presse désormais de toutes parts de venir tenter votre chance sur les paris en ligne , avec les mêmes slogans, alléchants et surtout mensongers qui devraient être totalement interdits (« On parie que vous allez gagner » vous susurre-t-on !), mais on y ajoute aussitôt, mezza voce, que le jeu est dangereux et, en gros, que mieux vaudrait s’en abstenir ! Comment pousser jusqu’à un tel point la malhonnêteté, sinon avec la complicité active d’un Etat, qui se fait, en la circonstance, clairement proxénète ! Notre fameux "Bureau de vérification de la publicité" aurait-il été supprimé?
Certes on ne fait là que reprendre le modèle désormais dominant partout qui tolère ou même, il faut bien le dire, encourage les publicités pour le tabac (tout en précisant que le tabac tue !), pour l’alcool (dont la consommation excessive est dangereuse et dont il faut user "avec modération") ou tous les produits qui engendrent l’obésité, contre laquelle on prétend pourtant lutter et les maladies cardio-vasculaires, qu’on feint par ailleurs de déplorer (tout en vous recommandant de consommer moins de ces graisses et de ce sucre qu’on vous vend et de faire de l’exercice !). Cela dit (mais chut!) ça fait toujours autant de retraites en moins à payer!
Que les producteurs et les marchands de ces produits reconnus funestes veuillent continuer leur coupable industrie et leur commerce nuisible, fût-ce au détriment de la santé globale de la population, sans l'approuver, je le comprends tout à fait. Ce qui est, en revanche, totalement immoral, inadmissible et même parfaitement stupide tient à la tolérance et même l’encouragement systématiques de cette schizophrénie communicationnelle qu’on trouve désormais partout, donc le jeu de l’Etat lui même.
Certes par la fiscalité (TVA + impôts sur les sociétés, patentes, etc. ) et par les profits directs (avec les sociétés d’Etat pour le tabac et les jeux, sans parler même des copinages politiques), l’Etat engrange, à très court terme, des ressources directes et immédiates mais au prix, chacun le sait, dans tous les domaines concernés, de coûts individuels et collectifs, matériels, sanitaires, moraux et sociaux qui sont gigantesques et absolument sans commune mesure avec les bénéfices immédiats qu’il en retire. Ne dit-on pas que "gouverner c'est prévoir "?
Il y a sans doute aussi pour nos politiques des profits moins directs et moins visibles. On n’en prend conscience que quand, pour revenir à l’exemple des autorisations de paris en ligne, on regarde d’un peu près quels sont les promoteurs et, par là même, les grands bénéficiaires de ces opérations ou quand on songe aussi aux immenses profits que tirent de tout cela les officines de publicité et de marketing qui, le moment venus, en période électorale, seront sans doute tout à fait disposées à renvoyer les ascenseurs aux politiques !
Bref, tout vous invite à fumer deux paquets de clopes par jour et à vous saoûler la gueule en vous vautrant toute la journée sur votre canapé pour vous y gaver de charcuterie arrosée de pinard et/ou de coca-cola, avec des paquets de sucreries à portée de la main tout en pariant à la télé sur un match de foot et le tour de France ou, à défaut, en faisant un petit poker avec Patrick Bruel. Si vous êtes trop fauché, pas de problème ! Les pubs des organismes de prêts sont aussi sur le petit écran et dans toute la presse populaire. mais attention,
On vous presse désormais de toutes parts de venir tenter votre chance sur les paris en ligne , avec les mêmes slogans, alléchants et surtout mensongers qui devraient être totalement interdits (« On parie que vous allez gagner » vous susurre-t-on !), mais on y ajoute aussitôt, mezza voce, que le jeu est dangereux et, en gros, que mieux vaudrait s’en abstenir ! Comment pousser jusqu’à un tel point la malhonnêteté, sinon avec la complicité active d’un Etat, qui se fait, en la circonstance, clairement proxénète ! Notre fameux "Bureau de vérification de la publicité" aurait-il été supprimé?
Certes on ne fait là que reprendre le modèle désormais dominant partout qui tolère ou même, il faut bien le dire, encourage les publicités pour le tabac (tout en précisant que le tabac tue !), pour l’alcool (dont la consommation excessive est dangereuse et dont il faut user "avec modération") ou tous les produits qui engendrent l’obésité, contre laquelle on prétend pourtant lutter et les maladies cardio-vasculaires, qu’on feint par ailleurs de déplorer (tout en vous recommandant de consommer moins de ces graisses et de ce sucre qu’on vous vend et de faire de l’exercice !). Cela dit (mais chut!) ça fait toujours autant de retraites en moins à payer!
Que les producteurs et les marchands de ces produits reconnus funestes veuillent continuer leur coupable industrie et leur commerce nuisible, fût-ce au détriment de la santé globale de la population, sans l'approuver, je le comprends tout à fait. Ce qui est, en revanche, totalement immoral, inadmissible et même parfaitement stupide tient à la tolérance et même l’encouragement systématiques de cette schizophrénie communicationnelle qu’on trouve désormais partout, donc le jeu de l’Etat lui même.
Certes par la fiscalité (TVA + impôts sur les sociétés, patentes, etc. ) et par les profits directs (avec les sociétés d’Etat pour le tabac et les jeux, sans parler même des copinages politiques), l’Etat engrange, à très court terme, des ressources directes et immédiates mais au prix, chacun le sait, dans tous les domaines concernés, de coûts individuels et collectifs, matériels, sanitaires, moraux et sociaux qui sont gigantesques et absolument sans commune mesure avec les bénéfices immédiats qu’il en retire. Ne dit-on pas que "gouverner c'est prévoir "?
Il y a sans doute aussi pour nos politiques des profits moins directs et moins visibles. On n’en prend conscience que quand, pour revenir à l’exemple des autorisations de paris en ligne, on regarde d’un peu près quels sont les promoteurs et, par là même, les grands bénéficiaires de ces opérations ou quand on songe aussi aux immenses profits que tirent de tout cela les officines de publicité et de marketing qui, le moment venus, en période électorale, seront sans doute tout à fait disposées à renvoyer les ascenseurs aux politiques !
Bref, tout vous invite à fumer deux paquets de clopes par jour et à vous saoûler la gueule en vous vautrant toute la journée sur votre canapé pour vous y gaver de charcuterie arrosée de pinard et/ou de coca-cola, avec des paquets de sucreries à portée de la main tout en pariant à la télé sur un match de foot et le tour de France ou, à défaut, en faisant un petit poker avec Patrick Bruel. Si vous êtes trop fauché, pas de problème ! Les pubs des organismes de prêts sont aussi sur le petit écran et dans toute la presse populaire. mais attention,
LE TOUT AVEC MODERATION !
Chères lectrices, chers lecteurs
Je me vois contraint de préparer mon retrait de ce blog, dont je suis par ailleurs tout à fait satisfait car, depuis quelque temps, je suis littéralement envahi par des "spams" venant des Etats Unis et issus de blogs américains.
Chaque jour, en effet je reçois désormais au moins une vingtaine de messages en forme de pseudo-commentaires et qui, en réalité, émanent de gens qui, de toute évidence, n'ont pas lu le texte sur lequel ils prétendent pourtant s'exprimer. L'explication que j'ai de ce phénomène est qu'il s'agit de messages envoyés automatiquement et qui n'ont pas d'autre but que de solliciter, de ma part, la consultation du blog ou du site de ceux qui les envoient.
Je suppose que les auteurs de ces envois présentent de la publicité dans leur blog ou site et que les bénéfices de cette publicité sont d'autant plus importants que le nombre des visites qu'ils reçoivent est lui-même plus grand.
Ce phénomène qui au début été discret (quatre à cinq messages par jour) devient de plus en plus insupportable ; il m'arrive d'en avoir une trentaine qu'il faut non seulement que je détruise immédiatement mais que je dois supprimer aussi dans la liste des commentaires où ils s'accumulent je ne sais trop comment.
Je me suis ouvert de ce problème auprès de correspondants plus éclairés que moi sur ces questions, mais il faudrait que je fasse (comme le fait Marius par exemple) une sorte de signature pour chaque message reçu que l'envoyeur doit reproduire pour que son message soit accepté dans la boîte où il arrive. C'est une procédure extrêmement contraignante et qui a pour but, tout simplement, d'écarter les messages envoyés automatiquement.
Je m'oriente donc vers une autre solution qui est celle de publier mes textes dans mediapart auquel je suis, par ailleurs, abonné et qui a un système de blogs très commode et je dirais même intéressant pour les échanges avec les lecteurs puisque, sur la vingtaine de textes que j'ai publiés chez cet hébergeur, plusieurs ont même été publiés en première page du Journal ou du Club qui sont les deux voies de publication à mediapart (la voie normale et courante étant le Club).
J'avais hésité à adopter cette solution, car je craignais que ne puissent lire mes blogs dans mediapart que des gens qui étaient eux-mêmes abonnés à mediapart. Fort heureusement, il n'en est rien ; si la lecture du "journal" est réservée dans la partie gauche de la page d'accueil, l'accès est libre pour la partie droite qui est intitulée le "club" et dans lequel sont présentés les textes des blogueurs.
Je vais donc continuer, pendant un certain temps, la double publication (ici et dans mediapart). Pour vous permettre de vous y habituer si vous le souhaitez, je vous explique en deux mots l'accès à mon blog de mediapart qui est extrêmement simple.
Voici la marche à suivre.
Vous tapez dans Google ou ailleurs mediapart.fr (sans accent sur e)
Vous arrivez alors sur la page d'accueil .
Vous avez une case "recherche" sous le titre où il vous suffit de taper mon nom chaudenson (j'ai renoncé, d'ailleurs par oubli, au pseudo).
Vous avez accès alors à la liste de mes blogs et à leurs textes sans aucune nécessité d'être abonné à quoi que ce soit.
Je n'ai pas fait l'exercice moi-même mais il y a, dans mon espace personnel, une rubrique "contacts" qui doit, je pense, permettre à celles et ceux qui s'y inscrivent de recevoir automatiquement par courrier électronique le blog du jour, un peu comme dans le blog actuel de Google. Je vais m'informer sur ce détail et je vous donnerai le résultat de mes investigations.
Je ne saurais que vous conseillez d'aller faire un tour sur mediapart.fr ne serait-ce que pour voir si ce procédé vous convient, même si ce n'est pas très compliqué pour moi de publier mon texte quotidien sur ces deux supports comme je le fais. Vous allez sur l'un ou l'autre des mes posts en cliquant simplement sur le titre dans la liste.
Bonne lecture et amitiés à toutes et tous
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samedi 23 mars 2013
Internet : Merveille ou poubelle ? (suite)
Suite à la publication du post portant ce titre,
j'ai reçu (envoyé le 21 mars 2013 à 10 heures 27) le commentaire suivant
"
Anonyme a dit...
Oui, mais (bien sûr)...
- Les premières références de Google sont des liens payés (= des pubs) présentés sur un fond de couleur différente.
- Comme vous le signalez, les organismes de service se soucient souvent assez peu d'avoir un site complet. Cela les aiderait pourtant beaucoup.
- Il est vrai que la pub est énervante, mais elle nous permet d'avoir accès à toutes ces informations gratuitement. Personnellement, je ne pourrais pas me permettre l'accès payant à toutes ces infos (à commencer par les journaux).
- Remarque collatérale : il serait bienvenu de donner une vraie formation à nos élèves et étudiants afin qu'ils soient capables de faire des recherches documentaires leur permettant de trouver les infos qu'ils cherchent, et surtout de valider les sources."
- Les premières références de Google sont des liens payés (= des pubs) présentés sur un fond de couleur différente.
- Comme vous le signalez, les organismes de service se soucient souvent assez peu d'avoir un site complet. Cela les aiderait pourtant beaucoup.
- Il est vrai que la pub est énervante, mais elle nous permet d'avoir accès à toutes ces informations gratuitement. Personnellement, je ne pourrais pas me permettre l'accès payant à toutes ces infos (à commencer par les journaux).
- Remarque collatérale : il serait bienvenu de donner une vraie formation à nos élèves et étudiants afin qu'ils soient capables de faire des recherches documentaires leur permettant de trouver les infos qu'ils cherchent, et surtout de valider les sources."
Je m'étais
engagé à répondre à ce commentaire sur quelques points qui me paraissaient le
justifier et je trouve aujourd'hui l'occasion de le faire, en remettant à demain
un autre post que j'avais l'intention d'écrire maintenant.
Sur le premier
point : « Les premières références de Google sont des liens payés (= des pubs)
présentés sur un fond de couleur différente ». J'ai vérifié, hier encore, ce
n'est pas le cas pour ce qui concerne la page que j'évoquais ; tous les titres
de référence sont présentés de la même façon et c'est seulement lorsqu'on
clique sur l'un ou l'autre de ces titres qu'on va trouver les pubs. Elles ne
figurent pas, bien entendu, sur la liste des références (souvent étrange) que Google
fournit pour un mot sur lequel on l'interroge.
Je signale aussi
au passage les subterfuges publicitaires exaspérants qui vous flanquent,
inopinément, des publicités dont vous ne pouvez plus ensuite vous débarrasser,
sinon à grand-peine. Il doit y avoir (et les spécialistes comprendront) des
procédures qui permettent de maintenir la publicité, même quand on cherche à la
faire disparaître.
La gratuité de
l'information est évidemment un élément intéressant, mais je crois que dans cet
usage de la publicité, il faut distinguer différents niveaux. Google vit de la pub, et fort bien,
c'est clair mais il y a (et j'en connais), à des niveaux bien inférieurs, des
créateurs de sites qui, en fait, n'ont pas le moindre intérêt pour les
informations proprement dites qu'ils prétendent offrir. C'est le cas que j'ai
cité dans mon post. Ils font semblant de diffuser une information, lacunaire voire
nulle, dans le seul but d'attirer, grâce à ces appâts, des visiteurs puis, par
là, des annonceurs publicitaires qui leur assurent leurs revenus (comme aussi, du
même coup à Google). Il en résulte que les organismes de services feraient
beaucoup mieux de fabriquer eux-mêmes, artisanalement, des sites fournissant les
informations souhaitées plutôt que de se laisser phagocyter par des créateurs
de sites qui ne les mentionnent, le plus souvent très mal, que pour attirer, à
travers eux, des visites et ensuite des annonceurs publicitaires.
Personnellement,
je ne consulte à peu près jamais de sites d'information payants, tant il est
facile de se procurer, gratuitement, une information équivalente voire de bien
meilleure qualité.
Cela nous amène à ce qui est, à mon sens, le
plus important et qui est le dernier point du commentaire. Je crois que la loi
de la recherche de l'information et même plus généralement celle de l'usage de
l'ordinateur repose sur la ruse.
Très souvent pour un néophyte ignorant comme moi, lorsque mon ordinateur me refuse
un service, il faut trouver la combine qui permette de contourner cette
interdiction. Je n'y arrive pas toujours mais j'y parviens quand même souvent.
Prenons le cas d'un
sujet dont j'ai traité souvent ces derniers temps et qui est la guerre au Mali
(cf. ma série de blogs intitulée « Honni soit qui Mali pense »). La
dernière chose à faire en la matière pour une information solide est
précisément de consulter la
presse française qui est à peu près nulle sur le sujet, si l'on met à part le
dossier du Monde qui est arrivé bien
tardivement. Même dans ce cas précis, on pouvait atteindre l'essentiel de l'information
sans passer par les fourches caudines du paiement à des journaux.
La vraie
solution est ailleurs ; elle consiste à consulter des sites au Tchad, au
Burkina Faso, en République Centrafricaine et plus généralement en Afrique pour
trouver une information bien meilleure. Il suffit d'ailleurs de se reporter à
mes différents posts sur la question pour voir ce point illustré par des exemples
que je n'ai pas le temps de reprendre ici.
De toute façon,
je suis loin d'en avoir fini avec cette question et je vais probablement très
prochainement ajouter un numéro à cet ensemble, car les choses ne s'arrangent
guère à la fois en RCA et au Tchad. Je ne parle même pas ici du Mali car on devine
assez la situation là-bas ; il est tristement comique d'entendre notre ministre
des affaires étrangères dire que la solution diplomatique succédera à la
solution militaire française ! La haine millénaire qui existe dans cette région
entre les populations du Nord et du Sud et les écarts démographiques (de 1 à 15) empêchent d'avance
toute représentation des premières dans un Etat simplement unifié comme on l'a fait dans les années 60 et comme on rêve
de le refaire.
Affaire à suivre et ce n'est pas en virant, au Quai d'Orsay
comme à Bamako, tous les diplomates de bon sens et courageux qu'on réglera ce
problème.
jeudi 21 mars 2013
Internet : merveille ou poubelle ?
Je ne vais pas
vous refaire ici le coup de la langue d'Ésope qui, on le sait depuis
l'antiquité, est à la fois la pire et la meilleure des choses.
Je ne suis pas
un ennemi d'Internet, bien loin de là, puisque je passe mes journées devant un
ordinateur et que je trouve que l'Internet est, en particulier au plan de la
recherche et de la science, un outil extraordinaire, non seulement par la masse
de connaissances qu'il met à notre disposition, mais par la rapidité d'accès
qu'il offre et par la dispense qu'il procure d'aller perdre son temps à hanter
bibliothèques et centres de documentation. Je suis donc un farouche partisan de
l'Internet ; que les choses soient claires!
Cela dit, et, de
toute évidence, c'est là moins la faute de l'Internet lui-même que d'un certain
nombre de relais entre la masse des informations et la foule des utilisateurs
potentiels ; s'y sont logés, pour y faire leur beurre et/ou leurs choux gras, en nous emmerdant, bon
nombre d'escrocs et de margoulins auxquels on laisse hélas le champ totalement libre.
Certains services de l'internet sont ainsi devenus de véritables poubelles, des
décharge publiques dans la mesure où on les a laissés totalement polluer par la
publicité qui est, à mon avis, le principal mal de ce siècle.
Un exemple pour
illustrer ce propos ; il est d'autant plus pertinent ici que c'est lui qui a
déclenché la juste colère qui me conduit à écrire ce texte vengeur.
Hier, j'avais
besoin de retrouver le nom (il est un peu compliqué il faut le reconnaître)
d'un médecin du Centre de radiothérapie de l'hôpital d'Aix-en-Provence.
"Fastoche"
me suis-je dit !
Il me suffit de taper "centre de radiothérapie hôpital Aix-en-Provence" dans Google et je vais avoir, dans la seconde, ce que je cherche (en particulier le nom de ce médecin qui y est attaché). Coup de chance et espoir : cette formule même arrivait en tête de la liste des entrées fournies par Google, dont on sait, hélas, qu'elle relève souvent du "grand n'importe quoi". On se demande d'ailleurs pourquoi et comment cette firme, pourtant si puissante et si sérieuse, peut admettre puis ordonner, de façon si aléatoire et parfois absurde, des données fallacieuses ou non pertinentes que Google met à la disposition de ceux qui la consultent. Toujours la pub sans doute, sous une autre forme ici et dans d'autres poches!
Il me suffit de taper "centre de radiothérapie hôpital Aix-en-Provence" dans Google et je vais avoir, dans la seconde, ce que je cherche (en particulier le nom de ce médecin qui y est attaché). Coup de chance et espoir : cette formule même arrivait en tête de la liste des entrées fournies par Google, dont on sait, hélas, qu'elle relève souvent du "grand n'importe quoi". On se demande d'ailleurs pourquoi et comment cette firme, pourtant si puissante et si sérieuse, peut admettre puis ordonner, de façon si aléatoire et parfois absurde, des données fallacieuses ou non pertinentes que Google met à la disposition de ceux qui la consultent. Toujours la pub sans doute, sous une autre forme ici et dans d'autres poches!
Revenons à ma recherche. A travers un bazar qui s'intitule, Dieu sait
pourquoi, "118 000.fr" (Mystère et boule de gomme! A moins que ce ne soit le montant de leurs gains publicitaires ...en francs et non en euros), je n'ai
guère trouvé d'autres renseignements sur ce centre de radiothérapie que son
adresse et son numéro de téléphone (ce qui est déjà pas mal entre nous) mais aucun
nom de médecin !
En revanche, on m'a aussitôt fourgué, après ces trois lignes d'information pertinente, des publicités dont on se demande en quoi elles concernent la radiothérapie. Elles concernent, dans l'ordre, la « chirurgie des yeux » puis les « maisons de retraite", sans parler de publicités plus insolites encore sur lesquelles je passe, pour des taxis, des hôtels, une mystérieuse firme nommée Léandri, et diverses publicités pour l'achat d'androïds ou de je ne sais quoi....
En revanche, on m'a aussitôt fourgué, après ces trois lignes d'information pertinente, des publicités dont on se demande en quoi elles concernent la radiothérapie. Elles concernent, dans l'ordre, la « chirurgie des yeux » puis les « maisons de retraite", sans parler de publicités plus insolites encore sur lesquelles je passe, pour des taxis, des hôtels, une mystérieuse firme nommée Léandri, et diverses publicités pour l'achat d'androïds ou de je ne sais quoi....
De qui se
moque-t-on ? J'ai pu constater d'ailleurs que la rubrique suivante et finale émanait
de ce même mystérieux organisme "118000.fr" qui, par ailleurs,
demande, sans doute pour se couvrir légalement, de la façon la plus hypocrite,
s'il peut me "localiser" et utiliser cette localisation. On ne saurait être
plus margoulin et fourbe à la fois !
Je me demande à
la fois pourquoi des organismes, comme ce Centre de radiothérapie, aixois au demeurant
fort sérieux et important (c'est même le
seul de la région) n'est pas en mesure d'avoir, en son sein et sans même faire
appel à quelque escroc extérieur, un de ses employés capable de lui faire un
vrai site, à la fois simple et sérieux, et comment on peut laisser en place, en
usant de son nom, des rubriques qui ne sont que des attrape-nigauds et servent surtout
et même exclusivement à vendre de la publicité sur Dieu sait quoi et à Dieu
sait qui.
La publicité qui
est la plaie du monde moderne et a pourri à la fois notre presse, notre radio
et notre télévision, va-t-elle pourrir complètement aussi notre Internet ?
dimanche 26 août 2012
Les contes drolatiques de France-Télévision (dernier épisode)
Je commencerai volontiers ce post par une devinette : "Quelle différence y a-t-il entre le ministère français de l'éducation nationale et le groupe France-Télévision ? Vous devinez déjà je pense que la réponse est « Aucune », même si vous ne savez pas encore pourquoi! Je vais donc devoir vous le dire : l'une et l'autre de ces belles institutions françaises ignorent à la fois leur mode de fonctionnement réel (comme le ministre Allègre l'avait, en son temps, fait remarquer avec son fameux "dégraissage du mammouth") et, pire encore, le nombre exact de personnes qu'elles emploient.
Naguère encore l'éducation nationale, à défaut de chiffres précis, avait une référence illustre et parlante puisqu'on disait que le nombre de personnes relevant du 110 de la rue de Grenelle équivalait aux effectifs de l'Armée Rouge (sans les choeurs sans doute...). Comme il n'y a plus d'Union soviétique, cette référence commode a malheureusement disparu.
Il est clair aussi; et les événements les plus récents le démontrent parfaitement, que le législateur est dans l'incapacité de mettre un terme à cette situation, en raison, comme encore le disent si joliment les textes officiels (dont le rapport de la Cour des comptes déjà cité) « des fortes particularités qui caractérisent chacune des sociétés" du groupe. Peut-on confesser plus ingénument et plus joliment son impuissance?
Rappel des faits (le gras est de moi) :
"France Télévisions est un groupe audiovisuel français, dont le capital est exclusivement détenu par l'État français. Constitué à partir du rapprochement, sous une présidence commune, des chaînes télévisées publiques France 2 (ex-Antenne 2) et France 3 (ex-France Régions 3), il comprend notamment, France 5 (ex-La Cinquième) depuis le 2 août 2000, RFO (Réseau France Outre-mer) depuis le 9 juillet 2004, France Ô (ex RFO Sat) depuis le 25 février 2005 et France 4 (ex-Festival) depuis le 31 mars 2005. Ces sociétés nationales de programmes de télévision (et de radiodiffusion dans le cas de RFO), sont des filiales détenues en totalité par France Télévisions SA . En 2007, le périmètre économique du groupe comprend environ quarante sociétés et emploie près de 11 000 personnes". J'ai mis en gras les prudents "modalisateurs", tout à fait étranges quand il s'agit de données aussi précises que le NOMBRE des sociétés du groupe ou les EFFECTFS de leurs personnels.
Pour faire court (c'est la loi du présent genre), je résume les données qui circulent ici ou là, les effectifs de France Télévision oscillent entre 10 500 et 19 900, le nombre des sociétés qui appartiennent à ce groupe allant, selon les sources, de 30 à 63 (le rapport entre les chiffres étant le même dans les deux cas).
Je vois que vous ne me croyez pas et force m'est donc de vous infliger une démonstration que j'accompagnerai, pour égayer un peu l'aridité du propos, de quelques formules d'explication qui seront insérées dans les textes cités entre crochets et en italiques comme c'est la règle.
Je commencerai par les sociétés ; il est évident que cet aspect est premier puisque le si l'on ne sait pas exactement quelles sont les sociétés qui composent ce groupe, il devient difficile d'en effet de calculer avec précision les effectifs totaux.
Le document que j'ai cité ci-dessus précise joliment (je ne peux résister au plaisir de répéter la formule) qu'« en 2007, le périmètre [notion géométrique qui s'accommode mal du flou de la suite] économique du groupe comprend environ [souligné par moi du fait de ma stupeur] 40 sociétés et emploie près de [souligné par moi toujours du fait de ma stupeur]11 000 personnes ».
Comment ne pas apprécier le flou artistique des termes comme des données ? L'imprécision des effectifs du groupe tient tout bonnement à ce qu'on ignore jusqu'à la composition même du groupe dont le périmètre est clairement mal défini et en outre élastique ce qui en complique le mesurage.
Prenons le problème par un autre bout : "Sur l’ensemble des sociétés intégrées globalement aux comptes 2006 du groupe France Télévisions : dix-sept ont leur siège 7 esplanade Henry de France (dont France 2, France 3 et France 4), six ont leur siège sur d'autres sites à Paris, cinq ont leur siège dans les Hauts-de-Seine (dont France 5, à Issy-les-Moulineaux et RFO à Malakoff), deux ont leur siège en Nouvelle-Calédonie."
Simplifions les chose : 17 + 6 + 5+ 2 = 30 alors que, quelques lignes auparavant, on nous annonce que le groupe comprend, on l'a vu, environ 40 sociétés. Qui aurait l'idée de dire que 30 équivaut à "environ 40"? En réalité, mais selon d'autres sources, il y aurait 63 sociétés qui seraient, plus ou moins rattachées, au groupe en cause. De 30 ( le chiffre le plus officiel) à 63, la marge est considérable, mais en jouant sur la disparité des rattachements et des statuts, on peut jongler à loisir avec les effectifs et les coûts!.
Toutes ces zones de flous me paraissent destinées surtout à masquer des réalités comme surtout cette surabondance de personnel grâce à des opérations comptables qui masquent que France télévision est un gouffre financier. Paradoxalement, le précédent gouvernement a essayé de combler ces déficits en supprimant la publicité télévisuelle avant 20 heures! La mesure était techniquement originale, car on réduit rarement un déficit en diminuant les ressources! Le but réel était évidemment non pas de réduire le déficit de France-Télévision, mais de faire le bonheur des chaînes privées, amies du pouvoir, comme TF1 ou M6. Un accroissement de leurs profits publicitaires (tempéré toutefois par la crise) a été la conséquence de cette réforme sur laquelle on ne sait plus trop si l'actuel gouvernement va ou non revenir, étant donné les positions différentes prises par divers ministres sur cette question.
En réalité, dans les causes profondes d'une telle situation, il y a surtout, si je puis dire sans salir ce beau mot, la "culture d'entreprise"; chaque société agrégée, au fil du temps, à ce groupe entend maintenir les privilèges qu'elle s'était donnés, tout en tentant d'annexer ceux qu'on voudrait obtenir à l'imitation des autres ; il en résulte que les conventions collectives sont différentes d'une société à l'autre, sans parler des conventions de branche. De ce fait, les salariés de France2, France3 et RFO n'ont pas les mêmes conditions de travail, d'emploi et de rémunération que ceux de France5 ou France 4, chacun voulant les avantages de l'autre sans bien sûr renoncer aux siens propres.
Mais le plus beau est la conclusion de ce panorama qui, comme toujours témoigne, de la plus grande prudence dans le constat de l'impuissance qu'on trouvait déjà dans le rapport de la Cour des comptes :
"Dès lors que le législateur [je suis tenté d'ajouter ici, selon la formule consacrée, "dans sa grande sagesse"] se prononçait clairement pour la constitution d'un groupe public de télévision et dotait France Télévisions de la personnalité morale et de pouvoirs étendus de direction sur les sociétés du groupe, l’éventualité d’une négociation sociale se situant au niveau du groupe, et non plus au niveau de chacune des sociétés le composant, devait être envisagée [c'est en effet le bon sens]. À l’heure actuelle, cette question n’a pas reçu de réponse concrète. Elle se heurte aux fortes particularités qui caractérisent chacune des sociétés |"Ah qu'en termes galants ces choses-là sont dites!"]. Le risque d’un alignement systématique des dispositions sur les plus coûteuses d’entre elles demeure suffisamment important pour que cette question soit traitée avec une grande prudence.".
Ou comme le disait, bien mieux, le bon Monsieur Seguin : "Si le service public entend faire de la qualité de son information une marque de fabrique, il faut qu’il se mette d’urgence en mesure de la démontrer. Je ne peux que répéter à cet égard ce que j’évoquais au début de mon propos : avec une télévision financée exclusivement sur fonds publics, la qualité ne pourra être ni présumée, ni laissée à l’appréciation des seuls pairs. Elle devrait résulter d’objectifs clairs, affichés vis-à-vis du public, et être justifiée par des éléments probants. France Télévisions doit se faire à l’idée d’une exigence accrue de la part du Parlement et des instances supérieures de contrôle.".
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samedi 25 août 2012
Les contes fantastiques de France-Télévision(s) (suite)
Les circonstances ont fait que j’ai eu, depuis longtemps, bien avant la création de France-Télévision(s), l’occasion de fréquenter la télévision française. J’y ai toujours constaté à la fois un personnel pléthorique et une activité très modeste, faite surtout de passages, nombreux et prolongés à la cafeteria et/ou au bistro du coin, selon les lieux et les installations. Plus récemment, il s’est trouvé que je suis allé dans les lieux parisiens de cette même société et j’ai pu observer que les choses n’avaient guère changé.
Par ailleurs, j’ai toujours été stupéfait (et plus encore à voir les contrats mirobolants faits à ces olibrius baptisés « producteurs » ) que personne, dans le surabondant personnel de France-Télévision(s), ne soit capable de faire ce que font des "professionnels" aussi médiocres que les interchangeables Delarue, Courbet ou Nagui, auxquels on achète à prix d’or des émissions parfaitement débiles qui, certes, plaisent à certains télé spectateurs, mais qui sont d’un tel niveau que le premier venu est capable d’en faire autant pour dix fois moins cher et cela d'autant que ce sont , pour la plupart, de simples démarcages d'émissions étasuniennes!
Pour ce qui touche à l’information, qui est un point central, vu l'extravagante abondance du personnel qui est censé y être employé (je reviendrai sur les mystères du personnel et des effectifs), comment ne pas être frappé, aussi, par le fait que la montagne de journalistes de France-Télévision n’accouche que de lamentables et soufreteuses souris d'infomation ?
J’ai mis donc mis mon nez dans le rapport de la Cour des comptes, mais ses 222 pages m’ont découragé ainsi que le ton prudentissime de ses formulations. Je vous déconseille donc d'autant plus vous y risquer que je vous en donnerai quelques extraits significatifs. En revanche, je ne saurais trop vous recommander la lecture du discours de feu Philippe Seguin, Président de la Cour des comptes, qui a apparemment accompagné la remise de ce rapport.
Sur la question de l'information, Monsieur Seguin a quelques formules, bien senties vu le genre pratiqué, dans lequel la litote est la figure de rhétorique majeure. En abordant ce domaine, il ne ménage pourtant, quoiqu'en termes choisis, ni la chèvre de l’Etat ni le chou de France-Télévision . Quelques extraits :
« Les rédactions des chaînes publiques sont très jalouses de leur indépendance et ce n’est pas la Cour – dont l’indépendance contribue elle-aussi au bon fonctionnement de la démocratie – qui le leur reprochera. L’indépendance éditoriale ne doit pourtant pas empêcher les chaînes, financées sur fonds publics, de rendre des comptes aux citoyens.
Les journaux télévisés et magazines d’information de France 2, France 3 et RFO représentent un coût annuel de 560 M€. Avec près de 5 000 collaborateurs – dont 2500 journalistes – au sein des rédactions nationales et régionales des chaînes, l’information mobilise près de la moitié des effectifs du groupe France Télévisions ».
Non, il n’y a pas de coquilles ou de fautes ; j’ai fait un copier/coller ; ne vous frottez donc pas les yeux et/ou n'essuyez pas vos lunettes ; vous avez bien lu : 2500 journalistes plus 2500 techniciens pour ça !
Redonnons la parole à Philippe Seguin, car, comme vous le constatez, ça en vaut la peine :
« Est-ce trop ? Une opinion rapide pourrait l’affirmer [Monsieur Seguin était un humoriste et un pince sans rire, ce qui m'a conduit à me demander si on ne l'a pas tué pour le faire taire !]. Mais pour porter un jugement éclairé, les effectifs et budgets des rédactions ne signifient rien en eux-mêmes : il faut les rapporter aux objectifs qui leur sont assignés. Or, des objectifs, il n’y en a pas [cette phrase est en gras dans le texte original mais je ne sais pas si le gras est de Philippe Seguin qui n'en manquait pas (Hi ! Hi ! Hi !) ]. C’est là tout le paradoxe de la situation : alors que le développement de l’offre privée d’information sur les chaînes historiques, sur la TNT et sur Internet aurait dû conduire le service public à réfléchir ["Réfléchir" dites-vous ? Etiez-vous sérieux Monsieur le président?] à ses missions et aux moyens qu’il déploie pour les remplir, les documents stratégiques du groupe restent désespérément flous en la matière.
Je vous en donne un exemple avec la mutualisation des moyens de fabrication de l’information qui est au coeur des projets en cours. Les exemples passés ont montré que tant que l’on maintenait des journaux concomitants ou rapprochés, comme le 12-13 de France 3 suivi du 13 heures de France 2, la coordination entre rédactions n’engendrait des économies qu’à la marge. De même, un journaliste en région de France 3 ne peut préparer simultanément un reportage pour l’édition régionale et pour l’édition nationale du 19-20. »
Personne ne veut naturellement de cette « mutualisation ». Un technicien qui travaille à "Télématin" (chez Willi l’étrangleur de la 2 !) a fini sa journée à 9 heures du matin ! Et les centaines de journalistes et de techniciens du journal du soir de France3 se consacrent entièrement à cette noble tâche qui ne commence qu'à la nuit close. La seule chose que Ph. Seguin oublie ici est le rôle et la place, essentiels, des syndicats-maison !
Ecoutons à nouveau Ph. Seguin :
« Dès lors, seule une redéfinition de l’offre d’information permettra de faire travailler une même équipe de techniciens mais aussi de journalistes, en plateau mais aussi en reportage, pour plusieurs éditions, nationales ou régionales. [Quel farceur ce Philippe Seguin! Et il a de ces mots "Travailler" ! Fi donc].
Reste un sujet, qui n’est pas le moins délicat : la qualité de l’information [ Aie ! Aie ! Pas sur la tête Monsieur Seguin] . Je vous vois hausser les sourcils [Quel talent ce Seguin ! Je crois de plus en plus qu'on l'a tué]. Rassurez-vous : il ne revient pas à la Cour des comptes de juger ce qu’est un bon ou un mauvais journal télévisé. En revanche, elle se doit de souligner que ni France Télévisions, ni le législateur, ni le gouvernement, ni le CSA n’ont entrepris de définir des objectifs éditoriaux ou des critères de qualité de l’information.
Or, il s’agit d’une composante essentielle de la gestion. Je vais être très concret. Consacrer 10 ou 40 % du temps d’un journal à l’actualité internationale, avoir un correspondant sur place ou recourir aux agences d’images, produire des reportages originaux ou se contenter d’un débat en plateau avec des invités sont des choix éditoriaux, mais aussi des choix de gestion qui n’ont pas les mêmes conséquences financières. Ces éléments sont évidemment connus des directions de l’information, qui ne réalisent pas leurs journaux à l’aveugle. Mais ils ne sont pas jamais formalisés pour définir les ambitions de qualité éditoriale et adapter le coût des éditions en conséquence. »
Et Seguin de conclure !
« France Télévisions doit se faire à l’idée d’une exigence accrue de la part du Parlement et des instances supérieures de contrôle. »
Fichtre! A mort feu Seguin!
A demain.
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