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mercredi 25 avril 2012

Second ou deuxième tour ?


Bien rares sont ceux qui comme moi ("S'il n'en reste que dix, je serai le dixième... et s'il n'en reste qu'un...") font la différence entre "second" (quand il n'y a que deux objets) et "deuxième" (quand il y en a plus de deux). Dans la présente présidentielle, il est clair qu'on doit parler du deuxième tour plutôt que du second.

L'indiquent déjà les tentatives, de part et d'autre, pour rameuter les électeurs de Bayrou et de Marine Le Pen dans des approches qui apparaissent, en tant que telles, comme un peu dérisoires. Elles procèdent toutefois surtout de l'analyse commune à nos politiques qui consiste à considérer que les électeurs sont tous des imbéciles.

Il me semble pourtant qu'au MoDem comme au Front National, il y a eu quelques réflexions sur la stratégie à mettre en oeuvre avant ce deuxième tour, même si, comme d'habitude, les sondeurs se sont complètement plantés.

Cela ne les empêche pas toutefois de tenter de faire bonne figure comme dans l'émission de Calvi de ce dernier mardi. Y figuraient deux sondeurs ainsi que deux politologues qui, comme par hasard, font des "ménages" chez ces mêmes sondeurs. Sauvegarde de l'emploi avant tout ! Tous nous ont donc expliqué, d'une commune voix, que les résultats étaient tout à fait naturels et aussi bons et précis que possible, même si on avait mis Mélenchon (11 % au final) devant Marine Le Pen (18 %) en annonçant même cette dernière à 20% dans l'estimation de 20 heures! On fait aussi bien sinon mieux au bistro du coin.

Calvi, comme toujours, s'est borné, sans insister trop, à poser quelques vagues questions qui marquaient son scepticisme, avec des mines et des sourires entendus que les cadreurs devaient avoir mission de saisir au vol, de façon à montrer au public qu'il n'est pas dupe, sans pour autant offenser ses clients habituels.

Si, comme je le crois, les états-majors du MoDem comme celui du Front National ne sont pas complètement idiots, ils feront tout pour que, au deuxième tour et pour préparer le troisième, les 11 % ou 18 % de voix qu'ils ont recueillis au premier ne se portent surtout pas sur Nicolas Sarkozy qui pourtant ne leur refuse rien dans ses propos, même s'ils n'osent pas évidemment envisager un instant de faire la propagande de François Hollande.

Il est évident que ces deux partis espèrent récupérer quelques miettes ou débris après l'explosion prévisible de l'UMP, dont les premiers signes se manifestent, d'ores et déjà, dans les attitudes ou les propos de nombreux de ses membres, voire de ses dirigeants.

Il est tout aussi évident que François Bayrou et Marine Le Pen ont tout intérêt à ce que Sarkozy soit battu et que sa défaite soit aussi large que possible. Au sein même de l'UMP, certains le souhaitent tout autant sinon plus qu'eux ; une vraie déroute ne pourrait qu'arranger tout le monde et surtout ceux qui prétendent à sa succession à court, moyen ou long terme.

Dans cette perspective, le bon sens les encourage évidemment, même s'ils ont dit le contraire, à ne pas se prononcer en faveur de l'un ou de l'autre des deux candidats, de façon à favoriser une éventuelle dispersion des voix et surtout à donner à penser à leurs électeurs du premier tour que la meilleure solution pour prochain scrutin serait plus la télévision ou la pêche que la fréquentation des bureaux de vote.

Tout cela en outre a l'avantage, en abaissant sensiblement le taux de participation (je parie pour moins de 70%), de favoriser objectivement François Hollande (on peut supposer que les électeurs de gauche ne feront pas défection eux), et surtout de faire supposer que les abstentionnistes sont de leur côté!

vendredi 20 avril 2012

OUF!

Ouf ! Nous voyons enfin le bout du tunnel de cette campagne électorale qui aura été marquée surtout par l'insignifiance des débats et des réflexions auxquels elle a donné lieu.

Les seuls points de vue intéressants dans toute cette affaire ont été ceux des "petits" candidats qui, seuls, osaient s'aventurer sur des terrains réellement problématiques, tandis que les "gros" se cantonnaient dans des réflexions générales, en essayant chaque jour, "au doigt mouillé", de trouver la truffe qui leur permettrait de faire le buzz à défaut de relancer leur action. Le président-candidat se bornait, lui, à éructer des injures contre son adversaire (par là même condamné à être calme voire impavide) tout en lui piquant, régulièrement quoique contre toute attente et toute logique, ses idées quand elles lui semblaient rencontrer une certaine audience publique. Tout cela est assez consternant, surtout dans la situation de crise où nous sommes.

En revanche, le seul point positif est la relance de l'activité et du "made in France". Dans ces deux domaines, le succès est incontestable, mais il ne faut pas trop pavoiser car il ne s'agit que d'un secteur  très limité puisque c'est essentiellement celui des sondages.

On en annonce 400 pour l'élection de 2012, soit 35% d'augmentation par rapport à 2007 où on avait compté moins de 300! La relance et la croissance sont enfin là!

Le beau succès de cette activité appelle toutefois quelques remarques.

Comme j'ai eu l'occasion de le dire déjà (et cette remarque est des plus banales), on a souvent le sentiment, en rapprochant les instituts de la couleur politique des commanditaires, que les donneurs d'ordre(s) (à tous les sens de cette formule si heureusement ambiguë), en même temps qu'ils passent commande d'un sondage, donnent quelques indications sur les résultats qu'ils en attendent. On a pu constater ainsi que les sondages commandés par le Figaro indiquaient régulièrement, à la différence d'autres, une montée du score du président-candidat.


En même temps que les sondages se multiplient, leur réalisation doit être de moins en moins coûteuse puisqu'on a le sentiment que l'essentiel des interrogations se fait désormais de plus en plus par Internet.

L’interrogation par Internet a beaucoup réduit le coût du recueil des informations (divisé par 3 ou 4). Au lieu de payer des enquêteurs à des visites souvent infructueuses ou à appeler au téléphone des quidam qui, comme moi, vous raccrochent au nez (poliment pour ce qui me concerne), par Internet on expédie d'un geste des masses de questionnaires par courriels aux gens qui figurent dans une base de données et qui s'y sont eux-mêmes inscrits pour répondre à des enquêtes; ils reçoivent de ce fait un dédommagement (le plus souvent sous forme de bons d'achat ou de cadeaux).

Le principal coût de ces enquêtes en ligne est donc la création et la maintenance de cette base de données. Le traitement informatique est en revanche rapide, facile et peu coûteux ; cela rapporte d'autant plus que vous faites PLUS de sondages! Vous me suivez? A la louche, un tel sondage coûte au client au minimum 6000 à 8000 euros, sans analyse des données, mais tout cela demeure entouré d'une aura de mystère, tant pour les coûts que pour les méthodes.

L'épisode le plus dérisoire de cette campagne sera sans doute le dernier avec les graves interrogations actuelles des organes de notre presse, écrite et audio-visuelle, qui s'interroge pour savoir on prendra le risque ( le coût prévu par la loi est 75.000 euros) de braver l'interdiction de donner des résultats, dimanche prochain, avant l'heure fatidique de la clôture des bureaux de vote.

En fait tous ceux qui s'interrogent gravement sur cette question ont tendance à oublier (mais peut-être ne le savent-ils pas ?) qu'en France, on vote soit avant, soit après les 20 heures du dimanche métropolitain et qu'il est impossible d'aligner, au plan horaire, les Antilles sur la Polynésie, en des scrutins strictement parallèles au plan strictement horaire. Tout le monde sait bien, en outre, que dans les milieux "généralement bien informés" les nouvelles circulent le jour d'un tel scrutin à partir de 18:30.

En réalité, la seule chose que craignent les journalistes est que leurs lecteurs ou leurs auditeurs aillent tout bêtement sur les sites Internet belges ou suisses pour y trouver des estimations de résultats dès 18 heures 30 puisque, dans ces Etats, la loi française ne saurait les empêcher de les communiquer avant qu'ils le soient en France.

Tous ceux qui dissertent savamment sur cette question, en se demandant si la publication avant l'heure de tels résultats, peut avoir une incidence sur les gens qui dans les grandes villes iraient voter de ce fait entre entre 18:30 et 20:00, devraient remonter bien plus loin dans le temps et suggérer d'interdire purement et simplement les sondages (et non pas seulement dans la dernière semaine) puisqu'il est évident que ces 400 sondages risquent fort d'avoir une influence sur les résultats électoraux, du moins l'espère-t-on, pour ceux qui les ont payés et, en outre, fort cher.

samedi 24 mars 2012

"A propos des donneurs d'ordres"

Je ne sais pas trop pourquoi mais j'aime bien l'expression "donneur d'ordre(s)". Elle a une sorte de noblesse (avec aussi une petite connotation financière quand odre est au singulier) et souffre aisément, pour le complément, l'usage du pluriel comme du singulier ce qui en augmente le charme ambigu.

La définition est simple et claire : est "donneur d'ordre(s)" toute personne physique ou morale qui commande à des sous-traitants l’exécution d’une tâche suivant un cahier des charges.
Je pensais à cette expression "donneurs d'ordres" en jetant un coup d'oeil à l'ensemble des sondages qui ont été réalisés par les multiples instituts, à l'occasion de l'élection présidentielle prochaine. Plutôt que d'user de l'expression banale : "commanditaires" mieux vaut en pareille circonstance parler de "donneurs d'ordre".

Tout semble indiquer, en effet, à lire les résultats, que les journaux ou les organismes qui commanditent ces sondages doivent accompagner leurs commandes d'un discret petit cahier des charges à propos des résultats, à moins que leurs relations avec les instituts qui réalisent les dits sondages, soient suffisamment étroites pour que ces derniers sachent parfaitement à quoi s'en tenir quant aux résultats sinon attendus du moins souhaités.

J'ai déjà montré, dans un précédent blog, comment on peut, grâce à "l'empan de variabilité" de 4 % réaliser, sans encombre, toutes les figures statistiques possibles que peuvent souhaiter les divers « donneurs d'ordres ». L'évolution de la situation et les données produites  le confirment chaque jour.

Une autre catégorie de donneurs d'ordres est constituée par les conseillers ou experts en communication qui, de plus loin et par des voies plus subtiles, "influencent" la plupart des journalistes ou des organes de presse.

J'ai écrit aussi, dans un précédent blog, qu'en France beaucoup de nos journalistes sont tellement aux ordres qu'il n'y a même plus besoin de leur en donner ! Leur plume ou leur micro précède les voeux des "donneurs d'ordres". Toutefois et je crois l'avoir dit aussi, plus les choses avancent vers l'échéance électorale, plus les journalistes, à défaut de jeter le masque, se font explicites dans leurs prises de position.

Il faut reconnaître que, dans notre pauvre pays, bien à tort réputé des droits de l'homme, la liberté de pensée et de s'exprimer, pourtant garantie par la Constitution (mais, sans que nous ayons, comme les États-Unis, un VRAI, premier amendement explicite) est de plus en plus menacée et on ne peut dire quoi que ce soit sur qui que ce soit sans se voir aussitôt menacé de procès en diffamation.

Je ne comprends d'ailleurs pas que les propos de certains candidats sur d'autres ne fassent pas l'objet de procédures de ce genre. C'est sans doute par pure stratégie et prudence politique qu'on voit si peu d'actions en justice dans ce domaine alors qu'il y en a tant ailleurs!

Quant à nos journalistes, déjà tellement soucieux de deviner les intentions secrètes des donneurs d'ordres qui ne s'expriment pas, s'ils se mettent, eux aussi, à être prudents, c'est véritablement, comme disait ma bonne grand-mère, "mettre du sucre sur le miel"!

jeudi 15 mars 2012

Encore la mascarade électorale

A l'approche de la date fatidique du scrutin, on a l'impression que les masques tombent de plus en plus. Je ne parle pas ici des dérobades successives d'aspirant(e)s candidat(e)s qui, après quelques rodomontades qui vont de la bombe atomique au simple tour de piste, aussitôt assorties de retraits monnayés en sous-main, mais d'évolutions plus récentes et plus discrètes.

Je regardais par hasard ce matin LCI, dans la mesure où je m'étais levé de bonne heure et qu'il n'y avait alors pas grand chose à voir. J'ai constaté que la propagande sarkozyste y allait bon train! Prenons l'exemple de la revue de presse ; quatre titres y étaient présentés, le premier, le vaisseau amiral, était naturellement le Figaro avec insistance exclusive sur le côté politique de la une ; le deuxième, Les Echos, offrait la même position, abordée sous l'angle économique; le troisième (le black obligatoire dans les clubs de tennis de la Françafrique) était Libération qui honorait la littérature (ça ne mange pas de pain) et le quatrième était Métro pour la catastrophe autoroutière en Suisse. Vous en faut-il davantage ?

Même chose pour les prétendus sondages ; on s'en donne à coeur joie comme je le soulignais dans mon précédent blog, au sein de "l'empan statistique" des 4 % (2% plus 2% de marges d'erreur ! ) ; on peut donc s'amuser à diverses combinaisons qui vont de Sarkozy 32 % et Hollande 28 % ou à l'inverse Hollande 32 % et Sarkozy 28 % avec, entre ces deux choix extrêmes, toutes les combinaisons possibles, pourvu qu'on n'atteigne un total de 60 % et qu'il n'y ait pas plus de 4 % de différence entre les deux candidats. À partir de là, on peut faire ce qu'on veut puisque nul n'est en mesure de vérifier.

Je constate toutefois que, comme par hasard, les sondages qui donnent Sarkozy en tête sont commandés par des journaux ou des organismes de droite ; la route a été ouverte par le Figaro, BFM TV lui emboitant le pas. Je ne sais pas si les tarifs montent si l'on sort des schémas ci-dessus décrits.
Comme disait Jugnot dans l'émission de Collaro "Et dire qu'on les paye pour faire çà! ". En tout cas les "sondeurs", clients habituels de l'émission de Calvi sont plus imperturbables que les augures de Cicéron, qui ne pouvaient se rencontrer sans rire ; eux y sont sérieux comme des papes

Reste la pitrerie des prétendus parrainages en vue de l'acceptation des candidatures par le Conseil constitutionnel. Au risque de me répéter je rappellerai quelques points majeurs de cette affaire.

D'une part le terme de "parrainage", qui implique une complicité quasi parentale avec l'aspirant candidat est tout à fait impropre et il n'a jamais été question que de "présentation".

L'anonymat avait été, de toute évidence, voulu, à juste raison, par le Général De Gaulle pour mettre cette élection à l'abri d'une influence trop grande des partis ; les partis l'ont bien compris et en 1974, ils ont supprimé l'anonymat.

S'il ne s'agit donc en rien de parrainage (avec les connotations affectives qu'implique le terme), il s'agit néanmoins d'un acte "politique" (au sens le plus noble et le plus rare, hélas, de ce terme) ; par conséquent, l'anonymat devrait être de rigueur puisque, en France, dans toute élection, le choix de l'électeur, quel qu'il soit, est toujours secret. Même dans les assemblées où cette pratique n'est pas exigée, si le secret est demandé par un seul des membres du corps électoral, sa demande doit être respectée.

Les grands partis jouent les vierges effarouchées et se défendent d'influencer ceux qui sont susceptibles de présenter des candidats ; il est évident qu'il n'en est rien et le succès ridicule d'un Cheminade par exemple s'explique moins par la séduction qu'exerce sur les grands électeurs son beau projet de création d'une atmosphère artificielle autour de la planète Mars que par le désir, en "présentant" d'emblée ce candidat, de se débarrasser par là de toutes les demandes importunes qu'on pourrait recevoir.

Il est clair d'ailleurs que, si le PS avait un peu de bon sens, il devrait, en sous-main mais peut-être le fait-il, encourager certains des siens à donner des signatures à Marine Le Pen ou à Dominique de Villepin. Le cas de ce dernier est plus particulier car en principe un ancien Premier Ministre aussi télégénique que lui ne devrait pas avoir de mal à recueillir les 500 signatures. S'il ne les a pas ou, du moins, s'il n'en fait pas état, c'est peut-être tout simplement qu'il cherche par là une retraite honorable voire fructueuse, vu ses protestations répétées d'indépendance et de jusqu'au-boutisme dans son désir d'être candidat.

mercredi 14 mars 2012

Présidentielles à la française

La cuisine et la gastronomie française ont été récemment inscrites au patrimoine immatériel de l'Unesco ; reste désormais à y inscrire la cuisine électorale présidentielle dont la technique nouvelle est en train de s'élaborer sous nos yeux. Sous nos yeux mais à vrai dire aussi sous les yeux des autres puisque le Wall Street Journal se paye apparemment notre tête en intitulant son dernier article consacré à cette question : « Nicolas Le Pen ».

La formule ne manque pas de pertinence, puisque désormais la stratégie du candidat sortant consiste, semble-t-il, non plus à lancer des idées pour voir d'où souffle le vent (la technique du "doigt mouillé" déjà décrite) mais plutôt à faire son marché dans les idées et les propositions des autres candidats. Cette stratégie, "à sauts et gambades" comme disait Montaigne, conduit à une variété surprenante des discours et des orientations, faisant sauter du mariage gay à l'euthanasie en passant par la viande halal et conduisant même à se lancer soudain dans des diatribes contre des accords européens dont on avait affirmé la nécessité voire l'excellence avec force des années durant.

La cuisine électorale devient ainsi des plus éclectiques et il faut reconnaître que le cheminement des "idées" n'est pas simple à suivre.

Si l'on ajoute à cela les annonces contradictoires des instituts de sondages, l'électeur est complètement perdu.

En effet, à la différence des candidats qui reprennent les idées des autres pour les faire leurs, les sondeurs ont des stratégies inverses. A peine l'un d'entre eux a placé en tête le candidat sortant pour la première fois, en parvenant à réaliser, avec adresse et fort opportunément, « le croisement des courbes", comme on dit dans ce milieu (Sarkozy y est désormais un point et demi avant Hollande), que le même jour un sondeur concurrent place le premier quatre points derrière le second et détruit instantanément par là les espoirs que commençait à faire naître le premier sondage.

De toute façon, comme l'empan statistique prévisionnel (la formule est mienne!), selon les modes de calcul des instituts de sondage, est de QUATRE points (2 + 2), on ne risque rien, au point de vue scientifique et déontologique, en jonglant, à sa guise et/ou sur commande, au sein de cet empan!

Les "Guignols de l'Info" sur Canal+ ont réalisé, hier, pour la première fois depuis longtemps, un très joli numéro de parodie à la suite du premier sondage qui, pour la première fois, avait placé en tête Nicolas Sarkozy devant François Hollande. On y voyait réunies trois marionnettes censées représenter l'institut en cause et préparant les résultats du dit sondage. Je n'ai pas identifié la troisième marionnette mais la première était Laurence Parisot, la patronne du MEDEF (organisme du patronat pour les nobles lecteurs étrangers!), vice-présidente de l'institut en cause et Jean-Pierre Elkabbach qui dans son enthousiasme pro-gouvernemental entendait attribuer au candidat président sortant un score tel que Laurence Parisot était obligée de le modérer en lui promettant de faire mieux la fois suivante. Le troisième personnage était probablement l'un des dirigeants de cet institut, lui-même désigné, selon Wikipédia, par Laurence Parisot elle-même.

Autant dire que tous ces résultats et toute la cuisine elle-même sont, en fait,sans mystère!

mardi 13 mars 2012

Le doigt mouillé, les sondages et le referendum . Reprise et commentaires (en italiques)

J'ai expliqué dans un blog le principe de gouvernement, désormais dominant, que j'appelle « au doigt mouillé » (pour saisir commodément et à moindres frais le sens du vent).

Comme vous le savez, autrefois, avant que nous disposions de ce magnifique service national de météorologie qui colore nos départements en orange ou en rouge, nous informe de la température "ressentie" et enfin nous indique la direction du vent, on pouvait juger du sens de ce dernier, en se mouillant le bout de l'index et en l'exposant au-dessus de sa tête au souffle de la brise, pour en déterminer la direction, puisque le zéphyr ou l'aquilon du moment sèche la partie du doigt qui lui est exposée.

Foin de ces procédés météorologiques rétrogrades, nos gouvernants n'ont plus besoin de mouiller leur index pour l'exposer aux vents!  Ils disposent désormais en effet des instituts de sondage qui, non seulement sont propres à indiquer ou à imaginer le sens du vent, mais peuvent également même y apporter quelques aménagements dans le sens dont ils jugent qu'il plaît le plus à leurs commanditaires. Les affaires sont les affaires!

Je ne ferai pas l'interprétation politique de tels choix ; d'autres l'ont fait avec infiniment plus de compétence que moi. Il est toutefois clair que la consultation du peuple par voie référendaire (ce qui est le principe même du référendum que ceux qui lui sont hostiles appellent, souvent et volontiers et non sans quelque raison, "plébiscite"  mot dont le sens et même l'existence sont en général ignorés) n'est pas un choix très démocratique dans un système qui est, réellement et par ailleurs, une démocratie participative avec une vraie représentation parlementaire.

Le choix du référendum procède donc, en général, de la volonté d'imposer ses vues de la part celui qui le commandite, sauf s'il dispose d'une majorité parlementaire qui pourrait l'en dispenser. Il s'agit alors plutôt en effet d'un plébiscite!

Logiquement, comme le général De Gaulle le fit en son temps, le commanditaire du référendum, s'il est désavoué par le vote, se doit de démissionner devant la sanction populaire. Ce n'est évidemment plus le cas depuis longtemps, puisque désormais nos hommes politiques ont des comportements tout à fait différents, faute d'être eux-mêmes des hommes d'État, ce qui était le cas de De Gaulle!

Le référendum, comme toute chose, est un peu la langue d'Esope donc soit la pire soit la meilleure chose du monde!

En tout cas, plus de doigt mouillé désormais, mais des instituts de sondage.

On commence d'abord par faire des sondages sur les sondages envisagés. On ne saurait être trop prudent et comme disait Coluche "C'est pas nous qui paye!". Surtout ne pas se lancer, sans savoir en gros quelle serait la position du peuple dans l'hypothèse où il serait consulté sur ce point!
Quant au doigt mouillé, à condition qu'on ait eu la sagesse prévoyante d'user à cette fin du majeur plutôt que de l'index, il peut aisément se changer en "doigt d'honneur" à l'adresse des électeurs!

mardi 28 février 2012

Sondages! Sondages ...


Spectacle à la fois comique et édifiant chez Calvi ('"C'est plus clair") sur les sondages. MDR !

Quatre témoins comme toujours ; deux journalistes pour compter les points. Et deux "sondeurs" pour exposer, défendre leur point de vue et expliquer les mystères. L'occasion est donnée par les différences d'écarts sensibles observées entre les deux principaux candidats aux présidentielles, Nicolas Sarkozy et François Hollande. Cet écart varie entre 1,5 et 4,5 selon les boutiques. C'est tout de même beaucoup car, sur le zinc, au bistrot du coin, on en fait à peu près autant, voire mieux. Je ne cite naturellement pas les noms des deux protagonistes pour éviter les procès en diffamation mais, comme on pouvait s'y attendre, le match n'a pas eu lieu, ce qui est bien normal puisque leur marge d'erreur est de 2, de leur propre aveu. Or comme vous pouvez le constater, 2 + 2 = 4. CQFD! Cette arithmétique est des plus douteuses mais pas besoin de savoir compter pour sonder!

Décidément la télévision n'est guère propice aux débats, sauf quand ils sont inattendus et même involontaires et qu'un conseiller élyséen trépigne et pète les plombs en public. Rien de tel ici, nos deux loustics sondeurs s'entendent, et c'est normal comme larrons en foire. Ils trahissent même leur connivence par l'usage systématique de leurs prénoms et s'emploient à nous noyer sous des flots d'explications marécageuses pour expliquer les écarts entre leurs évaluations qui, de toute façon, comme chacun le sait, sont toujours toutes fausses. Je ne rappellerai pas ici l'élection présidentielle de 2002 et les malheurs de ce pauvre Jospin assez sot pour les croire et évincé du deuxième tour par Jean-Marie Le Pen que les sondeurs avaient sottement minoré.

À propos des sondages se dégagent toutefois quelque vérités d'évidence qui, bien entendu, ne sont pas apparues au cours de cette émission.

Tout d'abord le sondage est l'une des rares industries prospères de la France, à usage purement interne hélas. Nous fabriquons de moins en moins d'acier et d'automobiles et même plus du tout de produits manufacturés, mais nous ne manquons pas fort heureusement d'instituts de sondage et nous sondons à tour de bras. Les instituts poussent même de tous côtés, grassement entretenus qu'ils sont par les gouvernements successifs. Pour la seule élection présidentielle 2012, les sondeurs comptent en faire 500, sans compter bien entendu les sondages "privés" ou "secrets", dont les résultats ne sont pas publiés et qui sont probablement aussi nombreux sinon davantage. À cela s'ajoutent tous les autres, de toutes natures, soit commerciaux soit politiques (mais plus discrètement) . Bien entendu, le financement des instituts de sondage, par toutes sortes de biais, est une façon discrète de s'attirer des sympathies et, le cas échéant, de les inciter, en toute rigueur scientifique, à des manipulations des données en vue de résultats plus favorables aux souhaits de leurs commanditaires. Pas besoin de vous faire un dessin !

La manipulation des données est d'ailleurs tout à fait avouée par les instituts de sondage et le sondeur a le droit et même le devoir de « corriger » les données "brutes". Je vous épargne les explications "savantes" de la nécessité de ces manipulations ; comme elles n'obéissent en fait à aucune règle, on peut évidemment faire ce qu'on veut, selon la couleur politique de l'institut ou selon les voeux sont du commanditaire. Le client est roi!

On vous explique ainsi qu'il faut bien corriger les données puisque les Français sont sournois; comme autrefois les électeurs communistes se cachaient sous l'étiquette socialiste ou comme plus récemment les électeurs du Front National feignaient de se rattacher à une droite plus classique, désormais les sarkozystes honteux se dissimulent aux yeux des sondeurs en arborant un faux nez villepinesque ou modèmien. Il faut débusquer l'imposture Les sondeurs ne recueillent pas que les intentions de vote ; ils sondent aussi les reins et les coeurs !

Comment croire à de pareilles fariboles, quel que soit le sérieux imperturbable des dits sondeurs et la technicité de leurs indications?

Comme disait autrefois le Jugnot du Bébète Show de Stéphane Collaro :  "Et dire qu'on les paye pour faire ça !". Il me paraît toutefois encore plus opportun de conclure avec l'éternelle formule de Coluche à ce même propos : "Quels que soient les sondages, c'est toujours nous qui finirons par l'avoir dans le cul !".

jeudi 4 août 2011

Météo et/ou sondages.

En commençant à écrire (ou plutôt à dicter puisque j'ai recours, à cette fin, à mon Dragon familier) le présent post, je songe soudain que j'ai déjà écrit un texte sur la météo; après une rapide recherche dans blogspot, je constate qu'il s'intitulait "météo et grenouille" que je l'ai publié le 7 juin 2011. Pour vous éviter une recherche inutile et comme il a, par hasard (mais est-ce bien le hasard qui est en cause ?), j'en reproduit ici et le début m'avisant, à la lecture, qu'il est encore d'une actualité plus humide que brûlante.

"Depuis quelques semaines les météorologues (ou apparentés) régnaient en maîtres sur nos écrans de télévision. Ils venaient gravement nous expliquer la sécheresse et les maux qu'elle allait entraîner pendant dans les semaines à venir, sans oser toutefois nous prédire de façon sûre une canicule meurtrière. À la veille du viaduc de l'Ascension, des millions de Français se sont donc rués sur les routes (ce qui était prévu) pour recevoir à leur arrivée sur leur lieu de villégiature des cataractes de pluie ou des tombereaux de grêlons dont nul n’avait entendu parler par nos experts dans les prévisions météorologiques de la période en cause. A peine ici ou là avait-on évoqué la possibilité de quelques orages…

Le plus drôle est qu’avec ce sens aigu de l’opportunité qui caractérise souvent notre administration, Météo France a lancé, ces jours-ci, une campagne de publicité auprès des PME en faveur du recours par elles à ses services. Belle illustration de ses capacités de prévision !

Je suggérerais donc volontiers, dans le cadre de la RGPP (la Révision Générale des Politiques Publiques), de réduire, très sensiblement et au plus vite, les effectifs des services de la météorologie nationale et de revenir au bon vieux temps des grenouilles dont les prédictions d’antan n'étaient, somme toute, pas plus mauvaises tout en ayant l'avantage d'être gratuites".

Je suis venu toutefois à cette modeste et présente réflexion par une voie tout à fait différente puisque c'est plutôt leur coût et leur constance dans l'erreur, au sein des prévisions qui passent pour être leur spécialité qui ont rapproché ici, de façon un peu insolite, la météo et les sondages.

Ce qui les rapproche aussi, au moins dans la partie télévisuelle qui nous est exposée, est la rare impudence des agents, météorologues ou sondeurs, qui hantent écrans et ondes, sans être, en rien, inquiétés ni affectés par la constance et la succession de leurs erreurs dans les prévisions qu'ils facturent ou pour lesquelles nous les payons.

Je voyais hier encore chez Calvi ( ou l'une de ses nièmes doublures estivales) le responsable de je ne sais quel Institut de sondage expliquer gravement que les erreurs monumentales des sondages lors de la fameuse élection du 21 avril 2002 étaient tout à fait explicables et pour ainsi dire NORMALES, puisque les prévisions qu'ils font, impliquent jusqu'à 2 %, en plus et en moins (donc 4%!), sur les chiffres avancés. Sans chercher la petite bête, si l'on prend les prévisions faites pour Jospin (de 16 à 18 %) et pour Le Pen (de 12 à 14 %), pour Jospin, 16% moins 2 donne 14% et pour Le Pen 14% plus 2% aboutit à 16% donc les sondages avaient bien prévu le résultat ! Vive nous ! Si les prévisions sont si hautement approximatives à quoi bon se livrer à ce genre d'exercice, aussi vain que coûteux, surtout quand on commence ces sondages une année avant l'élection, comme c'est le cas pour le scrutin de 2012. Revenons-en donc aux oiseaux et aux poulets des haruspices!

Les météorologues ont tout autant de culot comme je le rappelais dans mon précédent blog du 7 juin où j'évoquais la grenouille du bon vieux temps. Le problème, c'est que dans le cas de la météo comme dans celui des sondages, il y a là un bizness tout à fait rémunérateur, même si les sondages nous coûtent tout de même moins cher que la météo.

Il faut tout de même savoir que Météo France à un personnel de 3500 employés (1200 à Toulouse en particulier!) et un budget de plus de 310 millions qui est alimenté essentiellement par l'État français (56,2 %) et les redevances aéronautiques (26,2 %), la vente de services ne représentant guère que 13 %. Ce dernier chiffre est d'ailleurs le plus étonnant car vu la médiocre qualité des prestations de Météo France on peut s'interroger sur l'intérêt de les payer. Elles ne sont fiables que pour le jour même et, dans ce cas, on peut toujours ouvrir la fenêtre.

Le problème des Instituts de sondage est tout autre. Il y en a une bonne vingtaine dont les plus connus sont BVA, CSA, IPSOS ou IFOP (sur lequel règne Mme Laurence Parisot et qui est le plus ancien, créé qu'il fut en 1938 et qui n'était qu'une simple imitation de l'institut Gallup, car, comme en bien des matières, on s'est borné à imiter les Américains).

Là aussi la constance dans l'erreur a quelque chose de remarquable et même d'étonnant, mais il serait intéressant et instructif d'examiner de plus près l'activité de ces instituts de sondage et les liens qu'ils peuvent entretenir avec le pouvoir, car il est évident que la forme et le libellé des questions posées peuvent avoir une influence certaine et par là prévisible sur les résultats. Le financement des services météorologiques, même s'il est très lourd pour la collectivité française, a au moins le très mince mérite de la transparence et de la clarté par rapport à l'autre.

La fin des vacances de juillet, qui a amené à nouveau sur nos écrans les binettes des météorologues patentés, a, au moins, permis à ces derniers de redonner le moral aux Français, en prévoyant pour le début du mois d'août les charmes d'un bel été. Si l'on met à part notre Sud-Est toujours privilégié sur le plan climatique, on voit le résultat ailleurs.

Hier encore, la transformation de la ville de Bordeaux en Venise girondine donnait un piquant particulier aux prévisions optimistes de nos météorologues.