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mardi 13 mars 2012

Le doigt mouillé, les sondages et le referendum . Reprise et commentaires (en italiques)

J'ai expliqué dans un blog le principe de gouvernement, désormais dominant, que j'appelle « au doigt mouillé » (pour saisir commodément et à moindres frais le sens du vent).

Comme vous le savez, autrefois, avant que nous disposions de ce magnifique service national de météorologie qui colore nos départements en orange ou en rouge, nous informe de la température "ressentie" et enfin nous indique la direction du vent, on pouvait juger du sens de ce dernier, en se mouillant le bout de l'index et en l'exposant au-dessus de sa tête au souffle de la brise, pour en déterminer la direction, puisque le zéphyr ou l'aquilon du moment sèche la partie du doigt qui lui est exposée.

Foin de ces procédés météorologiques rétrogrades, nos gouvernants n'ont plus besoin de mouiller leur index pour l'exposer aux vents!  Ils disposent désormais en effet des instituts de sondage qui, non seulement sont propres à indiquer ou à imaginer le sens du vent, mais peuvent également même y apporter quelques aménagements dans le sens dont ils jugent qu'il plaît le plus à leurs commanditaires. Les affaires sont les affaires!

Je ne ferai pas l'interprétation politique de tels choix ; d'autres l'ont fait avec infiniment plus de compétence que moi. Il est toutefois clair que la consultation du peuple par voie référendaire (ce qui est le principe même du référendum que ceux qui lui sont hostiles appellent, souvent et volontiers et non sans quelque raison, "plébiscite"  mot dont le sens et même l'existence sont en général ignorés) n'est pas un choix très démocratique dans un système qui est, réellement et par ailleurs, une démocratie participative avec une vraie représentation parlementaire.

Le choix du référendum procède donc, en général, de la volonté d'imposer ses vues de la part celui qui le commandite, sauf s'il dispose d'une majorité parlementaire qui pourrait l'en dispenser. Il s'agit alors plutôt en effet d'un plébiscite!

Logiquement, comme le général De Gaulle le fit en son temps, le commanditaire du référendum, s'il est désavoué par le vote, se doit de démissionner devant la sanction populaire. Ce n'est évidemment plus le cas depuis longtemps, puisque désormais nos hommes politiques ont des comportements tout à fait différents, faute d'être eux-mêmes des hommes d'État, ce qui était le cas de De Gaulle!

Le référendum, comme toute chose, est un peu la langue d'Esope donc soit la pire soit la meilleure chose du monde!

En tout cas, plus de doigt mouillé désormais, mais des instituts de sondage.

On commence d'abord par faire des sondages sur les sondages envisagés. On ne saurait être trop prudent et comme disait Coluche "C'est pas nous qui paye!". Surtout ne pas se lancer, sans savoir en gros quelle serait la position du peuple dans l'hypothèse où il serait consulté sur ce point!
Quant au doigt mouillé, à condition qu'on ait eu la sagesse prévoyante d'user à cette fin du majeur plutôt que de l'index, il peut aisément se changer en "doigt d'honneur" à l'adresse des électeurs!

lundi 13 février 2012

Le doigt mouillé, les sondages et le referendum

J'ai expliqué dans mon blog précédent le principe de gouvernement, désormais dominant, que j'appelle « au doigt mouillé ».

Comme vous le savez, autrefois, avant que nous disposions (et non pas « avant que nous NE disposions », comme on l'entend partout, avec ce NE qui n'a aucune raison d'être et qui est purement et simplement fautif, alors que ceux qui en usent le jugent élégant !) de ce magnifique service national de météorologie qui colore nos départements en orange, nous informe de la température "ressentie" et enfin nous indique la direction du vent, on pouvait juger du sens de ce dernier, en se mouillant le bout de l'index et en l'exposant au-dessus de sa tête au souffle de la brise, pour en déterminer la direction, puisque le zéphyr ou l'aquilon du moment sèche la partie du doigt qui lui est exposée.

Foin de ces procédés météorologiques rétrogrades, nos gouvernants n'ont plus besoin de mouiller leur index pour l'exposer aux vents! Quand ils dressent ainsi leur doigt, c'est dans une toute autre intention, comme naguère M. Emmanuelli à l'Assemblée nationale où il n'y a pourtant que peu de vent. Nos gouvernants disposent désormais en effet des instituts de sondage qui, non seulement sont propres à indiquer le sens du vent, mais peuvent également même y apporter quelques aménagements dans le sens dont ils jugent qu'il plaît à leurs commanditaires.

Je ne ferai pas l'interprétation politique de tels choix ; d'autres l'ont fait avec infiniment plus de compétence que moi. Il est toutefois clair que la consultation du peuple par voie référendaire (ce qui est le principe même du référendum que ceux qui lui sont hostiles appellent, souvent et volontiers et non sans quelque raison, "plébiscite" ) n'est pas un choix très démocratique dans un système qui est, réellement et par ailleurs, une démocratie participative avec une vraie représentation parlementaire.

Le choix du référendum procède donc, en général, de la volonté d'imposer ses vues de la part celui qui le commandite, sauf s'il dispose d'une majorité parlementaire qui pourrait l'en dispenser. Il s'agit alors plutôt en effet d'un plébiscite!

Logiquement, comme le général De Gaulle le fit en son temps, le commanditaire du référendum, s'il est désavoué par le vote, se doit de démissionner devant la sanction populaire. Ce n'est évidemment plus le cas depuis longtemps, puisque désormais nos hommes politiques ont des comportements tout à fait différents, faute d'être eux-mêmes des hommes d'État, ce qui était le cas de De Gaulle!

Le référendum, comme toute chose, est un peu la langue d'Esope donc soit la pire soit la meilleure chose du monde!

Dans le cas que j'évoquais précédemment (le référendum du général De Gaulle qui a précédé sa démission devant la réponse populaire) était d'un genre tout différent de ce que l'on semble méditer actuellement. Il voulait lui imposer un choix politique que le peuple français a refusé entraînant par là même  sa démission.

On est dans une perspective tout à fait différente, où l'on cherche d'abord des questions à poser au peuple, de façon à entraîner de sa part une adhésion prévue de façon à tenter de faire, de cette adhésion populaire, toute provisoire et sur un point bien précis, un soutien global à une politique avec laquelle l'opinion s'est tout aussi clairement montrée largement en désaccord.

Plus de doigt mouillé désormais, mais des instituts de sondage.

On commence d'abord par faire des sondages sur les sondages  envisagées. On ne saurait être trop prudent et comme disait Coluche "C'est pas nous qui paye!". Surtout ne pas se lancer, sans savoir en gros quelle serait la position du peuple dans l'hypothèse où il serait consulté sur ce point!

Le deuxième temps est, éventuellement, celui du référendum que l'on ne fait bien entendu que sur une question, pour laquelle on a obtenu des sondeurs l'espérance d'un large consensus. Naturellement, sur ces questions comme sur bien d'autres, les sondages se révèlent très souvent faux, mais peu importe car cela fait tourner la machine à sonder et, comme disait ma bonne grand-mère, faire et défaire c'est toujours travailler.

Reste une arme très puissante dans les mains des instituts de sondage qui est celui de la forme  la question posée.

Gardons le cas de la rémunération des chômeurs qui semble être un peu dans l'air du temps. Usbek et Usbek Consulting ldt.peuvent vous donner un ou deux exemples de questions, à poser en forçant un peu le trait naturellement pour être plus clair.
Premier type de question : « Est-ce que vous souhaitez que ces fainéants de chômeurs continuent à toucher ad vitam aeternam de grasses  indemnités de chômage ? ».
Deuxième type de question : "Est-ce-que vous souhaitez que de pauvres chômeurs méritants cessent de perçoivent leurs modeste indemnités de chômage au simple prétexte qu'ils ont dû refuser un poste mal payé et étranger à leurs compétences à 700 km de chez eux ?"

Ces questions sont biaisées objectez-vous, non sans quelque raison. Bien entendu, mais on peut aussi faire les choses de façon plus subtile et provoquer par là les résultats qu'on souhaite. ( "Qu'est-ce qu'une offre "raisonnable" par exemple?), sans compter qu'on peut toujours corriger les pourcentages, comme on dit, par la prise en compte des données saisonnières.

Vers une vraie réforme constitutionnelle

La parution du livre de Dominique Rousseau, professeur de droit constitutionnel à Paris I,  Le Consulat Sarkozy, conduit à poser à nouveau la réforme de notre constitution et dans un sens un peu différent.

Comme je l'ai déjà fait remarquer dans un blog précédent, il est clair que le passage du septennat au quinquennat n'a rien réglé et qu'il faudrait s'orienter vers une réforme beaucoup plus sévère, brutale et drastique de la durée des mandats présidentiels.

Pour des causes et des raisons qu'il appartiendra aux psychologues de déterminer et de préciser, il est clair que l'exercice du pouvoir présidentiel oblitère chez ceux qui en sont porteurs les facultés de discernement et de décision. Comme disait l'autre "le pouvoir rend fou ; le pouvoir absolu rend absolument fou".

Alors qu'ils ont vécu sans trop de problèmes pendant dix ou même cinq ans d'exercice du pouvoir, une situation de crise dramatique dont ils n'ont  perçu la réalité et l'urgence qu'au seul terme de leur mandat, voilà qu'ils se révèlent soudain, à ce moment-là, d'une lucidité admirable et imaginent des solutions radicales à des problèmes dont ils n'ont même jamais perçu la simple existence au cours des précédentes années de leur exercice du pouvoir.

Il est donc clair qu'il faut que les mandats présidentiels soient très fortement réduits ; en la circonstance et vu un passé récent, six mois me paraît une durée maximale puisque c'est précisément et seulement , dans ces derniers mois de leur mandat, qu'ils font soudain montre de cette lucidité et de cet esprit de décision qui leur ont si fâcheusement manqués des années durant .

Si le raccourcissement du mandat présidentiel est une mesure indispensable et urgente, il en est toutefois une autre qui l'est tout autant.Elle consiste à mettre un terme à la pratique de gouvernement que je nomme "au doigt mouillé".

On peut imaginer en effet que l'exercice du pouvoir consiste dans la mise en oeuvre de mesures qu'on juge salutaires et que le décideur a conçues dans le secret de sa réflexion, éclairé seulement, le cas échéant, par quelques-uns de ses proches conseillers. Il en est malheureusement souvent tout autrement ; de plus en plus, le décideur ne cherche guère qu'à deviner les souhaits de ses électeurs pour les devancer par des mesures qu'il juge propres à lui attirer les faveurs populaires.

C'est ce que j'appelle la politique "au doigt mouillé" ; la seule différence est que, désormais, on ne se mouille même plus le doigt pour l'exposer au vent et en deviner la direction ; on passe maintenant par des instituts de sondages auxquel on demande d'évaluer les positions du public par des questions qu'on a bien entendu soin de formuler de façon à en susciter les réponses.

En effet, comme ces instituts de sondages vivent, pour la plupart, aux crochets des gouvernements (et donc aux nôtres), ils sont enclins à rédiger les questions de façon à susciter les réponses attendues par les commanditaires ; éventuellement, on peut même en outre songer à moduler à loisir les résultats, puisque nul n'est en mesure de juger de la sincérité des indications chiffrées qui sont livrées.

Comme je suis déjà un peu long, je vous livrerai demain les conseils d'Usbek (toujours gratuits naturellement) sur les référendums qui sont la suite logique du processus.