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mercredi 8 mai 2013

Grenouilles ou Météo France ?



 


L'avantage, avec Météo France, c'est que comme pour la pousse et la chute des feuilles, on peut reprendre, aux mêmes dates ou presque, des posts antérieurs, ce qui pour un jour férié est, vous en conviendrez, bien commode. Voici donc, en reprise, sans en changer un mot, mon texte du 6 juin 2011.

"Depuis quelques semaines, les météorologues (ou apparentés) régnaient en maîtres sur nos écrans de télévision. Ils venaient gravement nous expliquer la sécheresse et les maux qu'elle allait entraîner pendant dans les semaines à venir, sans oser toutefois nous prédire de façon sûre une canicule meurtrière. À la veille du viaduc de l'Ascension [ c'était déjà le cas et je ne change pas une virgule en ce 8 mai 2013, ni le "viaduc", ni la pluie], des millions de Français se sont donc rués sur les routes (ce qui était prévu) pour recevoir à leur arrivée sur leur lieu de villégiature des cataractes de pluie ou des tombereaux de grêlons dont nul n’avait entendu parler par nos experts dans les prévisions météorologiques de la période en cause. A peine ici ou là avait-on évoqué la possibilité de quelques orages…

Le plus drôle est qu’avec ce sens aigu de l’opportunité qui caractérise souvent notre administration, Météo France a lancé, ces jours-ci, une campagne de publicité auprès des PME en faveur du recours par elles à ses services. Belle illustration de ses capacités de prévision !

Je suggérais donc volontiers, dans le cadre de la RGPP, de réduire, très sensiblement et au plus vite, les effectifs des services de la météorologie nationale (3500 salariés) et de revenir au bon vieux temps des grenouilles dont les prédictions n'étaient, somme toute, pas plus mauvaises.

Les lamentations de nos paysans devant leurs champs grillés par le soleil ou leurs prairies asséchées, dont on nous avait abreuvé des semaines durant, se sont soudain éteintes (mais pas les demandes de subventions !). Il est vrai que la Communauté Européenne, émue par les plaintes paysannes et les meuglements des vaches affamées, a permis, dans sa grandeur bruxelloise, que l'on fauchât, pour nourrir les animaux, les 700.000 hectares de jachère qu’elle avait imposées auparavant. Il est vrai que pareille décision a nécessité, de sa part, de longues réflexions ; nous ne pouvons donc que savoir gré aux technocrates européens de ne pas avoir laissé les vaches crever de faim auprès de champs en jachère qu'elles n'auraient pu goûter qu'au prix de la violation insupportable d'une règlementation communautaire.

Voilà que nos braves paysans qui se lamentaient de la sécheresse sont désormais poussés à un désespoir égal par la pluie, les inondations voire la grêle qui a saccagé plantations de melons et vergers ! Je ne parle même pas des zones qui ont été inondées et qui ont reçu sournoisement (Dame Nature avait omis de prévenir nos météorologues patentés) en deux ou trois jours les quantités de pluie qui tombent habituellement en six mois.

Peut-être le modèle météorologique de l'avenir est-il celui qu’a adopté le « Grand Journal » de Denisot sur Canal+, par de savants et progressifs  glissements. On y est passé de la classique carte météo du lendemain, présenté par une aguichante potiche, (toutes se sont orientées dans la suite vers le cinéma) à des bulletins météo sans contenu mais qui se veulent facétieux, voire égrillards. Y officie actuellement une jeune Québécoise à la bouche en cul de poule, dont les bouffonneries laborieuses ne font guère rire que Michel Denisot, à qui le regretté Bruno Gaccio (quand il officiait aux "Guignols de l’info") faisait toujours énoncer un piteux « Désolé ! », après lui avoir fait raconter une blague parfaitement stupide. J’ignore la nature exacte des services que rend cette jeune Québécoise dans cette émission et qui en bénéficie, mais il faudra la remplacer car il paraît qu’elle est déjà sollicitée par le cinéma français.

Je dois dire que je suis un peu agacé par un tic de langue des bulletins météo [ ce tic dure toujours ; il est décidément "pérenne" - autre tic !]; une formule consacrée s’y s'est répandue avec la vitesse de propagation de la maladie du concombre espagnol ou du colza allemand. Elle consiste à prévoir toute température selon la formule : "Les thermomètres afficheront une température de X. degrés». Or les thermomètres n'affichent rien du tout ; ils se bornent à indiquer la température, sans avoir ni le besoin ni le désir de l'afficher.

Au risque de passer pour un vieux con (ce qui m’arrive assez fréquemment) et suite à une conversation téléphonique que je viens d’avoir, je soulignerai que, dans beaucoup de cas, une pratique simplement correcte de la langue française facilite beaucoup la communication.

Je me suis ainsi battu, il y a une demi-heure, avec le numéro d’appel téléphonique d'une carte de crédit que je ne citerai pas ; on m’y demandait, pour m’identifier de façon sûre, la date de naissance de ma mère. Soit. Multiples échecs car en donnant cette date, je coupais automatiquement la communication !   En désespoir de cause j'ai fini par me demander si ce que l'on me demandait en fait n'était pas plutôt la date de son anniversaire (soit quatre chiffres et non pas huit !). Cette hypothèse s'est révélée bonne et comme j'avais échoué une bonne demi-douzaine de fois dans cette entreprise, j'ai pris la liberté de tenter d'expliquer à mon interlocutrice avec qui j'ai enfin eu la liaison, qu’en français, « date de naissance » n'est pas synonyme de « date d'anniversaire » puisque, dans ce second cas, on ne mentionne pas l'année. Je ne suis pas totalement sûr d'avoir été compris par la « conseillère », mais comme j'avais néanmoins réussi dans mon entreprise, je me suis montré plein de mansuétude, à défaut d'être capable de faire comprendre la différence à quelqu'un qui était fermement résolu à ne rien entendre ou totalement inapte à saisir la différence.

Nous voilà bien loin de la météo ! Si les écluses du ciel largement ouvertes ces derniers jours sur toute la France nous épargnent l'impôt sécheresse, nous devrons peut-être nous préparer à subir l'impôt pluviosité.

mardi 7 mai 2013

Météo France (2)




Plus sérieusement qu'hier, je voudrais aujourd'hui revenir sur le cas de Météo France dont je rappellerai simplement, en guise d'introduction, que le budget de 350 millions d'euros (pour 2010) est alimenté, pour l'essentiel, par l'État et qui emploie 3500 salariés dont 1200 sont "décentralisés" à Toulouse.

La localisation de Météo France constitue d'ailleurs un point intéressant, puisque son siège a été installé, fin 2011, à Saint-Mandé, alors que la décentralisation sur Toulouse date de 1982. Curieuse absence de prévision chez des spécialistes de la chose. Le lieu choisi, Saint-Mandé, est aussi intrigant ; en la circonstance, l'endroit semble voué à la remédiation de la cécité, puisque l'Institut "le Val Saint-Mandé" (ancien Institut départemental des aveugles) avait été lui-même transféré à Saint-Mandé bien avant, en 1889. Faut-il voir une relation de cause à effet entre ces deux transferts si voisins dans leurs finalités ? Je ne me hasarderai pas à le prétendre.

Depuis avril 2009, le PDG de Météo France est Monsieur François Jacq. Rien à voir avec Christian Jaque, immortel auteur de "Caroline chérie", en dépit du fait que Martine Carol, comme Météo France, est de Saint-Mandé ! De telles considérations ne sont en rien pertinentes. Monsieur François Jacq, est un X, ingénieur général des mines, ce qui n'aurait pas dû, logiquement, le conduire à l'observation du ciel avec la tête dans les nuages, même s'il a débuté en tant que chercheur au centre de sociologie de l'innovation de l'Ecole des mines, avant de s'intéresser à l'histoire des sciences, puis de diriger, cinq années durant, l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs. Je ne pense pas toutefois que ces changements successifs d'orientation et ce parcours, "à sauts et gambades" comme disait Montaigne, soient à l'origine de l'expression bien connue "faire le Jacques" même si elle peut parfois (Cf mon cher TLF), sans doute à cause du Maître Jacques de l'Avare, désigner un homme propre à tous les emplois.

J'ai lu dans le descriptif de Météo France que cette institution est signataire du "pacte PME" qui, à mon avis, ne doit pas s'interpréter comme "Petites et moyennes entreprises" car, avec 3500 salariés, on ne peut guère jouer dans cette catégorie. PME doit ici signifier plutôt de "Prévisionnistes Médiocres et Errants".

Ce n'est assurément pas l'argument publicitaire de Météo France, qui souligne, dans sa propre hagiographie, que "l'intérêt stratégique des prévisions météo tient à ce que 25 à 30 % du produit national brut est influencé par la météo" qui m'impressionne. Que le temps ait une influence sur le PNB (surtout en matière agricole), je n'en doute pas un instant, mais, justement, le temps qu'il fait n'est généralement pas celui que Météo France a prévu et il est donc évident que cet argument ne peut impressionner que les imbéciles !

Qu'on n'aille toutefois pas me dire qu'on ne réfléchit pas, à Météo France, à la gestion optimale de cette entreprise plutôt que de s'attacher à prévoir, sottement, le temps qu'il va faire ; toutes les prévisions de Météo France démontrent le contraire et, après tout, il suffit, le matin, d'ouvrir en même temps l'oeil et sa fenêtre pour être fixé!

Non ! Le principal sujet de recherche et de réflexion dans cet établissement est, en fait, l'orthographe de son nom comme le montrent ces quelques lignes du descriptif de son activité qui sont, à mon avis, aussi ubuesques que significatives :

"Le nom officiel de l'établissement contient un trait d'union et des accents dans ses statuts, même si les accents sont supprimés de la plupart des documents publiés par Météo-France (ainsi que de son site internet officiel et de son logo), qui a enregistré les marques commerciales Meteo-France et Meteo France (ainsi que les mêmes noms entièrement en majuscules), afin de faciliter le référencement de ses publications sous un nom unique (le plus souvent écrit sans trait d'union simplement METEO FRANCE)".

Ce ne sont pas assurément des grenouilles de la concurrence qui, les pauvres, seraient capables de réfléchir avec une telle pertinence sur une stratégie orthographique si élaborée. Elle va même jusqu'à se poser le problème de l'accentuation des majuscules qui pourtant ne sont jamais porteuses d'accents selon les règles de la typographie française (à la différence de celles d'autres francophonies).

Mais à force d'avoir la tête dans les nuages, on finit par la perdre !

lundi 6 mai 2013

Météo-France




Dans ma légitime fureur contre les prévisions aberrantes de la météo et dans mon désir irréfléchi de l'assouvir dans la rédaction d'un blog vengeur, j'avais oublié que j'en avais déjà fait un qui, quoique un peu ancien (posté le 23 mai 2012, il a presque un an, jour pour jour), est, si j'ose dire, de saison, ce qui me conduit à le reproduire ici, quitte à le prolonger demain.

"Vous vous souvenez peut-être de la chanson de Carlos « Monsieur Météo », mais c'était il y a bien longtemps et peut-être n'avez-vous pas eu connaissance de cet immortel chef-d'oeuvre. Son souvenir m'est revenu à l'esprit en regardant, hier soir, avant l'émission de Calvi, l'interview d'un éminent météorologue. J'aurais dû me méfier d'emblée car, sauf erreur de ma part, ce savant "prévisionniste météo", pour reprendre les termes qui le présentaient, se nommait M. Gourant. C'était pourtant évidemment un élément d'information majeur, puisque nos services météorologiques ont pour principal caractéristique de se "gourer" sans cesse, ce que souligne, outre le sens de ce verbe familier, le participe présent qui l'affecte et en souligne l'aspect continu.

Petit rappel de quelques vers du début de la chanson de Carlos :

"Aye señor Carlos
Ma grénouille est malade
Ayaye pauvre señor
Et elle n'a plus vingt ans
Aye quelle catastrophe
Le soleil est en rage
Elle avait annoncé du beau temps

[Refrain] :
Señor météo
On nous dit qu'il fait beau
Señor météo
Oh là là, quel frigo
Aye señor météo
On dormir transistor
Espérensa qu'alors il a tort"

J'ai déjà dit, à plusieurs reprises, mon sentiment à propos de Météo France mais je pourrais reprendre ce que j'en ai dit ici, dans le cadre actuel des recensements des économies que nous pourrions faire. Assurément, on pourrait en faire en remplaçant les trois milliers d'employés de ce service national par un nombre équivalent (ou vraisemblablement moindre) de grenouilles qui nous donneraient, à n'en pas douter, des informations tout aussi fiables ou tout aussi nulles (choisissez vous-même l'adjectif qui vous agrée).

Je n'en veux pour preuve que l'écoute attentive, depuis le début de la semaine, des bulletins météo concernant la Pentecôte en Provence. Lundi 21 mai, on nous avait annoncé du mauvais temps jusqu'à mercredi ; cette prévision s'est confirmée mais il suffisait alors de jeter un coup d'oeil à l'extérieur pour faire cette prévision ; ensuite à partir de mercredi, du beau temps y compris pour le week-end de la Pentecôte.

Les choses ont depuis changé ; on nous a précisé que le dimanche sera bon, mais que le samedi ne le sera pas ; nous serons probablement destinataires, dans les jours qui viennent, de la part de nos médias comme des services Internet de la météorologie, d'informations tout aussi contradictoires quoique différentes.

Pour ce qui concerne les médias, vous aurez remarqué que la fonction de miss Météo n'y a pas pour but d'annoncer le temps qu'il va faire, mais de propulser de jeunes beautés vers des carrières médiatiques ou cinématographiques, une fois achevé le purgatoire de la promotion canapé qui a conduit à les recruter. Je ne doute donc pas que les sauterelles des diverses chaînes qui remplissent cette fonction (si j'ose dire!) n'ont pas la moindre compétence en matière météorologique (leurs talents sont sans doute ailleurs). Leur problème est qu'elles veuillent trop souvent improviser, broder voire briller au lieu de se borner à nous présenter en silence des cartes, généralement tout aussi fausses que les prédictions qui les accompagnent.

Pour revenir à la prestation de ce bon monsieur Gourant, comme c'était le lendemain des pluies "catastrophiques" de Nancy, on a évidemment obliqué vers ce sujet. Rendez-vous compte, en une heure ou en trois, selon les informations des divers médias, toujours aussi précises, il est tombé à Nancy 86 mm d'eau. Foutre! Tcherapoundjii (Himalaya) et Takamaka (à la Réunion), qui se disputent le record du monde des précipitations annuelles depuis des décennies, n'ont qu'à bien se tenir, Nancy est désormais sur la ligne de départ et leurs 14 ou 15 mètres de pluies annuelles sont menacés.

86 millimètres d'eau, même en une heure ! Une telle catastrophe météorologique me fait sourire au simple souvenir que, durant le cyclone Hyacinthe à Cilaos (la Réunion), il est tombé en une grosse huitaine de jours HUIT METRES d'eau, soit HUIT MILLE MILLIMETRES de pluie, car, dans ces pays, on compte en mètres et non pas en millimètres, comme chez nous !

Le pauvre monsieur Gourant s'est ensuite vu interrogé non sur la météo mais sur les inondations et sur le fait qu'il avait pu y avoir à Nancy ou ailleurs 1 m 50 d'eau ici ou là.

Ce fait n'a évidemment rien à voir avec la météorologie elle-même ; on est passé de 86 mm d'eau, tombés en une heure ou en trois, à 1 m 50 dans des caves ou des cours. La chose ne tient pas en fait à la quantité de pluie elle-même, somme toute modeste, mais à des facteurs très différents. Ils tiennent au bétonnage systématique et à une urbanisation absurde (en particulier en zones inondables) mais surtout, plus encore, à la négligence totale et à l'incurie systématique qui font que les cours d'eau et les évacuations ne sont, en général, ni entretenus ni nettoyés, ce qui conduit très rapidement, à la première pluie un peu forte, à leur obstruction totale et donc aux inondations.

Cela n'a évidemment rien à voir avec la météorologie elle-même et le journaliste imbécile (excusez le pléonasme !), qui posait une telle question, ne l'avait sans doute pas compris".

jeudi 2 février 2012

Le ressentiment

Vous l'aurez sans doute observé, le dernier jour du mois de janvier 2012 a marqué l'arrivée de l'hiver, avec, pour la première fois, des températures au-dessous de zéro, ce qui, fin janvier, ne constitue pas une extravagance météorologique trop étonnante sous nos latitudes.

Vous le savez sans doute, mais il n'est pas mauvais de rappeler que ceux et celles qui, à la télévision, présentent les bulletins météorologiques sont désormais des vedettes à part entière qui finissent parfois sur les écrans et aiment à se donner des airs de grands savants ès-météorologies, alors que, pour la plupart, ils sont passés, sans coup férir et sans autre forme de procès, des chiens écrasés aux  prévisions météo.

Ils (ou elles, bien entendu ; ne voyez là aucun sexisme mais la seule observance des règles de la grammaire française) suscitent tout de même un certain intérêt, en dépit des erreurs constantes de la météorologie nationale où sont pourtant employés deux ou trois milliers de gens, en lieu et place des bonnes vieilles grenouilles d'antan. Leurs commentaires suscitent néanmoins un intérêt que je ne comprends guère car les cartes météorologiques qu'ils encombrent de leurs inutiles et insipides gloses sont parfaitement intelligibles, sans qu'on y ajoute la moindre parole, même pour des analphabètes, grâce aux petites icones du soleil ou de la pluie dont elles sont ornées aux lieux dont elles annoncent le temps à venir.

L'un d'entre eux (mes soupçons sont assez fondés, mais je ne voudrais pas risquer à nouveau un autre procès en diffamation en dévoilant son imposture ) a fait une observation extrêmement fine et qui, à n'en pas douter, va révolutionner la présentation des bulletins météo à venir dans nos médias audiovisuels. Au prix de longues, minutieuses et dangereuses observations, car affronter le froid est plein d'inconvénients, il a en effet découvert que le vent d'hiver pouvait accentuer l'impression de froid que nous éprouvons.

Comme disait l'autre, lui aussi un peu dans ou comme la lune, "C'est un grand pas pour l'humanité" et devant une avancée conceptuelle si considérable, je n'hésiterai pas à comparer cette découverte à l'invention de la roue ou de la traction animale par l'adjonction d'un harnais. Ce héros du progrès scientifique a été en outre conduit à distinguer, non sans hardiesse, car la découverte scientifique proprement dire a bien dû se donner une expression terminologique novatrice, la température mesurée (telle qu'elle est banalement indiquée par nos antiques thermomètres) de la température RESSENTIE.

Cette distinction majeure avait été sans doute confusément perçue par vous-même comme, depuis des millénaires, par des milliards d'individus vivant dans des régions tempérées ou nordiques et conduits, par là même, à affronter la froidure.

Au-delà de la découverte scientifique, il y a dans nos médias la permanente quête du sensationnel qui est essentielle dans cette activité. Ainsi, aujourd'hui par exemple, là où le thermomètre a indiqué, par exemple ici ou là, un banal moins 8° centigrades, n'est-il pas infiniment plus grisant pour le commentateur d'annoncer "moins 17" pour la température "ressentie". Cela vous a tout de même une autre gueule, même si cela ne veut rigoureusement rien dire et si l'on peut même considérer cela comme une régression sensible dans l'histoire de l'humanité.

Il est évident que l'idée même de parler de température "ressentie" est par définition INEPTE, en ce que le "ressenti" est éminemment variable et donc que, par définition même, le "RESSENTI-MENT" . Il varie en effet non seulement selon la complexion, le métabolisme et les habitudes des sujets (alors que la télé nous indique, au degré près, la température prétendument ressentie!), mais, en outre, selon les conditions mêmes de cette observation (à l'abri du vent ? Dans un espace mieux protégé? En short ou en manteau de fourrure ? Au sortir d'un lieu surchauffé? D'une chambre froide?; etc.).

Toutes ces inepties de température "ressentie" n'ont, en fait, qu'un seul but, donner un petit côté sensationnel ou exceptionnel à des températures qui, pour le moment, ne sont pas tombées beaucoup au-dessous de ce qu'on peut attendre en cette période.Tout cela ne participe donc que de la médiocrité générale de nos médias et ne vise qu'à forger un pseudo scoop météorologique.

vendredi 5 août 2011

Halte à la morositude

Moi qui suis, souvent et structurellement, grognon, acide voire amer, je crois qu'il faut, au nom du salut public, que je me prenne désormais à rebrousse-poil, et que j'emprunte un slogan à notre Ségolène : « Halte à la morositude ». J'avais envisagé d'aller,moi aussi, prononcer cette formule sur la muraille de Chine mais j'ai finalement dû renoncer à ce beau projet par mesure d'économie et pour ménager mon Co².

Toute la France se lamente et se tord les mains.

Les augures de Météo-France nous ont promis, à la télé (les imprudents!), la main sur le coeur et sur leurs cartes, le beau temps et voilà que notre pauvre France, encore toute trempée de son mois de juillet, est même inondée durant les premiers jours d'août. On doit circuler en gondoles dans les rues de Bordeaux, sans qu'il s'agisse là d'une promo organisée par son maire pour une réédition de son roman La tentation de Venise, vu qu'il s'agit moins là d'une tentation que d'une tentative.

Ce n'est pas gai, je vous l'accorde.

Les bourses dégringolent tous les jours tandis que les prix grimpent au même rythme et dans un sens inverse. Les "PIGS" (formule allemande des années 90 pour "Portugal, Italy, Greece, Spain") nous plombent et si nous pouvons encore, à prix d'or, sauver les petits cochons, les gros risquent fort de nous manger!

On compte 12 millions d'affamés dans la Corne de l'Afrique qui déferlent vers le Sud, faute de pouvoir aller, à pied, vers Nord, tandis que des centaines de responsables des 191 Etats du monde se réunissent à Rome et y festoient, en s'apitoyant sur le sort de ces misérables.

Des méchants font des misères à ce pauvre M. Tapie (qui, dit-on, a déjà planqué ses 400 millions en Belgique) et à cette malheureuse Mme Lagarde qui n'y est sans doute pour rien, puisque toute la manip. avait sans doute été déjà engagée à Bercy par son prédécesseur (un type avec un drôle de nom genre "Bordo" ou "Borlo").

Et je ne vous parle même pas de Kadhafi qui continue à plastronner en dépit des rodomontades de notre gouvernement.

Bref, comme disait l'autre, tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles.
Comment pourtant ne pas voir, dans ce ciel si sombre et si menaçant, quelques échappées de ciel bleu qui nous incitent à renoncer à cette morosité.

Certes la France est sous la flotte et bombardée par les orages, mais est-ce si grave? Oublie-t-on que cela fait pousser les champignons dans nos bois! Des cèpes début août, est-ce si courant? Je suis toutefois un peu ahuri de voir nos météorologues du petit écran s'étonner de la présence d'orages en août alors que, depuis ma plus tendre enfance, j'ai toujours constaté que c'était dans ce mois qu'ils éclataient, comme par préférence. Ne larmoyons pas trop sur le mauvais temps ; il fait tout de même beau en Corse !

Famine en Afrique dites-vous? Mais n'avez-vous pas constaté comme moi, à entendre l'inquiétant et vespéral Gilles Bouleau sur TF1 (à tout prendre je préfère Claire Chazal) qui, il y a moins d'une semaine, nous annonçait 12 millions d'affamés dans l'Est de l'Afrique et rabrouait sévèrement Rony Braumann qui prétendait ce chiffre exagéré, que ce 4 août il n'y en avait plus que 3 millions ! Remplir le ventre de 9 millions d'affamés en moins d'une semaine n'est-il pas une performance remarquable et un beau motif de satisfaction!

Bachar el Hassad a certes trucidé quelques centaines de Syriens mais, dans les années 80, son cher Papa en avait tué des dizaines de milliers dans l'indifférence générale. En outre, l'ONU vient de froncer un sourcil, après un mois de réflexion, et, du coup, le président a autorisé le multipartisme, en envoyant ses troupes et ses chars pour annoncer partout la bonne nouvelle au son du canon.

Quant à la lutte contre les discriminations dans notre pays, dans un secteur hautement symbolique et estival, l'audiovisuel, où elles sont particulièrement marquées depuis le départ du bouche-trou black de TF1, comment ne pas voir que, durant ce mois d'août, les présentatrices mélanodermes envahissent les écrans, de Canal+ à la Six. J'espère que Patrick Lozès, en dépit de sa campagne électorale, regarde la télé depuis son lieu de vacances et qu'il aura le cran de nous pondre quelques blogs triomphants sur une si heureuse évolution.

Non ! Les choses changent ...et dans le bon sens !
Halte à la morositude !

mardi 7 juin 2011

Météo ou grenouille?

Depuis quelques semaines les météorologues (ou apparentés) régnaient en maîtres sur nos écrans de télévision. Ils venaient gravement nous expliquer la sécheresse et les maux qu'elle allait entraîner pendant dans les semaines à venir, sans oser toutefois nous prédire de façon sûre une canicule meurtrière. À la veille du viaduc de l'Ascension, des millions de Français se sont donc rués sur les routes (ce qui était prévu) pour recevoir à leur arrivée sur leur lieu de villégiature des cataractes de pluie ou des tombereaux de grêlons dont nul n’avait entendu parler par nos experts dans les prévisions météorologiques de la période en cause. A peine ici ou là avait-on évoqué la possibilité de quelques orages…

Le plus drôle est qu’avec ce sens aigu de l’opportunité qui caractérise souvent notre administration, Météo France a lancé, ces jours-ci, une campagne de publicité auprès des PME en faveur du recours par elles à ses services. Belle illustration de ses capacités de prévision !

Je suggérerais donc volontiers, dans le cadre de la RGPP (la Révision Générale des Politiques Publiques), de réduire, très sensiblement et au plus vite, les effectifs des services de la météorologie nationale et de revenir au bon vieux temps des grenouilles dont les prédictions d’antan n'étaient, somme toute, pas plus mauvaises.

Les lamentations de nos paysans devant leurs champs grillés par le soleil ou leurs prairies asséchées, dont on nous avait abreuvés des semaines durant, se sont soudain éteintes (mais pas les demandes de subventions !). Il est vrai que la Communauté Européenne, émue par les plaintes paysannes et les meuglements des vaches affamées, a permis, dans sa grandeur bruxelloise, que l'on fauchât, pour nourrir ces animaux, les 700 000 hectares de jachère qu’elle avait imposées. Il est vrai que pareille décision a nécessité, de sa part, de longues réflexions ; nous ne pouvons donc que savoir gré aux technocrates européens de ne pas avoir laissé les vaches crever de faim auprès de champs en jachère qu'elles n'auraient pu goûter qu'au prix de la violation insupportable d'une règlementation européenne.

Voilà que nos braves paysans qui se lamentaient de la sécheresse sont désormais poussés au désespoir par la pluie, les inondations voire la grêle qui a saccagé plantations de melons et vergers ! Je ne parle même pas des zones qui ont été inondées et qui ont reçu sournoisement (Dame Nature avait omis de prévenir nos météorologues patentés) en deux ou trois jours les quantités de pluie qui tombent habituellement en six mois.

Peut-être le modèle météorologique de l'avenir est-il celui qu’a adopté le « Grand Journal » de Denisot sur Canal+, par de savants et progressifs glissements. On y est passé de la classique carte météo du lendemain, présenté par une aguichante potiche, (toutes se sont orientées dans la suite vers le cinéma) a des bulletins météo sans contenu mais qui se veulent facétieux. Y officie actuellement une jeune Québécoise à la bouche en cul de poule dont les bouffonneries laborieuses ne font guère rire que Michel Denisot à qui le regretté Bruno Gaccio (quand il officiait aux Guignols de l’info) faisait toujours énoncer un piteux « Désolé ! », après lui avoir fait raconter une blague parfaitement stupide. J’ignore la nature exacte des services que rend cette jeune Québécoise dans cette émission, mais il faudra la remplacer car il paraît qu’elle est déjà sollicitée par le cinéma français.

Je dois dire que je suis un peu agacé par un tic de langue des bulletins météo ; une formule consacrée s’y s'est répandue avec la vitesse de propagation de la maladie du concombre espagnol ou du colza allemand. Elle consiste à prévoir toute température selon la formule : "Les thermomètres afficheront une température de X. degrés». Or les thermomètres n'affichent rien du tout ; ils se bornent à indiquer la température, sans avoir ni besoin ni la possibilité de l'afficher.

Au risque de passer pour un vieux con (ce qui m’arrive assez fréquemment) et suite à une conversation téléphonique que je viens d’avoir, je soulignerai que, dans beaucoup de cas, une pratique simplement correcte de la langue française facilite beaucoup la communication.

Je me suis ainsi battu, il y a une demi-heure, avec le numéro d’appel téléphonique d'une carte de crédit que je ne citerai pas ; on m’y demandait, pour m’identifier de façon sûre, la date de naissance de ma mère. Soit. Multiples échecs car en donnant cette date, je coupais chaque fois la communication ! En désespoir de cause j'ai fini par me demander si ce que l'on me demandait en fait n'était pas la date de son anniversaire (soit quatre chiffres et non pas huit !). Cette hypothèse s'est révélée bonne et comme j'avais échoué une bonne demi-douzaine de fois dans cette entreprise, j'ai pris la liberté de tenter d'expliquer à mon interlocutrice qu’en français, « date de naissance » n'est pas synonyme de « date d'anniversaire » puisque, dans ce second cas, on ne mentionne pas l'année. Je ne suis pas totalement sûr d'avoir été compris par la « conseillère », mais comme j'avais néanmoins réussi dans mon entreprise, je me suis montré plein de mansuétude, à défaut d'être capable de faire comprendre la différence à quelqu'un qui était fermement résolu à ne rien changer.

Nous voilà bien loin de la météo ! Si les écluses du ciel largement ouvertes ces derniers jours sur toute la France nous épargnent l'impôt sécheresse, nous devons peut-être nous préparer à subir l'impôt pluviosité