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samedi 4 mai 2013

Du sport à la télé


C'est aujourd'hui samedi et je renoncerai donc à quelques sujets sérieux que je méditais d'aborder ici pour parler de sport, surtout dans les médias, quitte à décevoir quelques-uns de mes lecteurs et surtout, sans doute, hélas, de mes lectrices.

Parmi les rares confidences personnelles que je me permets ici, j'avoue que, durant ma vie, j'ai beaucoup aimé les sports et que j'en ai aussi fait beaucoup. Je n'en fais plus guère, mais, en revanche, je m'intéresse volontiers, quand cela en vaut la peine, au spectacle sportif, surtout dans les sports que j'ai pratiqués et ils sont assez nombreux.

Mercredi 1er mai 2013 au soir, j'étais donc devant mon téléviseur, non sans une certaine gourmandise, pour voir comment Barcelone aurait digéré le 4-0 encaissé à Munich la semaine précédente. Je n'avais pas beaucoup d'espoir, à vrai dire, surtout quand, en début de match, on a pu voir Messi, sur la touche, enfoncé dans sa doudoune, dans son fauteuil et dans sa morosité, ce qui annonçait clairement qu'il ne jouerait pas.

Je n'ai pas une grande estime pour le nouveau coach du Barça; Tito Vilanova, qui me paraît un homme qui ne comprend rien à rien. Quoique issu du Barça, il n'y tint jamais le moindre rôle et fit en Espagne une carrière de joueur médiocre. Même s'il n'est pas responsable de la façon dont joue le Barça, équipe qui a trouvé son inspiration dans les tactiques de Guardiola (qui est aujourd'hui au Bayern et qui me semble avoir déjà donné, contre ses anciens joueurs, des conseils fort judicieux à sa nouvelle équipe), comment, dès le match aller, en étant mené 2; puis 3 à 0, avant de l'être par 4 à 0, a-t-il pu continuer à faire jouer son équipe exactement de la même façon que si elle menait elle-même par de tels scores? Comment persister à laisser le Barça jouer à "la passe à dix" dans le rond central, au lieu de faire entrer des attaquants et de les lancer à l'assaut de la surface de réparation adverse? Compte tenu de la différence de gabarit entre les joueurs catalans et allemands, il est clair que la seule chance des visiteurs était de faire attaquer en dribbles le but allemand par Villa, Pedro et Messi et de chercher ainsi le penalty qui était la façon la plus simple de parvenir à marquer au moins un but précieux sur le terrain adverse.

Il n'en a évidemment rien été et les absurdes rodomontades de Vilanova, avant le match retour, l'ont apparemment détourné de choisir immédiatement la technique de l'attaque à outrance ; non seulement il a laissé Messi sur la touche, après avoir dit qu'il était en mesure de jouer, mais il a réservé ses attaquants au départ au lieu de leur imposer la seule stratégie possible, c'est-à-dire l'attaque à outrance par des percussions individuelles dans la surface de réparation.

On n'a rien entendu de tel dans les commentaires sur Canal Plus, dont les "experts", comme toujours, pour retenir les clients proclament sublimes les pires spectacles. J'ai d'ailleurs éteint la télé avant même le milieu de la seconde mi-temps ! Il faut savoir que les vedettes de "l'animation" à la télévision comme Denisot, Drucker et Bourdin sont anciens reporters sportifs ; ils ont évidemment réussi; dans lcs genres télévisuels populaires; par leur science, innée, immédiate et spontanée, de la sottise et de l'aveuglement de leur public !

Au passage et hors sujet, une bien bonne de l'inénarrable Bourdin sur RMC ce vendredi 3 mai 2013, à 8 heures 20, à propos des fameux tableaux de Guéant. Interviewé par Bourdin, un spécialiste de la peinture corrige Bourdin, qui lui parle de "peintre hollandais", en précisant "Non! Flamands". Bourdin, pour se rattraper aux branches, corrige, à son tour, sans comprendre, en disant "Oui, Belges Flamands", montrant par là que ses ignorances en matière d'histoire valent celles qu'il a pour la peinture (la Belgique n'est créée qu'en 1830 et il est question là d'un peintre du XVIIè siècle) ! Bof...!

Il faut savoir que, en particulier dans les médias du style de RMC-BFMTV, les journalistes sportifs, comme les autres, sont d'un niveau que je n'ose pas qualifier de lamentable. RMC, dans sa permanente autopromotion, se flatte de posséder, en matière sportive, une "Dream Team" ; ces gens-là ne sont pas meilleurs en français qu'en anglais, car ce n'est pas une équipe de rêve mais plutôt de cauchemar, quand on voit comment elle est composée.

La vedette, pour ce qui concerne le football, est un ancien tâcheron ibérique de l'équipe de France que vous reconnaîtrez assurément par son accent faubourien lyonnais qui lui fait parler des "jouOR" (pour "joueurs") et des foutbalOR, trait phonétique tout à fait caractéristique du parler des Minguettes d'où il est lui issu ; une autre caractéristique linguistique de ses propos est un goût irrépressible pour les formulations lexicales ternaires, car on a dû lui expliquer que c'était là une des élégances majeures du style français ( genre : "C'est beau, c'est grand, c'est généreux, la France"). Toutefois; manquant de vocabulaire, ill éprouve toujours quelques difficultés avec cet usage rhétorique ; s'il parvient assez facilement à trouver deux synonymes, il ne réussit jamais à trouver le troisième, ce qui entraîne des pataquès fâcheux dans tous ses propos.

Le deuxième élément de cette prétendue "Dream Team" est un ancien des Baumettes, désormais plus familier des tripots que des stades qui, comme le précédent, cherche désespérément à trouver une place d'entraîneur quelque part, sans jamais y parvenir. Il devrait plutôt essayer de se placer dans les casinos.

Le troisième élément de cette "Dream Team" de has been (payés à prix d'or Dieu seul sait pourquoi), est un ancien pilier de rugby qui, comme tous ceux qui ont occupé ce poste, a reçu trop de coups sur la tête, ce qui l'a complètement privé de jugement. Il en arrive même désormais à croire qu'il est drôle et cherche à devenir humoriste professionnel ; il se livrerait, dit-on, à des one-man-shows qui ne doivent pas être tristes, mais, après tout, Arthur et Courbet le font bien ! "A la télé un jour, à la télé toujours!" comme on dit là-bas.

Le quatrième est un boxeur ce qui nous ramène au cas précédent, à l'ambition théâtrale près.

Comme je ne suis pas un esprit chagrin (vous l'aurez remarqué), je finirai sur une note plus optimiste, en soulignant une image fugace que j'ai beaucoup appréciée mais que personne n'a évoquée ni reproduite. Il s'agit de Johnny Wilkinson, du RC Toulon, qui, à la dernière seconde de la demi-finale de Coupe d'Europe à XV a assuré par un drop la victoire sur les Saracens. Owen Farrell, le jeune demi d'ouverture adverse, qui connaît bien Wilkinson qui l'a précédé à ce poste dans le XV d'Angleterre, avait bien sûr prévu le coup ; il s'est donc précipité sur Jonny qui était en train d'ajuster son drop. Il a réussi à le mettre à terre mais sans parvenir à empêcher Wilkinson de passer son coup de pied ; ils se sont donc retrouvés à terre à suivre des yeux le ballon qui passait entre les poteaux. Farell était manifestement désespéré ; Jonny Wilkinson eut alors un geste sportif sublime, et pour consoler son adversaire, lui a posé la main sur l'épaule avec tant de cordialité et d'amitié que ce fut, là, sans doute, le plus beau ce geste sportif de l'année.

 

vendredi 8 mars 2013

Honni soit qui Mali pense ! On nous ment (suite)


Je reviens, contre mes intentions premières, sur le sujet de la situation réelle de l'Afrique sahélienne à propos de laquelle on nous "enfume". Deux raisons à cela ; d'une part j'ai reçu de la part d'Expat (fin connaisseur des choses de l'armée et de l'Afrique, à la différence de nos "experts" de la radio et de la télé) un commentaire fort intéressant mais qui, fait tardivement sur mon post d'hier, aura sans doute échappé à la plupart des lecteurs. Le voici donc car il en vaut la peine :

"Cher Usbek,

J'ai lu également que les relations entre Tchadiens et Français se tendaient, les premiers accusant les seconds de les envoyer au carton, selon l'expression consacrée.
Je dois dire que les disproportions entre les victimes dans chacun des deux détachements, et même en se référant aux seuls chiffres officiels, m'ont vraiment surpris et sont de nature à corroborer ces accusations.
S'agissant des soldes, c'est un point que j'avais évoqué ailleurs et qui va bien au delà des Tchadiens, puisque la Misma [ONU] est aussi concernée. Les Africains sont toujours friands de missions ONU à cause de cela, mais puisque l'ONU ne prend pas la main, il y a de fortes chances que ça finisse par déraper, à moins que nous payions, ce qui n'est pas à exclure.
J'ai vécu une expérience de ce type avec un contingent africain qui n'a pas mis deux mois à se transformer en une bande de clochards terrorisant les foules qu'ils étaient censés défendre.
Par ailleurs, l'annonce d'un premier retrait en avril de nos forces me laisse pour le moins perplexe quant à la stratégie suivie par notre chef des armées et président.".


Ma deuxième raison de revenir sur le sujet tient à ce que, par ailleurs, nous apprenons, ce matin même, que 30 soldats français blessés ont été réacheminé en France. Première nouvelle, car si l'on avait fait état de quatre morts français, on nous avait jamais parlé de blessés. La guerre serait-elle dangereuse ?

Je me demande si ce soudain "acheminement sanitaire", car il y a tout de même des moyens de soigner au Mali surtout à Bamako, ne relève pas plutôt de la "cellule psychologique et de la com' des armées" que du service de santé lui-même. Ne veut-on pas, par là, rééquilibrer, au moins en apparence, les dommages subis par les troupes françaises et maliennes ? Comme on le voyait hier, le déséquilibre des pertes et dommages commence à faire jaser! J'espère que, parmi la trentaine de blessés qu'on a réacheminés en France (La quille bordel!), on compte une bonne partie d'entorses, de foulures, de coups de soleil, de panaris ou de blessures superficielles davantage dues à l'imprudence ou l'inattention que de graves blessures reçues dans les affrontements avec les terroristes (peut-être même y a-t-on inclus quelques amibiases ou même "touristas"  qui ne sont qu'indirectement liées à la situation de guerre).

Post scriptum quasi immédiat (après mon café de dix heures) Le pire est que j'ai dit ça en rigolant et QUE C'EST VRAI ET CONFIRME OFFICIELLEMENT : "La plupart sont victimes d'entorses ou de coups de chaleur" écrit-on, sans rire cette fois!

J'entendais ce matin, interrogé, depuis Bamako bien sûr (rassurez-vous!), par Jean-Jacques Bourdin notre ministre de la défense, Monsieur Le Drian qui,  comme toujours, s'est montré fort prudent (Est-il Breton ou Normand ?). Il est en tout cas avisé car il avait clairement exigé de son intervieweur qu'il glissât, en dernière question, une interrogation sur le budget militaire dont le lien avec ce qui précédait n'était pas des plus évidents. Cette ficelle (un peu grosse!) a permis au ministre de faire un couplet visant à ce que les budgets du ministère de la défense soient épargnés par les coupes drastiques qu'on envisage de faire dans notre administration.

Devrait-on tailler dans le budget de la défense, qu'il vaudrait sans doute mieux réduire voir supprimer le budget nucléaire, qui se compte en milliards et ne sert plus à grand-chose, pour tenter, par exemple, d'acquérir deux ou trois avions gros transporteurs qui nous font si cruellement défaut. Nous sommes en effet incapables de transporter, en quelque lieu du monde que ce soit, ces forces dont nous sommes si fiers et nous devons passer, chaque fois, sous les fourches caudines financières des Russes ou pire encore des Américains... voire des Belges.

Sur un plan plus général, j'ai dénoncé, en vain bien entendu, depuis plus de 15 ans (il me faudra chercher les textes) la montée de l'islamisme radical dans la zone sahélienne (et jusqu'aux Comores que je connaissais un peu). J'en avais vu le premier signe dans la politique d'un Kadhafi qui, comme je l'ai rappelé souvent, payait les chefs d'État ou les ministres africains pour qu'ils se convertissent à l'islam . Tarif : 1 million de dollars pour un président de la République (ce dont n'a pas manqué de profiter Omar Bongo) et 500 000 $ pour un Premier Ministre, comme il payait les femmes pour porter le voile! Tout cela se doublait d'une politique de conversions également à coups de primes ; à ma connaissance, seule l'île Maurice a eu le courage de faire cesser ça en mettant à la porte de son territoire cette représentation libyenne.

Le pire était toutefois du côté de l'école coranique ; les écoles coraniques traditionnelles, porteuses du vrai islam traditionnel africain, très modéré et très conciliant, se voyaient partout supplantées par des medersas financées par nos amis les émirats ; elles débordaient d'argent, de moyens de tous ordres et offraient des bourses pour les universités islamiques où l'on s'attachait à former les futurs cadres des mouvements salafistes et de djihadistes.

Tout ce que j'ai pu dire est resté lettre morte, même auprès des quelques autorités politiques françaises auprès desquelles je m'en suis ouvert. Nous voyons aujourd'hui les résultats et les choses sont encore bien loin d'être arrivées à leur terme.

mercredi 16 janvier 2013

Otages : la meilleure du jour. Honni soit qui Mali pense (suite)

9h08 sur radio "bignoles" RMC, Jean-Jacques Bourdin exprime son indignation devant la manœuvre des shebabs qui veulent organiser la mise en scène de l'exécution de l'otage français qui est sans doute déjà mort. Bourdin, avec ces accents d'indignation dans lesquels il excelle et dont il use de plus en plus à tout propos, annonce solennellement que, pour lutter contre cette ignoble propagande, il ne dira plus un mot à propos de l'otage de… Niamey.

Notre spécialiste, après tout, ne confond guère que le Niger avec la Somalie et il y a que quelques milliers de kilomètres entre Niamey et Mogadiscio. J'admets que tout le monde peut se tromper, mais non seulement il ne s'en rend pas compte mais nul ne s'aperçoit de cette bourde (c'est, de sa part, le cas de le dire !) dans son entourage de jouvenceaux hilares et débridés le matin, sans doute faute même, par ignorance de la géographie, de la percevoir.

Cette information étant sinon la plus importante du moment du moins la plus scandaleusement comique, je vous la livre immédiatement et je reviendrai un peu plus tard sur les affaires maliennes pour lesquelles il y a pas mal à dire

11 heures

Honni soit qui Mali pense (suite)

« L'espoir changea de camp, le combat changea d'âme ».

Si ce vers de Victor Hugo figure dans le récit de la bataille de Waterloo (ce n'était pas Grouchy mais Blücher !), les choses sont en train de changer au Mali où l'opération "Serval" est à géométrie des plus variables. Entre nous, drôle de nom pour une opération que celui d'un mini-félin africain plus proche du chat que de son lointain cousin le lion, qui ronronne (comme le chat ce que ne fait pas le cousin léonin), qui crache et surtout pisse toutes les deux minutes !

Les militaires en retraite érigés en experts (certains ont même ouvert boutique) ne quittent plus écrans et micros. Selon eux, comme selon notre Président, l'intervention française devait se situer au plan purement logistique et ne mettre guère en œuvre que des troupes françaises stationnées en Afrique, au Tchad ou en Côte d'Ivoire. Or voilà que nos médias se précipitent sur les mamans et les papas de militaires qui s'envolent toutes affaires cessantes pour Bamako ; on nous annonce soudain que 2500 soldats français seront engagés dans une opération qui n'a plus rien de purement logistique. Si l'on ajoute qu'un nombre égal de soldats africains serait envoyé au Mali par la Communauté de l'Afrique de l'Ouest, ce n'est pas moins de 5000 ou 6000 hommes que vont devoir affronter le pauvre millier de désormais "terroristes" qui occupaient le Nord et que les bombardements auraient poussés à attaquer désormais le Sud..

Pour être simple et pour ceux qui sont peu familiers avec la géographie du Mali, assez étonnante d'ailleurs, cet Etat a la forme d'un immense sablier dont la partie haute (le Nord) est bien plus grande que le Sud. Les djihado-terroristo-indépendantistes qui, jusqu'à présent, ne se tenaient que dans la partie haute du sablier ont désormais franchi son rétrécissement médian, en attaquant en particulier Diabali qui est situé à l'ouest de Mopti, seule ville importante qui se situe, en gros, juste sur la partie rétrécie du sablier malien.

On peut certes s'interroger sur les raisons qui ont poussé les troupes du Nord à franchir cette limite Nord-Sud et à attaquer le Sud. Nos retraités militaires devenus experts comme un certain nombre de prétendus spécialistes du Mali suggèrent qu'il y a là une erreur stratégique de leur part, ce que, personnellement (en tant que "marsouin" deuxième classe de réserve), je ne crois absolument pas. Ces prétendus experts soulignent que les premières frappes aériennes françaises sur les villes du Nord occupées qui les auraient poussé à ces attaques. Je n'en crois rien, pour la simple et bonne raison, qu'elles ont semble-t-il commencé avant ces frappes qui n'ont été qu'une riposte. En réalité, les responsables militaires de ces islamistes ont choisi d'attaquer le Sud pour donner un but militaire et idéologique à leurs troupes, qui, depuis quelques mois, ne cessaient de s'opposer voire de s'affronter entre elles. C'est d'ailleurs là l'analyse de ce journaliste anglophone que je citais hier et qui me paraît plus raisonnable que nos prétendus experts.

Les troupes maliennes ont une fois de plus montré à Diabali leur totale incapacité à résister à des soldats expérimentés bien armés. En revanche, le combat tend à devenir désormais très inégal tant sur le plan du nombre (5000 ou 6000 hommes du côté de Bamako contre un gros millier chez les nordistes) comme des armements (les Français disposent probablement d'une centaine de véhicules lourds, dont des chars d'assaut qui d'ailleurs ne semblent pas une arme très adaptée aux configurations du terrain, sans parler - et je l'ai vu de mes yeux - des missiles anti-chars dont on voit mal l'utilité !). Ajoutons-y l'armada aérienne qui rendrait la lutte totalement inégale, si elle se déroulait sur un terrain favorable à de telles actions. En fait, et on le voit déjà, il est infiniment probable que les nordistes vont engager le combat sur celui de la guérilla dans un terrain qui leur est parfaitement familier.

Ce qui est le plus curieux dans cette affaire est le début de la "guerre psychologique" et là aussi nous sommes bien armés avec les "conseillers médias" de nos forces !  On peut l'observer, à travers en particulier des médias mauritaniens qui sont favorables aux islamistes du Nord ; on y parle déjà, en effet de "retraits tactiques" ou de "replis stratégiques", lorsque ces troupes du Nord sont obligées de se replier devant les bombardements et bientôt les assauts. Tout cela cela fait penser à la propagande allemande de la Deuxième Guerre Mondiale où les déculottées teutonnes sur le front de l'Est devenaient, dans les médias hitlériens ou vichystes, des "replis sur des positions préparées à l'avance »!

Quant aux frappes et aux bombardements, c'est une arme à double tranchant. Si dans les bombardements de Gao et deTombouctou, on a parlé d'une centaine de morts chez les combattants djihadistes, il est peu probable que les populations civiles aient été totalement épargnées ; il semble, en tout cas, du côté de Diabali, que les nordistes aient commencé à prendre en otages des notabilités locales ainsi que leurs familles qui serviront de "boucliers humains", sans parler des enlèvements en Algérie (un Français et cinq Japonais) que j'apprends en écrivant ce blog!

"Quelle connerie la guerre!", comme écrivait Prévert et chantait Barbara.

vendredi 29 octobre 2010

Les scoops de Pécresse sur RMC

Mercredi 27 octobre 2010 sur RMC à 8:30 Christophe Jakubyszin interviewe Pécresse.

Nouvelle remarque de ma part (et c'est très loin d'être la première fois que je la fais) nos vedettes de la radio et de la télévision ont désormais le régime intégral de vacances des petits écoliers aussi bien pour la Toussaint que pour Noël, Paques ou la Saint Glinglin, sans que cela frappe quiconque. Sur RMC, le petit Bourdin va en vacances chez son pépé d’Alès tandis que Michou Denisot va voir sa mémé Joséphine à Châteauroux. Michou cède dons les rênes (mais les ânes ont-ils des rênes ?), dans un pas de géant vers l’intégration, à Ali Baddou, aussi médiocre dans ce rôle, pourtant des plus simples, que dans son emploi habituel.

Mais revenons à Mme Pécresse.
Christophe Jakubyszin (on doit se préparer à lui pardonner beaucoup avec un patronyme pareil !) remplace donc Jean-Jacques Bourdin parti se ressourcer au bon air gardois. Il interroge donc ce matin-là Mme Pécresse. Dès l'introduction on sent qu'il va y avoir là de grands moments de radio « solidaire, sincère, et citoyenne » (auto-définition de RMC). Le « journaliste » du jour, dans son introduction, évoque, de façon inattendue, « l'école de Luc Ferry » ! C'est vrai bien entendu, je vous le jure, sinon ce serait pas drôle. Un pauvre Polonais comme lui peut bien confondre Jules et Luc et on ne va pas en faire un fromage ! En tout cas c'est bien parti et la suite va être à la hauteur, le « post » étant hélas est un genre trop bref pour une recension complète de toutes les sottises ou approximations de cet entretien. Je ne vous donne donc ici qu’un ou deux exemples qui ne sont pas forcément les meilleurs car en 48 heures j’ai un peu oublié.

S'agissant donc de « l'école de Luc Ferry », on nous sert bien entendu l'inévitable couplet sur les « fondamentaux », en précisant que tout enfant qui entre en sixième doit savoir lire et écrire. Interrogée sur le rétablissement de l'examen d'entrée en sixième (une idée de Copé donc a priori nulle pour tout sarkoziste pur sucre), Pécresse se déclare défavorable. Elle omet bien entendu de préciser que, dans les universités dont elle la charge,on doit désormais créer, pour les bacheliers, un enseignement liminaire de l'orthographe du français. On peut donc penser qu’il serait plus raisonnable que ce genre de formation soit créé dans l'enseignement secondaire, voire à son début, plutôt qu'après le baccalauréat !

Mais le moment le plus délicieux de cette trop brève émission a été le couplet sur la création dans nos universités d’« e-learning centers ». L'observation liminaire du « journaliste » sur le caractère peu francophone d’une telle dénomination est balayée d'un revers de main parValérie Pécresse par ailleurs, de toute évidence, bien incapable de trouver l'équivalent français pourtant tout à fait évident. Elle nous explique alors savamment que dans ces « e-learning centers », les étudiants auront un accès direct aux livres en rayons, sans demandes ni intermédiaires ; ils y disposeront de tables, de sièges pour pouvoir travailler tranquillement sur place. N’est-ce pas là ce que nous-autres pauvres francophones appelons une « bibliothèque » en accès direct, comme celle de Beaubourg pour prendre un exemple très connu.

Apparemment, Mme Pécresse n'a pas la moindre idée de l'institution qu'elle envisage de créer. Elle qui l'an dernier, à visité des universités américaines, aurait dû visiter aussi, plus près d’elle, des universités françaises. Elle aurait pu constater que, dans les campus des États-Unis, on voit, sans cesse et partout, des étudiants occupés à travailler et à lire comme à fréquenter des bibliothèques qui, là-bas, souvent sont ouvertes 24 heures sur 24 et sept jours sur sept. Si Madame Pécresse était un peu plus familière des universités françaises, elle saurait qu’il en est tout autrement en France, où l'on voit rarement des étudiants occupés à travailler (où le ferait-il d'ailleurs si l’idée leur en venait ?) et surtout où les bibliothèques, comme les installations sportives, sont, en général, FERMEES au moment où les étudiants pourraient s'y rendre.

Par ailleurs, pour l’information du ministre comme du « journaliste », et comme son nom l'indique, un « e-learning center » n'est pas une bibliothèque d'ailleurs comme le souligne clairement la traduction même de ce terme.
Tout cela n'était d'ailleurs qu'une simple opération de communication, destinée à préparer la visite que le président de la République (le cahier des charges ministérielles impose de toute évidence, l'évocation du nom toutes les trois phrases !) devait donner le lendemain, dans je ne sais quel lieu où étaient concentrés et présentés les plans et maquettes des principales futures installations universitaires.

En tout cas, pour ce qui concerne ces futurs cyber-centres documentaires, le problème n'est pas tant dresser les plans et même de les construire (ça fait toujours marcher le commerce et le BTP) que de disposer réellement d’un personnel qui accepterait d'y être présent au moment où les étudiants sont eux-mêmes susceptibles d’y être aussi !

lundi 6 septembre 2010

A propos des retraites

Dois-je préciser d'entrée que je ne connais rien au problème des retraites qui figure au menu de toute la presse du jour. Cela dit, je n'ai pas le sentiment que les gens que l'on entend s'exprimer dans les médias, tant les journalistes que les auditeurs ou les téléspectateurs puisque ce sont ces derniers qui font désormais l'essentiel du travail, soient tellement plus compétents que moi.
Voulez-vous un exemple ?

Ce matin, lundi 7 septembre 2010, sur RMC Jean-Jacques Bourdin, qui avait dû prendre son petit déjeuner au pastis, exposait gravement sa dernière idée de génie, qui était qu'il fallait assurer, à chaque retraité, la perception miniale, durant toute sa retraite, de 50 % de son salaire ou, mieux encore, car pour un smicxard cela ne va pas loin, créer une sorte de minimum social de la retraite. Bourdin recevait, ce matin, un certain Apparu, secrétaire d'État à je-ne-sais-quoi, ce qui n'a aucune importance ici puisque Bourdin était, de toute façon, décidé à parler de sa grande idée de la nuit sur les retraites.

L'invité, peu soucieux de se fâcher avec l'une des vedettes du PAF, s'est bien gardé de faire observer que cette idée est aussi irréaliste que stupide, puisque évidemment, le montant de la retraite perçue par un ayant droit est en relation directe à la fois avec le salaire qu'il a perçu durant son activité (plus préisément durant les 25 meilleures années) et avec le nombre d'années pendant lesquelles il a cotisé. Ce genre de détails semblait avoir totalement échappé à Bourdin, qui aurait bien dû rester le « journaliste sportif » qu’il était à ses débuts, mais qui n’en était pas moins, comme toujours, enthousiasmé par ce qu’il croyait être une idée.
Naturellement sur cette même radio, qui se veut populaire et où l’on n’est donc pas ennemi de la démagogie, comme cela arrive souvent on a parlé de la retraite des fonctionnaires, qui percevraient, dans ce cadre, un revenu beaucoup plus important que ce que devrait, en stricte arithmétique, leur assurer les prélèvements qui, à ce titre, sont faits sur leurs salaires. Sauf erreur de ma part, les fonctionnaires français ne perçoivent pas une retraite, même si c'est le terme dont on use en général à leur propos, mais une pension et c’est, à ce titre, qu’ils sont inscrits sur le Grand Livre de la dette publique. Je ne prends pas position, vous l'aurez compris, sur ce principe, je me borne à le rappeler, car il est souvent bon de savoir de quoi l'on parle.

Je n'ai pas d'opinion précise sur le projet qui va faire descendre dans la rue, demain 7 septembre, 2 millions de manifestants, pour la bonne et simple raison que je ne l’ai pas lu, faute de temps, et que je ne sais de son contenu que ce que nous en disent les médias, dans lesquels, on l'aura compris, je n’ai pas la moindre confiance.

Ce qui me semble inévitable est que les versements pour la retraite augmentent, que la durée de cotisation croisse également comme l’âge de la retraite et que, par voie de conséquence et comme partout, les retraites diminuent. On sait, en effet, en gros, que de moins en moins de gens pourront prendre sa retraite à un taux plein. Je constate d'ailleurs, que ce qui est dans cette affaire le point essentiel, c'est-à-dire l'augmentation du nombre d'années de cotisation, a été mis en place depuis plusieurs années, sans que nul ne s'avise que l'objet réel de cette réforme était tout simplement la réduction du montant des retraites par le jeu de l'accroissement des années de cotisations indispensables pour un taux plein.

Dans notre système par répartition, l'idéal pour les retraités est toujours de percevoir une retraite dans un contexte démographique et social où il y a beaucoup de cotisants et peu de retraités ; c’était la situation dans les années 50 et 60, quand, par exemple, les récentes caisses de retraite des cadres ne savaient pas quoi faire de leur argent , car il y avait beaucoup de cotisants et très peu de retraités ; elles devaient alors, à toute force, investir dans dans toutes sortes de domaines pour placer des fonds dont elles ne savaient que faire puisque les retraités étaient rares. La situation est évidemment totalement inversée aujourdhui, puisque nous avons de plus en plus de retraités et de moins en moins de cotisants, ce qui crée une situation à terme totalement ingérable.

J'avoue d'ailleurs ne pas savoir grand-chose du projet gouvernemental sur les retraites, mais j’en sais encore moins sur le projet socialiste dans le même domaine, faute d'avoir lu ou que ce soit quoi que ce soit sur cette question et pour avoir toujours entendu les responsables socialistes, et en particulier Mme Aubry, esquiver, avec le plus grand soin, tout engagement et même tout propos sur cette question.

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mercredi 1 septembre 2010

Le Grand prix de l'hypocrisie

L'épreuve qu’on pourrait aussi nommer « Les Tartuffes d’or » n’est pas facile et la concurrence est rude. Ce matin 1er septembre 2010, grande rentrée pour les nominés.

Sur RMC, l'ineffable Bourdin interroge Maître Leborgne, lavocat d'Éric Woerth. Leborgne n’est pas muet ! Bel organe de basse chantante. Voilà un homme que tout désigne pour le rôle de Bartolo. Bourdin, comme à son habitude, se comporte en faux cul, tout en ayant l'air de jouer les justiciers médiatiques (à RMC on dit TOUT). Toutefois, il ne pose pas la bonne question, celle que je n'ai d’ailleurs jamais entendue posée par personne dans les médias, ce qui fait que j'ignore toujours la réponse à cette question pourtant centrale et même primordiales au sens étymologique du mot. Quel organisme officiel a proposé M. Xavier de Maistre pour la Légion d'honneur ? Dans une promotion de la Légion d'honneur, on précise toujours cet organisme, ce qui donne une indication (très vague il est vrai) sur la raison pour laquelle cette décoration a été accordée. Les plus gros pourvoyeurs en médailles sont naturellement les ministères qui ont chacun leur contingent. Quel est donc le ministre qui a proposé d'accorder la Légion d'honneur à M. Xavier de Maistre ? Je ne sais pas d'ailleurs quelles étaient exactement les fonctions de M. Éric Woerth lorsque le conseiller fiscal de Mme Liliane Bettencourt s'est vu décorer. Il est à peu près sûr qu'il n'était pas encore ministre du travail, ce qui aurait pourtant pu le conduire à proposer M. de Maistre pour la Légion d'honneur puisqu'il procurait du travail à son épouse.

La discussion entre l'avocat et le journaliste a été du plus haut comique, le second insistant sur la chronologie des faits qu'on avait essayé, dans un premier temps, de dissimuler, mais sans oser dire pourquoi il le faisait ; le premier s'efforçait de convaincre que cette chronologie ne relevait que du pur hasard et que, par conséquent, décoration, lettre de recommandation et embauche de Madame Woerth se succédaient sans que ces faits aient entre eux le moindre rapport. « Cur opium facit dormire ? Quia virtutem dormitivam habet !" Joli concours d'hypocrisie où l’on du mal à distinguer le vainqueur. Bourdin qui n’avait pas eu le courage de poser la VRAIE question à l'avocat s'est efforcé, contre toutes ses habitudes, de dire, après la fin de l'interview ce qu'il n'avait pas osé dire pendant !

Par un heureux hasard, dans le cadre du Grand Prix de l'hypocrisie que j'évoque ici, Bourdin recevait à 8 heures 35 Ségolène Royal. Autre beau morceau dans un genre différent (je parle de l'entretien naturellement et non de sa principale protagoniste). Ségolène a attaqué sur la faillite de la politique de Sarkozy qui se voit lâcher par plusieurs de ses ministres et non des moindres : Morin, Kouchner, Fadela Amara. Ségo ne voit dans leurs attitudes que les signes évidents de la ruine prochaine de la politique présidentielle. Il me faut donc éclairer un peu la lanterne de cette pauvre Ségolène. Sa candeur et sa grandeur d'âme l'empêchent en effet d’imaginer ce qui conduit ces ministres à prendre pareille position. Il est portant clair aux yeux de tous, sauf au regard limpide de Ségolène, que ces ministres qui vont probablement quitter la scène au prochain remaniement ministériel tentent là d'ultimes manoeuvres, soit pour négocier leur maintien contre un ralliement, soit pour ne pas trop perdre la face puisque, après tout, leurs déclarations actuelles montrent, à l'évidence, qu'ils ne tiennent pas plus que cela à leur maroquin.

Sur la question de la candidature 2012, on aura du mal à départager pour le Tartuffe d’or, Martine et Ségolène puisque, de toute évidence, ni l’une ni l’autre n’y pense. La preuve c’est qu’elles le disent!

Ségolène a toutefois un peu paniqué devant les sottises qu'il lui falalit énoncer et elle a lâché, à propos des pauvres Français que Sarko met sur la paille, cette phrése sublime, en annonçant les mesures qu’il mitonne : « Le patrimoine de ceux qui n’en ont pas est durement frappé ». Voilà qui est mieux que le sabre de Joseph Prudhomme !

Je me demande toutefois si le Grand prix ne risque pas d’aller au patron des sports de France2, Daniel Bilalian qui nous a fait un émouvant numéro de composition à propos du décès de Laurent Fignon. Tous ceux qui avait pu entendre la voix quasiment d'outre-tombe de l'ancien vainqueur du tour qui commentait l'épreuve 2010 s’étaient demandé, comme moi, quelle ultime forte somme avait pu conduire Fignon a accepter une telle épreuve et qui avait bien pu avoir une aussi sinistre idée, car ce dernier effort a dû probablement précipiter sa mort.

Daniel Bilalian nous a expliqué, tout au contraire, que c'était LUI qui avait sollicité cette collaboration de Laurent Fignon ! C'est tout à fait possible. Ce qui est, en revanche, hautement improbable, c’est le motif qu'il a invoqué. Il a affirmé, en effet, qu'il avait voulu cette collaboration pour montrer qu'au fond, on pouvait tout à fait continuer à travailler en ayant un cancer en phase ultime ! Quoi que les circonstances ne s'y prêtent pas, Daniel Bilalian ne manque pas d'humour (noir dans le cas qui nous occupe) car il a dit ça sans rire !. Le pire est que j'ai entendu, dans la suite, reprendre cet argument, comme si le cas de Fignon pouvait être exemplaire et donc encourager, voire susciter, l'embauche de cancéreux à l'article de la mort. Car, bien entendu, ce qui vaut pour Laurent Fignon, dont la mort occupe tous les titres des médias depuis 24 heures, vaut pour quiconque et n'a rien de singulier. Pôle Emploi va se reconvertir dans l’oncologie et probablement si Bilalian a l'embauché, c’est qu'il n'avait pas, à portée de main, un autre obscur journaliste sportif en fin de vie. Il est fort ce Bil !

vendredi 27 août 2010

Les Roms et les belles âmes

Je n'avais nullement l'intention de revenir sur la question des Roms, même si elle continue à occuper tout nos médias et le débat public en permettant, une fois de plus, aux belles âmes de notre beau pays d'exposer leur point de vue et surtout de prendre des poses avantageuses en mettant, comme disait l'autre,
« leur coeur en écharpe ».

Comme je n'appartiens pas, vous l'aurez déjà constaté, à cette catégorie supérieure, je souhaitais cesser de m’exprimer sur cette question, d'autant plus que j'ai été fort occupé, ces dernières semaines, par un projet éditorial dont je parlerai plus en détail, directement et à titre personnel, à mes rares, mais fidèles lecteurs qu’il concerne un peu.

Le malheur a voulu que ce matin du 27 août 2010, j'écoute, d'abord d'une oreille un peu distraite puis plus attentive, sur RMC, la conversation entre Bourdin et Besson.

Le premier, qui était autrefois un journaliste convenable (mais sans plus), dans le style radiophonique du matin où la finalité, unique et commune à toutes les radios, est de passer des publicités entre les élucubrations des auditeurs qui téléphonent, tourne de plus en plus à la belle âme. Il se pose désormais à la fois en champion de la vérité radiodiffusée et en défenseur des pauvres et des opprimés, catégorie dans laquelle ses fonctions et son mode de vie ne me paraissent pourtant pas le ranger.

Besson, lui, est évidemment en première ligne en ce moment mais, globalement, ne s'en sort pas mal, car le bougre a été rompu aux exercices polémiques par son long séjour au sein du parti socialiste où la sodomisation des diptères (comme disait le regretté Gastounet) ert l’art de parler pour ne rien dire sont deux des spécialités de cette force politique majeure.

Je vous épargne donc le détail de cet entretien marécageux où il ne s’est rien dit de nouveau, Besson se bornant à répéter, ce qui est l'évidence, que les expulsions de Roms, mis à part la brutalité de la destruction de certains de leurs camps illégaux qu’il s’est abstenu d’évoquer, se font dans le respect de la législation française comme des règlements européens, puisque ces populations enfreignent la loi française, ne serait-ce (et c’est le moindre de leurs délits) qu’en enchaînant les visas de séjour de trois mois, à la queue leu leu. Ce fait pose tout de même le problème des modalités de délivrance de tels visas, qui sont nécessairement établis par une autorité française. Il est probable, et je reviendrai sur ce point, que les belles âmes qui suscitent et animent les associations de défense de ces populations sont complices de ces entreprises, comme l'étaient parfois les gens qui vendaient des certificats d'hébergement à des étrangers qui en avaient besoin. Dans une petite commune de Haute Savoie, un mien cousin, conseiller municipal PS, qui s’occupait de ces questions, avait ainsi compté qu’une belle âme de la commune avait établi, en une seule année, 54 certificats d’hébergement !

Besson est resté discret (et Bourdin, pas fou, n'a pas insisté) sur la question du coût total et réel de ces expulsions (3000 € par personne dit-on), prétendant même, et ce fut sa seule faute, ne pas savoir le coût d’un charter pour la Roumanie (ce qui est hautement invraisemblable) et même ignorer l'existence de ces contrats prétendument de « réinsertion sur place » (3500 € par contrat dit-on).

Tout cela ne sert évidemment rien et les expulsés reviennent quelques semaines voire quelques jours plus tard, comme le disent d'ailleurs ouvertement dans les médias les belles âmes qui animent leurs associations. Ils ont désormais en effet trouvé cet argument économique pour essayer de contrer la politique d’expulsion, ce qui n'est pas faux, en affirmant que ces expulsions ne servent à rien. ces belles âmes pourraient même ajouter qu'elles risquent, vu les conditions dans lesquelles elles s'opèrent, de susciter de nouvelles vocations dans la communauté des Roms de Roumanie. Faut-il prendre au sérieux ceux qui prétendent que Herr Ratzinger a suggéré, pour éviter les retours des expulsés, de leur faire un tatouage d’identification sur le bras ?

Naturellement ni Besson ni Bourdin n'ont à aucun moment évoqué la politique officielle roumaine qui, dans les faits, suscite au moins, à défaut de l'organiser, la migration des Roms vers l'Europe de l'Ouest, en dépit des milliards d'euros que verse, en toute innocence, la Communauté européenne pour favoriser l'intégration de ces Roms en Roumanie. L'UE qui nous donne des leçons sur ce terrain serait bien inspirée de balayer devant sa porte et de s'enquérir de ce que deviennent, réellement, les milliards qu'elle verse à la Roumanie pour intégrer les roms. Sans doute servent-ils au moins à payer le salaire et les voyages du Secrétaire d'État roumain à l'intégration des Roms qui vient de nous faire l’honneur d'une visite à Paris et qui, à en croire Besson, n'a pas le moindre sujet de différend avec la France. Nous en voilà très satisfaits mais cela paraît, en la circonstance, le minimum.

Pour en revenir à nos belles âmes, du moins à celles qui apparaissent de plus en plus régulièrement sur les écrans de télévision, on pourrait aisément en esquisser une typologie sommaire. En gros, cela va du pédago en retraite (cheveux et barbe blanches, lunettes et looks post soixante-huitard) a la chaisière (vieille fille quelque peu racornie, le cheveu long et sale, lunettes en bataille). Je serais assez d'avis de mettre en oeuvre pour ces belles âmes une mesure très simple et qui permettrait rapidement, dans ce domaine, de trier le bon grain de l'ivraie.

Il suffirait de créer une nouvelle décoration (on sait que les Français en sont friands). On pourrait la nommer « le mérite manouche » ou « la légion d'honneur tsigane» et elle serait accordée à tout défenseur des Roms qui prendrait en charge (logement, nourriture, etc.) un Rom ou éventuellement une famille rom. Le nombre de personnes prises en charge de cette façon déterminerait l'accès à des grades de plus en plus élevés dans l'ordre ainsi créé (chevalier, officier, grand officier, grand croix, etc.). Pour les belles âmes qui, pour des raisons diverses et personnelles, ne pourraient loger un Rom ou une famille rom, on établirait, par équivalence, une contribution fiscale volontaire (de 5000 à 20000 €) qui permettrait, dans les mêmes conditions d'accès aux divers grades de ces ordres de s’y voir intégrer. Naturellement, l'attribution de telles décorations, s’assortirait du droit de porter l’insigne de l’ordre, soit à la boutonnière (en liséré ou en rosette selon les cas), soit en décoration pendante pour ceux et celles qui souhaitent manifester de façon plus claire et plus visible leur soutien aux Roms)
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Restent à fixer le nom de l'ordre, la couleur du ruban et le dessin de la médaille mais je pense qu'il ne manquera pas de suggestions à la solution de ces questions, de toute évidence mineures, une fois que le principe de ma proposition aura été accepté.