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mercredi 9 octobre 2013
Éric Juppé et Alain Woerth : fusible ou lampiste ?
La décision finale des juges de Bordeaux a un peu étonné tout le monde, même si elle n'aurait pas dû surprendre, alors qu'elle est tout à fait dans la logique de notre système et d'une justice qui, selon le mot de Figaro, est toujours indulgente aux grands et dure aux petits, encore que, dans la circonstance, il ne s'agisse ni de l'un ni des autres. Comprenne qui voudra.
A ce propos, pour celles et ceux qui jugeraient étrange la distinction entre "étonner" et "surprendre" qu'on confond désormais si volontiers, je rappellerai une anecdote dont le héros est Emile Littré, l'auteur du dictionnaire. Trouvé au lit avec la bonne par Madame Littré revenue au logis inopinément et comme elle s'exclamait, "Monsieur, je suis surprise de...", elle fut interrompue dans son indignation par la remarque toute professionnelle de son lexicographe de mari ; "Non, Madame, vous êtes étonnée et nous sommes surpris!".
Mais cette mise au point lexicale faite, revenons à notre affaire.
À lire les extraits de la décision de Bordeaux (267 pages si je me souviens bien, car nos magistrats ont la plume facile, même s'ils écrivent de conserve !), il n'est fait aucune allusion claire et précise au point principal des réponses de Nicolas Sarkozy sur le nombre de visites qui a rendues à Madame Bettencourt. Il a toujours affirmé, en effet, contre vents et marées, n'en avoir fait qu'une seule, alors que plusieurs témoignages en signalent au moins deux. Mieux, on dispose de photographies où on le voit entrer chez elle vêtue de façons différentes. Même un Fregoli de la politique change moins vite de costume que d'opinions et il ne saurait le faire dans de telles conditions.
On s'étonne naturellement qu'au terme de considérations sur les comportements de Nicolas Sarkozy qui ont toute l'allure d'un réquisitoire, aussi sévère que fondé, les deux magistrats concluent par l'abandon des poursuites, alors qu'elles sont maintenues contre ce pauvre Éric Woerth qui était pourtant apparemment dans une position subalterne, puisque, s'il allait solliciter de l'argent chez l'héritière de L'Oréal, c'était évidemment pour le financement de la campagne de son candidat et donc avec l'accord de ce dernier, sinon sur ses instructions.
Tout donne donc à penser que pour des raisons qui demeureront inconnues, (Sarkozy a été ministre de l'intérieur et nul ne quitte la Place Beauvau sans emporter quelques dossiers sur ses ennemis ... et ses amis), on a cherché une solution qui ménageât à la fois les juges, en leur permettant de sauver la face puisqu'en cas de poursuite, ils auraient pu éventuellement, vu la teneur de leurs conclusions, atténuées au regard des faits, voir le prévenu relaxé, ce qui leur aurait fait perdre professionnellement la face, et Nicolas Sarkozy lui-même, qui s'il est épargné dans cette affaire, voit son image quelque peu ternie et les poursuites engagées contre son comparse.
On ne peut que songer à la totale similitude qu'il y a, dans cette situation, avec celle qui fut naguère celle du tandem Chirac-Juppé et qui se termina par la condamnation de ce pauvre Juppé, contraint d'aller porter le chapeau ou plutôt la chapka dans les arpents de neige canadiens. En sera-t-il de même pour ce pauvre Monsieur Woerth ? Je lui suggérerais plutôt l'édénique île seychelloise d'Arros. C'est assez probable à moins qu'on ne se contente, pour finir, du menu fretin (en dépit des sommes en jeu) que constituent Messieurs Bannier et de Maistre.
Pauvre Monsieur Woerth ! C'est la dure loi du métier politique en cas de coup dur ; elle vous condamne souvent à des choix douloureux, même en matière de métaphores, entre les inévitables mais nécessaires fonctions de fusible ou de lampiste!
mercredi 1 septembre 2010
Le Grand prix de l'hypocrisie
L'épreuve qu’on pourrait aussi nommer « Les Tartuffes d’or » n’est pas facile et la concurrence est rude. Ce matin 1er septembre 2010, grande rentrée pour les nominés.
Sur RMC, l'ineffable Bourdin interroge Maître Leborgne, lavocat d'Éric Woerth. Leborgne n’est pas muet ! Bel organe de basse chantante. Voilà un homme que tout désigne pour le rôle de Bartolo. Bourdin, comme à son habitude, se comporte en faux cul, tout en ayant l'air de jouer les justiciers médiatiques (à RMC on dit TOUT). Toutefois, il ne pose pas la bonne question, celle que je n'ai d’ailleurs jamais entendue posée par personne dans les médias, ce qui fait que j'ignore toujours la réponse à cette question pourtant centrale et même primordiales au sens étymologique du mot. Quel organisme officiel a proposé M. Xavier de Maistre pour la Légion d'honneur ? Dans une promotion de la Légion d'honneur, on précise toujours cet organisme, ce qui donne une indication (très vague il est vrai) sur la raison pour laquelle cette décoration a été accordée. Les plus gros pourvoyeurs en médailles sont naturellement les ministères qui ont chacun leur contingent. Quel est donc le ministre qui a proposé d'accorder la Légion d'honneur à M. Xavier de Maistre ? Je ne sais pas d'ailleurs quelles étaient exactement les fonctions de M. Éric Woerth lorsque le conseiller fiscal de Mme Liliane Bettencourt s'est vu décorer. Il est à peu près sûr qu'il n'était pas encore ministre du travail, ce qui aurait pourtant pu le conduire à proposer M. de Maistre pour la Légion d'honneur puisqu'il procurait du travail à son épouse.
La discussion entre l'avocat et le journaliste a été du plus haut comique, le second insistant sur la chronologie des faits qu'on avait essayé, dans un premier temps, de dissimuler, mais sans oser dire pourquoi il le faisait ; le premier s'efforçait de convaincre que cette chronologie ne relevait que du pur hasard et que, par conséquent, décoration, lettre de recommandation et embauche de Madame Woerth se succédaient sans que ces faits aient entre eux le moindre rapport. « Cur opium facit dormire ? Quia virtutem dormitivam habet !" Joli concours d'hypocrisie où l’on du mal à distinguer le vainqueur. Bourdin qui n’avait pas eu le courage de poser la VRAIE question à l'avocat s'est efforcé, contre toutes ses habitudes, de dire, après la fin de l'interview ce qu'il n'avait pas osé dire pendant !
Par un heureux hasard, dans le cadre du Grand Prix de l'hypocrisie que j'évoque ici, Bourdin recevait à 8 heures 35 Ségolène Royal. Autre beau morceau dans un genre différent (je parle de l'entretien naturellement et non de sa principale protagoniste). Ségolène a attaqué sur la faillite de la politique de Sarkozy qui se voit lâcher par plusieurs de ses ministres et non des moindres : Morin, Kouchner, Fadela Amara. Ségo ne voit dans leurs attitudes que les signes évidents de la ruine prochaine de la politique présidentielle. Il me faut donc éclairer un peu la lanterne de cette pauvre Ségolène. Sa candeur et sa grandeur d'âme l'empêchent en effet d’imaginer ce qui conduit ces ministres à prendre pareille position. Il est portant clair aux yeux de tous, sauf au regard limpide de Ségolène, que ces ministres qui vont probablement quitter la scène au prochain remaniement ministériel tentent là d'ultimes manoeuvres, soit pour négocier leur maintien contre un ralliement, soit pour ne pas trop perdre la face puisque, après tout, leurs déclarations actuelles montrent, à l'évidence, qu'ils ne tiennent pas plus que cela à leur maroquin.
Sur la question de la candidature 2012, on aura du mal à départager pour le Tartuffe d’or, Martine et Ségolène puisque, de toute évidence, ni l’une ni l’autre n’y pense. La preuve c’est qu’elles le disent!
Ségolène a toutefois un peu paniqué devant les sottises qu'il lui falalit énoncer et elle a lâché, à propos des pauvres Français que Sarko met sur la paille, cette phrése sublime, en annonçant les mesures qu’il mitonne : « Le patrimoine de ceux qui n’en ont pas est durement frappé ». Voilà qui est mieux que le sabre de Joseph Prudhomme !
Je me demande toutefois si le Grand prix ne risque pas d’aller au patron des sports de France2, Daniel Bilalian qui nous a fait un émouvant numéro de composition à propos du décès de Laurent Fignon. Tous ceux qui avait pu entendre la voix quasiment d'outre-tombe de l'ancien vainqueur du tour qui commentait l'épreuve 2010 s’étaient demandé, comme moi, quelle ultime forte somme avait pu conduire Fignon a accepter une telle épreuve et qui avait bien pu avoir une aussi sinistre idée, car ce dernier effort a dû probablement précipiter sa mort.
Daniel Bilalian nous a expliqué, tout au contraire, que c'était LUI qui avait sollicité cette collaboration de Laurent Fignon ! C'est tout à fait possible. Ce qui est, en revanche, hautement improbable, c’est le motif qu'il a invoqué. Il a affirmé, en effet, qu'il avait voulu cette collaboration pour montrer qu'au fond, on pouvait tout à fait continuer à travailler en ayant un cancer en phase ultime ! Quoi que les circonstances ne s'y prêtent pas, Daniel Bilalian ne manque pas d'humour (noir dans le cas qui nous occupe) car il a dit ça sans rire !. Le pire est que j'ai entendu, dans la suite, reprendre cet argument, comme si le cas de Fignon pouvait être exemplaire et donc encourager, voire susciter, l'embauche de cancéreux à l'article de la mort. Car, bien entendu, ce qui vaut pour Laurent Fignon, dont la mort occupe tous les titres des médias depuis 24 heures, vaut pour quiconque et n'a rien de singulier. Pôle Emploi va se reconvertir dans l’oncologie et probablement si Bilalian a l'embauché, c’est qu'il n'avait pas, à portée de main, un autre obscur journaliste sportif en fin de vie. Il est fort ce Bil !
Sur RMC, l'ineffable Bourdin interroge Maître Leborgne, lavocat d'Éric Woerth. Leborgne n’est pas muet ! Bel organe de basse chantante. Voilà un homme que tout désigne pour le rôle de Bartolo. Bourdin, comme à son habitude, se comporte en faux cul, tout en ayant l'air de jouer les justiciers médiatiques (à RMC on dit TOUT). Toutefois, il ne pose pas la bonne question, celle que je n'ai d’ailleurs jamais entendue posée par personne dans les médias, ce qui fait que j'ignore toujours la réponse à cette question pourtant centrale et même primordiales au sens étymologique du mot. Quel organisme officiel a proposé M. Xavier de Maistre pour la Légion d'honneur ? Dans une promotion de la Légion d'honneur, on précise toujours cet organisme, ce qui donne une indication (très vague il est vrai) sur la raison pour laquelle cette décoration a été accordée. Les plus gros pourvoyeurs en médailles sont naturellement les ministères qui ont chacun leur contingent. Quel est donc le ministre qui a proposé d'accorder la Légion d'honneur à M. Xavier de Maistre ? Je ne sais pas d'ailleurs quelles étaient exactement les fonctions de M. Éric Woerth lorsque le conseiller fiscal de Mme Liliane Bettencourt s'est vu décorer. Il est à peu près sûr qu'il n'était pas encore ministre du travail, ce qui aurait pourtant pu le conduire à proposer M. de Maistre pour la Légion d'honneur puisqu'il procurait du travail à son épouse.
La discussion entre l'avocat et le journaliste a été du plus haut comique, le second insistant sur la chronologie des faits qu'on avait essayé, dans un premier temps, de dissimuler, mais sans oser dire pourquoi il le faisait ; le premier s'efforçait de convaincre que cette chronologie ne relevait que du pur hasard et que, par conséquent, décoration, lettre de recommandation et embauche de Madame Woerth se succédaient sans que ces faits aient entre eux le moindre rapport. « Cur opium facit dormire ? Quia virtutem dormitivam habet !" Joli concours d'hypocrisie où l’on du mal à distinguer le vainqueur. Bourdin qui n’avait pas eu le courage de poser la VRAIE question à l'avocat s'est efforcé, contre toutes ses habitudes, de dire, après la fin de l'interview ce qu'il n'avait pas osé dire pendant !
Par un heureux hasard, dans le cadre du Grand Prix de l'hypocrisie que j'évoque ici, Bourdin recevait à 8 heures 35 Ségolène Royal. Autre beau morceau dans un genre différent (je parle de l'entretien naturellement et non de sa principale protagoniste). Ségolène a attaqué sur la faillite de la politique de Sarkozy qui se voit lâcher par plusieurs de ses ministres et non des moindres : Morin, Kouchner, Fadela Amara. Ségo ne voit dans leurs attitudes que les signes évidents de la ruine prochaine de la politique présidentielle. Il me faut donc éclairer un peu la lanterne de cette pauvre Ségolène. Sa candeur et sa grandeur d'âme l'empêchent en effet d’imaginer ce qui conduit ces ministres à prendre pareille position. Il est portant clair aux yeux de tous, sauf au regard limpide de Ségolène, que ces ministres qui vont probablement quitter la scène au prochain remaniement ministériel tentent là d'ultimes manoeuvres, soit pour négocier leur maintien contre un ralliement, soit pour ne pas trop perdre la face puisque, après tout, leurs déclarations actuelles montrent, à l'évidence, qu'ils ne tiennent pas plus que cela à leur maroquin.
Sur la question de la candidature 2012, on aura du mal à départager pour le Tartuffe d’or, Martine et Ségolène puisque, de toute évidence, ni l’une ni l’autre n’y pense. La preuve c’est qu’elles le disent!
Ségolène a toutefois un peu paniqué devant les sottises qu'il lui falalit énoncer et elle a lâché, à propos des pauvres Français que Sarko met sur la paille, cette phrése sublime, en annonçant les mesures qu’il mitonne : « Le patrimoine de ceux qui n’en ont pas est durement frappé ». Voilà qui est mieux que le sabre de Joseph Prudhomme !
Je me demande toutefois si le Grand prix ne risque pas d’aller au patron des sports de France2, Daniel Bilalian qui nous a fait un émouvant numéro de composition à propos du décès de Laurent Fignon. Tous ceux qui avait pu entendre la voix quasiment d'outre-tombe de l'ancien vainqueur du tour qui commentait l'épreuve 2010 s’étaient demandé, comme moi, quelle ultime forte somme avait pu conduire Fignon a accepter une telle épreuve et qui avait bien pu avoir une aussi sinistre idée, car ce dernier effort a dû probablement précipiter sa mort.
Daniel Bilalian nous a expliqué, tout au contraire, que c'était LUI qui avait sollicité cette collaboration de Laurent Fignon ! C'est tout à fait possible. Ce qui est, en revanche, hautement improbable, c’est le motif qu'il a invoqué. Il a affirmé, en effet, qu'il avait voulu cette collaboration pour montrer qu'au fond, on pouvait tout à fait continuer à travailler en ayant un cancer en phase ultime ! Quoi que les circonstances ne s'y prêtent pas, Daniel Bilalian ne manque pas d'humour (noir dans le cas qui nous occupe) car il a dit ça sans rire !. Le pire est que j'ai entendu, dans la suite, reprendre cet argument, comme si le cas de Fignon pouvait être exemplaire et donc encourager, voire susciter, l'embauche de cancéreux à l'article de la mort. Car, bien entendu, ce qui vaut pour Laurent Fignon, dont la mort occupe tous les titres des médias depuis 24 heures, vaut pour quiconque et n'a rien de singulier. Pôle Emploi va se reconvertir dans l’oncologie et probablement si Bilalian a l'embauché, c’est qu'il n'avait pas, à portée de main, un autre obscur journaliste sportif en fin de vie. Il est fort ce Bil !
vendredi 2 juillet 2010
Pouce!
Comme je n’ai guère qu’une demi-douzaine de lecteurs pour ce blog (mais de quelle qualité !) et que nous devisons souvent, je me sens obligé de vous informer que je serai absent du 2 au 17 juillet 2010 car je pars pour des cieux lointains que j’espère toutefois moins torrides que ceux que nous promet la météo française.
La fin du mois étant arrivée, je suis allé voir mon ancien blog du NO et j’ai constaté une mystère sur lequel les esprits sagaces que vous êtes (tous anciens du NO plus ou moins) auront peut-être la bonté d’éclairer le nigaud que je suis. Je pense surtout ici au savant Olivier ou au perspicace Marius ! J’ai constaté que pour un mois de juin, où rien n’est paru et où aucun de mes textes n’était accessible, j’ai eu 2051 visites qui ont occasionné la lecture ( ?!?) de 8.298 pages avec une moyenne de fréquentation de 68 et un maximum de 105 ! Sauf explication que personnellement je ne conçois guère, je crois qu’il y a là, de la part des gestionnaires de ce blog, une belle arnaque qui leur permet de facturer aux annonceurs des lecteurs fantômes de leurs placards publicitaires.
Et dire que c’est par « déontologie » que Florence Aubenas aurait quitté « Libération » pour le « Nouvel Obs » ! C’est ce qui s’appelle, dans notre belle langue classique, « Tomber de Charrybde en Scylla » et, plus joliment, en créole mauricien « Sap dan karay, tom dan difé » ( = sauter de la marmite pour tomber dans le feu »). Le « karay » est une marmite indienne locale, mais, ailleurs, on dit, dans le même esprit et avec le même sens mais un récipient différent : « sap dans pwalon » ! Pas besoin de traduire!
Evoquer le "Nouvel Obs" à propos de la Gauche est, je vous l’accorde, profondément comique, surtout quand on prend en considération les publicités qui font bouillir la marmite de cet hebdomadaire et, en particulier, la dernière page immobilière avec les annonces de vente de modestes demeures dont la décence socialiste interdit d’ailleurs de mentionner le prix. Le titanesque affontement entre Bergé et Perdriel à propos du « Monde » a récemment montré toute l’importance de la dimension idéologique de tels conflits ; ça me fait penser qu’il faudra, un de ces jours, que je vous cause de Monsieur Olivennes, autre grande figure du NO et de la Gauche (forcément). Rappelez-le moi, à mon retour, au cas où le climat tropical m’aurait ramolli les neurones.
Puisque j’évoque cette affaire du « Monde », le point le plus positif est la claque que le crypto-conseiller spécial élyséen Alain Minc a prise sur le museau, lui qui rêvait, par personne interposée, de faire au « Monde » un retour triomphal. Edwy Plenel a dû en sabrer le champagne ! Quant à Colombani.... Existe-t-il même encore ? Le compte-rendu de l’émission où, après le livre de Péan et Cohen, G. Durand avait reçu la Sainte Trinité du Monde, Colombani, Plenel et Minc est l’un des textes que je me suis le plus amusé à écrire dans le gros millier de posts que j’ai rédigés en quatre ans et demi.
Et voilà que je vais devoir me taire près de quinze jours durant ! Ce n’est pas la matière qui manque pourtant, à gauche comme à droite. Martine Aubry peste contre cette droite qui commet d’ignobles abus de biens sociaux étatiques (Heureusement qu’elle n’a jamais su que Tonton avait entretenu et fait surveiller une batarde pendant quatorze ans aux frais de l’Etat ! Et c’était une autre ardoise que les cigares de Blanc !) et Ségolène Royal qui n’a jamais reçu un centime de Bergé ! Il se bornait à payer le loyer de « Désir d’avenir » ! N’est-ce pas là ce que le fisc appelle un « avantage en nature » ? Quant au pauvre Dalton Woerth, voilà qu’on lui reproche d’emmener sa Florence enchapeautée au Prix de Diane (« Gais et contents, nous marchions triomphants / En allant à Longchamp... ») et de la laisser entrer (je n’ai pas dit « faire entrer », vous l’aurez noté) au conseil de surveillance d’Hermès (en fait, c’est la faute à Bernadette qui s’y ennuyait toute seule !). Ministre du travail, que fait-il d’autre que son boulot en trouvant pour sa femme, qui fait dans le conseil financier, une place, à un niveau modeste (elle n'aurait jamais vu en privé Madame Bettencourt) chez Clymène à 180.000 euros par an. Et alors... ?
Et les gars, calmez-vous un peu pendant que je ne suis pas là !
Déjà que je ne vais pas pouvoir regarder la phase finale de la Coupe du monde après avoir dû subir les pitreries françaises !
La fin du mois étant arrivée, je suis allé voir mon ancien blog du NO et j’ai constaté une mystère sur lequel les esprits sagaces que vous êtes (tous anciens du NO plus ou moins) auront peut-être la bonté d’éclairer le nigaud que je suis. Je pense surtout ici au savant Olivier ou au perspicace Marius ! J’ai constaté que pour un mois de juin, où rien n’est paru et où aucun de mes textes n’était accessible, j’ai eu 2051 visites qui ont occasionné la lecture ( ?!?) de 8.298 pages avec une moyenne de fréquentation de 68 et un maximum de 105 ! Sauf explication que personnellement je ne conçois guère, je crois qu’il y a là, de la part des gestionnaires de ce blog, une belle arnaque qui leur permet de facturer aux annonceurs des lecteurs fantômes de leurs placards publicitaires.
Et dire que c’est par « déontologie » que Florence Aubenas aurait quitté « Libération » pour le « Nouvel Obs » ! C’est ce qui s’appelle, dans notre belle langue classique, « Tomber de Charrybde en Scylla » et, plus joliment, en créole mauricien « Sap dan karay, tom dan difé » ( = sauter de la marmite pour tomber dans le feu »). Le « karay » est une marmite indienne locale, mais, ailleurs, on dit, dans le même esprit et avec le même sens mais un récipient différent : « sap dans pwalon » ! Pas besoin de traduire!
Evoquer le "Nouvel Obs" à propos de la Gauche est, je vous l’accorde, profondément comique, surtout quand on prend en considération les publicités qui font bouillir la marmite de cet hebdomadaire et, en particulier, la dernière page immobilière avec les annonces de vente de modestes demeures dont la décence socialiste interdit d’ailleurs de mentionner le prix. Le titanesque affontement entre Bergé et Perdriel à propos du « Monde » a récemment montré toute l’importance de la dimension idéologique de tels conflits ; ça me fait penser qu’il faudra, un de ces jours, que je vous cause de Monsieur Olivennes, autre grande figure du NO et de la Gauche (forcément). Rappelez-le moi, à mon retour, au cas où le climat tropical m’aurait ramolli les neurones.
Puisque j’évoque cette affaire du « Monde », le point le plus positif est la claque que le crypto-conseiller spécial élyséen Alain Minc a prise sur le museau, lui qui rêvait, par personne interposée, de faire au « Monde » un retour triomphal. Edwy Plenel a dû en sabrer le champagne ! Quant à Colombani.... Existe-t-il même encore ? Le compte-rendu de l’émission où, après le livre de Péan et Cohen, G. Durand avait reçu la Sainte Trinité du Monde, Colombani, Plenel et Minc est l’un des textes que je me suis le plus amusé à écrire dans le gros millier de posts que j’ai rédigés en quatre ans et demi.
Et voilà que je vais devoir me taire près de quinze jours durant ! Ce n’est pas la matière qui manque pourtant, à gauche comme à droite. Martine Aubry peste contre cette droite qui commet d’ignobles abus de biens sociaux étatiques (Heureusement qu’elle n’a jamais su que Tonton avait entretenu et fait surveiller une batarde pendant quatorze ans aux frais de l’Etat ! Et c’était une autre ardoise que les cigares de Blanc !) et Ségolène Royal qui n’a jamais reçu un centime de Bergé ! Il se bornait à payer le loyer de « Désir d’avenir » ! N’est-ce pas là ce que le fisc appelle un « avantage en nature » ? Quant au pauvre Dalton Woerth, voilà qu’on lui reproche d’emmener sa Florence enchapeautée au Prix de Diane (« Gais et contents, nous marchions triomphants / En allant à Longchamp... ») et de la laisser entrer (je n’ai pas dit « faire entrer », vous l’aurez noté) au conseil de surveillance d’Hermès (en fait, c’est la faute à Bernadette qui s’y ennuyait toute seule !). Ministre du travail, que fait-il d’autre que son boulot en trouvant pour sa femme, qui fait dans le conseil financier, une place, à un niveau modeste (elle n'aurait jamais vu en privé Madame Bettencourt) chez Clymène à 180.000 euros par an. Et alors... ?
Et les gars, calmez-vous un peu pendant que je ne suis pas là !
Déjà que je ne vais pas pouvoir regarder la phase finale de la Coupe du monde après avoir dû subir les pitreries françaises !
samedi 12 juin 2010
Zapping
Ouverture de la Coupe du monde de foot.
Les Sud-Africains, dont je n’avais jamais eu l’occasion d’apprécié l’humour (le mélange des Bataves, des Huguenots et des Rosbifs coloniaux ne prédispose pas génétiquemet à la gaudriole) avaient pourtant imaginé un excellent gag pour l'ouverture de la cérémonie. On a vu soudain débouler sur la scène, déguisé plus ou moins en skieur des Bronzés (c'est l'hiver là-bas!), avec gros pull-over et par dessus le maillot jaune des Bafana-Bafana, coiffé d'un bonnet de laine tricoté aux mêmes couleurs, un sosie de Monseigneur Desmond Tutu, archevêque de son état, C’était à mourir de rire de voir ce grotesque vieillard obèse, filmé en gros plan, vociférer sur scène, tenant en plus des propos peu conformes à la doctrine créationniste de l'Eglise officielle, puisqu’il saluait en l’Afrique le berceau de l’humanité (on vient de trouver en RSA une proche cousine de la Lucy d'Yves Coppens!)! Le comble, dans cete histoire, est que c’était là le VRAI Desmond Tutu !
France-Uruguay. matche nul comme toujours avec nos Bleus. 90 minutes pour trois tirs cadrés de chaque côté, mais il est vrai que si les Uruguayens ont tiré sept fois au but, les Français l’ont fait dix-huit fois ce qui donne, aux points, une large victoire morale aux Sud-Américains.
On vous l’a caché mais notre Bernard Kouchner a fait une grosse colère à l’aéroport de Montréal et nous avons faili déclarer la guerre au Canada-Québec ! Notre ministre des affaires étrangères revenait du Forum économique international des Amériques tenu à Montréal quand, à l’aéroport Trudeau, il a été soumis à une fouille en règle (on ne sait pazs jusqu'où!). Selon Denise Bombardier qui l’a rencontré dans le salon Air France de la zone internationale de l'aérogare peu après l'incident, le ministre était « outré » ("Tabernac!") et elle a dû s’employer à le calmer, tandis qu'il vociférait « Ce sont des imbéciles.[...] Ce n'est pas de la diplomatie, mais de l'imbécillité». Y aurait-il une volonté, sournoise mais constante, de la part des Nord-Américains de s’en prendre à la Francophonie, dans la mesure où, il y a quelques mois, le Secrétaire général de la Francophonie, Abdou Diouf, a connu un incident un peu analogue dans les mêmes conditions ?
Encore Christine Boutin. Il y aurait lieu d’étudier le rapport qu’établit Christine Boutin entre les tenues qu’elle adopte, pour ses interventions médiatiques et la teneur de ses propos. Le gris, le noir et le blanc sont réservés aux propos mesurés, apaisants mais fermes ; ainsi chez Denisot ; « Je ne céderai en rien, ni sur les 9.500 euros de ma mission, ni sur ma retraite ni sur mon indemnité de conseiller général des Yvelines ! Halte au populisme et à la démagogie !» ; Le lendemain, chez Pujadas, changement de ton (« Je renonce à mes 9.500 euros et ja ferais une mission gracieuse ! » comme de tenue avec l’adoption d’un rouge flamboyant. Attention c’est la tenue de combat de la pétroleuse ! Pas de cumul pour moi mais pas non plus pour les autres (suivez mon regard !). On va établir la liste des missions (Tremblez Rocard, Lang et consorts ! Finis les privilèges de celles et ceux qui cumulent allègrement pensions de retraite parlementaire et salaires de ministres ! Quand Christine et le Dalton de Bercy nous disent, à l’envi, que tous ces cumuls sont parfaitement légaux, ne devraient-ils pas relire un peu et de plus près le code des pensions où semblent figurer des dispositions un peu différentes, à en croire le commentaire fait hier par Expat qui n’a pas pour habitude de parler pour ne rien dire
Les Sud-Africains, dont je n’avais jamais eu l’occasion d’apprécié l’humour (le mélange des Bataves, des Huguenots et des Rosbifs coloniaux ne prédispose pas génétiquemet à la gaudriole) avaient pourtant imaginé un excellent gag pour l'ouverture de la cérémonie. On a vu soudain débouler sur la scène, déguisé plus ou moins en skieur des Bronzés (c'est l'hiver là-bas!), avec gros pull-over et par dessus le maillot jaune des Bafana-Bafana, coiffé d'un bonnet de laine tricoté aux mêmes couleurs, un sosie de Monseigneur Desmond Tutu, archevêque de son état, C’était à mourir de rire de voir ce grotesque vieillard obèse, filmé en gros plan, vociférer sur scène, tenant en plus des propos peu conformes à la doctrine créationniste de l'Eglise officielle, puisqu’il saluait en l’Afrique le berceau de l’humanité (on vient de trouver en RSA une proche cousine de la Lucy d'Yves Coppens!)! Le comble, dans cete histoire, est que c’était là le VRAI Desmond Tutu !
France-Uruguay. matche nul comme toujours avec nos Bleus. 90 minutes pour trois tirs cadrés de chaque côté, mais il est vrai que si les Uruguayens ont tiré sept fois au but, les Français l’ont fait dix-huit fois ce qui donne, aux points, une large victoire morale aux Sud-Américains.
On vous l’a caché mais notre Bernard Kouchner a fait une grosse colère à l’aéroport de Montréal et nous avons faili déclarer la guerre au Canada-Québec ! Notre ministre des affaires étrangères revenait du Forum économique international des Amériques tenu à Montréal quand, à l’aéroport Trudeau, il a été soumis à une fouille en règle (on ne sait pazs jusqu'où!). Selon Denise Bombardier qui l’a rencontré dans le salon Air France de la zone internationale de l'aérogare peu après l'incident, le ministre était « outré » ("Tabernac!") et elle a dû s’employer à le calmer, tandis qu'il vociférait « Ce sont des imbéciles.[...] Ce n'est pas de la diplomatie, mais de l'imbécillité». Y aurait-il une volonté, sournoise mais constante, de la part des Nord-Américains de s’en prendre à la Francophonie, dans la mesure où, il y a quelques mois, le Secrétaire général de la Francophonie, Abdou Diouf, a connu un incident un peu analogue dans les mêmes conditions ?
Encore Christine Boutin. Il y aurait lieu d’étudier le rapport qu’établit Christine Boutin entre les tenues qu’elle adopte, pour ses interventions médiatiques et la teneur de ses propos. Le gris, le noir et le blanc sont réservés aux propos mesurés, apaisants mais fermes ; ainsi chez Denisot ; « Je ne céderai en rien, ni sur les 9.500 euros de ma mission, ni sur ma retraite ni sur mon indemnité de conseiller général des Yvelines ! Halte au populisme et à la démagogie !» ; Le lendemain, chez Pujadas, changement de ton (« Je renonce à mes 9.500 euros et ja ferais une mission gracieuse ! » comme de tenue avec l’adoption d’un rouge flamboyant. Attention c’est la tenue de combat de la pétroleuse ! Pas de cumul pour moi mais pas non plus pour les autres (suivez mon regard !). On va établir la liste des missions (Tremblez Rocard, Lang et consorts ! Finis les privilèges de celles et ceux qui cumulent allègrement pensions de retraite parlementaire et salaires de ministres ! Quand Christine et le Dalton de Bercy nous disent, à l’envi, que tous ces cumuls sont parfaitement légaux, ne devraient-ils pas relire un peu et de plus près le code des pensions où semblent figurer des dispositions un peu différentes, à en croire le commentaire fait hier par Expat qui n’a pas pour habitude de parler pour ne rien dire
lundi 3 mai 2010
Loin des méphitiques relents vichystes du néo-obs et de son Anna-stasi(e) qui ont choisi en ce « le jour de célébration de la liberté d'expression » de dénoncer fallacieusement je ne sais lequel de mes crimes pour faire fermer mon blog d’« over-blog » par une administration qui n’a même pas jugé utile de m’en informer, je me sens un peu revivre, puisque je retrouve ici quelques-unes des figures sympathiques du blog du NO d’autrefois.
J’avais évoqué avec Parker, qui hante ce blog sous un beau et énigmatique pseudonyme que je me garderai de vous révéler, l’idée de venir les rejoindre ; en effet, les présentations de mes textes over-blog , tantôt marqués d’étranges zébrures, tantôt imprimés, comme me l’a joliment dit Parker elle-même, à l’encre sympathique, tantôt mêlant, sans raison apparente, le blanc, le bleu et le noir, me paraissaient à la longue un peu fatigantes.
Ayant fait un tour dans les blogs de Parker, d’Expat et de Marius, j’avais été impressionné par la grande qualité technique de ce blog qui faisait paraître minables les présentations du néo-obs comme celle de l’over-blog. Ce qui me retenait le plus, toutefois, était que, chez Parker comme chez Marius (qui, aux dernières nouvelles, aurait été, à nouveau, viré du neo-obs par la censure), il y a clairement une recherche d’écriture, poétique chez la première, célinienne chez le second dont je me sens tout à fait incapable. Je ne vais pas redire une douzième fois que je ne suis en rien un écrivain et que je ne suis entré en bloguerie que pour m’amuser et parfois me défouler, en écrivant au lieu de grommeler. Tenez, cette nuit même, sujet à l’une de mes habituelles insomnies, j’avais rêvassé sur mon blog du lendemain, dont, comme toujours, les esquisses nocturnes mentales sont bien supérieures à ce qui en reste le lendemain.
J’avais vu, ce dimanche 2 mai 2010, chez Anne-Sophie Lapix, Eric Woerth que notre Président a chargé de faire avaler à la France laborieuse l’amère pilule de la réforme des retraites. Rocard avait été l’un des premiers à parler de sa nécessité absolue, sans être toutefois assez sot pour l’entreprendre et en promettant même un sort funeste à celui qui s’y hasarderait. Si cette vue des choses a rendu assez confortable, à cet égard, la vie des Premiers Ministres de la Gauche, il a bien fallu finir par s’y coller, au-delà même de ce qu’avait pu faire Balladur !
Madame Lagarde, pas folle a sans doute brandi l’élégante canne qu’elle promène quelquefois pour signifier clairement qu’une pauvre infirme ne pouvait assumer pareille tâche. L’éternel adolescent chiraquien, Baroin, même après avoir abandonné ses lunettes et redonné un brin de romantisme à sa chevelure (Vous savez qu’il est avec une actrice !), n’avait pas, de toute évidence, la carrure de l’emploi, lui qui n’a jamais travaillé de sa vie que pour porter le café du matin à Elkabach. Restait donc ce brave Eric Woerth, un homme au-dessus de tout soupçon, qui a réussi à être le trésorier de l’UMP et des campagnes électorales, sans déclencher le concert de casseroles caudales qui a caractérisé l’exercice des mêmes fonctions par un Emmanuelli ou un Juppé !
L’homme est, paradoxalement, à la fois inquiétant et rassurant.
Ne comptez par sur moi pour dire qu’il a des yeux de fouine et un menton fuyant. Rien de tel chez notre Eric. Le menton n’est en rien fuyant et serait même plutôt proéminent. Ce qui le caractérise surtout est que, cet homme, même rasé de près et de frais, a toujours l’air d’avoir une barbe de trois jours ; pas une des ces barbes, molles et mi-longues, de bobo, tellement en vogue de nos jours, mais un poil, abondant, noir, rugueux et de toute évidence abrasif, ce qui lui donne un air de cinquième Dalton mâtiné de Chéri-Bibi ! Pas de ce lunettes Christian Dior ou Gucci ; de bonnes lunettes rondes, du genre de celles que vous rembourse à peu près la Sécurité sociale ! Pour un Eric Woerth, foin de jogging, de golf ou de vélo de course ; il joue au foot, dans le style des plus obscures divisions de ce noble sport populaire, avec mollets velus et genoux cagneux.
Comment un homme pareil pourrait-il être soupçonné de vouloir rouler dans la farine les travailleurs de France, ses semblables, ses frères?
J’avais évoqué avec Parker, qui hante ce blog sous un beau et énigmatique pseudonyme que je me garderai de vous révéler, l’idée de venir les rejoindre ; en effet, les présentations de mes textes over-blog , tantôt marqués d’étranges zébrures, tantôt imprimés, comme me l’a joliment dit Parker elle-même, à l’encre sympathique, tantôt mêlant, sans raison apparente, le blanc, le bleu et le noir, me paraissaient à la longue un peu fatigantes.
Ayant fait un tour dans les blogs de Parker, d’Expat et de Marius, j’avais été impressionné par la grande qualité technique de ce blog qui faisait paraître minables les présentations du néo-obs comme celle de l’over-blog. Ce qui me retenait le plus, toutefois, était que, chez Parker comme chez Marius (qui, aux dernières nouvelles, aurait été, à nouveau, viré du neo-obs par la censure), il y a clairement une recherche d’écriture, poétique chez la première, célinienne chez le second dont je me sens tout à fait incapable. Je ne vais pas redire une douzième fois que je ne suis en rien un écrivain et que je ne suis entré en bloguerie que pour m’amuser et parfois me défouler, en écrivant au lieu de grommeler. Tenez, cette nuit même, sujet à l’une de mes habituelles insomnies, j’avais rêvassé sur mon blog du lendemain, dont, comme toujours, les esquisses nocturnes mentales sont bien supérieures à ce qui en reste le lendemain.
J’avais vu, ce dimanche 2 mai 2010, chez Anne-Sophie Lapix, Eric Woerth que notre Président a chargé de faire avaler à la France laborieuse l’amère pilule de la réforme des retraites. Rocard avait été l’un des premiers à parler de sa nécessité absolue, sans être toutefois assez sot pour l’entreprendre et en promettant même un sort funeste à celui qui s’y hasarderait. Si cette vue des choses a rendu assez confortable, à cet égard, la vie des Premiers Ministres de la Gauche, il a bien fallu finir par s’y coller, au-delà même de ce qu’avait pu faire Balladur !
Madame Lagarde, pas folle a sans doute brandi l’élégante canne qu’elle promène quelquefois pour signifier clairement qu’une pauvre infirme ne pouvait assumer pareille tâche. L’éternel adolescent chiraquien, Baroin, même après avoir abandonné ses lunettes et redonné un brin de romantisme à sa chevelure (Vous savez qu’il est avec une actrice !), n’avait pas, de toute évidence, la carrure de l’emploi, lui qui n’a jamais travaillé de sa vie que pour porter le café du matin à Elkabach. Restait donc ce brave Eric Woerth, un homme au-dessus de tout soupçon, qui a réussi à être le trésorier de l’UMP et des campagnes électorales, sans déclencher le concert de casseroles caudales qui a caractérisé l’exercice des mêmes fonctions par un Emmanuelli ou un Juppé !
L’homme est, paradoxalement, à la fois inquiétant et rassurant.
Ne comptez par sur moi pour dire qu’il a des yeux de fouine et un menton fuyant. Rien de tel chez notre Eric. Le menton n’est en rien fuyant et serait même plutôt proéminent. Ce qui le caractérise surtout est que, cet homme, même rasé de près et de frais, a toujours l’air d’avoir une barbe de trois jours ; pas une des ces barbes, molles et mi-longues, de bobo, tellement en vogue de nos jours, mais un poil, abondant, noir, rugueux et de toute évidence abrasif, ce qui lui donne un air de cinquième Dalton mâtiné de Chéri-Bibi ! Pas de ce lunettes Christian Dior ou Gucci ; de bonnes lunettes rondes, du genre de celles que vous rembourse à peu près la Sécurité sociale ! Pour un Eric Woerth, foin de jogging, de golf ou de vélo de course ; il joue au foot, dans le style des plus obscures divisions de ce noble sport populaire, avec mollets velus et genoux cagneux.
Comment un homme pareil pourrait-il être soupçonné de vouloir rouler dans la farine les travailleurs de France, ses semblables, ses frères?
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