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samedi 12 juin 2010

Zapping

Ouverture de la Coupe du monde de foot.
Les Sud-Africains, dont je n’avais jamais eu l’occasion d’apprécié l’humour (le mélange des Bataves, des Huguenots et des Rosbifs coloniaux ne prédispose pas génétiquemet à la gaudriole) avaient pourtant imaginé un excellent gag pour l'ouverture de la cérémonie. On a vu soudain débouler sur la scène, déguisé plus ou moins en skieur des Bronzés (c'est l'hiver là-bas!), avec gros pull-over et par dessus le maillot jaune des Bafana-Bafana, coiffé d'un bonnet de laine tricoté aux mêmes couleurs, un sosie de Monseigneur Desmond Tutu, archevêque de son état, C’était à mourir de rire de voir ce grotesque vieillard obèse, filmé en gros plan, vociférer sur scène, tenant en plus des propos peu conformes à la doctrine créationniste de l'Eglise officielle, puisqu’il saluait en l’Afrique le berceau de l’humanité (on vient de trouver en RSA une proche cousine de la Lucy d'Yves Coppens!)! Le comble, dans cete histoire, est que c’était là le VRAI Desmond Tutu !

France-Uruguay. matche nul comme toujours avec nos Bleus. 90 minutes pour trois tirs cadrés de chaque côté, mais il est vrai que si les Uruguayens ont tiré sept fois au but, les Français l’ont fait dix-huit fois ce qui donne, aux points, une large victoire morale aux Sud-Américains.

On vous l’a caché mais notre Bernard Kouchner a fait une grosse colère à l’aéroport de Montréal et nous avons faili déclarer la guerre au Canada-Québec ! Notre ministre des affaires étrangères revenait du Forum économique international des Amériques tenu à Montréal quand, à l’aéroport Trudeau, il a été soumis à une fouille en règle (on ne sait pazs jusqu'où!). Selon Denise Bombardier qui l’a rencontré dans le salon Air France de la zone internationale de l'aérogare peu après l'incident, le ministre était « outré » ("Tabernac!") et elle a dû s’employer à le calmer, tandis qu'il vociférait « Ce sont des imbéciles.[...] Ce n'est pas de la diplomatie, mais de l'imbécillité». Y aurait-il une volonté, sournoise mais constante, de la part des Nord-Américains de s’en prendre à la Francophonie, dans la mesure où, il y a quelques mois, le Secrétaire général de la Francophonie, Abdou Diouf, a connu un incident un peu analogue dans les mêmes conditions ?

Encore Christine Boutin. Il y aurait lieu d’étudier le rapport qu’établit Christine Boutin entre les tenues qu’elle adopte, pour ses interventions médiatiques et la teneur de ses propos. Le gris, le noir et le blanc sont réservés aux propos mesurés, apaisants mais fermes ; ainsi chez Denisot ; « Je ne céderai en rien, ni sur les 9.500 euros de ma mission, ni sur ma retraite ni sur mon indemnité de conseiller général des Yvelines ! Halte au populisme et à la démagogie !» ; Le lendemain, chez Pujadas, changement de ton (« Je renonce à mes 9.500 euros et ja ferais une mission gracieuse ! » comme de tenue avec l’adoption d’un rouge flamboyant. Attention c’est la tenue de combat de la pétroleuse ! Pas de cumul pour moi mais pas non plus pour les autres (suivez mon regard !). On va établir la liste des missions (Tremblez Rocard, Lang et consorts ! Finis les privilèges de celles et ceux qui cumulent allègrement pensions de retraite parlementaire et salaires de ministres ! Quand Christine et le Dalton de Bercy nous disent, à l’envi, que tous ces cumuls sont parfaitement légaux, ne devraient-ils pas relire un peu et de plus près le code des pensions où semblent figurer des dispositions un peu différentes, à en croire le commentaire fait hier par Expat qui n’a pas pour habitude de parler pour ne rien dire

jeudi 10 juin 2010

L’information est toujours aussi bonne !

La mission qui a été offerte à Christine Boutin en raison de ses éminentes compétences et de sa vaste expérience de l’international (toute cette affaire étant sans le moindre rapport avec le désir de la calmer après son éviction un peu brutale du gouvernement et de la ménager dans la perspective de l’élection de 2012, mais qui peut avoir de telles pensées ?) a permis à nos journalistes, sur la foi, il est vrai, de propos de certains politiques, tout aussi mal informés qu’eux, de prétendre que le montant de ce contrat (9.500 euros mensuels) correspondait tout simplement au salaire des plus hauts fonctionnaires français, donc à son niveau présumé de qualification. J’ai même entendu avancer le nombre de ceux qui en bénéficieraient (1500) et citer comme exemple les Conseillers d’Etat.

Comme Expat a évoqué ce point dans un pertinent commentaire à mon post d’hier (mais en apporte-t-il jamais d’une autre qualité?), je donne sur ce point quelques remarques. Expat évoquait à ce propos, à côté du Conseil d’Etat, le Conseil économique et social qui sert soit à récupérer, faute de mieux, des évincés du système, soit à donner un strapontin d’attente et une rémunération , assez modeste d’ailleurs, à des protégés, dont on veut faciliter la carrière politique ultérieure. Ce fut, me semble-t-il, le cas du jeune Bruno Landau-Juilliard par exmple ( le terme « jeune » lui convient comme futur homme politique, car, comme étudiant, il était plutôt fort en retard dans ses études et il avait dû abandonner la présidence de l’UNEF, atteint qu’il était par la limite d’âge).

Le Conseil d’Etat est tout de même autre chose, même si, comme dans nombre de nos institutions, on peut, « au tour extérieur », y nommer à peu près n’importe qui. J’allais dire « n’importe quoi », ce qui aurait été désobligeant, mais j’avais à l’esprit François Mitterrand qui avait nommé son dentiste ambassadeur et sa secrétaire inspectrice générale ! C’est aussi lui qui avait nommé Régis Debray au Conseil d’Etat, institution où ce dernier se fit surtout remarquer pas son absence totale d’activité. Sans doute en voulait-il à Tonton de ne pas lui avoir trouvé une sinécure plus réjouissante ; il le lui fit bien payer dans ses écrits ultérieurs !

Mais revenons à nos moutons ou plutôt à nos salaires. Si on laisse de côté le menu fretin du Conseil d’Etat (du genre « auditeur de deuxième classe ») pour ne considérer que les Conseillers eux-mêmes, le salaire brut, en fin de carrière et au plus haut niveau (indice majoré 1319), s’élève au 1er janvier 2010 à 6076 euros, ce qui est tout de même très loin des 9500 euros de Madame Boutin ! Certes, comme toujours dans la haute fonction publique, il y a les primes (hélas non prises en compte dans la retraite !), mais je doute fort qu’au Conseil d’Etat, elles approchent, même de loin, celles d’un Trésorier Payeur Général, fonction qui passe pour assurer à un employé de l’Etat les plus hauts revenus qu’on puisse percevoir en servant l’Etat français.

Il est tout de même extravagant que nos hommes politiques et, pire encore, nos journalistes soient si ignorants de réalités qu’il est si facile de connaître et dont ils parlent, par ailleurs, avec la plus grande assurance !

Mon devoir du jour fini, je jette un coup d’oeil à France2 pour y trouver, je vous le donne en cent ! ...Christine Boutin. Elle expose à la France médusée, avec une égale conviction, une position, exactement inverse de celle de la veille, quand elle se refusait à imaginer renoncer à quoi que ce soit de ses 18.000 euros mensuels. Au fait au moment où on parle tant retraite, pourquoi ne pas prendre le modèle parlementaire? Christine a cotisé 25 ans (ce qui n’est pas beaucoup, somme toute, par rapport aux quarante et une années de cotisation du bon peuple), et elle touche une retraite de plus de 6000 euros, donc quasiment équivalente à l’indemnité d’un parlementaire en cours de mandat).

Elle renonce, de son propre chef, à ses 9500 euros de mission! Le monde a besoin d’elle et elle de sacrifiera donc, pour la France, sur l’autel de sa mission, sans que nul le lui ai demandé, comme chacun sait. Les Prix Nobel d’économie brûlent de la rencontrer (Authentique ! La veille, elle parlait de DSK, mais on a dû lui déconseiller cette fréquentation pour des raisons à la fois politiques et morales !). Tous les puissants de la terre sollicitent ses avis éclairés. Nous sommes sauvés et d’ailleurs, signes infaillibles de l'espoir mondioal mis en Madame Boutin, dès aujourd’hui, Wall street bondit vers le haut, le CAC 40 remonte et le chômage baisse !

mercredi 9 juin 2010

Inénarrable Christine Boutin!

« Les voies du Seigneur sont impénétrables !». Ce n’est sûrement pas la présidente du Parti Chrétien Démocrate (je crois que son particule s’appelle comme ça ) qui me contredira.

Bavardant au déjeûner avec quelques amis, je leur disais que je n’avais rien écrit dans mon blog depuis deux jours, contre toutes mes habitudes addictives, et que j’envisageais d’arrêter après plus d’un millier de textes quotidiens. C’était compter sans Christine Boutin que je viens d’entendre, ce mercredi 9 juin à 18 heures 15, interviewée à France-Infos, vous vous en doutez, sur la mission que vient de lui proposer notre Nicolas qui commence désormais à se préoccuper un peu sérieusement de la présidentielle de 2012.

Pour une fois, la journaliste y allait sans ménagement ; comme toujours, nos gens de presse ne sont jamais aussi hardis que quand ils pensent avoir affaire à des politiques qu’ils jugent sans trop de défense.

Cela pouvait paraître être le cas de Madame Boutin, en vedette depuis le matin pour sa mission à 9500 euros nets par mois (plus le bureau, le secrétariat de quatre collaborateurs et la voiture de fonction avec chauffeur). Tout cela lui semble normal et à tout prendre minimal ; elle n’hésite même pas à confier qu’avec sa retraite de parlementaire et son indemnité de conseiller général, son enveloppe mensuelle s’élève à 18.000 euros. Tout à fait normal et mérité à ses yeux !

Car l’amusant de la chose est moins son aplomb, car après tout , chacun sait tout cela et elle ne veut pas prendre le risque de mentir, même avec l’autorisation voire la bénrdiction de son confesseur, que sa conviction, réaffirmée à plusieurs reprises que cette rémunération est parfaitement justifiée, non seulement par l’importance de sa mission (elle est chargée d’étudier « les conséquences sociales de la mondialisation »), mais surtout par sa certitude, affichée sans nuance ni modestie, ; que ses propositions, auxquelles ne manqueront pas d’adhérer avec enthousiasme les membres du G20, vont sauver le monde. Somme toute, pour de tel résultats, c’est vraiment donné !

La journaliste a beau la retourner sur le grill (ce n’est pas Sainte Christine mais Sainte Laurent !) en lui parlant charité chrétienne, SMIG (son seul salaire mensuel équivaut à huit fois le SMIG), etc, rien n’y fait et l’on sent bien qu’en son for intérieur, elle juge que son « expérience », son « réseau » et surtout ses capacités sont, en fait inestimables et par là même sans prix. Elle précise au passage que, virée du gouvernement Fillon, elle a refusé d’être ambassadeure au Vatican, moins pour ne pas y introduire, en sa pulpeuse personne, les tentations de la chair que pour garder toute sa «liberté de parole » ce qui s'est avéré payant puisque ses quelques pointes contre le pouvoir l'ont fait aussitôt recruter!

Au fond, elle a raison, ce n’est pas cher pour Sarkozy car si l’ingrate ne fait pas voter pour lui, il aura tout de même obtenu qu’elle se ridiculise définitivement aux yeux de la France !

Cerise sur le gâteau. Ayant écrit mon devoir du jour, je jette un oeil sur le « Grand Journal » de Denisot où est invitée... Christine Boutin qui a choisi de faire front et a couru tout le jour de studio en plateau. Elle arrive, comme tout le monde, par le fond et le grand escalier ; un peu paumée la pauvrette, car, pour séduire la France, elle ôte, dès que possible, ses lunettes. Charitable, Denisot joue les chiens d’aveugle et la guide gentiment.

Afatie, comme tout le monde, allume d’emblée Christine qui se juge, non sans quelque raison, offensée et même insultée par ses violents propos, sans avoir toutefois le courage de se lever et de partir. Grosse erreur de com’ de sa part, car cela lui aurait assuré toutes les unes du lendemain. Je pense, en fait, que sans ses lunettes et sans Denisot, elle a craint ne pas retrouver la sortie. Sur le fond, voir ci-dessus car elle avait appris son texte par coeur et nous l’a reservi à l’identique ....sans lunettes!