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dimanche 15 juin 2014

Les "experts" !?

Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais les « experts », tous parisiens et toujours les mêmes, commencent à me fatiguer ! Je l’ai déjà écrit, le 26 décembre 2013 pour être tout à fait précis mais je puis bien,  par paresse, me refaire pour la fête des Pères, le cadeau que je m’étais offert moi-même pour le précédent Noël ! J’ai d’autant moins de scrupule à le faire que Mediapart dort à poings, non levés mais fermés, durant les weeks-ends !
Ainsi, alors que j'étais relativement familier de l’émission du « cumulard »,Yves Calvi, « C’est dans l’air » (sur la Cinq à 17h45, toujours retardée par des publicités, intempestives et illégales mais une mine d’or que le CSA se garde bien de chronométrer à des fins de vérification voire de sanctions), je l’ai à peu près abandonnée car on y voit toujours les mêmes tronches d’ « experts », à commencer par celle de l'ineffable Christophe Barbier, le « crieur » de l’Express, avec son écharpe rouge pseudo blondelienne ou mitterrandienne (selon les jours !) ; vu son insuccès commercial et journalistique et ses présumés talents de bateleur, il envisagerait  une carrière dans le showbiz ; je lui recommande vivement ce choix, ne serait-ce que pour nous débarrasser enfin de son piteux spectacle et de ses filandreuses analyses.
Il en est de même pour la plupart des autres, en particulier dans le genre « expert économiste », où nous sont invariablement proposés le bellâtre à la mouche cardinalice (de l'OCDE ou de quelque organisme de semblable farine) et, son compère antagonique, le marchand florentin d'espoirs et d’escroqueries boursières, qui vient faire la pub de son obscure officine, sans oser pourtant ne pas avancer masqué.
Je pense qu'une des raisons de ces choix permanents est que ces gens-là sont à la fois parisiens et largement oisifs (même s’ils sont censés avoir un emploi), mais justifient sans doute leurs divers salaires par les « piges » de cette présence médiatique ; leur « expertise » ne relève en fait que l’inculture et de la paresse intellectuelle et physique des producteurs de telles émissions ; le record en la matière est détenu par le quasi-octogénaire Elkabach (Chaîne parlementaire, Europe 1, etc.) qui devrait envisager une procréation assistée avec Michelle Cotta, à qui je suis heureux de souhaiter aujourd’hui son soixante-dix-septième anniversaire, mais qui ne songe pas pour autant à « lâcher la rampe » !
Il en est de même pour ce sujet nouveau qu’est l'Afrique ; entre le Mali, la RCA, le Soudan et le Nigéria, en pimentant de temps en temps son quatuor d'invités caucasiens (dont je ne suis pas sûr que ces « experts » sachent situer les Etats en cause sur une carte) par quelques blacks parisiens plus ou moins journalistes, on nous inflige de prétendus spécialistes à la fois de l'Afrique et de la géopolitique, dont le pire est le sinistre et inévitable Boniface (pape de la géopolitique et du football, donc doublement qualifié), dont on peut pas dire que la carrière universitaire à laquelle il a aspiré, ait été  aussi brillante qu'il pouvait le souhaiter  et qu’il tend à le faire croire, alléguant, comme toute le monde, des enseignements à « Sciences Po ».
Fort heureusement pour ce domaine, il y a de temps en temps l'ancien directeur de la Lettre du continent, Antoine Glaser, qui lui est, pour le coup et depuis longtemps, un fin connaisseur et un vrai spécialiste de l'Afrique. Fine mouche et courtois, il se borne malheureusement trop souvent, par modestie, à des propos rares et limités (les autres ont toujours la gueule ouverte sans avoir rien à dire), tout en souriant discrètement et poliment aux sottises qu'il peut entendre, hélas sans jamais les relever comme telles.
Il est toutefois un « expert », qui m'insupporte tout particulièrement et qui se donne pour le spécialiste de la géopolitique, de la stratégie et de l'armée, ce qui lui garantit une présence quasi permanente sur nos écrans, le colonel de réserve Pierre Servent ;  il doit être, en fait, lieutenant-colonel, mais a bénéficié de cette promotion en partant à la retraite, comme on promeut les vice-amiraux, dits de ce fait « amiraux quart-de-place », pour qu’ils aient, grâce, à ce grade bidon et durant une retraite aussi longue qu’oisive, le bénéfice du quart-de-place à la SNCF !
Je ne m'attarderai pas sur le cas de ce Pierre Servent qui est fort occupé, en ces temps de conflits divers, à passer des plateaux de télévision aux studios des diverses radios-bignoles où il officie, car j'ai découvert que le 4 avril 2011 il avait été habillé pour l'hiver par Nicolas Gaudreau dans un article intitulé « Média et Libye - Des experts militarisés déguisés en civil : le cas de Pierre Servent », texte très informé que vous retrouverez sans problème, comme moi-même, grâce à Google. L'auteur de cet article confirme ce que j'avais moi-même constaté depuis longtemps et montre que les liens, nombreux et multiples, avec les institutions militaires et le ministère de la défense, expliquent la faveur dont jouit ce VRP multicartes de notre belle armée, ce que souligne avec humour l'auteur de cet article en le baptisant : « Pierre Servent spécialiste de l'expertise ou expert en spécialité ? ». À lire absolument !
Bien entendu ses liens avec le ministère de la défense sont soigneusement dissimulés, de façon à lui donner toute l'apparence d’un journaliste (dont je vois mal comment il pourrait avoir la carte, même s’il peut trouver dans ses « piges » le minimum financier nécessaire) et d’un « expert » objectif, vêtu de probité candide et de lin blanc. Tu parles. C’est en tout la voix de son maître !
Je me limite donc ici à quelques remarques personnelles qui tiennent d’abord à ce que un lieutenant-colonel, fut-il promu colonel dans la réserve, ne peut guère passer pour un expert en « stratégie militaire », car on peut espérer que ce n’est pas à un si modeste niveau de responsabilité et de commandement (Celui de « La soupe est bonne ? ») que se définit la « stratégie » de la France, encore que nos insuccès militaires, successifs et répétés, puissent donner à penser que les choses se passent ainsi.
Pierre Servent est-il expert en stratégie militaire, j’en doute fort ? Il est en revanche expert en « ménages » et en « piges » de toutes sortes comme en stratégie commerciale à en juger par la multiplicité et la diversité de ses interventions comme des lieux où elles s'opèrent ; tout cela donne à penser qu'il est en fait plutôt chargé de communication au ministère de la défense où il  a pour fonction essentielle de faire passer, subliminalement, les messages officiels sous couvert d’information.
Sans parler du commerce des armes, le seul où nous sommes en bonne place, les opérations militaires sont, d’abord et surtout, de bonnes affaires pour les militaires eux-mêmes, tant sur le plan de la rémunération (les soldes doublent ou triplent) que sur celui des états de service et de la retraite (il en est de même pour les années dans son calcul). Tous se les disputent d’ailleurs !
Dès le début de l'opération malienne, j'avais pensé et écrit dans mes blogs que François Hollande avait été totalement manipulé par les militaires, de façon à lui donner à penser qu'il allait redorer son blason en Afrique. C'est ainsi que les choses se sont passées au début et, comme Joseph Prudhomme, il a déclaré que son séjour triomphal à Bamako était le plus beau jour de sa vie, comme le sabre du précédent. Les choses se sont un peu moins bien passées à Bangui et de toute façon nous ne sommes pas encore sortis, très loin de là, de l'auberge sahélienne
Il est certain que l’Etat-Major a mis le pain noir des accusations anticolonialistes et les problèmes de la suite sous les croissants et les pains au chocolat de l'accueil triomphal du départ. Mais Monsieur Pierre Servent et les militaires s'en foutent pas mal car les Présidents de la République passent, tandis que la Grande Muette et ses intérêts demeurent et prospèrent, même sous la Gauche ; les « experts » pourront donc tranquillement continuer à faire « des ménages » et à en vivre largement !

Quant au Mali, les choses y ont bien changé, Kidal est tombé et on est revenu au point de départ, sauf pour les petits drapeaux français qu’on ne trouve plus que dans les fossés avec les belles images désormais boueuses de notre Président qui devra aller chercher ailleurs le plus beau jour de sa vie !

jeudi 26 décembre 2013

Les "experts" ?!?


Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais les experts, tous parisiens et toujours les mêmes, commencent à me fatiguer !

Ainsi, alors que j'étais relativement familier de l’émission d’Yves Calvi « C’est plus clair » (en principe sur le Cinq à 17h45, mais toujours retardée par des publicités, intempestives et illégales mais une mine d’or que le CSA se garde bien de chronométrer à des fins de vérification) , l’ai-je à peu près abandonnée désormais car on y voit toujours les mêmes têtes d’ « experts », à commencer celle de l'ineffable Christophe Barbier, qui vient nous faire la pub de son Express avec son écharpe rouge et qui, semble-t-il, vu son insuccès journalistique et ses présumés talents de bateleur, envisage une carrière dans le showbiz ; je lui recommande vivement ce choix, ne serait-ce que pour nous débarrasser de son piteux spectacle et de ses filandreuses analyses.

Il en est de même pour tous les autres, en particulier dans le genre « expert économiste », où nous sont invariablement proposés le bellâtre à la mouche cardinalice (de l'OCDE ou de quelque organisme de semblable farine) et, son compère antagonique, le marchand florentin d'espoirs et d’escroqueries boursières, qui vient faire la pub de son officine, sans oser pourtant ne pas avancer masqué.

 Je pense qu'une des raisons de ces choix permanents est que ces gens-là sont à la fois parisiens et largement oisifs (même s’ils sont censés avoir un emploi) mais justifient sans doute leur salaire par cette présence médiatique ; leur « expertise » ne relève en fait que la paresse intellectuelle et physique des producteurs de telles émissions.

 Il en est de même pour l'Afrique ; entre le Mali et désormais la RCA, en pimentant de temps en temps son quatuor d'invités caucasiens par quelques blacks plus ou moins journalistes, Calvi nous inflige de prétendus spécialistes à la fois de l'Afrique et de la géopolitique dont le sinistre et inévitable Boniface (pape de la géopolitique et du football), dont on peut pas dire que la carrière universitaire à laquelle il a aspiré ait été  aussi brillante qu'il pouvait le souhaiter. Fort heureusement pour ce domaine, il y a de temps en temps l'ancien directeur de la Lettre du continent, Antoine Glaser, qui lui est, pour le coup, lui un connaisseur et un vrai spécialiste de l'Afrique. Fine mouche et courtois, il se borne malheureusement souvent à des propos limités (les autres ont toujours la gueule ouverte sans avoir rien à dire), tout en souriant discrètement et poliment aux sottises qu'il peut entendre, sans jamais les relever comme telles.

Il est toutefois un « expert », qui m'insupporte tout particulièrement et qui se donne pour le spécialiste de la géopolitique, de la stratégie et de l'armée, le colonel de réserve Pierre Servent ;  il doit être, en fait, lieutenant-colonel mais a bénéficié de cette promotion en partant à la retraite, comme on promeut les vice-amiraux pour qu'il puisse bénéficier durant une retraite, longue et oisive, du quart-de-place à la SNCF.

Je ne m'attarderai pas sur le cas de Pierre Servent qui est fort occupé, en ces temps de conflits divers, à passer des plateaux de télévision aux studios des diverses radios bignoles où il officie car j'ai découvert que le 4 avril 2011 il avait été habillé pour l'hiver par Nicolas Gaudreau dans un article intitulé « Média et Libye - Des experts militarisés déguisés en civil : le cas de Pierre Servent », texte très informé que vous retrouverez sans problème, comme moi-même, grâce à Google. L'auteur de cet article confirme ce que j'avais moi-même constaté depuis longtemps et montre que les liens, nombreux et multiples, avec les institutions militaires et le ministère de la défense expliquent la faveur dont jouit ce VRP multicartes de notre armée, ce que souligne avec humour l'auteur de cet article en le baptisant : « Pierre Servent spécialiste de l'expertise ou expert en spécialité ? ».

Bien entendu ses liens avec le ministère de la défense sont soigneusement dissimulés, de façon à lui donner toute l'apparence d’un journaliste (don je vois mal comment il pourrait avoir la carte) et d’un expert objectif, vêtu de probité candide et de lin blanc. Tu parles. C’est en tout la voix de son maître !
Je me limite donc ici à quelques remarques personnelles qui tiennent d’abord à ce que un lieutenant-colonel, fut-il promu colonel dans la réserve, ne peut guère passer pour un expert en « stratégie militaire », car on peut espérer que ce n’est à ce niveau de responsabilité et de commandement que se définit la « stratégie » de la France, encore que nos insuccès militaires successifs puissent donner à penser que les choses se passent ainsi.

Pierre Servent est-il expert en stratégie militaire, j’en doute fort ? Il est en revanche expert en « ménages » de toutes sortes et en stratégie commerciale à en juger par la multiplicité et la diversité de ses interventions comme des lieux où elles s'opèrent ; tout cela donne à penser qu'il est en fait plutôt chargé de communication au ministère de la défense où il  a pour fonction essentielle de faire passer, subliminalement, les messages officiels sous couvert d’information.

Les opérations militaires sont, d’abord et surtout, de bonnes affaires pour les militaires eux-mêmes, tant sur le plan de la rémunération (les soldes doublent ou triplent) que sur celui des états de service et de la retraite (il en est de même pour les années dans leurs calcul). Tous se les disputent d’ailleurs !
Dès le début de l'opération malienne, j'avais pensé et écrit dans mes blogs que François Hollande avait été totalement manipulé par les militaires de façon à lui donner à penser qu'il avait redorer son blason en Afrique. C'est ainsi que les choses se sont passées au début et, comme Joseph Prudhomme, il a déclaré que son séjour triomphal à Bamako était le plus beau jour de sa vie, comme le sabre du précédent. Les choses se sont un peu moins bien passées à Bangui et de toute façon nous ne sommes pas encore sortis, loin de là, de l'auberge sahélienne.

Il est certain que l’Etat-Major a mis le pain noir des accusations anticolonialistes et les problèmes de la suite de la suite sous les croissants et les pains au chocolat de l'accueil triomphal du départ. Mais Monsieur Pierre Servent et les militaires s'en foutent pas mal car les présidents de la République passent, tandis que la Grande Muette et ses intérêts demeurent et prospère, même sous la Gauche ; les « experts » pourront donc tranquillement continuer à faire « des ménages » et à en vivre largement !

lundi 9 septembre 2013

Much ado about nothing ou "Alors, on ne retient plus ici?"

Le titre anglais de Beaucoup de bruit pour rien joint à l'exotisme linguistique la rare capacité de pouvoir s'adapter à une foule de sujets, tant l'information dont on nous abreuve sans cesse est d'une consternante nullité quand elle n'est pas totalement fausse.

Je reproduis ci-dessous des extraits d'un article paru dans Les Echos (7/09/13) pris un peu au hasard (les articles sont tous les mêmes, issus de la même AFP) sur la question de la relation entre l'Union européenne, les États-Unis et la Syrie, sans avoir eu de raison particulière de faire ce choix. Je ne reproduirai d'ailleurs que les extraits ce texte qui me paraissent intéressant dans la perspective qui est ici la mienne, en y adjoignant, entre crochets, comme c'est la règle pour des ajouts à un texte, les numéros des notes que je propose, après avoir mis en gras (de mon fait donc) mes remarques sur chacun des points ainsi signalés. Ces notes seront numérotées de 1 à 10 pour plus de clarté :

"Les pays de l’Union européenne se sont entendus samedi sur le fait que le monde « ne peut rester les bras croisés » [ 1 ] et qu’une réaction claire et forte[ 2 ] est nécessaire pour empêcher de nouveaux bombardements[ 3 ] à l’arme chimique en Syrie, a déclaré Catherine Ashton.
Réunis à Vilnius, les ministres des Affaires étrangères des Vingt-Huit sont aussi convenus que les informations à leur disposition semblent clairement indiquer [ 4 ] que les autorités syriennes sont responsables de l’attaque chimique commise le 21 août dans les environs de Damas |...] « (Le gouvernement syrien) est le seul à posséder des armements chimiques et les moyens de les utiliser dans une quantité suffisante [ 5 ]», a-t-elle dit.
Les Vingt-Huit ne sont toutefois pas allés jusqu’à soutenir le principe d’une intervention militaire[ 6 ] contre le régime de Bachar al Assad, prônée par la France et le président américain Barack Obama. [...]
Selon Catherine Ashton, les ministres européens des Affaires étrangères se sont félicités de l’engagement de François Hollande d’attendre le rapport des experts de l’Onu avant toute initiative [ 7 ] sur la Syrie. Ce rapport est attendu aux alentours de la mi-septembre. [ 8 ]. [   ]
Pour les Etats-Unis, cependant, pas question d’attendre impérativement la publication du rapport pour frapper Damas[ 9 ], a indiqué samedi un responsable américain, en marge de la visite de John Kerry en Europe. Au cours d’une réunion avec les 28 ministres des Affaires étrangères [ 9 ] [...] le chef de la diplomatie américaine a « également dit clairement que les Etats-Unis n’avaient pas décidé d’attendre » ce rapport pour éventuellement agir [ 10 ], a précisé ce diplomate " (Extraits de Les Echos).

Note 1. "Le monde ne peut rester les bras croisés". Diable ! Fort bien, décroisons donc les bras, mais comme les choeurs d'opéra ou, dans une version plus moderne, Michaël Jackson,chantons "En avant ! Marchons !" tout en restant sur place ! J'ai, dans un billet précédent et par là même prémonitoire, attiré l'attention sur une confusion de prépositions souvent faite par nos journalistes, peu familiers apparemment avec la langue française, et qui confondent "prêt à" et "près de"! Il me semblait, en effet, que si Français et Américains se disaient "prêts à intervenir" en Syrie, ils ne me paraissaient pas en état d'être "près de le faire". Je constate que j'ai eu raison sur le plan géopolitique comme grammatical.

Note 2. Je ne sais pas si, décroiser les bras conduit toujours à croiser les jambes et s'il y a là une "réaction claire et forte"?

Note 3. "Bombardements à l'arme chimique" nous dit-on ; il est clair que le choix et l'emploi du terme "bombardements" vise, en réalité, à désigner d'avance comme l'auteur de l'utilisation de cette arme chimique Bachar el Assad, car il est évident que ses opposants ne disposant pas de forces aériennes, ils ne peuvent pas procéder à des bombardements au sens courant de ce terme. Il y a donc là une prise de position sur la responsabilité dont on aimerait avoir les preuves, puisque, selon d'autres sources, l'origine de ces armes chimiques pourrait être autre. Les terroristes japonais du métro qui utilisèrent le gaz sarin n'avaient pas d'avions ni de bombes!

Note 4. Il y a là une curiosité stylistique ; "semble clairement indiquer" est en effet une formulation contradictoire dans les termes qui se veut un compromis ou un amalgame, sémantiquement douteux, entre "semble indiquer" qui marque un doute fort qu'exprime le verbe "semble" et "indique clairement" qui traduit, en revanche, une quasi certitude. "Semble clairement indiquer" est donc évidemment impossible car illogique !

Note 5. Affirmer que le gouvernement syrien est le seul à posséder des armes chimiques est évidemment faux. Il y en a des tonnes partout dans le monde. Une information circule partout, même si la presse française, aux ordres ou ignorante, nous la cache soigneusement. L'Arabie Saoudite, qui combat le régime syrien et qui dispose de vastes stocks d'armes chimiques, en aurait donné aux rebelles qu'elle soutient ; ceux-ci soit par maladresse, soit par perversité, les auraient utilisées contre des populations. Le gaz sarin ne cible guère ses victimes ! Je note à cet égard qu'il y a, quant au nombre même des victimes, plus qu'une incertitude puisque selon les sources, il varie beaucoup ; selon la Croix-Rouge, il y en aurait eu environ 150, alors que selon les sources proches de la France et des États-Unis, il y en aurait 1500 ; cet écart de 1 à 10 semble considérable.

Note 6. L'Europe fut et demeure latine. Festina lente (= Hâte toi lentement) ; les 28 qui veulent une "réaction claire et forte" "ne sont pas allés" (jolie litote !) "jusqu'à soutenir le principe d'une intervention militaire". "Ne se sont pas résolus à se résigner à aller" eût encore mieux traduit l'enthousiasme belliqueux de l'UE ! En quoi pourrait bien consister "la réaction claire et forte" annoncée ? Cela peut aller des sourcils foncés jusqu'à la moue de réprobation !

Note 7 . François Hollande s'est engagé, après coup, à attendre le rapport des experts de l'ONU avant toute initiative ; on le croyait "près de" mais il n'est pas encore éventuellement "prêt à" (cf. supra !).

Note 8. Le rapport est attendu aux "alentours de la mi-septembre". Les experts étant revenus déjà depuis plusieurs jours et ne pouvant nous dire que ce nous savons déjà tous (l'usage du gaz), il serait bon de leur donner, de toute urgence, un secrétariat actif et dynamique, afin que ce rapport soit rédigé au plus vite. Tous ces propos font apparaître que, comme je soulignais dans un précédent blog, personne, dans la presse nationale, ne semble connaître les termes précis de la mission confiée aux experts de l'ONU. Il est clair (cette condition avait été mise à la signature de l'autorisation de l'expertise par la Syrie) qu'il leur est rigoureusement interdit de mentionner dans ce rapport quelque responsabilité de qui que ce soit dans cette affaire. De qui se moque-t-on?

Notes 9 et 10. In cauda venenum ! "Pour les Etats-Unis, cependant, pas question d’attendre impérativement la publication du rapport pour frapper Damas", [.9.] [...] Mais le chef de la diplomatie américaine a « également dit clairement que les Etats-Unis n’avaient pas décidé d’attendre » ce rapport pour éventuellement agir,[ 10] a précisé ce diplomate. Il faudrait tout de même savoir car dans de telles affaires, on ne peut dire tout et son contraire. Que faut-il comprendre : "Il n'est pas question d'attendre' ou "il n'est pas question de ne pas attendre ?

Obama me fait penser à ce personnage marseillais qui, aux prises avec un malabar à qu'il a un peu imprudemment proposé de "sortir", s'attarde sur le seuil en demandant à la cantonade : "Alors, on ne retient plus ici ?".

dimanche 17 février 2013

L'école 2013 (N° 3). Retour en arrière : Ecole : violence et grammaire.


La campagne électorale [2007; car ce blog est du 11 août 2007] a, curieusement, fait de l’éducation un sujet majeur, sans qu’il soit pour autant traité de façon sérieuse.

En soi, cet intérêt n’a rien d’étonnant, car l’affaire est effectivement d’importance ; ce qui est plus curieux est que domine une double approche, l’une nostalgique, qu’on voit représentée, sur la scène médiatique, par A. Finkielkraut, l’autre irréaliste mais racoleuse, tant sur le plan électoral pour Sarko ( mais c’est naturel) que commercial, pour le pseudo-gourou Bentolila qui, sous couvert de sauver l'école et la France, ne fait que tenter de vendre des livres.

L’école et la violence sont effectivement deux questions essentielles, à condition toutefois de se garder de les lier de façon stupidement déterministe ! Or, on tente précisément de les réunir dans un propos simpliste qui est celui du rapport sur le grammaire rendu, fin 2006, à Gilles de Robien par ses trois pieds-nickelés (Bento, Orso et Demarcho).

Tout le monde s’est accordé à reconnaître la nullité confondante de ce texte. C’est sans doute ce qui a conduit ce ministre (à qui « tout ce qui est éducatif est étranger », pour transférer à l’école, en l’inversant bien sûr, la formule de Térence « « Rien de ce qui est humain ne m’est étranger ») à confier à Bento un second rapport sur le vocabulaire!

A ce propos, pourquoi Monsieur de Robien n’est-il pas plutôt ministre de la coiffure ou des Galeries Lafayette, fonctions auxquelles tout en lui semble le qualifier.

Passons dans l’attente angoissée du prochain rapport de Bento, prévu pour mercredi prochain ; tout cela est savamment dosé et programmé ; ça ne devrait pas être triste et je prépare déjà mon escopette car je vois d'avance le contenu de ce texte, au simple examen du catalogue des produits Nathan.

Toujours est-il que la formule selon laquelle le réapprentissage de la grammaire de nos grands'mères (les Français du Sud de la Loire ne vont pas voir le sel de ce pauvre à-peu-près sur la nasalisation de "grammaire" au Sud de la Loire!) est consensuelle au possible, même si chacun y trouve, bien entendu, un intérêt différent.

C’est le principe des bons consensus, bien mous et bien juteux. Bento va faire exploser les ventes de Nathan et, comme meilleur vendeur du mois, gagner un séjour pour deux en Thaïlande (massages et whisky compris); de Robien sauve la patrie et gardera peut-être un maroquin (sans qu’on sache lequel : la coiffure ou les Galeries Lafayette ?) ; Sarko fait plaisir à la fois à Finkielkraut et aux électeurs de Le Pen (qui sont, selon le mot heureux de Djamel, « des communistes qui se sont fait piquer deux fois leur mobylette » et, doit-on désormais ajouter « qui ont un chien et/ou un chat », vu la thématique nouvelle de Jean Marie l’ami des bêtes).

On va même par là jusqu’à diviser l’équipe à Ségo, car comment le miraculé de Belfort pourrait-il résister longtemps au chant de ces sirènes grammatico-patriotiques ?

Ne parlons pas du Vicomte, l’ami des abeilles, qui, se voyant couper l’herbe sous le pied, doit en avoir le bourdon !

Hélas, le problème de l’école dépasse infiniment celui du simple enseignement de la grammaire que des experts bidon ont, depuis trente ans, détruit, au nom de leur prétendue science et compétence de linguistes, aidés en cela, désormais par les spécialistes des sciences de l’éducation, vérole de notre enseignement qui nous est venue d'Amérique du Nord, comme toujours quand elle a commencé à cesser d'y régner. Les « experts » en sciences de l'éduc. sont des gens, qui ignorant à peu près tout des disciplines dont ils parlent, se mêlent, sans les avoir acquises, de la façon dont on doit les enseigner.

La grammaire va éradiquer la violence, tant à l’école que dans la société. La semaine prochaine, quel autre miracle le vocabulaire pourra-t-il bien nous promettre?

mercredi 18 avril 2012

David Mc Callum help!

Le cas Descoings illustre admirablement les comportements de la presse française.

Le lendemain de la mort du directeur de Sciences-Po Paris, c'est tout juste si les drapeaux n'ont pas été mis en berne dans l'ensemble de la République et si nos quotidiens, du Figaro à Libé n'ont pas paru sous le bandeau noir du deuil national. Chacun y est allé de son discours funèbre, chacun se voulant plus élogieux et plus désespéré que les autres.

Les jours suivants, tandis que la presse française passait de l'exaltation désespérée à un mutisme  soudain et total, la presse anglaise a levé le lièvre sur les conditions probables du décès de M. Descoings.

Depuis silence absolu de la presse écrite et orale, sauf dans Rue89 que sa nature même met sans doute, comme Médiapart, en dehors des clous et à l'abri des tabous de la presse traditionnelle.

Je n'évoquerai pas ici les moeurs du disparu car chacun est, bien entendu, libre d'organiser et de conduire sa vie comme il l'entend. Je suis en revanche stupéfait, comme j'imagine beaucoup de Français, d'entendre que le directeur de Sciences-Po se faisait verser un salaire annuel de 500.000 €, ce qui est très au-delà de tout ce que peut percevoir un fonctionnaire français, ce qu'il était me semble-t-il.

Je suis encore plus étonné de voir M. Descoings présenté comme un professeur d'université (il était, dit-on, à ce titre à New-York) alors qu'à ma connaissance, il n'avait jamais soutenu de thèse d'Etat et que de toute façon le salaire qu'il percevait est à peu près dix fois plus élevé que celui d'un professeur de deuxième classe, ce qui me semble le titre maximum auquel il aurait pu prétendre.

Mais le plus étrange de tout est que quinze jours après sa mort, nous ne savons toujours pas ce qui a pu entraîner son décès ; c'est ce qui explique le titre un peu insolite que j'ai donné à ce blog.

Au moment où de "NCIS" aux "Experts" déferlent sur nos pauvres télévisions les feuilletons policiers américains qui exaltent et nous narrent par le menu les exploits technologiques de la police scientifique, que n'a-t-on songé à confier l'autopsie de M. Descoings à David Mc Callum, le médecin légiste de NCIS Los Angeles qui nous aurait réglé ça en deux coups de scalpel et de cuiller à pot.

En revanche les malheureux légistes chargés de cette tâche nous ont demandé au départ un délai de trois jours, bientôt porté à quinze. Cette quinzaine écoulée, voici qu'on nous annonce qu'il faudra sans doute au minimum un mois encore pour régler ce problème.

David Mac Callum clôt toutes les affaires de ce genre en moins de 52 minutes, lui, en pareille circonstance, non seulement il nous aurait révélé les causes de la mort (si cachées qu'elles soient), mais sans doute aurait-il déterminé, sans coup férir, la race, le poids, la taille et la couleur des yeux de l'assassin, s'il y en a un en la circonstance.

La vraie police scientifique américaine ne serait-elle pas à la hauteur de celle des feuilletons ?