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samedi 23 avril 2011

OSS 117 : "Opération Libye"





Je ne suis généralement pas trop enclin à entrer d’emblée dans les délires anti-étasuniens et altermondialistes à la Michel Collon. Allez donc un jour visiter le site de ce journaliste-écrivain-polémiste-cinéaste belge, père du concept de médiamensonges, terme dont il use pour dénonce les formes diverses de propagande médiatique qui servent à justifier, au sein d’un Etat et/ou devant l’opinion mondiale, les interventions, en particulier militaires, aux yeux des opinions publiques.
Même si on peut le juger à certains égards proche d’un Michel Collon, Michel Chossudovsky me paraît un auteur plus sérieux à la fois par sa formation d’économiste et par sa carrière. Il a enseigné, en effet, dans plusieurs universités canadiennes et a fait carrière aussi comme conseiller économique ou consultant pour plusieurs gouvernements de pays en voie de développement et pour des organisations internationales comme le PNUD ou l’OMS. Désormais en retraite, il anime un « Centre de recherche sur la mondialisation », site internet consacré, en particulier, aux enjeux de « la guerre au terrorisme » et aux conflits du Moyen-Orient. Il est certes, à certains égards, voisin des partisans de la « théorie » du complot, mais dans des approches qui me semblent plus sérieusement fondées que celles qu’on trouve, dans des genres différents, chez un Michel Collon ou un Jean-Marie Bigard !
Je ne reprendrai pas ici, vu sa longueur et son intérêt, l’article original en anglais de Michel Chossudovsky : « Operation Libya" and the Battle for Oil: Redrawing the Map of Africa », paru le 9 mars 2011 et que vous pouvez trouver, traduit en français par Julie Lévesque, dans Mondialisation.ca

Je ne retiendrai ici que quelques formules qui éclairent la façon dont on a forgé le « médiamensonge » autour de l’intervention en Libye, mais que je commenterai à ma façon.

1. Premier mensonge sur l’importance et l’intérêt de la Libye dans l’économie pétrolière mondiale : Pour écarter les hypothèses fâcheuses sur les causes réelles de l’intervention, on n’a pas cessé depuis un mois de nous dire que, dans l’économie pétrolière, la Libye comptait pour du beurre. C’est faux !
« . La Libye est l’une des plus grandes économies pétrolières du monde : elle détient 3,5 % des réserves mondiales de pétrole [on n’a cessé de nous dire moins de 2%!] , soit plus du double de celles des États-Unis ».

« Avec ses 46,5 milliards de barils de réserves prouvées (10 fois plus que l’Égypte) la Libye constitue la plus grande économie pétrolière du continent africain, suivie par le Nigeria et l’Algérie (Oil and Gas Journal) [...]. Les évaluations les plus récentes estiment les réserves pétrolières de la Libye à 60 milliards de barils et ses réserves de gaz à 1500 milliards de mètres cube (m3). Sa production de pétrole se chiffre entre 1,3 et 1,7 millions de barils par jour, bien en-deçà de sa capacité de production ». [...] Le BP Statistical Energy Survey (alternatif, 2008) estimait pour sa part les réserves pétrolières prouvées de la Libye à 41,464 milliards de barils à la fin de 2007, ce qui représente 3,34 % des réserves mondiales prouvées »

En outre, autre point, plus important encore et même capital : le coût d‘exploitation du pétrole libyen est extrêmement faible et donc les profits extrêmement élevés :
« Alors que la valeur marchande du pétrole brut est actuellement bien au-delà des 100 dollars le baril, le coût du pétrole libyen est extrêmement bas, aussi bas que 1 dollar le baril (selon une estimation). Un expert du marché pétrolier l’a fait remarquer de manière plutôt cryptique : « À 110 dollars [le baril] sur le marché mondial, un simple calcul mathématique donne à la Libye une marge de profit de 109 $ [le baril]. » (EnergyandCapital.com, 12 mars 2008) ».

2. Les réactions des divers Etats dans cette affaire ont été diverses mais toutes interprétables et significatives :

« Une invasion de la Libye sous mandat humanitaire servirait les mêmes intérêts privés que l’invasion et l’occupation de l’Irak en 2003. L’objectif sous-jacent est de prendre possession des réserves de pétrole de la Libye, de déstabiliser la CPN et, en dernier lieu, de privatiser l’industrie pétrolière du pays, soit transférer le contrôle et la propriété de la richesse pétrolière libyenne dans des mains étrangères ».
La chose était claire et nul besoin d’insister. En revanche; il est éclairant de voir quels sont les intérêts pétroliers étrangers en Libye :

« Les compagnies pétrolières étrangères en activité en Libye avant l’insurrection comprenaient Total de France, ENI d’Italie, China National Petroleum Corp (CNPC), British Petroleum (BP), le consortium espagnol REPSOL, ExxonMobil, Chevron, Occidental Petroleum, Hess et Conoco Phillips. [...] Le fait que la Chine joue un rôle central dans l’industrie libyenne est significatif. La CNPC avait un effectif de quelque 400 employés. Les effectifs chinois totaux en Libye étaient de l’ordre de 30 000 [...]. La campagne militaire dirigée contre la Libye est destinée à exclure la Chine de l’Afrique du Nord. »

On comprend dès lors à la fois l’attitude de la Chine à l’ONU (abstention) et son opposition ferme dans la suite à toute forme d’intervention terrestre. Il en est de même pour l’Allemagne, puisque, en novembre 2010, la compagnie pétrolière allemande R.W. DIA E a signé un important accord avec la CPN libyenne.

3. Les Etats-Unis et la France.
L’attitude d’Obama a été des plus ambiguës depuis le début de l’affaire. Pour Chossudovsky, les choses sont sans mystère ; ici comme dans toute l’Afrique les Etats-Unis veulent tout contrôler (on l’a vu en Côte d’Ivoire) et donc évincer la France de son ancien pré-carré.

« Cette opération militaire vise à établir l’hégémonie étasunienne en Afrique du Nord, une région dominée historiquement par la France et, dans une moindre mesure, par l’Italie et l’Espagne.

En ce qui concerne la Tunisie, le Maroc et l’Algérie, le plan de Washington consiste à affaiblir les liens politiques de ces pays avec la France et à faire pression pour l’installation de nouveaux régimes politiques ayant des rapports étroits avec les États-Unis. Affaiblir la France fait partie des ambitions impériales étasuniennes. Il s’agit d’un processus historique remontant aux guerres d’Indochine.

L’intervention des États-Unis et de l’OTAN, qui mènera tôt ou tard à la formation d’un régime fantoche étasunien, a également pour but d’exclure la Chine de la région et d’évincer la CNPC. Les géants du pétrole anglo-américains ayant signé un contrat d’exploration en 2007 avec le gouvernement Kadhafi, dont BP, font partie des potentiels « bénéficiaires » de la proposition d’opération militaire des États-Unis et de l’OTAN
».

Tout cela me semble assez bien vu et, comme je l’ai dit depuis le début, nous serons, pour finir, comme en Côte d’Ivoire, les dindons de la farce et Obama nous mène en bateau.

4. La « transition » libyenne...

Les considérations qui précèdent montrent assez clairement les vraies motivations et les finalités réelles de la prétendue transition « démocratique » de la Libye ; elle est, sans le moindre doute, le cadet des soucis des Etats engagés, à des titres divers, dans cette affaire. On s’en doutait un peu, à dire le vrai!

Il y a là un point que Michel Chossudovsky n’évoque pas et qui me semble se dessiner, actuellement, tout en étant, depuis le début, en filigranne. La Libye, en effet, comme la plupart des Etats africains, est une création artificielle de la colonisation européenne ; il serait donc sans dout envisageable et peut-être, à certains égards, raisonnable de séparer la Tripolitaine (à l’Ouest) et la Cyrénaïque (à l’Est). Un facteur est, à cet égard, essentiel. Il suffit de regarder la carte des gisements et des installations pétrolières ci-dessus pour faire une remarque que notre auteur ne manque pas de mentionner : « Près de 80 % des réserves pétrolières de la Libye se trouvent dans le bassin du golfe de Syrte à l’Est de la Libye » donc ....en Cyrénaïque! La transition pourrait donc bien finir en partition!

mardi 12 avril 2011

Côte d'Ivoire : Ouattara ou Mandela ?

Le sinistre feuilleton ivoirien entamé il y a quatre mois a enfin pris fin ; à cet égard, on ne peut que se réjouir que l'intervention militaire des forces française ait pu accélérer le processus, conduire à l’issue finale à moindres frais et surtout épargner des vies humaines.

Naturellement on essaye maintenant de nous faire prendre les vessies pour des lanternes mais l’éloquence et la conviction conjuguées des ministres français concernés n’y font rien. Leur stratégie consiste à invoquer le « mandat » de l’ONU, mais il excluait totalement la capture de Gbagbo et il y avait peu de « populations innocentes » à sauver dans son bunker assiégé – sauf, au mieux, lui-même et les siens. Il n’est pas plus convaincant de faire état, dans l’investissement du bunker, du rôle des forces de l'ONU. On sait qu'elles n'ont aucun moyen logistique sérieux en dehors de ceux de Licorne, mis au couleurs internationales provisoires grâce à quelques seaux de peintures blanche et bleue. Nul n’ignore en outre qu’il s’agit là de troupes hétéroclites de divers Etats, sans formation ni expérience, bien incapables d’actions militaires sérieuses. Ne parlons même pas ici des forces « républicaines » de Ouattara, armée d’opérette, qu’un expert militaire français que j’entendais Dieu sait où, disait même « incapables de tenir une position » !

Une maladresse de communication majeure a été, au matin même de l'attaque contre le refuge de Gbagbo, d’exhiber fièrement, sur tous nos écrans de télévisions, les martiales colonnes de blindés français qui se mettaient fièrement en route, fleur au fusil, pour attaquer la résidence de l'usurpateur. Ces images deviennent fâcheuses, a posteriori, quand on veut nous faire croire ensuite que ces forces françaises n’ont joué aucun rôle dans l'affaire, alors qu'on sait très bien que, sans elles, les troupes « républicaines » d’ADO, avec leurs pétoires, leurs bonnets disparates et leurs accoutrements hétéroclites, auraient été bien incapables de forcer le blocus du bunker, ce qu'on ne cessait de nous répéter depuis huit jours.

De ce point de vue, l'intervention française, en épargnant des vies ivoiriennes, a été bénéfique et elle était assurément indispensable. Reste toutefois maintenant à en payer le prix sur le plan politique et diplomatique, car il est clair que le meilleur moyen de réconcilier les partisans des deux camps est d'opérer cette réconciliation sur le dos des Français, ce qui est à la fois traditionnel et bien commode, compte tenu du passé colonial, du passif de la Françafrique et plus récemment, de ce qui s’est passé en Côte d'Ivoire au début des années 2000 !

En ce qui concerne les images de l’arrestation proprement dite de Laurent en « marcel » blanc et de Simone effondrée dans son fauteuil, aucun doute que le service photographique des armées françaises avait été convoqué pour opérer en la circonstance . Comme l'annonçait M. Longuet ce matin, nous aurons bientôt des images (pas du tout exclusives, comme d’habitude, mais diffusées aux quatre vents des médias) de l'arrestation de Laurent et Simone avec de bons Ivoiriens pur sucre leur mettant la main au collet devant les objectifs des caméras de l'armée française, nos bidasses restant prudemment hors du champ et dans l'ombre. Ne comptez pas sur des papararazzi pour voler des photos de la scène dans son ensemble !

Il est clair, et il a tout à fait raison en cela, que le modèle que s'est donné Ouattara est Nelson Mandela. Il est même allé jusqu'à lui reprendre, sans le citer, la formule de la commission « vérité et réconciliation » que ce dernier avait mise en place au moment de son arrivée au pouvoir en RSA. Reste à savoir si ADO est l'homme politique exceptionnel (sans doute l'homme du siècle !) qu'a été Nelson Mandela qui, après des dizaines d'années en prison, a été capable de concevoir et de conduire une politique réelle et effective de réconciliation nationale.

Il est permis d'en douter car, si ses vingt-sept années de prison avaient forgé l'esprit, la volonté et les convictions de Nelson Mandela au point de lui permettre de gouverner son pays sans haine, en passant de la cellule à l'exercice du pouvoir, il risque d'en être tout autrement en ce qui concerne ADO. Les luxueux bureaux du FMI, les salons VIP et la contemplation des flots du Potomac n'ont peut-être pas eu les mêmes effets sur son caractère que les carrières de chaux de Robben Island et la solitude d'une cellule au milieu des eaux sinistres du Cap des tempêtes sur Nelson Mandela. La boxe et la lutte sociale et politique d'abord, la terrible captivité ensuite, ont assurément forgé le coeur et l'esprit de Mandela, homme en tous points exceptionnel et qui, en outre et c’est le plus admirable de tout, a même su résister, pour finir, à la folie de l’exercice du pouvoir.

Il est à craindre qu'il en soit tout autrement dans le cas d'ADO et ce n’est même pas de ma part une critique. Il est aussi à craindre que l'éphémère unité, qui a régné, depuis quatre mois, dans son camp (avec comme Premier Ministre l’inattendu Guillaume Soro, qu’on voyait plutôt, au départ, dans le camp Gbagbo), ne résiste pas à la victoire. Le pouvoir suscite déjà les convoitises et, de ce fait, les rivalités. On voit réapparaître des ambitions masquées un moment par l'épisode Gbagbo, mais aussi des exigences, plus légitimes ou, en tout cas, plus fondées, comme celle d'un Henri Konan Bédié, leader politique des Baoulés et inventeur contre Ouattara de "l'ivoirité". Classé troisième lors du premier tour de la présidentielle et contestant le vote, il a pourtant été clairement l'instrument majeur, final et inattendu, de la victoire électorale de ce même Ouattara au second tour, en faisant voter pour lui des zones qui, a priori, ne lui étaient en rien acquises.

Nul doute que la plupart des Ivoiriens sont soulagés de la fin de cette guerre civile ! Il serait imprudent d'en conclure que tout est réglé et que le cours normal des choses va reprendre sans nuages.

mercredi 23 mars 2011

De la démocratie

Je ne parle plus guère de politique française car la chose est devenue bien trop dangereuse ; on risque le procès à la moindre plaisanterie, même si on s’exprime en un lieu qui s’intitule « Nouvelles persaneries », ce que risquent de ne pas comprendre des gens qui pensent que Montesquieu n’est que le nom de l’un de nos gros billets, à l’époque heureuse où nous avions encore le franc. Au XVIIIe siècle, la forme la plus aboutie du discours politique était celle qui permettait à son auteur de dire ce qu’il pensait sans être mis à la Bastille. Nous sommes sur le chemin du retour à cet état ou pire encore. A quand l’interdiction du Canard enchaîné (que le Général de Gaulle avait défendu d’attaquer) dont je ne comprends pas comment il continue à paraître, surtout depuis qu’il ne peut plus compter sur les services de Maître Roland Dumas, comme au bon vieux temps ? Bien entendu, toute caricature sera bientôt totalement interdite en France, sauf celles de Mahomet, ce qui sera un juste retour des choses. Une caricature, en effet, porte inévitablement atteinte à la personne, donc constitue une diffamation, même si le sens de ce mot m’échappe de plus en plus. Je vais donc essayer de dire ce que je vois et ce que j’en conclus, sans prendre le moindre risque, même si c’est déjà ce que je fais depuis plus de cinq ans dans mes blogs.

Nos révolutionnaires, sans le savoir ni le vouloir, nous ont assuré, pour les siècles à venir, le droit de donner au monde des leçons de démocratie puisque nous aimons à nous présenter comme « le pays des droits de l’homme ». Des esprits, tatillons et un peu informés, pourraient sans doute faire observer qu’une telle revendication fait sans doute un peu trop bon marché de périodes et de sociétés antérieures, de la Grèce de Périclès à l’Angleterre du XVIIIème siècle, où nos philosophes puisèrent une bonne partie de leurs idées, en ayant même dû parfois y trouver eux-mêmes refuge.

Mais revenons, avec prudence et sur la pointe des pieds, au propos envisagé.

J’ai publié, il y a une dizaine de jours, un post intitulé « Chéri fais-moi peur ! », après les premiers sondages qui plaçaient Marine Le Pen, sinon en tête du moins sur les podiums des candidats. Je ne rappellerai pas ici la fiabilité habituelle de ces sondages qui prévoyaient alors une abstention de 35%, ce qui ne fait après tout que 20% d’erreur ! En fait, comme je l’ai écrit (vous pouvez relire ce texte sans problème), le score prêté au Front National, arrangeait plutôt la droite comme la gauche, puisque les Français (et les cantonales l’ont démontré avec fracas) sont las de ce théâtre d’ombres politiques avec la floraison des conflits d’intérêt, la valse des privilèges, les tricheries avérées des élections au PS, le procès Chirac, les « je t’aime moi non plus » avec Kadhafi et tout le reste. L’UMP comme le PS savent très bien, en dépit de leurs mines ostensiblement effrayées, qu’au second tour de la présidentielle, Marine ne passera jamais en tête (elle le sait d’ailleurs bien elle-même et doit, au fond, s’en satisfaire).

Une démocratie devrait toutefois avoir, au moins, un devoir d’honnêteté. Les tripatouillages de chiffres, pour le chômager comme lors des récentes cantonales, sont-ils à l’honneur de la démocratie que nous prétendons être ? Nos politiques (je ne cite personne !) partent d’un triple principe.

Premier principe : les Français qui, on le sait, ne connaissent pas la géographie, ignorent également l’histoire (et en particulier la leur),

Deuxième principe : les Français ne savent pas compter (la faute en est désormais aux calculettes),

Troisième principe : les Français sont des imbéciles qu’on peut manipuler à sa guise.

Quelques éclaircissements sur ces points.

1). A travers le « ni-ni » présidentiel (au second tour des cantonales, ne pas choisir entre le FN et le PS dans 204 cantons où ils se font face, alors que dans 89 seulement on aura un choix FN-UMP), on voit que le calcul est bon et la visée claire. La gauche se donne pour plus radicalement hostile au FN que la droite (je reviendrai sur ce point). Là encore, je tombe de ma chaise de rire ! Suis-je le seul Français à me souvenir que François Mitterrand est l’inventeur du Front national. Je me souviens encore d’une interview de Louis Mermaz expliquant, dans son détail, cette manoeuvre électorale stratégique ! Invoquer ici le « front républicain » est donc une véritable injure à la mémoire de Pierre Mendès-France (ce qui doit bien faire rire dans sa tombe ce cher Tonton).

2) Le Front National est crédité de 15,18 % des voix. Autrefois, dans un problème d’arithmétique de feu l’examen d’entrée en 6ème, un tel calcul vous aurait fait recaler sans le moindre doute. En effet, on a voté dans 2023 cantons (qui forment donc l’ensemble du corps électoral) alors que le FN ne présentait des candidats que dans 1450 cantons (les seuls où les électeurs du FN ont donc pu s’exprimer). Or, naturellement ce pourcentage de 15,18% a été calculé sur le total des votants de 2023 cantons, alors qu’il monte à près de 20% (19,3 % pour être précis) si l’on prend en compte le total, le seul athmétiquement correct, des 1450 cantons où l’on pouvait voter pour le FN. Je me réfère sur ce point à une remarque de ce genre que j’ai entendue, sur France-Infos je crois, de la bouche autorisée de Pascal Perrineau qui ne me semble pas être un agent du FN.

3) J’entends que le « ni-ni » du Président est combattu par Fillon qui cause « front républicain » (une bouffée de seguinisme), par Borloo (j’ai failli faire une petite chansonnette « Nini Peau de Borloo » (peau que notre président rêve d’avoir, nous dit-on), sur l’air éternel de « Nini Peau de chien », mais je vais finir à la Bastille !) et même par Xavier Bertrand qui conseille, contre toute attente, de voter « blanc » (notre ministre a dû oublier que ce n’est pas là un suffrage exprimé », mais peut-être, rusé, veut-il par là prétendre récupérer pour l’UMP quelques centaines de milliers de votes « blanc » qu’on pourrait dire issus de ses conseils). En fait, la stratégie présidentielle est assez fine, quoique, au moins en apparence, elle soit mal comprise par les autres membres de son parti, ce dont je doute fort (« comediante ! ». Elle vise surtout, en fait, à ménager l’avenir présidentiel de Nicolas Sarkozy. Tout en sachant que ceux des électeurs UMP qui iront voter au deuxième tour des cantonales, le feront sans doute pour le FN (sans qu’on ait à le leur dire et surtout avec une telle consigne), on prépare le second tour DE LA PRESIDENTIELLE, surtout si le FN arrive, dimanche prochain, à décrocher un ou deux postes de conseiller général. Retour d’ascenseur souhaité !

lundi 21 mars 2011

Lybie : « Aube de l’odyssée » (N°1).

Les états-majors sont décidément, dans nos sociétés modernes, le dernier refuge des poètes.

Ainsi comme vous l'avez sans doute constaté, le plus difficile dans toute opération militaire est le choix, premier et indispensable, du nom de code qui servira à la désigner. Nous avons ainsi eu la « tempête du désert » d’Irak puis le « plomb durci » de Gaza ; voici qu’en Lybie se lève, sans qu'on sache si elle est « aux doigts de roses », comme celle du bon Homère, « l’aube de l'Odyssée ». La formule est jolie mais des plus inattendues, ce qui me donne à penser que les militaires qui l'ont choisie, ignorent ou ont oublié que l'Odyssée a duré dix ans, ce qui n’est pas de très bon augure. J'ose toutefois espérer qu'ils n'ont pas prévu la même durée pour l'opération qu'ils ont entamée en Libye.

Cela dit, dans la dénomination des opérations à venir, il sera assurément, pour ce qui est de l'inopportunité, voire de l’indécence, du nom choisi, de dépasser ce que l'on avait obtenu, en 1999, en baptisant « Dresde » les actions de bombardements programmées sur la Serbie. Certes, le nom se justifiait en ce sens qu’on visait à une destruction aussi complète que possible des capacités de défense de la Yougoslavie. Cette action fut dès lors désignée par certains diplomates du nom d’« opération Dresde » par une fine allusion aux fameux bombardements massifs de cette ville allemande en 1945 : 3900 tonnes de bombes incendiaires sur une ville de l’Allemagne quasi vaincue l’anéantirent totalement, y faisant plus de 100.000 victimes.

On a pu constater, dans les derniers jours, les mêmes petits jeux politiques qui caractérisent toujours les relations internationales. La France, dont la diplomatie n'avait brillé ni en Tunisie et en Égypte et qui voulait se refaire une santé, voire une virginité, a cru trouver dans l'affaire de Libye une occasion de redorer son blason, même si la neutralisation de l'espace aérien libyen était, à l'origine, me semble-t-il, une idée de l'assemblée européenne, restée vaine, comme la plupart de ses idées lorsque, par hasard, elle en a.

Le principal événement de l'affaire est qu'on a cru un moment, chez nous, que Bernard-Henri Lévy avait soudain succédé à Alain Juppé au Quai d'Orsay ; seul le départ inopiné de ce dernier pour participer au Conseil de sécurité de l'ONU à New York a pu rassurer à cet égard le bon peuple de France.

Cette réunion a été elle-même un monument d'hypocrisie puisque la moitié de l'humanité (en la circonstance la Russie, la Chine, l'Inde, le Brésil et... L'Allemagne) a eu le courage exceptionnel de s'abstenir, les deux premiers manifestant quasi immédiatement leur opposition aux premières mesures prises, même si elles étaient conduites dans le strict respect de la décision du Conseil de sécurité de l'ONU auquel ces deux nations assistaient. La Ligue arabe, qui était venue à Paris samedi 19 mars 2011 à la réunion tripartite sans enthousiasme excessif (seul le Qatar, formidable puissance militaire comme on sait, étant censé s’engager réellement dans l’affaire), a aussitôt saisi l’occasion d’emboîter le pas à la Russie et à la Chine en désapprouvant dès dimanche 20 mars des actions approuvées la veille.

Lees militaires Américains ne faisant pas mystère de leurs réserves (l’Afghanistan, l’Irak, l’Iran voire le Pakistan suffisant à les occuper), Obama comme Hillary Clinton nous ont gentiment proposé, tout aussi courageusement, le « siège arrière » du char de guerre, en pressant les deux gogos que sont la France et la Grande-Bretagne de foncer dans le brouillard.

Engagés du bout de lèvres, les Américains désengagent déjà leur centre de commandement de Stuttgart, d’abord proposé pour la coordination des opérations vers la Lybie. Pas fous !

Ayant vaguement parcouru, écouté ou vu la plupart des informations sur le sujet, je suis stupéfait de constater que nul n’a songé, en la circonstance, a évoquer, à propos de ce couple de va- t-en-guerre franco-anglais, belliqueux mais comique et bientôt isolé, et de son intervention dans le monde arabe, la fameuse expédition de 1956.

Petit mais indispensable rappel. Pour prendre ma remarque liminaire, le nom exotique d’« opération Kadesh » fut donné par Israël, en 1956, aux opérations militaires dans le Sinaï contre l'Egypte. Ce nom était celui de plusieurs toponymes dont celui d’un lieu où s’était déroulée une célèbre bataille du XIIIème siècle av. J.-C. Nous-autres nommons plutôt cet événement la « guerre de Suez » ou plutôt la « campagne de Suez » car le terme de « guerre » paraît un peu excessif, vu le caractère et la brièveté (moins de deux semaines) des opérations en cause.

Le conflit éclate en octobre 1956 ; il oppose l'Égypte et les signataires du protocole de Sèvres qui unit Israël, la France et la Grande Bretagne à la suite de la nationalisation du canal de Suez. Dans un jeu très complexe de bluff et de poker menteur, en pleine guerre froide, l’URSS et les Etats-Unis imposeront l'arrêt du conflit (A. Eden et G. Mollet devront manger leur chapeau, la chose étant plus rude pour l'élégant Antony, coutumier du port du huit-reflets) et obligeront les troupes d’élite françaises et britanniques victorieuses à mettre l'arme au pied avant de rentrer au pays l’oreille basse en novembre 1956.

On me dira naturellement, ce que je sais parfaitement, que la situation était très différente puisque ce sont alors précisément la Russie surtout et les États-Unis, à un degré moindre, qui ont arrêté les velléités belliqueuses de la France et de la Grande-Bretagne en octobre-novembre 1956, alors qu’elles les suscitent ou les tolèrent aujourd’hui. Dans le cas présent, la France et la Grande-Bretagne ne semblent nullement isolées (mais pour combien de temps ?) puisque s’engagent à leurs côtés des alliés considérables, dont en particulier le Canada, la Belgique et le Danemark. Voilà qui doit faire trembler Kadhafi !

Combien de temps durera cette belle unanimité qui n’aura même pas survécu aux 48 premières heures? A votre avis quels seront les dindons de la farce ?

samedi 19 février 2011

Coluche au trou!

Deux remarques liminaires pour les nobles étrangers qui pourraient me lire en des terres aussi lointaines que le Brésil, l’Australie ou les Émirats arabes unis.

Coluche est un humoriste français, trop tôt arraché par un camion à l'affection de ceux qui appréciaient ses plaisanteries. La France, quant à elle, est un pays prétendument démocratique où l'ordre moral le plus rigoureux et le plus stupide (excusez la tautologie, car un ordre moral est toujours stupide !) est en train de s'installer. On se borne encore, pour le moment, à chasser les humoristes des radios et des télés comme à les condamner dans des procès grotesques, mais tout donne à penser qu'on tardera pas à les mettre enfin et une bonne fois pour toutes en prison.

Le discours favori des tenants de l'ordre moral qui régissent les associations affichées comme antiracistes, qui sont le bras séculier de cet ordre et qui visent, à les croire, à instaurer une parfaite égalité entre tous les citoyens est, en fait, celui d’un égalitarisme forcené mais de façade ; il conduit certes à prétendre nier, au moins, dans les propos, des inégalités sociales, dont ces mêmes zélateurs de l'égalité s'accommodent, en revanche, parfaitement dans la vie courante. On peut même noter que bon nombre d'entre eux, dans leur vie politique ultérieure, ont utilisé, pour sauter, beaucoup plus haut et plus loin, que leurs capacités propres ne permettaient de le prévoir, le tremplin si commode et tellement gratifiant de cet égalitarisme. Je n'ose pas citer de noms de peur de me retrouver moi-même à l'ombre, mais je pense que vous pouvez aisément voir de qui je parle en ces termes.

Les conséquences de cet ordre moral nouveau se font sentir jusque dans la langue française qui présentent quelques expressions consacrées dont on doit désormais se garder absolument d’user. On a vu récemment un parfumeur en retraite devenu l’objet d’un lynchage médiatique de la part de cette presse bien pensante et menacé de toutes parts de procès (je ne sais pas s'ils ont été réellement intentés) pour avoir utilisé la vieille expression française « travailler comme un nègre » que Flaubert et quelques autres ont pu employer autrefois sans encourir les foudres de la justice. Ajouterai-je que le malheureux a eu la chance, dans son malheur, de ne pas qualifier le résultat de l'activité en cause de « travail d'Arabe », expression qui a pourtant donné son titre à un film récent. Dans ce cas-là, on aurait peut-être pu envisager pour lui le rétablissement de la peine de mort.

Il est heureux que Coluche soit mort assez tôt pour ne pas être taxé de racisme et se voir poursuivi sur ce chef d'accusation. En effet, les peuples d’Outre-Quiévrain étaient l’une des cibles favorites de ses plaisanteries et il avait toujours à raconter une histoire sur ceux qu'il appelait « nos amis les Belges ». Je précise, pour les mêmes nobles étrangers qui pourraient me lire, qu'il parodiait par la une expression familière qui fut même, un moment, le titre d'une émission télévisée connue, « Nos amis les bêtes ». Comme il aimait aussi à se moquer des syndicalistes (une de ces formules était la suivante : « Le capitalisme c'est l'exploitation de l'homme par l'homme, le syndicalisme c'est l'inverse ») aurait-il vécu jusqu’à nos jours qu’il aurait sans doute passé son temps dans les tribunaux avant de finir sur la paille humide des cachots pour racisme anti-belge et anti-syndical !

On a vu récemment deux humoristes bien connus et non sans talent, Stéphane Guillon et Didier Porte, chassés comme des malpropres de l'audiovisuel public pour avoir plaisanté quelques-uns de nos politiques qui, d'ailleurs n'appartenaient pas nécessairement tous au parti majoritaire.

L'affaire la plus récente est celle du procès fait à Éric Zemmour et qui vient de se terminer par la condamnation de ce journaliste qui, d’ailleurs, est plus un chroniqueur qu'un humoriste, mais qui avait eu le malheur de prétendre que le pourcentage des condamnés dans la petite délinquance était plus important chez les Blacks et les Beurs que chez les Caucasiens pur sucre. Un tel propos ne fait référence qu’à des statistiques et il est extrêmement discutable de feindre d'en déduire qu'au plan moral, les premiers sont inférieurs au second.

Il y a là, bien entendu, que la simple conséquence, tout à fait évidente, de facteurs sociaux qu’on ne peut guère contester. Ils font que ces populations, socialement marginalisés, en sont, par force et parfois, réduits, comme Panurge en son temps, à se procurer de l’argent « en façon de larcin furtivement fait ». lls ont, de ce fait même, infiniment plus de chances de s'exposer à des sanctions pénales que les populations aisées voire riches, classes sociales dont relèvent manifestement les nobles instigateurs de ces procès, qu’on ne voit guère mettre en oeuvre, hors des prétoires, la sollicitude dont ils font preuve en justice.

Dans l'ordre moral qu'on est en train d'instaurer en France, le pire n'est assurément pas la morale mais la sottise !

lundi 24 janvier 2011

Ajout involontaire au précédent!

Le hasard fait bien les choses!

Au cas où la chose vous aurait échappée, le samedi 08 juin 2010 après-midi, Françoise Tenenbaum, adjointe déléguée à la solidarité et à la santé, a procédé à la remise des médailles de la famille française salle de Flore à Dijon.

Voici le récit de la cérémonie.

"Créée en 1920 par décret, modifié le 28 octobre 1982, la médaille de la Famille française est « une distinction honorifique décernée aux personnes qui élèvent ou ont élevé dignement de nombreux enfants, afin de rendre hommage à leurs mérites et de leur témoigner la reconnaissance de la Nation ».


Samedi après-midi, Françoise Tenenbaum, adjointe déléguée à la Solidarité et à la Santé, a procédé à la remise des médailles de la Famille française, salle de Flore.

C'est donc une façon de récompenser ces mères méritantes qui, par leur dévouement et leur abnégation, ont su assumer leur rôle, même si ces mères, quant à elles, pensent qu'il n'y a là aucun mérite.

L'instruction des demandes est réalisée par l'UDAF qui diligente les enquêtes. Les médailles sont attribuées par décision du préfet, l'avis du sénateur-maire ayant été préalablement requis.

C'est ainsi que vingt et une mères, devant toutes les familles réunies, ont reçu leur médaille. Huit médailles d'argent (six ou sept enfants) : Fatiha Benhalima, Fouzia Amezane, Fatima Boularess, Aïcha Hadj-Abderrahmane, Mama Lefdou, Fatima Loubbi, Rosaria Rutigliano, Aïcha Tasry.

Treize médailles de bronze (quatre ou cinq enfants) : Saadia Ayar née Ayar, Saadia Ayar née Jabir, Medhia Bargaoui, Fatima Batta, Diane Brenot, Saâdia Brouzi, Fatima Et-Tellah, Nacéra Farsi, Fatima Haddache, Nathalie Lerbet, Zineb Oussghir, Stella-Cora Robert, Latifa Sabik.

bienpublic.com

dimanche 17 octobre 2010

Ignorants ou imbéciles?

Comme je l'avais laissé entendre, j'ai quelque peu délaissé le blog ces derniers temps. À la fois par excès d'occupations mais aussi un peu par lassitude. Ce n'est pourtant pas que manquaient les sujets d'indignation, de colère ou d'amusement.

Ignorants ou imbéciles ? La question se pose, comme toujours pour nos journalistes. Beaucoup semblent avoir perdu leur troisième caractère défintoire qui est la servilité. Ils s’acharnent pour le moment contre le pouvoir, mais ce n’est que la hargne des charognards contre la bête qu’ils jugent affaiblie ou blessée. Peut-être ces « chiens » (comme disait l’autre) redoutent-ils surtout de voir disparaître leur chère niche fiscale (7500 euros par an !).

Ignorants ou serviles ? Les deux sans doute ! La nullité générale de l'information par les médias ne fait que croître et embellir. Une exception cependant que je vous signale. Dans le désert de l'information radiophonique que constituent, en particulier, les matinées des week-ends, toutes vouées, sur toutes nos chaînes, à la bagnole et/ou au jardinage, une oasis d'information précise et intelligente sur BFM radio (tant pis si je me démasque par là comme stipendié du grand capital !). C’est, entre 8:00 et 10:00, une émission qui s'intitule je crois, « Morning week-end » (ou quelque chose comme ça), où débattent de l'actualité politique et sociale du moment des gens qui, sans être des journalistes professionnels, écrivent néanmoins dans des journaux mais sans être de la même farine que les Chazal, Pujadas ou Pernaut.

J'ai lu dans Marianne2.fr un commentaire particulièrement inepte et franchouillard sur l'affaire de la fermeture à Marseille de l'escale de Ryan Air. Je ne sais pas si l'auteur dont j'ai oublié le pseudonyme travaille à Air France mais il est clair que c'est de cette compagnie qu'est partie l'initiative de la mesure en cause et qu’elle devrait en savoir gré à ce blogueur (Un petit voyage à l’oeil ?)

L'astuce de Ryan Air, compagnie irlandaise, est d'avoir une partie de son personnel (autre que celle qui est basée à Marseille même) sous statut irlandais et, par conséquent, sous un régime de taxes et de charges sociales différent de celui la France. Notre blogueur indigné fait allusion dans son texte à la fois aux conditions incertaines ou floues sur le plan de la rémunération et de la sécurité au sein de cette compagnie et au fait que ses salariés, basés en Irlande, au moins sur le plan théorique, ont un régime différent de celui de la France.

Première remarque. La loi européenne (si l'on peut dire) s’impose à la loi française ; on vient de le voir, à nouveau, dans l'affaire d'hommes et la France a été contrainte, dans le passé, des dizaines de fois, de s'aligner sur les dispositions de l'Union Européenne. Ryan Air est donc en parfaite conformité avec la loi européenne et compte d'ailleurs faire appel à la décision française devant la cour de justice européenne, avec toutes les chances de gagner, même si pour traîner Ryan Air devant les tribunaux français on a usé d’un subterfuge juridique.

Deuxième remarque. La mise en cause de la sécurité et du personnel navigant de la compagnie irlandaise semble très discutable, car si les tarifs sont très bas (surtout par réduction de services inutiles et de frais comme de personnels au sol pléthoriques), le personnel navigant semble mieux payé que dans les autres compagnies et tout aussi compétent, les mesures de sécurité étant, par ailleurs, exactement identique.

Troisième et dernière remarque. Coïcidence remarqueble que ne notent ni notre blogueur ni la plupart des journaux, au moment même où l’on fait fermer l’escale Ryan Air de Marseille (un million de passagers par an), Air-France, sous un nom autre que le sien, met en place, dans le même lieu, si opportunément libéré par le départ de Ryan Air, sa propre compagnie low-cost ! Air-France n’en est pas à son coup d’essai et dans deux ou trois ans, cette compagnie (montée à nos frais, directemetn ou non) va mettre la clé sous la porte car elle sera naturellement gérée comme sa maison mère ! Je suggère donc aux deux cents employés provençaus de Ryan Air qui, grâce à Air-France, vont perdre leur emploi d’aller installer des pancartes sur la Canebière, devant les bureaux d’Air-France. Le trottoir y est très large et ils auront même la place pour y dresser leurs tentes.